Correction: 31-08-2024

Chapitre 4 : Le Chemin de Traverse

Avec suffisamment d'argent en poche après son court passage chez Gringotts, Harry commença par aller chercher sa chouette. Il zigzagua à travers les passants qui encombraient la rue commerçante tordue avec une étonnante élégance.

Non. C'était faux.

Il avait bousculé au moins trois personnes sur le chemin et manqué de s'étaler sans grâce sur le sol tous les vingt mètres à force d'être ballotté dans tous les sens par la foule compacte qui faisait ses achats. Après s'être habitué à sa nouvelle taille d'enfants, il est parvenu à se faufiler correctement entre les sorciers pour pouvoir se rendre là où il voulait sans se faire emporter ailleurs par les différents mouvements de foule.

Il ne lui fallut que seize minutes pour se rendre au Royaume du hibou. Deux de plus pour trouver Hedwige -qu'il reconnaîtrait entre mille- et cinq autres pour passer à la caisse.

Il avait finalement décidé d'utiliser sa célébrité comme un passe-droit. Il ne voulait pas attendre des heures dans des files d'attente interminables à maudire la vieille sorcière qui prenait un malin plaisir à payer une véritable fortune uniquement avec des noises. Il avait simplement secoué les mèches de son front lorsque les sorciers devant lui le regardaient. C'est un hasard total que sa cicatrice ait été visible et que les clients le laissaient alors passer comme s'il était prince.

Qu'aurait été sa vie s'il avait vécu dans le monde magique depuis toujours ?

Après être sorti, il s'installa sur le banc d'un petit parc coincé entre une boutique de chaudron et un immeuble tordu pour réfléchir. Il avait heureusement réussi à semer ses… fans, qui avaient tenté de le suivre plus ou moins discrètement.

À l'abri des regards dus à sa célébrité -il ne pouvait pas y avoir que des avantages, n'est-ce pas?- il regarda un peu son harfang des neiges qui le fixa en retour. Évidemment, Harry fut le premier à cligner des yeux. Les chouettes et hiboux étaient particulièrement doués pour ce genre de jeu.

Le brun ouvrit la cage en tremblant un peu avant d'approcher doucement sa main de l'oiseau qui se laissa faire sans le quitter du regard.

"Salut Hedwige. Je suis… vraiment heureux de te voir," murmura le brun avec une boule d'émotion dans la gorge.

Ses yeux le brûlaient et il se força désespérément à ne pas pleurer. Sa chouette était là, avec lui, identique à ce qu'elle avait été dans sa première vie. La même façon de plisser les yeux lorsqu'il caressait les plumes près de son bec, son même regard menaçant lorsqu'il s'approchait trop de ses pattes. Elle avait toujours détesté être caressée à cet endroit.

La voir ainsi, bien en vie, lui fit comprendre qu'il avait encore une chance de sauver tous ceux qu'il avait perdu dans le passé. S'il se débrouillait bien, il pouvait éviter toutes les pertes d'êtres chers qui lui avaient laissé un profond sentiment de culpabilité dans sa première vie.

S'il se débrouillait bien, il pourrait vraiment être autre chose qu'un échec ou un pion.

Il continua de caresser Hedwige avec un sourire stupide avant de le perdre en réfléchissant un peu plus.

Il était si pressé de la retrouver qu'il n'avait pas pensé que la balader à travers toute la rue sorcière et le Londres moldu serait handicapant.

"Pourrais-tu m'attendre au 4 Privet Drive Little Whinging ?" demanda-t-il après un moment.

Hedwige hulula d'accord avant de quitter la cage et de s'envoler vers sa nouvelle maison. Du moins… Harry l'espérait. Sa chouette avait toujours été intelligente et il a toujours senti un lien incroyable avec elle, mais là… Il venait à peine de la retrouver et elle ne le connaissait pas autant que lui la connaissait.

Il secoua la tête pour chasser ses pensées négatives, se convainquit que tout irait bien et que le Harfang des neiges était en route pour la maison de sa tante sans problème.

Voilà une bonne chose de faite !

Satisfait, le survivant retourna à ses achats. Il commença par ce qui lui manquait le plus après sa merveilleuse amie à plumes : sa merveilleuse amie en bois, sa baguette.

Harry entra dans la boutique, observant les milliers de petites boîtes qui s'entassaient contre les murs, atteignant presque le plafond.

"Ah. Monsieur Potter," fit une voix douce attirant l'attention de Harry. "Je pensais bien vous voir dans ma boutique bientôt."

"Bonjour," répondit Harry avec un sourire poli.

La visite chez Ollivander se passa presque de la même façon que dans sa première vie. Ou la première réalité alternative qu'il a vécue ? Ou peut-être juste ses souvenirs passés du présent-futur ?

Harry décida qu'il n'y réfléchirait plus. Les voyages dans le temps étaient toujours compliqués et finalement, ça n'importait plus autant que ça.

Quelques essais de baguette plus tard, Ollivander marmonnait, ravi, que Harry était un client difficile. Et soudainement, il s'arrêta. Le jeune sorcier l'observa se figer dans l'arrière-boutique et se tourner vers un endroit précis de son magasin avant de s'y diriger d'un pas quasiment mécanique, le regard un peu vague.

"Celle-ci ? Non… Ou peut-être que…" marmonnait-il.

Le brun haussa un sourcil. Sa visite chez Ollivander remontait à quelques années, mais il n'avait pas vraiment le souvenir que l'homme était si étrange… Mais le survivant n'y fit pas attention plus longtemps lorsque sa chère baguette de 27.5 centimètres en bois de houx avec une plume de phénix se retrouva à nouveau dans sa main.

Le vendeur le regarda avec un léger étonnement lorsqu'il comprit qu'il avait enfin trouvé la bonne baguette.

"Curieux… Très curieux," murmura-t-il.

« Curieux en effet… » pensa Harry en contemplant sa baguette.

Était-il réellement destiné à obtenir une baguette liée à celle de Voldemort ou était-ce l'Horcruxe coincé dans son front qui était à l'origine de ce choix ? La baguette choisissait le sorcier en fonction de son âme ou de son noyau magique ? N'est-ce pas plutôt le noyau magique qui choisissait la baguette puisqu'elle est un catalyseur de celui-ci ?

Harry fronça les sourcils. Pourquoi est-ce qu'il se posait autant de questions ? Non, pourquoi est-ce qu'il les posait seulement maintenant ? Il n'avait jamais réfléchi à ce genre de chose avant. Se contentant des explications floues et minables qu'on avait bien voulu lui donner.

Quelque chose en lui s'agita un peu et sa cicatrice le démangea.

Il allait falloir qu'il fasse quelque chose pour cet Horcruxe d'ailleurs, il n'aimait pas partager son corps avec une autre âme. Surtout celle-ci ! Et si s'en débarrasser pouvait ne pas impliquer sa mort, il en serait ravi.

Celui-qui-a-remonté-le-temps s'élança tranquillement vers les autres boutiques de sa liste mentale. Il commença par acheter une malle dans laquelle il pourrait entreposer ses futurs achats. Il prit une valise bien plus grande et performante que sa malle d'origine. Il avait désormais un espace si grand qu'il pourrait y vivre facilement.

Telle une tente de la famille Weasley. Elle possédait bien plus de place que son apparence le présageait. Et, même si Harry en doutait pour l'instant, cela lui sera peut-être utile un jour. De plus, sa nouvelle malle possédait un nombre conséquent de sorts : allègements, antivols, anti-bruit, rangement automatique, détection de présences extérieures, alarmes, illusion moldu, rétrécissement à pression... Harry ne fit pas vraiment attention au reste des sorts. Il en comprenait à peine l'utilité.

Bon sang, dix-sept ans et il ne connaissait pas la moitié des sorts sur cette valise… Il allait devoir remédier à ça.

Mais en attendant, c'est cette malle qui lui faisait envie et c'est donc cette malle qu'il prendrait ! Il était riche et, bien que cela faisait de nombreuses années qu'il le savait, il n'avait jamais réellement profité de son argent autre que pour s'acheter des bonbons. Cela devait changer.

La boutique dans laquelle il se trouvait proposait également de très bons télescopes et balances. Avec un air de Serpentard satisfait, Harry acheta les plus chers qu'il put trouver. Oh oui, il était temps qu'il dépense un peu son argent pour lui et personne d'autre.

Après être sorti, il entreprit de se rendre à la boutique suivante, mais un mouvement, maintenant habituel, secoua sa poche. Harry attrapa sa lettre et la déplia.

Direction l'apothicaire, mon grand, il est temps que tu aies une liste de courses.

« Et qui va me la fournir ? »

La meilleure personne possible : Moi !

Dès lors, une liste incroyablement longue se déroula sous ses yeux. Elle était si fournie que le parchemin jauni s'agrandit à son tour et tomba jusqu'au sol, laissant le sorcier hausser un sourcil en constatant avec effarement qu'il ne connaissait pas la moitié des ingrédients inscrits.

Mais à quoi toutes ces choses allaient-elles bien pouvoir lui servir ? Comme pour lui répondre, une petite note apparut dans la marge de la lettre.

À avoir une éducation décente. À présent, shopping !

Avec un soupir, Harry se dirigea vers l'apothicaire. Il tendit la lettre au gérant qui en fit tomber ses lunettes.

"Je suis navré, jeune homme, mais la plupart de ses ingrédients sont rares et nécessitent d'être de bonne qualité. Ils sont donc extrêmement chers. Je ne pense pas que tu aies assez d'arg-"

D'un léger mouvement de cheveux, Harry dévoila sa légendaire cicatrice. Le vendeur en fit tomber une seconde fois les lunettes qu'il était pourtant parvenu à remettre sur son nez, et quelques clients haletaient d'étonnement.

"L'argent n'est pas un problème."

"Oh, monsieur Potter ! Mille excuses, je vous prépare ça tout de suite. Je suppose que vous devez obtenir des cours différents de la plupart des élèves ! Votre commande sera prête dans moins d'une heure."

"C'est très gentil à vous, mais j'ai besoin de cette lettre pour continuer mes courses en attendant."

La lettre se scinda en deux avant même que le vendeur n'ait pu faire quoi que ce soit.

Voilà qui résolvait le problème.

Il salua l'apothicaire qui n'arrivait toujours pas à remettre sa paire de lunettes sur le bout de son nez et lui affirma revenir dans une heure. Il dut aussi serrer la main de plusieurs sorciers qui se trouvaient dans la boutique et qui souhaitaient absolument se présenter à lui. Honnêtement, il ne retint aucun des noms qui lui avaient été donnés.

Sauf peut-être celui de Merrill Horn dont les mains étaient affreusement moites.

Il parvint finalement à quitter la boutique après son petit bain de foule et à s'éclipser discrètement le temps que les sorciers se calment sur sa possible présence sur le Chemin de Traverse.

À présent, Poudlard lui demandait de se rendre dans une librairie. Harry obéit. Avait-il le choix de toute façon ? Sûrement. Mais il n'allait certainement pas se mettre sa meilleure chance de réussir sa vie à dos.

C'est donc la lettre en main qu'il pénétra dans la librairie Fleury et Bott.

Et là, ce fut un cauchemar sans nom qui débuta. Plus il avançait à travers les rayons, plus la liste d'ouvrages qu'il devait acheter s'agrandissait. Il acheta tous les manuels scolaires qu'il put trouver. Chaque sujet y passa. Botanique, potion, métamorphose, sorts et enchantements, défense contre les forces du mal, arithmancie, soin en créatures magiques, runes, astronomie, histoire de la magie, divination…

"Divination ?!" chuchota presque furieusement le survivant. "Il n'y a pas plus inutile comme matière !"

Ça, c'est uniquement parce que tu avais un professeur complètement incompétent, répondit Poudlard sur le papier jauni. La divination est vraiment une branche de la magie qui est tout à fait intéressante à condition qu'elle soit correctement interprétée et surtout correctement enseignée.

Harry soupira en attrapant pas moins de quatre livres sur le sujet.

Mais si ce n'était que les manuels scolaires qu'il avait à acheter, cela irait encore, mais ce fut loin d'être le cas. Poudlard lui fit acheter des documentaires, des biographies (Merlin, Nicolas Flamel, les fondateurs, et même Albus Dumbledore.) Il grogna en attrapant le dernier. Avait-il réellement besoin de connaître un peu plus ce manipulateur hypocrite ? Ce qui était dans ce livre était peut-être même faux.

On ne sait jamais. Connais tes amis, mais plus encore tes ennemis, écrivit Poudlard.

Le sorcier lui accorda ce point.

Puis, après les biographies, ce furent les essais et les études qu'il dut acheter. Essais et études qui traitaient des sujets aussi riches que variés. Il dut ajouter des dictionnaires et livres de langues à son panier déjà bien garni. Anglais, Français, Espagnol, Latin, Gobelbabil.

« Pourquoi dois-je parler plusieurs langues ? Je veux dire… tout le monde parle anglais, non ? C'est la langue universelle… »

C'est plus ou moins vrai. Mais c'est toujours bon de parler plusieurs langues. Mais je ne te fais pas acheter ses livres pour que tu apprennes toutes les langues d'Europe. Les langues étrangères et les langues mortes sont très utiles pour apprendre certains sorts et plus encore pour en créer soi-même. Particulièrement le latin.

Ensuite, vinrent les livres sur l'économie sorcière de Grande-Bretagne ainsi que la politique aussi bien britannique qu'européenne et mondiale.

Il commençait à pâlir et sentit une goutte de sueur longer sa tempe en contemplant son panier qui débordait littéralement de livres qui étaient loin d'être tous intéressants. Très peu l'étaient à ses yeux pour tout avouer. Certes, il était motivé à réellement apprendre par lui-même, mais cela commençait à faire beaucoup trop ! Il n'était pas Hermione !

Et puis, l'économie ? La politique ? N'est-ce pas un peu… trop pour lui ?

Ne t'inquiète pas, tu ne vas pas étudier tout cela en un an. Tu as sept longues années devant toi, ainsi qu'une vie entière si on réussit notre projet. Et ne panique pas maintenant parce que c'est loin d'être fini. Il te faut encore des livres sur l'actualité, les coutumes et traditions sorcières, l'étiquette aristocratique, les gobelins, un abonnement au chicaneur, Daily prophète et Sorcière hebdo.

"Sorcière hebdo ? J'ai besoin d'un abonnement à Sorcière hebdo, vraiment ?" Demanda-t-il sans comprendre l'intérêt d'un torchon pareil.

Non. Mais moi, j'ai envie de lire ce magazine… et comme tu t'en doutes, je ne peux pas m'abonner moi-même. Doooonc tu vas le faire pour moi. N'est-ce pas ?

Misère, il n'était pas rendu.

Lorsqu'il passa à la caisse, le vendeur, Maxime de son petit nom, n'en revenait pas. Il n'avait jamais vu un client acheter autant de livres à la fois et encore moins un client de 10 ans, seul qui plus est.

Mais Maxime, n'était qu'un homme et il n'allait pas s'en plaindre. Nul doute qu'il allait avoir une prime avec le chiffre d'affaires qu'il ferait aujourd'hui. Il serait sûrement nommé vendeur du mois et peut-être même de l'année. Il imaginait déjà son patron grincheux lui serrer la main et le féliciter pour son travail acharné. Peut-être était-ce le moment de demander une augmentation ? Peut-être allait-il enfin pouvoir acheter cette foutue bague de mariage ridiculement chère que sa dulcinée voulait. Sérieusement, avait-elle vraiment besoin d'un diamant magiquement plus brillant que les autres ?

Encore un peu rêveur, il enregistra chaque livre et proposa même de les rétrécir pour son prestigieux client. Harry accepta volontiers et rangea ses achats dans sa malle avant de quitter la boutique sous le regard curieux du reste de la populace de pauvres gueux qui se trouvait là. Heureusement, il n'avait pas eu à ébouriffer innocemment ses cheveux pour dévoiler sa cicatrice. Son panier énorme avait provoqué un mouvement de foule septique et lui permit d'accéder à la caisse plus rapidement.

Le survivant traîna sa malle vers la direction de l'apothicaire, il allait bientôt être l'heure de récupérer sa commande. Son regard fut attiré par une devanture de magasin dans lequel il avait rarement -si ce n'est jamais- mis les pieds. Un sourire fleurit sur son visage. Il avait envie de s'amuser.

Sans attendre, il entra dans le magasin de farces et attrapes Pirouette et Badin, certes, cela n'atteindrait jamais la qualité et l'originalité des frères jumeaux Weasley, mais c'était déjà bien pour un début. Et puis, il devait s'entraîner avant d'utiliser des farces de qualité supérieure.

Tu n'es plus vraiment un enfant de onze ans, tu le sais, n'est-ce pas ? commenta Poudlard une fois que le survivant eut payé ses achats.

"Je n'ai pas vraiment eu l'occasion d'en être un dans ma première vie, je vais arranger ça."

Harry se dépêcha maintenant de rejoindre l'apothicaire, il allait être en retard. Et il était loin d'avoir terminé ses courses du côté sorcier. Il était pourtant presque 11 h 00.

L'apothicaire le remercia infiniment pour ses achats que le survivant paya rubis sur l'ongle. En voilà un autre qui allait avoir une prime.

Celui-qui-a-survécu reprit sa liste mentale. Il devait encore aller dans quelques boutiques avant d'avoir droit à sa pause-déjeuner et de partir faire les magasins dans le Londres moldu.

Il passa en revue les boutiques qui lui restaient et Poudlard les inscrit sur la lettre pour lui servir de mémo.

Madame Guipure

Papeterie magique

Au bon chaudron

La boutique de Quidditch

Barjow et Beurk

Harry fronça les sourcils. Barjow et Beurk ? Pourquoi devait-il aller dans une telle boutique ?

Parce qu'il te manque encore quelques livres que tu ne trouveras que là-bas, écrivit Poudlard.

Le survivant ne fit que soupirer sans protester. Très bien, il irait à Barjow et Beurk.

En moins d'une vingtaine de minutes, le chaudron, les plumes et l'encre furent achetés. Au bon chaudron et papeterie magique s'effacèrent de la liste.

Harry décida d'aller voir madame Guipure en dernier et partit donc en direction de la boutique de Quidditch.

Il voulait un balai.

Il est vrai que les premières années ne doivent pas en posséder, mais les règles ne s'étaient, jusqu'à maintenant, jamais appliquées à lui. McGonagall lui avait offert un balai après tout. Le PROFESSEUR McGonagall avait offert un balai de dernière génération à un étudiant de première année ! Si le corps enseignant ne respectait pas leur propre règle, il ne voyait pas pourquoi il le ferait lui-même.

C'est donc avec un nimbus 2000 tout neuf qu'il sortit de la boutique. Il le rangea rapidement dans sa malle alors que de nombreux enfants jaloux le regardaient de loin, brayant et tirant sur les manches de robe de leur géniteur pour en obtenir un également.

Barjow et Beurk maintenant. Harry appuya sur le bouton pressoir de sa malle pour la faire rapetisser et l'enfouit dans sa poche. L'allée des embrumes n'était pas des plus sûres. Plus courte sera sa visite là-bas et mieux ce sera.

"Qu'est-ce que je suis censé acheter là ?" demanda Harry à voix basse alors qu'il se tenait devant la boutique peu fréquentable.

Il lança discrètement des regards autour de lui et vit un vieux sorcier avec un œil de verre le fixer étrangement. Il frissonna, son instinct -certainement endommagé- lui hurlant de ne pas rester immobile trop longtemps et de ne pas lui tourner le dos.

La lettre s'illumina. Des titres de livres apparurent et parfois seulement des références lorsque le livre en question ne possédait pas de titre.

Donne ça au vendeur et tâche d'avoir l'air riche et aristocrate.

"Comme Malfoy ?"

C'est ça, joue les Malfoy, ce sera parfait.

Et c'est ce qu'il fit. Alors que le vendeur finissait de lire la liste, il lança un regard sceptique à Harry qui le lui rendit. Il imita presque à la perfection le regard arrogant et dédaigneux de Malfoy junior et poussa même sa performance en haussant son sourcil droit de la manière la plus snob possible.

Le vendeur grogna et partit dans l'arrière-boutique sans un bruit avant de revenir une dizaine de minutes plus tard avec les livres demandés. La somme que paya Harry fut astronomique, mais il ne dit rien et quitta Barjow et Beurk d'un pas pressé en rangeant ses nouvelles acquisitions dans sa malle.

"Qu'est-ce que c'est comme bouquin, d'ailleurs?" demanda-t-il finalement.

Magie noire, magie de sang, magie rituelle, runes obscures, créatures maléfiques et alliances sombres…

Harry s'étrangla. Avait-il bien lu ?!

Ooooh, ne fait pas ton Poufsouffle. Ce n'est que quelques bouquins. Et puis, il est temps que tu saches ce qu'est réellement la magie noire. Enfin, ce que les sorciers de ton époque appellent la magie noire.

Harry ne répondit pas. Bien qu'il apprécie peu d'être comparé à un Poufsouffle.

C'est une super maison Poufsouffle. Toutes mes maisons sont super, en vérité.

Harry ne commenta pas, il commençait réellement à manquer de temps. La dernière boutique fut madame Guipure : prêt-à-porter pour mages et sorciers. Au vu de l'heure avancée, il y avait peu de monde à l'intérieur de la boutique.

La propriétaire, madame Guipure donc, était, ce jour-là, habillée d'une robe sorcière d'un orange si pétant et hideux que Harry en fut aveuglé quelques instants.

« Merde, mes yeux ! »

Avec une vue encore un peu troublée, il ne parvint pas à esquiver une jeune fille aux cheveux bruns ébouriffés. Après une légère collision inévitable, le survivant cligna plusieurs fois des yeux avant de lâcher d'une façon aussi stupide qu'étonnée :

"Hermione ?"