Granger
Hermione referma le livre dans un claquement. Elle avait bien travaillé ce soir et il était l'heure de faire sa ronde de nuit. Réprimant un bâillement, elle se leva pour ranger le manuel. Entre les cours, les devoirs, son rôle de préfète-en-chef et ça, la sorcière n'avait pas beaucoup de temps libre depuis la rentrée.
— Oh ! Vous étiez encore là Miss Granger ? s'étonna Madame Pince quand elle passa devant son bureau.
— Oui, je n'avais pas travaillé sur mon projet depuis plusieurs jours, il fallait que j'avance.
La bibliothécaire hocha la tête, approbatrice.
— Vous avez toujours été très studieuse, ça ne m'a pas surprise quand j'ai appris dans quoi vous vous lanciez. Vous réussirez, Miss, j'en suis certaine.
— M… Merci.
Hermione sourit modestement mais sentit la pointe de fierté dans sa poitrine. Madame Pince était assez radine en compliments et en recevoir un de sa part ressemblait à un honneur.
C'est donc revigorée que la préfète débuta sa ronde.
Ses pas résonnèrent sur la pierre du couloir. Tout était calme à présent, il était vingt-trois heures trente bien passées et l'ensemble du château dormait à point fermé. Hermione décida qu'il était temps de se diriger vers son propre dortoir. Rusard veillerait le reste de la nuit.
Elle marchait lentement, rêvant de ses draps, quand soudain, elle entendit un froissement de tissu lointain. Aussitôt, son instinct se mit en marche et elle sortit sa baguette.
— Hominum Revelio !
Une aura de lumière bleue s'éleva tout autour d'elle. Elle devait faire apparaître toute présence humaine sur plusieurs mètres à la ronde. Rien devant elle. Alors elle pivota sur ses talons. Là! Une silhouette courrait à l'autre bout du couloir et bifurquait à droite. Impossible de l'identifier dans la pénombre et à cette distance. Hermione lui emboîta rapidement le pas.
Quand elle tourna à l'angle, elle le vit dévaler l'escalier quelques mètres plus loin. L'inconnu avait les cheveux blonds et une chemise noire. Vite, elle le rejoignit, mais alors qu'elle s'engageait dans l'escalier, celui-ci pivota.
— Non ! Non ! Stupide escalier !
Elle se pencha alors par-dessus la rambarde pour tenter d'apercevoir le fuyard. Et c'est alors qu'elle le reconnut.
— Malefoy !
Il leva les yeux vers elle. Il lui adressa un rictus moqueur et continua son chemin en courant.
Bon sang ! Elle allait devoir s'assurer qu'il ne traînait pas dans les couloirs maintenant. Elle pouvait remettre à plus tard son rendez-vous avec son lit. Quand l'escalier se fut stoppé, Hermione se dépêcha de rejoindre l'endroit où elle avait vu Drago Malefoy pour la dernière fois, deux étages plus bas. Pendant une dizaine de minutes, elle fouilla chaque pièce adjacente sans trouver âme qui vive. Elle allait en conclure qu'il était sûrement retourné à son dortoir quand un hurlement à faire pâlir un mort déchira le silence de la nuit. Qu'est ce que c'était ? Malefoy ? Ni une ni deux, Hermione se remit à courir en direction du cri. Un cri des plus effroyables. La panique monta en elle à mesure qu'elle courait et qu'elle se rapprochait du couloir de botanique, juste avant les serres. Quand elle fut arrivée, plusieurs portes se présentaient devant elle. Mais il n'y avait plus aucun bruit. Et s'il était blessé ? Ou mort ? Qu'allait-elle trouver derrière ces portes ? Peut-être valait-il mieux aller chercher de l'aide ? Elle fit un pas en arrière, quand le bruit d'une chaise qui racle le sol se fit entendre d'une porte entrouverte. Non, Hermione était une Gryffondor, elle était plus courageuse que ça. Si Drago Malefoy était en danger, elle ne pouvait pas le laisser seul, aussi détestable soit-il ! Baguette en main, elle s'avança lentement vers l'ouverture.
Elle poussa le battant mais la pièce était plongée dans l'obscurité.
— Lumos !
La lumière l'éblouit une demie-seconde puis Hermione poussa un cri de frayeur ! Elle recula de quelques pas mais se prit le chambranle de la porte dans l'omoplate. Là, devant elle, se tenait une bête affreuse. Squelettique, repoussante, on aurait dit un énorme chat sans poil, la peau comme du cuir de couleur beige sale, distandue et pendante. La créature atteignait presque la hauteur d'Hermione alors qu'elle se tenait à quatre pattes. Pattes qui étaient d'ailleurs dotées de griffes acérées. Hermione vit également des excroissances sur le dos de l'animal, comme des ailes de poulet atrophiées. Puis son regard passa à la tête : deux longues canines jaunâtres dépassaient de sa gueule retroussée. Des yeux bleus clairs et exorbités la fixaient. Presque comme si la bête était... Surprise ?
Puis elle esquissa un mouvement dans la direction d'Hermione. Cette dernière reprit ses esprits et pointa sa baguette sur le monstre.
— Diffindo !
La créature laissa échapper un couinement. Le sort l'avait atteint dans le cou, laissant une entaille rouge. Elle fit demi-tour, sauta sur une table proche puis bondit par la fenêtre. Hermione courut s'y poster. Elle vit la bête galoper sur le toit de la serre puis sauter dans l'herbe avec grâce. Elle détala ensuite dans la pénombre des arbres de la forêt interdite. Une fois disparue de son champ de vision, Hermione laissa échapper un long soupir. Elle ne s'était pas rendu compte qu'elle avait retenu sa respiration tout ce temps.
— Bon sang ! Qu'est ce que c'était que ça ?
Puis elle se rappela de la raison de sa présence ici. Son cœur se remit à palpiter à toute allure. Où était Malefoy ? Elle leva sa baguette et observa la pièce. Il n'y avait personne ici, et aucune trace de lutte, ni de sang. Peut-être était-il reparti tranquillement dans son dortoir comme elle l'avait espéré. Dans le doute et au vu de l'imposante créature qu'elle avait croisée, Hermione se devait de prévenir quelqu'un. Elle se remit alors à courir, mais cette fois en direction du quartier des professeurs. Elle arriva essoufflée devant la porte qui mènerait aux appartements professoraux quand une voix s'éleva sur sa gauche.
— Miss Granger ? Que faites-vous ici à cette heure tardive ?
Hermione se retourna pour tomber sur la professeure Solar, la nouvelle enseignante de défense contre les forces du Mal.
— Oh Professeur ! Je faisais ma ronde, et il y avait cette horrible bête vers les serres. Et Malefoy, je ne sais pas où il est maintenant et...
— Du calme, du calme ! Reprenez votre respiration !
Hermione s'était exprimée à toute vitesse, encore dans l'urgence de la situation. Elle prit une grande inspiration et essaya d'expliquer ce qu'il s'était passé plus posément.
— Je vois, je vois… répondit la professeure Solar quand Hermione eut terminé. Je vais aller vérifier de ce pas si Monsieur Malefoy est bien dans son dortoir et je préviendrais la directrice pour cette « bête ». Mais je vous avoue Mademoiselle Granger que je n'ai jamais rien vu qui ressemblerait à ce que vous me décrivez là...
— Je vous assure, je l'ai bien vu ! Elle était immense ! Et ce hurlement que j'ai entendu juste avant... Si c'était Malefoy...
— Ne vous en faites pas, je m'occupe de tout à présent. Allez vous coucher. Je ne veux pas vous voir quand je reviendrai.
Et la sorcière partit à grande enjambée vers les étages inférieurs, sa cape verte flottant derrière elle.
Hermione se mordit la lèvre, elle avait fait ce qu'il fallait. Elle ne pouvait rien faire de plus... Pourtant, elle ne put se résoudre à retourner dans sa salle commune sans avoir des nouvelles de son ennemi. Elle fit donc les cents pas dans le couloir, dans l'attente que la professeure Solar revienne des cachots. Mais c'est au bout d'une demie heure qu'elle réapparut. L'angoisse d'Hermione était à son paroxysme.
— Alors Professeur, il était là ?
— Miss Granger ? s'étonna la sorcière. Je vous avais pourtant dit de retourner vous coucher !
— Je... J'étais morte d'inquiétude. Alors ?
Elle regarda la professeure, trépignant d'un pied sur l'autre.
— Il dormait Miss Granger.
— Ah oui ? Vous êtes parti longtemps alors j'ai cru...
— Oui, s'agaça Madame Solar, j'ai vérifié dans certains de mes ouvrages la description que vous m'avez faite de la créature.
— Et ?
— Et rien. Comme je le disais je n'ai jamais rien vu de tel.
— Oh... Et vous êtes sûre que Malefoy dormait ? Je veux dire vous l'avez vu ?
— Oui j'en suis sûre ! Un de ses camarades encore éveillé m'a même assuré qu'il n'avait pas quitté leur chambre de la soirée. Vous en revanche, vous avez sûrement grand besoin d'aller vous reposer.
— Quoi ? (Hermione était déconcertée.) Mais c'est impossible... Je vous jure que...
— Allez dormir Miss Granger. Maintenant.
Le ton sec de la professeure était sans appel. Du reste, celle-ci n'attendit pas de réponse pour ouvrir la porte de ses quartiers et la refermer au nez d'Hermione. La laissant seule et plus inquiète que jamais. C'était impossible, elle n'avait pas rêvé tout ça, si ? Mais peut-être qu'elle y verrait plus clair après une bonne nuit de sommeil. L'esprit embrouillé, Hermione retourna dans la tour des Gryffondors.
Sauf que cette nuit-là, Hermione ne réussit pas à fermer l'œil avant le lever du soleil. Au moment où elle réussit enfin à s'endormir, elle crut vaguement entendre le même hurlement que plus tôt dans la soirée. Ce cri de douleur insupportable. Quelque part, quelqu'un souffrait.
Bonjour, bonsoir,
Alors ? Qu'est ce que vous en pensez ? Personnellement, je crois que c'est un de mes passages préférés! On entre dans le vif du sujet !
Rendez-vous au prochain chapitre !
Enjoy,
Likocham.
