Chapitre 10

Aout 1992

Ashley détestait s'ennuyer. Parce que s'ennuyer menait fatalement à se retrouver seule avec ses pensées, et Ashley avait peur et horreur de ses propres pensées. Elle se redoutait elle-même. Alors, le plus souvent quand c'était comme cela, depuis qu'elle était au Japon, il lui suffisait d'appeler Heath. Le jeune homme était toujours prêt à sortir ou bien à la mener à une activité quelconque. Le bassiste aux cheveux noirs savait combien la jeune femme pouvait être torturée, alors il avait toujours répondu présent. Mais depuis que Heath était partie pour les Etats-Unis, l'anglaise n'avait plus de recourt à son ennui, et à sa solitude. Bien évidemment, elle n'avait pas imaginé une seule seconde lui en vouloir, elle était sincèrement ravie pour lui, mais sa dépendance à son ami lui parue soudainement assez évidente avec cette absence. Ashley avait bien un bon nombre de connaissance et de bon copain, quelques liens. Mais le plus souvent, il s'agissait de voisin de table dans une beuverie. Pendant ces quelques semaines, elle avait vu un peu de monde, elle était sortie pour se rendre à des concerts pour la plupart sans intérêt, mais elle s'était principalement ennuyé le reste du temps. Alors un soir, quand dans un instant de faiblesse, hide l'avait appelé et lui avait mentionné une énième fois ses congés du mois d'aout, elle avait fini par craquer et avait accepté la proposition. C'est comme cela que la jeune britannique se retrouva à l'Aéroport international de New York John F. Kennedy, à attendre son bagage devant un tapis roulant, stressée comme elle l'avait rarement été, son pied chaussé de ses talons tapant au sol nerveusement le rythme d'une musique qui n'existait pas. Elle se demandait sérieusement ce qu'elle foutait là : rejoindre à l'autre bout du monde un type avec lequel elle avait passé une seule nuit, n'était-ce pas complètement stupide ? Certes, ils s'étaient appelés, régulièrement, presque tous les jours. Ils avaient parfois passé des heures au téléphone, pour autant cela voulait-il dire qu'il n'allait pas lui poser un lapin ? Ou bien est-ce que l'ambiance entre eux ne serait pas bizarre ?

Sa valise noire finie par se décider à arriver, la coupant dans ses pensées angoissantes. Elle s'en saisit et alla passer la douane, sans rencontrer le moindre problème et se dirigea vers la sortie, le cœur battant à toute allure, pire encore quand elle passa les portes menant vers la liberté, rejoignant la zone tout public de l'aéroport. Elle s'avança un peu au milieu de la foule, regardant autour d'elle avec inquiétude. A première vue, aucune trace du jeune japonais excentrique au longs cheveux décolorés. La jeune femme commença à sentir une certaine angoisse monter, jusqu'à ce que soudainement, une main vienne faire pression sur son épaule. Surprise, elle se retourna vivement, pour tomber nez à nez avec le guitariste, qui arborait lunette de soleil et un grand chapeau sur sa tête. Le visage de l'anglaise s'illumina et se fendit d'un sourire soulagé. hide ne fut pas tout à fait conscient à cet instant, de l'angoisse qu'il avait créée chez elle.

« Hey, désolé, j'ai un peu de retard, s'excusa-t-il. On m'a retenu plus longtemps que prévu et je… »

La jeune femme le coupa dans ses explications en lui sautant presque au cou, délestée de sa crainte, s'agrippant vivement à lui. hide esquissa un petit sourire et passa un bras autour d'elle, lui caressant doucement le dos. Le guitariste était plus que ravi de la revoir, et plus que ravi de constater que son plaisir était visiblement partagé.

« Je suis vraiment désolé… se répéta-t-il, sentant maintenant que son retard l'avait vraiment inquiété.

- Non, ne t'excuses pas, répondit-elle en desserrant son étreinte, un peu gênée par sa propre réaction.

- Tiens, c'est pour toi, dit-il en lui tendant un bouquet de dahlia rose pâle et de rose rouge qu'il caché tant bien que mal dans son dos.

- Tu… Tu m'offres des fleurs ? S'étonna la jeune femme.

- Elle ne te plaise pas ? S'inquiéta-t-il.

- Ah si, si… C'est juste que je crois que c'est la première fois qu'on m'offre des fleurs, répliqua la rouge en attrapant délicatement le bouquet, pour venir le sentir. Merci beaucoup. »

En voyant cette attention portée à son encontre, la rouge se sentie plus détendue, mais se sentie également rougir. Elle avait beau y réfléchir, jamais un homme ne lui avait offert de fleur de sa vie, tout du moins, jamais dans une intention romantique, alors elle apprécia plus encore le geste. Elle voulut lui montrer que cela lui faisait réellement plaisir, alors après analyse de la situation -ils s'étaient passé une multitude d'appel, hide était bien venu la chercher à l'aéroport et avec des fleurs en prime-, les étoiles semblaient bien alignées pour la britannique, alors elle prit son courage à deux mains, et s'approcha du guitariste pour venir poser ses lèvres sur les siennes. Assez timidement d'abord, comme pour prendre la mesure de la situation après toutes ces semaines. Mais hide n'hésita pas une seconde à approfondir le baiser, passant une main derrière la nuque de la jeune femme, posant l'autre sur sa joue, qu'il venait caresser de son pouce, entrouvrant les lèvres pour venir chercher la langue de la rouge, montrant ainsi à la petite anglaise qu'elle ne se faisait pas d'illusion. Encore un baiser plein de tendresse et de passion qu'ils apprécièrent avec soulagement après toutes ces semaines sans se voir, sans se toucher. Ashley avait sincèrement l'impression d'avoir enfin la possibilité de prendre sa dose après une terrible crise de manque. Les sensations que procuraient chez elle le guitariste en l'effleurant à peine, était tout simplement folle. Ashley n'avait juste pas conscience qu'elle faisait le même effet au blond. A bout de souffle, ils finirent par se séparer, enfin, mais souriant.

« Je suppose que tu as faim, vu l'heure, remarqua hide en jetant un regard sur les panneaux d'affichage pour constater qu'il était déjà vingt heures.

- Je meurs de faim !

- Si tu es d'accord, on peut profiter d'être dehors pour aller au restaurant, sauf si le vol t'a épuisé.

- Non, restaurant, c'est parfait ! »

hide n'avait pas douté une seule seconde que l'appétit de la jeune femme se manifesterait aussi vite. S'il avait appris une chose sur l'anglaise, c'était bien cela. Il l'avait constaté, d'abord, et au téléphone elle lui avait souvent parler de nourriture. Heath aussi l'avait évoqué une fois ou deux, lorsque l'air de rien, hide avait fait semblant de demander des nouvelles de la jeune femme, histoire de brouiller les pistes. Car ils étaient toujours d'accord, pour le moment : Heath ne devait rien savoir, personne ne devait rien savoir. Ils jugeaient qu'il était trop tôt pour en parler à qui que ce soit, et Ashley jugeait Heath un peu trop protecteur et n'était pas encore tout à fait sûr de ce qu'il adviendrait de cette relation. Elle ne voulait pas l'inquiéter plus que de raison, ni même que tout ceci ait un impact sur ses rapports avec le groupe. hide lui aimait sa tranquillité, X et lui passaient beaucoup de temps ensemble, et il savait qu'il serait harcelé de question au moment où ils apprendraient l'existence de la jeune femme dans sa vie, et pour le moment, il n'avait pas envie de répondre à ces questions. Il voulait principalement profiter de tout cela.


hide avait appris de source sûre -de l'intéressé en personne- qu'Ashley n'avait jamais fait de cabane en coussin de sa vie. Outré, le guitariste avait presque virée la jeune femme du lit dans lequel ils fumaient une cigarette post-coïtale, pour s'atteler à sa nouvelle création. Depuis deux jours que la jeune femme était arrivée, ils n'avaient pas quitté la chambre d'hôtel du guitariste qui avait prétexté des migraines à répétition quand il avait été sollicité au téléphone par les autres membres du groupe pour une invitation à sortir. Nombre de restaurant, de visite de la ville ou même de bar, qu'il avait manqué sans regret aucun. hide avait une occupation bien plus importante à ses yeux, et plus encore à cet instant précis où il s'était improvisé architecte du dimanche. Démontant canapé, draps et coussin, déplaçant -visiblement très savamment- les meubles de la chambre. Le guitariste s'affairait précautionneusement à la tâche, parfaitement concentré, la cigarette coincée entre ses lèvres, sous l'œil attentif et curieux de la jeune femme, qui continuait de fumer sa cigarette. Mais l'abri de coussin commençait à sérieusement prendre forme, avec pour base le canapé qui avait été si retourné qu'il n'avait pas dû comprendre ce qui lui arrivait. Pour rendre la chose plus confortable, hide posa la couette sur le sol de sa cabane et alla s'installer à l'intérieur, son sourire enfantin sur le visage, très fière de sa création. Ashley, toujours plantée au milieu de la pièce, tira une dernière bouffée sur sa cigarette en regardant avec attention l'architecture quelque peu bancale, mais douillette.

« Bon alors, tu viens ou tu prends racine ? Demanda le guitariste, en mettant le nez hors des murs de sa forteresse. »

La jeune rouge attrapa un cendrier et s'approcha lentement avant de rentrer à quatre pattes dans le fort, dont le toit n'était rien de plus qu'un vulgaire drap blanc. Pourtant, elle devait le reconnaître, l'abri de fortune avait quelque chose de rassurant. Peu solide, certes, pourtant elle avait la réelle sensation que rien ne pourrait lui arriver entre ces coussins et ces draps, qui tenait en équilibre on ne sait trop comment.

L'anglaise s'assit en tailleur, posant le cendrier entre eux, alors que le blond était allongé sur le côté, appuyé sur son coude.

« Alors ? Demanda-t-il, amusé.

- Je reconnais que c'est pas mal.

- Quel genre d'enfance t'as pu avoir pour pas avoir fait de cabane en coussin, quand même, s'exclama-t-il sans s'en rendre compte. »

Ashley baissa les yeux et son sourire disparu une seconde, mais tenta de ne rien en laisser paraître. hide l'avait pourtant vu, et se rendit rapidement compte de sa connerie. Il avait bien compris depuis le temps que l'enfance de la jeune femme était un sujet sinon tabou, difficile pour elle. Elle ne lui en parlait jamais, et le peu qu'elle en faisait, elle restait le plus évasive possible. Il en savait pourtant trop ou pas assez. Les violences physiques, probablement moral aussi au vu du comportement qu'elle pouvait parfois avoir, la drogue, les fugues, du vagabondage. Il en savait beaucoup, plus que la plupart des gens, tout en en sachant très peu. Ce n'était pas que hide voulait faire preuve d'une curiosité malsaine, c'était juste que quelque part, il voulait mieux la comprendre. Mais il regretta pourtant sa remarque, comprenant qu'il s'y était peut-être mal prit, ou que c'était encore trop tôt.

« Désolé, je ne voulais pas te mettre mal à l'aise, se corrigea-t-il, voyant qu'elle restait silencieuse.

- Non, c'est juste… Tu me vois comme ça, souriante, délurée, et je le suis le plus souvent. En tout cas, quand je suis avec toi ou avec Hi-chan… Mais quand je suis seule… Elle inspira profondément avant de tirer une si longue taffe sur sa cigarette qu'elle en arriva presque au filtre.

- Je crois… que je comprends, reprit hide. »

La jeune femme avait posé ses yeux verts sur lui, pour sonder son regard. Mais hide ne mentait pas, il comprenait ce qu'elle voulait dire. Il avait même l'air de faire plus que comprendre. Comme s'il vivait la même chose. Seul, hide pouvait être sombre, torturé, triste et en colère. Seul, hide redevenait parfois Hideto, sans qu'il ne puisse le contrôler.

« Je ne suis pas sûre de me souvenir d'avoir jamais joué à un jeu, enfant. Aussi loin que remonte mes souvenirs, j'ai l'impression que mon enfance n'était qu'une succession de réprimande et de punition plus sévères et injustifiées les unes que les autres.

- Tu n'as jamais joué à un jeu de carte, ou je ne sais quoi ?

- J'ai appris le poker et le Black Jack quand je trainais dans les rues quand j'étais ado. Mais c'est à peu près tout, réfléchis la jeune femme en haussant les épaules.

- Je vais devoir organiser des soirées Huit Américain et Président pour t'apprendre en rentrant à Tôkyô, je crois, plaisanta-t-il, écrasant sa clope dans le cendrier.

- Reconnais plutôt que tu ne veux pas m'affronter au poker. Je te dépouillerais en un clin d'œil !

- Ça, jeune fille, je ne parierais pas là-dessus, si j'étais toi. J'ai appris le poker avec des soldats américains : je ne crais personne !

- C'est ce qu'on verra ! »

La jeune femme mettait le guitariste au défi, et hide adorait ça. Il ne demandait que cela, se sentir stimuler. Il réfléchissait déjà à une occasion de lui prouver ses dires. Mais hide n'était pas fou et n'avait pas perdu le fil de la conversation pour autant. Il avait écouté avec attention les mots de la britannique. Prenant note du peu qu'elle lui donnait sur son enfance. Prenant chaque fait énoncé comme une victoire. Il voulait tout savoir d'elle, mais savait déjà que la brusquer ne fonctionnerait pas. Mais ce qu'il avait entendu lui donnait un -certes vague- aperçu de l'étendu du désastre qu'avait été son enfance. Et ça lui brisa le cœur. Surtout depuis qu'il avait remarqué certaines choses. En plus des profondes cicatrices dans son dos, Ashley avait des marques de scarification parfois assez profondes sur son poignet droit, qu'elle cachait en général avec une multitude de bracelet. hide ne l'avait remarqué que le soir où elle avait atterri, lorsqu'elle s'était endormie dans ses bras, après qu'ils avaient eu couché ensemble. Il s'était demandé comment il avait fait pour ne pas le remarquer plus tôt, mais Ashley avait toujours gardé ses bracelet détourneur d'attention. Il y avait également cette phrase tatouée sur son avant-bras gauche. "Life's bleeding from fear". Le tatouage, hide l'avait bien remarqué, mais également, elle le caché le plus souvent sous les manches de sa veste en cuir. Alors, oui, le guitariste s'inquiétait pour elle. Parce qu'elle avait beau donner le change, elle sortait à peine de l'enfance et ces tortures avaient pris fin moins de deux ans auparavant, s'il faisait correctement le calcul. C'est peu pour se reconstruire, surtout à son âge.

« Bon, mais du coup, maintenant qu'on a construit cette cabane de coussin. C'est bien beau, mais il se passe quoi maintenant ? Demanda la jeune femme, en sautillant presque sur place, pour se reprendre.

- Il faut établir un mot de passe !

- Un mot de passe ?

- Oui, pour rentrer. T'as pas le droit de rentrer dans la cabane si tu ne donnes pas le mot de passe !

- Ah parce qu'il y a des règles !?

- Bien sûr ! Normalement, la règle numéro un c'est : interdit aux filles, quand la cabane est construite par des garçons. Mais bon, exceptionnellement pour toi, je peux bien faire une irrégularité !

- C'est trop d'honneur que tu me fais ! Bon et du coup le mot de passe ?

- Citron ? J'aime bien le citron.

- Ça me va ! Qu'est-ce que je dois savoir d'autre ?

- Tout ce qui se dit dans la cabane reste dans la cabane. Tous les plans d'attaque et de blague établi ici doivent être considéré comme top secret jusqu'à exécution dudit plan.

- Tu veux pas écrire tout ça sur un papier et l'accrocher ? Demanda la rouge le plus sérieusement du monde.

- Excellente idée ! »

Tout excité, hide se précipita en dehors de l'abri pour partir à la recherche d'un papier et d'un stylo sous l'œil amusé d'Ashley. Elle s'imaginait très bien hide en petit garçon : une véritable tornade qui devait laisser un bazar monstre derrière lui.

Cependant, le guitariste se figea quand il entendit toquer à la porte de sa chambre. Se redressant soudainement, il s'approcha pour regarder par le judas et se tourna vers la jeune femme, qui semblait inquiète.

« C'est Yo-chan, murmura-t-il en grimaçant.

- Merde !

- Planque toi dans la salle de bain. »

Elle ne se fit pas prier, et se dépêcha d'accourir jusqu'à ladite salle de bain pour s'y enfermer. Le guitariste, lui, se dépêcha de se donner une contenance et enfila un jean par-dessus son caleçon, tandis que le batteur continuait de toquer avec insistance à la porte. Bonne âme, hide fini par ouvrir à son leader au longs cheveux blonds et ondulés.

« Yo-chan, tu tombes assez mal, j'allais… Commença le guitariste qui fût cependant coupé par la tornade qu'était le pianiste et qui déboula dans la chambre sans sommation aucune.

- hide-chan, ça va mieux les migraines ? Demanda-t-il sans attendre pour autant de réponse, le nez plongé dans les papiers qu'il tenait dans ses mains, se dirigeant vers le lit pour s'asseoir dessus. Il faut que je te parle de l'Extasy Summit du mois d'octobre. »

hide regarda Yoshiki s'installer sans rien pouvoir y faire et après un long soupir vint s'asseoir à côté du batteur qui enchaina directement sur le sujet qui l'intéressait.

« Je pourrais pas être sur la session du d'Ôsaka, ça colle pas avec mon emploi du temps : j'ai une émission radio le même jour que je dois absolument faire. Il faudrait qu'on revoie la distribution des partitions pour Anarchy In The UK et God Save The Queen à la guitare.

- Yo-chan, je suis off là, tenta le guitariste, essayant de faire comprendre qu'il n'était pas tout à fait inspiré pour parler boulot pour le coup.

- Je sais, mais tu connais mieux que moi le niveau de guitare de tous les gars, j'ai besoin de ton aide.

- C'est pas des morceaux franchement compliqué techniquement parlant. Ils sont tous à même de le faire.

- Tu feras les solos, bien sûr, mais Tusk-kun a indiqué qu'il voulait jouer de la guitare, il me faut ton avis d'expert. »

Yoshiki parlait toujours très vite, comme s'il était débordé et submergé par le temps. Alors, il n'écoutait qu'à moitié les protestations du guitariste, pas habitué à ce que hide oppose une résistance quand il s'agissait de parler boulot, même durant ses jours de repos. Alors hide ne tenta plus de contrecarrer le batteur, se disant que peut-être Yoshiki partirait plus vite et sans se rendre compte du bazar dans sa chambre, s'il coopérait.

« Je pense que tu peux lui donner la guitare rythmique sans problème, il s'en sort bien sur une gratte.

- Il va falloir que Toshi-chan et toi gériez tout ce petit monde à ma place à Ôsaka en mon absence. La logistique va être costaud mais vous êtes coutumier, je vous fais confiance. Faudra pas oublier de gérer Heath-kun. Ce sera sa première scène en tant que membre de X, c'est important de vous assurer de son bien-être, il faudra qu'il ait la bonne attitude… »

Et puis soudain, un éternument venant de la salle de bain, étouffé certes, vint couper la parole du batteur. hide sursauta à peine et se força à détourner le regard, faisant mine de ne rien avoir entendu. Mais il vit bien que Yoshiki l'avait entendu lui aussi, comme il s'était arrêté de parler en l'entendant et avait bien constaté que ça ne venait pas de son guitariste. Le batteur leva alors le nez de ses papiers et observa autour de lui. Constatant le bordel sans nom que hide avait mis dans la pièce, et apercevant la forteresse de fortune qui remplaçait maintenant le canapé. Amusé, il tourna la tête vers un hide qui continuait de feindre l'innocence parfaite. Il aurait fallu lui donner un Oscar.

« Petit cachotier ! T'es pas tout seul en fait !

- De quoi tu parles ? Répondit le guitariste, imitant la surprise à la perfection.

- Me fait pas croire que tu t'es fait un château de coussin pour toi tout seul, espèce de maboule !

- Ça ? C'est juste que j'ai mal au dos, et que je dors mieux par terre.

- Menteur, va ! T'as ramené une gonzesse, ouais !

- Bon aller, tire-toi ! S'impatienta hide, qui commençait à légèrement paniquer de voir son leader devenir si curieux soudainement, le poussant de son lit pour qu'il se lève.

- Oh ! Aller ! T'es pas drôle ! Tu l'as trouvé où ? Tu sais comment elle s'appelle au moins ? Continua Yoshiki qui était en train de se faire pousser vers la sortie par un hide pressé de le mettre dehors.

- Mais ferme-la et barre toi ! Marmonna le guitariste, entre ses dents, hâtif. »

Non sans mal, hide réussit finalement à mettre le pianiste dehors et à lui claquer la porte au nez. Mais hide continuait de l'entendre de l'autre côté de la porte, le vanner sans gêne et ricaner. Il se promit que ça se paierait. Mais pour l'heure, il alla ouvrir la porte de la salle de bain, un sourcil interrogatif haussé. La jeune rouge écarquilla des yeux sincèrement navrés.

« Désolée, il m'a échappé. J'ai pas réussi à le retenir.

- Il va se foutre de ma gueule pendant au moins trois semaines, répondit le blond avec une moue boudeuse.

- J'ai aucun doute sur le fait que tu sauras l'envoyer promener à chaque fois.

- Peut-être, mais dès que les autres vont l'apprendre -parce qu'il est incapable de fermer sa grande gueule- ils vont se mettre à quatre sur mes côtes. Et je ne sais pas si je serais de taille, je ne suis qu'un homme après tout.

- Je saurais me faire pardonner, susurra la belle anglaise, en passant ses bras autour de la nuque du jeune homme.

- Ah mais sache que je compte là-dessus ! »

hide vint embrasser tendrement la jeune femme, avec douceur, un baiser qu'elle lui rendit bien, toujours désolée qu'elle était.