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Note de la traductrice :
Bonjour à tous mes lecteurs qui sont encore là !
Et oui, un miracle s'est produit : je suis arrivé au bout de ce nouveau chapitre...
Bonne lecture à tous !
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CHAPITRE 18
Six ans plus tôt
Tout brûle. Peter Hale n'a aucune idée de comment il est sorti de la maison. Il a couru sur la panique et l'instinct, et cela l'a poussé assez loin pour atteindre le ruisseau qui serpente à travers la Réserve, un peu loin de la maison. L'eau est glacée, mais Peter brûle toujours.
Il est allongé là. Il attend de mourir.
C'est la nuit, puis le jour, puis la nuit à nouveau.
Le sauvetage ne vient pas. La Mort non plus.
Il est allongé là, les vêtements, les cheveux et la peau brûlés par lui. L'eau froide l'entoure, et il brûle toujours.
C'est peut-être pour ça qu'il ne la sent pas au début : l'Étincelle Alpha. Elle brûle aussi, d'une manière différente. Elle brûle comme une flamme au plus profond de lui-même.
Laura, pense-t-il, puisqu'il a vu Talia mourir, et l'Étincelle aurait alors dû passer à Laura. Mais à présent ? Reste-t-il quelqu'un, si l'Étincelle est allée à Peter ? Il ne peut pas sentir de lien de meute, mais dans quelle mesure est-ce parce qu'il est à l'agonie, incapable d'aller au-delà de sa propre douleur ?
Il brûle toujours.
Ce sont les Chasseurs qui le trouvent. Les Argent. Lorsque Kate lève son arme pour lui tirer dessus, Peter ne peut même pas reculer.
Ses yeux flashent en rouge.
L'instinct.
Une erreur.
« Attends ! » s'exclame Gerard, et il tend la main pour pousser l'arme de Kate vers le bas. Sa bouche se tord en un sourire grotesque. « Un Alpha. »
Peter souhaite énormément être mort dans ce ruisseau !
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Quatre ans plus tôt
John Stilinski a travaillé beaucoup trop d'heures, ces derniers temps. La culpabilité le tiraille quand il retourne dans son bureau et voit Stiles endormi sur le canapé. Ses devoirs sont éparpillés sur le sol autour de lui. Il utilise la veste de rechange de John comme oreiller.
John soupire et consulte sa montre. Il est vingt-deux heures trente. Il était censé finir à dix-huit heures. Il avait promis à Stiles qu'ils regarderaient un film ce soir, mais c'est trop tard pour ça désormais. Où diable est passée la soirée ?
John s'assied à son bureau et glisse le dossier Hale dans sa serviette. Juste au cas où il se réveillerait au milieu de la nuit, et aurait besoin de vérifier certains détails.
C'est une obsession. John traque chaque détail du dossier aussi avidement qu'il a jadis chassé la dernière gorgée de whisky dans la bouteille. Il a probablement échangé une dépendance contre une autre, et il n'est honnêtement pas sûr que celle-ci soit beaucoup plus saine.
Il devrait prendre un congé. Emmener Stiles à Disneyland, ou quelque chose comme ça.
John grimace à la pensée de Stiles entouré de tous ces mouvements, couleurs et stimulations. Il rebondirait sur les murs en quelques minutes, et mettrait des jours à redescendre. Non, pas Disneyland.
Peut-être qu'ils devraient louer une cabane pour une semaine, ou quelque chose dans ce genre. Se procurer du matériel de pêche. Jouer à des jeux de société, et essayer de se débarrasser de l'excès d'énergie de Stiles en faisant de la randonnée et de la natation.
C'est le genre de vacances dont sont faits les souvenirs, pense John. Passer du temps de qualité ensemble, écouter Stiles bavarder sur tout et n'importe quoi. Pas d'hémorragie d'argent dans un parc à thème.
John lève les yeux alors que Stiles bâille et s'étire. « Papa ? » demande-t-il d'un air troublé.
« Salut, gamin. »
Stiles bâille à nouveau. « On rentre à la maison maintenant, papa ? »
« Oui. » John regarde sa serviette ouverte. Il en sort le dossier Hale, et le glisse dans le tiroir de son bureau à la place. « Rentrons à la maison, fiston. »
Stiles sourit d'un air endormi.
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Cinq semaines plus tôt
« Tante Kate ! » s'exclame Allison, en sautant les dernières marches jusque dans l'étreinte joyeuse de sa tante.
« Moins de trucs de "tante", d'accord ? » la taquine Kate. « Tu vas me faire me sentir vieille. »
Allison rit.
« Maintenant, fais-moi monter et montre-moi ta chambre, et nous pourrons parler de vêtements et de garçons ! »
Allison attrape la main de Kate et la tire vers les escaliers. Elle aperçoit ses parents par-dessus l'épaule de Kate. Son père ne sourit pas, et sa mère touche son épaule et dit quelque chose à voix basse.
Dieu. La famille. Un drame tellement stupide, et bien sûr personne ne dira même à Allison de quoi il s'agit. Cependant son père peut être un dur à cuire, et Kate est sauvage et amusante, alors c'est probablement là-dessus. Parfois, il est difficile d'imaginer qu'ils sont même apparentés...
Ça va être tellement bien d'avoir Kate avec qui parler de choses. Ce n'est pas comme si Allison pouvait parler à ses parents de ce garçon mignon dans sa classe d'anglais !
Maman va juste se fermer, et papa voudra aller chez Scott et lui donner le troisième degré d'interrogatoire, et pouah, Allison a dix-sept ans à présent. Elle ne sait même pas si elle veut un petit-ami, mais elle veut l'option, sans que ses parents soient bizarres à ce sujet.
Cela fait des années qu'elle n'a pas vu Kate, mais sa tante est définitivement la chose la moins nulle dans ce déménagement pour la petite ville de Beacon Hills. Kate lui a toujours semblée plus une grande sœur qu'une tante.
« Nous ne parlons pas des garçons. » insiste Allison.
« Oh ! » s'exclame Kate, un sourire ravi s'étalant sur son visage. « Juste un garçon, n'est-ce pas ? Dis-moi tout ! »
En riant, Allison la tire dans les escaliers.
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Deux semaines plus tôt
Il y a tellement d'aconit qui traverse son système que l'Alpha ne peut pas penser. Il a besoin de force. Il a besoin de guérison. Il a besoin de "Meute" !
Il y en a une vague odeur ici dans les bois, dans les arbres et les sous-bois et le murmure du vent au clair de Lune. Une vague odeur de "Meute".
La plupart du temps il peut juste sentir le sang.
Il ne sait pas comment il s'est échappé.
L'un des Chasseurs a fait une erreur, et l'Alpha... l'Alpha n'a pas fait d'erreur. Il y a eu du sang là-bas, et du sang ici-maintenant, parce qu'il connaît leurs odeurs.
Ils ont passé des années à le torturer - à le traiter comme un rat de laboratoire au lieu d'un loup - mais alors qu'ils analysaient et notaient chaque réaction à chaque balle, chaque arme, chaque drogue et toxine, transformant sa forme Alpha en quelque chose de venimeux, quelque chose de monstrueux - l'Alpha les analysaient également.
Il connaît leurs odeurs.
Et il les tue un par un.
Il y a des Chasseurs dans les bois ce soir. Peut-être plus que l'Alpha ne peut combattre. Il a besoin de "Meute"...
Et le clair de Lune l'entend, et envoie un garçon trébucher sur son chemin. Un garçon humain qui sent la sueur et le déodorant bon marché et les chaussettes non-lavées et les vestiaires et l'albutérol [NDT : Médicament utilisé dans le traitement de l'asthme].
L'Alpha suit, poursuit, mord.
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Une soirée plus tôt
Melissa McCall vient de commencer à vérifier la tension artérielle de Mme McKinley, lorsque Gloria se penche dans l'embrasure de la porte. « Melissa ? Scott est au téléphone. Il dit que c'est urgent. »
Melissa se fige un instant, tenant toujours le bout du brassard autour du bras ridé de Mme McKinley.
« Je vais prendre le relais ici. » propose Gloria.
« Merci. » Melissa se redresse, offre à Mme McKinley un sourire d'excuse, puis sort et se précipite vers le poste des infirmières au bout du couloir.
Le téléphone noir derrière le comptoir clignote. Melissa décroche le combiné, redoutant le froid au creux de l'estomac, et appuie sur le bouton pour reprendre l'appel en attente.
« Scott ? »
« Maman ? » Scott semble bouleversé, au bord d'une crise d'asthme. « Maman ! L'Adjoint Parrish est juste venu ici et a emmené Stiles ! »
Près de vingt ans de métier d'infirmière ont appris à Melissa comment rester calme en cas de crise. « Sais-tu où se trouve ton inhalateur ? »
« Oui, mais maman... »
« Va le chercher maintenant. » ordonne Melissa d'un ton ferme. « Je rentre à la maison. Je rentre à la maison, et nous allons régler ça. »
« D'accord. » répond Scott, mais avant qu'il ne raccroche, elle entend une autre voix en arrière-plan. Une voix de fille, posant une question que Melissa n'entend pas tout à fait.
Elle pose le téléphone, et s'oblige à prendre une profonde inspiration.
Elle a spécifiquement ordonné à Scott de ne parler de Stiles à personne, mais il y a une fille à la maison, à - Melissa regarde sa montre - à 22h30 ? Quelles sont les chances que cela n'ait rien à voir avec le fait que Stiles soit retrouvé ?
Scott est trop confiant. Il est aussi à l'âge où il pense entièrement avec son sexe. Melissa espère que c'est quelque chose dont il va grandir... Mais son père ne l'a jamais fait, n'est-ce pas ?
Melissa retrouve Elaine, sa superviseure, dans la salle à manger du personnel.
« Elaine ? Scott vient d'appeler. Je dois partir. »
« Oh, bien sûr ! » Elaine lui fait signe de sortir. « Allez, ouste ! »
Les antécédents de crises d'asthme de Scott signifient qu'aucune explication n'est nécessaire, et Melissa ne corrige pas l'hypothèse.
Elle récupère son sac à main dans son casier, et y cherche ses clés de voiture et son téléphone portable.
Elle descend l'ascenseur, et appelle Rafa.
Il répond après la cinquième sonnerie. « Melissa ? Tout va bien ? »
« Il y a de très fortes chances que je sois arrêtée ce soir. » répond-elle d'une voix étonnamment calme. « Donc je vais avoir besoin que tu viennes ici, et que tu prennes Scott pendant un moment. »
Il y a un silence de mort au bout du fil, puis : « Tu vas être quoi maintenant ? Pourquoi diable serais-tu arrêtée, Melissa ? Tu ne triches même pas sur les tickets de parking ! »
Melissa en ressent une étrange satisfaction. Devine quoi, Rafa ? Il s'avère que je ne suis pas aussi ennuyeuse que tu l'as toujours pensé.
« Pour faire court, j'ai aidé un gamin sans-abri et en état d'arrestation à s'échapper de l'hôpital, et je l'ai caché dans mon sous-sol. »
« Jésus, Mel... » répond Rafa. « Pourquoi ferais-tu ça ? »
C'est la question à un million de dollars, suppose Melissa.
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Parce qu'il était le Mischief de Claudia.
Parce qu'elle n'avait jamais vu un gamin aussi misérable, à l'époque comme à présent, et qu'elle voulait juste l'envelopper dans un câlin et rendre tout ça meilleur.
Parce qu'elle a elle-même un fils, et que cela lui brise le cœur de penser qu'un jour, Dieu nous en préserve, Scott pourrait se retrouver seul dans un monde très froid et très injuste, sans personne pour le protéger...
Parce que Stiles l'avait regardée droit dans les yeux et lui avait expliquée : « Ils me remettront dans un endroit merdique, où un mec merdique se tient à la porte de ma chambre, et me regarde pendant qu'il se branle. »
Et puis il avait ajouté : « Et vous savez le comble du comble ? C'est que je me serais foutu de ce qui se serait passé, tant qu'ils m'auraient laissé rendre visite à mon père. »...
Parce que Stiles est un enfant, et qu'aucun enfant ne devrait avoir à faire un tel choix !
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Aucun adulte ne devrait faire un tel choix non plus. Et Melissa n'aurait pas pu dormir si elle avait joué le moindre rôle dans le retour de Stiles dans ce genre de situation. Même si son rôle prévu était simplement d'ignorer ce qu'il avait dit, et de laisser les autorités le reprendre...
« Il a l'âge de Scott, Rafa. » répond-elle enfin, alors que les portes de l'ascenseur s'ouvrent. Elle marche dans le couloir vers la sortie. « C'est aussi le fils de John Stilinski. »
« Merde. » conclut Rafa. Il expire lentement. « D'accord. D'accord, si je pars maintenant, je serai là dans quelques heures. Ne réponds à aucune question avant d'avoir un avocat. »
Melissa sort dans l'air frais de la nuit.
Un camion de pompiers passe à toute allure sur la route principale, les lumières clignotantes et la sirène retentissante. Un Cruiser de la police le suit de près. Melissa espère qu'il n'y aura pas d'accident majeur ou quoi que ce soit, ce soir. Elle a quitté le service déjà à court de personnel...
Dieu. Aura-t-elle même encore un travail, le lendemain ?
« Tout ira bien, Mel. » lui dit Rafa. « Tout ira bien. »
Melissa atteint sa voiture, et l'ouvre. Elle s'enfonce dans le siège du conducteur, et ferme brièvement les yeux.
Il fut une époque où elle ne croyait pas un fichu mot qui sortait de la bouche de Rafa - une expérience durement gagnée, en fait - mais d'une manière ou d'une autre, ils ont dépassé cela désormais.
Pas exactement des amis - pas après tout ce qui s'est passé - mais Rafa est à présent un homme différent de celui qu'elle a épousé quand elle était jeune et stupide.
Elle sait qu'elle peut compter sur lui pour cela.
« D'accord. » finit-elle par dire. « D'accord, je te verrai dans quelques heures. »
« Je t'appellerai quand je serai arrivé. »
Il met fin à l'appel, et Melissa ouvre les yeux... Juste à temps pour voir un homme plonger dans son champ de vision !
Elle allume ses phares.
L'homme est nu et couvert de brûlures. Il tourne la tête vers la lumière, et ses yeux brillent en or. Il trébuche, et plante ses deux mains sur le capot de la voiture de Melissa.
Le cœur de Melissa saute un battement. « Jordan ? »
Elle pousse la portière de la voiture. « Jordan ! »
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Note de la traductrice :
Rendez-vous au prochain chapitre !
Je ne sais pas du tout quand, mais c'est une promesse !
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