Chapter 30: Devoir

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Le Polar Tang naviguait toujours en mer ouverte, et Law avait décidé de profiter du beau temps pour intensifier les séances d'entraînement de l'équipage sur le pont du sous-marin.

"Regroupez-vous tous ici," ordonna Law, sa voix perçant le bruit ambiant. Les membres de l'équipage se rassemblèrent rapidement, formant une ligne devant lui. Sachi, Penguin, Bepo, et Jean Bart attendaient les bras croisés, prêts à commencer.

"Nous allons travailler sur le Haki aujourd'hui," annonça Law. "Le Busoshoku Haki, pour être précis. C'est une compétence essentielle que chacun de vous doit maîtriser."

Emi se tenait à l'écart, observant avec curiosité. Elle avait entendu parler du Haki, mais elle n'avait jamais eu l'occasion de vraiment s'y attarder. Et puis, elle n'avait pas vraiment juger important de le maitriser. D'habitude, elle se reposait sur ses bombes et autres gadget. Et ce n'était pas non plus donner a tout le monde. Mais maintenant qu'elle était confrontée à la dur realite du monde des pirates, peut être qu'elle pourrait essayer de s'entraîner, elle aussi... Elle se contenta d'abord d'observer l'entraînement avec intérêt.

Law commença par une démonstration.

"Le Busoshoku Haki permet de renforcer vos corps et vos attaques, rendant vos coups beaucoup plus puissants et capables de toucher les utilisateurs de fruits du Démon. Regardez bien."

Il leva le bras, et une aura sombre enveloppa son poing.

"C'est ainsi que vous saurez que vous maîtrisez le Haki. Mais pour y arriver, vous devez sentir l'énergie en vous et la diriger."

Les exercices commencèrent. Law fit faire à l'équipage des séries de mouvements destinés à éveiller leur énergie intérieure. Les coups de poing, les esquives, et les parades se succédaient dans un rythme exigeant. Emi les observait attentivement, essayant de comprendre et d'apprendre en silence.

Curieuse, elle s'éloigna un peu et commença à imiter les mouvements qu'elle voyait. Ses coups étaient moins précis, ses gestes moins assurés, mais elle voulait essayer. Elle voulait sentir cette énergie dont Law parlait. Emi essayait de suivre les instructions du mieux qu'elle pouvait, mais c'était plus difficile que prévu. Elle sentait la sueur perler sur son front, chaque mouvement demandant une concentration intense.

"Ne pense pas seulement à ton corps, ressens l'énergie en toi."

Elle sursauta, surprise que Law lui prête attention. "Euh, oui… j'essaie…"

Elle redoubla d'efforts, essayant de suivre les instructions du mieux qu'elle pouvait. À chaque coup, elle tentait de sentir cette énergie, cette force intérieure que Law décrivait. Ses bras commençaient à trembler de fatigue, mais elle refusait de se laisser abattre.

À un moment, elle crut sentir quelque chose, une étincelle d'énergie, mais c'était fugace. Elle grogna de frustration. C'était bien plus dur qu'elle ne l'avait pensé.

"Ne t'inquiète pas, Emi," dit Penguin en passant à côté d'elle. "Ça prend du temps. Continue à essayer."

Law continua à guider l'équipage avec une autorité indéniable, et Emi remarquait qu'il était aussi investi dans leur progression. Chaque correction, chaque encouragement montrait qu'il se souciait réellement de les voir progresser.

"Le Haki est une extension de votre volonté," expliqua Law. "Plus votre détermination est grande, plus votre Haki sera puissant. Continuez à essayer."

La séance d'entraînement se poursuivit pendant des heures. Malgré la fatigue, Emi se sentait motivée. Elle savait qu'elle aurait besoin de beaucoup de pratique pour maîtriser le Haki, mais elle était déterminée à y arriver. Elle ne savait pas vraiment pourquoi, mais une partie d'elle même se disait qu'elle en aurait sûrement besoin plus tard. Law avait raison, il fallait de la volonté, et elle en avait à revendre.

Enfin, après ce qui sembla une éternité, Law fit signe de cesser les exercices. "C'est tout pour aujourd'hui. Bon travail à tous."

Emi s'effondra sur le sol, épuisée mais satisfaite. Elle avait encore un long chemin à parcourir, mais elle ne se laisserait pas abattre. La prochaine fois, elle serait encore plus forte.

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Après la séance d'entraînement épuisante, Sachi, Penguin et Emi avaient trouvé refuge dans la bibliothèque du sous-marin pour un moment de calme. Une douce lumière éclairait la pièce, créant une atmosphère apaisante.

Emi était installée confortablement dans un fauteuil, plongée dans le journal fraîchement livré par un New Coo. Ses yeux balayèrent les colonnes de texte, cherchant frénétiquement une mention de la famille Amadeo. Son cœur battait plus vite à mesure qu'elle parcourait les pages, l'espoir de trouver un article concret des activités corrompues de la sœur de Erika grandissant en elle.

Enfin, son regard se figea sur un petit paragraphe en bas de page,

*Chute de Riko Amadeo, révélation sur une femme criminelle*

Son souffle se coupa un instant alors qu'elle lisait les quelques lignes dénonçant la famille Amadeo.

Une fois parmi les plus respectées et influentes familles de la noblesse, les Amadeo ont été secoués par des allégations accablantes de corruption et de trafic. Riko Amadeo, autrefois une figure de proue de la haute société, a été démasquée dans une série d'activités illégales, dont le trafic d'armes et d'esclaves, ainsi que d'autres crimes odieux.

Cependant, alors que les Amadeo tombent dans les abysses de la honte et de la disgrâce, une lueur d'espoir émerge de leurs cendres. C'est la sœur de Riko Amadeo, Erika Amadeo, qui a pris les rênes de la famille, déterminée à rétablir l'honneur et la légitimité de leur nom terni.

Un sourire de satisfaction se forma sur les lèvres de Emi. C'était elle qui avait en partie écrite cet article mais ça lui faisait toujours bizarre de lire ses propres lignes dans le journal. L'implication de Riko Amadeo dans une série d'activités illicites, sans la moindre tentative de dissimulation, avait grandement facilité la tâche d'Emi pour la dénoncer. Avec un tel éventail d'infractions à son actif, il n'était guère surprenant que le gouvernement ait du mal à ignorer ses agissements.

Emi savourait cette victoire, consciente que le gouvernement avait dû faire face à une frustration considérable en devant juger un noble qu'ils étaient censé protéger. Les turpitudes des nobles étaient souvent intrinsèquement liées à l'appareil gouvernemental, qui se sentait dès lors impliqué et responsable. Cet entrelacement complexe créait un cercle vicieux, où les activités illicites des nobles étaient souvent dissimulées et couvertes par les instances gouvernementales. Mais cette fois, ils avaient réussi à dénoncer et faire pression sur eux. Emi devait remercier son père plus tard, et son éditeur également.

De l'autre côté de la table, Penguin feuilletait un manuel détaillé sur la mécanique des sous-marins. Il prenait des notes en regardant les illustrations complexes, ses sourcils froncés de concentration.

Sachi, quant à lui, était assis à une petite table avec un schéma de moteur étalé devant lui. Il travaillait avec soin, mais chaque fois qu'il faisait une pause pour réfléchir, il commençait à changer les couleurs de son stylo à quatre couleurs. Le bruit incessant du clic-clic-clic des boutons de couleur devenait de plus en plus agaçant.

click. click.

click.

Le bruit était devenu une sorte de fond sonore dans la bibliothèque tranquille.

Penguin, qui essayait de se concentrer sur son livre, commença à se tendre. Ses yeux se fixaient de plus en plus intensément sur le stylo de Sachi, chaque clic semblant résonner comme une piqûre de plus en plus douloureuse.

click. click.

Emi, toujours absorbée par son journal, semblait totalement imperméable au bruit environnant. Elle tournait les pages avec une concentration presque admirable, ne laissant rien perturber sa lecture.

click. click. click. clic...

"Sachi, pour l'amour de toutes les pièces de moteur, arrête avec ce clic-clic !" s'exclama Penguin, la frustration évidente dans sa voix.

Sachi leva les yeux, visiblement surpris par la réaction de Penguin. "Quoi ? Je dois bien changer les couleurs! Ça m'aide à visualiser les différentes parties du moteur !"

"Ça m'aide à devenir fou, tu veux dire !" répliqua Penguin, son regard exaspéré fixant le stylo à chaque clic.

Emi detacha les yeux de son journal pour se tourner avec un sourcil levé vers Penguin, qui avait réussi à lui briser sa concentration.

Sachi haussa nonchalamment les épaules. "Je réfléchis mieux en changeant les couleurs. C'est un processus créatif, tu ne comprendrais pas, Penguin."

"Oh, je comprends très bien," répondit Penguin en plissant les yeux. "Tu cherches juste à m'énerver !"

"Moi ? T'énerver ?" Sachi leva les mains comme s'il était innocent, puis fit un autre clic avec son stylo. "Jamais de la vie !"

Le visage de Penguin devint rouge de colère. Il bondit de sa chaise. "Ça suffit ! Si tu ne t'arrêtes pas, je vais te…"

Sachi le coupa en changeant de nouveau la couleur de son stylo.

click.

"Tu vas quoi ?"

Penguin ne put plus contenir sa colère, et avec un cri de frustration, il attrapa son livre et le lança en direction de Sachi.

"TA GUEULE !"

Le livre vola en l'air avant de s'écraser contre le mur de la salle avec un bruit sourd. Biensure, Sachi avait esquiver le livre.

"Hééé ! C'était totalement inutile, mec !" protesta Sachi.

"Non, ce qui est inutile, c'est ton putain de stylo, crétin ! Pourquoi tu as besoin de toutes ces couleurs de toute façon ?! C'est pas comme si tu pouvais améliorer ton schéma, c'est déjà un désastre !"

Sachi ricana. "Oh, mais tu crois vraiment que tu es mieux que moi avec tes boulons et tes tuyaux ? J'ai vu ce que tu as bricolé hier, ça avait l'air d'un truc qu'on trouve dans une casse !" retorqua Sachi en faisant un autre clic avec son stylo.

Penguin, hors de lui, se precipita vers Sachi et l'attrapa par le col avec des yeux noir de colere.

"Tu l'as cherché, enfoiré !" grogna-t-il en serrant le tissu entre ses poings, prêt à en découdre.

Mais avant qu'il ne puisse aller plus loin, une voix énervée s'éleva, coupant net leur dispute.

"PUTAIN !" cria Emi en claquant le journal sur la table.

Les deux hommes sursautèrent, surpris, et tournèrent la tête vers elle.

Emi se leva brusquement, furieuse, le regard noir. "Vous pouvez pas rester tranquille plus de dix minutes, vous deux ?! C'est pas possible !"

Penguin lâcha immédiatement Sachi, visiblement pris de court par la soudaine montée en colère d'Emi. "Mais, Emi, il a commencé avec son..." tenta-t-il de se justifier, pointant du doigt Sachi, qui levait innocemment les mains.

"Je m'en fiche de qui a commencé !" répliqua Emi, les sourcils froncés, visiblement agacée d'avoir été dérangée dans sa lecture. "Vous êtes incapables de vous comporter comme des adultes, c'est ça ?"

Sachi, sentant qu'il valait mieux se faire tout petit à cet instant, rangea discrètement son stylo dans sa poche. "D'accord, d'accord, on va se calmer... "

Une fois qu'Emi se rassit, reprenant son journal, les deux hommes échangèrent un dernier regard. Penguin murmura à voix basse : "Si tu m'avais pas provoqué elle aurait pas péter un câble."

"Oh, la ferme," marmonna Sachi.

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Dans une salle de réunion de la base Marine G-1, l'ambiance était tendue. Les bureaux du Journal Economy News Paper étaient habituellement animés, mais cette fois-ci, le débat qui s'y déroulait avait une intensité particulière. Autour de la table, plusieurs journalistes étaient assis, mais c'est Hiro, le père d'Emi, qui attirait tous les regards.

"On ne peut pas laisser passer ça !" lança Hiro, en frappant du poing sur la table. "La Marine a littéralement fermé les yeux sur ce désastre. Les habitants sont laissés à l'abandon, sans aide, et tout ça parce qu'ils ne veulent pas salir leur image !"

Certains de ses collègues échangeaient des regards inquiets, tandis que d'autres restaient silencieux, plongés dans leurs pensées. Finalement, Samuel se pencha en avant et croisa les bras sur la table.

"Écoute, Hiro, je comprends que tu sois outré, mais… Samuel marqua une pause, cherchant ses mots. "Tu as déjà sorti cet article sur Riko Amadeo, qui était une proche du noble Vemrick. Ce coup-ci, si tu continues à publier des choses aussi… explosives, on risque tous d'avoir des ennuis, pas seulement toi. Le Gouvernement Mondial ne va pas laisser passer cette fois-ci."

Hiro haussa les épaules avec détermination. "Ce que la Marine a fait – ou plutôt, ce qu'elle n'a pas fait – doit être connu de tous. Ils laissent mourir des innocents pour préserver leur image et celle de leurs alliés. Ce n'est pas juste !"

Un autre journaliste, Hana, intervint doucement mais fermement : "C'est peut-être vrai, Hiro, mais tu joues avec le feu. Le dernier article t'a déjà mis dans une situation délicate, et ce n'était qu'une dénonciation d'un noble. Là, tu t'attaques directement à la Marine et au Gouvernement Mondial."

Hiro leva un sourcil, défiant. "Morgan, notre directeur, a approuvé l'article. Il est d'accord avec moi. La liberté de la presse existe pour révéler ce genre d'injustices. Nous avons une responsabilité envers les citoyens, pas envers ceux qui abusent de leur pouvoir. "

Samuel soupira et secoua la tête, inquiet. "Morgan peut approuver autant qu'il veut, mais tu sais très bien que si le Gouvernement Mondial n'est pas d'accord avec lui, son soutien ne vaudra rien."

Hiro fixait son collègue, la mâchoire serrée. Il savait que Samuel avait raison, mais il refusait de céder. "Je ne peux pas me taire. Si personne ne parle, qui le fera ? Ces gens méritent d'être entendus."

La salle était plongée dans un silence lourd, chacun pesant les risques. Finalement, Samuel se redressa et prit un ton plus calme, presque implorant : " Je te demande juste d'y réfléchir. Ce n'est pas seulement ta carrière que tu mets en jeu, c'est ta vie."

Hiro resta silencieux un instant, les yeux rivés sur la table, ses pensées dérivant vers Emi. Depuis qu'elle lui avait parlé de la famille Amadeo, il se retrouvait sans cesse face à des informations douteuses, des rumeurs et des faits dissimulés qui impliquaient de près ou de loin le Gouvernement Mondial. C'était comme si, d'un coup, elle avait allumé une lumière dans une pièce qu'il savait déjà sombre, mais dont il n'avait jamais pris la pleine mesure. Bien sûr, il avait toujours su que le Gouvernement cachait certaines choses. Mais ce qu'il découvrait récemment était d'une ampleur bien plus vaste qu'il ne l'avait imaginé.

Il se souvenait de la détermination dans les yeux d'Emi, de son discours sur les injustices et les abus de pouvoir. Elle avait soulevé des questions que même lui, malgré son expérience, n'avait pas osé aborder. Depuis cette conversation, Hiro se sentait prisonnier d'un dilemme moral. La vérité qu'il découvrait était dérangeante, et pourtant, c'était cette même vérité qui le poussait à continuer. Il ne pouvait plus détourner les yeux.

Le silence dans la salle se fit encore plus pesant alors que les paroles de Samuel résonnaient dans son esprit.

Ce n'est pas seulement ta carrière que tu mets en jeu, c'est ta vie.

Hiro savait qu'il avait raison, mais quelque chose en lui refusait d'abandonner. Relevant les yeux vers son collègue, il répondit avec une voix plus posée, mais tout aussi résolue :

"J'y ai déjà réfléchi. Et je ne peux pas faire marche arrière."

Hana soupira, mais elle hocha la tête avec résignation. "Très bien, mais sache que tu as notre soutien… jusqu'à un certain point. Nous ne pourrons pas te protéger si les choses tournent mal."

Hiro la regarda, déterminé. "Je ne vous demande pas de me protéger. Je demande juste de faire ce qui est juste."

La réunion se termina dans une ambiance tendue, chacun quittant la salle avec des pensées lourdes. Hiro, lui, resta assis quelques instants de plus, les yeux dans le vague, réfléchissant à ce qui l'attendait. Alors qu'il s'apprêtait à quitter la salle, un autre collègue, Shinichi, qui jusqu'ici n'avait rien dit, se leva lentement de sa chaise.

"Tu sais, parfois je me demande si tu ne deviens pas comme ta fille... " dit-il en s'étirant avec nonchalance.

Hiro se tourna vers lui, perplexe. "Qu'est-ce que tu veux dire par là ?"

Shinichi croisa les bras et s'appuya contre le mur. "Je veux dire que Emi était encore plus têtue que toi, et on voit où ça l'a menée. À force d'être aussi obstinée, elle s'est retrouvée à devoir quitter cet endroit. Et toi, tu es sur la même pente glissante, Hiro. Tu deviens comme elle. Tu dois te calmer, avant qu'il ne soit trop tard."

Le regard de Hiro s'assombrit, ses poings se serrèrent instinctivement à l'évocation de sa fille. "Emi n'a pas quitté ce journal parce qu'elle était têtue. Elle a choisi une autre voie, un chemin qui lui convenait. Elle n'a jamais reculé devant ses convictions, et c'est une qualité que je respecte."

Shinichi haussa les épaules, comme si ça n'avait pas d'importance. "Peu importe, Hiro. Ce que je veux dire, c'est que tu fais exactement la même chose qu'elle. Tu t'enfermes dans tes idéaux sans penser aux conséquences. Tu devrais apprendre à choisir tes batailles."

Hiro fixa son collègue, la colère montant en lui comme une vague prête à déferler. Il ne supportait pas qu'on critique Emi, surtout quand c'était pour le faire douter de ses propres choix. "Tu peux penser ce que tu veux, Shinichi, mais Emi est ma fille. Et je la protégerai et défendrai toujours ce qu'elle représente. Elle a fait ce qui était juste, et je ferai de même, quoi qu'il en coûte."

Shinichi fronca les sourcils "Eh bien, espérons que tu ne finisses pas par tout perdre dans cette quête de vérité. Parfois, protéger ceux qu'on aime, c'est aussi savoir quand se retirer. "

Hiro s'avança vers Shinichi. Ses yeux étaient brûlants de rage, mais sa voix resta étrangement calme, ce qui la rendait encore plus menaçante. "Ne parle plus jamais de ma fille de cette manière. Tu ne la connais pas, et tu ne me connais pas non plus. Si tu penses que je vais reculer parce que tu as peur de ce qui pourrait arriver, tu te trompes lourdement. Je ne me calmerai pas, Shinichi, parce que cette vérité doit être révélée. Et je me battrai pour elle, comme je me bats pour Emi."

Le silence s'abattit dans la pièce, aussi lourd que la tension palpable entre les deux hommes. Shinichi baissa légèrement les yeux, visiblement pris au dépourvu par l'intensité de la réaction de Hiro. Il finit par reculer, levant les mains en signe de reddition.

"Très bien, très bien…Tu ne pourras pas dire qu'on ne t'a pas mit en garde."

Hiro le fusilla du regard une dernière fois avant de tourner les talons, son cœur battant encore à tout rompre. Il quitta la salle, emportant avec lui sa détermination et un sentiment renouvelé de devoir. Pour Emi, et pour la vérité, il ne céderait jamais.

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