Correction: 31-08-2024
Chapitre 2 : Un Nouveau Départ
Lorsque Harry reprit ses esprits, il manqua de perdre l'équilibre. Totalement déboussolé, il tourna la tête dans toutes les directions dans l'espoir de comprendre où il se trouvait. Cela eut un effet simple et immédiat : lui rajouter une nausée en plus de sa migraine déjà bien présente. Par l'enfer, si c'est ça qui l'attendait après sa mort, il voulait immédiatement revenir à la vie !
Des vertiges rendaient sa vision trouble et une bile acide commençait à remonter dans sa gorge alors que des courbatures apparaissaient dans chacun des muscles de son maudit corps.
Avait-il vraiment mérité ça ? Sa vie n'avait déjà pas été fort amusante, fallait-il vraiment que sa mort soit pire ?
Lorsque sa vision se fit un peu plus nette et que son estomac décida de se remettre dans le bon sens, il reconnut enfin l'endroit.
Par les jupons de Merlin, il se trouvait dans le hall d'entrée des Dursley ! Lui qui pensait échapper à l'enfer, le voilà devant sa porte… et du mauvais côté !
"POTTER ! Que fais-tu donc pour mettre autant de temps avec ce courrier ?" cria son oncle.
« Le courrier ? Quel courrier ? » s'étonna Harry.
Il baissa le regard sur ses mains pour constater qu'il tenait effectivement le courrier de l'horrible famille moldu. Des factures, des pubs et une carte postale de Marjorie Dursley. Et bien que cette épouvantable femme pourrait le faire s'évanouir d'horreur, ce n'est pas ce qui lui fit manquer de tourner de l'œil.
Non.
Ses mains avaient rétréci.
« Non, non, non. »
Il commençait à comprendre ce qui lui arrivait. Dans ses petites mains d'enfant, se tenait sa lettre pour Poudlard. Une enveloppe lourde et épaisse de papier jauni avec une élégante écriture manuscrite d'un vert émeraude brillant.
Monsieur H. Potter
Dans le placard sous l'escalier
4, Privet Drive
Little Whinging
Surrey
Avec celle-ci, les derniers souvenirs qu'il avait lui revinrent soudainement. La bataille, les sorts, Dumbledore, sa mort.
Il lui fallut quelques minutes pour passer par les cinq phases du deuil. Et pas le deuil de sa première vie, non, le deuil de sa mort qui lui était refusée. Une fois de plus !
Le brun commença par le déni, refusant de croire qu'il avait de nouveau onze ans, tentant au maximum de se persuader que tout cela n'était que son imagination permise par les quelques microsecondes avant sa mort. Mais il était forcé de passer à l'étape suivante au vu de la douleur qu'il ressentait, tout cela ne pouvait pas être un rêve.
Il enchaîna rapidement par la colère qui concernait à peu près tout et tout le monde. Il passa rapidement par la négociation, se demandant si en le voulant le plus fort possible, il serait enfin autorisé à se reposer. Mais comme d'habitude, ses souhaits ne sont jamais entendus. La dépression fut aussi rapide que passagère, gémissant de désespoir d'être forcé de tout subir à nouveau. La maltraitance, les morts, la douleur.
Puis la prochaine étape fut l'acceptation… qu'il n'accepta pas le moins du monde en se souvenant de qui était responsable de cette situation aussi insensée que non désirée. Il recula de quelques étapes pour revenir à la seconde : la colère.
Maudite âme d'école à la con ! Il n'avait jamais donné son accord pour recommencer sa vie ! Il était fatigué ! Il voulait juste… Il voulait juste enfin se reposer…
La lettre de ladite école lui brûla les doigts. Harry la lâcha soudainement en gémissant de douleur avant de lancer un regard mauvais à la pauvre enveloppe jaunie qui s'était échouée sur le sol telle une plume délicate.
Quelle lettre susceptible !
"PO-TTER !" cria une nouvelle fois son oncle. "Si je dois me lever… !" menaça-t-il.
Un ricanement méprisant et aigu se fit entendre juste après cette menace. Et Harry comprit qu'il n'était pas le seul à avoir de nouveau onze ans. Son imbécile de cousin aussi. Le brun retint un soupir à cette constatation. Lui qui était enfin parvenu à une entente presque cordiale avec lui vers la fin de sa scolarité... Le voilà de retour au point de départ et il ne pensait pas avoir la patience de pardonner une seconde fois.
"J'arrive, j'arrive," répondit Harry en grognant.
Son oncle ne lui avait pas le moins du monde manqué.
Le jeune homme de maintenant onze ans à peine, ramassa à la hâte sa lettre et la glissa dans sa poche trop grande en fronçant le nez.
Les vieux vêtements de Dudley non plus ne lui avaient pas manqué. En vérité, rien ne lui avait manqué dans cette maudite maison ! Ni la famille qui y vivait, ni l'odeur qui s'en dégageait, ni les murs, ni le parquet, ni les souvenirs, ni rien ! Encore moins ce foutu jardin qu'il avait eu l'impression d'entretenir toute son enfance et surtout pas son placard poussiéreux sous l'escalier.
Bon sang, son placard. Il allait devoir y retourner.
Plutôt mourir. Et avec de la chance, la quatrième fois serait la bonne.
À quel point était-ce triste qu'un enfant de onze ans considère sincèrement un minable placard où il pouvait à peine étendre les jambes comme sa chambre ? La seule chose à laquelle il avait droit. À quel point était-ce triste qu'un enfant ne puisse se sentir en sécurité que lorsque le verrou dudit placard était fermé, l'empêchant de sortir ? À quel point était-ce triste que sa seule distraction soit d'observer les deux araignées qui vivaient avec lui, dans le coin en haut à gauche du plafond de son petit placard ?
Bon sang, il leur avait même déjà donné des mouches qu'il était parvenu à attraper juste pour être sûr qu'elles ne meurent pas et qu'il se retrouve véritablement seul dans cet enfer !
"POTTER !" s'égosilla son oncle en claquant du poing sur la table de la salle à manger.
La bonne nouvelle, Harry devra peut-être le remercier pour cela d'ailleurs, était que son oncle lui avait permis d'accepter sa situation. Oui, il était dans son corps d'enfant et oui, il allait devoir recommencer la moitié de sa vie… mais il avait encore ses souvenirs et ses connaissances.
Oh, comme il allait leur faire regretter.
Il se dirige d'un pas serein vers la salle à manger, avant de s'arrêter sur le pas de la porte. Les yeux du survivant parcourent la pièce. La table mise pour trois, Dudley qui s'empiffrait, son oncle qui attendait d'être servi par son propre neveu et sa tante qui l'ignorait ouvertement en contemplant la fenêtre, observant du haut de son long coup la voisine tondre sa pelouse.
Comment avait-il pu penser que le comportement de sa famille, à son égard, était normal ? Comment avait-il pu les croire lorsqu'ils lui hurlaient que le jeune sorcier devrait être reconnaissant d'avoir été nourri le minimum vital ? Que c'était un luxe, pour lui, de vivre sous l'escalier, dans un placard poussiéreux ? Qu'il était normal d'effectuer toutes les corvées de la maison en guise de remerciement ?
Comment avaient-ils fait pour le persuader que toutes les choses horribles qu'il subissait n'étaient dues qu'à sa propre faute ? Pourquoi n'avait-il rien dit lorsqu'il prenait tellement de coups qu'il était persuadé d'avoir des os brisés ? Pourquoi n'avait-il pas dénoncé sa famille ?
Mais plus que tout, pourquoi personne n'avait rien vu ?
Harry déposa le courrier près de son oncle, le visage inexpressif en continuant de regarder autour de lui. Vernon lui lança un regard noir avant de s'emparer du courrier avec un grognement mécontent.
"Va t'occuper du bacon, et ne fait rien brûler," lança sa tante sans même lui accorder un regard.
Harry se mordit l'intérieur de la joue et se dirigea vers la cuisine. Une fois à l'intérieur, il regarda la poêle puis ses mains. Des petites mains calleuses, abimées et présentant quelques cicatrices de brulure au niveau des doigts. Il faisait le petit-déjeuner depuis l'âge de huit ans. Il n'avait même pas assez de force pour porter la lourde poêle en fonte et s'était souvent blessé au début.
Pourquoi personne n'avait rien vu… ? Pourquoi personne ne l'avait aidé… ?
Cela se voyait qu'il était maltraité et négligé par sa famille. Il était petit, chétif, craintif et les jours où il n'allait pas à l'école avec des blessures au niveau des bras ou des jambes était rare. Il se jetait sur la nourriture lorsqu'il était à l'école parce qu'il ne pouvait pas être sûr d'avoir droit à un repas le soir. Il était toujours isolé, toujours avec un air triste sur le visage. Il portait des vieux vêtements troués trois fois trop grands pour lui, alors que son cousin ne portait que des vêtements neufs, de qualité et de marques ridiculement chères. Des vêtements luxueux qu'il détruisait en quelques semaines.
Les professeurs savaient qu'ils vivaient sous le même toit, qu'il était pris en charge par sa tante. Pourquoi personne n'avait remarqué les coups, les bleus et la douleur qu'il subissait quotidiennement ?
Il grogna de colère lorsque sa ligne de pensée arriva sur Mme. Figg, l'espionne de Dumbledore.
Il expira le plus doucement qu'il put juste pour tenter de se calmer et de ne pas hurler dans la maison comme une banshee furieuse. Plus il y pensait, plus il y réfléchissait et plus sa colère grandissait. Il ne pouvait pas… Il ne pouvait pas pardonner ça. Comment avait-il même fait la première fois pour leur accorder un semblant de pardon ? Ses corvées… son traitement semblable à un elfe de maison… les punitions… Non. Plus jamais.
Il n'était plus l'esclave des Dursley depuis un moment et hors de question de revenir en arrière. Il était là pour changer l'avenir comme il le pouvait -contre son gré, certes- et il comptait bien commencer par là.
"Apporte-moi mon café !" ordonna M. Dursley d'une voix forte avec un regard noir.
L'homme commençait à se lasser du comportement inhabituel de son parasite de neveu. S'il continuait ainsi, la punition ne tarderait pas.
Harry eut un sourire hypocrite. Oh, comme il allait s'amuser !
"Mais avec plaisir, oncle Vernon," répondit Harry en entrant dans la salle à manger.
D'un mouvement habile de la main, il conjura la cafetière et la fit léviter jusqu'à la table sous le regard horrifié des Dursley et servit une tasse de café à son oncle avec toute la politesse hypocrite qui lui était possible de manifester.
Mme. Dursley poussa un cri si strident qu'il aurait pu en briser toutes les vitres de la maison si elle avait été meilleure chanteuse. Dans les mêmes secondes, son mari se levait de sa chaise à la hâte, bousculant au passage la table de son ventre imposant et renversant tout ce qui se trouvait dessus. Un vrai foutoir.
Harry fronça les sourcils et perdit son sourire en voyant la tasse renversée, le liquide amer imprégnant la nappe à fleur hideuse. Il venait de servir le café pour rien.
Fou de rage, Vernon s'approchait à grands pas d'Harry qui était loin d'être intimidé. Plus il avançait et plus son visage se tordait dans une colère sourde et changeait de couleur pour arriver à un violet tout à fait dérangeant. Mais Harry en avait vu d'autres.
Il avait combattu Voldemort bon sang -et perdu, oui, mais tout de même-, son oncle n'était qu'une énorme peluche moustachue et dodue à côté. Il n'était plus un enfant craintif de onze ans, dépendant et terrifié par la colère de son oncle et les coups qu'il pourrait recevoir. Il était un sorcier mentalement majeur avec une bonne connaissance de la sorcellerie et une certaine maîtrise de la magie sans baguette et il comptait bien leur faire comprendre.
"Accio Tisonnier," fit le survivant en tendant une main.
Le tisonnier, qui se trouvait près de la cheminée, derrière l'oncle Vernon, arriva à une vitesse impressionnante dans la main du survivant en esquivant de peu la tête de M. Dursley qui se figea d'horreur. Sa colère redescendit et fut remplacée par une peur panique.
Venait-il de manquer de mourir ?
Aucun membre de la famille moldu ne bougea d'un pouce. Tout sourire, Harry jouait négligemment avec le tisonnier et s'amusa même à le métamorphoser en épée. L'épée était loin d'être parfaite, le tisonnier n'avait pris qu'une forme grossière de glaive rien de plus. Mais c'était amplement suffisant pour faire reculer son oncle et sa tante d'un pas. Un pas supplémentaire fut observé lorsqu'il fit léviter sa métamorphose autour de lui comme si l'épée était possédée par un fantôme.
« Les sorts les plus basiques de première année sont de loin les plus efficaces pour impressionner les moldus. Je n'ai même pas besoin de les réussir correctement, » se moqua mentalement Harry.
Dudley s'apprêtait à hurler à pleins poumons en pointant son monstrueux cousin du doigt, mais sa mère plaqua l'une de ses mains sur sa bouche et se servit de l'autre pour baisser le bras de son fils. Elle le sera tellement fort contre elle qu'il commençait à devenir bleu.
"Bien," commença Harry. "Je vais vous raconter une histoire amusante et bien sûr, vous allez l'écouter avec attention." Il toussota théâtralement avant de reprendre. "Il était une fois, un jeune garçon… Maltraité et humilié quotidiennement par la famille chez qui il vivait depuis presque 10 ans. Un jour, ce petit garçon apprend qu'il est un sorcier et qu'il peut faire de la magie. Chose que la méchante famille avait tenté de lui cacher du mieux qu'ils purent. Alors il s'est entraîné dur, très dur, pour se venger de cette horrible famille."
Mme. Dursley glapit en entendant la voix froide de l'enfant de onze ans devant elle. Comment était-il devenu ainsi ? Il y a quelques heures, à peine, il s'écrasait devant son mari qui lui reprochait de ne pas avoir correctement nettoyé le vestibule ! Il n'avait même pas eu de nourriture correcte depuis le désastre du zoo il y a deux semaines.
M. Dursley, quant à lui, rouge de colère, attrapa une chaise comme bouclier et s'avança vers le survivant. Pointant les pieds du meuble vers le brun, l'homme l'agita comme s'il tentait de faire fuir une bête sauvage.
"J'en ai assez !" cria-t-il. "Sors de ma maison ! Je ne tolèrerai pas une abomination comme toi plus longtemps sous mon toit !"
Harry ne fit que hausser un sourcil avant de lancer un stupéfix sur son oncle qui tomba raide sur le sol sous les cris de sa femme, alors que Dudley se mettait à pleurer bruyamment. Harry se tourna vers eux et leur lança un silencio bien senti avant de reprendre son histoire.
"Je reprends. Je sais que je suis un sorcier et je sais faire de la magie. Donc si vous ne voulez pas d'ennuis, et par ennuis j'entends de graves blessures irréversibles, vous allez vite changer de comportement avec moi. Est-ce assez clair ?"
Personne ne lui répondit, figé d'effroi et toujours entravé par ses sorts.
"Je prends la chambre de Dudley, il se contentera de la plus petite. Ou du placard pour ce que j'en ai à faire... Même si je pense qu'il est trop gros pour tenir dedans," marmonna-t-il en fixant son cousin.
Juste par petite vengeance, il fit léviter le glaive vers lui pour lui faire peur. Cela marcha incroyablement bien. Il tremblait et n'osait même pas le regarder dans les yeux.
"Je mange dans ma chambre à 19h 30, et le repas a intérêt à être correct, en fait, il doit même être délicieux. Je ne veux pas être dérangé et si j'entends le moindre grognement de votre part ou si les crises de Dudley m'agacent un peu trop, je changerai le coupable en souris et je le donnerais à manger aux chats de la voisine. Sur ce, je monte dans ma chambre."
Il amorça quelques pas vers le hall d'entrée avant de s'arrêter et de faire volte-face. Il dépétrifia son oncle qui trembla en essayant de se remettre sur ses pieds.
"Oh. Oncle Vernon devra m'emmener demain à Londres et le 1er septembre à la gare de King Cross pour que je puisse aller dans une superbe école de magie. C'est évidemment non négociable. Soyez plutôt reconnaissant, vous ne me verrez pas pendant presque un an. N'est-ce pas merveilleux ?"
La lettre dans sa poche sembla s'agiter et devint agréablement chaude. La superbe école de magie avait apprécié le compliment. Harry ouvrit son placard. Il attrapa le peu d'affaires qu'il possédait -ce qui n'était pas loin de rien- et monta dans la chambre de son cousin. Il sortit tout ce qui ne l'intéressait pas dans le couloir et ferma la porte à clé.
Qu'il était bon d'être un sorcier.
Hum, non. Qu'il était bon d'être un sorcier et de le savoir !
La magie sans baguette l'avait épuisé, mais au vu des visages blafards des derniers membres de sa famille, cela en valait la peine. Il fallait qu'il marque le coup tout de suite puisqu'il ne pourrait plus le faire après être entré à Poudlard. Une chance qu'une des rares fois où il avait décidé de s'instruire de lui-même s'était à ce sujet.
Harry, alors en quatrième année, cherchait un moyen de contourner la trace du ministère pour continuer à se mettre inutilement en danger et avait donc recherché l'expertise d'Hermione qui, lors de leur première rencontre, avait avoué avoir pratiqué et réussit tous les sortilèges du livre de sorts de première année avant même son entrée à Poudlard.
"C'est justement parce que je n'étais pas encore entrée à Poudlard," avait-elle expliqué. "Ma trace et ma baguette n'étaient pas connues du ministère."
Ainsi, dès l'instant où les élèves passeraient les portes du château, leur trace serait enregistrée et identifiée par le ministère. C'est à partir de ce moment-là, que les élèves ne peuvent pratiquer la magie en dehors de Poudlard. Avant ça, personne ne sait même qu'ils existent, surtout s'ils vivent dans le monde moldu.
"Aucun sort de détection ne couvre la totalité de l'Angleterre," avait ajouté Hermione.
De retour au 4 Privet Drive, Harry observa la chambre autour de lui, une télévision, un bureau presque neuf, une armoire en bon état. En quelques minutes, il venait de transformer l'enfer qu'était la maison des Dursley en paradis avec trois idiots terrorisés à son service.
Certes, ce n'était pas digne du survivant, du héros de la lumière, du garçon-qui-a-survécu, mais il était fatigué d'être le survivant de toute façon. Cette vie-là n'était plus pour lui et la seconde chance qui lui était accordée ne serait pas un échec. Et tous ceux qui l'avaient ennuyé dans sa vie précédente allaient le regretter. Enfin un peu. Il ne s'était pas transformé en monstre non plus, mais son côté Serpentard avait, immanquablement, pris le dessus.
Une fois correctement installé dans sa nouvelle chambre, il soupira de bonheur, étalé sur le lit de son cousin. Non, son lit !
La lettre, dans sa poche, s'agita de nouveau et Harry fronça les sourcils. Il ignorait que les lettres de Poudlard avaient un mode vibreur lorsqu'elles n'étaient pas lues. Il l'ouvrit simplement et rangea l'enveloppe dans son nouveau bureau, la notion « dans le placard sous l'escalier » lui servira pour sa vengeance contre les Dursley et peut-être même contre Dumbledore.
Oh, comme il avait hâte d'en apprendre plus sur la justice magique. Il y avait forcément un département sur l'enfance ! Les maltraitances qu'il subissait ne seraient pas impunies cette fois. Encore une fois, il se demanda pourquoi il n'y avait pas pensé avant…
Il déplia le parchemin, s'attendant à lire une lettre de McGonagall lui indiquant qu'il était admis à Poudlard et qu'elle attendait son hibou. Tiens, il fallait qu'il pense à acheter Hedwige quand il ira sur le Chemin de Traverse demain. Il sourit à la pensée de revoir sa douce chouette.
Se faisant une note mentale, bien qu'acheter Hedwige allait être la première chose qu'il ferait demain, il retourna son attention sur sa lettre avant de hausser un sourcil d'étonnement.
Rien.
Il n'y avait rien d'inscrit. C'était un parchemin vierge.
Absolument rien.
Le sorcier frotta le parchemin, juste pour vérifier. Mais non. Il était vide. Pas de « Cher M. Potter… » Aucun mot sur l'école où il était déjà inscrit. Même pas de liste de fournitures scolaires… McGonagall avait-elle oublié de remplir sa lettre ? Harry soupira. Même quand il parvenait à résoudre ses problèmes, d'autres apparaissaient sans raison pour lui casser les pieds. Quel était le problème cette fois ? Il n'était pas inscrit à Poudlard finalement ? Le simple fait de l'imaginer lui fit mal au cœur. Ce n'était pas possible… n'est-ce pas ?
La lettre s'illumina et non sans rappeler au survivant le journal de Riddle lors de sa seconde année, des inscriptions apparurent au fur et à mesure.
Ne sois pas aussi négatif. Quel est l'intérêt que je t'envoie une lettre d'inscription puisque tu sais déjà que tu es inscrit ?
"Qu'est-ce que… ? Qui es-tu ?" demanda le survivant en fixant la lettre sous toutes les coutures.
Les précédentes phrases s'effacèrent et laissèrent place à d'autres.
Je suis Poudlard. C'est moi qui t'ai envoyé ici, nous en avons parlé lors de la bataille contre Voldemort.
Harry renifla. « Parler » était un mot peu adapté au monologue de l'esprit en colère qu'il avait à peine écouté alors qu'il agonisait sur les gravats du champ de bataille. Mais pourquoi est-ce l'esprit de Poudlard qui écrit sa lettre d'inscription ?
Aucune des lettres d'inscriptions n'est écrite par McGonagall. Elle ne fait que les signer. C'est moi qui les rédige. Contrairement à elle, les fondateurs m'ont donné le pouvoir de repérer chaque jeune sorcier en âge de venir étudier.
"Alors... je ne suis pas fou ?" demanda-t-il dans le vide.
Il avait presque commencé à douter de sa santé mentale. Après tout. Rien n'avait de sens...
Non... en tout cas, pas sur ce retour dans le passé que mon incroyable pouvoir a permis.
Un petit dessin d'un visage souriant faisant un clin d'œil apparu à la fin de la phrase, comme si Poudlard se moquait d'elle-même. Le brun haussa haut les sourcils. Est-ce que l'esprit millénaire d'une école de magie venait de terminer sa phrase par un smiley ? Celui-ci s'effaça et fut remplacé par une autre phrase :
Comment se passe ta renaissance ?
"Pas trop mal," sourit le Survivant.
C'est ce que j'ai constaté. Tant que tu auras cette lettre sur toi, je serais capable de voir ce qui se passe autour de toi.
"Tu as dit que tu m'aiderais à réparer mes erreurs. Pourquoi m'avoir fait revenir à cette époque. Pourquoi pas avant ? J'aurais peut-être pu sauver mes parents."
J'ai du mal à imaginer comment tu aurais accompli un tel miracle alors que tu n'aurais été qu'un bébé de quelques mois…
Bien qu'il ne s'agisse que de lettre sur un parchemin jauni, Harry ressentit le ton moqueur de la phrase.
"J'aurais trouvé quelque chose," marmonna le survivant, têtu.
Même si je l'avais voulu, je n'aurais pas été capable de faire ça. Je t'ai fait revenir aussi loin que possible dans le passé. Je ne pouvais te faire remonter le temps que jusqu'à notre rencontre.
"Notre rencontre ?" répéta le survivant en fronçant les sourcils d'incompréhension.
Il était persuadé ne pas avoir vu de femme fantôme étrange aux cheveux blancs et aux yeux gris aujourd'hui. Il s'en serait souvenu.
La première fois que tu as rencontré Poudlard, en l'occurrence moi, c'était aujourd'hui, en prenant dans tes mains la lettre d'inscription. Les lettres sont faites de ma magie et sont donc une partie de moi.
Harry avait depuis longtemps abandonné toute recherche de logique, il ne fit qu'acquiescer. Après tout, pourquoi pas ?
Qui était-il pour affirmer qu'une école de magie ne possédait pas de conscience ? Conscience capable de faire remonter, à un étudiant à peine majeur, pas moins de six années dans le passé afin qu'il puisse réparer ses erreurs, empêcher les manigances d'un vieux fou accro au sucre et tuer un sorcier noir possédant un étrange amour pour les serpents ? Ou encore une conscience capable de communiquer avec ledit étudiant à l'aide d'une lettre d'inscription plus magique qu'il ne le pensait au premier abord ?
Non vraiment, il n'y avait rien d'étonnant dans sa vie. Pas plus que d'habitude.
Garde cette lettre avec toi jusqu'à ton arrivée à Poudlard. On pourra communiquer grâce à elle.
Le survivant hocha la tête. Il devait voir le côté positif de sa nouvelle vie. Poudlard était une école de magie, elle devait connaître d'innombrables choses… Il serait bien mieux préparé pour son combat cette fois.
Je serais effectivement le meilleur professeur que tu aies jamais eu.
