Mage seigneurial

Chapitre 37:

Conférence

Lorsque Harry rouvrit les yeux, il ne se souvenait plus de l'instant où il les avait fermé. Il se souvenait de Amcinthe qui le soulevait pour gagner l'appartement du Ministre derrière son bureau puis c'était le trou noir. Il cligna des paupières, peinant à faire le point, grimaçant à l'abominable douleur qui parcourait tout son corps et sa jambe droite en particulier. Il grimaça sans pouvoir s'en empêcher, tout lui revenant progressivement à l'esprit, surtout la somme de travail qu'il avait à accomplir et tout ce qu'il s'était passé. Il se força alors à se reprendre, clignant des paupières, tentant déjà de se redresser en ignorant toutes les protestations que son corps émit en réponse.

- Pas si vite Harry, fit la voix un peu lointaine d'Isaac.

Il se sentit repoussé sur ce qui devait être un lit et il cligna un peu plus des yeux pour y voir clair. Il trouva Isaac et Amcinthe penchés au dessus de lui, lui souriant malgré leur inquiétude. Il se demanda un instant pourquoi il ne voyait rien à droite avant de se souvenir que cet œil avait été blessé pendant les combats.

- Réveillez vous doucement, prenez votre temps, pria Isaac. Si vous forcez ce sera pire.

Il respira alors précautionneusement, tentant de s'éclaircir les idées mais c'était difficile avec la douleur.

- Je dors depuis combien de temps? demanda-t-il laborieusement.

- Quelques heures seulement milord, répondit Amcinthe. Ne vous en faites pas, il n'y a pas eu de fin du monde entre temps, s'amusa-t-il en lui tirant un léger sourire.

Harry regarda autour de lui, découvrant une chambre qui faisait aussi office de salon et de petite salle à manger. Certainement l'appartement du Ministre dont Amélia avait parlé et qu'il n'avait pas eu le temps d'apercevoir. C'était assez petit mais luxueux et pratique, avec le nécessaire. Il se trouvait visiblement dans un lit confortable. Il se redressa doucement, vite aidé par Amcinthe. Adélème était là, comme Arthur et Avismark était également de retour. Il remarqua alors qu'il avait été changé et que, probablement, Isaac avait refais ses pansements un peu partout sur lui.

- Comment vous sentez vous? demanda le médicomage en lui amenant un verre d'eau.

Il but un peu doucement, le remerciant.

- Ça va, répondit-il.

- Vous savez que je ne risque pas de vous croire lorsque vous dîtes cela, sermonna-t-il gentiment. Je sais que rien ne vous empêchera de vous remettre au travail et de faire ce que vous voulez faire. Nous vous connaissons désormais bien assez pour le savoir. Mais il faut prendre un minimum de précautions. Vos blessures sont très graves et votre corps a enduré beaucoup ces deux derniers jours et même si vous alliez de mieux en mieux après ce qu'il y avait déjà eu, vous êtes encore fragile. Alors ne forcez pas jusqu'à vous mettre dans des états dangereux.

Harry lui sourit doucement, comprenant que son ami était inquiet, à juste titre, qu'il retombe dans ses vieux travers. Mais il avait appris la leçon maintenant, même s'il avait visiblement besoin qu'on lui rappelle et ce n'était pas alors qu'il s'était enfin débarrassé de Voldemort qu'il allait tout gâcher.

- Comment on s'organise? demanda-t-il alors.

Il vit Isaac, Adélème, Arthur et Avismark soupirer de soulagement devant sa réaction, Amcinthe souriant largement.

- J'ai retenu la leçon, sourit-il en les amusant. J'avais juste besoin de reprendre mes esprits après tout ce qu'il s'est passé.

- Je m'en doute et c'est normal, approuva le médicomage. Nous sommes là pour ça. J'ai refais vos soins et des diagnostiques pendant que vous dormiez. Il a fallu mettre fin à la stase magique et agir. Votre cage thoracique a été bien abîmée. Plusieurs côtes cassées, des dommages sur les poumons, d'autres os fêlés. Vous avez des plaies, des brûlures et des hématomes en pagaille mais sans gravité heureusement. Une légère commotion bénigne. Seulement, certains sorts de magie noire que vous avez reçu ont provoqué un empoisonnement de magie noire. Cela va ralentir la guérison et l'efficacité de ma médicomagie, des potions. L'empoisonnement n'est pas dramatique mais il va falloir quelques jours de potions pour l'éliminer. Vous avez de sérieuses entorses au poignet et au genou gauche. Votre œil droit est gravement touché aussi et il y a votre jambe droite. Vous avez reçu une malédiction qui a littéralement broyée vos os jusqu'au bout des orteils et abîmé votre hanche. C'est le plus problématique. La stase avait gardé vos os entiers mais elle ne fonctionne plus maintenant.

Alors qu'il parlait, Harry avait écarté les couvertures de sa jambe pour voir par lui même. Isaac l'avait couverte d'une épaisse couche de bandages qu'il sentait magique et avait placé une autre coque de bois moulée sur toute sa jambe, plus sophistiquée que celle qu'il avait faîte en urgence à Poudlard. Elle englobait toute sa jambe et son pied, prenant aussi sa hanche et ceinturant sa taille.

- Normalement, continua Isaac après l'avoir laissé regarder un peu, vous devriez rester le plus immobile possible et ne pas marcher le temps de la soigner mais comme je sais que ce n'est pas possible…, soupira-t-il. Cette coque prendra le relai de votre jambe et les bandages sont enchantés pour protéger au maximum et maintenir vos blessures. Mais il faudra vraiment, vraiment marcher le moins possible. Non seulement vos os sont en miettes mais cela a fait du dégât sur tout ce qu'il y a autour aussi: muscles, tendons, ligaments…

- Est-ce que vous pourrez guérir ça? demanda-t-il anxieux de voir sa jambe dans cet état.

- Oui mais ça va prendre du temps. J'ai utilisé des sorts et des potions qui vont remettre à leur place chaque petit morceau d'os et les ressouder. Mais ils sont dans un état tel qu'il faudra renouveler la procédure tout les jours sur deux semaines pour avoir un résultat correct. D'autant plus qu'avec votre passif de santé, votre corps a plus de mal à récupérer et à régénérer ce genre de chose même avec l'aide de la médicomagie. Pendant deux semaines, avec des soins quotidiens, nous allons tout remettre en place et tenter de tout soigner comme ça. Ce serait le mieux. Quand nous aurons terminé cela, nous verrons dans quelle état elle sera. Il se pourrait que nous ayons d'autres opérations magiques à mener suivant l'état de votre jambe et si la guérison des os n'est pas satisfaisante, nous pourrons envisager de retirer les os et de les faire repousser mais je préférerai éviter. Une jambe toute entière avec le genou, la cheville et le pied, c'est très délicat, avec un résultat incertain et votre corps n'est pas en état pour supporter une régénération osseuse de cette ampleur. Il y a de nombreux os concernés. Nous la guérirons mais ça va demander du temps surtout si vous marchez dans cet état entre temps, ce qui est certain. Ce sera douloureux, très douloureux et au plus vous marcherez, bougerez, au plus ça rallongera la durée des soins et la rééducation qu'il faudra derrière.

- D'accord mais c'est soignable? voulut-il s'assurer.

- Oui. Cette jambe restera plus sensible et fragile, peut-être douloureuse comme une vieille blessure qui titille de temps en temps. Nous verrons comment elle sera à la fin mais rien d'insurmontable. Il faudra faire attention qu'il ne lui arrive rien d'autre cependant, jusqu'à son rétablissement complet. Cela pourrait faire d'énormes dégâts. Par chance, ni vos artères, ni vos veines, ni vos nerfs n'ont été touchés et c'est le plus important parce que cela aurait été bien plus complexe à soigner. Votre bassin a pris un sacré choc mais rien de grave non plus, pas d'hémorragie. Donc du temps, des soins quotidiens et le moins d'efforts possibles. C'est valable pour cette jambe mais aussi pour vous tout entier. Il faut vous ménager. Avec une gigantesque dépense de magie dans un si court laps de temps, avec des sorts aussi puissants, c'est un choc pour votre organisme. Un grand épuisement sans grande surprise. Vous avez été mis à rude épreuve. Alors, même si je sais que vous allez travailler et bouger, il faudra optimiser les choses pour vous ménager physiquement au moins.

- Je ferai au mieux, assura-t-il.

- Bien, je resterai près de vous pour vous aider et vous ne m'en dissuaderez pas, dit-il en voyant qu'il allait protester.

- Vous aussi vous devez être épuisé Isaac, s'inquiéta son ami.

- Certainement pas autant que vous et je ne suis pas blessé moi. Je me reposerai quand vous vous reposerez. J'ai dormi en même temps que vous, s'amusa-t-il. Je me reposerai ne vous en faîte pas mais je resterai tout près. Vous risquez d'en avoir besoin. Vous allez vous sentir mal et vous allez avoir mal. Je sais que vous êtes capable de le gérer mais je vous aiderai à le faire au mieux.

- D'accord, merci Isaac. Et pour mon œil?

- Vous avez évité le pire avec cette blessure. La plaie en elle même guérira sans mal même si elle laissera une cicatrice. Les sortilèges de magie noire de cette puissance laissent des traces. Je pourrais aussi soigner l'œil en lui même mais je ne peux pas dire d'avance si vous récupérerez votre vue ou pas. En l'état, c'est impossible à prévoir. Je ferai de mon mieux pour le rétablir mais je ne peux rien promettre.

- On verra bien, relativisa-t-il. J'estime que je m'en sors bien, dit-il positivement en les faisant sourire.

- On peut dire ça. Vous nous avez fait peur, surtout avec cet Avada, remarqua sombrement le médicomage.

Tous avaient bien cru perdre le jeune lord lorsqu'il avait pris ce sort en pleine tête et personne ne savait comment il avait pu en réchapper. Tous avaient été choqués par cette scène et infiniment soulagés de voir le jeune homme y survivre.

- Est-ce que vous savez comment vous avez pu… vous en sortir? demanda Isaac sous l'attention de tous.

- Oui mais c'est… personnel, répondit-il. La chose me permet de m'en sortir mais cela met un choc de plus au corps, à la magie et c'est douloureux et déstabilisant sur l'instant, expliqua-t-il doucement.

- Je vois. Le plus important est que vous vous en sortiez, remarqua Isaac. Pour l'instant, vous allez manger, prendre vos potions et je vais vous ausculter.

Harry approuva et se laissa faire, sentant que cela rassurait ses amis autour de lui. Il mangea ce qu'on avait amené pour lui, Avismark expliquant qu'il avait été cherché un repas au château Potter pour lui, voulant être certain qu'il n'y avait aucun risque pour lui avec son repas. Et il avait aussi assuré que tout ce qu'il mangerait viendrait du château, préparé par ses elfes. Ce fut seulement alors que le jeune lord se rendit compte que ses amis s'étaient chargés pour lui de la seule chose à laquelle il n'avait pas vraiment prêté attention: sa propre sécurité. Ils semblaient bien décidés à être certains qu'ils ne lui arriveraient rien. Arthur et Amcinthe récupéraient doucement des combats, veillant constamment alors qu'ils n'avaient ni besoin de dormir ou de manger. Avismark se reposait dés qu'il le pouvait et s'était fait soigner, comme Adélème et Isaac mais pas un n'avait l'intention de le quitter, veillant étroitement.

Harry mangea sagement, laissant Isaac vérifier son état et lui faire prendre ses potions. Ainsi, lorsque le tout fut terminé, et si ce fut sans grand enthousiasme, ils le laissèrent se lever et s'habiller. Ce fut avec le soutient d'Amcinthe et d'Adélème qu'il se mit debout, serrant les dents à la douleur fulgurante qui fusa de sa jambe au point de lui troubler la vue. Il respira doucement avant de prendre sa baguette pour passer une belle tenue propre et digne de son rang, se coiffant d'un autre et cachant ses marques de faiblesses d'un dernier. Avismark vérifia qu'il n'y avait personne dans son bureau et que la porte était fermée et Amcinthe ne lui laissa pas le choix pour bouger. Il le souleva dans ses bras pour aller jusqu'à son bureau et le déposer délicatement sur son siège, Harry le remerciant avec un doux sourire. Une fois certain qu'il était bien installé, Arthur et Amcinthe disparurent pour veiller sur lui l'air de rien, tout en reprenant des forces. Isaac prit un fauteuil dans un coin avec Avismark qui, s'il n'avait plus son armure, avait toujours sa hallebarde avec lui. Adélème resta auprès de son protégé, prêt à l'aider et le jeune Ministre reprit son travail où il l'avait laissé, entrouvrant sa porte d'un sort pour indiquer que l'on pouvait venir.

S'il était encore tôt et que le temps était passé à toute vitesse, on était déjà au lendemain de la fin de la guerre et ce matin là, tout les journaux du pays avaient repris du service avec force, titrant sur l'évènement. Harry ne les regarda même pas, n'ayant guère le temps pour cela. Il fut heureux d'apprendre par Avismark que le directeur Ragnok avait accepté sa proposition. Il avait envoyé le gobelin demander au directeur de Gringotts s'il était disposé à venir donner son avis sur la situation économique et les mesures qu'il fallait potentiellement prendre pour rétablir les choses. Cela ne s'était jamais fait que de demander le conseil des gobelins. Pourtant, ils étaient certainement les plus au courant de la situation économique du pays et cela semblait évident pour Harry. Il ne s'en était donc pas privé et s'était réjouis d'apprendre qu'il avait accepté de venir à la réunion de l'après-midi.

Il ne fallut pas attendre longtemps pour que l'activité du Ministère, qui avait un peu ralenti avec la nuit, reprenne à plein régime. Harry vit Amélia venir le saluer et prendre de ses nouvelles, inquiète pour lui. Il la rassura et l'écouta faire son rapport. Elle avait réussi à compléter leur équipe durant la nuit et ils pourraient se mettre plus sérieusement encore au travail. Le Ministère était sans dessus dessous après le passage de Voldemort. Il n'y avait plus de Magenmagot opérationnel, plus de chef de département fiable alors qu'il n'y avait eu que des mangemort ou des partisans de Voldemort aux fonctions importantes. Des départements importants avaient été presque éliminés et d'autres, illégaux, créés. Il fallait remettre de l'ordre, recréer et réorganiser les services. Cela allait demander du temps alors qu'il fallait aussi parer au fonctionnement quotidien du pays. Et cela requérait une organisation millimétrée et un jugement juste des priorités. Heureusement, Harry, Amélia et l'équipe qu'ils avaient assemblé autour d'eux étaient doués pour cela.

Après Amélia, ce fut ses amis lords que Harry vit revenir. Ils n'étaient pas des employés du Ministère puisque les lois interdisaient aux lords de travailler au Ministère en dehors de leur poste au Magenmagot. Mais ils pouvaient être des conseillers et des consultants, surtout dans des situations comme celle qu'ils affrontaient en ce moment. Il ne s'en privait donc pas. En milieu de matinée, on donnait lieu à une grande réunion pour faire le point, le jeune Ministre entouré de ses conseillers. Amélia était là comme son bras droit, Gauvain Robards, comme chef des aurors, et d'autres pour prendre les commandes des diverses fonctions, ayant prêté serment pour prouver qu'ils étaient dignes de confiance.

Dans la semaine qui suivit la fin de la guerre, Harry fut sur tout les fronts pour rétablir un minimum les choses et gérer l'après, réorganiser le Ministère. Un Ministère qu'il ne quitta pas une seule seconde, profitant du petit appartement attenant à son bureau pour dormir un peu tout en restant présent et disponible au cas où. Si Gauvain s'était inquiété lourdement pour sa sécurité, Harry lui avait assuré qu'il avait ses propres gardes et qu'il ne devait pas mobiliser ses aurors pour lui alors que l'effectif était loin d'être complet et qu'il y avait fort à faire. D'autant plus qu'il ne quittait pas le Ministère. Isaac ne le quittait pas une seule seconde, toujours là pour l'aider si ça n'allait pas et si les malaises furent nombreux, Harry s'arrangeait toujours pour ne pas le laisser paraître en dehors de son cercle privé, toujours impeccable pour les autres. Les seules choses que l'on pouvait voir était le pansement sur son œil droit et une boiterie prononcée sur sa jambe droite. Et comme toujours, il en faisait plus que n'importe qui ne l'aurait fait dans son état, déterminé, endurant sans broncher.

Beaucoup de choses avaient été faîte en une semaine et en une semaine, le pays avait découvert ce qu'il s'était passé. Les journaux avaient des éditions du matin et du soir, décortiquant tout, interrogeant les témoins, analysant tout ce qu'il se passait. Ils avaient d'autant plus d'informations que sous la tutelle de Harry, le Ministère communiquait énormément, le jeune ministre décidant de jouer la transparence et l'honnêteté autant que possible pour rassurer les gens mais aussi expliquer ce qu'il se passait. Une équipe de communication avait d'ailleurs été constitué uniquement pour cela. Et que cela soit bien perçu ou non, il mettait sa marque, s'entourant de sorciers et de créatures magiques pour diriger, chose qui ne s'était plus vu depuis des siècles et des siècles.

On avait expliqué ce qu'il s'était passé à Poudlard, comment Harry avait pris les choses en mains à la fois pour protéger les habitants du château et combattre Voldemort. On avait révélé, comme prévu, l'existence du Pacte de Cabra et la liste des peuples ou clans qui y avaient participé. Les élèves étaient rentrés chez eux, l'école fermée mais beaucoup avaient témoigné sur ce qu'il s'était passé, ce qu'ils avaient vu. On parlait de tout cela dans les journaux et le Ministère confirmait ou infirmait les informations, surveillant de près ce qu'il se disait. Le jeune Ministre avait été soulagé de voir que, malgré les nombreuses fêtes, on avait respecté le secret magique cette fois, cela retirant du travail aux aurors en plus de lui assurer une image dors et déjà sérieuse et rigoureuse auprès de l'étranger, de la Confédération qui surveillait tout ce qu'il se passait. En ce moment, le Royaume Uni était le centre du monde magique avec cet improbable retournement de situation et les actes héroïques et historiques du plus jeune Ministre que le pays n'avait jamais eu.

Quitte à devoir réorganiser tout le Ministère, Harry et Amélia avaient décidé de poser les bases d'une réforme profonde de l'institution. On avait commencé par rétablir les départements les plus importants mais cette fois, on avait séparé la sécurité intérieure du Magenmagot. Autrefois, dans le même département, on avait désormais opté pour un département où l'on trouvait le bureau des aurors, les organes d'enquêtes et d'applications des lois, l'administration pénitentiaire, le parquet, la surveillance du secret magique… et un second département avec le Magenmagot, les organes législatifs et les tribunaux. Le département des accidents et catastrophes magiques avait aussi été une priorité pour reconstituer les unités d'oubliators et gérer les possibles interactions et débordements avec les moldus très nombreux sous Voldemort. On avait également travaillé sur le département de coopération magique internationale lui aussi très important en cet instant et le département du commerce et de l'économie qu'il fallait relancer au plus vite. Harry avait également insisté sur une autre section nouvelle et importante à ses yeux: un département de coopérations et de cohabitations des peuples magiques où l'on avait dors et déjà employé et emploierait des représentants créatures magiques pour, entre autre, faire le lien et tenter d'améliorer les choses. Cela demanderait encore des mois de travail mais Harry l'avait lancé, voulant mettre cela au clair sur le champs et montrer à ses alliés de guerre qu'il ne les oublierait pas.

Il y avait encore bien d'autres départements à rétablir mais cela viendrait ensuite, le plus important se situant dans ces secteurs. Harry avait pris la décision forte de demander à ses chefs de départements de recruter des créatures magiques au même titre que des sorciers s'ils avaient les compétences nécessaires. Il avait d'ailleurs nommé une elfe ancienne, Cameria, à la tête du département de coopération et de cohabitation des peuples magiques. La tête du département d'économie avait été prise par Églantine Fordane, sa professeur en la matière, reconnue pour son expertise et en excellente relation avec Gringotts avec qui elle avait travaillé. Elle n'avait d'ailleurs pas hésité à recruter des gobelins proposés par Ragnok, soumis à serment professionnel comme tout employé du Ministère sous l'égide de Harry. Elle même avait un héritage de veela, l'était donc en partie et avait décidé de le mettre en avant pour soutenir le nouveau Ministre.

La première semaine passa donc à toute vitesse et on abattit une somme de travail gigantesque. On s'était appliqué à aller libérer ceux, nombreux, que Voldemort avait injustement fait envoyer à Azkaban, à faire la liste des morts à la bataille de Poudlard pour rechercher les fuyards connus. Et beaucoup étaient dors et déjà identifiés, Harry ayant veillé à enregistrer les images des écrans magiques qui avaient été utilisés dans la Chambre et la grande salle pendant les combats. Les aurors avaient donc des photos magiques de presque tout le monde et pouvaient identifier les partisans de Voldemorts bien plus facilement. Si Harry avait été un peu dégoutté de s'en réjouir, il avait tout de même été soulagé d'apprendre que le cœur dur des mangemorts, les plus dangereux et proches de Voldemort, avait soit été tué, soit capturé à l'issue des combats à Poudlard mais aussi lors de la reprise du Ministère. En revanche, il n'avait pas regretté d'être satisfait de trouver Bellatrix sur la liste des morts. Cela ne l'avait pas surpris puisque Amcinthe s'en était chargé lui même, en rage contre elle après son avada kedavra sur lui. Aussi, il s'était jeté sur elle dés la reprise des combats et il ne l'avait pas raté. Parmi les prisonniers, on trouvait notamment Lucius Malfoy qui s'était enfuis en voyant que cela dérapait et Corban Yaxley qui avait été chargé de garder le Ministère quand Voldemort avait sonné le rappel des troupes à Poudlard.

Cette semaine avait aussi vu une bonne surprise du côté des lords alors que Harry avait appris que plusieurs étaient venus réclamer leur titre et leur place au Magenmagot, visiblement décidé maintenant que la guerre était terminée. Il avait été particulièrement heureux de voir Draco venir réclamer le titre Malfoy comme il lui recommandait depuis longtemps. Draco et Narcissa qui coopéraient d'ailleurs de bon grès avec les aurors pour témoigner, Harry ayant également apporté son témoignage sur leur cas pour assurer qu'ils n'étaient plus avec Voldemort depuis un moment. Si la majorité des têtes des mangemorts étaient soit mortes, soit capturées, il y avait des fuyards que les aurors cherchaient en marge de la restauration de l'ordre et de la sécurité du pays.

Avec tout cela, ce ne fut qu'au dimanche suivant, neuf jours après la mort de Voldemort et la fin de la guerre, que Harry s'était enfin permis de rentrer chez lui pour prendre la fin de la journée et la nuit pour se reposer un peu. Se reposer et surtout se faire soigner alors qu'il avait lutté encore et encore ces derniers jours, ne se ménageant que peu même s'il s'efforçait de marcher le moins possible. La chose était digne d'une torture avec sa jambe dans cet état. D'ailleurs, dés qu'il n'y avait plus d'image à tenir, Amcinthe s'était mis à le porter systématiquement, brûlant d'inquiétude pour lui. Et ce fut dans ses bras qu'il se retrouva une nouvelle fois en apparaissant dans le hall de son château, Isaac, Arthur, Avismark et Adélème sur les talons. Bien à l'abri chez lui avec les siens, il se permit de se détendre, se laissant aller dans les bras de son démon, à bout.

Lorsqu'il reprit un peu ses esprits après un moment, il réalisa qu'il était dans sa chambre, dans son lit, seul avec Isaac qui s'attelait à analyser son état une fois de plus. Il le laissa faire, épuisé, embrouillé mais aussi très satisfait. Si cela faisait des mois qu'ils travaillaient pour prévoir cette transition, pour faire en sorte qu'elle se déroule correctement, pour parer au plus pressé le plus efficacement possible… il n'avait pas espéré que cela se passe aussi bien que cela se passait. Mais il n'allait certainement pas s'en plaindre. Tous travaillaient très dur pour parvenir au but, déterminés depuis sa victoire. Il fallait dire aussi que le pays et la population commençait à peine à sortir de son choc face à tout ce qu'il s'était produit de manière tellement inattendue même si on en était absolument ravi. Le jeune Ministre savait qu'il ne faudrait plus très longtemps avant que certains ne tentent de profiter de la situation et de lui mettre des bâtons dans les roues. Dumbledore était le premier sur la liste. Contrains et forcé, il s'était d'abord occupé rapidement de Poudlard et des élèves, déléguant tout ce qu'il pouvait à Minerva pour revenir au Ministère. S'il n'avait plus tenté de parler à Harry, il avait bien essayé d'en influencer d'autres. Il n'avait pas eu le moindre succès pour l'instant mais il ne faisait nul doute pour le jeune lord qu'il n'allait pas en rester là.

Il laissa pourtant cela sur le côté, ayant décidé de prendre cette soirée et cette nuit pour se reposer. Amélia était à la manœuvre pour lui pendant ce temps et il savait qu'elle viendrait le chercher s'il y avait vraiment un problème. Il laissa Isaac faire son travail, tentant de s'éclaircir un peu les idées pendant ce temps. Rapidement, ses vêtements avaient été échangé pour lui mettre un pyjama. Il grimaça lorsque le médicomage usa de magie de lévitation très délicate pour surélever sa jambe broyée et la placer sur des coussins, l'entourant de sorts pour la maintenir correctement. Cela fait, il vint lui donner un puissant anti douleur alors qu'il était bien calé dans ses oreillers, semi assis. Isaac s'affaira un moment et cela plus l'immobilité bien installé dans son lit finit par permettre à Harry de se reconcentrer un peu.

- Il faut vous reposer, posa le médicomage en venant s'asseoir près de lui. Vous êtes épuisé et je sais que vous souffrez beaucoup. Alors vous ne bougez pas de ce lit jusqu'à demain. Vous avez plus que besoin de cette pause. Restez tranquille, mangez, dormez et détendez vous un peu.

- Où est-ce qu'on en est? demanda-t-il doucement en parlant de son état.

- Pas très loin avec le surmenage que vous vous imposez, admit Isaac. Mais je ne peux pas vous le reprocher cette fois. Vous faîte un travail admirable Harry. Seulement, il serait bon de revoir un peu votre rythme ne serait-ce que pour vous accorder au moins une heure de plus de sommeil chaque jour. Vous n'avez clairement pas assez et vous n'avez quasiment rien récupéré depuis la bataille. Je devrais avoir les élixirs de renforcement magique que j'ai commandé pour vous demain. Cela aidera. Mais il faut faire un peu plus attention à vous pour pouvoir guérir et reprendre des forces. Pour ce qui est de vos blessures, vous vous êtes tout de même bien amélioré. Il faut encore de la consolidation mais votre jambe mise à part, vos fractures sont ressoudées, vos entorses sont guéries. Nous en aurons fini avec l'empoisonnement de magie noire dans deux ou trois jours et lorsque cela sera fait, je pourrais guérir les plaies et les brûlures restantes en un jour ou deux. Votre commotion aussi a bien guéri. Votre épuisement physique et magique mis à part, il n'y a que votre jambe et votre œil qui restent compliqués. Mais je suis toujours optimiste sur leur récupération avec du temps, rassura-t-il. Pour l'instant, mangez puis dormez et vous ne sortez pas du lit avant ma visite demain matin.

- Vous pouvez dormir au château si vous voulez, murmura-t-il en ayant bien comprit que son ami n'avait pas l'intention de s'éloigner de lui.

Isaac ne l'avait pas lâché d'une semelle et il avait bien fait savoir qu'il ne le ferait pas tant qu'il ne serait pas dans un état stable et plus satisfaisant.

- Dobby m'a déjà préparé une chambre, assura-t-il avec le sourire. Ne vous en faîte pas pour ce genre de chose, nous nous en chargeons. Vous devez prendre un moment pour vous ce soir. Maintenant, je vais laisser Amcinthe entrer parce qu'il ne tiendra plus très longtemps derrière cette porte, s'amusa-t-il en le faisant sourire. Je peux presque le sentir bouillir d'impatience.

D'un sort, il ouvrit la porte et comme prévu, Amcinthe était auprès de son compagnon en une fraction de seconde, grimpant sur le lit de l'autre côté pour venir s'installer à ses côtés. Les autres avaient également suivis, inquiets pour Harry et Isaac les avaient rassuré. Tous le prièrent de déconnecter un peu ce soir avant de le laisser avec le démon, quittant la pièce pour lui laisser un moment de paix, en profitant eux aussi pour aller prendre du repos. Ce fut avec Amcinthe que Harry passa sa soirée et sa nuit, le démon veillant sur lui, dînant avec lui, passant la nuit à ses côtés. Une nuit qui fut particulièrement bienfaitrice pour le jeune lord ravi d'être chez lui, s'y sentant en sécurité et bien plus détendu. Mais ce fut surtout l'occasion de passer un moment tranquille avec Amcinthe qui fut salvateur. S'ils ne s'étaient pas quittés depuis la bataille, ils n'avaient pas eu une seconde à eux et tout deux furent heureux d'avoir ainsi quelques heures seuls ensemble sans travail, Harry se relaxant dans l'aura protectrice et douce du démon.

Le lendemain, comme promis, Harry attendit bien gentiment la visite d'Isaac avant de se lever. Et comme promis, Isaac vint le voir tôt, lui prodiguant ses soins, lui faisant ses recommandations avant de l'aider à se lever avec Amcinthe. Ce fut le démon qui se chargea de l'habiller de quelques sorts. Depuis la bataille, tous autour de Harry s'appliquaient à le décharger du moindre efforts physique ou magique qu'ils pouvaient prendre en charge, inquiet pour sa guérison. S'il en avait été gêné, le ministre avait cédé, ayant parfaitement vu que c'était une bataille perdue d'avance pour lui. Ce fut avec attention qu'il inspecta sa tenue, les apparences très importantes pour lui en ce moment. Elles l'étaient d'autant plus aujourd'hui. S'il avait décidé de rentrer chez lui cette nuit, c'était aussi pour reprendre une dose de courage avant un exercice qu'il n'appréciait guère: parler aux journalistes. Pour la première fois depuis la bataille de Poudlard, le ministre allait répondre aux questions des journalistes en direct, paraître en public alors que cela n'avait pas encore été fait.

Ce fut cependant dans un calme relatif qu'il arriva au Ministère ce matin là, entrant par le hall qui lui était réservé en tant que ministre. Comme toujours, Arthur, Amcinthe et Avismark l'accompagnaient comme garde, Isaac comme médicomage et Adélème comme l'un de ses plus proche conseiller. Il retrouva Amélia venue l'accueillir, lui faisant un état des lieux de ce qu'il s'était passé depuis son départ la veille tout en l'accompagnant à son bureau. Pour le moment, le ministère était inaccessible au public, aux journalistes. Harry avait décidé de le fermer pour ne laisser venir que le personnel qui avait été accrédité pour cela, pour que l'on puisse gérer la situation au mieux sans la pression des visiteurs. Certains services étaient ouvert pour recevoir les témoignages, les informations, les demandes des gens… mais il fallait être autorisé pour entrer. Bientôt, on rétablirait l'accessibilité du ministère mais pour le moment, on y croisait presque exclusivement ceux qui y travaillaient. L'ambiance était donc au travail et au sérieux ici. Cela n'empêcha guère que tous, sur le chemin du jeune ministre, prirent le temps de le saluer respectueusement lorsqu'il passait, Harry leur rendant sans faute. Très vite, il fut de nouveau au travail, assis à son bureau, rejoint par ses conseillers, les allées et venues autour de lui incessantes.

Lorsqu'il fut l'heure, il se mit en route pour rejoindre la salle prévue pour sa première conférence de presse. Arthur et Amcinthe avaient disparu dans son ombre et sa bague au dragon, se faisant gardiens discrets. Avismark l'accompagnait comme un garde, sa hallebarde à la main, le gobelin insistant pour venir avec lui même si Harry lui avait laissé le choix de ce qu'il désirait faire. Il n'avait pas hésité à endosser le rôle de garde pour lui, protecteur et cela touchait le jeune homme. Harry avait pourtant décidé d'aller à la rencontre des journalistes sans autres conseillers, seulement accompagné de quelques membres de l'équipe de communication du Ministère qui retranscriraient très fidèlement tout ce qui serait dit pour le publier au journal du Ministère qu'ils venaient tout juste de mettre en route pour expliquer tout ce qu'il se passait en ce moment du côté du gouvernement.

Soigneusement vêtu selon son rang, l'emblème du Ministère sur sa robe et Excalibur à la ceinture, il marcha aussi dignement qu'il le pouvait, boitant tout de même largement sur sa jambe blessée. Cela ne lui retirait pourtant pas une miette du charisme et de la présence que tous lui trouvaient. Lorsqu'il entra dans la salle de la conférence, tout les conviés étaient déjà là et on se leva d'un bloc à son entrée, respectueux. Comme on leur avait demandé, les photographes ne se jetèrent pas directement sur lui, gardant leurs appareils baissés. On leur avait demandé d'être respectueux et polis, promettant un moment photo à la fin de la conférence. Les journalistes présents avaient été triés sur le volet et venaient également de l'étranger pour une bonne part, ce qu'il se passait au Royaume Unis cristallisant l'attention de beaucoup de monde. Harry s'avança vers l'avant de la salle, les aurors présents pour maintenir la sécurité fermant les portes. Le ministre gagna la petite estrade à l'avant, y grimpant pour venir se poster devant le fauteuil qui avait été prévu pour lui, faisant face à l'assemblée compacte qui était là, concentrée sur lui.

- Bonjour à toutes et à tous, commença-t-il. Je vous remercie d'être venu. Comme cela vous a été expliqué avant cette conférence, je vais répondre à vos questions. Madame Serdrain ici présente distribuera la parole, dit-il en désignant la chef de l'équipe de communication. Je vous prierai de respecter cela, chacun aura son tour. Prenez place je vous prie.

Il s'assit et tous en firent de même, Avismark se tenant juste derrière lui en bon garde, les autres membre de son équipe autour de lui. Brooke Sedrain, la chef de l'équipe de communication prit les chose en main pour rappeler les règles, réclamant politesse et respect de la parole des autres, les priant de ne pas réitérer les mêmes questions pour ne pas perdre de temps à se répéter. Tout cela dit, elle donna la parole au premier journaliste, commençant par les britanniques:

- Nous savons désormais ce qu'il s'est grossièrement passé à la bataille de Poudlard avec l'apparition très inattendue de votre armée, commença-t-il. Comment avez vous construit une telle chose?

- Ce n'est un secret pour personne que j'étais la cible prioritaire de Voldemort, posa-t-il. Il était évident pour moi que je l'affronterai un jour ou l'autre, raison pour laquelle je me suis entraîné et préparé. Mais il est aussi très vite apparu évident que l'armée qu'il avait assemblé poserait un gros problème que je ne pourrais pas affronter seul. Trouver des alliés était vital pour réussir à remporter cette guerre. Lorsque j'ai commencé cette recherche d'alliés, je n'avais pas vraiment de contact approprié. J'ai demandé l'aide de quelques amis, leur conseil sur les possibilités et pour certains, j'y suis allé plus directement pour leur demander leur aide. Cela a fait l'objet de tractations qui ont débouché sur le Pacte de Cabra que vous connaissez désormais tous. Ils ont répondus présents lorsque je leur ai demandé leur aide parce que, comme moi, ils désiraient libérer leur pays et ramener la paix.

- Il est pourtant de notoriété publique qu'ils n'ont jamais voulu coopérer avec l'ancien Ministère ou avec Dumbledore, posa un autre. Que leur avez vous promis pour obtenir une telle chose? Est-ce que cela a à voir avec la politique pro-créature que vous menez déjà?

- Ces peuples avaient de très bonnes raisons de ne pas coopérer avec les précédents gouvernements, remarqua-t-il calmement. Ces gouvernements étaient répressifs avec eux. Je n'exagère pas mes mots en disant qu'ils étaient la cible de persécutions et de discriminations en tout genre, de privation de liberté. Ce sont des faits. Ils n'avaient alors aucune raison de se donner du mal ou de risquer leurs vies pour un pays qui les traitait de cette manière d'autant plus qu'on leur demandait de le faire totalement gratuitement et sans avoir leur mot à dire dans la manière de faire. Cela était valable vis à vis de l'ancien Ministère mais aussi de Dumbledore. Ni l'un ni l'autre n'avait le moindre capitale confiance auprès d'eux. On m'aurait demandé à moi de me battre pour Voldemort que cela serait revenu au même. Pour ma part, j'ai su leur inspirer cette confiance, je les ai traité en égaux avec respect. Les promesses que je leur ai faîte sont dors et déjà connues et toutes précisément énumérées dans le Pacte de Cabra dont les détails ont été publié. La politique que je mène n'est pas spécialement pro-créature. La politique que je mène vise à défendre les droits, l'égalité, la paix, la justice et la prospérité de tout, et je dis bien de tout les peuples magiques du Royaume Unis. Je considère que nous sommes tous égaux, que nous faisons tous partis de ce pays et que nous devrions tous avoir les même droits et les mêmes devoirs. Les sorciers ne sont pas supérieurs aux créatures magiques et cela, je l'ai toujours eu pour conviction et c'est parce que je défend cette conviction, naturellement, que ces peuples ont accepté de m'aider. Au final, ils ne souhaitent que vivre en paix et en harmonie avec nous, égaux avec nous et c'est ce que j'ai promis de promouvoir. Ce qui a déjà été fait pour cela va en ce sens et il ne s'agit nullement de mettre un peuple au dessus d'un autre, simplement de tous nous mettre sur un pied d'égalité. Notre pays a connu bien assez de guerre et de souffrance, cela suffit. Je me suis battu pour la paix pour tous, pas seulement pour quelques uns et je compte bien défendre cela.

- Beaucoup contestent votre accession au poste de Ministre dans ces conditions, constata un autre journaliste. Albus Dumbledore notamment a déclaré que vous aviez pris le poste de force. Que répondez vous à cela?

- Que ces personnes devraient prendre connaissance des lois de ce pays, répondit-il en amusant plusieurs présents. Premièrement, dit-il en levant ses mains où il accentua la magie pour faire apparaître la glyphe de sa fonction sur elles, ceci prouve que j'ai été reconnu comme le candidat désigné pour le poste, reconnu par la magie des lois de ce pays. Je n'ai pas simplement pris ce poste parce que j'en avais envie mais parce que j'étais le premier sur la liste pour cela, c'est mon devoir. La nomination d'un Ministre de transition en cas de crise est encadrée par la loi et si j'ai pris le poste, c'est parce que j'ai été désigné par la loi et que j'en endosse le devoir avec joie. Il n'y a aucune autre raison. Si cela avait dû être quelqu'un d'autre, désigné par la loi j'entends, j'aurais soutenu cette personne. Je note avec amusement que ceux qui me contestent ce devoir sont ceux qui auraient aimé être à cette place sans avoir le droit d'y prétendre devant la loi, sourit-il en les amusant à nouveau.

- Pouvez-vous préciser à quelle loi vous faîtes référence? Autant les spécialistes reconnaissent votre légitimité de par l'acceptation par les lois magiques que vous avez reçu, autant ils sont incapables de donner une explication claire à votre nomination à ce poste, constata-t-il.

Harry ne fut pas surpris. Comme Amélia, même ceux qui s'y connaissaient réellement au sujet des lois de ce pays n'avaient bien souvent pas connaissance des lois anciennes. Et donc, tout le monde était un peu perdu à ce sujet, d'autant plus avec Dumbledore et les autres opposants qui commençaient à dire tout et n'importe quoi à ce sujet.

- Lorsque madame Bones et moi même avons repris le Ministère, nous sommes partis d'un constat, d'un état des lieux. Dans les années qui ont précédé la prise du Ministère par Voldemort nous avons vu une politique néfaste s'installer. Puis Voldemort a pris le Ministère et instauré illégalement et arbitrairement tout un tas de lois abjectes. Dans le même temps, il a annulé, abrogé ou supprimé de nombreuses lois antérieures. Aussi, lorsque nous avons repris le contrôle du Ministère, et en mettant de côté les lois instaurées par Voldemort que nous avons dors et déjà abrogé, ce qu'il restait du système législatif du pays était un beau bazar pour dire cela simplement. Un bazar baigné d'un flou total sur les règles en vigueur. Nous étions pourtant bien décidés à restaurer l'ordre et la loi, la justice dans ce pays. Nous nous sommes donc appuyés sur la base de lois solides qu'il restait. Il s'agit du socle de lois originelles du Ministère, celui qui a été construit et mis en place lors de la création du Conseil des Sorciers qui est plus tard devenu le Ministère. Ces lois sont toujours en vigueur et sont le socle, la base et les fondations de tout notre système de loi. Il inclut d'ailleurs la Trace et l'identification des nés moldus entre autres choses de premier ordre qui nous sont indispensables. Pour rappel, avant que notre pays ne soit dirigé par le Conseil des Sorciers, aujourd'hui Ministère, il l'était par la Chambre des Lords magiques du pays, originellement désignés par la Magie pour gouverner. Lorsque la Chambre des Lords a passé le pouvoir au Conseil, il a transmis ce socle de lois au Conseil qui approuvait et qui s'est appuyé là dessus pour ensuite faire évoluer le pays. Ces lois sont très anciennes, elles ne couvrent donc pas tout de notre société actuelle. Seulement, elles sont aussi tout à fait à propos, valables, justes et justifiés aujourd'hui.

Il marqua une pause, s'assurant d'un coup d'œil aux auras de la pièce qu'il ne perdait personne, sachant à quel point ce sujet était important pour sa crédibilité et celle de son Ministère.

- Ces lois sont anciennes mais elles concernent des principes et des règles, des devoirs et des droits qui sont encore largement fondés à l'heure actuelle. Nous parlons là de la Trace, de la limitation de l'usage de magie avant la majorité, de l'interdiction des impardonnables… Toutes ces lois anciennes et solides qui sont entrées dans le quotidiens et la logique de tout le monde. Lorsque la Chambre des Lords a passé le pouvoir au Conseil, les lords et ce Conseil ont prévu tout un cadre nouveau, pour ce nouveau système de gouvernement, afin de protéger le pays. Bien sûr, les lois encadrant la nomination d'un dirigeant ont fait parti de cela. Il s'agissait du chef du Conseil des Sorciers en ce temps puis du Ministre mais les lois pour ce point précis sont restées les mêmes. En temps normal, le Ministre est, comme vous le savez, désigné par un système de vote qui a évolué au fil du temps depuis le Conseil. Mais, bien sûr, un cadre a aussi été posé en cas de crise grave pour le pays, en cas de défaillance importante ou d'absence de dirigeant élu. Ces lois n'avaient jamais servies jusque là parce que nous n'avons jamais eu besoin d'elles. Elles existent pourtant et existent pour nous aider à désigner légalement un dirigeant légitime reconnu par la loi magique.

- Cette fonction de Ministre de transition dont-il est question? déduisit un autre journaliste.

- Oui. Dans un cas comme celui que nous traversons, avec une crise de cette ampleur et sans ministre élu légitime, les lois anciennes qui ont fondé notre pays prévoient la nomination d'un chef ou aujourd'hui d'un ministre de transition. La loi nous indique qui peut prétendre à ce poste dans un ordre précis, avec des conditions à remplir. Il se trouve que je suis le premier sur cette liste. Comme je l'ai expliqué lorsque nous avons repris le Ministère, un ministre de transition n'a pas vocation à rester plus de sept mois et doit organiser dans ce laps de temps des élections pour qu'un nouveau dirigeant élu puisse être désigné. La loi encadre également les pouvoirs du Ministre de transition. Ils sont différents d'un Ministre élu car prévu pour lui permettre de reprendre les choses en main et de rétablir le pays dans une situation de crise grave comme celle que nous avons traversé. Cela inclus entre autre l'abrogation et la création de lois ou la réorganisation du Ministère, la nomination des divers postes… Tout ce qui est nécessaire. En temps normal, un ministre ne peut décider seul de ce genre de chose. Le Magenmagot, entre autre, a un large pouvoir sur les lois et le gouvernement. Seulement, les pouvoirs du ministre de transition sont fait pour qu'il puisse restaurer le pays et y remettre de l'ordre même dans un bazar comme celui dont nous avons hérité, sans même un début de Magenmagot légitime. Donc non, je n'ai pas pris ce poste de force ou illégalement, loin de là. Je l'ai pris parce que c'est la loi et je le rendrai dans le délai imparti au prochain Ministre élu quel qu'il soit.

- Comment est désigné le ministre de transition?

- Il y a une liste de personnes, ou plutôt de fonctions, inscrite dans la loi dans un ordre précis pour occuper cette place. Le premier, ou la première si cela avait été une dame, sur cette liste est l'archimage de la Chambre des Lords. Lorsque la Chambre des Lords a passé le pouvoir au Conseil des Sorciers, il a tout de même été décidé que les lords magiques du pays garderaient une place importante dans ce nouveau système. Cela se traduit notamment par leur siège au Magenmagot. Encore une fois, ce droit et devoir des lords est inscrit dans la loi. Lors de cette passation, dont le but était avant tout de transmettre le pouvoir au peuple à l'époque et non plus aux lords, diverses lois sont venues encadrer le rôle des lords. On y trouve notamment la règle selon laquelle un lord ne peut se présenter à l'élection du ministre et ne peut travailler pour le Ministère hors siège au Magenmagot. Ils gardent toutefois un très dans rôle de consultation et de conseil avec certaines prérogatives dans des cas précis. Si la Chambre des Lords ne dirige plus le pays, elle existe toujours. Je passerai sur le fonctionnement de la Chambre, il faudrait des semaines pour le détailler, mais la Chambre des Lords a un dirigeant pour dire cela grossièrement. Il s'agit de l'archimage de la Chambre des Lords. Il est désigné, par la Magie elle même, parmi les lords reconnus comme légitimes par elle.

- Donc vous dirigez la Chambre des Lords sur nomination de la Magie en personne? questionna un journaliste aussi abasourdi que les autres face à tout cela.

- C'est exact, approuva-t-il alors que les plumes grattaient furieusement le parchemin partout dans la salle. Il s'agit là d'un processus magique extrêmement ancien qui remonte au fondement même de ce pays, au sens de pays magique et non moldu. La nuance est importante puisque notre société magique et les lords du pays sont beaucoup plus anciens que leurs homologues moldus. Mais oui, c'est la Magie elle même qui désigne l'archimage de la Chambre des Lords. Et c'est l'archimage de la Chambre des Lords qui est le premier de la liste légale pour occuper le poste de Ministre de transition en cas de crise importante du pays sans Ministre élu légitime. Viennent ensuite sur cette liste le président du Magenmagot en poste s'il y en a un au moment de la nomination du Ministre de transition, à condition que ce président ait été nommé dans les règles de l'art. Il n'y en a pas dans notre cas. Puis il y a le délégué du Royaume Unis à la Confédération Internationale des Sorciers, que nous n'avons plus non plus depuis l'arrivée de Voldemort au pouvoir. Le président du département de la justice du Ministère, là encore uniquement s'il est nommé dans les règles, est la personne suivante. Et ainsi de suite. Il y a une longue liste de candidats dans la loi, faîte pour trouver un ministre de transition adapté quel que soit la situation. Je suis le premier nom sur cette liste et c'est pour cela que je suis venu prendre cette fonction. C'est un devoir que j'ai accepté d'endosser en prenant mes titres et en entrant à la Chambre des Lords. Ces lois et ce système sont méconnus de par leur ancienneté et le fait que nous n'en n'avons pas eu besoin jusqu'ici mais ils existent bien, sont en vigueur et c'est sur cette base solide que moi et madame Bones avons décidé de reprendre les choses.

- Le retour de madame Bones a surpris tout le monde, remarqua un autre. Votre Ministère a communiqué sur la question pour expliquer que Vous-savez-qui avait camouflé son enlèvement en meurtre et validé son identité. Madame Bones a également déclaré qu'elle vous devait d'avoir retrouvé la liberté. Peut-on en savoir plus à ce sujet?

- Comme vous le savez maintenant, et si j'ai fait cela de manière aussi discrète que possible pour des raisons évidentes, je me préparais à combattre Voldemort et j'ai mené des actions dans ce but bien avant la Bataille de Poudlard. C'est au cour de l'une de ces actions que j'ai eu la chance de tomber sur madame Bones qui était retenue prisonnière et que j'ai bien évidemment libéré dans la manœuvre. J'ai été aussi surpris que tous l'ont été en constatant sa survie. Pour sa protection, je me suis chargé de la mettre en sécurité. J'étais alors en train de construire le Pacte de Cabra et je savais aussi que préparer cette guerre, cette bataille, n'était pas la seule chose à faire. Il fallait également préparer une reprise du Ministère et anticiper une remise en ordre du pays. J'avais déjà une très bonne image de madame Bones avant sa disparition et comme tous, je connaissais son professionnalisme, sa droiture, sa grande connaissance du Ministère et des lois, sa détermination. Dés sa libération, elle s'est montrée très motivée pour se battre pour ce pays, le libérer et mettre fin à la guerre. Aussi, c'est tout naturellement que nous avons travaillé ensemble et qu'elle a pris en mains cette partie restauration du Ministère pour préparer la chose afin que nous puissions agir le plus efficacement possible le moment venu. Nous avons gardé sa libération secrète pour sa sécurité mais aussi pour lui permettre de travailler discrètement sur cette partie des choses, construire une équipe de personnes fiables et anticiper tout cela. Si j'y travaillais déjà, madame Bones m'a été d'une très grande aide et elle est l'artisan principal de cette remise sur pied du Ministère. Sans elle, tout ceci aurait été certainement bien plus complexe.

- Il existe encore un flou sur l'organisation de la sécurité à Poudlard avant et pendant la bataille, releva le journaliste suivant. La majorité des témoignages rapportent que vous êtes l'unique artisan à la fois du plan d'évacuation de Pré-au-lard et de la mise en place de la barrière protectrice du château ainsi que du refuge au sein de la Chambre des Secrets. Quelques autres disent que vous avez fait cela sous la direction d'Albus Dumbledore et d'autres, dont Albus Dumbledore lui même, disent que le directeur est à l'origine de ces plans. Pouvez-vous éclaircir la situation?

- Avec plaisir, répondit-il. Je suis la seule et unique personne à l'origine de ces initiatives. Je suis celui qui les a mis en place seul et rares étaient ceux qui étaient au courant avant la bataille. Albus Dumbledore n'a participé en aucune manière et n'était pas au courant de quoi que ce soit avant de se retrouver lui même dans la Chambre des Secrets lorsque Voldemort est arrivé. Il n'a joué aucun rôle dans ces mesures de protections. C'est justement parce que j'ai constaté que rien n'avait été prévu pour mettre en sécurité les élèves et leur permettre d'évacuer en cas d'attaque que j'ai pris ces initiatives. Étant au cœur de cette guerre et me préparant à affronter Voldemort et son armée, il m'était apparus évident que Poudlard serait la cible finale et principale. Et si Poudlard devait être attaqué, il était aussi évident que l'armée de Voldemort passerait d'abord par Pré-au-lard. J'étais très inquiet au sujet de la sécurité des villageois et des élèves, du personnel de Poudlard. Je me suis renseigné et j'ai constaté que rien n'avait été prévu pour les protéger et leur donner une issue de secours en cas d'attaque. C'est pour cela que j'ai pris ces initiatives et très peu de personnes étaient au courant, uniquement des personnes en qui j'avais confiance pour conduire les autres en lieux sûr si jamais je venais à ne pas pouvoir le faire moi même. Albus Dumbledore n'a pas participé, en aucune façon, à aucun moment ou n'a même eu un mot en ce sens. C'est aussi à cause de son manque de prévoyance que les trois derniers voyages du Poudlard express ont pu être attaqué. Comme vous le savez, j'ai pu paré à deux d'entre elles et j'avais très lourdement mis en garde la direction de l'école, dés la rentrée, sur la nécessité de protéger le train, les gares et le voyage. Une mise en garde qui n'a pas été écouté. Albus Dumbledore n'a rien fait pour protéger ces personnes et cela faisait déjà longtemps que j'avais coupé toute relation avec lui. Ce n'est donc certainement pas sous ses consignes ou conseils que j'ai fait cela. Et s'il continue à affirmer l'inverse, je l'invite à jurer sur sa magie qu'il l'a fait parce que moi je n'aurais aucun problème à le faire et beaucoup de personnes peuvent témoigner de la véracité de mes propos.

Une fois de plus, ce fut avec enthousiasme que les journalistes prirent tout en note. Il fallait dire que Dumbledore s'employait à se donner le meilleur rôle possible dans cette histoire et ce même si les témoignages n'allaient pas dans son sens. Il tentait de se placer en tant que faiseur de la victoire, comme celui qui avait tout orchestré, comme la personne la plus proche du jeune Ministre et comme celui qui était le plus à même de reprendre le pays. Il contestait la place que le jeune lord avait pris et tout ce qu'il faisait, tentant de le faire passer pour un jeune irresponsable et ce même si ses dires avaient peine à tenir la route. Seulement, il y avait encore des flous alors qu'on était loin d'avoir tout dit, les enquêtes des aurors étant la priorité. Et Dumbledore avait toujours un grand poids dans la société. On avait donc tendance à croire ce qu'il disait même s'il y avait de sérieux doutes et de nombreuses voix disant le contraire de ses déclarations. Une seule personne avait actuellement plus de poids que lui dans le pays et cette personne était justement Harry, tous attendant qu'il tranche en donnant sa version des choses. Tout cela était donc très croustillant pour eux et essentiel à dire pour lui.

- Pouvez-vous éclaircir votre relation avec Albus Dumbledore? demanda le suivant en posant la question qui les démangeait tous. Jusqu'à présent, il était de notoriété publique qu'il était l'ami et le mentor de vos parents ainsi que le vôtre. Et il se disait aussi que vous faisiez partie de son groupe, l'Ordre du Phénix. Qu'en est-il réellement?

- Je ne peux malheureusement pas répondre pour mes parents étant donné que je ne les ai pas connu et que je prend avec précaution ce qui peut m'être dit sur eux par d'autres, commença-t-il. En revanche, je peux vous dire ce qu'il en est très précisément de mon côté. Il est vrai qu'il fut un temps où j'avais confiance en Albus Dumbledore. Je l'écoutais lui et ses conseils et je pensais sincèrement qu'il était de bonne foi. J'ai eu connaissance de l'existence de l'Ordre du Phénix à l'été 1995. Le peu que j'en savais était qu'il s'agissait d'une organisation créé par Albus Dumbledore dans le but de combattre Voldemort et que mes parents y avaient pris part lors de la première guerre contre lui. Je voulais aider, je voulais me battre alors j'ai voulu faire parti de l'Ordre qui se reformait à ce moment là. On me l'a refusé en raison de mon jeune âge, fit-il avec ironie. J'aurais aimé que mon âge soit un problème pour Voldemort aussi, ironisa-t-il en les faisant rire. Finalement, je n'ai jamais fais partie de l'Ordre même si je travaillais dans le même sens qu'eux. Je ne nie pas avoir eu des relations avec eux un moment. Seulement, j'ai coupé toute relation avec eux après les évènements du département des mystères de juin 1996.

Il marqua une pause, constatant que tous étaient pendus à ses lèvres. Il respira doucement pour maîtriser la douleur qui le tenait, se focalisant sur son discours.

- J'ai décidé, suite à ces évènements, de cesser toute relation avec Albus Dumbledore et son Ordre du Phénix. «Pourquoi?» sera assurément votre prochaine question, posa-t-il en les faisant approuver dans un bel ensemble qui aurait pu être comique. Je l'ai fait parce que ces évènements m'ont permis de réaliser que je ne pouvais pas avoir confiance en Albus Dumbledore et que suivre ce qu'il disait et voulait que je fasse ne faisais que me mettre en danger moi et mon entourage, ne faisais qu'aggraver les choses dans ma situation vis à vis de Voldemort. J'ai réalisé que beaucoup trop de choses étaient étranges avec l'Ordre, incomplètes et j'ai acquis l'intime conviction qu'il était préférable pour moi de prendre mes distances et de faire les choses à ma façon.

- Qu'est-ce qui était bizarre ou incomplet? demanda-t-on.

- Et bien je ne saurais vous dire étant donné que l'Ordre ne me disait rien du tout et que j'ignore encore maintenant ce qu'ils savaient ou pas. J'ai mon idée sur la question mais pas de preuve alors je m'abstiendrai de faire autre chose que de partager mon sentiment. Ce sentiment était de ne pas être en sécurité avec eux, de ne pas pouvoir leur faire confiance pour moi même ou pour la guerre. C'est pour cette raison que j'ai coupé toute relation avec Albus Dumbledore et l'Ordre du Phénix. Ce qu'il s'est passé au département des mystères m'a fait réaliser que je n'écoutais pas les bonnes personnes et qu'il était préférable que je commence par m'écouter moi même et par faire les choses par moi même. Ce qui, je pense, m'a plutôt réussis puisque je suis toujours en vie aujourd'hui pour vous parler, dit-il en les amusant une fois encore. Pour être tout à fait clair, j'ai rompu toute relation avec Albus Dumbledore et son Ordre après les évènements du département des mystères et je leur ai clairement signifié la chose peu après ma rentrée en sixième année. Dés lors, Albus Dumbledore n'était plus que le directeur de l'école de magie dans laquelle j'étudiais et cette relation était déjà de trop pour moi. Albus Dumbledore et son Ordre ne savaient strictement rien de ce que je pouvais faire ou non, de ce que j'entreprenais ou non et ils ne savaient donc rien des solutions de sécurité que j'avais mis en place à Poudlard. J'ai veillé à les garder soigneusement secrètes pour les protéger jusqu'au moment où elles seraient nécessaires. Cela fait déjà bien longtemps que je n'écoute plus Albus Dumbledore et même que je me méfie de tout ce qu'il peut dire ou faire.

- Albus Dumbledore ne fait donc pas parti de vos proches conseillers? Il dit l'être.

- C'est complètement faux. Je vais me répéter mais j'ai rompu tout lien avec lui après les évènements du département des mystères et je lui ai clairement signifié cet état de fait à ma rentrée de ma sixième année, en face à face. Comme il s'est clairement vu signifier, quelques heures après que je sois devenu Ministre, que son conseil ou même sa simple présence n'était pas désirée au Ministère. J'estime que Albus Dumbledore a eu sa chance. Il a longtemps fait parti des dirigeants de ce pays, il a longtemps eu l'occasion de faire ses preuves et moi, il ne m'a pas convaincu bien au contraire. C'est la raison pour laquelle que lui ai refusé une place au sein de mon Ministère ou de mes conseillers et consultants.

- Vous l'avez gardé à l'écart de la bataille à Poudlard, pourquoi?

- Premièrement, je n'avais pas confiance en lui et c'est un point très important dans un tel combat. J'avais en revanche confiance en ceux avec qui je me suis battu. Comme je l'ai dit un peu plus tôt, les participants au Pacte de Cabra n'avaient pas confiance en lui eux non plus et ne voulaient pas l'avoir avec eux. Sa présence n'aurait fait que nous compliquer les choses alors que nous étions déjà préparé et coordonné. Deuxièmement, son devoir en tant que directeur de l'école était avant tout de protéger ses élèves et de les conduire en sécurité au besoin. J'estimais que sa place était là et nul part ailleurs que cela lui plaise ou non.

- La présence de démons et d'anges et en particulier d'un démon a été rapporté. Ces êtres ne peuvent être parmi nous que suite à une invocation. Qui a fait cette invocation?

- J'ai fait cette invocation dans un but précis, répondit-il sans hésiter. Dans le secret, je menais diverses actions pour tenter de rassembler plus d'information sur Voldemort, son armée et tout ce qu'il pouvait avoir à sa disposition. L'une de ces recherches m'a conduit à une de ses cachettes où se trouvaient rassemblés plusieurs centaines d'inferis, expliqua-t-il en les glaçant d'effroi. Ils étaient supposément là pour protéger cette cache, c'est du moins ce que j'ai déduis. Après vérification, il s'est avéré que cette cache ne cachait plus que ces créatures. Je n'avais que trop conscience de ce à quoi ces inferis pourraient servir et j'ai pris la décision de les détruire. Quitte à les détruire et sachant que j'aurais assurément besoin de soutien face à d'autres utilisations de magie noire aussi avancée que celle là, j'ai décidé de détruire ces inferis en faisant une invocation démoniaque dans le but de passer un pacte pour avoir un allié qui saurait m'aider à combattre ces puissantes magies noires. J'ai eu une réponse et la chance d'y gagner non seulement un allié précieux mais aussi une personne qui est devenue très proche de moi et en qui j'ai toute confiance.

- Vous donnez votre confiance à un démon? osa quelqu'un.

- J'ai donné ma confiance à un être formidable qui m'a prouvé mille fois qu'il la méritait, qui s'est battu à mes côtés, qui m'a été d'une aide très précieuse et qui a fait beaucoup pour moi. La nature d'un être, son peuple, m'importe peu lorsqu'il s'agit de fixer mon avis sur quelqu'un. Seul ce que l'on est avec moi, ce que l'on fait, a une valeur et le démon en question fait assurément parti de ceux qui ont fait le plus pour moi dans ma vie alors oui, il a ma confiance comme tout les membres du Pacte de Cabra et les personnes dont je me suis entourées. Vous savez, je connais beaucoup de créatures magiques aujourd'hui, j'ai eu la chance de croiser la route de beaucoup d'entre elles. Et au fond, les sorciers, les moldu ou les créatures magiques… aucun n'est meilleur ou moins bon qu'un autre à mes yeux. Pour moi, chacun est unique et chacun peut être ce qu'il veut être bon ou mauvais. Mais la nature d'un être n'est certainement pas fixée par son peuple, son sang, son ascendance ou toute ces choses dont nous n'avons pas décidé mais qui nous ont été imposé. Ce qui détermine ce que nous sommes, ce sont nos actions, nos combats, nos réussites et nos échecs, notre façon de traiter les autres, de traiter ce monde, notre volonté et ce que nous choisissons de défendre. Il n'y a que cela qui compte pour moi et c'est pour cette raison que j'ai toujours autant de respect pour les êtres magiques que pour les sorciers ou les moldus.