Correction: 06-09-2024

Chapitre 9 : Attraper Croutard : Plan B

"Là, juste à côté du garçon blond," indiqua un Serdaigle de première année.

"T'es sûr que c'est lui ?" rétorqua son camarade.

"Évidemment, tu ne vois pas sa cicatrice ?"

"C'est bizarre qu'il soit à Serpentard, non ?" commenta un troisième, d'une année supérieure.

"Tu-sais-qui l'a peut-être corrompu quand il était bébé…"

"Si ça se trouve, c'est sa réincarnation !" proposa le plus jeune.

Harry soupira de lassitude. Il en avait entendu des conneries dans sa vie, mais là, les élèves de Poudlard touchaient le fond. La réincarnation de Voldemort ? Sérieusement ? Il était déjà né quand ce psychopathe est mort ! Il n'était même pas mort, d'ailleurs !

Il était assis à la table des Serpentards pour manger son petit-déjeuner, grâce à Drago qui l'avait attrapé par le bras pour l'y traîner. Heureusement d'ailleurs, par réflexe, il avait manqué de s'installer à la table des rouge et or. Il allait vraiment devoir faire attention. Les habitudes ont la vie dure, mais celles-ci risquent de lui causer des problèmes.

Ce n'était que son deuxième jour et déjà les chuchotements des élèves ne concernaient que lui. La journée d'hier s'était plutôt bien passée. C'était plus ou moins le jour où les élèves s'acclimataient avec leur nouvelle école avant de réellement commencer les cours. Ils auraient normalement dû rencontrer leur directeur de maison, mais Snape était apparemment incapable de venir les saluer. Harry était persuadé d'avoir entendu des sixièmes années parler d'une « grosse gueule de bois intraitable par potion ».

Visiblement, son professeur n'appréciait pas le fait de le voir dans sa maison…

Ou il était complètement alcoolique et Harry ne s'en était jamais rendu compte.

"Pff, ces imbéciles sont vraiment ennuyants. Ils n'ont aucune pudeur ni discrétion. Tu penses sérieusement qu'ils croient qu'on ne les entend pas ?" demanda Drago." Mon père en entendra parler. Le garçon blond ? Comment osent-ils me nommer ainsi ? Je suis Drago Malfoy, bon sang !"

Le survivant leva les yeux au ciel, mais un petit sourire se dessina sur ses lèvres. De toutes les choses auxquelles il ne s'était pas attendu lors de cette nouvelle vie, le fait que Drago Malfoy soit gentil avec lui montait facilement à la première place. Certes, le blond était toujours un petit con arrogant et pourri gâté, mais il était l'un des rares à lui adresser la parole sans être mort de peur, agressif ou hypocrite. Non, Drago était… lui-même. Un petit con arrogant sympathique. Et aussi étonnant que cela puisse paraître, Harry appréciait le nouveau Drago. Ou peut-être le vrai qu'il découvrait enfin grâce au manque de volonté de celui-ci de lui pourrir la vie ?

"Le cours de potion va vite les calmer, ces lionceaux mal léchés," continua le sang pur, faisant grimacer celui-qui-a-survécu.

Lui aussi allait vite se calmer avec un cours pareil… Mais après tout, il était à Serpentard. Au même titre que le comportement de Drago avait changé à son égard, peut-être que celui de Snape sera différent aussi.

Ce qui ne laissait que la solution de l'alcoolisme pour expliquer sa gueule de bois un premier jour d'école…

Ses rêves et ses espoirs furent anéantis à l'instant même où il entra dans la classe. Le regard de Snape ne trompait pas. Il allait en baver.

"SILENCE !"commença le potionniste.

Les cachots plongèrent dans un silence pesant, ce qui eut l'air de plaire au maître des potions qui enchaîna par l'appel des troupes… ou des cornichons comme il les considérait pour l'instant. Lorsqu'il arriva au nom du fils de son pire ennemi, il prit une pause. Allait-il vraiment se faire un plaisir de lui en faire baver tout de suite, ou lui donnerait-il un peu d'espoir durant les premiers cours ?

"Ah, monsieur Potter… notre nouvelle… célébrité ?" dit-il avec un air méprisant.

Il avait assez patienté, cela faisait des années qu'il attendait de se venger de James Potter. Quel dommage que cet abruti soit mort. Tant pis, il se contentera de son morpion.

"Je suppose que monsieur Potter se repose sur ses lauriers maintenant qu'il se trouve dans la noble maison de Serpentard," souffla Snape avec dédain. "Voyons si vous êtes digne de cette maison, monsieur Potter. Qu'est-ce que j'obtiens quand j'ajoute de la racine d'Asphodèle en poudre à une infusion d'armoise ?"

La main d'une petite Gryffondor se leva instantanément.

"Une potion nommée la goutte du mort-vivant. Un somnifère très puissant," répondit le survivant après à peine quelques secondes de réflexion.

Le regard de Snape lui donna un frisson désagréable. C'était la bonne réponse, et pourtant on pourrait penser qu'il se trompait vu le regard colérique de son professeur.

"Quelle est la différence entre le Napel et le Tue-Loup ?"

"Le Napel et le Tue-Loup désigne la même plante que l'on peut aussi nommer Aconit," continua Harry toujours aussi rapide. Hermione n'avait même pas le temps de lever la main cette fois.

Il regretta presque de ne pas se tromper. La première fois, le regard de Snape était bien moins noir lorsqu'il ignorait la réponse…

"Que dois-je surveiller si j'ajoute de l'essence plasmatique de spectre des bois à une potion de Januvia brassée dans un chaudron d'argent afin d'en augmenter les effets ?" exposa Snape d'une voix si rapide que Harry eut du mal à comprendre tous les mots prononcés.

Cette fois, Granger ne leva pas la main et regarda simplement son professeur avec des yeux exorbités.

Était-ce une blague ? La potion de Januvia ? De l'essence plasmatique ? Ce n'était même pas dans le programme de Poudlard et encore moins dans celui des premières années ! Comment pouvait-il bien connaître la réponse ?! Même avec ses sept années d'expérience de Poudlard et les cours supplémentaires qu'il avait reçus de Poudlard même, il ne connaissait pas la réponse !

"Pour la simple et bonne raison que cette question n'a pas lieu d'être. On ne peut pas mélanger de l'essence plasmatique de spectre des bois à une potion de Januvia même si elle est brassée dans un chaudron en argent. Cela provoquerait une explosion qui réduirait tout à néant dans un rayon de 30 mètres…" dit Poudlard en se matérialisant près du survivant qui dû se retenir comme il le pouvait de sursauter. Ce ne fut, d'ailleurs, pas si difficile. Il commençait à avoir l'habitude.

« Qu'est-ce que je réponds, alors ? »

"Rien. Il n'y a rien à répondre. Non seulement, tu ne peux pas le savoir, mais il s'agit en plus d'une question piège. Essaie d'avoir l'air d'un innocent premier année qui veut bien faire, peut-être qu'il se rendra compte que ce qu'il fait est puéril et simplement méchant ?"

"Alors monsieur Potter ?" s'impatienta Serverus.

"Je… Je suis désolé monsieur, je ne sais pas. Je ne me souviens pas l'avoir lu dans le manuel," répondit Harry.

"Humf." Snape souffla du nez, satisfait. "Vous avez très mauvaise mémoire, monsieur Potter. Il faudra faire mieux si vous voulez être digne de votre maison. Je donne 10 points à Serpentard pour vous encourager," termina-t-il.

Potter allait en baver, mais sa maison n'en pâtira pas, Snape y veillera. Bien que cela lui arrachait la gorge et le cœur d'accorder des points au fils de James, il se convainquit que c'était pour la bonne cause. Ce n'était pas comme s'il offrait des points à Gryffondor. En parlant de Gryffondor…

"Mademoiselle Granger ! Cessez donc de vous agiter ainsi ! Vous perturbez la classe !" cria-t-il à la jeune fille qui avait finalement levé la main.

"Mais monsieur, j'ai appris par cœur le manuel de potion, et il n'est fait nulle part mention de la potion de Januvia…" s'exprima tout de même la née-moldue avec assurance.

Elle savait qu'elle avait bonne mémoire et la potion de Januvia ne lui disait rien.

Harry grimaça… la pauvre.

"Moins 10 points pour votre impertinence," dit le maître des potions avec un sourire mauvais.

Malgré la présence de Potter, c'était tout de même un bon cours aux yeux du maître des potions. Serpentard avait gagné 10 points et Gryffondor en avait perdu le même nombre. Quel professeur merveilleux il était.

La suite du cours se passa dans le silence. Harry tenta de se faire discret et Hermione n'osa plus lever les yeux de son manuel. Elle avait d'ailleurs vérifié, il n'y avait pas de potion de Januvia, mais elle n'ajouta rien de plus, ses camarades lui lançaient déjà des regards assez noirs comme ça.

Lorsque Snape les jeta dehors au bout des deux heures obligatoires, Harry s'approcha de son amie.

"Je suis désolé, Hermione, c'est injuste que le professeur Snape t'ait enlevé des points alors que tu avais raison."

"Je ne comprends pas. Ne connaît-il pas le manuel ?" demanda Hermione.

"Je pense qu'il sait que la potion de Januvia n'est pas au programme, mais il me déteste, il voulait simplement me faire passer pour un idiot," fit Harry en haussant les épaules.

Le visage d'Hermione s'illumina. Certes, c'était une situation très délicate pour Harry, mais elle était rassurée de ne pas avoir fait d'erreur, elle avait fini par penser qu'elle avait acheté le mauvais livre de potions.

"Oh, je vois. Mais pourqu-"

"Qu'est-ce que tu fais ? " les interrompit une voix forte qui s'approchait d'eux.

Ils se tournèrent tous les deux en direction d'un sorcier aux cheveux roux. Ah, Ron était là.

"Bonjour, Ron," salua Harry avec un sourire.

Mais le plus jeune fils des Weasley ne lui rendit pas la politesse. Il pinçait ses lèvres, une expression d'abord mitigée sur le visage, avant de finalement afficher un froncement de sourcils colérique.

"Ne sois pas familier avec moi. On n'est pas amis." Ron se tourna ensuite vers Hermione. "Pourquoi tu parles avec lui ?"

Le sourire d'Harry se fana immédiatement pour être remplacé par un visage surpris. C'est quoi son problème ? Il n'avait rien fait de mal. Le roux n'agissait quand même pas comme ça juste parce qu'il était à Serpentard, si ?

"Je parle avec mon ami," dit Hermione en lui lançant un regard mauvais.

Elle n'avait pas apprécié le roux dans le train et elle ne le ferait sans doute jamais vu son comportement.

"Ce n'est pas ton ami," grogna le Gryffondor en réponse.

Pourquoi est-ce que cette idiote veut être amie avec Potter ? Parce que c'est le survivant ? Évidemment, ça ne pouvait être que pour ça. Tout le monde veut être ami avec le survivant. Même sa propre mère voulait qu'il soit ami avec le survivant. Alors qu'elle ne le connaissait même pas !

"Mais pour qui te prends-tu ? Je choisis mes amis moi-même, merci bien !"

Elle voulait continuer mais fut interrompue par la voix de Malfoy non loin.

"Harry ?" disait le blond à la recherche du survivant. Celui-ci s'était éclipsé sans qu'il ne s'en rende compte. Il croisa les bras lorsqu'il aperçut le dernier fils Weasley. "Tiens, qu'avons-nous là ?"

"Va te perdre, Malfoy," siffla Ron

"Il n'y a que les idiots qui se perdent, sale rouquin. Fais-le donc toi-même." Les yeux acier du sang-pur se tournèrent vers son camarade de Serpentard. "Un problème, Harry ?"

"Pas vraiment, je discutais avec mon amie avant d'être grossièrement interrompu par… Weasley."

"Tu n'es quand même pas ami avec cette sang-de-"

"Ne termine pas cette phrase," menaça le survivant avec un regard noir avant de continuer avec un sourire. "Voici Hermione, mon amie." Et il insista sur ce point.

Drago déglutit. D'accord, ne pas insulter les amis du garçon-qui-a-survécu. Il salua maladroitement la jeune fille et elle le lui rendit un peu gênée.

"Pff... Tu ne mérites pas ta gloire," grogna doucement Ron, plus pour lui-même, alors qu'il observait la scène avec un dégoût évident.

Il le détestait. Il en tremblait presque. Sa mère lui avait toujours dit qu'il devait absolument être ami avec le survivant. Qu'il était important pour lui d'être proche de quelqu'un d'aussi merveilleux. Il avait l'impression que sa propre mère aimait plus Potter que lui. Peut-être qu'elle arrêtera de parler de lui lorsqu'elle apprendra qu'il était à Serpentard.

En vérité, il ne pouvait même pas en être sûr. Sa famille l'aurait sûrement renié s'il avait fini à Serpentard mais Potter étant Potter, il serait sûrement pardonné pour ça, n'est-ce pas? N'avait-il donc aucune valeur aux yeux de sa mère si ce n'est avoir le même âge que le survivant ?

Harry grogna à son tour. Cette discussion commençait vraiment à l'agacer.

"Ma gloire ? Je-"

Mais là encore, ils furent interrompus. Décidément, on ne pouvait pas avoir de conversation privée dans cette école.

"Monsieur Weasley."

Au détour d'un couloir, c'est tout simplement le directeur de l'école qui apparut. Il lança un regard à Ron par-dessus ses lunettes en demi-lune. Pas l'ombre d'un sourire à l'horizon.

Mais que faisait-il là ? Ne devrait-il pas être dans son bureau ? Les espionnait-il ?

"Monsieur Weasley," reprit-il en lançant un regard aux quatre élèves. "Les disputes de ce genre n'ont pas lieu d'être dans mon école. Veuillez me suivre."

"Mais-"

"Veuillez me suivre," répéta-t-il avec un peu plus de force, mais toujours d'une voix maîtrisée.

Aussi soudainement qu'il était venu. Le directeur repartit, Ron sur ses talons.

Que venait-il de se passer au juste ?

"Qu'est-ce qui vient de se passer, au juste ?" demanda Drago en fixant le couloir par lequel le directeur était parti.

"Tu m'ôtes les mots de la bouche," dit Harry tout aussi étonné.

Drago reprit ses esprits lorsqu'il se rendit compte du temps qui était passé. Ils allaient être en retard s'ils ne se dépêchaient pas.

"On se voit plus tard Hermione," salua Harry en partant avec le blond.

"Oui, à plus tard," sourit la jeune fille. Au moins une personne dans cette école semblait l'apprécier.

Harry regrettait de ne pas pouvoir suivre Ron et Dumbledore. C'était vraiment suspect comme interaction. Il avait très envie de savoir ce qu'ils se disaient. Tout ce qui touchait à Dumbledore était maintenant suspect. Et soudainement, l'illumination se fit dans son esprit. Il connaissait une espionne parfaite pour ce rôle.

« Euh… Poudlard ? »

"Oui ?"

Harry dut se contrôler du mieux qu'il put pour ne rien laisser paraître. Drago remarquerait s'il agissait bizarrement.

« Dumbledore est parti avec Ron alors qu'il se… disputait avec nous. Je me demandais si tu pouvais entendre leur conversation ? Tout ça me paraît bizarre. »

"S'ils ne vont pas dans le bureau du directeur, je pourrais le faire, oui. Je vais voir s'ils discutent dans les couloirs. "

Et aussi rapidement qu'elle était apparue. Elle disparut.

Comme c'était pratique.

De son côté, Drago lançait quelques coups d'œil à Harry. L'ambiance était un peu gênante. Peut-être devrait-il engager la conversation pour alléger l'atmosphère… ?

"Tu sais… ne le prends pas mal, mais… je pense que mon parrain te déteste."

Quel mauvais choix de sujet pour alléger l'atmosphère.

"Ton parrain ?" demanda Harry comme si de rien n'était. Pour un aristocrate, Drago manquait cruellement de tact. Mais ce n'était qu'un enfant après tout.

"Le professeur Snape," précisa Drago.

"Oh, oui. Mon père et lui ne s'appréciaient pas lorsqu'ils étaient à Poudlard, je ressemble à mon père donc il a sûrement du mal avec moi à cause de ça…"

Drago haussa un sourcil comme il savait si bien le faire.

"C'est stupide. Tu n'es pas ton père."

Harry le regarda avec une expression étonnée. Est-ce qu'un Drago de onze ans venait de lui apporter son soutien ? Face à Snape, de toutes les personnes ? C'était… agréable. Drago était vraiment différent. Peut-être pourrait-il vraiment le considérer comme un ami.

Le survivant lança un sourire au sang-pur qui haussa les sourcils. Qu'avait-il dit pour faire autant plaisir au brun à lunettes ?

Enfin, au moins l'atmosphère était allégée maintenant.

Le reste de la journée se passa calmement. Ils n'avaient pas cours avec les Gryffondor avant le lendemain. Le soir venu, dans son lit protégé par plusieurs sorts d'intimité, Harry réfléchit à un plan B.

Il attrapa un stylo et un parchemin et commença à faire une liste des choses à faire durant l'année.

Premièrement, il fallait qu'il trouve un moyen de mettre la main sur Croutard.

Ensuite, il fallait qu'il devienne ami avec Ron et Hermione. Ses amis lui manquaient. Avec Hermione, cela s'annonçait assez simple. C'était même en bonne voie. Mais pour le roux… Même si Ron se comportait comme un crétin en ce moment, il ne pouvait pas faire un trait sur une amitié de plus de six ans, si ? Ron n'était qu'un enfant de onze ans immature… c'était normal. Lui-même l'était à son âge… Non. Il devait absolument redevenir ami avec Ron.

Attendez. Pourquoi pensait-il ça ?

Non, ce n'était pas normal. Et il n'était pas comme ça à onze ans. Dans sa première vie, si Ron était allé à Serpentard, il ne l'aurait jamais traité de la sorte ! Il avait décidé d'être ami avec lui dès leur rencontre dans le train. Une maison n'aurait pas changé cela.

Oui mais après tout, Ron était un sang-pur. Il avait écouté tellement d'histoires sur Serpentard. Ce n'était pas sa faute.

Mais non ! Ça ne changeait rien. Préjugé ou pas, il n'avait pas à le traiter comme il l'a fait. Ce n'est pas le garçon qu'il a connu !

Harry arrêta soudainement de penser. Est-ce qu'il devenait fou ?

Plus il y réfléchissait et plus… sa tête lui faisait un mal de chien.

À chaque fois qu'il réfléchissait un peu trop sur le roux, une migraine lui vrillait le crâne. Peut-être devrait-il aller consulter un médicomage ? Ce n'était pas normal. Pas normal du tout.

Bon, il avait confiance en Hermione et au moins, il n'avait pas de migraine quand il pensait à elle. Il changea de plan et décida de mettre Ron de côté pour l'instant.

"Putain…" soupira-t-il en se massant les tempes juste après avoir pris sa décision. Encore cette douleur. C'est pire que l'Horcruxe.

Peut-être devrait-il aller voir Pomfresh pour une potion contre le mal de tête. La douleur finit par se calmer quelques secondes plus tard et il reprit le fil de ses pensées ainsi que son stylo.

Et il fallait aussi qu'il s'occupe de son professeur de défense contre les forces du mal.

Quoi que non, attendez... Il n'avait pas besoin de s'occuper de lui puisque, comme le lui avait expliqué Dumbledore, il ne parviendra jamais à mettre la main sur la pierre philosophale ! Voilà qui allégeait sa liste de travail, une chose en moins dont il avait à s'occuper.

La priorité était Croutard. Il établit son plan qu'il mettrait en place dès le lendemain.

Poudlard apparut sur son lit, le faisant sursauter.

"Je déteste quand tu fais ça."

"Je sais ~"

"Alors, Ron et Dumbledore ? Ça t'a pris beaucoup de temps…"

Poudlard soupira et remua, un peu embarrassée.

"J'ai entendu quelques petites choses avant qu'ils n'entrent dans le bureau du directeur, mais… je ne sais pas trop comment te le dire."

Harry grimaça. Cette conversation n'allait pas lui plaire.

"Fait le comme quand on retire un pansement : d'un seul coup. "

"Je pense que Ron était avec Dumbledore dans ton ancienne vie. Il n'est pas à exclure qu'il ait même été un complice du directeur…"

Aïe. Ça faisait beaucoup plus mal qu'un pansement.

"Qu'est-ce que tu as entendu ? "demanda Harry, une boule dans la gorge.

Ron l'avait trahi alors ? Après son mentor et sa mère de substitution, c'était au tour de son meilleur ami?

"Dumbledore était en train de gronder Ron pour s'être disputé avec toi. Lui disant qu'il était censé devenir ton ami pour te guider. Et pas ton ennemi."

"Me guider, rien que ça. "grogna Harry.

"Ils ont sûrement parlé d'autre chose, mais ils sont entrés dans le bureau du directeur. Je ne peux plus accéder à cette pièce." souffla Poudlard avec un regard de compassion.

Harry hocha la tête. Son meilleur ami aussi l'avait trahi…

Poudlard posa une main réconfortante sur son épaule. La sensation était très étrange. La main ne le touchait pas vraiment et était à la fois brûlante et glaciale. Mais, Harry mentirait s'il disait que ce n'était pas réconfortant. Il lança un sourire un peu triste à l'entité mystérieuse qui l'avait sauvé avant d'attraper un parchemin vierge et de commencer à écrire.

Vengeance prioritaire

- Albus Dumbledore.

- Tom Riddle

- Ron Weasley

- Molly Weasley

Il espérait vraiment que cette liste ne serait pas plus longue… mais il eut un doute.

Poudlard le laissa se reposer, mais Harry eut un mal fou à s'endormir. Finalement, il trouva le sommeil après s'être persuadé qu'il devait d'abord s'occuper de Croutard pour libérer son parrain.

Il n'osait même pas imaginer le fait que son parrain l'ait trahi. Non. Il n'aurait jamais fait cela. Sirius était… Sirius était différent.

"Tu as une tête affreuse," dit Drago en guise de salutation le lendemain matin.

"Bonjour à toi aussi," bailla Harry, de lourds cernes sous les yeux.

Après un rapide passage par la salle de bain. Il se sentit prêt à attaquer cette journée. Attrapant rapidement sa liste de choses à faire, il lut son propre plan avec un sourire.

Plan B: Entrer dans la tour Gryffondor par effraction, voler Croutard.

Trouver le mot de passe ne fut pas bien difficile. Il vola les notes de Neville où celui-ci consignait tous les mots de passe durant les mois à venir, s'excusant mentalement auprès du garçon.

Cependant, sans la carte du Maraudeur, trouver Croutard était peine perdue. Il eut beau fouiller entièrement le dortoir de Ron, impossible de mettre la main sur ce foutu rat ! Lorsque minuit approcha et que Seamus remua de plus en plus. Il dût se rendre à l'évidence.

Son plan B était un échec.

Plan C : Convaincre Ron de lui prêter Croutard.

"Tu es conscient que ce plan ne marchera jamais ?"demanda Poudlard en haussant un sourcil, alors qu'Harry préparait un exposé avec introduction, développement et conclusion sur le pourquoi du comment qu'il fallait absolument que Ron lui prête son rat.

Le survivant grogna, froissa sa feuille et la jeta dans la poubelle déjà pleine à ras bord d'esquisses de discours plus ou moins potable.

Plan C : Avorté.

Plan D : Adopter un chat magique et l'entraîner pour qu'il chasse Croutard et le lui ramène.

"Où as-tu trouvé ce chat ?"demanda Drago.

Harry fixa le chat qui lui crachait dessus et lui lançait un regard mauvais alors qu'il le tenait à bout de bras.

C'est vrai ça ? Où est-ce qu'il l'avait trouvé déjà ?

"Je ne sais plus," avoua-t-il.

Le chat disparut de la circulation lorsqu'il pourchassa le traître à travers la forêt interdite. La légende dit qu'il court encore.

Plan D : Échec.

Le temps passait, les plans s'enchaînaient et les échecs aussi. À croire que ce pitoyable rat savait qu'il était pourchassé. Heureusement, Ron lui, ne se rendait compte de rien et ne prenait aucune mesure pour le protéger.

Le rouquin était bien trop occupé à essayer de se faire pardonner auprès du survivant. Probablement une demande de Dumbledore. Cela agaçait profondément Harry car à chaque fois qu'il refusait ses excuses – affreusement fausses –, une migraine le faisait grimacer. Il se mit donc à éviter le roux comme la peste.

Il avait, un instant, pensé à demander Croutard en échange de son pardon, mais cela éveillerait les soupçons lorsqu'il révèlera que le rat de Ron est un Animagus. Et puis, il ne voulait pas pardonner au roux avant d'avoir entièrement compris son implication dans les plans de Dumbledore.

"Tu ne peux pas m'aider ?!" fini par demander Harry à Poudlard, qui était négligemment avachi sur le lit et lisait un livre à l'eau de rose.

Elle leva quelques secondes les yeux des lignes de romance guimauve qu'elle prenait plaisir à parcourir avant de rapidement y retourner.

"Et m'ôter le plaisir de te voir galérer ? Sûrement pas," ricana-t-elle. "J'ai rarement vu quelqu'un avoir autant de difficulté à attraper un rat."

"C'est pour sauver mon parrain de la torture permanente d'Azkaban," grogna Harry. C'était un sujet sérieux, bon sang !

"Je ne peux pas t'aider à voler quelque chose qui appartient à un autre élève," soupira Poudlard.

Elle aimait bien Sirius Black lorsqu'il était étudiant. C'était un petit con arrogant sympathique avec un humour douteux, mais elle le trouvait drôle. Quand il ne harcelait pas ses camarades, bien sûr.

"C'est un homme adulte déguisé en rat qui dort dans un dortoir avec quatre enfants de onze ans," dit platement Harry pour souligner que Poudlard était censé faire quelque chose.

Celle-ci grimaça.

"Je sais. Mais je suis liée. Le rat a été enregistré comme animal de compagnie. Il appartient à un élève, je ne peux vraiment rien faire sur ce point, aussi stupide soit-il."

"Mais c'est un humain !"

"Avant 1853, quand l'esclavage n'avait pas encore été aboli en Grande-Bretagne, il y a quelques élèves de sang-pur qui avaient ramené des esclaves en guise d'animaux de compagnie. C'est pourquoi il est possible de considérer un humain comme animal de compagnie. Bien que ce fût très rare, ça n'a toujours pas été modifié."

Harry lui lança un regard horrifié avant de froncer les sourcils.

"Attends. L'abolition de l'esclavage en Angleterre ce n'est pas 1833, plutôt ?"

"Si mais les sorciers sont toujours en retard. Et ne me regarde pas comme ça. Je n'y suis pour rien."

Le regard horrifié ne changea pas.

"Alors… les sorciers aussi… Comme les moldu…"

"Eh bien… Ils ne se souciaient pas de la couleur de peau. Ils prenaient simplement des moldus. Mais comme il y avait des elfes de maisons, les esclaves humains étaient rares. C'était plus pour… la compagnie et la décoration."

"J'aurais dû apprendre ça en histoire de la magie, j'imagine ?"

Poudlard lui lança un regard blasé.

C'était donc un oui.

"Tu as essayé l'Accio ?"demanda-t-elle.

"C'était le plan R," soupira Harry. "Il a échoué aussi. L'Accio semble ne pas marcher sur lui."

"Hum… il y a plusieurs sorts qui ne fonctionnent pas sur les Animagus. Il te faudrait la carte du maraudeur pour le piéger plus facilement. Pourquoi ne pas essayer de convaincre les jumeaux de te la prêter ?" proposa la jeune femme.

"J'espère que ça va marcher. J'en suis à la lettre Z, je ne sais pas comment nommer les prochains plans," soupira celui-qui-n'est-pas-mort.

"T'es vraiment nul. Comment as-tu pu rater vingt-cinq plans différents pour attraper un rat ?"

"Oh, j'aurais réussi facilement si je pouvais simplement le tuer," grogna Harry.

Plan Z : Obtenir l'aide des jumeaux Weasley.