Correction: 01-09-2024
Chapitre 7 : Retour à Poudlard
Le mois d'août se passa divinement bien. Si Harry pensait que ses vacances se passeraient noyées sous une vague effroyable de bouquins et de cours plus ou moins intéressants, il se trompait. Poudlard lui faisait cours, certes, mais il lui arrivait assez souvent - au moins 2 ou 3 jours par semaine - d'avoir une flemme immense de lui apprendre quelques-unes de ses nombreuses connaissances.
Il découvrit alors le défaut qu'elle tenait d'Helga Poufsouffle. Elle était complètement et irrémédiablement feignante.
Bien que la fondatrice et première directrice de Poufsouffle appréciait le travail bien fait, la cuisine et était très fidèle à ceux qu'elle aimait, elle avait été la plus paresseuse et la moins énergique des quatre créateurs de l'école. Sauf bien sûr lorsque le sujet lui plaisait. Et parfois, même quand le sujet l'intéressait, elle le remettait à plus tard. La reine de la procrastination. Et sa fille n'était pas bien différente finalement.
Sa fainéantise entrait en conflit avec la qualité qu'elle tenait cette fois de Rowena Serdaigle : la soif de connaissances. Si les cours et ses recherches étaient incroyablement complets et sûrs. Elle n'en faisait pas vraiment souvent. Heureusement pour le survivant. Malgré le manque de motivation évidant de l'esprit de Poudlard, mille ans d'existence en tant qu'école de sorcellerie lui avaient permis d'obtenir beaucoup de savoirs.
Néanmoins, il avait appris beaucoup plus en 21 jours de travail que lors de ses 7 dernières années d'études. Pour la simple et bonne raison qu'il s'était enfin décidé à travailler de lui-même pour autre chose que créer des problèmes ou résoudre ceux qui lui tombaient dessus.
Poudlard avait décidé de lui enseigner en premier lieu les cours auxquels il n'avait jamais eu accès, car ils n'étaient plus enseignés. Et pour l'instant, les cours sont uniquement théoriques. Sur la centaine de livres et autres documents papier qu'il avait achetés, il en avait utilisé moins d'une dizaine. Les cours du soir s'annonçaient particulièrement longs mais vraiment intéressants.
Elle avait également décidé de lui apprendre des charmes complexes de scellement et de défense contre les intrusions pour protéger sa malle.
Au vu du rendez-vous à Gringotts, Dumbledore est encore plus dangereux que nous ne le pensions. Il faut impérativement être discret et continuer de lui faire croire que tu n'es au courant de rien, avait expliqué Poudlard.
Les sorts et protections qu'elle lui avait appris étaient tous dans l'un des livres achetés chez Barjow et Beurk. Harry n'était vraiment pas à l'aise, mais refoula le sentiment pour apprendre correctement les sorts nécessitant des runes complexes et une volonté d'acier.
Et sans vouloir paraître arrogant, il était doué. Et c'est un tout nouveau sentiment de fierté. Pour une fois, il ne devait ses réussites qu'à lui-même.
Aujourd'hui, 1er septembre 1991, Harry attendait son oncle dans le hall d'entrée. Le problème est qu'il l'attendait depuis près de 10 minutes et cela commençait doucement, mais sûrement à l'agacer. Il voulait arriver plus tôt que les autres années pour avoir la place qu'il souhaitait dans le train à destination de Poudlard. Parti comme il était, il allait finir par arriver plus en retard encore que lors de sa seconde année. Et il avait raté le train cette fois-là !
"Monsieur Dursley !" cria-t-il. Il ne l'appelait plus « oncle » depuis longtemps. Cet homme le considérait comme une abomination et non un membre de sa famille, alors il fera de même. "Ne m'obligez pas à venir vous chercher ! Ou peut-être préférez-vous que je vous fasse venir ici d'un mouvement de baguette magique ? Je n'ai pas encore testé le sortilège de téléportation sur un humain, mais sachez que seulement trois souris ont été coupées en deux sur les cinq que j'ai achetées, n'est-ce pas merveilleux ? Je trouve que je suis vraiment doué, qu'en pensez-vous ? Et j'ai le poignet qui me démange. Je suis sûr que vous survivrez… enfin peut-être. Dans le pire des cas, je demanderais à Mrs Dursley de me conduire à King Cross," termina-t-il un peu plus bas, comme s'il réfléchissait à voix haute.
Évidemment, il mentait. Aucune souris n'avait été blessée, il n'en avait même pas acheté d'ailleurs. Et puis, il n'existait pas de sortilège de téléportation qui fonctionnait à grands coups de baguette magique.
En fait, si. Mais il est dangereux et beaucoup plus complexe que le transplanage, donc il n'est plus vraiment utilisé depuis plusieurs siècles, lui apprit Poudlard à l'aide de la lettre.
Quelques secondes plus tard, son oncle apparut dans le hall à ses côtés. Il portait des lunettes de soleil, une perruque et un masque chirurgical, comme s'il était contagieux ou ne souhaitait pas être reconnu.
Harry leva les yeux au ciel. Il aurait vraiment tout vu. Son oncle était persuadé que la magie était contagieuse et ne s'approchait plus d'Harry depuis début août. De plus, il avait commencé à rembourser l'argent volé aux gobelins. L'homme avait dû vendre beaucoup de ses possessions et enchaînait les heures supplémentaires. Pétunia dut même trouver un travail de femme de ménage pour subvenir aux besoins de sa famille.
Ils étaient si désespérés qu'ils avaient même pensé à vendre la maison, mais Harry, pensant que cela attirait trop l'attention de Dumbledore, diminua la somme qu'ils devaient rembourser chaque mois pour que les Dursley continuent de demeurer au 4 Privet Drive.
Une fois n'est pas coutume, le trajet se passa en silence. Harry avait ouvert un livre de magie noire et se délecta du visage de M. Dursley lorsqu'il parvint à en lire le titre :Rituelle de runes au sang.
Harry était presque sûr que son oncle était sur le point de pleurer. Il se détourna et se replongea dans sa lecture avec un sourire satisfait. Ce livre était étrangement intéressant. Il n'avait rien à voir avec ce qu'il attendait d'un livre sur la magie noire. Pas de bébé à sacrifier, pas de sang de vierge à utiliser et pas de sort destiné à détruire ou tuer quelqu'un, ni aucune invocation satanique. S'en était presque décevant.
Les sorts étaient avant tout destinés à la protection et certains étaient faits pour soigner des blessures graves ou des empoisonnements mortels. Aucun n'était fait pour blesser un ennemi. Pourquoi était-il interdit au juste ? La lettre de Poudlard remua légèrement.
Les rituels de ce livre nécessitent tous du sang. C'est ce qui les a rendus illégaux car jugés barbares par la communauté de né-moldu de Grande-Bretagne.
«Je les ai tous regardés et il n'y en a aucun qui demande plus d'une goutte ou deux…»
C'est vrai. Mais la simple notion de sang effraie les nés-moldus et les moldus, persuadés que l'utiliser revint à vénérer l'ennemi de leurs divinités : le diable… ou tout autre nom qui lui soit donné. Bien que cela n'ait rien à voir. Les sorciers ne croient qu'en la magie et la divinité qui la représente.
Harry retourna à sa lecture. Il avait passé les premières semaines à apprendre ses manuels de première année par cœur et il trouvait cela étrangement facile. Retenant tout ce qui était inscrit avec une rapidité étonnante. Probablement dû au fait qu'il les a déjà appris par le passé.
Mais il s'était particulièrement attardé sur ses livres de potion. Il devait vraiment connaître tout ce qu'ils contenaient. Avec les années, il avait acquis des connaissances sans vraiment s'en rendre compte, mais ce ne serait probablement pas suffisant pour le professeur Snape qui le verra comme la version miniature de son père.
Encore une fois.
Il en soupirait d'avance.
Snape ne manquerait pas de l'interroger pour tenter de l'humilier. Mais cette fois, il ne se laissera pas faire. Non, c'est lui qui allait l'humilier. Et il le ferait avec le sourire le plus innocent du monde. Snape le détestait pour être un petit prince arrogant pourri gâté ? Très bien. Il n'était vraiment pas prêt à ce qui l'attendait.
Arrivé à King Cross. Il eut à peine le temps de descendre que Vernon Dursley démarrait déjà en trombe pour s'enfuir loin de son anormal neveu. Pas le moins du monde vexé par une telle action, Harry se dirigea d'un pas sûr vers la voie 9 3/4. Comme prévu, il arriva un peu plus tôt que lors de sa première vie et put s'installer où il le souhaitait. La gare n'était pas encore envahie par des parents éplorés de voir partir leurs petits bouts de chou ou d'enfant bien contents de quitter le cocon familial étouffant en cette période de rébellion hormonale.
Le survivant installa tranquillement ses affaires et prit un autre livre. Étudier un livre sur les arts noirs dans le train n'était pas des plus sûrs. À la place, il décida de se pencher sur un livre expliquant les bases de l'alchimie. Sa grande aventure de l'année allait être la pierre philosophale, il devait en savoir plus sur elle et sur tout ce qui se rapportait à l'alchimie, et pas seulement que c'était un caillou magique capable de ramener Voldemort à la vie.
"Harry !" s'écria une voix féminine, l'interrompant dans sa lecture. "Je te cherchais."
Hermione s'installa presque brutalement dans le compartiment, juste en face de son premier ami de Poudlard. Elle était vraiment contente de l'avoir rencontré.
Habituellement, elle avait toujours un peu de mal à se faire des amis. Les rentrées scolaires l'avaient toujours beaucoup angoissée et elle se réfugiait dans les études pour oublier son stress. Et malheureusement, ça ne donnait aucune envie à ses camarades de venir vers elle. Mais maintenant, elle n'avait plus de raison d'être angoissée.
"Bonjour Hermione," répondit Harry avec un sourire en posant son livre près de lui, cachant discrètement le titre.
"Bonjour ! Est-ce que tu es vraiment LE Harry Potter dont parlent les livres ?" demanda-t-elle sans détour.
Le survivant retint une grimace.
"Je suppose que oui."
"J'ai lu beaucoup de choses sur toi, tu es dans-"
"Je suis désolé de t'interrompre, Hermione, mais ce qui est marqué dans ces livres est très probablement faux. La seule chose à savoir est que je suis plus ou moins responsable de la disparition de Voldemort, bien que je ne me souvienne de rien et j'ai vécu chez ma famille moldue."
"Oh. Ce n'est pas du tout ce qui est inscrit dans « Grands événements du XXème siècle. »"
Je n'en doute pas. Je n'ai jamais rencontré les auteurs. Je ne sais pas d'où ils tiennent leurs informations. Mais peu importe, je m'occuperai d'eux plus tard, termina-t-il dans un murmure colérique avant de reprendre plus joyeusement. Tu as passé de bonnes vacances ?
Hermione se fit donc un plaisir de lui raconter à quel point elle avait passé de bonnes vacances. À quel point elle avait lu et relu la totalité des manuels scolaires qu'elle avait achetés et combien elle s'était entraînée dur et bien sûr était parvenue à réussir tous les sorts qu'elle avait tenté d'accomplir.
Elle était sur le point de lui parler de ses cours préférés - qu'elle n'avait pas encore eu l'occasion d'avoir d'ailleurs - lorsque la porte du compartiment s'ouvrit à nouveau. Une tête rousse couverte de taches de rousseur passa l'embrasure de la porte et Harry dut retenir un grand sourire. Le trio doré enfin réuni.
"Hum…bonjour. Je peux m'installer avec vous ? Les autres compartiments sont pleins," commença Ron, un peu mal à l'aise.
"Oui, bien sûr !" sourit Harry.
Ron eut un soupir soulagé et s'installa près du jeune sorcier.
"Je suis Ron Weasley, j'entre en première année," se présenta le sang-pur.
"Je m'appelle Hermione Granger," fit la né-moldu.
"Je suis Harry…" Après un court moment d'hésitation, il continua. "Harry Potter."
La bouche du petit roux s'ouvrit dans une mimique comique, reflétant son étonnement.
"Harry… Potter ? Alors, tu as une… une…."
"Une cicatrice ? Oui," répondit Harry avec un gros sentiment de déjà-vu en soulevant sa mèche de cheveux.
Sa rencontre avec Ron se passait presque de la même façon que la première fois. À la différence qu'Hermione se trouvait dans leur compartiment.
La conversation continua, les trois étudiants parlant de tout et de rien. Hermione et Ron ne semblaient cependant pas beaucoup s'entendre. Là où la né-moldu s'intéressait au cours et à Poudlard, Ron s'en moquait et ne voulait parler que de Quidditch et de balais.
Leurs différences immédiates ne leur donnèrent pas envie d'en apprendre plus sur l'autre, et Harry se retrouva au milieu d'une conversation stérile où chacun restait sur ses positions sans vouloir comprendre l'autre.
Le brun devait bien avouer ne pas savoir comment apaiser les choses. Il avait espéré que cette rencontre pour eux et ses retrouvailles pour lui se passeraient mieux. Il en était presque venu à oublier qu'il n'avait pas une image très flatteuse d'Hermione au début de sa scolarité et que Ron n'aurait donc pas une meilleure image que la première fois.
"Je suis sûr que Harry s'en fiche. Ne l'ennuie pas avec les cours alors qu'ils n'ont même pas commencé ! C'est le survivant, il n'a pas besoin de tous ses trucs. Pas vrai, Harry ?" riposta Ron lorsque Hermione tenta de parler de la métamorphose qu'elle était sûre d'adorer malgré sa difficulté.
"Quoi ?! Mais les cours sont importants ! On a de la chance de pouvoir aller à l'école ! Et puis je suis sûr que Harry ne s'en fiche pas, pas vrai ?" répliqua la jeune fille qui commençait à devenir rouge de colère.
Les deux préadolescents se tournèrent brusquement vers le survivant, attendant - sans grande patience - de savoir quel parti il prendrait. Le brun ne pouvait que leur lancer un sourire crispé, ne sachant pas quoi répondre pour éviter de vexer qui que ce soit.
Et la conversation continua comme ça un petit moment. Harry grimaça. Il ne s'en fichait pas du tout, au contraire, maintenant qu'il avait décidé d'apprendre par lui-même, les cours étaient vraiment importants à ses yeux. Il ne ferait plus les mêmes erreurs.
Mais il connaissait Ron. Si jamais il avait l'air de ne pas être de son côté, il allait avoir du mal à parler avec lui. Mais le roux était juste un enfant un peu immature et feignant, ça passera avec l'âge… Enfin, il l'espérait.
Harry orienta la conversation vers un autre sujet lorsqu'Hermione s'offusqua que le sang-pur aux cheveux roux n'ait même pas daigné ouvrir le moindre manuel.
"Dans quelle maison pensez-vous aller ?" demanda le survivant en espérant apaiser les choses.
"Gryffondor, bien sûr," s'exclama Ron en postillonnant.
Hermione retint autant qu'elle put une grimace de dégoût en constatant qu'ils aimeraient entrer tous les deux dans la même maison.
"J'aimerais aller à Gryffondor. J'ai demandé à plusieurs personnes dans le train pour savoir quelle était la meilleure maison. Beaucoup m'ont répondu Gryffondor. Mais Serdaigle est intéressante aussi."
"Il n'y a pas de meilleure maison," sourit Harry avec une fausse sagesse.
"Bien sûr que si ! Gryffondor est la meilleure maison. Poufsouffle est réservé aux cancres et Serdaigle aux intellos qui passent leur vie dans cet endroit horrible qu'est la bibliothèque. Et je ne parle même pas de Serpentard qui est la maison des mages noirs. C'est bien la pire !" expliqua Ron avec passion.
Harry soupira. Ron restait Ron. Plus encore lorsqu'il n'avait que 11 ans.
"Et toi, Harry ?" demanda Hermione en ignorant les commentaires déplacés de l'autre garçon.
"Je ne sais pas. J'aime bien Gryffondor."
"Évidemment, tu vas forcément aller à Gryffondor avec nous," dit Ron avec admiration.
Harry était un peu dérangé par le regard de Ron. Il ne se souvenait pas que le roux ait été si… Il ne saurait pas vraiment dire. Harry chassa ses pensées, ses souvenirs de sa première rencontre avec Ron étaient lointains maintenant et probablement un peu flous. Le roux avait peut-être déjà agi comme ça la première fois aussi… Ce n'était sans doute rien d'important.
Les 4 dernières heures de trajet se passèrent assez bien. Comme la première fois, Harry acheta plus de friandises que nécessaire et partagea avec ses camarades. Avec de la chance, le sucre apaiserait les tensions entre les deux enfants qui partageaient son compartiment et au moins, il était sûr de faire plaisir à Ron.
Hermione râla un peu : «Ce n'est pas raisonnable !» tout en croquant dans une Chocogrenouilles. Ron, en revanche, n'eut pas la réaction espérée. Il fronça simplement les sourcils et se pinça les lèvres avant de marmonner un merci entre ses dents et de croquer dans quelques friandises mais beaucoup moins nombreuses que ce dont se souvenait Harry.
Celui-ci était de plus en plus mal à l'aise. Il avait vraiment l'impression de tout raté avec Ron. Qu'est-ce qui était différent? Ça ne pouvait pas être la simple présence d'Hermione qui l'empêchait de devenir rapidement complice avec le roux tout de même? C'était trop minime comme changement, n'est-ce pas?
N'est-ce pas?
Finalement, et avec plus de sucre dans les veines que de sang, la conversation reprit un peu plus calmement et Hermione accepta de se renseigner sur les passions de Ron, ce qui détendit un peu leur camarade.
Enfin, le trajet commença à bien se passer. Du moins jusqu'à ce que Ron leur présente son rat : Croutard. Il voulait montrer un sort qu'Hermione ne trouvera pas dans le manuel de leur année.
"Je suis sûr que tu ne connais pas celui-là," se vanta le jeune Weasley.
Il posa le rat en grande partie endormi sur ses genoux et agita un peu sa baguette.
Celui-qui-a-survécu se fit violence pour ne pas se jeter sur l'animagus et l'étrangler. Cette immonde vermine était responsable de l'emprisonnement de son parrain. Il ne lui pardonnera jamais et comptait bien lui faire regretter sa trahison !
Mais il avait besoin d'un plan. Il pensa le kidnapper quelques jours après la rentrée. Rien que de penser qu'il dormirait dans le même dortoir que ce Mangemort lui donna un frisson de dégoût. Il fallait vraiment qu'il contacte rapidement cet avocat conseillé par Ragnok. Son parrain n'avait pas eu de procès, il fallait qu'il se renseigne pour savoir ce qu'il pouvait faire pour le sortir d'Azkaban au plus vite.
Hermione ne manqua pas de se moquer de Ron tout le reste du trajet lorsque son sort échoua lamentablement.
Lorsqu'enfin le Poudlard Express arriva à la gare, la nuit était tombée depuis un moment. À la hâte, les trois futurs étudiants suivirent Hagrid, rassemblant tous les premières années de sa voix forte.
Harry fut assez attristé que le Garde-chasse ne soit pas venu le voir, mais tenir sous le joug les Dursley et ne pas inquiéter Dumbledore étaient ses priorités. Il allait devoir trouver un autre moyen d'aborder le demi-géant au cœur pure… innocemment de préférence.
Le trio d'or embarqua dans l'une des nombreuses barques et fut rejoint par Susan Bones qui se présenta rapidement avant de simplement observer la beauté de leur école de magie qu'ils distinguaient au loin. Approximativement au milieu de la traversée, une jeune femme vêtue de l'uniforme de Poudlard, aux longs cheveux blancs et aux yeux gris acier, se matérialisa soudainement dans la barque avec eux.
Harry fut cependant le seul à sursauter violemment.
"Ça va Harry ?" demanda Hermione avec une moue étonnée du soudain mouvement de son ami. "Ne tombe pas, hein. Ce serait dommage d'être en retard le premier jour à cause de toi."
"Merci de ton inquiétude, Hermione… je suppose. Je ferai attention."
Le survivant se tourna vers la conscience de Poudlard qui n'attendit pas plus longtemps pour prendre la parole.
"Salut ma petite éponge. T'as fait bon voyage ?" sourit-elle.
Harry ouvrit de grands yeux avant de se tourner vers les trois autres élèves avec lui. Tous l'ignoraient royalement.
"Ne fais pas cette tête. Tu es le seul à pouvoir me voir pour l'instant."
« Bon sang, tu m'as fait peur ! Qu'est-ce que tu fais là ? Et ne m'appelle pas comme ça. »
Poudlard prit une pose très théâtrale, une main sur le front et une grimace douloureuse.
"C'est comme ça que tu salues tes amis ? Je suis profondément blessée."
« Je n'en crois pas un mot. »
"Et tu fais bien, je mentais," sourit-elle en arrêtant son cinéma. "Plus sérieusement, je suis venu voir si tu allais bien. Tu as quand même fait un voyage de six ans dans le passé, ce n'est pas rien. Est-ce que tu as mal quelque part ? Des migraines récurrentes ? Tu arrives à sentir le bout de tes doigts ? Perds-tu tes cheveux ?"
« Qu-Quoi ? Euh… non rien de tout ça… Attends, il y avait quel genre de risques ? »
"Eh bien…" commença l'esprit d'une voix un peu embarrassée… "Tu aurais pu mourir à l'instant même où ton âme est retournée dans son corps d'enfant… ou bien développer une maladie du noyau magique, ou te briser tous les os car ton corps se serait adapté à l'âge de ton âme et aurait soudainement grandi… ce qui t'aurait tué aussi… ou une autre âme aurait pu prendre ta place. Si non, ton esprit aurait simplement pu ne pas trouver son chemin et serait emprisonné dans les limbes pour l'éternité…" Elle toussota un peu sous le regard écarquillé de l'étudiant. "Mais t'inquiète, j'avais la situation sous contrôle."
Harry s'étrangla, attirant une fois de plus l'attention de ses camarades.
« Tu plaisantes ?! »
"Humm… peu importe, non ? Rien de tout cela n'est arrivé, après tout. He he," ria-t-elle nerveusement.
« Comment ça :He, he !? J'aurais pu mourir ! »
Harry ignorait ce qui le retenait de se jeter sur elle pour l'étrangler.
"Je suis un spectre, tu vas simplement me traverser et tu finiras dans l'eau…"
Ok, maintenant il savait ce qui le retenait.
"Harry ? Dépêche-toi, on descend," l'apostropha Hermione en quittant la barque, voyant bien que son ami était perdu dans ses pensées.
"J'arrive," fit-il en détourant le regard une demi-seconde.
Demi-seconde qui fut amplement suffisante pour que Poudlard disparaisse.
Le survivant venait de comprendre le défaut qu'elle tenait de Gryffondor.
Elle était incroyablement IRRESPONSABLE !
De mauvaise humeur, il monta les marches menant à la grande salle. Et fit la rencontre, pour la seconde fois, du professeur McGonagall. Son discours était le même depuis des années, si bien qu'Harry ne l'écouta pas vraiment. Lorsqu'elle quitta la pièce, il pria tous les dieux pour que Drago ne vienne pas le voir.
Évidemment, il ne fut pas entendu. Il ne fallait pas rêver.
"J'ai entendu qu'Harry Potter était élève à Poudlard," fit-il en s'approchant de lui.
Sa cicatrice n'était pas visible. Comment le blond avait fait pour le reconnaître était un mystère complet.
"Effectivement. Je suis désolé mais je ne connais pas ton nom," répondit Harry en espérant que sa première rencontre avec Malfoy ne fasse pas de lui son ennemi.
Il avait assez à faire avec Voldemort et Dumbledore. Il n'avait pas besoin d'un autre petit con à ajouter à sa liste de Némésis déjà trop longue à son goût.
"Je suis Malfoy. Drago Malfoy. Et ces deux-là sont Crabbe…" fit-il en désignant en grand garçon à sa droite. "Et Goyle…" Il désigna un autre garçon, encore plus costaud, qui se tenait sur sa gauche.
"Enchanté. Je suis Harry Potter, mais tu sembles déjà me connaître."
"Tout le monde te connaît," répondit Malfoy en haussant les épaules d'un air détaché.
"J'imagine que tu as raison," continua Harry avec un sourire qu'il essaya de rendre sympathique. "Mais je suis ravi de faire ta connaissance."
"Non, Harry !" fit soudainement Ron en s'approchant du survivant. "C'est un Malfoy ! Sa famille était avec Tu-sais-qui pendant la guerre. Tu ne peux pas être content de le rencontrer ! C'est un sale mangemort !" Termina le roux en chuchotant suffisamment fort pour être entendu aussi bien de Harry que de Drago.
Le sourire d'Harry se crispa. La chance n'était vraiment jamais avec lui.
« Nooon. Pourquoi rends-tu tout plus difficiles, Ron ? »
Et évidemment, l'héritier Malfoy ne laissa pas passer cet affront.
"Humf ! Je suis un bien meilleur choix de connaissance que toi. Inutile de te demander qui tu es." Le blond le regarda de haut en bas avant de ricaner méchamment. "Un roux aux taches de rousseur avec des robes de seconde main, un air stupide et un rat à moitié mort. Tu ne peux qu'être un Weasley."
"Espèce de…"
"Tu ferais mieux de choisir de meilleures fréquentations, Potter. Je pourrais-"
Mais sentant venir l'inévitable, Harry décida de l'interrompre dans l'espoir d'échapper à la fameuse poignée de main qui avait scellé son destin en tant qu'ennemi numéro un de Malfoy.
"Tiens… ? Ce ne serait pas le professeur McGonagall qui se dirige vers nous à grands pas ? Quel dommage, nous ferons plus ample connaissance une autre fois," termina Harry, soulagé par l'apparition de la vieille sorcière au bout du couloir.
Il avait fait tout son possible pour que son hypocrisie reste correcte et cela sembla marcher. Le blond reprit sa place avec un simple froncement de sourcil en direction du rouquin, et la directrice de Gryffondor les fit entrer dans la Grande Salle. Au grand bonheur du survivant qui était maintenant persuadé de pouvoir éviter une guerre entre lui et Malfoy. S'il pouvait simplement s'ignorer, ça l'arrangerait vraiment beaucoup.
Mais en se tournant vers sa droite, il aperçut rapidement le regard accusateur de Ron. Le roux était visiblement très mécontent de la tournure des événements. Harry soupira intérieurement. Bon, ce n'était pas si grave. Ils se réconcilieraient dans le dortoir. Ce n'était pas la première fois que Ron se fâchait contre lui pour des broutilles… Maintenant qu'il y pensait. Le roux le faisait un peu trop souvent.
En entrant dans la grande salle, il remarqua, sans mal, l'âme de Poudlard s'amuser à marcher sur les tables et à observer chaque élève minutieusement sans que ceux-ci ne puissent la voir.
C'était un peu flippant.
« Mais qu'est-ce que tu fais ? »
"Je regarde à quel point ils ont changé, tiens ! Tu n'imagines pas à quelle vitesse les enfants grandissent," répondit l'esprit avec une certaine émotion. "Ah, Connor s'est enfin débarrassé de son acné… quelle bonne nouvelle ! Il aura peut-être un peu plus confiance en lui. Peut-être qu'il arrivera à courtiser McWell… Ou au moins lui adresser la parole sans trembler comme une feuille."
Le fantôme plissa les yeux un instant en fixant le pauvre élève.
"Même si, pour l'instant, il devrait surtout se concentrer à perdre son habitude de regarder ses pieds quand il marche. Ça lui évitera de se prendre les murs. Enfin bon, à son âge, l'amour a plus d'importance j'imagine."
Harry leva les yeux au ciel. Poudlard fit un regard dramatique et planta son visage devant celui du pauvre Poufsouffle de 6ème année qui ne la voyait pas le moins du monde. Elle posa ses mains sur les épaules de l'étudiant - si le verbe poser pouvait être utilisé dans une situation où les membres de Poudlard traversaient presque Connor - avant de s'adresser à lui.
"Tu dois avoir confiance en toi ! T'as aucune chance avec elle, mais un râteau te forgera le caractère."
Bien sûr, il ne l'entendit pas.
"Vraiment aucune pitié," murmura Harry.
Hanna Abbott, qui se trouvait à sa droite, lui lança un regard confus.
"Ce n'est rien ! Et puis, il est fixé sur elle depuis sa première année. Ce n'est pas sain ce genre de truc. En plus, y'a une jolie Serdaigle qui aimerait lui déclarer sa flamme et qui n'ose pas à cause de cette obsession."
« Tu te mêles souvent de la vie sentimentale des élèves ? » Demanda mentalement Harry. Hanna n'avait pas arrêté de le fixer.
"Tous. Les. Jours !" déclara-t-elle en appuyant sur chaque syllabe.
« Et il vient de quel fondateur ce goût pour le romantisme ? »
"Salazar."
Harry trébucha un peu alors qu'il arrivait bientôt devant la table professorale.
« C'est vrai ?! »
"Non."
Poudlard rit à sa propre blague.
Harry se fit violence pour ne pas rouler des yeux. Ils allaient finir par sortir de ses orbites à force. Il décida finalement d'ignorer l'âme et se reconcentra sur la répartition qui commença quelques secondes plus tard. Poudlard s'était déplacée – téléporté - et écoutait attentivement ce que murmurait le choixpeau pour chaque élève.
« La curiosité n'est-elle pas un défaut ? »
"En effet, et je le tiens de Rowena Serdaigle si tu veux tout savoir… Ça lui a apporté beaucoup de problèmes d'ailleurs. Comme lorsqu'elle a surpris Godric et Salazar dans la salle de bain des préfets… Un événement traumatisant."
« Qu'est-ce qu'ils faisaient ? Ils se battaient ? »
"Oui… on peut appeler ça comme ça. Une agréable bataille dans ce cas. He he !" répondit-elle avec un clin d'œil.
Harry frissonna. Il ne voulait rien savoir. Rien du tout. Pourtant, il demanda :
« Ils ne se détestaient pas ? »
"Si. Ils se disputaient constamment et n'étaient jamais d'accord sur rien. Même pas sur ce qu'il allait manger au déjeuner. Ils avaient une relation un peu étrange. Ils ne pouvaient pas se supporter, mais ne pouvaient pas non plus vivre sans l'autre. Ils s'ennuyaient à mourir quand ils ne se voyaient pas. Enfin, surtout Godric. Salazar préférait être dévoré vivant par des poules plutôt que d'avouer que mon père lui manquait.
"Potter, Harry !" appela McGonagall.
Le survivant s'approcha de la petite chaise en ignorant les nombreux chuchotements qu'avait soulevés l'appel de son nom. Il fut un peu dérangé par Poudlard qui se pressait presque contre sa tête pour écouter le choixpeau.
« C'est possible d'avoir un peu d'intimité ? »
"Quel rabat-joie," fit-elle dramatiquement en se téléportant à la table des professeurs. Elle avait une soudaine envie de voir ce qu'il s'y passait.
"Tiens, tiens, tiens…" commença directement le choixpeau. "Ne nous sommes-nous pas déjà rencontrés ?"
L'esprit de Harry fut complètement vide pendant un court instant avant de décider qu'il se moquait de savoir comment le choixpeau magique avait découvert son voyage dans le temps. Il choisit de ne pas s'en étonner.
"Si. Et si cela peut faire accélérer les choses, j'étais à Gryffondor." Répondit Harry. Il commençait à avoir faim et avait hâte d'aller s'asseoir à la table des rouge et or.
"Hum… Très bien. Oui, je me souviens… Dans ce cas : SERPENTARD !"
