Correction: 01-09-2024
Chapitre 6 : Second Onzième Anniversaire
Harry se réveilla doucement avec la vibration délicate de la lettre qu'il tenait encore dans sa main. Poudlard avait pris l'habitude de lui servir de réveil-matin. Il avait veillé tard hier soir. Comme tous les autres soirs des deux semaines qui venaient de s'écouler, d'ailleurs.
Apprendre la politesse gobeline était bien plus intéressant que ce qu'il pensait. Et lorsque le cours devenait un peu indigeste à force de toujours étudier le même sujet, il se concentrait sur les us et coutumes sang-pur.
Peut-être étaient-ce ces sujets qui l'intéressaient, ou bien Poudlard qui avait une façon bien à elle de donner des cours. Elle aimait particulièrement placer quelques anecdotes. Souvent drôle, parfois étrange et toujours un peu pitoyable pour faire vivre son cours. Ses sept années d'étude seraient bien plus distrayantes qu'il ne l'avait imaginé en achetant tous ses livres sur le Chemin de Traverse.
Nul doute qu'à force de l'entendre rire seul dans sa chambre, les Dursley le prenaient pour un fou et l'évitaient plus encore qu'avant. Mais il ne pouvait se retenir. Les gobelins avaient une culture très différente des sorciers, ce qui provoquait des situations assez drôles. La plupart des sorciers ne souhaitaient pas être impolis avec les petites créatures. Ils géraient leurs argents après tout, ce n'était pas dans leurs intérêts de se les mettre à dos.
Qui se montrerait volontairement impolie avec son banquier alors qu'il demande un prêt de 1 000 galions ? Mais voilà, aucun sorcier n'avait vraiment pris la peine de s'intéresser aux différences entre leurs politesses et la politesse sorcière.
Il s'était rendu compte que lui-même s'était montré très impoli avec les gobelins qu'il avait rencontrés. Le simple terme « monsieur » était une insulte lorsqu'il désignait un gobelin. Les gobelins devaient être désignés par le terme « maître ». Non pas qu'ils se considéraient comme supérieurs aux sorciers - bien que la plupart ne s'en cachaient pas - mais simplement qu'ils étaient des maîtres dans leurs arts ou professions et qu'ils devaient donc être traités comme tels. Appeler un Gobelin « monsieur » signifiait que la maîtrise dudit gobelin n'était pas supérieure à celle du sorcier qui s'adressait à lui.
Une grande insulte pour eux.
Il se frotta les yeux comme un enfant et cligna plusieurs fois des paupières pour pouvoir lire ce qu'affichait sa lettre.
Joyeux anniversaire ! Onze ans à nouveau! Reste attentif, j'ai envoyé mon cadeau hier soir, il ne devrait plus tarder.
Harry ouvrit de grands yeux. Un cadeau ? Il ne pensait pas que Poudlard pourrait lui envoyer un cadeau. Pouvait-elle vraiment le faire d'ailleurs ?
Je ne peux pas avoir d'élève favori. Je dois être juste et traiter tous les étudiants de la même façon. Mais pour l'instant, tu n'es pas encore étudiant. Je peux donc t'envoyer un cadeau sans être obligé d'en envoyer un aux 397 autres élèves.
Un grand sourire se dessina sur les lèvres du survivant. La journée commençait bien. Poudlard était vraiment une des meilleures choses qui lui soient arrivées. Il le pensait déjà lorsqu'il avait onze ans et qu'à l'époque Poudlard n'était rien de plus qu'une école, mais à présent, il pouvait bien se permettre de la considérer comme une amie en plus d'une véritable maison.
Il se leva, bailla à s'en décrocher la mâchoire, et se dirigea vers la salle de bain. Salle de bain libre à cette heure, évidemment. Afin d'être sûr de ne pas croiser de tante au long cou ou d'oncle moustachu, et surtout pas de cousin stupide, il avait instauré des horaires pour les pièces communes. La salle de bain était toute à lui de 8 h 3 et la salle à manger lui était réservée d 9h 20.
Sa douche terminée, il descendit prendre un copieux petit-déjeuner avant de remonter rapidement dans sa chambre. Il avait encore beaucoup de masse à reprendre pour pouvoir espérer atteindre une taille et une corpulence décente pour son âge.
Lorsqu'il passa la porte, un hibou l'attendait sagement sur le bord de la fenêtre. Il portait à la patte un petit colis emballé de kraft.
Le survivant lui ouvrit et lui offrit quelques friandises qu'il avait achetées pour Hedwige. Après un bref remerciement sous forme d'un hululement affectueux. Le hibou s'envola vers d'autres horizons.
Harry sauta sur son lit et déballa son cadeau. À l'intérieur se trouvait un retourneur de temps, identique à celui d'Hermione, accompagné d'une petite note.
Crois-moi, ça te servira souvent. Joyeux anniversaire ma petite éponge.
Harry sourit encore. L'attention le touchait déjà beaucoup, mais il ne doutait pas que ce cadeau lui serait très utile. Attrapant la lettre, il remercia vivement Poudlard qui en rougit. Il avait fini par comprendre que lorsque la lettre devenait légèrement chaude, c'est que les joues de la jeune femme se coloraient de rouge. Il trouvait ça amusant. Puis, il tiqua.
Petite éponge ? Pourquoi l'appelait-elle ainsi ?
Parce que, d'après des études américaines aussi sérieuses que pas forcément utiles, les éponges sont moins intelligentes que les huîtres.
Malgré sa réponse, Harry resta dans le flou. Mais Poudlard était un peu bizarre, il n'y fit pas longtemps attention.
Prépare-toi. Tu as rendez-vous à Gringotts aujourd'hui.
Quelques heures plus tard, après un loooong voyage sur son balai, Harry se posa devant le Chaudron Baveur, entra et retira le sort de désillusion qu'il s'était lancé une fois à l'abri des regards, même ceux des sorciers.
Il allait devoir trouver une solution pour l'année prochaine et la restriction de sa magie. Dans sa première vie, il n'avait trouvé aucun moyen d'échapper à la trace imposée par le ministère, mais il en existait probablement un…
Peut-être devrait-il demander à Poudlard. Mais pour l'instant, un rendez-vous important l'attendait.
En 10 minutes, il se trouvait devant la banque des sorciers.
Les gobelins l'accueillirent rapidement et en moins de temps qu'il n'en faut pour dire Gringotts, il était de nouveau dans le bureau du directeur.
"Héritier Potter," le salua le directeur.
"Maître gobelin," répondit Harry en Gobelbabil.
Il lui avait fallu pas moins de trois jours pour parvenir à dire ces simples mots dans un Gobelbabil correct. C'étaient les seuls mots qu'il était parvenu à apprendre. La langue gobeline n'était pas réellement difficile mais la prononciation était très complexe pour les cordes vocales humaines. Mais au vu du regard que lui lança le directeur à la fois étonné et appréciateur, cela valait le coup de s'écorcher la gorge pendant des heures.
"Nous avons plusieurs points à aborder avec vous. Vous auriez, cependant, dû être en présence de votre tuteur magique. Je me doute qu'il ne sera pas présent…"
"Je n'ai pas eu l'occasion de faire la rencontre de Lord Albus Dumbledore ni de Lady Alice Londubat. Ils ne savent probablement pas que je me trouve ici actuellement."
"Je vois," grogna un peu Ragnok. Il appréciait peu que les procédures établies par les gobelins et les sorciers ne soient pas respectées. "Heureusement, étant donné que vous êtes le dernier héritier de la noble et ancienne famille Potter, nous pouvons nous passer de leur présence, bien que cela ne soit pas conseillé."
Le gobelin excusait Lady Londubat qui ne pouvait être présente pour des raisons de santé, mais Lord Albus Dumbledore… ? Non, il n'était pas excusable.
Il n'avait jamais daigné répondre à tous les courriers envoyés par la banque pour discuter du rôle de tuteur magique de dernier hérité d'une noble et ancienne famille. Et lorsqu'il le faisait, il n'indiquait que quelques phrases pour faire comprendre aux Gobelins que l'héritier Potter n'était pas disponible, pour sa propre sécurité et pour le plus grand bien.
"Bien, commençons. Tout d'abord, je suis heureux de constater que vous avez survécu jusqu'à aujourd'hui," commença le gobelin d'une voix neutre qui ne reflétait pas vraiment ses paroles.
Harry avait été prévenu par Poudlard. C'était plus ou moins une tradition datant du Moyen-Âge. Les gobelins constataient la survie de l'héritier d'une maison qu'à partir de leurs onze ans. La mortalité infantile à cette époque était courante. Mais dans son cas, les mots n'étaient pas forcément bien choisis. Non seulement il était : "le-garçon-qui-a-survécu" mais, en plus, il n'avait pas si bien survécu que ça…
"Tout d'abord, voici les documents obligatoires à signer pour accéder à votre héritage et officialiser votre entrée dans le monde aristocratique. Une copie sera ensuite transmise au ministère."
Harry haussa les sourcils, dubitatif, mais signa tous les documents demandés en les parcourant rapidement des yeux. Eurk, de la paperasse.
"Bien, héritier Potter. Pour l'instant, au vu de votre âge, vous n'avez accès qu'au coffre destiné à l'héritier mineur. Il contient cinq mille gallions et se remplit tous les ans à la date du 31 octobre. Vous ne pourrez accéder au reste de votre héritage qu'à votre quinzième anniversaire, et ce, avec l'accord de vos tuteurs magiques."
"Pardonnez-moi, maître gobelin, mais puis-je vous demander pourquoi la date du 31 octobre ?" demanda Harry.
"Le 31 octobre est le passage à la nouvelle année pour le monde des sorciers. Du moins c'était le cas il y a moins d'un siècle. C'est la date à laquelle est fêtée Samhaïn. Fête de la mort et de la renaissance," répondit le Gobelin avec un haussement de sourcils discret.
Comment se faisait-il qu'un héritier d'une aussi puissante famille ne connaisse pas une information aussi simple ? Puis, il se souvint avec colère que ledit héritier avait eu connaissance de sa véritable nature de sorcier il y a seulement quelques semaines et pire encore, sa nature d'héritier d'une prestigieuse famille aristocrate lors de leur dernier entretien.
Harry, lui, hocha la tête, comprenant mieux.
Oh, rien à voir avec le décès de ses parents donc… Note a lui-même, ouvrir le livre sur les traditions sorcières dès son retour.
"Je vois. Pardonnez-moi, j'ai une autre question. Si mes tuteurs magiques refusent que je prenne mon héritage à l'âge de quinze ans. Que se passerait-il ?"
"Vous ne pourrez accéder à votre titre de Lord avant vos dix-sept ans. Mais en tant que dernier héritier, il n'est pas dans votre intérêt de reculer la date," expliqua Ragnok.
La mine d'Harry devint sombre. C'est pourtant exactement ce qui allait se passer. Dumbledore ne lui avait jamais parlé de tout cela, il lui avait même caché la vérité.
« Pour le plus grand bien sans doute. » pensa amèrement le survivant.
Voyant le visage fermé de l'héritier Potter, Ragnok continua.
"Il existe une autre alternative. Demander votre émancipation le jour de vos quinze ans. Vous aurez une bonne raison si vos tuteurs vous refusent l'accès à votre titre."
Hum… C'était une option sur laquelle se pencher. Mais il était encore loin de ses quinze ans. Il allait vraiment falloir qu'il se penche sur les sangs purs, leurs droits et leurs devoirs, et pas simplement leur politesse.
La suite de l'entretien se passa lentement. Le gobelin évoqua avec lui les différents biens, mobiliers et immobiliers de la famille Potter ainsi que les différents coffres auxquels il n'avait pas accès pour l'instant. Il était encore plus riche qu'il ne le pensait.
Le gobelin en charge de ses comptes se nommera Frikzik. Il sera chargé de faire un compte-rendu chaque mois des mouvements de ses comptes. Avec étonnement, Harry apprit qu'il avait des actions dans de nombreuses entreprises sorcières. Avec colère, il apprit aussi que les Dursley obtenaient une compensation pour prendre soin de lui à hauteur de 60 gallions par mois, qui auraient dû être réservés à son éducation et à son confort. Bien sûr, il n'en avait jamais vu la couleur. Harry emprunta une calculette magique au gobelin qui le regarda faire, intriguer.
« 60 gallions… c'est…hmmm…412 livres sterling, à peu près. Il s'occupe de moi depuis près de 10 ans… donc 120 mois… donc… les Dursley devront me rembourser 49 440 livres sterling soit 7 200 gallions… »
Il n'allait pas faire de vagues tout de suite. Mais il aurait une longue discussion avec sa "famille" à son retour au 4 Privet Drive. Serait-il clément en demandant le remboursement sans intérêt ?
Non.
Expliquant la situation au vieux gobelin, celui-ci sortit un contrat assez vieux d'un épais dossier où était inscrit "POTTER 1800 - 2000". Visiblement, les dossiers étaient changés tous les deux siècles. Harry se demanda jusqu'où il pourrait remonter… S'il voulait des informations sur sa famille, les gobelins étaient, sans doute, les mieux placés pour lui répondre. Il supposa que tant qu'il payait, il pourrait avoir accès aux informations détenues par eux.
"Voici le contrat signé par la famille Dursley quelques jours après vous avoir pris en charge. Ceci est l'original, une copie se trouve au ministère et une autre en possession de la famille moldue. Il est inscrit noir sur blanc que Vernon et Pétunia Dursley devaient dépenser l'argent reçu pour vous et seulement vous. De ce fait, ils devaient conserver les justificatifs d'achat au cas où une inspection serait demandée. Je peux évidemment demander une inspection immédiatement. S'il est découvert qu'une fraude a eu lieu, la famille Dursley devra rembourser l'intégralité de l'argent obtenu avec 10 % de dommages et intérêts, dont 8% reviendraient à la banque."
Un sacré pourcentage pour la banque. Sûrement la raison pour laquelle les gobelins s'intéressaient au moins un peu aux affaires judiciaires des sorciers.
"Je vois. Dans ce cas, faites maître Gobelin, je m'en remets à vous et à votre expérience."
Harry continua de parcourir plusieurs documents alors que Ragnok commençait déjà à organiser l'inspection. Soudain, les sourcils d'Harry se froncèrent lorsqu'il tombait sur le récapitulatif des retraits uniques. Avait-il bien lu ? Avait-il osé ?!
1 novembre 1982
Retrait 3 090 gallions de « Voute de confiance Héritier Potter » vers « Coffre de l'ordre du phénix » pour « Effort de guerre »
Retrait 1 000 gallions de « Voute de confiance Héritier Potter » vers « Coffre de Albus Dumbledore » pour « Education de l'Héritier Potter »
Retrait 850 gallions de « Voute de confiance Héritier Potter » vers « Coffre de Ginny Weasley » pour « Entretien d'épouse »
1 novembre 1983
Retrait 3 090 gallions de « Voute de confiance Héritier Potter » vers « Coffre de l'ordre du phénix » pour « Effort de guerre »
Retrait 1 000 gallions de « Voute de confiance Héritier Potter » vers « Coffre de Albus Dumbledore » pour « Education de l'Héritier Potter »
Retrait 850 gallions de « Voute de confiance Héritier Potter » vers « Coffre de Ginny Weasley » pour « Entretien d'épouse »
…
Et cela continuait chaque année jusqu'en 1989. Harry s'efforça de calmer sa respiration. Albus Dumbledore vidait entièrement sa voûte de confiance chaque année depuis la mort de ses parents. Albus Dumbledore se déplaçait à la banque chaque année pour siphonner son compte bancaire au maximum. Albus Dumbledore le volait depuis près de 10 ans ! Et chaque « justificatif » de retrait alimentait sa rage. Effort de guerre ? Elle était terminée depuis le 31 octobre 1981. Éducation de l'héritier ? Harry retint un grincement de dents particulièrement désagréable.
Mais plus que tout.
Entretiens d'épouse ? Ginny Weasley ?
Harry était sur le point de vomir. Même ses relations intimes avaient été décidées par Albus Dumbledore ? Même ça ? N'avait-il jamais décidé de quelque chose par lui-même ?
Lorsqu'il posa la question au seigneur gobelin, celui-ci fouilla dans l'énorme dossier Potter et en sortit ni plus ni moins qu'un contrat de mariage.
Contrat de mariage entre lui et Ginny datant du 1er novembre 1981. Signé par Albus Dumbledore, représentant de l'héritier Potter et Molly Weasley, représentante de l'héritière Weasley.
Il n'avait même pas attendu un jour après la mort de ses parents pour mettre en place un contrat de mariage et calculer l'entièreté de sa vie.
Et Molly Weasley était au courant.
Et c'est ce qui le blessait le plus. Elle qui avait été la seule figure maternelle qu'il n'avait jamais connue dans sa triste existence, avait aidé Dumbledore à diriger sa vie.
Elle gérait les comptes de ses enfants, elle recevait 1 000 gallions par an parce qu'elle avait vendu sa fille qui n'avait même pas un an à l'époque.
Combien d'autre s'étaient servi de lui ?
Est-ce que Ginny était au courant ? Ron ? La famille Weasley au grand complet ?
Probablement pas. Ils ne seraient pas aussi endettés si c'était le cas, n'est-ce pas ? Tout le monde ne l'avait pas trahi, pas vrai ?
Il ravala la boule qui obstruait sa gorge.
Ron lui avait dit un jour que sa sœur était bien plus gâtée que tous ses frères réunis. Tous pensaient qu'elle obtenait un traitement de faveur parce qu'elle était l'unique fille des Weasley, mais Harry comprenait maintenant la véritable raison derrière ce favoritisme. Elle avait été élevée pour être sa femme.
Il avait beaucoup de choses à penser et d'autres sur lesquelles enquêter.
À son grand désespoir. Il ne pouvait rien faire contre Dumbledore. Étant son tuteur magique, il avait tous les droits de vider les 5 000 gallions de ses comptes. Ragnok lui fit simplement comprendre que s'il souhaitait récupérer l'argent volé, il allait devoir porter plainte contre le sorcier le plus influant de Grande-Bretagne, presque plus que le ministre lui-même. Et pour l'instant, il ne pouvait pas. En tant que mineur sous tutelle, il devait passer par son tuteur, celui-là même contre qui il voulait déposer sa plainte.
Et il allait devoir se préparer s'il espérait gagner contre lui dans un procès. Ragnok le mit alors en relation avec un avocat fidèle au Potter qui aurait ses intérêts à cœur sans pour autant être influencé par Dumbledore.
Harry prit la carte de visite avec un remerciement, encore engourdi par toutes les découvertes qu'il avait faites. C'était bien pire que ce qu'il pensait.
"Bien, héritier Potter. Tout est en ordre, termina le directeur. Que vos affaires soient fructueuses."
"Et que votre or afflux, maître gobelin."
Harry passa par son coffre et décida de le vider entièrement, juste pour être sûr que Dumbledore n'aurait rien de lui cette année. Il n'était probablement pas venu cette année pour que Harry puisse faire ses achats sans se méfier.
Le retour chez les Dursley se fit dans le calme, le survivant complètement perdu dans ses pensées. Les moldus n'avaient même pas remarqué l'absence de leur neveu, qui se garda bien de les informer de son rendez-vous à la banque. La lettre venant de Gringotts qu'ils allaient prochainement recevoir était amplement suffisante.
Il encra dans sa mémoire la réaction de l'oncle Vernon lorsqu'il lut la lettre quelques jours plus tard. Il s'était alors activement mis à la recherche de divers justificatifs d'achats de jouets, vêtements et nourritures destinés à Dudley et qu'il comptait bien faire passer pour des achats effectués pour le survivant. C'était bien sûr sans compter sur la menace d'Harry qui s'amusa à leur expliquer qu'avec la magie, il pouvait parfaitement prouver la fraude et que si les Dursley ne voulaient pas d'ennuis plus grands encore, ils allaient devoir payer leurs fautes.
Et puis, qui sait si cette lettre, indiquant que je vivais dans un placard, ne va pas rapidement atterrir dans le département de la justice magique qui ouvrira une enquête sans aucun doute, termina Harry avec un sourire satisfait. Il savait bien que cette lettre lui servirait un jour. Bien sûr, dans tous les cas, cette lettre ALLAIT atterrir dans le département de la justice magique. Mais pas maintenant.
Au vu des visages défaits de son oncle et de sa tante, le résultat de la bataille fut sans appel :
Victoire du survivant.
