Hi ! Comme chaque début de mois, voici la suite.
Il y a ici certaines révélations d'un passé douloureux. Et puis il y a aussi un revirement de situation et quelque chose d'inconnu.
Résumé : House et Cuddy reviennent ensemble du rendez-vous gynéco et passent la soirée à son appartement. Ils partagent une nuit d'amour ; la première depuis longtemps.
J'en profite pour vous souhaiter de bonnes vacances !
Good Read ;)
Chap' 33
Nous étions le Jeudi 6 Décembre 2007, en pleine période d'Hanouka. Il s'en rendit compte lorsqu'il vit cette Ménorah, trônant sur la table du salon, lui faire de l'œil de par sa brillance et surtout parce qu'elle était étrangère à son appartement. Cette fête juive, qu'il connaissait dans les grandes lignes, n'évoquait rien de particulier pour lui, mais il savait qu'elle avait un sens pour la Doyenne.
Je ne veux pas que tu penses que je m'installe chez toi, fit-elle en désignant la Ménorah du menton, mais c'était important pour moi de l'avoir.
Y a pas de souci. Lui assura-t-il, caressant distraitement son épaule d'un air absent.
Cuddy était à demi allongée sur le flanc gauche du néphrologue et ne pouvait voir son visage, mais elle sentait qu'il était ailleurs. Elle posa une main sur son ventre et se redressa avant de tourner la tête sur sa droite. Il frottait la partie inférieure de son visage et semblait ne pas s'être rendu compte qu'elle n'était plus contre lui.
Ça va ? Demanda-t-elle en posant sa main sur sa cuisse gauche.
L'homme eut un léger sursaut et stoppa son geste répétitif avant de porter son attention sur la jeune femme. Il était préoccupé par une chose dont il ne lui avait jamais fait part, du moins pas en détail. Devait-il nier maintenant qu'elle avait remarqué son trouble ? L'idée était plus que tentante, d'autant plus qu'il ne voulait pas lui créer davantage de soucis vu son état. Mais lui faire part de son inquiétude pourrait peut-être le soulager un peu, lui qui n'en menait pas large.
Il se redressa et attrapa la télécommande sur laquelle il appuya sur le bouton marche/arrêt pour éteindre la télé. De toute façon ce documentaire sur l'Argentine n'était qu'une rediffusion qu'il avait déjà dû voir au moins une ou deux fois. Sa gorge était sèche et il eut du mal à déglutir convenablement. D'un geste mimant à la perfection cet automatisme qui ne le quittait plus depuis des années maintenant, il se massa la cuisse droite. Il n'était plus question de fuir ou de se cacher. Il lui avait dit certaines choses qui faisaient qu'il ne pouvait plus faire machine arrière.
FLASH BACK
Enlacés l'un à l'autre, elle avait fini par se réveiller et dès lors tout lui revint en tête. L'échographie, le sexe de son bébé qu'elle n'avait pas voulu connaître, son cœur battant… Son baiser avec House, totalement irréfléchi et incontrôlable. Sa nuit avec lui. Une délivrance… Elle se sentait tellement bien, libérée de cette emprise psychologique qui l'avait tant fait souffrir. Bien sûr tout n'était pas encore rentré dans l'ordre, elle n'était pas naïve et savait qu'il lui faudrait encore du temps pour tenter d'oublier ce traumatisme, mais jamais elle ne pourrait l'effacer. Il l'avait cependant grandement aidée, s'étant montré patient et d'une profonde douceur. Elle n'aurait jamais suspecté une telle tendresse chez lui à un degré aussi élevé. Sans doute tenait-il à elle bien plus que ce qu'il ne s'autorisait à montrer.
Son sourire s'effaça sous l'effet de la surprise lorsqu'il se mit à caresser sa joue. Elle ne pensait pas être observée, le croyant encore endormi. Son visage se tourna vers lui, ses yeux bleu gris se plongeant dans les siens, d'un bleu indéfinissable. Elle ressentit aussitôt ces picotements lui chatouiller le bas-ventre, lui faisant fermer les paupières quelques secondes.
Est-ce que Madame a bien dormi ? Lui demanda-t-il, le regard toujours ancré au sien.
Ça faisait bien longtemps que je n'avais pas dormi aussi bien. Avoua la jeune femme, un petit sourire aux lèvres.
Il se redressa sur son coude droit, prenant la hauteur nécessaire pour l'observer davantage.
Nos exploits d'hier soir y sont sûrement pour quelque chose.
Son air folâtre et cette étincelle de lubricité dans ses yeux la firent frissonner. Il vit l'émotion qu'il venait de provoquer en elle et ne put s'empêcher de se pencher pour attraper ses lèvres. Elle consentit immédiatement à son baiser, agrippant sa nuque pour qu'il soit plus près encore, avant qu'ils ne se séparent quelques secondes plus tard, les yeux rivés sur l'autre.
Je voulais te remercier. Dit-elle subitement.
Il plissa les paupières, ne semblant pas comprendre ce qu'elle voulait dire.
Parce qu'on a couché ensemble ?
Elle se mit à sourire doucement. Il avait cette faculté de détendre l'atmosphère dans des moments gênants, où les choses étaient difficiles à dire. Et là ça ne pouvait pas mieux tomber. Car oui, elle était quelque peu gênée et avait du mal à lui exprimer sa gratitude. Était-il conscient que son humour pouvait aider à délier les langues ?
Je n'y serais pas arrivée si… Elle déglutit, s'humecta les lèvres puis replongea ses yeux dans les siens. Si tu n'avais pas été comme tu as été pendant tout ce temps.
Sa voix mourut dans sa gorge, terrassée par un sanglot qu'elle ne put contrôler. Ses yeux se fermèrent et laissèrent s'échapper une larme. Cette dernière fut stoppée par le pouce du diagnosticien. Il savait bien ce qu'elle voulait dire, sans en avoir le courage, la force. Peu lui importait, il avait compris. Il sentit son cœur s'accélérer dans sa poitrine. Ce qu'elle pouvait être belle et fragile à la fois.
Il embrassa son front et la blottit contre lui, profitant de sa présence entre ses bras en caressant son échine. Il avait tant de choses à lui dire… Et comme elle semblait avoir fait un effort de son côté, ne serait-il pas juste qu'il en fasse de même ? Il se décala un peu et caressa son visage, passant sa main dans ses cheveux.
Je suis prêt maintenant.
Sa voix perdit la vie dans le silence de la pièce. Tous deux restèrent figés, incapables de bouger. Avait-il réellement dit ça ? L'avait-elle bien entendu ? Leur perception respective était peut-être erronée ; car à l'un comme à l'autre, cela semblait peu probable. La jolie brune se risqua toutefois une question.
Tu es sûr ? Questionna-t-elle du bout des lèvres.
Ses grands yeux gris ne quittèrent pas son visage, le sondant jusqu'au plus profond de lui-même. Elle espérait tellement, sans jamais s'autoriser pleinement à y croire. Il s'agissait de House tout de même ! L'homme le plus misanthrope et antipathique qu'elle n'avait jamais rencontré. Celui qui n'était pas fait pour le changement et qui avait du mal avec l'engagement.
Pas du tout. Répondit-il en détournant son regard du sien, l'espace d'une seconde. Mais j'ai envie d'essayer.
Ils se fixèrent pendant un moment avec beaucoup d'intensité dans le regard. Elle aurait pu se perdre dans ses iris d'un bleu hypnotique. Il se serait cru capable de ne plus pouvoir cligner des yeux à force d'être plongé dans les siens. Elle était subjuguée par cette déclaration qui semblait être des plus sincères. Et une boutade ne fut pas de trop pour clore cette honnêteté tout à fait inédite.
Et puis franchement, Patty et Selma ont besoin de protection rapprochée ces temps-ci. Fit-il en soulevant légèrement le drap, s'apercevant, sans doute à l'instant-même, qu'elle était nue.
Elle sourit largement face à son air mutin et l'attira à elle, scellant une fois de plus ses lèvres aux siennes.
Ce matin-là, ils étaient restés de longues heures allongés l'un contre l'autre, profitant de ce moment absolument délicieux.
FIN DU FLASH BACK
Tu dis que tu es prêt et je veux bien te croire. Finit-elle par dire devant son mutisme des plus profonds. Pourtant tu as l'air… préoccupé. Parfois tu es ailleurs, totalement absent.
Elle s'était lancée dans le vif du sujet. Car elle en était sûre, il s'agissait bien de ça.
Je sais que c'est ce que je t'ai dit… Commença-t-il avant qu'elle ne lui coupe la parole.
Oh, ça y est… Tu as dit ça juste parce que c'était ce que je voulais entendre.
Il vit poindre les larmes dans ses yeux. Ses lèvres se pincèrent dans un rictus de désolation. Il ne voulait pas la faire souffrir. Il voulait lui dire la vérité. Mais c'était loin d'être simple pour lui. Il avait toujours eu grand mal à communiquer sur ses sentiments. Et le fait que d'anciens souvenirs reviennent à la surface ne l'enchanta guère, en plus de contrecarrer un peu plus cette faculté quasi inexistante à s'épancher sur son état émotionnel.
C'est pas vrai. Lui assura-t-il en attrapant son menton, lui faisant croiser son regard. Je ne t'ai pas menti.
Alors quoi ? Qu'est-ce qui te fait peur comme ça ? Demanda-t-elle, une main posée sur sa joue pour capter toute son attention.
Il était nerveux, elle le sentait. Jamais House n'était nerveux. Que pouvait-il bien lui cacher ? Elle en devint angoissée. Il ferma les yeux un long moment ; et lorsqu'il les rouvrit, son regard était vide. Il ne réfléchit pas et se leva promptement du canapé, claudiquant jusqu'au bout de l'appartement. Elle resta là, assise sur ce canapé désormais vide, se retrouvant seule dans cette pièce où elle pouvait maintenant entendre le bruit de sa respiration. Elle sentit ses yeux la brûler et son visage s'enflammer peu à peu. Elle tenta de se contrôler, levant la tête en l'air pour que les larmes ne coulent pas, se résolvant à fixer un point invisible sur ce plafond blanc.
L'homme réapparut quelques minutes plus tard, sortant de la salle de bain où il avait tenté de canaliser son malaise. Elle n'avait pas bougé, toujours assise sur le canapé. Qu'avait-elle bien pu penser de sa réaction ? Il s'en voulut, et ce ne fut rien lorsqu'il découvrit son visage tourmenté. À présent il pouvait se maudire jusqu'au plus profond de lui-même.
Je suis désolé. Prononça-t-il à demi-mot en s'installant auprès d'elle. Je ne veux pas te blesser, tu sais.
Alors pourquoi tu me caches des choses ? Cracha-t-elle froidement.
Elle jeta sur lui un regard noir, empli de douleur et d'incompréhension.
Je vais t'expliquer. Assura-t-il en prenant ses mains dans les siennes. Du moins je vais essayer.
Elle planta ses yeux dans les siens, attendant patiemment qu'il lui apporte des précisions.
Tu te souviens que je t'ai dit que je ne voulais pas devenir comme mon père ?
Elle acquiesça silencieusement, la lèvre inférieure pincée entre ses dents.
Ce que je vais te dire maintenant remonte à mon enfance.
Il fit une pause, sans doute pour prendre le temps de rassembler ses idées. Il ne se sentait pas du tout à l'aise de lui raconter tout ça, ayant presque honte. Il la connaissait suffisamment pour savoir qu'elle ne le jugerait pas, qu'elle l'écouterait d'une oreille attentive, essayant peut-être même de comprendre sa souffrance et de l'apaiser par sa simple bienveillance. Alors, main frictionnant sa nuque et regard plongé dans le sien l'instant d'après, il se lança dans cette révélation lugubre qui avait toujours fait partie de lui.
Je n'ai pas envie de te raconter mes malheurs, déclara-t-il en se passant une main incertaine sur le visage, mais il faut que tu saches certaines choses si tu veux pouvoir comprendre.
Il fit reposer ses avant-bras sur ses cuisses, ses mains dansant de temps à autre dans le vide entre ses deux genoux.
Il m'est arrivé plusieurs fois de dormir dehors, ou même de prendre un bain d'eau glacée. Et ce n'était pas seulement pendant les mois d'été.
House lui raconta comment, alors qu'il n'était encore qu'un jeune enfant, il se faisait chatouiller les côtes par son père chaque fois qu'il ne se montrait pas à la hauteur de celui-ci. La jeune femme le regarda, ne trouvant mot à dire. Elle se contentait d'écarquiller des yeux pleins de consternation.
Il y a eu aussi… d'innombrables fois où je me suis retrouvé privé de repas parce que j'arrivais en retard à table. Deux minutes après l'heure du souper, et je pouvais être sûr que mon estomac crierait famine jusqu'au lendemain.
Il ne s'en souvenait que trop bien. Peut-être cela avait-il été son tourment le plus difficile à supporter ; pas parce qu'il souffrait davantage du jeûne que des brimades physiques que lui infligeait son père, mais parce que dans ces moments-là sa mère s'y opposait, dans son dos. Combien de fois lui avait-elle apporté de la nourriture en cachette, effrayée à l'idée de se faire prendre par son mari, mais ne pouvant malgré tout se résigner à laisser son fils le ventre vide ? Étant petit garçon, il l'avait toujours remerciée pour ce geste. Et puis, avec un peu plus d'âge, il lui en avait voulu. Car jamais Blythe House ne s'était rebellée contre son mari, jamais elle ne lui avait tenu tête, pourtant bien consciente de ce qu'il faisait endurer à leur fils.
Il poursuivit son récit, lui contant encore comment cet homme abject avait foutu en l'air son enfance. Lui expliquant comment – alors que la plupart des gamins passent du temps avec leur père, apprennent à leurs côtés, tissent avec eux un lien très important et deviennent un homme grâce à cette figure masculine… lui n'avait fait que le subir. John House l'avait bousillé. Il n'avait rien eu d'un père. Ce n'était que son géniteur au final. Même ça sonnait faux et bien improbable pour lui…
Le néphrologue fit une pause. Il en avait besoin, et puis il voyait la jeune femme se raidir toujours un peu plus à mesure que son récit s'étoffait. D'un automatisme prenant le pas sur sa conscience, il se mit à masser sa cuisse droite. Il ne savait pas trop si ce geste résultait de ses réminiscences qu'il s'appliquait du mieux qu'il pouvait à lui raconter, ou si le fait de la voir si tendue y était pour quelque chose.
Je pense que ça suffira. Déclara-t-il, débout face à elle.
Elle releva la tête vers lui, l'œil hagard, ne s'étant pas rendue compte qu'il s'était levé un peu plus tôt pour, semble-t-il, se rendre dans la cuisine. Cuddy attrapa le verre d'eau qu'il lui tendit, bien incapable de prononcer le moindre mot. Il se rassit à côté d'elle, se racla la gorge et enchaîna sans trop attendre.
Tu sais y a aussi eu des trucs cools. Commença-t-il, plus que désireux de détendre cette atmosphère lourde et obscure.
Entre autres le fait d'avoir pu vivre de multiples aventures aux quatre coins du Monde, chose qui lui aurait été impossible si ce cher John House n'avait pas été un militaire déployé à de très nombreuses reprises. Certes, de ce fait il n'avait jamais eu beaucoup d'amis, mais avec le temps il s'était rendu compte que grâce à ses innombrables changements de vie il détenait une richesse incroyable, l'aidant même par la suite dans ses études et, désormais, dans sa pratique de la médecine. Il avait une certaine vision des choses, comprenait certaines choses grâce à cela. C'était bien là la seule chose pour laquelle il pouvait lui témoigner un semblant de reconnaissance, d'une manière tout à fait imperceptible.
Ce ne fut là que quelques bribes d'une enfance brimée. Toutefois c'en était plus que suffisant pour Cuddy, qui, effarée par ces aveux, ne put s'empêcher de se sentir exclusive aux yeux de l'homme. Il venait de se livrer sur des choses qu'elle savait maintenant être la seule à savoir. C'était très étrange comme sentiment, et dans le mélange de ce qu'elle ressentait avec excès, elle se rapprocha doucement de lui. Sa bouche vint s'écraser sur la sienne, s'emparant par là même de ses peurs et des doutes qui le rongeaient.
Ne crois pas que tu seras mauvais. Le rassura-t-elle, posant ses mains sur les siennes. Au contraire, tu sais mieux que personne ce qu'un enfant ne devrait jamais avoir à subir.
Il acquiesça, faiblement. Sûrement avait-elle raison. Mais savoir qu'il s'occuperait convenablement de son enfant, son propre enfant, ne figurait pas dans sa logique. Car comment voulez-vous donner ce que vous n'avez jamais eu ? Comment donner autre chose que ce qu'on a toujours eu ? On pouvait donc y voir là un lien de causalité.
House ? L'appela-t-elle. Merci de t'être confié.
Sa main droite caressa sa joue râpeuse. L'instant d'après, elle l'embrassa sur l'autre joue.
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Il en avait eu l'idée presque instantanément. Elle avait été si rayonnante, tellement heureuse à ce moment-là… Il avait bien du mal à l'admettre mais ça avait évoqué quelque chose en lui, sans parvenir à mettre un nom dessus. Et en ce Vendredi matin, alors qu'il se préparait à aller à l'hôpital, il décida de donner vie à cette idée. Il savait qu'elle rentrerait tôt aujourd'hui, ne s'éternisant jamais au boulot après seize heures en ce dernier jour de la semaine.
Il gara sa Dodge Dynasty au souterrain, puis se dirigea vers les ascenseurs. Cuddy était déjà arrivée depuis au moins une bonne demi heure à en juger par les dix heures trente huit qu'indiquait sa montre, sûrement déjà happée par ses dossiers complexes qu'elle ne cessait d'étudier et de remplir. Il arrivait en retard, plus que d'habitude. Il s'en voulut. Elle arrivait plus tôt que lui, même depuis qu'elle avait réaménagé ses horaires. Et puis, au fur et à mesure qu'il y pensait, ça l'agaçait, parce qu'elle ferait mieux de déléguer son sordide travail au lieu de réorganiser ses journées. Mais il ne pouvait rien dire à cette femme intègre et plus têtue qu'elle ne voulait bien l'admettre. Il n'y avait rien à lui dire.
Il parcourut les quelques mètres menant à son bureau et, une fois dans celui-ci, laissa s'échouer ses affaires sur la chaise. Son équipe de médecins n'était pas dans la salle attenante, ce qui signifiait que ses employés étaient soit en consultations, soit à prêter main forte aux urgences. L'absence de cas à résoudre était d'un ennui profond, et hors de question pour lui d'aller honorer ses consultations. Il s'assit sur son siège et ouvrit un des tiroirs. Il était toujours là. C'était un peu idiot, pourquoi aurait-il disparu ? Un léger sourire se modela sur ses lèvres avant qu'il ne referme le tiroir. Il ne s'en emparera qu'au dernier moment de cette journée qui, au vu de la monotonie qui se profilait minute par minute, ne pourrait être que morne et sans relief.
Elle lui avait dit que ce soir elle aimerait qu'ils se retrouvent chez elle, ce qui n'avait pas manqué de le surprendre. Il pensait en effet qu'elle ne voulait plus y mettre un pied, ce qui était d'ailleurs ce qu'elle lui avait dit. La voir changer d'avis presque aussi brusquement le laissa comme deux ronds de flan.
Il était un peu plus de dix-neuf heures lorsqu'il franchit le pas de la porte, la saluant d'un baiser sur la joue avant d'aller déposer ses affaires dans le salon à côté.
Je pensais qu'on se retrouverait chez moi. Déclara le médecin avant de se retourner vers elle. Je sais que ton lit est plus grand et que donc ça sera plus pratique pour nos parties de jambes en l'air, mais…
J'ai décidé de rester ici. Annonça la jolie brune, retenant son sourire.
Elle le vit plisser les yeux, visiblement confus par la situation, et lui fit signe d'aller s'asseoir sur le divan.
Je n'ai plus l'intention de déménager. Poursuivit-elle en prenant place à ses côtés.
Et pourquoi ?
Cuddy leva les yeux au ciel pendant quelques secondes, secouant légèrement la tête de gauche à droite, les lèvres pincées.
Je n'ai pas envie de fuir. Fit-elle simplement, avant de se rendre compte que cette explication était sans doute trop légère. Ça ne changera rien, House. Que je sois ici ou ailleurs, j'aurais toujours ces horribles souvenirs avec moi.
Oui, sauf qu'ici tu les revivras pleinement. Enchaîna-t-il sans attendre. Tu n'arrives même pas à entrer dans cette chambre, encore moins à y rester !
Et donc, je dois me laisser abattre ? Je ne peux même pas avoir le droit d'essayer de surmonter ça ?
Elle s'était presque mise à crier devant le manque de confiance en elle qu'il pouvait avoir. En était-ce ? Ou simplement voulait-il la protéger ? L'homme la regarda, impuissant. Elle était décidée à aller jusqu'au bout de son entreprise qui consistait à reprendre le contrôle de sa vie, et il ne pouvait que l'admirer pour ça. Seulement, il voulait à tout prix éviter qu'elle ne fasse trop de zèle, risquant ainsi de se brûler les ailes.
Cela le laissa coi, et lorsqu'il reprit ses esprits elle avait disparu. Du bruit provenait de la cuisine, et c'est là qu'il se dirigea. La jeune femme faisait face au plan de travail, lui tournant le dos. Il s'avança doucement vers elle, pouvant encore sentir ce sentiment de colère émaner de son être. Il n'était pas sûr de la façon de l'aborder, mais au pire il se prendrait un refus de sa part. Il n'en fut rien. Lorsqu'il se plaça derrière elle et qu'il enroula ses bras autour de son ventre, Cuddy abandonna ce qu'elle faisait et il put sentir qu'elle se relâchait.
Je ne voulais pas te vexer. Avoua-t-il avant de déposer un baiser dans son cou. Excuse-moi. Murmura-t-il à son oreille.
Ils restèrent comme ça pendant un moment, appréciant visiblement tous deux cette proximité malgré le malaise tout juste passé. Elle soupira dans le silence, seules ses épaules bougèrent, s'affaissant sous l'effet de l'air expiré, des tensions expulsées. Elle finit par gesticuler un peu, se tournant face à lui. Des perles salées s'échappaient encore de ses yeux, devenus verts. Elle n'aimait pas se montrer si faible face à lui, si fragile. Mais elle ne contrôlait rien. Par moment elle n'avait même pas conscience de ses états d'âme, ses hormones prenant littéralement le pas sur son self-control.
Je ne veux pas que tu te fasses du mal. Reconnut-il alors que sa main droite essuyait ses pommettes l'une après l'autre, la débarrassant de cette tristesse intolérable.
Elle ne put supporter son regard plus longtemps, et ressentit un fort besoin de se nicher dans son cou. Il la laissa faire, l'entourant de ses bras avant de lui frictionner doucement le dos.
Je suis fier des efforts que tu fais. Lui assura-t-il, se voulant réconfortant.
Ils restèrent comme ça pendant de longues minutes, n'ayant ni l'envie ni même la force de se séparer l'un de l'autre. La jeune femme profita de son étreinte pour calmer ses émotions. Une fois qu'elle fut apaisée, elle se détacha du néphrologue et fut assaillie de scrupules.
Pardon de t'avoir crié dessus. S'excusa Cuddy, incapable de le regarder franchement dans les yeux.
J'aime quand tu me cries dessus. Fit-il en lui remontant le menton, le regard malicieux.
Et puis il changea de sujet, voyant la jolie brune mal à l'aise et, lui, désireux de passer à autre chose. Ça tombait bien, il avait repéré de drôles de viennoiseries à l'autre bout du plan de travail.
Qu'est-ce que c'est ? Demanda-t-il avec curiosité.
Il s'avança vers l'assiette où étaient posées ces mystérieuses boules de pâte parsemées de sucre glace et d'où semblait vouloir se dégager un liquide rouge très épais.
Ce sont des beignets pour Hanouka, on les appelle des soufganiyot. Expliqua-t-elle. Ils sont à la fraise.
Elle le vit sourire fugacement, sans doute parce qu'il était amusé par son explication. Ses yeux dérivèrent vers l'assiette remplie des délicieux mets et, certainement sans s'en rendre compte, sa langue se balada sur ses lèvres. À cette simple vue, l'homme ne put retenir un sourire plus grand.
J'adore la fraise. Lui confia-t-il à voix basse, comme si cela était un secret.
Son regard glissa sur elle. Il avait l'inexorable envie de la prendre dans ses bras, faisant de ce moment une éternité. Elle était si adorable.
J'ai quelque chose pour toi.
Elle leva les yeux sur lui, intriguée par sa révélation. Il s'éloigna sans plus attendre vers le salon, ravi de constater qu'il avait suffisamment piqué sa curiosité pour l'égayer un peu. Et il en était sûr, cette surprise allait grandement lui faire plaisir. Il prit le petit sac en papier qu'il avait laissé sous son manteau, celui-ci étant posé sur l'accoudoir du canapé. Elle n'avait pas fait attention qu'il avait quelque chose à la main lorsqu'il est entré, ce qui ne fit que gonfler un peu plus son envie de savoir de quoi il s'agissait.
House lui tendit alors la petite pochette, et lorsqu'elle l'ouvrit elle fut d'abord étonnée par l'objet en lui-même. Et puis, par un simple échange de regard avec le diagnosticien, elle comprit son geste et en devint émue. Et puis, encore, en voyant la couleur dudit objet, elle retint ses larmes aussi fort qu'elle le put.
TBC...
Désolée pour le cliffhanger mais j'adore faire ça, encore et toujours *giggles*
House qui fait un cadeau... On est d'accord qu'on n'a jamais vu ça ! Quoique... Rendez-vous dans le prochain chapitre pour savoir de quoi il s'agit :D
Et pour ce qui est des révélations sur son passé, je me suis servie de ce qui est dit dans la série. Je creuserais certainement davantage cette piste-là. Un jour, peut-être...
- Kisses to you and see you soon -
