Je fais une petite annonce concernant ce chapitre. Je préfère rappeler que tout ceci est une fiction. Si vous avez des questions, je peux y répondre. Sur ceux, bonne lecture à tous.
La nuit est paisible. Il dort profondément dans son lit. Il est épuisé par l'aide qu'il donne à son père, mais cela est gratifiant. Il est tiré de ses rêves de manière brutale.
- Jésus! Réveille-toi! lui intime une voix féminine.
L'enfant se réveille, à moitié endormi.
- M…Mère, que se passe-t-il?
- Je n'ai pas le temps de te l'expliquer. Va réveiller tes frères et sœurs.
Il obéit aux ordres. Ces derniers pestent encore plus que lui. Une fois tous réveillé, leur mère arrive, le visage inquiet.
- Mère que se passe-t-il? demande à nouveau Jésus.
- Un danger arrive sur la ville. Ils nous ont trouvé.
- Qui nous a trouvé, mère?
Sa mère ne répond pas. A la place, son père arrive, accompagné d'un centurion romain.
- Charpentier Joseph, êtes-vous sûr de vos paroles?
- Oui. La ville va être attaqué par des ennemis bien différents auxquelles vous êtes habitués. Mes camarades et moi-même allons vous aider.
- Je doute que l'aide de civils sera utile. Mes hommes ont l'expérience des combats.
- Pas contre ceux qui traquent les individus comme nous, lui rétorque Joseph. Ils ne feront preuves d'aucunes pitiés. Ils tueront tout le monde. Les femmes et enfants doivent être évacuer et diviser en plusieurs groupes. Cela augmentera leur chance de survie.
Le romain semble toujours bien dubitatif. Joseph avance sa main et le glaive du centurion quitte son pommeau pour arriver dans la main de Joseph. Le centurion est silencieux devant ce qu'il vient de voir. Puis le glaive s'illumine légérement.
- Quel est donc tout cela?
- Moi-même je l'ignore complètement, reconnait Joseph. Mais j'ai un don depuis ma naissance, de même que ma femme. J'ai appris à manier les armes, pas comme vous mais cela sera suffisant.
Le centurion semble finalement céder. Joseph le suit, tandis que sa femme et ses enfants quittent leur modeste maison. Ils rejoignent d'autres familles. De nombreux légionnaires les entourent. Plusieurs groupes se forment et escorter par les soldats romains évacuent la ville. Ils s'arrêtent à proximité d'une grotte. L'homme commandant ces hommes, un décurion se prénommant Quintis Atrius Oceanus. C'est un homme de taille moyenne, ayant le visage carré et bien bâtie par sa vie de soldat. Il ne semble pas croire à une attaque sur la ville comme lui a annoncé son supérieur. Il s'approche de la mère de Jésus.
- Votre mari ne se serait pas moquez de nous? demande-t-il sur un ton accusatoire. Nos sentinelles n'ont observé aucuns mouvements suspects et attaqué la ville demande une force d'hommes non négligeable.
- Pas pour ces choses, répond Marie de manière inquiète.
- Quelques que soit notre ennemi, nous sommes des soldats et nous vaincrons.
La femme ne semble pas croire en ces paroles. Qu'importe, il rejoint ses hommes. Ces derniers sont pour la plupart des compagnons qui ont accompagné Quintis. Il sait qu'ils ne failliront pas à leur devoir. Ils ont reçu des nouvelles recrues. Il voit avec aisance leur manque de préparation. Il voit en cela un moyen efficace de prendre de l'expérience.
- Est-ce que les sentinelles ont observés un mouvement?
- Nous l'ignorons décurion. Ils ne sont toujours pas revenus.
Les sentinelles arrivent, silencieuses.
- Avez-vous constaté des mouvements suspects?
Les soldats restent silencieux.
- Je vous ai posez une question soldats, s'exprime leur décurion avec autorité.
Ils ne disent toujours aucuns mots. Ce mutisme est suspect pour le décurion. Son instinct lui dicte qu'un danger les guettent. Il empoigne le pommeau de son glaive. Finalement, une des sentinelles finit par s'exprimer.
- Oui, nous avons constaté quelque chose, s'exprime l'homme avec un ton de voix sombre, voir guttural. Des insectes qui doivent être éliminer.
Sans aucunes autres paroles, les sentinelles se mettent à attaquer leurs camarades. La surprise est totale, même pour le décurion qui parvient à bloquer l'attaque in-extremis.
- Reprenez-vous soldats! Te rends-tu comptes que tu m'attaques, mon ami?
- Tu n'es rien qu'un insecte qui doit être éliminer avant que j'élimine la véritable nuisance.
Confus, Quintis se défend et parvient à s'approcher du visage de son adversaire. Il est horrifié quand il constate que ces deux yeux ne sont que des trous de ténèbres.
- Quel genre de sorcellerie est-ce? s'exclame-t-il.
Alors qu'il se défend, son adversaire est repoussé par une force invisible. Il jette un regard derrière lui pour constater que c'est Marie qui vient de faire pareil acte.
- Il est inutile de les raisonner. Elle a pris le contrôle de leur corps. Ils ne sont plus que ses marionnettes. Ils doivent être tuer pour être libérer.
Quintis a plusieurs questions à poser, mais elles attendront. Dans l'immédiat, lui et ses hommes doivent éliminer le danger. Rapidement et malgré l'attaque, toutes les sentinelles sont éliminées. Un seul homme est maintenu en vie. Quintis a des questions à poser.
- Qui êtes-vous et êtes-vous un ennemi de Rome?
- Ce que je suis te dépasse, petit homme, lui répond l'homme possédé avec dédain. La seule chose qui m'intéresse est la mort de cette nuisance, dit-il en observant Marie et les autres. Ne criez pas victoire trop vite. J'ai mes propres soldats qui arrivent et qui s'assureront que tous soient éliminés. Vous n'avez fait que retarder l'inévitable! Vous allez périr comme tous les autres!
L'homme se met à rire comme devenu fou. Quintis ordonne de le réduire au silence définitivement. Une fois cela fait, il attend des réponses.
- Vous aurez des réponses, mais nous devons survivre.
- Je l'espère bien. Les hommes qui viennent de mourir étaient des amis.
Le décurion observe ses hommes. Plusieurs sont blessés à plusieurs degrés. Les novices sont entiers mais il voit la peur les envahir.
- Ecoutez-moi, soldats! Que les blessés les plus graves aillent se réfugier dans la grotte. Que ceux qui peuvent tenir leur glaive, bouclier et lance restent. J'ignore contre quoi nous allons être confronté, mais nous allons tenir, soldats. Nous représentons la grandeur de Rome. Nous ne faillirons pas. Nous protégerons les civils comme on nous l'a ordonné au péril de notre vie. J'attends de vous un comportement exemplaire. Montrons à notre ennemi toute notre résilience. Vous êtes avec moi?
Son discours a redonné du moral et surtout du courage à ses hommes. Très vite, ils se préparent. Quand ils sont prêts, ils peuvent entendre le bruit de dizaines de pas arriver vers eux.
- Tenez-vous prêt. Nous allons leur montrer que nous n'avons pas peur et que nous tiendrons bon.
Les bruits se rapprochent et ils sont attaqués par des choses. C'est la seule observation que peut faire Quintis. Les vétérans montrent l'exemple et rapidement, les novices suivent le pas. Les archers décochent avec aisance. Mais l'ennemi agit tel des bêtes sauvages. La formation finie par céder. Quintis se retrouve face à face avec une de ces créatures. La pénombre l'empêche d'observer avec discernement son opposant, mais il sait qu'il se tient sur deux jambes et possède une paire de bras mais au lieu de cinq doigts, elle en a seulement trois qui se termine chacun par une serre.
Il tranche le cou d'un et transperce le torse d'une autreavant d'être totalement submerger. Il se démène comme un possédé. Mais à chaque fois qu'il en tue une, une autre le remplace. Il sent la mort venir le chercher. Il entend alors un cri, le cri d'un enfant.
- Non!
Quintis sent un puissant souffle qui propulse les créatures aux loin. Il se relève, blessé et fatigué. Il observe celui derrière cet acte, le jeune Jésus. L'enfant s'écroule au sol, comme épuisé par l'effort demandé. Malgré son exploit, cela a juste désarçonné l'adversaire. Il se remet à les charger à nouveau. Quintis observe les alentours. Il est le seul de ses hommes encore en vie. Il empoigne fermement son glaive.
- Si c'est maintenant que je dois mourir, que cela le soit. Mais j'enverrais le plus possibles d'entre vous en enfer.
Alors que l'ennemi s'approche, il entend un bruit étrange provenir au loin. Un bruit qui lui semble totalement étranger. Il se dit que c'est l'approche de la mort. Pourtant, ce n'est pas ça. Le bruit s'approche rapidement. Il pense avoir des hallucinations en voyant un objet arriver vers eux en volant comme le ferait un oiseau. Sauf qu'un oiseau ne fait pas de tel bruit et n'émet pas de lumière aussi vive que le soleil.
A son étonnement, les créatures arrêtent la course et observe l'objet inconnu. Ce dernier finit par s'arrêter. Et sans crier gare, l'objet volant se met à tirer des flèches jaune digne de Jupiter. Chaque éclair s'abat avec une puissance phénoménale, éparpillant les créatures aux alentours.
- Est…Est-ce l'action de dieux? se demande l'homme.
- Non, nous ne sommes pas des dieux, lui répond une voix.
Quintis n'arrive pas à être effrayer quand il constate la présence d'un inconnu à proximité de lui. Il est imposant mais se cache derrière un habit. Il n'est pas seul. D'autres sont présent également.
- Elimines-en le plus avec l'armement. Cela nous facilitera le travail.
- Compris, lui répond une voix.
L'objet volant que Quintis nomme char volant intensifie sa puissance. Il est obligé de mettre un bras pour protéger ses yeux. Quand la luminosité devient plus tolérable, il abaisse son bras. Il ne sait quoi dire quand il voit les nouveaux arrivant brandir des bâtons de lumière. Il observe le combat ou plutôt devrait-il parler de massacre, car ils éliminent avec une aisance déconcertante les créatures. Une fois la dernière morte, leurs sauveurs s'approchent. Malgré leur aide, Quintis reste sur ses gardes. L'un d'entre eux s'approche de lui et lui pose une main.
- Ne nous craigniez pas, décurion Quintis. Nous sommes là en tant qu'ami. Je vais guérir vos blessures, s'exprime son interlocuteur avec une voix féminine.
Il sent quelque chose l'envahir. Il voit ses nombreuses blessures se refermer d'elles-mêmes. Il observe la main. Elle ressemble à une main normale. Sauf qu'il constate qu'elle est écailleuse et que des griffes sont visibles. Cependant, il est trop épuisé pour esquisser le moindre mouvement. Une fois guérie, sa bienfaitrice rejoint son groupe. Le meneur s'approche de Marie.
- Navré pour le retard.
- Ne vous excusez pas Shenlong, dit avec respect Marie. Nous savons que vous ne pouvez pas nous aider aussi facilement.
- En effet. Je pense que vous devinez la suite.
- Oui. Jésus a éveillé ses pouvoirs.
- C'est exact et pour vous dire la vérité, il a un puissant lien avec la force. Bien plus que le vôtre. Nous devons le prendre un bref moment pour qu'il apprenne à mieux gérer ce pouvoir qui pourrait se retourner contre lui à tout moment.
- Je le sais bien.
Marie observe son fils ainé. Ce dernier comprend ce qui se passe. Ils s'enlacent chaleureusement, puis il rejoint le dénommé Shenlong.
- Prenez soin de lui.
- Nous le ferons Marie. Ne vous inquiétez pas.
Le dénommé Shenlong tourne son attention sur le décurion Quintis.
- J'apprécierais que vous teniez votre langue sur ce qui vient de se passer.
- Je pense que serais pris pour un fou si j'expliquais les événements. Vous n'avez rien à craindre, je resterais muet.
Une fois tout cela fait, l'étrange char volant se pose et une ouverture se forme.
- Viens Jésus. Nous allons t'aider à comprendre le pouvoir qui sommeille en toi.
Jésus reste silencieux. Il observe une dernière fois sa mère, se demandant s'il va la revoir et s'avance. Une lumière l'éblouit.
Il émerge lentement d'un rêve si ce n'est d'un souvenir lointain. Il observe les alentours. Il est adossé contre un arbre dont les branches garnies de feuilles dansent sous les effets du vent.
''Depuis combien de temps n'avais-je pas revu cette partie de ma vie?''
Alors qu'il est pensif, une mélodie résonne dans ses oreilles. Une mélodie qui apaise son corps. Il sait de qui provient cette musique apaisante. Il tourne la tête pour observer la personne.
Il s'agit d'une femme d'une beauté saisissante. Elle a de longs cheveux noirs dont la plus grande partie forme une queue de cheval. Le reste tombe autour de ses oreilles. Elle porte une tenue élégante connoté chinoise. La femme joue de la flute. Les sonorités qui en sortent sont agréables et détendent ceux qui l'entendent. La beauté de la femme et la musique forment quelque chose d'unique, presque onirique. Constatant que Jésus est réveillé, elle s'arrête.
- T'ai-je réveillé?
- Aucunement, Zhenji. J'allais me réveillais. Ta musique est toujours agréable à entendre.
- Je t'en remercie.
Les deux se regardent un moment, silencieux.
- Penses-tu que tu trompes ton mari, l'empereur Cao Pi, en étant avec moi?
- Non, lui répond Zhenji. Il a disparu depuis longtemps. Je l'ai certes aimé, mais je ne peux rester à le pleurer. J'ai un devoir à accomplir en étant ici.
- Voilà de belles paroles qui font plaisir à entendre, s'exprime une tierce personne.
La troisième personne n'est autre que le renommé stratège Kong ming, ou appelé communément Zhuge Liang.
- Salutation, Jésus, Zhenji, dit-il avec politesse.
Le ''couple'' lui rend la politesse.
- Tu as bien muri Zhenji. J'avais une inquiétude et appréhension en vivant dans un tel luxe.
- Je comprends vos craintes, stratège Ming. Mais j'ai très vite compris que mon don ne devait pas être utiliser par malveillance. Je ne l'utilisais uniquement quand je jouais de la flute. Avec ma mélodie, j'apaise les craintes et redonne confiance à autrui. Il me permet également de communiquer avec les animaux.
Zhuge Liang acquiesce d'un simple hochement de tête.
- Vous n'êtes pas en train avec les autres stratèges à jouer au shogi ou aux échecs? demande Jésus.
- Oh, je pense avoir suffisamment jouer. Pouvoir affronter de nombreux confrères provenant d'époques et de pays si différent est quelque chose d'excitant. Seulement voilà, le noble et sage Sun Tzu restera invaincu, qu'importe ce que Scipion, Napoléon, moi-même et d'autres tenteront comme stratégie.
- Il garde son titre, dit avec amusement Jésus.
Tous les trois rigolent légérement.
Autre part dans le sanctuaire, un duel résonne, opposant deux individus uniques: le guerrier singe Sun Wukong et le dieu singe Hanumān. Sun Wukong use de son bâton légendaire, tandis qu'Hanumān utilise un imposant club dont le bout est une énorme sphère. Les deux singes combattent férocement, mais également avec amusement. Leur combat a comme observateur de nombreux extraterrestres, ressemblant fortement aux dieux hindous.
- Ils sont toujours aussi déterminés à s'affronter, s'amuse le dieu Rudra. Qu'en penses-tu Shiva?
- J'en pense que cela me rend nostalgique, Rudra.
Les deux divinités sont des humanoïdes comme les humains. A la place, ils ont une deuxième paire de bras. Rudra a la peau rose comme un humain, tandis que son frère Shiva a la peau violette.
- Quand même, je trouve qu'ils pourraient faire autrement que de s'affronter, se plaint Vishnou, dépité.
- On ne pourra pas les changer, Vishnou, répond avec légèreté Rudra. Ils sont comme ça et ils aiment se battre.
- Je me rappelle encore comment Wukong a envoyez ce pauvre Ganesh dans le décor, dit Shiva en rigolant, se rappelant la scène.
- Inutile de me le rappeler Shiva, réplique l'intéressé, agacé.
Ganesh ressemble à sa représentation faite par les terriens. Il s'agit d'un humain avec quatre bras ayant une tête d'éléphant. Il a la peau rose, tandis que Vishnou a la peau bleue. Les deux singes terminent leur duel par un match nul. Ils en rigolent avant de se relever.
- Tu frappes toujours aussi fort Wukong, dit Hanumān.
- Tu n'es pas en reste mon ami, lui répond Wukong.
Les deux singes rejoignent les autres.
- Toujours les mêmes, s'exprime une voix.
Sun Wukong se baisse en voyant la femme. Il s'agit de la déesse Chang'e.
- Mes respects, dame Chang'e, prononce avec respect le singe.
L'action amuse la femme, tandis que d'autres ne semblent pas apprécier son action.
- Tu pourrais faire la même révérence pour nous, lui dit Ganesh.
- Seul dame Chang'e mérite que je lui donne le respect, répond simplement Sun Wukong.
Une certaine animosité semble palpable entre les deux individus. Shiva les sépare avant qu'un conflit ne se forme.
- Ganesh, tu sais comment est Wukong. Il a toujours eu un caractère rebelle.
- Dommage qu'il n'ait pas appris le respect avec les autres. Je me demande comment ils ont pu tolérer son comportement.
- En me remettant à ma place, dit simplement l'intéressé.
- Sinon, reprend Shiva, arrivez-vous à vous souvenir de lui? Après tout, vous êtes les seuls à avoir pu observer visuellement notre ennemi.
Les deux singes restent silencieux. La réponse semble évidente.
- Shiva, on aura beau essayer de se remémorer notre dernier combat, que nous ne verrons qu'une simple ombre, explique Hanumān. Il semble que nous ayons un blocage volontaire ou involontaire.
- La seule chose que je suis sûr, c'est que je lui porté un coup puissant et handicapant, prononce Sun Wukong avec fierté, car je me rappel de l'entendre se plaindre et de m'invectiver à haute voix. Ce qui sous-entend que l'on peut le ou la tuer.
- Exact. C'est pourquoi il ne se montre plus, reconnait Chang'e. Il a failli se faire tuer.
- Oui. Seulement, il a bien joué pour éliminer Jésus avant qu'il n'atteigne son plein potentiel, s'exprime Vishnou. Il devait le craindre, ou du moins le voir comme un danger potentiel.
- Nous ne ferons que formuler des hypothèses à ce sujet, s'exprime Ganesh.
Sun Wukong les laisse discuter et s'allonge contre un arbre afin de se reposer de son combat. Pourtant, son esprit se remémore un lointain souvenir. Celui quand il était encore vivant et avait une famille.
Chine Antique, quelque part dans les montagnes il y a plusieurs siècles
Une jeune femme traverse la forêt imposante lorgnant sur les montagnes. Elle entend de nombreux bruits d'animaux. Elle entend également le bruit du vent pénétrant la cime des arbres, amenant une mélodie douce et agréable. Elle est agrémentée par le bruit des rivières et des nombreuses chutes d'eaux.
La jeune femme déambule avec agilité, semblant connaitre les lieux comme si cela était sa maison. Les animaux ne semblent même pas effrayés par sa présence. Ils la considèrent comme un ami et non un danger.
Elle finit par arriver dans une clairière sur laquelle s'étend plusieurs arbres imposants. Ici, il n'y a que des singes qui y vivent. Elle pénètre à peine leur territoire que plusieurs viennent lui bloquer le passage. Ils se montrent hostiles envers elle, montrant les crocs et faisant des cris aigus. Ils se calment rapidement quand un cri lourd retentit. Ils se dispersent, la laissant reprendre son chemin. Elle se dirige vers l'arbre centrale. Une entrée a été construite. Elle y pénètre et observe l'individu qui y vit.
L'intérieur n'est nullement meublé, sauf un lit. Au milieu, se trouve un singe humanoïde. Il possède un pelage noir sauf sur son torse qui en est dépourvu. Il ne porte qu'un simple pagne autour de son entrejambe. Il semble méditer.
- Sois le bienvenu ma sœur, dit simplement le singe, sans détourner son attention. Je termine ma méditation et je suis à toi.
La jeune femme attend. Puis le singe quitte sa méditation en se levant et observe la femme avec ses yeux jaunes. Il sourit.
- Heureux de te voir, Yuhan, dit-il en enlaçant la jeune femme.
- Heureuse également de te voir, Wukong, répond la dénommée Yuhan.
Ils s'enlacent chaleureusement pendant moment avant de se séparer.
- Qu'est-ce qui amène ma sœur adorée ici?
- Je te ramène des cadeaux de la part des membres du village.
- Pourquoi faire? demande le singe.
- Ne fait pas l'innocent, Wukong. Tu as neutralisé une bande de brigand qui aller piller le village. Cela ne peut être que toi vu que ces derniers se trouvaient suspendus dans les arbres.
- Je n'ai pas besoin de cadeau, répond Wukong. Pas quand cela provient d'hypocrites qui m'ont toujours détesté de par mon apparence.
- Pas tous. Sache que père, qui est le chef du village t'accueillera à bras ouvert. Il sait que tu as bon fond. Même si tu aimes parfois faire des pitreries, chaparder des fruits ou ridiculiser certains membres du village.
- Je le remercie, mais je préfère rester vivre ici. Je suis avec mes semblables. Dans le village, je ne serais vu que comme un monstre.
Sa sœur s'approche de lui et touche son torse.
- Tu as beau avoir une apparence différente, tu restes mon frère jumeau, Wukong. Je t'aimerais toujours et je te soutiendrais toujours.
- Merci ma sœur. Donc, ils ont dû m'offrir uniquement de la nourriture.
- Pas que. Père et mère ont voulu t'offrir des habits.
- Je les mettrais. Nous partagerons leurs cadeaux avec mes semblables.
Ainsi, Wukong et sa sœur Yuhan mangent les cadeaux en compagnie de la colonie de singe que Wukong protège. Etonnamment, ils sont plutôt gentils avec Yuhan, ne la dérangeant aucunement. Alors qu'ils mangent un vient voir Wukong. À la vue de la discussion, Yuhan constate que le visage de son frère se durcit. Une fois la discussion terminée, le singe repart.
- Un problème mon frère?
- Non. Simplement un individu ennuyant qui arrive, soupire Wukong.
- J'espère que ce n'est pas de moi dont tu fais allusion, répond une voix.
Yuhan observe la personne. Elle ne peut cacher sa surprise. La personne en question est un singe humanoïde, tout comme son frère. A la différence de Wukong, il possède un pelage bleu nuit, possède une barbe autour de son menton, à de longs cheveux et porte des habits et des colliers qu'elle ne connait pas. Ce qu'elle peut au moins dire, c'est qu'à première vue, il ne se montre aucunement menaçant.
- Tu es fatiguant, Hanumān. Tu connais déjà ma réponse et elle restera la même. Je refuse de rejoindre votre soi-disant groupe. Je préfère rester vivre ici, avec mes semblables.
Wukong ne cache pas son animosité envers le dénommé Hanumān. Ce dernier reste calme, malgré la réponse sèche et cinglante de Wukong.
- Je prends note de ta réponse. Seulement, permet-moi de me reposer avant de repartir. Le voyage va être long et je me dois de reprendre des forces.
Wukong allait refuser, quand sa sœur s'exprime.
- Il peut rester mon frère. Tu ne vas quand même pas lui faire rebrousser chemin ainsi. Père n'apprécierait pas un tel manque de politesse.
- Très bien, finit par concéder Wukong. Mais ne t'éternise aucunement pas.
- Je te remercie de ton hospitalité. Et également de votre sagesse, sœur de Sun Wukong. Comment vous nommez-vous?
- Je me nomme Sun Yuhan.
Après les échanges de politesse, Hanumān mange avec Wukong et Yuhan. Cette dernière est d'ailleurs très curieuse envers Hanumān. Elle discute avec lui.
- Il est surprenant que vous ayez un caractère si opposé, prononce Hanumān. Tu devrais suivre sa sagesse, Wukong.
- Je fais ce qui me plait. Ma sœur le sait et ne m'ennuie pas, répond avec véhémence Wukong.
- Donc, vous avez ce même pouvoir que mon frère? questionne Yuhan.
- C'est exact.
Il ouvre sa main et se concentre. Une pierre quitte le sol et se met à léviter, effrayant les singes. Il relâche sa concentration et la pierre retombe lourdement au sol.
- Les capacités de ton frère pourraient être développer s'il rejoignait notre groupe.
- Je n'ai nullement l'envie de me mélanger à d'autres, surtout si c'est pour être traiter de monstre dans mon dos.
- Tu n'as pas à tant faire. Une partie n'est pas humaine.
Les deux paraissent bien incrédule.
- Mais...s'ils ne nous ressemblent pas, ne sont-ils pas des dieux? demande Yuhan perplexe.
- Les dieux n'existent pas, Sun Yuhan, lui répond Hanumān avec certitude. Ce que vous prenez pour des démonstrations divines, ne sont simplement que des réactions naturelles. Il n'y a rien de divin. Concernant ces individus, oui ils ne viennent pas de notre monde. Ils viennent de beaucoup plus loin. Si loin que cela parait absurde.
- Accouche, dit Wukong ennuyé par la longueur de son explication.
Hanumān ne dit mot et lève simplement l'index de sa main gauche vers le ciel.
- Ils viennent par-delà le ciel et des étoiles. Ils proviennent d'un autre monde.
- Dans ce cas, ils sont bel et bien des dieux, continu Yuhan. Seul des dieux peuvent traverser la lymphe étoilée.
- Non, il n'y a rien de divin. Je sens que tu n'arrives pas à le concevoir Yuhan. Si ton frère accepte de venir, tu pourras le comprendre de toi-même.
Sa sœur observe son frère. Elle lui fait des gros yeux, sa curiosité ayant été attisée. Seulement, cela ne suffit pas pour attendrir suffisamment son frère qui répond par la négation. Yuhan se met à bouder, amusant Hanumān. Soudain, de cris aigus retentissent, mettent en alerte Wukong.
- Des intrus pénètrent mon territoire. Tu as fait venir des tiens, n'est-ce pas, Hanumān? dit-il avec accusation.
- Je suis venu seul Wukong. Je te dis la vérité, assure Hanumān.
Wukong émit un grognement mauvais. Il tend sa main droite vers sa maison. Un bâton en bois long et grand arrive. Il l'attrape et se prépare à attaquer. Il sent l'odeur d'un étranger, mais surtout il sent une autre odeur, celle du sang.
A l'orée de la clairière, quelque chose est jetée. Le sang de Wukong se fige. Il s'agit d'un des singes gardant l'entrée. Le pauvre a eu le corps arraché en deux, ne laissant que son buste. Les yeux de Wukong se durcirent davantage, tandis que les intrus aux nombres de trois se révèlent.
Wukong n'arrive pas à définir leur apparence, mais il constate qu'ils sont bipèdes, quoiqu'un peu cambré. La seule chose qu'il arrive à définir est le visage. Ils ont une bouche avec des dents acérées et d'énormes yeux jaunes. Sauf qu'ils dépassent de la tête sur le côté comparé aux humains. Il constate que l'un d'eux mange un des gardes, tandis qu'un autre tient le seul survivant. Le pauvre animal émet des cris de paniques et de terreurs. La créature semble ne pas ressentir la douleur des griffures que lui met le singe.
- Libérer-le, ordonne Wukong, si vous ne voulez pas exacerber ma colère.
La créature penche la tête sur le côté. Un sourire grotesque et malicieux se dessinant sur son visage. Il ouvrit grand sa bouche et attrape la tête du pauvre singe. Ce dernier émet des cris encore plus aigus. La créature semble apprécier la peur qu'il ressent. Il tire et arrache la tête du singe. Il jette la tête et envoie le corps encore chaud du singe décapité devant Wukong. Les trois rigolent de l'acte sanglant et cruel purement gratuit. Wukong a les plus grandes difficultés à garder son calme, alors que la colère l'emplit.
- Wukong! s'époumone Hanumān. Tue-les! Ce ne sont pas des créatures.
- Je n'avais pas besoin de ton approbation Hanumān.
Il toise avec mépris celui ayant tué le singe.
- Tu vas regretter ton acte, prononce-t-il.
Cela amuse la créature.
- Et bien plus rapidement que tu le crois.
La créature est littéralement attirée vers Wukong. Une fois devant lui, ce dernier, le visage courroucé de colère abat son poing. Il percute avec violence la tête de la créature. Cette dernière tombe au sol, encore vivante. Il ne lui laisse aucun répit et écrase sans aucune pitié la tête de son opposant avec son pied, s'assurant du trépas définitif de la créature. Il tourne son attention sur les deux autres.
- C'est votre tour maintenant, prononce-t-il froidement.
Le combat s'avéra malgré tout difficile pour Wukong. Les deux créatures furent des adversaires redoutables, parvenant à briser son bâton. Malgré tout, il était tout aussi féroce qu'eux et usa des arts martiaux qu'il a copié des humains. A la fin, il était exténué, mais les deux créatures étaient mortes. Sa sœur vient l'aider à marcher. Une fois s'être poser, il toise avec mépris Hanumān.
- Quelles sont ces créatures?
- Des abominations qui ne proviennent pas de ce monde, dit simplement Hanumān. Il ne s'agit pas de démon, dit-il avant qu'Yuhan ne le demande. Ils tractent les gens comme nous. Pourtant j'avais caché mes pouvoirs, je ne comprends donc pas comment ils ont fait pour me suivre.
Hanumān réfléchit quand soudain, il attrape une partie de son corps, arrache les poils et resserre sa poigne. Le bruit d'un animal se faisant écraser résonne.
- Damnation! J'ai été bien insouciant. Ils m'ont posé un insecte de leur création et c'est lui qui a servi à me suivre. Wukong, tu n'es plus en sécurité ici.
- Je peux me défendre, rétorque l'intéressé. C'est mon territoire. Je protège les miens.
- Tu ne pourras pas les protéger continuellement. De plus, ces créatures ne sont pas comme de simples animaux. Ils sont intelligents. Ils te piégeront en se servant des tiens. En partant, tu les protégeras et en venant avec moi, tu apprendras à mieux maitriser tes pouvoirs.
Sun Wukong est silencieux. Il observe les singes sous sa protection. Plusieurs sont chagrinés de la mort des gardes. Il observe son corps épuisé et blessé et seulement face à deux adversaires. Il réfléchit et finit par donner sa réponse.
- Je suis buté, têtu et provocateur. Je sais également reconnaitre quand je dois prendre du recul. C'est d'accord Hanumān. Je vais rejoindre ton groupe. Pour les miens, mais également pour mon village.
- C'est un choix sage, Wukong. Ne perdons pas de temps.
- Attendez! Si mon frère vient, je viens aussi, prononce Yuhan.
Hanumān ne sait quoi répondre, n'étant venu que pour Sun Wukong.
- Si j'étais toi, j'accepterais. Ma sœur peut se montrer encore plus têtue et butée que moi, dit-il avec mesquinerie.
Hanumān comprend et accède à la demande de Yuhan. Il demande néanmoins que la jeune femme prévienne sa famille. Une fois cela fait, ils accompagnent Hanumān qui les amène dans le lieu où se trouve son groupe: Lumbini.
Plusieurs années plus tard
Sun Yuhan observe la vie bourdonnante qui se trouve dans cette ville. Elle y vit depuis son arrivée avec son frère. Le moins qu'elle peut admettre est que cela était bien différent par rapport à son village natal. La chose la plus surprenante est qu'une bonne partie sont des individus qui peuvent user du même pouvoir que son frère. Elle fait partie de ceux n'en ayant pas, mais aidant à faire fonctionner la ville. Elle est chargée de la gestion des rizières. Alors qu'elle s'occupe de l'arrivée d'une cargaison, un individu vient la voir.
- Bien le bonjour, Shiva, dit-elle avec politesse et respect. Vous venez inspecter le chargement.
- Bonjour Yuhan, lui répond l'homme à quatre bras. Non, je ne viens pas pour ça. Tu as depuis longtemps prouvées tes compétences. Je viens pour savoir s'il était possible que tu me caches.
Yuhan comprend et soupire.
- Vous voulez éviter vos femmes, c'est bien ça? Que leur avez-vous promis?
- Pas grand-chose, mais elles veulent absolument que je leur offre un enfant. Malgré que nous soyons d'un peuple différent.
- N'est-ce pas possible? Vous avez pourtant une apparence très proche de nous. Votre peuple se nomme Mesipp, si je ne me trompe pas.
- Non. Tu es une femme intelligente Yuhan. Tu as très vite compris les aboutissant. Sinon, sais-tu où je peux me cacher temporairement?
Yuhan rigole légérement avant de lui indiquer une cachette. Il la remercie et part. Quelques temps plus tard arrivent ces trois femmes: Parvati, Kali et Dourga. Elles lui demandent si elle n'aurait pas aperçu leur mari. Elle feint l'ignorance, sachant bien mentir. Seulement, les trois femmes ont de l'instinct et retrouve leur mari. Elles ne se privent pas de le réprimander.
- Franchement Shiva, ne met pas la sœur de Wukong dans tes histoires, lui dit Parvati.
- Tu as envie de finir comme Ganesh quand ils sont arrivés à Lumbini? demande Kali.
- Quoique, cela serait profitable que Sun Wukong lui donne une correction dit Dourga. Cela le mettrait au pas.
Les deux femmes l'observent, semblant accepter les paroles.
- Oublie Dourga, lui dit Shiva. Wukong est avec eux pour apprendre à maitriser ses capacités liées à la force. Ce n'est pas pour exagérer, mais il possède un lien bien plus fort que les nôtres. Ganesh a pu le comprendre.
- Peut-être, mais en attendant nous allons faire en sorte que nous ayons des enfants de toi, Shiva.
Elles tirent le pauvre Shiva avant de disparaitre. Yuhan se remet au travail. Le dénommé Ganesh vient la voir.
- Les récoltes sont bonnes Yuhan?
- Oui Ganesh. Il semblerait que le temps était à notre faveur cette année.
- Tant mieux. Votre riz est un met vraiment délicieux.
- Je me demande toujours comment vous pouvez en manger autant et ne pas augmenter la taille de votre estomac fort déjà imposant.
- Il ne me gêne pas et j'emmagasine de l'énergie. Qui sait ce que le prochain lendemain nous réserve?
- Il est vrai. Vous êtes toujours remonté envers mon frère?
Il souffla avant de répondre.
- Oui. J'ai toujours en mémoire son coup de poing qui m'a mis hors-course. Cependant, je reconnais que j'ai été très présomptueux et arrogant envers vous deux. Cette humiliation m'a remis les idées en place.
Yuhan acquiesce. Elle observe les éléphants et trouve étrange que Ganesh possède le visage de cet imposant animal.
- Ce n'est que pur hasard, lui répond l'intéressé.
- Je sais. Votre monde ne vous manque pas?
- Je mentirais si je te disais non. Cependant, son extinction était inévitable. Malgré nos mises en gardes, personne n'a pris au sérieux la menace. Nous sommes parties juste à temps pour voir notre planète être détruite. Nous sommes les derniers représentants de notre peuple, de son histoire et de sa culture.
Yuhan sent la mélancolie dans les paroles de Ganesh.
- Assez perdu de temps à ressassé le passé, Yuhan. Cette récolte doit être entreposée.
- Je m'en occupe.
Le temps défile. Alors qu'elle compte la quantité dans l'entrepôt, elle aperçoit un étrange nuage approché de Lumbini. Ce qui la rend confuse est qu'elle a l'impression de voir quelque dessus, comme s'il le chevauchait.
- Je dois être plus fatigué que je ne le pense, se dit-elle à elle-même.
Une fois le nuage passé, elle continue à noter quand un duo d'enfants vient la voir.
- Il y a un problème Bouddha, Zerofuku?
- Grande sœur Yuhan, s'exprime Zerofuku avec excitation, ton frère est de retour.
- Pardon? s'exclame-t-elle de surprise. Mais je n'ai pas remarqué ni entendu le navire céleste de Shenlong.
- C'est parce que ton frère est venu par ses propres moyens. Viens voir, lui dit Bouddha avec excitation.
Elle quitte son poste pour arriver dans la place centrale de la ville. Il y a d'ailleurs foule. Elle s'y faufile et parvient au centre d'attention. Il s'agit bien de son frère.
Ce dernier porte des habits impressionnants. Pourtant, ce qui attire plus son attention est le nuage qui est à côté de lui. Ce dernier semble bien plus dense que les autres nuages. Elle se demande même comment fait-il pour ne pas disparaitre.
- Ma sœur, dit-il simplement.
Le frère et la sœur s'enlace chaleureusement après plusieurs années de séparation.
- Tu as bien grandi.
- Tout comme toi. Tu même pris du muscle.
- Oui. Shenlong et les siens ne plaisantent pas. Ils ont aussi bien entrainé mon esprit que mon corps.
- Je comprends. Dis-moi, je suis curieuse mais quel est donc cette étrangeté? demande-t-elle en observant le nuage.
- Oh, il s'agit d'un Kinto-un, une idée à moi. Un nuage solide sur lequel je peux me poser et me déplacer aisément.
- Je peux monter dessus?
- Bien sur ma sœur.
Hésitante un instant, craignant surement de passer à travers. C'est avec une joie incrédule qu'elle peut y rester. Cela attire grandement l'attention de la foule, en particulier les enfants. Wukong leur fait un tour en manipulant le nuage. Une fois tout cela fait, ils se retrouvent seuls.
- Dis-moi Yuhan. As-tu réussi à te trouver quelqu'un?
- Eh bien oui.
- Formidable! J'avais peur que ma réputation ferait fuir le moindre prétendant.
- Celui que j'ai n'a pas peur de t'affronter.
- Je vois. Est-ce que je le connais?
- Oui, et lui également.
Cela réduit le nombre de possibilité pour Wukong. Soudain, il semble saisir qui est le mystérieux amour de sa sœur. Il plaque une main contre son visage, dépité.
- Yuhan, par pitié, ne me dit pas que ton partenaire est…
- Navré je suis en retard, s'exprime Hanumān envers Yuhan. Oh, tu es déjà arrivé Wukong.
Ce dernier dévisage le singe indien.
- Heureux de te revoir, Wukong.
- Tout le plaisir est pour moi, dit-il en se forçant à sourire. Tu ne manques pas de toupet quand même. Je pars quelques années et tu fais chavirer le cœur de ma sœur.
- Ne le prends pas mal mon frère, mais nous nous entendons extrêmement bien, Hanumān et moi, défend sa sœur.
- Je sais, je sais. Dans un sens, c'est même préférable que cela soit toi.
- Sinon, veux-tu essayer tes nouvelles capacités.
- Hanumān, sois un peu patient. Mon frère vient juste de revenir, réprimande Yuhan.
- Je pense que ton frère a tout autant envie que moi de le faire.
- C'est exact.
- Suis-moi. Nous avons une arène prévue pour ça.
Yuhan ne cache pas son désarroi devant leur attitude. Très vite, leur petit duel attire du monde. Son intensité captive le public et il se termine par un match nul. Les deux sont recouverts de blessures. Ils sont sévèrement réprimandés par Yuhan. Chang'e et Xiwangmu viennent soigner leurs blessures.
Plus tard, ils se retrouvent à observer un magnifique couché de soleil sur le Kinto-Un de Wukong. Le spectacle est juste sensationnel.
- Donc, c'est en utilisant la force que tu as réussi à créer pareil miracle?
- Oui. Je dois te prévenir que mon idée a laissé plus que perplexe Shenlong et ses camarades. Encore plus quand j'y suis parvenu. Il a sa propre volonté, mais c'est moi qui décide de qui doit se tenir sur lui.
- Donc Ganesh passerait à travers, lui dit Hanumān avec amusement.
- Oui. D'ailleurs le bruit de son énorme postérieur frappant le sol s'entendrait à des lieux à la ronde.
Le trio rigole avec légèreté. Le visage de Wukong s'assombrit soudainement.
- Il y a un problème, mon frère?
- Oui. Shenlong m'a assuré qu'une fois que je les quitterais, notre ennemi chercherait à nous détruire. Il a déjà réussi à détruire plusieurs groupes comme le nôtre par le passé.
- Qu'il vienne avec ses abominations. Nous le repousserons, lui assure Hanumān. Contrairement à lui, nous avons des choses à protéger, dit-il en regardant Yuhan.
- Peut-être, mais cet adversaire mystérieux n'éprouve aucune pitié pour tuer quiconque se trouve devant lui et son objectif. Nous devons nous préparer. Peut-être va-t-il nous attaquer prochainement. Profitons de ces moments paisibles et magnifiques. Bientôt, nous ne pourrons plus en profiter.
Malgré la teneur de ses paroles, ils observent à nouveau ce couché de soleil et la venue de la nuit avec son ciel remplit d'étoile.
Deux ans plus tard
Sa respiration est difficile. Il sent la douleur partout dans son corps à chaque respiration. Son corps est recouvert de blessures. Il a perdu bien du sang. Sa vision se trouble, mais il reste vigilant. Un groupe de cinq créatures se jette sur lui. Il attrape son bâton.
- Allonge-toi, Nyoï-bo!
Son bâton s'allonge, lui permettant de faucher ses assaillants. Pourtant, cela le force à user de la force, puisant dans le peu d'énergie qui lui reste. Il pose genoux à terre. Il observe autour de lui. Lumbini qui était une ville magnifique et pleine de vie n'était plus que ruine et destruction. Il y voit les corps sans vie de camarades qui ont combattu jusqu'au bout. Il sent la douleur s'amenuir. Il tourne la tête pour trouver l'origine de tout cela.
- Dame Chang'e arrêter! s'exclame-t-il. Vous n'êtes pas en état de me soigner.
- Ce…Ce n'est pas grave…prononce-t-elle difficilement. Tu es le meilleur d'entre-nous. Le combat n'est…pas encore…terminé. J'ai eu…une vie magnifique…alors si je la quitte en soignant autrui…je n'ai aucun remord.
Wukong observe, impuissant, la femme user de son lien avec la force pour le soigner. Une fois totalement rétabli, la femme lui fait un gros sourire radieux. Puis, son corps tombe, mais est rattrapé par Wukong. Il ne sent plus sa présence. Elle vient de perdre la vie.
- Pourquoi dame Chang'e? se pose-t-il la question.
Il sait que sa question ne trouvera pas de réponse. Pourtant, il sent une douleur en lui qui n'est pas dû à une douleur physique. Il vers des larmes de chagrins. Alors qu'il pleure la mort d'une personne qu'il appréciait, des bruits de pas résonne. Très vite, il se reprend, prêt à affronter son adversaire. Il se détend quand il voit cette personne.
- Je ne suis pas l'ennemi, Wukong, s'exprime Hanumān.
Il fait de l'humour malgré qu'il soit sérieusement blessé. Il n'a pas besoin de demander au sujet de Chang'e.
- Y-a-t-il des survivants de ton côté? demande Wukong.
Hanumān reste silencieux, faisant comprendre à son camarade la teneur de la réponse. Pourtant, il décide de répondre.
- Morts. Ils sont tous morts, Shiva, Rudra, Ganesh, Fuxi, Nuwa…Wukong, nous sommes les seuls survivants.
L'annonce est comme un coup de marteau pour Wukong. Ils étaient nombreux et prêts. Cependant, cela n'a pas suffi. Il aide son ami à marcher.
- Partons pendant que nous le pouvons encore. Kinto-Un!
Son nuage arrive, prêt à les emporter. Soudainement, une voix résonne, les figeant sur place.
- Vous n'allez nulle part, s'exprime une voix étrangère, lugubre et malfaisante. Ce lieu sera votre tombe.
Les deux singes humanoïdes observent l'origine de la voix. Ils voient une personne, mais elle est masquée et semble même troublée. La seule chose qu'ils peuvent discerner sont ces yeux jaunes remplit de haine et de colère. Ils saisissent que leur dernière heure est arrivée.
- Kinto-Un, rejoins ma sœur, dit simplement Wukong.
Le nuage obéit et s'envole. Wukong agrippe fermement son bâton, tandis qu'Hanumān le fait pour sa masse.
- Prêt pour le dernier combat de ta vie Wukong?
- Oui, mais avant, une petite aide te sera utile.
Wukong envoi des éclairs sur le corps de son ami. Il serre les dents. La douleur était importante, mais cela a permis de le garder éveiller.
- Merci mon ami. Mon unique regret est de ne pas voir l'enfant que Yuhan va mettre au monde.
- Ne t'en fait pas. Elle l'élèvera comme il se doit. Je connais ma sœur.
Hanumān lui répond d'un hochement de tête. Les deux se mettent position. Puis ils bondissent vers leur adversaire, la rage de vaincre dans le ventre et sans ressentir la moindre peur de la mort.
Yuhan, de même que tous les non pratiquants de la force, les non guerriers et les enfants se cachent dans une zone secrète. Le temps s'allonge pour eux, ignorant ce qui se passe. Plusieurs se disent que l'ennemi sera repoussé. D'autres craignent qu'ils soient battus et terminent en esclavage voir pire. L'atmosphère devient oppressante et stressante. Yuhan elle, sent le poids de son ventre. Elle l'observe. Il est imposant, signe qu'elle va bientôt accoucher. Elle sent son enfant gesticuler à l'intérieur. Elle sent sa fougue.
- Là, là. Calme ta fougue mon enfant, dit-elle avec douceur. Tu vas bientôt voir le monde. Ne sois pas si pressé.
Alors qu'elle rassure son futur enfant, quelque chose la frappe. Elle tombe à genoux, la respiration saccadée, l'esprit confus. Son état attire l'attention.
- Yuhan vous allez bien? s'inquiète Parvati.
- Est-ce que c'est l'enfant? demande Kali.
- Vite! Que l'on amène une serviette et un sceau d'eau! s'époumonne Dourga.
- N…Non…Ce n'est pas…l'enfant…prononce-t-elle avec difficulté.
Elle lève la tête, révélant un visage remplit de chagrin.
- C…C…C'est mon frère…Il…Il…Il est mort…
Son annonce semble faire l'effet d'une bombe. Les discussions fusent.
- En es-tu sur? lui demande Dourga.
- Oui…J'ai senti une immense douleur, comme une perte. Je…Je n'arrive…pas à l'expliquer…
- Non, c'est normal, lui dit Parvati. Ton frère et toi êtes faux-jumeaux. Vous avez un lien que peu de personnes possèdent. Seulement, si ton frère est mort, le pire est à craindre.
Tout le monde devient silencieux et le silence devient pesant, stressant voir oppressant. Ils attendent dans la crainte. Plusieurs sursautent quand quelque chose frappe la trappe d'ouverture. Tous ne savent quoi faire. C'est finalement Bouddha et Zerofuku qui décident d'aller voir. Ils rassurent tout le monde.
- Il n'y a pas de danger. Il ne s'agit que de Kinto-Un, dit Bouddha.
Rassurer, mais étant encore inquiet, les enfants observent les alentours. Ils déclarent qu'il n'y a plus d'ennemis et que tout est silencieusement calme. Tout le monde sort et ils peuvent observer l'étendue des dégâts. Il n'y a personnes de vivants. Tous les défenseurs sont morts. Les trois femmes de Shiva pleurent en découvrant le corps de leur époux. Yuhan, elle continu de marcher, cherchant à la fois son frère et son mari. L'inquiétude la gagne à mesure qu'elle avance. Quand elle parvient à les trouver, elle a l'impression que le monde va s'écrouler sous ses pieds. Son cœur se comprime, son sang se glace. Wukong et Hanumān gisent sur le sol, morts. Yuhan observe rapidement leur état. Hanumān a été tranché en deux au niveau du torse, tandis que le bras droit de son frère est manquant et qu'il possède un petit trou au niveau de sa poitrine. Sa vue se trouble, ses yeux se remplissent de larmes de chagrins. Ses jambes n'arrivent plus à la tenir et elle tombe à genoux, pleurant leurs morts.
Elle ignore le temps qu'elle est restée à les pleurer, mais elle est quittée de son moment de chagrin par un sentiment de douceur. Intriguée, elle lève la tête. Il s'agit de Kinto-Un, le nuage que son frère a créé. Ce dernier se blottit contre elle, comme pour essayer de la rassurer. Yuhan en reste incrédule.
- Pourquoi es-tu encore présent Kinto-Un? C'est mon frère qui t'a créé. A sa mort tu aurais dû disparaitre.
Elle sait que le nuage ne peut pas lui répondre, mais le fait qu'il soit toujours présent l'interroge. Ce dernier s'avance et elle le suit. Elle a un haut au cœur en observant les corps. Elle arrive finalement devant leur visage. Elle a un choc. Malgré la mort, ces derniers sourient avec franchise. C'est comme s'ils acceptaient, voir même riaient face à la mort. Yuhan comprit qu'elle ne se devait pas de les pleurer. Leurs pertes est une douleur intense, mais face au courage qu'ils ont donné, cela serait comme les insulter. Elle touche son ventre.
- Je me dois de me montrer forte également pour toi, mon enfant.
Tout le monde amène les corps. Ils sont tous brûlés pour permettre à leurs âmes d'avoir la paix. Yuhan a refusé que les corps de Wukong et Hanumān soient brûler. Elle préfère les enterrer sur les terres que son frère a protégées. Ainsi, ils protégeront les singes vivants ici même dans la mort.
Elle observe le rituel silencieusement, se rappelant tous les bons moments qu'elle a vécu en ce lieu. Une fois cela fait, le reste se questionne sur la marche à suivre. Yuhan préfère les laisser faire. Elle appelle Kinto-Un. Ce dernier porte sur lui les corps embaumer de son défunt frère et de son mari. Il y a également le bâton de son frère, Nyoï-bo. Elle aller partir quand plusieurs viennent la voir.
- Tu es vraiment sûr de vouloir partir, Yuhan? lui demande Dourga.
- Oui. A la base, j'étais venu pour suivre mon frère. Maintenant, je veux retourner dans mon village pour permettre à mon enfant de grandir.
- Pourtant, tu pourrais l'élever également ici, lui dit Kali
- Peut-être, mais Lumbini ne sera plus jamais la même après ces événements. Et puis, je commence également à avoir le mal du pays.
- Alors, il est inutile que nous te forcions à rester, lui dit Parvati. Si tu sens que tu dois y aller, alors fait-le. Mais sache que si l'envie te reprend de venir nous voir, nous serons toujours là pour t'accueillir.
- Je vous remercie. Je vous donne bon courage pour élever vos enfants respectifs.
- Et toi de même avec le tien. Tu vas en baver.
- Sans nul doute, répond Yuhan avec un gros sourire.
Yuhan pose son regard sur Bouddha et Zerofuku. Les deux jeunes adolescents semblent tristes de la voir partir. Ils savent qu'elle ne peut rester. Alors, elle décide de les enlacer une dernière fois. Ensuite, elle monte sur Kinto-Un.
- En avant Kinto-Un. Nous avons du chemin à parcourir.
Le nuage s'élance à toute vitesse. Une fois arrivée sur l'ancien territoire de son frère, elle a enterré les corps. Elle y a laissé une pierre sur laquelle son marquée leur nom. Elle fait une prière pour eux. Yuhan est d'ailleurs étonné que les singes soient aussi gentils avec elle alors que son frère n'est plus là. Elle saisit qu'ils sont touchés par la mort de leur protecteur. Elle sent son ventre se contracter de plus en plus.
''Tu vas bientôt naitre. Ne sois pas pressé de venir.''
Elle quitte la forêt et rejoint son village. Ses parents sont sous le choc de son arrivée et encore plus quand ils constatent qu'elle attend un enfant. Le temps passe et quand elle accouche de son enfant, ce dernier est un garçon qui possède quelques traits de son père. Le voir est comme un petit soleil pour elle. Il lui donne tout le courage qu'il faut pour l'élever comme il se doit.
De retour au présent, Wukong rouvre les yeux. Il soupire légérement.
- Tu as repensé à ta sœur, lui dit simplement Rudra.
- Oui, dit-il simplement. Elle me manque terriblement.
Rudra reste silencieux.
- Il est difficile de saisir le lien qui unit les jumeaux, reconnait Rudra, brisant le silence. C'est quelque chose d'unique.
Wukong ne répondit pas.
- Néanmoins, je peux avouer que voir vos réactions à Hanumān et toi ont été vraiment uniques. Surtout Hanumān qui s'inquiétait pour sa femme quand elle en bavait avec son enfant.
- Elle n'a pas eu une vie facile, mais elle l'a apprécié jusqu'au bout.
- Tout comme les femmes de Shiva. Bon dieu comme il a échappé à tout ça, dit-il en rigolant.
Wukong en rigole également. Il lève la tête pour observer le feuillage de l'arbre. Il se lève et fait face au tronc de l'arbre. Il donne un violent coup de poing.
- Un souci?
- Non. Je fais juste tomber des fruits trop mûrs, prononce-t-il avec amusement.
Deux personnes tombent lamentablement, pris par surprise par la frappe de Wukong.
- On m'espiègle? Tu sais que tu ferais honte à tes fidèles s'ils te voyaient agir ainsi Bouddha.
Il se remet de sa chute.
- Je m'en moque. Je n'obéis qu'à moi seul, que cela soit un humain ou un dieu. Que l'on m'idolâtre n'est pas mon problème. T'en penses quoi, Zerofuku?
Son ami se relève et ne peut s'empêcher d'être las de l'attitude désinvolte de son camarade.
- Je pense que tu devrais être un peu plus sérieux. Personne ne me connait, car j'ai décidé d'être ton ombre de par la lumière que tu irradiée.
- Oui. Mais même ensemble, cela n'a pas suffi pour éviter la mort.
- Hélas. Cette entité est vraiment retorse. Sun Wukong, que feriez-vous si vous pouviez l'affronter à nouveau?
- Je lui collerais ma meilleure droite dans sa face, répond avec férocité le singe. Je compte bien lui faire payer de m'avoir privé de ma sœur et de ma vie. C'est cette unique raison qui me fait rester ici et de ne pas faire qu'un avec la force.
Ils acquiescent et observent le ciel magnifique et calme. Ils font une prière silencieuse à leurs amis défunts.
Dans un autre endroit du sanctuaire, quelqu'un rend également une prière. Un homme européen, portant une armure de chevalier observe la statue d'un dragon. La statue en impose. Elle représente un dragon occidental. La statue est faite d'un marbre blanc immaculé et la précision du détail donne l'impression qu'elle pourrait être vivante. L'homme reste silencieux devant la statue. Elle n'est pas seule. D'autres statues sont visibles, représentant différents dragons, qu'ils soient asiatiques, orientale voir même amérindien. Observer la statue le rend mélancolique et attristé. Il entend des bruits de pas et tourne son attention vers le ou plutôt les deux arrivants.
L'un est un homme ayant la trentaine. Il est grand, bien bâti, possède un visage bien formé, de longs cheveux blonds et des yeux noir. A côté de lui, se trouve une femme semblant avoir un âge proche de l'homme. Elle a corps fin et gracieux. Elle a de long cheveux noir jais, de même que des yeux vert émeraude. Il se dégage d'elle une aura à la fois majestueuse, mais également de puissance. Contrairement à son ami qui dégage une aura neutre, si ce n'est sympathique.
- Bonjour Siegfried, Brunehilde, répond l'homme avec courtoisie.
- Bonjour à toi aussi Saint Georges, lui répond Siegfried.
- Sieg! Tu sais pourtant que Georges n'apprécie pas qu'on le nomme ainsi.
- Laisse Brunehilde. Siegfried est ainsi. Je ne vais pas le blâmer. Tu rends visite à Fafnir?
- Oui, tout comme toi à Lyzenth.
Georges regarde à nouveau la statue. Il suit le duo et ils arrivent devant une statue montrant un fier dragon dans une pose héroïque et presque caricaturale.
- Ah là, Fafnir aurait aimé une statue encore plus grandiose, reconnait avec sarcasme et humour Siegfried.
- C'est vrai, lui dit Brunehilde.
- Ce sacré gaillard avec son caractère et je ne me suis jamais ennuyés avec lui. On a vécu une aventure formidable.
- Ne m'oublie pas, Sieg, lui dit Brunehilde agacée.
- Je ne t'oublie pas, Brune. Il t'en a fait voir des vertes et des pas mures.
- Cela m'a grandement aidé à surmonter la peine que j'avais à ce moment.
- Il était très malin. Son humour me manque. Je me demande toujours si cela était possible qu'il en réchappe.
- Sieg…Tu sais bien que s'il avait survécu, c'est nous deux qui serions morts à ce moment précis. Il a choisi nos vies contre la sienne.
- Je le sais, Brunehilde. Seulement…
Siegfried reste silencieux, observant la statue de son défunt ami. Georges, lui, plonge dans sa mémoire, faisant remonter les souvenirs de sa rencontre avec Lyzenth.
Quelque part, dans le royaume des Francs, VIIème siècle
Georges sur son fidèle destrier s'approche d'une grotte. Selon les dires du souverain de la ville et des villageois, cela serait l'endroit où vit le monstre. La créature avait demandé à lui offrir la fille du souverain. Personnes n'avaient jamais revu les précédentes femmes, ce qui signifié que la créature les avait dévorés. Il ne laisserait plus agir cette abomination. Il sait à son instinct que la créature est dans la grotte. Ne voulant pas risquer la vie de son cheval, il y descend et prend ses armes.
- Va mon fidèle ami, dit-il en donnant une tape.
L'animal s'éloigne, tandis que lui s'enfonce dans les profondeurs de la grotte. Il avance avec vaillance. Il s'est toujours senti spécial. Il a plusieurs capacités qu'aucuns autres des siens n'a. Il a donc choisi de voyager pour sauver ceux dans le besoin. Il sent une certaine excitation l'envahir. Il va pouvoir affronter un véritable monstre et l'occire de sa lance et de sa lame. Il continue sa progression, le bruit des gouttelettes d'eau l'accompagnant. Il tend ses oreilles, mais à part le clappement de l'eau, il n'y a rien. Finalement il arrive à une ouverture. La salle rocheuse qui s'ouvre à lui est imposante. Plus que suffisante pour que cela soit le nid de la créature. Il décide de révéler sa présence.
- Vile créature! hurle-t-il. Je suis venu pour mettre fin à ton règne de terreur. Montre-toi et viens me confronter!
L'écho de sa voix résonne dans la grotte. Il attend et après quelques minutes, des bruits de pas lourds s'entendent. Enfin la créature finie par daigner se montrer à lui. Il l'observe.
La créature se révèle être un dragon. Il est deux fois plus grand qu'un homme avec son cou entièrement levé. Sa couleur principale est le blanc qui recouvre tout son corps à l'exception du dessous de sa mâchoire, de l'avant de son cou, de même que sous son ventre et sa queue qui sont bleu cyan. Ces dernières parties sont formées d'écailles horizontales. Le dragon comporte également à l'arrière de son crâne plusieurs pics, lui donnant l'impression d'avoir des cheveux. Il possède également des excroissances à l'arrière de chacune de ses pattes, ainsi que sur le haut de sa queue. Le dragon se pose et toise Georges avec ses yeux violets. Ce dernier est quelque peu perturbé.
''Les villageois m'avaient décrit plutôt une créature avec un teint plutôt sombre. Peut-être l'on-t-il observé de nuit. Qu'importe. Il ne mangera plus aucunes jeunes demoiselles. Son règne de terreur s'achève maintenant.''
Comprenant que son adversaire est une créature grande et puissante, il utilise ses dons. Il se met à courir à une vitesse qu'un humain n'arriverait pas à tenir avec l'équipement qu'il porte. Sa vitesse semble prendre de cours son adversaire. Cette inaction lui permet de lui faire une entaille sur la patte avant gauche. Seulement le dragon se reprend et répond par un souffle enflammé. Georges parvient à l'éviter in extrémis. Il saisit que son bouclier ne sera pas d'une grande aide devant la fournaise ressenti.
Le combat continu, s'éternisant. Finalement, Georges parvient à enfoncer sa lance sur la poitrine du dragon. Ce dernier n'arrive plus à tenir sur ses pattes. Georges ayant fait des entailles sur chacune. Il s'écroule sur le flanc. Georges sait qu'il a gagné. Il s'avance vers la créature blessée, prêt à lui ôter la vie. Une fois devant la tête du dragon, il arme son épée et aller l'abattre quand une personne s'interpose entre lui et le dragon.
- Arrêter! hurle une jeune femme.
Georges réussit à retenir son mouvement. Il est incrédule. Il observe la jeune femme et comprend qu'il s'agit de la fille du souverain.
- Princesse Rainilda! Je suis ici à la demande de votre père pour vous extirpez des griffes du monstre. Et éliminer un danger pour les villageois. Reculez.
- Non! Elle ne fera aucun mal! lui répond la princesseRainilda.
- Cette créature vous a envoutez! Laisser-moi vous libérer en la tuant!
- Je ne suis pas envouté! conteste la femme. Lyzenth ne fera aucun mal! Au contraire, elle nous aide.
Georges ne saisit pas les paroles de la femme.
- Vous l'avez nommé?
- C'est elle qui me l'a dit.
- Impossible! Seuls nous, les hommes ont la capacité à communiquer par la parole. Cette créature ne peut avoir un tel don.
Le dragon ou plutôt la dragonne lâche un reniflement mauvais.
- Que d'arrogances et d'ignorances, crache la dragonne.
Georges dévisage la dragonne. Il n'arrive pas à le croire. Il se ressaisit.
- Créature du diable! Je vais te tuer sur le champ!
- En me tuant également, répond la princesse, toujours à se tenir entre Georges et Lyzenth. Calmez-vous et nous pourrons tout vous expliquez.
Georges a toujours le sang chaud après son combat et avoir entendu la dragonne a accentué sa colère. Cependant, il apaise le torrent enflammé de son esprit.
- Très bien, dit-il sur un ton plus calme.
Comprenant qu'il s'est calmé et apte à écouter, la dragonne se relève difficilement.
- Il y a eu bien un de mes semblables ici. Il s'agissait d'un de mes frères, explique Lyzenth. C'est lui que les villageois craignaient et qui dévorait les jeunes femmes que l'on lui offrait pour le calmer.
- Pourquoi uniquement des jeunes femmes?
- Je l'ignore. Peut-être parce que leur chaire avait un goût différent pour lui. La seule chose que je sais est que je l'ai confronté et l'ai tué. Je ne pouvais pas le laisser continuer ses méfaits. Il faisait honte aux nôtres.
- Je n'ai pas trouvé de dépouille à proximité. Un tel corps devrait empester à des lieux à la ronde.
- C'est parce qu'une fois que nous mourrons, notre corps devient cendres et poussières. Il ne reste que notre cristal de lévitation.
Lyzenth sort d'un sac une pierre mélangeant le noir, le rouge et le vert.
- Sa couleur et sa forme sont unique à chacun d'entre nous.
- Très bien, et pourquoi la princesse semble tant vous connaitre?
- Parce que Lyzenth vivait dans cette grotte bien avant que son frère ne vienne. Je la connais depuis mon enfance. Elle ne ferait aucun mal à nous. D'ailleurs elle aide à purifier les jeunes femmes malades.
Georges lève un sourcil, circonspect devant l'annonce.
- C'est la vérité, assure la princesse. C'est un de ces nombreux pouvoirs.
Soudainement, Lyzenth s'écroule sur le côté. Son visage perlant de sueur.
- Lyzenth! s'écrit la princesse inquiète. Tout va bien?
- Je…Je vais bien. C'est juste le mal que j'extirpe des jeunes femmes qui revient.
Georges ne remarque que maintenant qu'une partie, certes infime de son corps est recouvert d'une couleur noire. Il commence à se dire que la princesse n'est pas aussi folle qu'il ne le pense. Comprenant qu'il a agi par totale ignorance et orgueil comme l'a souligné la dragonne, il décide de l'aider. Il s'approche de la partie contaminée.
- Messire, que voulez-vous faire? s'inquiète la princesse, craignant que l'homme ne fasse plus de mal à son amie.
- La soulager de sa souffrance, dit-il simplement.
Il pose sa main sur la partie contaminée. Petit à petit, la zone se réduit pour finalement disparaitre.
- Cela devrait aller mieux.
- Je ne ressens plus la douleur. Je dois admettre être surprise de votre bienveillance soudaine.
- Je reconnais mes torts et d'avoir mal agit.
- Il est vrai. Il est également vrai que c'est la première fois que je vois un utilisateur de la force savoir user de ses capacités avec autant de facilité.
- De quoi parlez-vous? Quelle est cette ''force'' dont vous faite allusion?
Lyzenth lui explique de quoi il s'agit, mais surtout, elle explique les différents mondes existants par de là le ciel. Georges ne peut croire pareil récit.
- Ils peuvent sembler fantaisiste à la vue de votre niveau technologique très faible, mais ils sont véridiques. Si je suis parti, c'est pour explorer et assouvir ma soif de curiosité. Après de nombreuses années, j'ai décidé de revenir sur votre monde. J'avais le mal du pays. C'est alors que j'ai rencontré mon frère et horrifiée par ces actes, ait décidé de le tuer.
- Un noble acte, mais vous êtes nombreux et potentiellement dangereux?
- Si l'on veut. Je descends des Duinuogwuin. Normalement, quand deux d'entre eux s'accouplent, généralement, leur progéniture est inintelligente et sauvage. Etrangement, sur votre monde cette normalité est très affaiblie. Elle devient donc un lieu d'accouplement, permettant à notre espèce de ne pas disparaitre. Concernant notre dangerosité, cela dépend complétement du caractère de chacun. Tout comme vous, nous pouvons être bon, généreux, mauvais, cruel, cupide, attentionné, etc…
Georges écoute. Il est suffisamment intelligent et pragmatique pour comprendre qu'elle ne ment pas.
- Je comprends. Seulement, il y a quelque chose que je trouve étrange. Pourquoi soignez-vous des jeunes femmes, si vous avez tué votre frère malveillant?
- C'est parce qu'il est à l'origine de ce mal. Je purifie les malades en avalant le mal. Venez, vous le comprendrais en le voyant de vous-même.
Lyzenth se lève et marche maladroitement, suivi de la princesse et de Georges. Il arrive dans une grotte adjacente. Ici, de nombreuses jeunes femmes sont allongées sur des lits. Toutes semblent dormir. Certaines ont le sommeil apaisé, tandis que d'autres ont le sommeil troublé. La princesse leur essuie la sueur. Lyzenth s'arrête devant celle ayant le sommeil le plus troublé.
- N'aie pas peur, lui dit Lyzenth avec douceur et bienveillance. Je vais retirer le mal qui te ronge.
Elle ouvre sa gueule et Georges reste totalement figé. Devant ses yeux, il voit quelque chose quitter le corps de la jeune femme. Cela ressemble à un miasme noir. Lyzenth l'avale et semble révulser. Elle semble lutter face à ce mal qu'elle a extirper. La sueur s'écoule de ses écailles et quand elle redevient calme, elle est totalement épuisée.
- C'est toujours ainsi que cela se passe, lui dit la princesse. Lyzenth lutte pour éviter que les miasmes ne prennent le contrôle d'elle. Regarder.
Georges constate que ces écailles ceux sont à nouveau noirci à l'endroit qu'il a soigner. Lyzenth se pose en position sphynx. Rainilda lui amène de la nourriture qu'elle dévore avidement. Une fois repus, elle toise toutes les malades, de la compassion se lisant dans son regard.
- Vous ignorez donc pourquoi elles continuent à tomber malade?
- Malheureusement oui. Peut-être que m'on frère a réussi à se joindre à un des vôtres. Seulement, je ne peux le concevoir, car il était bien trop orgueilleux pour s'allier à des insectes aussi fragiles. Pardonnez-moi la teneur de ces paroles. Je ne fais que répéter celles de mon frère.
- Pourtant, cela semble être l'unique possibilité. Néanmoins, cela va être dur de le faire sortir des ombres. Princesse, vous n'avez pas essayez de le trouver?
- Si, mais ne sachant pas quoi chercher, je n'ai rien trouvé.
Ils réfléchissent et Georges fini par avoir une idée.
- Je pense que la solution serait de faire en sorte de le faire sortir.
- Mais comment?
- En voyant quelque chose, dit-il en regardant Lyzenth.
- Vous voulez que je serve d'appât?
- Oui.
- Cela va être compliqué. La seule chose que les villageois et ceux de la ville veulent, est de voir la tête de Lyzenth.
- Je pense avoir une idée qui pourrait calmer leurs ardeurs.
Georges leur explique son idée. Lyzenth accepte.
- Avant d'y aller et de ramener les malades, aimeriez-vous faire un tour dans les cieux, Georges?
Ce dernier est retissant au premier abord, aimant avoir les pieds bien ancré sur le sol. Pourtant, une partie de lui a envie de découvrir ce que cela fait de voler comme les oiseaux. Il finit par accéder à la requête de Lyzenth. Il ne regrette aucunement pas. Cette expérience est inexplicable et l'a rendu totalement euphorique.
- Cela doit être magnifique de pouvoir observer le monde ainsi.
- Oui, reconnait Lyzenth.
Par la suite, c'est le chaos dans la ville quand Georges, accompagné par la princesseRainilda amène Lyzenth. La peur est la seule chose qui se lit sur le visage des citoyens. Le roi arrive, escorter par des soldats. Ce dernier est ravi de revoir sa fille en vie. Il est impressionné par le résultat du chevalier itinérant. Georges explique qu'il contrôle la dragonne grâce à un habit entourant son cou. Ainsi, cette dernière ne fera aucun mal. Il explique par ailleurs qu'elle n'est pas méchante. Ces paroles ne rassurent pas les habitants, du moins pour le moment. Le roi demande à parler avec Georges en privé.
- Je vous remercie encore pour les efforts que vous avez fournis. Grâce à vous, cette hideuse créature ne mangera plus aucunes jeunes femmes.
- En réalité majesté, la vérité est toute autre.
Georges lui explique ce qu'il a appris. Le roi est pensif et silencieux.
- Hm…J'ignorais que ma fille connaissait déjà cette dragonne. De même que c'était un autre dragon qui amener souffrance et peine sur la ville.
- Ne blâmer pas l'ignorance des villageois. Ils ont décrit ce qu'ils voyaient.
- Reste que malgré tout, nombreux de mes sujets sont toujours sous les effets du mal de ce dragon.
- Il est possible que certains de vos sujets se soient allié avec le dragon. Nous ignorons les raisons, mais c'est la seule possibilité au vue de ce que nous observons. J'aimerais votre autorisation pour inspecter la ville, les alentours et également votre propre maison.
Le roi parait insulté qu'un de ses serviteurs puissent être derrière tout cela. Il ravale sa fierté et couche par écrit la demande de Georges.
Deux semaines plus tard
Georges n'a toujours rien trouvé malgré ses fouilles minutieuses. Il commence à désespérer et même à penser que Lyzenth a peut-être menti. Pourtant, il refoule pareilles pensées quand il la voit. Cette dernière attire toujours la crainte, mais les enfants sont ceux qui ont le moins d'aprioris. Ils se montrent bien plus curieux. La dragonne récompense leur curiosité et leur courage par des leçons de vols. Cela amène une hantise pour les parents, craignant qu'elle les emmène à sa grotte pour les dévorer. Mais elle revient avec ces derniers, totalement euphorique et excités par l'expérience qu'ils ont reçue. Ils rejoignent leurs parents. Georges vient la voir.
- Toujours rien? demande la dragonne.
- Hélas non. J'en suis même à me demander si tu ne mens pas.
- Tu sais pourtant bien que ce n'est pas le cas.
- Je le sais. Mais j'ai l'impression de tourner en rond, essayant de trouver mon chemin à travers le brouillard. Mes capacités ne marchent pas pour ce genre d'investigations.
- Soit patient Georges. La patience est une grande vertu et nous récompense souvent de par nos efforts.
- Que comptes-tu faire quand cette histoire sera terminée? Tu vas rester dans ta grotte?
- Je pense voyager et découvrir plus en détail votre monde. Je ne l'ai qu'à peine exploré.
- Tu es une vagabonde dans l'âme.
- Oui. Tout comme toi. Cela te dit que je t'accompagne?
La demande de Lyzenth le prend de cours.
- Es-tu sur de ton choix? Je serais bien plus lent que toi. De même que mon fidèle destrier aura peur de toi.
- Il n'a plus peur de moi. Regarde.
Comme il le constate, son cheval mange paisiblement, semblant ne même pas se préoccuper de la présence de la dragonne. Georges réfléchit et pèse ce que peut amener une créature comme elle. Il y voit beaucoup de ravage. Mais d'autres part, cela permettrait d'apprendre à plus de monde sur les siens. Finalement, il finit par avoir une réponse.
- Très bien. J'accepte. Je pense qu'avec toi, mon voyage n'en sera que plus dépaysant.
Il constate que sa réponse fait plaisir à la dragonne. Elle remut fébrilement la queue.
- En as-tu parler à la princesse? Elle est proche de toi.
- Elle comprendra surement mon choix, lui assure la dragonne.
Georges laisse la dragonne se reposer. Il retourne dans la chambre que le roi lui a offert durant son séjour. Il fait un brin de toilette et se pose un moment. Il est en pleine réflexion. Il ne sait plus quoi penser de Lyzenth. Il la voyait comme un monstre à abattre. Maintenant, il la voit plus comme une amie. Lui-même en est surpris par ce développement inattendue. La motivation revient et il sort le plan de la ville que le roi lui a donné. Il l'observe et cherche l'endroit où pourrait se terrer le ou les empoisonneurs. Alors que son regard balaie le plan, il s'arrête sur un bâtiment: l'église de la ville.
''Je ne mets pas en doute la volonté et la croyance du prêtre et de ses adeptes, mais je ne dois refouler aucunes possibilités. J'irais les voir demain. La messe du soir doit avoir lieu en ce moment.''
Plus tard, la nuit commence à tomber. Lyzenth observe le ciel étoilé. A sa grande surprise, les enfants qui sont venue la voir lui apporte plusieurs viandes cuites et un tonneau d'eau. Ils lui expliquent que c'était pour la remercier de leur baptême du ciel. Elle les remercie chaleureusement. Elle mange et apprécie chaque bouchée. Une fois s'être repus, elle vide le tonneau d'eau. Elle fait comprendre que le repas fut très bon. Les enfants partent, satisfaits de leur bonne action. Alors que Lyzenth les observe partir au loin, elle commence à sentir un trouble. Sa vue commence à faiblir, son corps s'engourdit rapidement et vacille. Elle s'écroule totalement, terrassée par un sommeil soudain. Quelqu'un s'approche de la dragonne endormie et lui prend une unique chose, le sac contenant le cristal de son défunt frère. Le voleur semble satisfait de sa prise et part.
Pendant ce temps, la messe de nuit se termine. L'église se vide petit à petit. Il reste encore quelques croyant encapuchonné. Parmi eux se trouve une personne reconnaissable, la princesse Rainilda. Elle prie pour les pauvres âmes disparus et pour voir ce mal disparaitre de la ville et des alentours. Le chef des lieux, le prêtreCorbus vient à sa rencontre.
- Vous semblez fort pieuse, princesse.
- C'est exact, prêtreCorbus. Je prie pour que les malheureuses ayant servi de repas au dragon puissent trouver la paix. Je prie également pour que le mal qui nous assaille disparaisse également.
- Vous avez un cœur noble princesse. Nous, vos simples sujets ne méritent pas votre bienveillance.
- Je fais ce qui m'est possible à la vue de mes capacités.
Le prêtre réfléchit.
- Voulez-vous quelque chose qui puisse vous aider dans votre quête?
- Ma foi, je pense que vous devez savoir bien des choses de par votre lien étroit avec sa seigneurie.
Elle suit le prêtre. Il l'amène dans la zone réservée aux prêtres et à ses disciples. Rainilda est hésitante. Cette zone est réservée exclusivement qu'aux hommes. Elle craint de faire un sacrilège. Le prêtre la rassure et elle le suit. Alors qu'il progresse dans la zone, elle commence à sentir des odeurs. Elles lui titillent les narines, voir même l'agresse. Elle a du mal à saisir leur origine. Elle se dit que cela doit provenir de plantes. Quand elle parvient à la salle d'origine des odeurs, elle est horrifiée.
Devant elle se trouve une statue représentant un dragon. Les disciples du prêtre portent une tenue complètement différente. Ils sont recouverts de marques qui lui sont inconnues. Ils ont dessiné un étrange symbole sur le sol, représentant une étoile à six pointes. Ils ont utilisé non pas de la peinture mais du sang. C'est l'odeur du sang mélangé avec d'autres produits qui lui irritent tant le nez.
- Quelle est donc cette diablerie? s'exclame la princesse, choquée.
- Le moment de mon élévation, princesse, prononce le prêtre. Je serais comme l'ancien seigneur que je servais.
- Vous avez renié votre serment, prêtre? s'offusque la princesse, incrédule.
- C'est exact. J'ai trouvé un être digne de le servir, dit-il en regardant la statue.
Si elle ne saisit pas sur le moment, la princesse en comprend toute l'horreur une fois avoir compris.
- V…Vous…C'est vous qui êtes allié au frère…
- Tout à fait. Je sers le seigneur Rindas avec habilité.
- Mais alors…c'est vous qui empoisonné toutes les femmes…
- Disons plutôt que je leur donner un goût qui permettait à notre seigneur de savouré chacun de ses repas.
L'homme révèle sa totale indifférence sur le sort cruel qui a attendu chaque sacrifiée. Au contraire même, il semble même apprécié.
- Pourquoi les hommes n'en sont pas sensibles?
- Ils le sont, mais leur corps combat bien plus efficacement le mal.
La princesse n'arrive pas à comprendre comment un homme aussi respectable et bienveillant que le prêtre Corbus puisse sombrer à un tel point. Elle n'arrive pas à formuler des phrases et encore moins à bouger. Elle est comme paralysée. Elle comprend pourquoi.
''C'est le sang…Il s'agit de celui du frère de Lyzenth…''
- Vous vous servez du sang du dragon lors des messes et ainsi permettre la propagation de ce mal.
- Vous êtes futée, princesse, persiffle le prêtre. Seulement, votre intelligence ne sera pas suffisante ici. Ligotez-là.
Deux disciples se jettent sur elle pour la ligoter fermement autour d'une chaise. Une fois fait, le prêtre s'approche d'elle, révélant un visage cruel et ignoble.
- Vous êtes fou de penser pouvoir vous élever après avoir agis avec autant de malveillance!
- Silence, femme, lui répond avec mépris le prêtre, la giflant au passage. Tu as un dernier rôle à jouer. L'autre dragonne a osé tuer notre seigneur. Elle paiera pour un tel acte. Vous allez m'y aider. Commencer!
Un homme fait une entaille profonde au niveau du bras droit de la princesse. Il prélève le sang dans un récipient. Le prêtre, lui, se met au centre du symbole. On lui apporte le bol remplit du sang de la princesse. Un homme arrive avec un sac. Il en sort le cristal du défunt frère de Lyzenth. Rainilda a été bâillonnée pour que ses cris ne dérangent pas le rituel. Elle craint le pire pour Lyzenth. Les disciples prononcent d'étranges paroles, incompréhensibles pour Rainilda. L'atmosphère commence à changer, devenant lourde et oppressante.
- Seigneur Rindas. Moi, votre servant fidèle va vous rendre justice. Donner-moi votre force et je renverserais tous ces incroyants en votre nom.
Le cristal est ajouté dans le bol. A l'incompréhension de Rainilda, ce dernier semble se dissoudre dans le sang, rendant le liquide d'un noir aussi sombre que la plus sombre des ombres. On apporte la mixture au prêtre. Ce dernier rend un dernier hommage à son ''seigneur'' et avale entièrement la mixture. L'homme se met à avoir des congestions violentes. Il hurle de douleur, mais ses cris sont supplantés par les prières de ses disciples.
Plus loin, Georges sent que quelque chose de mauvais est en train de se passer. Son instinct le lui dicte, de même que son lien avec la force. Il essaie de réfléchir d'où peut provenir l'origine de ce mal. Soudain, c'est comme si la réalité le frappé de plein fouet.
- L'église! Je ne dois pas perdre de temps!
Il s'équipe promptement, monte sur son destrier et part. Une fois devant l'église, il est stoppé net par deux gardes.
- La messe n'est pas encore finie, étranger.
- Personne ne doit déranger le prêtre durant la messe, continu l'autre.
Georges n'a pas de temps à perdre. Il constate en ouvrant ses sens à la force que l'église est quasi vide. Pire encore, il ressent l'énergie malveillante dedans et que la princesse est à côté. Georges comprend que les gardes ont été soudoyés par le prêtre. Il les prend par surprise et les met inconscient. Il ne perd pas plus de temps et pénètre à l'intérieur de l'église.
La princesse a observé en silence le rituel macabre. Voir le corps du prêtre se contorsionner dans des positions étranges et impossibles l'a effrayé. De même que ses cris, devenant de plus en plus sonores et gutturales à mesure que le rituel avance. Puis, tout devient subitement calme. Les disciples se sont tus et le prêtre est debout, ne bougeant pas. Il bouge lentement son corps, bougeant chaque membre lentement. Une fois cela fait, un sourire sinistre se dessine sur son visage. Sans dire ou prononcer la moindre parole, un des disciples s'approche de lui. Sans crier gare, le prête le frappe avec une violence insoupçonnée. Le pauvre bougre percute le mur derrière lui, laissant une marque de sang et s'écroule lourdement au sol, inerte. Il est mort sur le champ. La princesse ne comprend pas ce qui viens de se dérouler devant ses yeux.
''Aucun homme ne peut avoir pareille force. C'est impossible!''
Le prêtre se met à gausser de rire. Son rire étant même carnassier. Il semble heureux.
- Je ne pensais pas que cela fonctionnerait, admet le prêtre, mais cela a fonctionné au-delà de mes espérances. Il a été un pion très utile.
L'homme semble absorber quand il se rappel de la présence de la princesse Rainilda.
- Et il a même pensé à m'offrir un repas des plus appétissant, dit l'homme en se léchant les lèvres.
Rainilda ignore pourquoi, mais une terreur innommable l'enveloppe, compressant son cœur, alourdissant son corps, glaçant son sang. L'homme devant elle n'avait plus rien d'humain. Il semblait être devenu autre chose. Elle constate que les yeux de l'homme ont changé et sont devenus jaune avec une iris similaire à celle des lézards. Elle semble comprendre sans vouloir accepter ce qui s'est passer. Le prêtre semble avoir saisi le raisonnement mental de la jeune femme.
- Tu as du deviné. Je suisRindas, le fier dragon que sa détestable sœur a osé tuer! finit-il avec dégout.
La sueur perle sur son visage. Elle n'arrive pas à le croire.
- Lyzenth a cru me vaincre en me tuant. C'était une bonne idée, seulement, j'ai enfermé mon âme dans ma pierre de lévitation quelques instants avant mon trépas. J'ai communiqué avec le prêtre par télépathie, un nuisible certes, mais fort utile. Il a pensé s'élever, mais en réalité, son corps allait servir de vaisseau pour ma résurrection. Il a saisi toute la sombre vérité quand j'ai commencé prendre le contrôle de son corps et à écraser lentement, surement et avec une cruauté amusante simple son esprit.
Il laisse le soin à Rainilda de comprendre toute la gravité de la situation. Il s'approche d'elle, révélant ses dents se changeant progressivement en crocs aiguisé et pointu.
- Ma sœur va comprendre toute l'erreur d'être intervenue dans mes affaires. Je lui montrerais ta tête sans vie. Cela devrait la chagriné et la rendre furieuse. Et une fois dans cet état, elle deviendra mon esclave. Vous avez un mot à ajouter?
Il lui retire son ballot.
- Lyzenth te tueras comme elle l'a déjà fait. Et elle n'est pas la seule!
- Je ne crains aucuns humains, assure avec orgueil l'homme. Vous n'êtes que des nuisances tout juste utiles à me divertir et à me servir de repas.
Alors qu'il s'exprime,Rindas observe en détail le corps de Rainilda. Un sourire se dessine sur son visage.
- Peut-être devrais-je t'épargner. Tu es toujours appétissante, mais tu serais plus utile pour me donner une descendance. Tu auras l'immense honneur et prestige de recevoir ma semence. Tu dois te sentir honoré, humaine.
Rainilda le dévisage avec un dégout véritable.
- Je n'aimais guère pas le prêtre, mais toi tu es encore plus ignoble. Que ton âme aille pourrir en enfer avec la sienne, lui crache Rainilda avec dégout.
Rindas s'en amuse avec légèreté. Il détourne son attention deRainilda.
- Il semblerait qu'un humain ait envie de m'affronter. Fort bien. Je vais pouvoir essayer les capacités de ce corps.
La porte vole en éclat et en émerge un Georges déterminé à en découdre. La peur ne se lit pas sur son visage, mais une volonté d'en finir avec le mal. Lui etRindas s'affrontent dans un duel féroce. Georges parvient à le blesser à de nombreuses reprises. A chacune de ses blessures, celle-ci se refermer et laisser la place à des écailles devient de plus en plus un hybride humain et dragon. Agacé que Georges soit un adversaire aussi coriace, il lui fait traverser le mur, l'amenant au centre de l'église. Georges est déboussolé à cause de l'impact de son corps contre le mur. Il observe son adversaire, le dévisageant avec tout le mépris et le dégout qu'il éprouve envers les humains.
- Misérable insecte! Tu oses me résister, moi,Rindas? Je vais apprécier de te démembrer!
Il s'avance, l'assurance d'éliminer Georges. Soudain, le vitrail principal s'assombrit pour finir par voler en éclat. Une ombre imposante arrive et attrapeRindas. Lyzenth est bien réveillée et est furieuse.
- Tient donc, déjà réveillée chère sœur? J'avais prévu de te rendre visite très vite.
- Je t'avais pourtant tué, mon frère.
- Tu n'as pas été efficace, lui susurre avec amusementRindas.
- Laisse-moi alors remédier à cette erreur.
Elle disparait, emportant avec elle Rindas. Georges reprend son souffle et vient libérer Rainilda de ses liens. Il n'a guère besoin de penser aux disciples. Ces derniers ceux sont éloignés pour éviter de se faire tuer. Une fois Rainilda libérée, il rejoint sa monture. Dès qu'il est dessus, il lui ordonne de suivre Lyzenth. Il n'est d'ailleurs guère difficile de ne pas rater la dragonne.
Un véritable combat aérien a lieu en ce moment même au-dessus de la ville. L'immense bruit réveillé en sursaut tous les citadins, en totale panique. Georges se rapproche d'eux. Il peut constater que le corps deRindas a encore changé. Il possède une paire d'aire d'ailes, une queue et des cornes sur son crâne. Pourtant, il se bat avec férocité, blessant sa sœur grâce à sa petite taille. Georges arrive et parvient à équilibrer le combat. Ils finissent par terrasser l'abomination.
Rindas se trouve au centre de la ville, blessé, transpercé par la lance de Georges. Ce derniers émet des râles de colères envers sa sœur. Cette dernière est sourde et lui montre un visage impassible et froid.
- Tu parlais de ma naïveté, de ma gentillesse, mon frère? Sache que je peux me montrer cruelle quand la situation l'exige. Prépare-toi à périr définitivement, lui assure de manière forte et froide Lyzenth.
Elle lui retire la lance et ouvre sa gueule et crache un premier souffle. Le corpsde Rindas a résisté. Puis elle enchaine et à chaque souffle enflammé, le corps deRindas brûle davantage. Il la supplie d'arrêter, mais Lyzenth reste totalement hermétique à ses suppliques. Les suppliques finirent par devenir des paroles inaudibles et incompréhensibles. Finalement avec l'ultime souffle,Rindas cessa de bouger ou de parler. Il était enfin mort. Son corps se transforme alors en cendre. Celles-ci s'envolèrent ne laissant apparaitre que le cristal de lévitation deRindas à nouveau formé. Lyzenth attrape le cristal et le brise d'un simple mouvement. Un cri inhumain résonne avant de s'arrêter subitement. Tout est terminé.
Georges laisse la fatigue le rattrapé. Il reprend son souffle. Pourtant, il ne comprend pas le visage dur que garde Lyzenth alors qu'ils ont gagné. Elle l'observe attentivement avant de s'exprimer.
- Tue-moi Georges, sont les paroles qu'elle prononce.
Georges est figé, ne comprenant pas la demande Lyzenth.
- De quoi parles-tu? Pourquoi veux-tu que je te tue?
- Car Rindas m'a corrompu avec ses griffes. Les miasmes qui étaient encore dans mon corps grandissent. Je le ressens clairement. Je veux que tu me tues avant que je ne sois perdue.
Georges remarque la partie corrompue s'étendre lentement.
- Je peux te soigner comme je l'ai déjà fait!
- Non, cela n'est plus possible, lui répond Lyzenth de manière grave et catégorique. Cela est au-delà de tes capacités. Tue-moi avant que je devienne comme Rindas et que je me mette à tuer les tiens. Tu ne veux pas que je devienne comme lui, non?
Georges est hésitant devant la demande de Lyzenth. Il considère la dragonne comme une amie et la tuer semble le figer.
- Je t'en prie…dit-elle avec une voix remplit d'un profond chagrin. Tu es le seul qui peut le faire.
- Tu me demande l'impossible, Lyzenth! As-tu pensé un seul instant à Rainilda? Comment crois-tu qu'elle vat le prendre?
- Elle comprendra.
Les deux se taisent et s'observent.
- Puisque tu refuses de le faire, je vais t'y forcer, Georges!
Lyzenth l'attaque par surprise, se montrant agressive. Georges est pris au dépourvu, mais se reconcentre. Il évite avec difficulté les attaques de la dragonne désespérée. Il attrape son épée et parvient à la blesser.
- Arrête cette folie, Lyzenth!
- Je ne l'arrêterais qu'une fois morte!
Il fait un bond de côté pour éviter son souffle. Ce dernier atteint une bâtisse et prend rapidement feu. Le chaos déjà grand de par le combat contre Rindas s'agrandit davantage. Georges entend les cris de peur des habitants. Il siffle et son cheval arrive. Il grimpe, tout en attrapant sa lance. Il tourne autour de la dragonne pour tenter de la fatiguée. Alors qu'il réfléchit, des cris distinctifs se font entendre. Il s'agit du groupe d'enfants qui s'est amusé avec Lyzenth. Ils sont totalement effrayés et figés. Lyzenth s'avance vers eux, la volonté de les tuer se lisant dans son regard.
Comprenant le danger, il pointe sa lance et ordonne à son cheval de foncer vers la dragonne.
- Lyzenth, c'est moi que tu veux! Viens me battre comme le monstre que tu es!
La dragonne détourne son attention des enfants pour se concentrer sur Georges. Ce derniers est déterminé à mettre fin à ses méfaits. Elle ouvre grand sa gueule et déverse un jet de flamme tonitruant sur son adversaire. Il est enveloppé par la flamme. Lyzenth pense l'avoir tué, mais elle découvre qu'il a survécu. Il a créé un bouclier de force au dernier moment. Comprenant le danger, elle déploie ses ailes et commence à s'envoler. Trop tard. George bondit et lui transperce la poitrine avec sa lance.
D'abord surprise, son visage se fend d'un sourire radieux. Elle attrape Georges et utilise son corps pour amortir la chute. Georges se relève pour observer les derniers moments de vie qui reste à la dragonne.
- M…Merci, Georges…Je savais que…je pouvais compter…sur toi…dit-elle avec difficulté. Je t'ai demandé…quelque chose de lourd…pardonne-moi…
Sa respiration devient de plus en plus difficile.
- Ne pleure pas ma mort. G…Garde…mon cristal auprès de toi…C…C'…C'est comme si j'étais…avec toi…
Elle le regarde une dernière fois. Un sourire soulagé se fend sur son visage.
- Adieu, mon ami.
Sur ces dernières paroles, sa tête se posa sur le sol. Après quelques secondes, elle cessa de respirer. Lyzenth venait de lâcher son dernier soupir et de mourir. Rapidement, son corps blanc splendide se transforma en cendre noire. Elles virevoltèrent dans les airs par les caprices du vent. De la dragonne, il ne restait qu'un cristal blanc scintillant. Georges observe la danse des cendres, des larmes s'écoulant sur ses joues.
- Adieu, mon amie…
Le lendemain, la princesse Rainilda observe le ciel, mélancolique. La perte de son amie est toujours palpable. Son père vient la voir.
- Tu te sens mieux, ma fille?
- Un peu mieux, père. Elle va me manquer, énormément.
- J'ignore le lien qui vous unissaient toutes les deux et je ne peux qu'appréhender la douleur de sa mort. Seulement, elle a fait le choix le plus juste qu'elle pouvait prendre. Elle se savait condamner et ne voulait pas devenir comme son frère. C'est un dur choix et peu de gens le feraient. Elle a été courageuse. Tout comme le chevalier Georges.
- Père, pourquoi devons-nous falsifier les événements?
- Parce que peu de personnes croiraient la vérité, reconnait son père. Je sais que cela te fait de la peine, mais pour la quasi-totalité de la ville, Georges a mis fin au sévices de la créature malfaisante.
Le roi voit la souffrance que ce mensonge fait envers sa fille. Il s'éclaircit la gorge.
- Seulement, nous garderons une trace écrite que nous garderons secrète. Il sera notre héritage. Et peut-être qu'un jour, nos descendants pourrons révéler la vérité à tous.
Sa fille n'était pas satisfaite de cette solution, mais elle semble l'accepter.
- Je vous suis reconnaissante de ne pas avoir exécuter les disciples du prête Corbus.
- Cela aurait pu jouer avec leur sinistre rituel. Être maintenant des esclaves devant rebâtir les dégâts subit par la ville est une de leurs nombreuses pénitences.
Rainilda acquiesce simplement, laissant son esprit vagabonder.
- Pourquoi n'être pas parti avec le chevalier Georges, ma fille? Vous sembliez être proche.
- Peut-être, mais j'ai compris que ma place était ici père. Georges préfère ne pas rester à un endroit. Il aime voyager et découvrir de nouvelles choses.
- Je vois. J'espère qu'il trouvera la paix durant ses voyages.
Ils regardent ensemble, dans le calme le ciel bleu s'offrant à eux. Au loin, Georges, monté sur son fidèle destrier regarde le paysage s'offrant à lui.
- Cette aventure fut impressionnante et enrichissante, se dit-il envers lui-même. Maintenant, où penses-tu que je doive aller, Lyzenth?
Il penche son attention vers le cristal pendant autour de son cou.
- Oui, je pense que tu as raison. Laissons la force guider mon chemin. Aller!
Il donne un bref coup et son cheval détalle à vive allure, vers de nouvelles aventures.
Georges revient au présent. Il pense à nouveau à Lyzenth et de la souffrance d'avoir été son bourreau. Mais il sait que c'était le seul moyen pour qu'elle ne se transforme en un deuxième Rindas. Georges observe toutes les statues de dragons. Certaines représentes des wywernes, des dragons occidentaux, d'autres des dragons orientaux, d'autres encore chinoises, japonaises et même Amérindienne.
- Pourquoi ont-ils tous eu une mort atroce et infamante? se questionne Georges.
- Nous ne pouvons pas y répondre, lui dit Siegfried de manière calme. Tous ceux présents ont aidé notre peuple. Et il semblerait que pour notre ennemi, cette aide été un une menace, voir même un danger potentiel. Il a donc décidé de s'assurer de leur trépas. D'autant plus que plus aucuns Duinuogwuin n'est venu pour s'accoupler.
- Sans doute une autre action de notre ennemi, lui suggère Brunehilde.
- Oui, cela est le plus vrai.
- Dis-moi Siegfried, s'exprime Georges, que feras-tu si tu avais la possibilité de l'affronter à nouveau?
- Je n'hésiterais pas, lui assure Siegfried. Je vengerais la mort de Fafnir, de Lyzenth, d'eux tous.
- Dans ce cas, je te donne ma bénédiction.
Siegfried sourit légérement. Puis, il demande à Brunehilde de s'écarter. Une aura meurtrière entoure le guerrier. Il dégaine son épée.
- Oui, j'en fais le serment. Moi, Siegfried, je transpercerais le cœur de notre ennemi, dus sais-je laisser mon âme dans le néant. Votre mort à tous sera vengé et vous pourrez ainsi avoir le repos éternel que vous méritez.
Siegfried atténue son aura. Un silence pesant se formant. Ensuite, Brunehilde lui agrippe le bras.
- Je serais avec toi.
- Moi aussi, continu Georges.
Siegfried sourit et observe une dernière fois la statue de son défunt ami avant de partir avec les autres.
