SHINIGAMIS' ENDING — FALLEN ERA

L'intense destruction emmenée par les combats de Karakura n'offrait aucun répit à ceux qui cherchaient à fuir.

Beaucoup d'habitants périrent, pour des raisons diverses, lugubres et variées. Certains ne disparurent littéralement, happés par l'immense quantité d'énergie dégagée durant les affrontements.

Les Shinigamis envoyés par les Treize Divisions n'avaient aucunement limité leur pression spirituelle, face à l'urgence de la situation. Bien peu d'humains parvenaient à survivre à cet enchaînement de désastres invisibles.

Parce qu'il ne s'agissait en plus que d'une partie des décès : l'autre étant bien sûr causée directement par les vents de destructions.

Il s'y attendait.

Il savait pertinemment ce que le monde encourait, en empruntant cette voie dénuée de pitié.

Le Shinigami félon, Aryen Kaseren, se tenait sur un bâtiment, assis et regard rougeoyant dans le vide. Cette catastrophe monumentale ne pouvait qu'occasionner un lourd tribut.

Il entendait parfaitement les hurlements de détresse de ces Hommes.

Il voyait parfaitement toutes ces personnes périr, les unes après les autres.

Il savait parfaitement qu'aucune route empruntée par les fuyards ne pourraient les sauver.

Mais ces crimes immenses qui pesaient sur ses épaules, Aryen Kaseren les avaient d'ores et déjà accepté depuis plusieurs siècles.

Pouvait-il encore se lamenter sur le monde horrible, le spectacle de dévastation épouvantable qui se jouait sous ses yeux ?

« — C'est un drôle de sentiment, je me trompe ? »

Il ne se retourna pas.

Seul son regard rouge lifta légèrement, afin de voir la silhouette féminine et gracieuse de cette étrange femme.

Il s'agissait de l'autre Kaijû, celle qui ne guerroyait pas contre Kenpachi Zaraki, mais qui s'était permis une petite visite de Karakura pendant que cette dernière s'écroulait.

« — … Je ne pensais pas qu'une femme comme vous puisse s'intéresser à moi, au point de venir tenir une conversation.

— Pour qui me prenais-tu ? demanda-t-elle doucement, avec un faible sourire greffé aux lèvres. N'es-tu pas l'homme qui nous a permis de revenir ? Il est alors naturel que je sache faire preuve de reconnaissance. »

Le monde continuait de s'écrouler à l'horizon.

Les Ténèbres libérées par Zanshi, mais également cette substance fort mystérieuse, le Tsuyosa Fujun, occasionnaient des dégâts en continus. Chaque seconde, plusieurs nouvelles vies s'éteignirent pratiquement sans discrimination.

« — Je trouve cela plutôt malsain, argua le Shinigami.

— Alors tu aurais encore une force morale en toi ? s'enquit la belle femme. Tu es pourtant l'homme qui a causé cela. »

Il en était parfaitement conscient.

« — Dis-moi, Aryen Kaseren. As-tu déjà causé des désastres de cette ampleur ? Ou bien s'agit-il de ton premier coup d'essai ? »

La belle blonde avança de quelques pas, en se retrouvant à quelques mètres sur la droite du Shinigami.

Tous deux tenaient sur un bâtiment chancelant, menaçant de s'écrouler à chaque vibration atmosphérique.

Le brun décida de ne pas répondre directement à cette drôle de question. La Kaijû lui offrit un faible sourire, lorsque son regard croisa le sien.

« — Je suppose que c'est la première fois, murmura-t-elle. Alors je peux comprendre ton malaise. »

Un malaise.

Aryen n'aurait pas tout à fait choisi ce terme.

« — Que voulez-vous ? finit par demander Aryen.

— Sur la défensive, déjà ? rétorqua simplement son interlocutrice, en arborant toujours un petit sourire. J'étais juste curieuse de voir à quoi ressemblait l'homme qui nous a sorti de notre torpeur. »

Aryen Kaseren ne ressentait aucune bienveillance chez cette femme.

Il ne saurait dire si cela était dû à son imagination, au fait que ce soit une Kaijû ou à autre chose, mais il ne voyait pas du tout son interlocutrice comme une femme douée de bonnes intentions. Bien au contraire.

Être capable de sourire tendrement lorsque le monde autour de soi s'écroulait, témoignait déjà du caractère fort singulier de cette femme.

Lui, restait presque figé. Aussi bien face à l'ampleur de l'apocalypse qui se jouait sous ses yeux, qu'en raison de l'incommensurable énergie qui provenait du combat opposant Zaraki Kenpachi à Zanshi.

« — Tu dois sûrement me trouver étrange, finit par déclarer Tenshi.

— En effet.

— Pourtant, tu savais bien ce que tu allais libérer, non ?

— Plus ou moins, rétorqua platement l'intéressé.

— Oh, je vois. Tu devais peut-être à t'attendre à d'autres types de monstres, assoiffés de sang ? Comme Ryôshi ?

— … Je n'ai pas de commentaire à faire, répondit calmement le Shinigami.

— Soit. Apprécie donc la fin de ce spectacle, dont tu es responsable. »

La belle femme décida finalement de sauter de son perchoir, afin d'atteindre une large ruelle.

Au sein de cette dernière, plusieurs survivants cherchaient encore à courir afin de pouvoir échapper au désastre.

Simple curiosité ou fil guidé par le destin, le regard rouge d'Aryen Kaseren se posa alors plus précisément sur ces malheureux en question.

Le Shinigami se figea, quelques instants, comme s'il avait mal vu.

… C'est impossible …

Chapitre 42 : Two Souls

Rukongai — Planque d'Aryen.

Un tourbillon de vent secouait le secteur.

Et pour cause, Hihio Zabimaru, le Bankai de Renji Abarai, venait d'être libéré. En face de lui, Grimmjow plissa légèrement son regard.

« — Bah alors ? T'es paralysé ? lâcha Renji, au milieu de son serpent à tête de babouin.

— Tss. Tu t'y crois en plus, connard ? »

Certes, Grimmjow Jaggerjack avait été touché une fois par son adversaire, mais il ne comptait certainement pas perdre davantage de terrain contre un homme de cet acabit.

Bankai ou non, cela ne l'effrayait pas le moins du monde. Serrant les poings, l'Arrancar s'apprêtait à entamer une autre phase de cette bataille. Certes, son corps avait été sérieusement endolori et affaibli au cours des dernières heures, mais cette vérité demeurait bien éphémère.

Bleach OST — Catch 22

Renji lança pourtant son Zanpakutô à l'assaut. Il en profita d'ailleurs pour occasionner d'autres dégâts sur le plafond, toujours dans l'optique d'enterrer vivant cet homme.

Mais Grimmjow, surpris une fois, ne laisserait pas de place au hasard. Sautant rapidement, il évita les crocs acérés de Hihio Zabimaru, avant d'asséner un terrible coup de pied sur la tête du Bankai, provoquant un hoquet de surprise chez le Shinigami.

Profitant d'un instant de déséquilibre chez son adversaire, l'Arrancar fonça à toute allure pour décoche un violent coup d'épée à Renji. Hihio Zabimaru avait bien sûr quelques atouts à revendre, mais sa grande taille rendait le combat rapproché plus difficile.

Toutefois, Renji Abarai n'était pas un amateur, en ce qui concernait le combat. Il n'était pas davantage aveugle sur ses propres défauts et les contraintes de son Bankai.

Un pas effectué en arrière lui permit ensuite d'enrouler Hihio Zabimaru autour de lui, faisant office de solide barrage : le sabre puissant de Grimmjow frappa, mais sans transpercer pour autant le Bankai de son adversaire. La panthère fronça distinctement les sourcils, face à l'audace de ce Shinigami.

Serrant les dents face à l'impact puissant, Renji sauta alors vers l'arrière, pour emmener son Zanpakutô dans son sillage : l'Espada fut alors projeté en direction du plafond.

« — Tss … ! »

Il prit solidement appui dessus, par le biais de ses jambes.

Son regard bleuté aperçut bien vite la phase suivante de l'attaque adverse : Hihio Zabimaru revint dans son dos, se déplaçant comme un serpent qui guettait les mouvements de sa proie, afin de l'engloutir dans sa mâchoire. Le choc brutal conduisit d'ailleurs Grimmjow en direction du sol, vers lequel ce grand Bankai le conduisait.

L'Espada résistait et Renji devait bien admettre en être plutôt impressionné.

« — Cero ! »

Une explosion lourde explosa dans la mâchoire du monstre, qui fut projeté vers l'arrière.

L'heure de riposter venait alors de sonner. Sans attendre davantage, l'Arrancar envoya une salve de Bala en direction d'un Renji toujours admirablement concentré. Là encore, le Shinigami parvint à lutter contre ces projectiles rapides, en utilisant son Bankai comme rempart.

« — Ha ! Tu vas faire souffrir ton petit Bankai, à force ! Je vais le péter, j'te dis ! »

Il encaissait, encore et toujours.

Mais cet homme ne comprenait pas la véritable nature d'un lien unissant un Shinigami à son Zanpakutô.

« — ''Faire souffrir'' mon Bankai ? souffla-t-il. Faut me viser moi, alors ! »

Parce que Renji et son Zanpakutô ne faisaient qu'un.

Ils luttaient ardemment contre un adversaire difficile à manœuvrer. Ils mettaient leur vie dans un combat potentiellement mortel et perdu d'avance.

Malgré tout, impossible de faire marche arrière ou d'hésiter.

Toutes ces heures d'entraînement rudes devaient porter leurs fruits.

« — Cero ! »

Un puissant rayon explosa de nouveau, frappant et transperçant cette fois le rideau défensif établi par Renji, propulsant le Shinigami à plusieurs mètres de distance. Il laissa au passage quelques gouttes de sang supplémentaires, qui s'emmagasinaient sur le sol, jusqu'à ce que son dos n'heurte douloureusement la paroi d'un mur chancelant.

« — Toujours des belles paroles, les Shinigamis, s'esclaffa Grimmjow, en marchant dans sa direction. J'vais t'achever maintenant. Et j'irai chercher Kurosaki. »

Sonné, Renji ne voulait toutefois pas en finir aussi misérablement.

Cela dit, lorsque Grimmjow souleva son bras droit, les deux belligérants rencontrèrent une vive surprise : de la glace recouvra vivement le bras de l'Arrancar.

« — Rukia ?! »

Mais quelle imbécile !

La vice-capitaine de Jushirô Ukitake venait d'apparaître, juste à proximité de son adversaire, dans son dos. Soulevant Sode no Shirayuki, elle parvint à congeler et déranger momentanément le bras de sa cible.

« — Tu ne croyais quand même pas que j'allais tranquillement te laisser te battre tout seul ?! s'écria la brunette, en serrant les dents. Some no Mai : Tsukishirô ! »


Keigo Hoashi — Emile (Despair — Instrumental)

Zaraki Kenpachi ne connaissait pas les limites de son pouvoir.

Il ne connaissait pas les limites d'un combat.

On ne pouvait pas l'arrêter. On ne pouvait pas le stopper en plein combat, sans le vaincre.

Il ne prendrait jamais la décision de se replier.

Il ne prendrait jamais la décision de se stopper.

Tant qu'il le pourrait, il se redresserait.

Tant qu'il le pourrait, il agiterait son sabre.

Tant qu'il le pourrait, il se battrait en riant aux éclats.

Son adversaire, lui, ne pouvait pas comprendre une telle chose.

La bataille à ses yeux, ne devait que servir de pont, afin d'atteindre un objectif précis. Combattre pour le plaisir de combattre ne faisait pas partie de sa conception même de la vie.

Et pourtant, en déposant son regard bicolore sur l'homme qui se tenait encore face à lui, Zanshi comprit une chose en substance.

Kenpachi Zaraki ne cherchait pas obstinément la victoire dans ce combat.

Cet homme désirait combattre de toutes ses forces, non pas pour une quelconque forme d'honneur de tomber au combat.

Mais parce qu'il aimait le combat. Plus l'adversaire lui résistait, plus sa joie grandissait de la même façon.

« — Haaa ! »

Devenir plus fort pour défendre une noble cause n'avait jamais fait partie de ses priorités.

Mais d'un autre côté, Zaraki Kenpachi ne pouvait le nier. En brandissant une ultime fois son Zanpakutô, le capitaine pensait à sa propre vie.

Certains affirmaient qu'avant de périr, voir sa vie défiler était une étape obligatoire.

Le Shinigami ne comptait pas disparaître, non.

Mais il voyait à chacun de ses pas certaines étapes même de son existence, chacune ayant forgé à sa façon, l'homme qu'il était devenu.

De son enfance chaotique dans les districts cruels du Rukongai à sa rencontre avec Unohana Yachiru. De son intronisation au rang de capitaine, à sa rencontre avec cette petite fille.

Pff …

Pourquoi est-ce que je pense à tout ça, maintenant … ?

Il y a bien mieux, qui m'attend !

Zanshi souleva sa terrible faux, avant de l'abattre.

Le simple fait de manier son arme provoquait des vibrations dans l'atmosphère. L'utiliser pour envoyer cette nouvelle vague d'obscurité contribua encore davantage à semer le désordre dans la ville de Karakura, détruisant en bonne partie des lieux.

Mais Zaraki Kenpachi courait avec suffisamment d'ardeur pour éviter la plus grande partie des dégâts. Pas tous, non. Son sang continuait de couler, mais la vitesse de ses mouvements ne changeait pas.

Comment un homme, uniquement animé par le plaisir du combat pouvait se battre avec un tel acharnement ?

Kenpachi prit alors appui sur le sol, décollant avec une puissance hors du commun. Il arriva en quelques secondes seulement près de son adversaire, pour asséner un violent coup d'épée.

Là encore, le choc ne se révéla pas fatal pour le Kaijû : l'épée heurta sa faux, en occasionnant de violents remous.

Mais Zanshi parvenait parfaitement à ressentir une force impressionnante qui explosait depuis cette lame. Une puissance sauvage et bestiale, qui luttait férocement pour ne pas perdre de terrain contre son arme ténébreuse.

« — Es-tu vraiment heureux ainsi, Zaraki Kenpachi ? souffla-t-il.

— Hahahahaha ! Ça ne se voit pas ?! »

Deux explosions simultanées retentirent, provenant à chaque fois des deux armes ennemies.

Une impressionnante colonne d'énergie balaya encore davantage le secteur, soufflant d'ailleurs le corps de Shinji Hirako au passage.

Kenpachi recula de quelques mètres, couvert d'encore plus de plaies, mais toujours prêt à repartir à l'assaut.

Son ennemi fronça distinctement les sourcils, en balayant la fumée de ses ailes démoniaques.

Le capitaine se relança à l'assaut.

Son corps lui faisait souffrir, sans l'ombre d'un doute.

Mais cette douleur disparaissait assez aisément. Il ignorait momentanément la douleur, pour se perdre dans l'ivresse de la bataille. Il ne remarquait plus ses plaies, il n'entendait plus les os de son corps se faire aplatir. Tout cela ne comptait plus.

« — Allez, Zaraki Kenpachi ! »

Cette voix brouillée lui intimait encore d'aller plus loin.

Elle lui demandait de ne pas reculer, de continuer d'avancer dans l'adversité.

Jusqu'au bout de ce chemin, sans doute ne trouverait-il pas de réconfort.

Une route aussi absurde ne pouvait déboucher sur une fin heureuse.

« — Bats-toi ! Tu ne vas pas rester encore impuissant ! »

Mais celle-ci serait satisfaisante.

Son ennemi arrivait. Il ne retiendrait pas ses coups non plus, il n'avait aucune raison de le faire.

Le Kaijû abattit alors son arme, dans un mouvement rapide et précis. Zaraki réagit promptement. Les deux armes entrèrent de nouveau en collision, soulevant une impressionnante quantité de poussière.

L'épée du Shinigami brillait. Elle brillait d'une lueur qui refusait de s'éteindre. Quand bien même Zaraki perdait quelques pas, quelques mètres, cette vérité ne changeait pas.

Il ne parvenait pas à comprendre exactement pourquoi, mais son corps dégageait une énergie qu'il n'avait jamais ressenti auparavant.

Comme s'il pouvait encore repousser les limites du possible, au cours de ce combat.

« — … Cette folie doit cesser, martela Zanshi. Tant que des hommes comme toi existeront, le monde ne sera jamais silencieux.

— Ha ! T'as l'air de vouloir d'un monde vachement chiant ! »

Une nouvelle explosion sombre retentit.

Cette fois encore, Kenpachi Zaraki recula, mais sans demeurer inerte. Empoignant au passage son épée pour répliquer, le Shinigami libéra un violent faisceau d'énergie, qui érafla d'ailleurs sa cible, dont le sang coula légèrement depuis son front.

Zaraki sortit ensuite de ce nuage de fumée, un sourire de folie greffé au visage. Il frappa une fois, deux fois. Son ennemi parvint à éviter chaque assaut, qui occasionna des tremblements lourds sur le sol de la ville.

Le Kaijû ne pouvait pas rester sur la défensive. Il répliqua, sa faux heurtant directement le puissant Zanpakutô adverse. Une fois de plus, une lourde explosion balaya les environs, engloutissant directement le Shinigami dans un torrent d'obscurité.

Mais il ne pliait pas encore.

Malgré tout le sang versé, malgré toutes les blessures concédées, Zaraki Kenpachi respirait toujours avec la ferme envie d'en découdre.

« — … Tu devrais t'en rendre compte, maintenant, murmura son opposant. Tu vas bientôt mourir.

— Ha … et … ? »

Le regard bicolore du Kaijû observait cet homme d'un air neutre.

« — Tout de suite, là … j'ai juste envie de te trancher, ricana le capitaine. Tout le reste peut bien attendre … !

— C'est ridicule, tonna son ennemi. Soit, je vais exaucer ce souhait absurde. Prépare-toi, Zaraki Kenpachi. »

Il leva alors son arme.

En un rien de temps, de violentes secousses sismiques se répandirent.

Ces secousses qui accompagnèrent de sombres éclairs, déchirant les cieux, offraient un panorama effrayant sur ce qui risquait de se produire.

« — Je préfère éviter ce genre de carnage d'ordinaire, argua lentement l'homme à la chevelure de jais. Mais toi, Kenpachi Zaraki … tu représentes ce que nous avons voulu faire disparaître.

— Ha. Ça m'intéresse pas.

— L'inverse m'aurait étonné. Mais cela ne changera pas ton destin, ni celui du monde.

— Pff … ! »

À son tour, le Shinigami attrapa son épée à deux mains.

Il y mettait du cœur, de l'envie et de la force. Quand bien même l'immense obscurité dégagée par cet être paraissait insurmontable.

Son épée ne se fixait aucune limite.

« — … Zaraki Kenpachi.

— Tu vas encore me gêner longtemps ?

Tu es vraiment stupide. Mais tant pis. Tu penses pouvoir gagner ?

— Ha. J'en sais rien.

… Je ne peux pas te garantir que tu gagneras.

— Pff ! Heureusement !

Par contre, je peux t'aider à frapper plus fort que tu ne l'as jamais fait. Au moins une fois.

— Hmpf.

Évidemment … si tu t'étais entrainé un minimum, l'histoire aurait pu être différente.

— M'fais pas chier. C'est pour ça que j'aime pas les Zanpakutô ! »

Son énergie grandissait encore à vue d'œil.

Cette fois-ci, Kenpachi Zaraki se sentait différent. Il revoyait étrangement Ichigo Kurosaki, en surimpression. Celui qui, à l'époque, avait été capable de le défaire à l'aide du pouvoir prêté par Zangetsu.

Il n'avait pas changé d'avis concernant cette collaboration entre Shinigami et Zanpakutô.

Ceux qui avaient besoin de l'aide d'un autre pour se renforcer, Kenpachi Zaraki ne voulait pas en faire partie.

À quel point cette assertion avait-elle été sincère ?

Aurait-il toujours eu le même point de vue, s'il avait entendu la voix de son Zanpakutô depuis le début ? Difficile à dire.

« — Hé, Zaraki. Je vais te dire un truc avant que tu ne crèves. »

L'intéressé ne répondit pas.

Cela ne signifiait pas pour autant qu'il n'écoutait pas cette voix qui résonnait étrangement en lui.

« — J'ai pas envie de gaspiller mon pouvoir entre les mains d'un faible. Si t'en es un, alors tu ne le supporteras pas. Alors ?

— Quoi ?

T'arriveras à te montrer à la hauteur ?

— Pff. »

Kenpachi esquissa un faible sourire.

« — Raconte pas n'importe quoi, railla-t-il finalement. C'est toi qu'a pas intérêt à être un faiblard ! »

Cette fois, le Zanpakutô ne répondit pas.

Ces deux âmes, placées ensemble plus longtemps, auraient certainement fini par se créer des problèmes.

Entendre la voix d'un Zanpakutô était une chose. Le comprendre, l'accepter et ensuite faire équipe … voilà tout un processus auquel Zaraki ne comptait même pas s'essayer.

« — Cet enfoiré me prend de haut, lâcha la voix du sabre.

— Tch. Il sait même pas que t'existe. Celui qu'il prend de haut, c'est moi !

Dans ce cas-là, signale-lui mon existence.

— T'es chiant. »

Une colonne de lumière puissante s'éleva dans les cieux.

Elle dégageait un pouvoir impressionnant, sans aucun doute.

Peut-être même trop. Le corps du capitaine donnait l'impression d'en subir les conséquences.

Mais là encore, Zaraki Kenpachi n'y prêta guère attention. Parce que lui et son sabre, au moins pour ce furtif instant, partageaient le même désir.

L'homme au regard bicolore acheva les derniers mouvements de son assaut.

Cet assaut risquerait bien d'être le dernier.

« — C'est parti, Kaijû ! »

Il s'élança.

« — On y va, Nozarashi ! »

Il s'élança avec toutes les forces qui restaient dans son être.

Son adversaire fit de même, emmenant dans son sillage une tempête sombre, prête à engloutir la ville de Karakura dans les abysses.

L'impact fut d'une violence inouïe. Il souleva la terre, pulvérisa les rochers projetés dans les airs et l'onde de choc se répandit à une vitesse effarante dans les alentours.

D'ordinaire, les sabres des Shinigamis changeaient, lorsque le Shikai était libéré.

En revanche, pour une raison que Zanshi ignorait, celui que détenait Zaraki ne parvenait pas à le faire. Il y avait bien cette fantastique lueur, qui cherchait à transpercer les Ténèbres. Il y avait bien cette forme qui tremblotait, comme si le Zanpakutô cherchait à se métamorphoser, sans parvenir à le faire.

Le simple manque d'entraînement ensemble offrait cette malheureuse barrière.

Pourtant, Zaraki Kenpachi n'en démordait pas et utilisait encore toute son énergie, dans le but de pulvériser tout ce qui pouvait l'être.

Son hurlement se perdait au milieu de ce vacarme assourdissant. Il offrait littéralement tout ce qu'il avait au cours de cet affrontement.

Et cette explosion finit par mettre un terme à cet affrontement violent.

Au milieu de cette lourde et épaisse fumée, la silhouette d'un homme ressortait.

Celle du victorieux.

Il ne pensait clairement pas que les choses puissent se dérouler de cette façon.

Mais en reprenant son souffle, en se remettant les idées en place, le victorieux n'en menait pas large non plus.

« — … Même ton corps ne pouvait pas supporter ce pouvoir, Zaraki Kenpachi. »

Zanshi, le démon aux ailes obscures, laissait son regard bicolore se balader sur ce champ de bataille devenu chaotique.

Ne restait du redoutable et belliqueux Zaraki Kenpachi que son Zanpakutô fumant à terre, qui disparaissait progressivement sous la forme de particules spirituelles.

Jusqu'au bout, cet homme empli de folie lui avait tenu tête, avait cherché à l'abattre. Par ailleurs, le Kaijû sentait du sang couler depuis son corps, jusqu'à atteindre le sol. Pas de quoi mettre en péril son existence, mais cela servirait amplement à prouver la force de ce guerrier tombé au combat.

« — … Je pensais t'avoir dit de retourner sur le lieu de rendez-vous, déclara platement Zanshi, sans se retourner.

— … Pardonnez-moi, Zanshi-sama. Même si je ne vous imaginais pas perdre contre ce Shinigami … »

La femme du Kiyomeru, celle à la chevelure argentée et portant le nom de Tsuki.

« — Il n'y a pas de mal, argua simplement son supérieur hiérarchique. Cet homme ressemblait aux monstres d'antan.

— … Je suppose, en effet. Qu'en est-il de vos blessures … ?

— Rien qui soit très important. Il est temps de retrouver les autres. »

Preview du Prochain Chapitre

Zaraki Kenpachi : J'SUIS MORT ?!

Ichigo Kurosaki : Hahaha ! Bien fait pour toi ! Tout ça n'est que mérité !

Zaraki Kenpachi (étrangle Ichigo) : Je ne veux pas mourir, Ichigo !

Ichigo Kurosaki (se débat) : … Je … bien fait pour toi … !

Renji Abarai : Moi je bats l'autre tranquille. Pourquoi tu viens me gêner, Rukia ?

Rukia Kuchiki : Imbécile … c'est toi, qui me gêne !

Renji Abarai (arque un sourcil)

Grimmjow Jaggerjack : Vous foutez pas de moi ! Connards ! Connards !

Zaraki Kenpachi (étrangle Rukia) : J'SUIS MORT !

Renji Abarai (part en courant) : J'te laisse gérer, Ichigo !

Ichigo Kurosaki (poursuit Renji) : Reviens-là, enfoiré !

Grimmjow Jaggerjack (poursuit Ichigo) : Tu t'en sortiras pas comme ça, Kurosaki !