Petit mot de l'auteure : Ce texte a été écrit en une heure pour la 135e nuit du FoF sur le thème "Résister", Apparemment mon cerceau a décidé que je parlerai de trucs et émotions personnelles dans ce recueil so... tadam ?
Warning : envies suicidaires
Merci à Angelica, Marina, Lassa, Jess, BA (x2), Moira Chan, Leptitloir et Elizabeth pour leurs review sur le texte précédent !
Comme les trois dernières nuits, Sansa était debout sur la muraille encerclant le château. Elle ne portait pas sa couronne – ses cheveux volaient librement aux vents, offrant un contraste rouge saisissant avec la blancheur de la neige autour d'elles. Dans un autre moment, Arya aurait pu le trouver très beau. Mais à cet instant, la peur de voir se trouver confrontée à un autre contraste de rouge et de blanc occultat de ses pensées tout idée de beauté.
- Sansa, regarde moi, je t'en prie.
Arya n'avait pas l'habitude de supplier. D'ordinaire, elle prenait ce qu'elle voulait, quand elle voulait. La vie lui avait trop bien comprendre que demander ne servait à rien. Mais cette nuit, comme les autres nuits, elle se faisait quémandeuse, se refusait à l'action par peur qu'un de ses mouvements n'effraie sa sœur.
- S'il te plaît, insista-t-elle.
En vain.
Sansa regardait toujours loin devant elle, comme si Arya n'était pas en train de se congeler sur place pur elle, comme si elle n'était tout simplement pas là. À moins que ce ne fusse Sansa qui était absente, peut-être n'avait-elle jamais été réellement là, peut-être était-elle aussi loin que cet horizon qu'elle continuait de fixer résolument.
- Dis moi quelque chose, s'il te plaît. N'importe quoi. Mais ne reste pas debout ici, à regarder je ne sais quoi comme si... si...
- Je crois qu'on jour, je vais sauter, répondit finalement Sansa.
Rien ne fit plus mal à Arya de réaliser que cette phrase ne l'étonnait pas du tout.
- Tu ne peux pas, souffla-t-elle finalement. Tu... tu dois résister, te battre, te...
- C'est toi, la guerrière de la famille. pas moi. Dès ton plus jeune âge, tu te battais et tu courais partout. Je t'ai toujours un peu enviée, tu sais ? Moi, je ne savais rien faire d'autre que de rêvais de chansons d'amour. Alors pourquoi crois-tu que d'un seul coup, j'arriverais à me battre contre... contre tout ça ?
- Mais... parce que tu es toi ! Tu as traversé tellement de choses, tu...
- Justement. Peut-être que je suis fatiguée de tout cela. Alors je... je pense que je vais finir par sauter. Peut-être pas aujourd'hui mais... un jour. Je n'arriverais pas à lutter tout le temps contre ces émotions.
Elle souriait en disant là, comme si l'idée de mourir était la seule chose qui lui apportait un peu de joie.
Elle souriait, et rien d'autre n'avait jamais autant effrayé Arya.
- Il n'est plus là, souffla-t-elle pour toute réponse.
Elle était incapable de dire quoi que ce soit de plus. Et de toute manière, préciser de qui elle parlait aurait été inutile.
- Je n'en suis pas si sûre, répondit tristement Sansa. Il est partout à mes côtés.
Peut-être que sa sœur disait vrai. Peut-être que Ramsay Bolton n'était plus qu'un souvenir, mais un souvenir bien réel. Suffisamment réel pour continuer à lui faire autant de mal, d'une manière qu'elle ne pourrait jamais vraiment comprendre.
Peut-être.
Elle ne le saurait pas. Mais une chose était sure : il était hors de question de laisser Ramsay Bolton gagner, qu'il soit souvenir ou fantôme.
Alors Arya s'approcha doucement, tout doucement, s'arrêta à quelques pas de sa sœur pour lui dire :
- Si tu le dis, je te crois. Mais tu n'es pas toute seule avec lui. Plus maintenant. Je suis là, moi.
Pour la première fois, Sansa leva ses yeux bleus remplis de larmes vers elle.
Arya était effectivement là, dans le froid de la nuit noire, à deux pas d'une chute mortelle, ses yeux toujours si déterminés maintenant remplis de peur.
Elle était là, pour elle.
Elle n'était pas sûre que cela ferait la différence pour toujours. Mais cela ferait la différence pour ce soir, et c'était déjà une victoire.
Alors Sansa recula d'un pas, et pris sa main dans la sienne.
Petit mot de fin : je sais même pas quoi dire en note tellement je suis pas bonne pour suivre mes propres conseils. Mais prenez soin de vous quand même.
