Mage seigneurial

Chapitre 38:

Retour au calme

La conférence de presse avait finalement durée plusieurs heures. Mais même en plusieurs heures, ils n'eurent pas le temps de parler de tout. Après avoir discuté de l'invocation démoniaque, le sujet d'Excalibur était arrivé et il avait confirmé, comme il avait confirmé pour Arthur qui lui en avait donné la permission et qui l'avait même prié de se servir de ça pour renforcer sa position. Cela avait été l'objet de beaucoup de questions comme bien d'autres choses parmi lesquelles son état de santé personnel. Avismark avait également été sujet aux interrogations et il avait simplement expliqué qu'il était son ami et qu'il travaillait pour lui depuis un moment, comme le gobelin le voulait. Harry s'était appliqué à clarifier autant sur ce qu'il s'était passé que sur la politique qu'il menait en ce moment. Lorsque l'heure limite de fin fixée arriva, et si tous avaient encore des questions, on accepta avec respect de laisser le jeune ministre, et héros du pays, repartir à son travail. Quelques photos furent prises puis Harry clôtura, assurant que le service de communication du Ministère continuerait à leur répondre au fil des évènements. Escorté par Avismark de manière bien visible et par Arthur et Amcinthe dans son ombre et sa chevalière, il retourna en boitant à son bureau, luttant pour tenir son image.

Une image qui s'effondra lorsque la porte fut refermée. Il n'eut pourtant pas le temps de vaciller que Amcinthe apparaissait à ses côtés, venant le cueillir dans ses bras avec délicatesse. Il se laissa faire, épuisé et Arthur les devança pour ouvrir l'appartement privé qu'il y avait derrière. Bientôt, il était installé avec précaution dans le lit qui se trouvait là, Amcinthe prenant place près de lui en lui souriant, assurant que Isaac allait arriver. Et ce fut bien le cas un instant plus tard, le médicomage arrivant avec Adélème, ayant attendu avec lui la fin de la conférence de presse pour rejoindre le ministre. Et il vint immédiatement examiner son ami et patient, lui donnant de quoi calmer sa douleur et ses malaises, le priant de prendre quelques minutes pour souffler et pour manger. Harry obéit, son entourage heureux de le voir se reposer un peu sur eux lorsqu'il s'agissait de son propre état. Isaac était plus que soulagé de parvenir à lui faire suivre ses conseils au maximum même si le jeune homme travaillait comme un forçat. Au moins, il avait gardé un minimum de limite, ménageait un temps de repos minimal, se laissait soigner et prenait toutes les précautions qu'il lui avait donné autant qu'il le pouvait. Cela ne l'empêchait pas d'être à bout de force, de souffrir énormément et de ne pas voir son état général s'améliorer.

Ce fut fidèlement que ce qu'il avait dit à la conférence de presse fut retranscris dans les journaux et comme on pouvait s'y attendre, ils développaient plus encore chaque sujet, faisant leurs propres recherches. Le journal du Ministère publiait lui aussi une retranscription de la conférence, s'assurant ainsi que tout soit exact et qu'on ne puisse pas jouer avec telle ou telle phrase. Il donnait également plus de précisions. Et bien sûr, il y eut des réponses de toutes sortes que ce soit en sa faveur ou non, ses détracteurs s'amusant à décortiquer et critiquer, à dire que les lois dont-il parlait n'étaient plus valables, désuètes. On continuait à donner des témoignages de tout ce qu'il se passait et il fallut que Dumbledore réponde à ce qu'il avait dit et à ses mensonges. Il eut bien du mal à s'en sortir, avançant que ce n'était qu'un mal entendu entre eux, éludant, détournant pour finalement ne pas répondre vraiment et préférer revenir sur ses sujets à lui et ce qui disqualifiait Harry comme Ministre à ses yeux. Seulement, il découvrit aussi durement que désormais, la voix de Harry pesait bien plus que la sienne, surtout quand on faisait le bilan de tout ce qu'il s'était passé.

Ne s'occupant pas vraiment de ces débats dehors, Harry se remit au travail sans s'arrêter une seule seconde, ne prenant que le stricte minimum de pause pour lui même. Quinze jours après la Bataille de Poudlard, il prenait cependant un moment pour lui, rentrant au château Potter pour la deuxième fois. Le jeune Ministre ne quittait presque jamais le Ministère, usant de chacune de ses secondes libres pour le pays. Mais cette fois, il rentrait chez lui pour une soirée et une nuit. S'il laissait Isaac le soigner dans l'appartement du bureau du ministre, il préférait rentrer lorsqu'il s'agissait de faire un bilan et des soins beaucoup plus poussés. Amélia prenait son relai pendant ce temps et cela seul le tranquillisait assez pour qu'il prenne le temps de rentrer chez lui. Il était donc chez lui, dans son infirmerie, seul avec Isaac qui passait son état en revu de ses diagnostics avant même de toucher à quoi que ce soit. Vêtu d'un simple boxer et d'un tee-shirt, il patientait tranquillement allongé sur le lit de son infirmerie, amusé de sentir l'aura impatiente et inquiète d'Amcinthe tournant en rond derrière la porte. Son démon était toujours angoissé et agité lorsqu'ils étaient séparés, surtout quand il était blessé. Mais il respectait son intimité lorsqu'il le demandait ou pendant ses soins avec Isaac. Le reste du temps, il était plutôt collant que ce soit physiquement ou en restant dans son ombre. Si Amcinthe avait crains que Harry se sente étouffé, et si Harry lui même s'était demandé si ça arriverait, le contraire s'était produit et le jeune homme avait lui même tendance à s'agiter quand Amcinthe n'était plus tout près. Mais il préférait être seul quand il s'agissait des examens médicaux avec Isaac, surtout quand ils étaient importants comme aujourd'hui.

Lorsque Isaac eut terminé, il lui laissa un moment pour analyser ses résultats comme toujours. Il ferma les yeux pour respirer doucement. La journée avait été longue et chargée, comme toutes les journées depuis la fin de la guerre. C'était sa première pause et son corps faisait savoir qu'il était à bout. Il ferma les yeux et profita de l'aura de calme et de sécurité qu'il ressentait ici. Son chez lui était redevenu son chez lui. Luna et son père avaient pu rentrer chez eux, comme Ollivander et Amélia et il n'y avait plus d'invité. Le château avait beau être grand, il aimait qu'il n'y ait que sa famille ou amis très proches ici. Il y avait ses elfes, Buck, Belzémare, Arthur, Avismark et Amcinthe qui vivaient ici en permanence et ça lui allait parce que c'était sa famille.

- Harry? appela Isaac en venant se rasseoir près de lui.

Il rouvrit les yeux et poussa sur ses bras pour se redresser un peu, posant son regard fatigué sur lui.

- Verdict? demanda-t-il.

- Vos entorses au genou et au poignet sont guéries même si cela restera encore un peu fragile un moment, comme vos côtes. Elle sont ressoudées mais ont encore besoin de consolidation. L'empoisonnement à la magie noire est parti et vos plaies et vos brûlures ont bien guéris. On va pouvoir retirer les pansements.

- Ok, c'est déjà pas mal. Mon œil?

- On va rapidement le savoir. Mes analyses indiquent qu'il est bien guéris mais il faut essayer pour savoir si la vue revient ou pas alors…

- Je vous laisse me retirer ça, dit-il en désignant les pansements de son œil.

Isaac approuva et commença par utiliser sa baguette pour fermer une partie des rideaux, pour ne pas l'éblouir. Il retira ensuite précautionneusement les bandages de son œil droit, nettoyant les restes de baume qui s'y trouvaient avant de lui administrer quelques gouttes oculaires de soin. Il le laissa ensuite cligner doucement, lui expliquant que ça pouvait être flou au début. Ils prirent le temps et Harry se mit finalement à sourire, soupirant de soulagement.

- Vous faîte vraiment des miracles Isaac, remarqua-t-il.

- Vous voyez? se réjouit-il. Correctement?

- Clair et net, sourit-il.

- Et votre vision d'aura?

- Là aussi. Merci Isaac.

- Ce n'est rien. En revanche, je ne pourrais rien faire pour la cicatrice. Avec cette magie noire… elle restera.

- Ce n'est pas grave, assura-t-il en effleurant l'épaisse balafre traversant la moitié droite de son visage avec son œil. Je me suis fait aux cicatrices maintenant. Ma jambe? demanda-t-il plus gravement.

Elle était toujours dans sa coque avec d'épais bandages enchantés.

- Comme je l'ai dit c'est le plus compliqué surtout avec l'activité que vous vous imposez. Les morceaux d'os sont tous revenus à leur place grâce à nos séances quotidiennes de soins. Maintenant, il faut qu'ils se ressoudent et se consolident. Ensuite on pourra voir s'ils sont assez résistants pour que votre jambe fonctionne normalement et vous porte bien. Si ce n'est pas le cas, il faudra envisager de retirer les os trop fragiles pour les faire repousser. Mais on en n'est pas encore là. Pour l'instant, on va les ressouder et les consolider et en même temps on va pouvoir commencer à soigner vos muscles, vos ligaments, vos tendons… tout ce qui a été abîmé autour. Bien sûr, on garde la coque en exosquelette pour remplacer votre jambe. Ce n'est pas elle qui doit fonctionner, elle ne peut pas pour l'instant. La coque ensorcelée va continuer à prendre le relai. Je vais vous donner un puissant antidouleur puis on va retirer la coque, les bandages. Je vais faire les soins nécessaires, refaire les bandages et leurs enchantement et remettre la coque. Je suis navré mais ça pourrait être un peu douloureux et inconfortable malgré tout.

- Je gère, ça ira, sourit-il.

- Et j'ai horreur quand vous dîtes ça, s'attrista-t-il.

Harry lui donna une simple expression sombre et ils commencèrent avec l'antidouleur, Isaac attendant qu'il agisse bien avant de commencer. Ce fut dans le silence et avec une très grande délicatesse que Isaac retira la coque qui prenait sa jambe et sa hanche, gardant le membre en lévitation pour ne pas le bouger plus que nécessaire. Harry resta de marbre, silencieux et l'expression plate même si le médicomage savait que l'opération était au minimum très inconfortable, certainement douloureuse. Sa jambe était encore en miette, très abîmée autant au niveau osseux que musculaire et il n'y avait pour le moment que les puissants sorts médicomagiques d'Isaac qui la tenait en place. Lorsqu'il eut terminé, ils découvrirent une jambe bleuit et légèrement enflée, de toute évidence en très mauvais état. Le jeune homme eu un lourd soupir à sa vue, un peu désespéré de voir de ses yeux. Nul besoin d'être médicomage pour comprendre qu'il ne marcherait pas sur cette jambe librement avant un bon moment. Mais il était en vie et Isaac avait bon espoir de guérir sa jambe alors il s'estimait chanceux.

Il laissa son médicomage faire les soins nécessaires, regardant ailleurs et s'efforçant de penser à autre chose pour gérer la douleur. Isaac allait faire les soins, remettre d'épais bandages enchantés à la fois pour maintenir sa jambes et avoir des effets de soins, puis il remettrait la coque en place. Il avait vraiment hâte de pouvoir se débarrasser de ça. Heureusement, tout cet attirail ne se voyait pas sous ses tenues amples. Il se concentra sur le travail pour ignorer la douleur. Les choses avançaient bien et les détracteurs ou opposants pouvaient dire ce qu'ils voulaient, ils faisaient du bon travail. Harry n'était pas mécontent de voir que de nouveaux lords se présentaient chaque jour à Gringotts pour réclamer leur titre et venaient au Ministère pour participer au nouveau Magenmagot qui se reconstruisait doucement. Il semblait qu'il n'y aurait pas de problème du côté des sièges des lords mais c'était plus compliqué pour les autres membres.

Au Magenmagot, on trouvait les lords censés être bien formés sur le domaine législatif et judiciaire, mais on trouvait aussi des juges, des législateurs, un greffier… Si les gens pensaient qu'il n'y avait qu'une cinquantaine de personnes au Magenmagot, en réalité, la loi disait qu'il devait y en avoir quatre-vingt dix-huit: quarante neuf lords et quarante neuf autres. Si la nomination des lords n'était pas sujet à discussion, celle des autres était importante. Il s'agissait de choix éminemment politique puisque c'était au Magenmagot que se faisaient et se défaisaient les lois. C'était au ministre de nommer ses membres. D'ordinaire, c'était surtout une histoire d'alliance et d'accord politique, la loi exigeant un minimum d'opposant en fonction nombre de partisans politique du Ministre. Mais dans le cas de Harry, il n'y avait pas de parti politique, il n'était membre d'aucun parti et il n'avait d'accord politique avec personne. Aussi, il profitait qu'il soit aussi possible de nommer des personnes non politisées sur leurs compétences. C'était devenu rare parce que chaque ministre donnait ces sièges à leurs soutient de campagnes, à des gens en mal de pouvoir qui les voulaient et qu'ils achetaient avec ces sièges. Des magouillages qui n'étaient probablement pas pour rien dans l'état de leur pays. Pour Harry, la compétence et l'esprit, la vision et la loyauté pour leur pays et leur peuple était le plus important. Il recrutait en ce moment avec l'aide d'Amélia, de tout ses présidents de départements et tout ses conseils. Tous savaient que son magenmagot ne survivrait peut-être pas au nouveau ministre qui serait élu et qui pourrait le changer mais il voulait que, d'ici là, ils puissent travailler efficacement à la remise sur pieds du pays, avec des gens qui étaient là pour ça et non pour le pouvoir.

Lorsque le Magenmagot serait constitué, il élirait en son sein son président, ses vice-présidents et tout les postes nécessaires au bureau du Magenmagot assurant son fonctionnement. Les lords semblaient déterminés à venir sous son exemple mais il devait trouver les autres et il y avait des pressions de tout côté pour obtenir ces postes. Dumbledore faisait des pieds et des mains pour avoir un poste. Il s'efforçait d'ignorer et de se focaliser sur les aptitudes de chaque candidat. Au plus vite il y aurait un Magenmagot en place, au plus vite il pourrait augmenter la cadence de travail. Il aurait toujours ses prérogatives de Ministre de transition pour faire et défaire des lois mais un Magenmagot pourrait traiter plus de dossiers que lui même ne pouvait le faire seul et la Magie savait qu'il y avait fort à faire. Pour le moment, il était seul à avoir la main sur les lois et ça limitait la quantité de chose qu'il pouvait faire seul, même avec l'aide de son entourage. Il aurait toujours le pouvoir de trancher sur son Magenmagot, contrairement à un ministre ordinaire, mais il pourrait aller plus vite. Un Ministre de transition avait plus de pouvoir pour la simple raison qu'il ne pouvait être nommé que lors d'une crise très grave et que son travail était de remettre de l'ordre dans le pays, de le restaurer. Il n'était là que pour une période courte et il avait les mains libres pour faire le nécessaire, c'était d'autant plus vrai lorsque c'était l'archimage de la Chambre des Lords qui était nommé. Harry avait bien l'intention d'en profiter.

Une autre chose importante allait avoir lieu dans la semaine. Il avait rendez-vous avec l'actuel Manitou de la Confédération et une délégation pour discuter et nommer à nouveau un délégué pour leur pays à la Confédération qui avait coupé les ponts lorsque Voldemort avait définitivement pris le Ministère. On continuait à remettre les différents départements debout et on reconstituait le personnel. Par chance, la personnalité qu'était Harry, un héros pour tout le pays, avait motivé beaucoup de monde à venir travailler avec eux. Certains expatriés étaient revenus, des créatures magiques étaient intégrées de la même manière que les sorciers, des anciens du Ministère désespérés devant l'ancienne politique et qui étaient partis revenaient et de jeunes talents se présentaient. Si Harry et Amélia avaient crains de peiner à trouver le personnel nécessaire, c'était finalement le contraire et les serments utilisés autant pour confirmer les qualifications que le sérieux professionnel aidaient beaucoup. Ces serments n'étaient pas obligatoires et n'avaient pas été utilisé depuis longtemps, les Ministre et les autres responsables s'en passaient pour avoir plus de marge de manœuvre sous cape. Harry était décidé à en faire une loi au moins pour les postes les plus importants. Mais il y avait encore du travail pour avoir un Ministère à plein régime.

- Laissez le Ministère de côté pour ce soir Harry, pria Isaac en le faisant sortir de sa réflexion.

- Désolé, s'excusa-t-il en s'apercevant que Isaac avait terminé avec sa jambe.

- Ce n'est rien. Je comprend que vous en avez plein la tête en ce moment. Mais il serait bon de trouver un peu plus de temps de repos. Pour vos blessures mais aussi pour vous. Malgré tout, la bataille a aussi été un rude choc pour vous et vous avez besoin de vous détendre.

- Je sais, soupira-t-il. C'est encore l'affaire de deux semaines le temps qu'on complète les effectifs, que le Magenmagot soit en route et que les relations avec la Confédérations soient normalisées. Après, j'espère pouvoir rentrer à la maison le soir, sourit-il.

- Ce serait bien pour vous, pour décompresser et vous reposer, mettre tout ça un peu de côté.

- Oui. On devrait bientôt pouvoir ralentir un peu et retrouver un fonctionnement un peu plus normal du Ministère avec le personnel qui peut rentrer chez lui le soir, sourit-il. Amélia non plus ne rentre presque pas comme beaucoup d'entre nous. Mais quand tout les postes auront trouvé preneur et qu'on sera bien en marche, ça ira mieux j'espère. Alors? Où on en est? questionna-t-il en désignant sa jambe.

- Pour être honnête, encore loin du compte. Mais compte tenu de l'avancée que nous avons obtenu en quinze jours avec tout ce que vous vous imposez, je trouve qu'on est plutôt bien. Cela prendra du temps et ça va continuer à faire mal. Malgré cela, j'espère toujours une guérison quasi complète. J'ai modifié les enchantements et nous changeons les potions et les soins quotidiens mais ça reste globalement la même chose pour vous: un maximum de repos, le moins de marche ou de station debout possible et surélever votre jambe quand vous le pouvez. Je reste avec vous de toute façon.

- Vous passez quasiment toutes vos journées et vos nuits près de moi Isaac. Vous devriez rentrer. Une visite par jour suffirait.

- Et que ferez vous pour toutes les autres fois où vous avez besoin de moi pour des malaises ou des douleurs? questionna-t-il doucement.

Harry grimaça. C'était vrai qu'il était loin d'aller bien et que Isaac devaient intervenir plusieurs fois par jours ou même la nuit pour l'aider.

- Ne vous en faîte pas pour moi, sourit-il. Je n'ai pas de famille qui m'attend à la maison ni de familier et je suis très heureux de pouvoir faire cela. Vous faîte un travail merveilleux pour nous tous, je suis fier de pouvoir vous aider à mon niveau. Alors ne vous en faîte pas pour moi, vous avez bien d'autres choses à penser. Et puis, vous êtes mon ami. Si je n'étais pas là personnellement, en connaissant votre état, je passerai mon temps à m'inquiéter pour vous. Autant que je sois là.

- Merci Isaac.

- C'est un plaisir. J'ai tout remis en place, dit-il en désignant les bandages et la coque. Toujours les même consignes. J'ai changé les enchantements mais ça ne changera pas vraiment les choses au niveau de la douleur et du confort. Il faudrait des antidouleurs bien plus forts et un repos total pour ça.

Ils le savaient tout les deux mais le repos n'était pas pour tout de suite et les antidouleurs plus forts étaient proscrits dans la mesure où ils altéraient aussi la concentration et induisaient des somnolences. Le jeune Ministre avait déjà bien de mal assez comme ça et il ne pouvait risquer que ses détracteurs usent de cet argument contre lui pour le destituer. Son état de santé était le sujet de beaucoup de questions mais de peu de réponse, la protection de la vie privée invoquée pour le garder pour lui.

- Je vais faire avec, sourit-il.

- Je sais. Mais pour ce soir, acceptez quelque chose d'un peu plus fort pour passer une bonne nuit, proposa-t-il.

- Ok, je reste au château de toute façon cette nuit.

- Bien.

Isaac lui prépara donc une potion alors qu'il se rhabillait d'un geste de la main, passant un simple pantalon de lin ample, son tee-shirt toujours en place.

- Prenez là en allant vous coucher, pria le médicomage en lui donnant le flacon. Elle risque de vous endormir si vous la prenez avant compte tenu de votre état de fatigue. Mangez d'abord tranquillement et prenez là en allant au lit.

Le jeune lord approuva et ce fut avec le sourire que Isaac rouvrit la porte. Comme toujours, Amcinthe fusa littéralement pour rejoindre son compagnon, n'ayant d'yeux que pour lui, amusant le médicomage. Le démon vint passer sa grande main sur la joue et dans les cheveux de Harry, le scrutant pour s'assurer qu'il allait bien.

- Ça va, assura le sorcier avec un sourire doux.

- Dobby et les autres ont préparé un succulent dîné, remarqua Amcinthe. Voulez vous aller manger? Dans votre chambre ou à table, au salon?

- Le salon pour être un peu à l'aise, sourit-il.

Il ne bougea pas et se laissa faire quand Amcinthe entreprit de le prendre dans ses bras. Cela faisait un moment qu'il avait laissé tomber l'idée d'empêcher le démon de faire cela lorsqu'il n'y avait personne devant qui il devait tenir son image. Dés qu'il le pouvait, Amcinthe le portait et lui évitait tout effort. Ils allèrent manger ensemble, Isaac rentrant chez lui pour la soirée et ce fut uniquement avec Arthur et Amcinthe qu'il dîna ce soir là dans une ambiance agréable. Avismark était aussi au château mais il n'aimait guère manger avec eux. Si Harry lui avait proposé de venir prendre les repas avec eux, il avait décliné et cela les laissait donc à trois. Ils avaient convenu de ne pas parler du Ministère et ce fut le sujet de l'icarel qui vint s'imposer. Un nouveau tournois était en préparation pour l'automne mais il était déjà évident pour tous que le jeune Ministre britannique n'en serait pas cette fois non plus. Si Harry serait sur sa fin de mandat de Ministre de transition à ce moment là, il était évident qu'il n'aurait pas le temps pour s'amuser. Il espérait pouvoir retrouver un rythme plus ordinaire avant les fêtes de fin d'année mais rien n'était moins sûr. Tout dépendrait de qui serait élu Ministre et de la manière dont se présenterait la transition. Une fois que cela serait fait, il pourrait se reconcentrer sur son rôle de lord, d'archimage et sur ses propres affaires.

Une fois de plus, il passa une douce soirée avec Arthur et Amcinthe, le démon n'attendant pas très longtemps pour le ramener à son lit et le pousser à dormir, s'assurant qu'il prenne sa potion, le cajolant jusqu'à se qu'il s'endorme. Comme prévus, les deux semaines qui suivirent furent encore très chargé pour tout le monde et en particulier pour Harry. Mais au bout de ces deux semaines, on avait terminé de reprendre les choses en mains. Un nouveau délégué britannique avait été nommé à la Confédération, les relations reprenant normalement avec eux. Le jeune Ministre avait terminé de reconstituer le Magenmagot et il avait mis sur pieds ses départements. Il y en avait treize et il ne s'interdisait pas d'en créer d'autres au besoin. Cela était pourtant déjà un gros changement alors qu'il n'y avait eu que sept grands départements avant la guerre. Sous le mandat de Harry, il y en avait de nouveaux. Il y avait la sécurité intérieure, le Magenmagot, le département des accidents et catastrophes magiques, celui de la régulation, de la protection, de la préservation et du contrôle des animaux magiques, celui de la protection, préservation, restauration et développement des environnement magiques, le département de la coopération et cohabitation des peuples magiques britanniques, celui de la coopération magique internationale, des transports magiques, des jeux et sports magiques, le département des mystères, le département de la santé et de la recherche médicomagique, celui du commerce et de l'économie et un dernier dédié à la communication ministérielle.

Cela ne faisait que marquer un peu plus le changement pour tout le monde. Avec tout cela, on avait vite compris que le jeune ministre ne se contenterait pas de gérer l'après guerre et la transition avec un nouveau ministre. Loin de là, il avait l'intention nette, claire et franche de poser les bases d'un nouveau système. C'était un énorme sujet de discussion pour la population, la presse et tout ceux qui observaient cela. Certains voyaient cela d'un très bon œil, appréciant de voir un réel changement pour une fois. D'autres en profitaient pour le critiquer plus encore, disant qu'il faisait mal son travail et qu'il s'éparpillait trop, qu'il outrepassait ses pouvoirs et qu'il ne pouvait assumer tout cela correctement vu les dégâts qu'il fallait surmonter. Harry ne s'en préoccupait pas, sachant que de toute manière tout serait sujet à critique. Alors à moins qu'on ne lui oppose un argument réel, censé et solide, il n'avait pas l'intention de faire attention aux polémiques et son service de communication était d'ailleurs là pour ça aussi.

Une fois le Ministère et le Magenmagot entièrement remis sur pieds, Harry donna une nouvelle conférence de presse pour expliquer ses choix. Une fois de plus, on lui demanda pourquoi il n'avait pas pris Dumbledore ou d'autres personnages connus de ce genre. Il avait répondu qu'il n'avait pas confiance en eux et que ces gens avaient déjà tous été aux commandes, longtemps, et que cela avait mené à une politique qu'il désapprouvait jusqu'à atteindre la catastrophe absolue. Il préférait miser sur des personnes sûres, qualifiées et surtout sur des personnes droites qui n'étaient pas là pour leur intérêt personnel, leur carrière personnelle. Il avait décidé de prendre des personnes motivées, ouvertes d'esprit, parfois jeunes mais compte tenu qu'il restait le plus jeune de très loin, ce n'était pas un argument face à lui. Il expliqua ses départements en disant que pour se reconstruire et avancer dans la bonne direction, il ne suffisait pas de rebâtir à l'identique mais d'apprendre de leurs erreur pour faire mieux. Une fois de plus, et malgré qu'il y ait toujours des opposants, il fut convainquant. La population était derrière lui, les lords l'étaient aussi comme les peuples de créatures magiques.

Loin de s'essouffler, sa popularité ne faisait que grandir au fur et à mesure que chaque détail de ce qu'il avait fait dans la guerre sortait et qu'il se révélait très solide comme ministre. Il avait remis en toute et réformé en même temps toute l'institution, avait rétabli la sécurité et l'ordre et avait reconnecté leur pays à la Confédération. L'étranger était d'ailleurs quasi unanime dans leur approbation de sa reprise en main de son pays, impressionnés par son efficacité. Si on avait pensé que le jeune héros ne serait qu'un héros, on se rendait compte qu'il était aussi un homme politique très avisé et dévoué à son pays, aussi héroïque à sa place de ministre qu'avec une épée dans les mains. Il avait convaincu beaucoup de monde et il avait convaincu son pays. Son image était donc au beau fixe lorsque le Ministère fut de nouveau bien solide après un mois. Et après un mois, Harry put enfin retrouver un rythme plus normal et rentrer chez lui le soir. Il gardait des journées très chargées mais il pouvait rentrer dîner et dormir au château. Et cela lui fit énormément de bien même s'il avait juste le temps de manger et de se changer avant de s'écrouler dans son lit pour dormir se lever et repartir mais cela faisait du bien. Il dormait mieux chez lui. Amcinthe, Arthur et Avismark passaient tout leur temps avec lui, les deux premiers cachés dans son ombre et sa chevalière. Une fois rentrés au château, l'esprit gardien et le gobelin partaient de leur côté, le laissant avec son démon qui s'assurait qu'il mange avant de le porter jusqu'à son lit, le cajolant pour l'endormir paisiblement.

Harry s'en voulait un peu de ne pas pouvoir leur consacrer du temps. Il passait ses journées avec ces trois là et ses nuits en plus avec Amcinthe mais il n'avait même pas quelques secondes à leur accorder vraiment, s'écroulant de fatigue une fois chez lui. Tous lui assuraient que ce n'était rien mais il s'en voulait quand même, quand il avait le temps de s'en vouloir. Dans toute cette agitation, son état de santé n'avait pas vraiment évolué. Si on excluait sa jambe, ses blessures avaient bien guéries mais son épuisement physique et magique était toujours là, comme sa fatigue mentale même s'il n'en montrait rien. Isaac priait chaque jour pour qu'il puisse s'accorder quelques minutes de repos supplémentaire mais il y avait beaucoup trop de travail. Rentrer chez lui le soir était pourtant un mieux non négligeable, lui permettant de se détendre vraiment dans sa maison.

Le ministre ne fut pas peu fier lorsqu'il se retrouva pour la première fois face à son Magenmagot complété. Enfin, presque complété puisqu'il manquait des lords. Il fallait déjà retirer ses quatre sièges. Il avait pris le parti d'annoncer qu'il ne prendrait pas part au Magenmagot tant qu'il serait Ministre, voulant leur laisser pleinement leur indépendance pour travailler hors de son influence. Les gens avaient trouvé ça admirable même si, ironiquement, ils étaient aussi très heureux que leur ministre garde un grand pouvoir sur eux, ayant plus confiance en lui pour bien faire les choses. Pour les autres lords, Harry avait été agréablement surpris. Tout ses amis lords étaient bien sûr présents mais il y en avait beaucoup plus. Draco était là, Severus aussi. William, Bill Weasley était là. Sa famille était totalement contre le fait de reprendre leur titre mais le jeune homme en avait compris l'importance à travers Harry, venant assumer le devoir de sa famille en espérant aider de son mieux. Il était soutenu par son frère Charlie et par les jumeaux mais aussi par son épouse, Fleur. Les héritiers légitimes devant la magie de lignées telles que celle des Lestrange, des Yaxley, des Rosier… des noms associés aux mangemorts, avaient eu le courage de venir. Ils étaient souvent inconnus de tous ici, venant parfois de l'étranger, membre lointain de ces familles mais lord de droit et le jeune ministre avait ouvertement approuvé et encouragé la chose, mettant en garde contre les amalgames entre eux et les criminels qui partageaient malheureusement leur nom. Harry avait vu Théodore Nott, son camarade de Poudlard, venir prendre son siège, comme Anthony Goldstein.

Il manquait encore quelques lords mais Harry espérait qu'ils viendraient rapidement. Il avait ouvert la première séance officielle du nouveau Magenmagot, leur faisant un état des lieux du pays et des priorité à traiter. Il leur demanda de se concentrer sur la reconstruction du pays et sur la rectification des erreurs qui les avait conduit à cette guerre. Il insista sur la nécessité de réforme et sur la voie qu'il avait fait prendre au pays avec notamment l'instauration de l'égalité avec les peuples de créatures magiques. Une fois son discours terminé, il était parti, laissant l'assemblée à son travail pour aller reprendre le sien. Une fois le Magenmagot en place et au travail, Harry vit sa charge de travail bien diminuer et il put se pencher sur d'autres choses. Mais surtout, il pouvait rentrer chez lui un peu plus tôt et prendre plus de temps pour lui maintenant que le Ministère tournait de nouveau à plein régime. C'était le cas ce soir là et il était présentement avec Isaac dans son infirmerie pour un gros bilan de santé qu'ils faisaient au moins une fois par semaine. Comme toujours, Harry s'était laissé faire, attendant le verdict tout en luttant pour ne pas s'endormir, épuisé.

- Alors? demanda-t-il à son médicomage lorsqu'il put s'asseoir.

- Ce n'est toujours pas très reluisant côté forme, remarqua celui-ci. Vous auriez vraiment besoin de vacances et vous avez perdu du poids. Vous êtes épuisé et vous manquez de sommeil mais je peux comprendre. Seulement, maintenant que tout est bien en marche, vous devez prendre plus de repos.

- Je le ferai, assura-t-il. Et ma jambe? questionna-t-il plus anxieusement.

Sa jambe était tout ce qu'il restait de ses blessures de guerre si ce n'était l'épuisement et les cicatrices. Elle était toujours douloureuse et il ne pouvait toujours pas se passer de la coque ni marcher correctement.

- Elle continue à s'améliorer lentement, répondit Isaac. Les os se consolident encore. Les dégâts sur les muscles, les ligaments et tout le reste se sont bien régénérés. Maintenant, il faut laisser le temps à tout ça de récupérer, les os de se renforcer. Il n'y a plus besoin de soins mais on va laisser la coque et les bandages ensorcelés en soutien. Elle restera douloureuse un moment j'en ai peur. On va la laisser tranquille encore un peu puis on pourra commencer la rééducation. En attendant, patience et repos autant que faire ce peu.

- Très bien. Merci Isaac.

- De rien. Maintenant que vous pouvez rentrer le soir, je vais me mettre à insister pour que vous ayez un jour de repos dans la semaine, s'amusa-t-il en le faisant sourire.

- Commencez par une demi journée, ce sera pas mal, répondit-il légèrement.

- Ce serait déjà pas mal en effet.

Ils terminèrent rapidement et une fois de plus, il ne fallut pas une seconde à Amcinthe pour le rejoindre une fois la porte ouverte, Isaac s'en amusant avant de les saluer pour ensuite s'en aller. Harry lui rendit avant de ce concentrer sur son démon. Amcinthe se pencha sur lui pour quémander un doux baiser qu'il lui donna avec plaisir. Il s'assit ensuite à ses côtés passant un bras autour de ses rein, tenant sa main et venant humer ses cheveux avec un sourire lumineux. Il en profita un moment, fermant les yeux, adorant cette tendresse qu'il y avait entre eux et qu'il découvrait pour la première fois.

- Qu'a dit Isaac très cher? demanda le démon après un moment.

- Il faut encore du temps mais ma jambe va mieux et j'ai toujours besoin de vacances, sourit-il légèrement.

- Qu'aimerez vous faire lorsque vous aurez des vacances? questionna-t-il en baladant son nez dans ses cheveux.

- Je n'en sais rien, soupira-t-il. J'ai encore du mal à me dire que Voldemort, la guerre, s'est terminé.

- C'est normal. Vous êtes tout les jours encore plongé dans les conséquences de tout ceci. Difficile de tourner la page tant qu'il en sera ainsi. C'est pour cela que vous avez besoin de vacances.

- Sûrement. J'aimerai dormir sans mettre de réveil, baragouina-t-il. C'est stupide non?

- Pas du tout. Vous avez envie de vous reposer et c'est totalement légitime après tout ça.

- J'aimerais aller voler aussi, aller voir Belzémare, Zelphride et Buck. Et j'aimerai juste rester là, murmura-t-il en se blottissant un peu plus contre lui.

- Pour cela, il n'y a aucun problème, assura-t-il. Nous pourrons aller passer du temps avec vos familiers dés que vous pourrez prendre un peu de temps pour vous. Pour l'instant, vous devez aller manger avant de dormir.

- Hum, approuva-t-il. Vous dînez avec moi n'est-ce pas?

- Bien sûr. Comme toujours.

Et ce fut comme toujours que Amcinthe l'emmena dîner en le portant jusqu'à le mettre au lit un peu plus tard, s'allongeant à ses côtés pour veiller. S'il fallut attendre encore un peu, moins d'un mois plus tard, Harry obtenait enfin sa première journée de repos. Sa soirée avait été identique à toutes les autres depuis qu'il était ministre: dans la somnolence puis le sommeil après un repas encouragé par Amcinthe. Mais ce matin, ce matin était différent. Première chose: ce n'était pas son réveil qui le sortait du sommeil. C'était une douce caresse dans ses cheveux qui l'accueillit lorsqu'il commença à se réveiller. Il sourit, reconnaissant la présence de son démon même sans avoir ouvert les yeux. Il se blottit contre sa source de chaleur, heureux de pouvoir le faire. Cela faisait maintenant quelques jours que Isaac avait accepter qu'il retire la coque de sa jambe pour dormir. Elle était encore douloureuse et fragile et il ne pouvait pas marcher sans boiter mais elle continuait à s'améliorer lentement. Isaac avait bon espoir de pouvoir s'en tenir là pour les soins et de ne pas avoir besoin de lui retirer des os pour les faire repousser mais il disait qu'il faudrait du temps pour être sûr que sa jambe était assez solide. Ils avaient commencé la rééducation mais il devait encore garder la coque et les bandages lorsqu'il se levait.

C'était pourtant très agréable de pouvoir l'enlever le soir. Cela lui permettait de mieux s'installer dans son lit et ça lui permettait de rouler sur son côté pour dormir à moitié allongé sur la poitrine d'Amcinthe. C'était présentement là qu'il se réveillait, sa tête posée sur la poitrine du démon qui peignait ses cheveux d'une main, l'autre tenant la sienne. Harry se réveilla doucement, souriant en se souvenant qu'il ne travaillait pas aujourd'hui. Sa première journée de pause depuis la bataille de Poudlard, depuis deux mois.

- Bonjour très cher, chantonna la voix d'Amcinthe.

- Bonjour, répondit-il.

- Avez-vous bien dormis?

- Toujours quand vous êtes là, dit-il en faisant pétiller son aura de joie.

Il adorait cette réaction du démon lorsqu'il disait ce genre de chose. Il le voyait dans son aura, le ressentait à travers elle, cet éclat de bonheur pur et agréable. C'était tellement bienfaiteur.

- Et vous votre nuit? questionna-t-il. Vous ne vous ennuyez toujours pas à me veiller de la sorte?

- Non, pas du tout. Au contraire, j'adore ça. Je sais que cela pourrait paraître extrêmement étrange pour vous que de vous dire que j'aime vous regarder dormir mais c'est le cas. J'aime vous voir paisible et détendu.

- C'est grâce à vous, sourit-il. Je me sens en sécurité pour dormir lorsque vous êtes là.

C'était la stricte vérité. Il dormait beaucoup mieux et se sentait en complète sécurité en sachant que Amcinthe était là pour veiller sur lui. C'était un sentiment sans pareil à ses yeux, un sentiment qu'il avait découvert depuis qu'il dormait avec son compagnon.

- Je serai toujours là pour veiller sur vous désormais, assura Amcinthe en déposant un baiser sur sa tête.

Il sourit spontanément, se redressant un peu pour venir réclamer un baiser qui lui fut très joyeusement offert. Amcinthe ne tarda pas à le faire basculer pour l'allonger et le surplomber, venant poser son front couvert de ses cornes contre le siens. Harry lui sourit en plongeant dans ces yeux de mercure qui le regardaient avec une telle tendresse et un tel amour, tout cela irradiant aussi de son aura, qu'il n'aurait pu l'ignorer même dans son habitude de ne pas croire qu'on puisse l'aimer de cette façon. Amcinthe vint frotter son nez au sien, l'amusant et Harry enroula ses bras autour de son cou. Il s'était rapidement fait à cette proximité avec son compagnon et il adorait ça. Au plus les jours passaient, au plus il se détendait avec lui, au plus il osait faire ce qui lui faisait envie. Il fallait aussi dire que la fin de la guerre avait changé les choses. Il avait encore du mal à réaliser que c'était fini mais il réalisait qu'il avait survécus, qu'il avait sa vie devant lui désormais et c'était un sentiment extraordinaire. Il avait bien l'intention d'en profiter même s'il n'en n'avait pas le temps pour le moment. Mais ça viendrait et cela ne faisait que le détendre un peu plus avec son compagnon. Seulement, une question se posait pour lui maintenant que la guerre était terminée et elle revenait vicieusement à chaque fois qu'il était ainsi avec Amcinthe. Il détourna les yeux et se mordit la lèvre, tendu à cette idée.

- Qu'est-ce qui vous tracasse très cher? demanda Amcinthe.

- Allez-vous partir maintenant que la guerre est terminée? questionna-t-il. Toutes mes demandes du pacte d'invocation ont été remplies.

- Voulez-vous que je parte? interrogea le démon avec une mine de chien battue qui le toucha en plein cœur.

- Non! Non pas du tout, répondit-il immédiatement. Non. Je veux que vous restiez. Je vous aime, dit-il spontanément.

Il se figea en réalisant ce qu'il venait de dire et qu'il n'avait jamais osé dire. C'était pourtant la vérité et il l'avait compris désormais. Un sourire gigantesque s'imprima sur le visage du démon, son aura explosant d'un tel bonheur, d'un tel amour et d'une telle tendresse que Harry en eut presque le tournis. Un baiser fougueux lui répondit et il le rendit avec joie, s'accrochant au démon devenu si important pour lui.

- Je n'ai pas l'intention de m'en aller, assura Amcinthe en venant déposer des baiser sur sa joue. Je n'en n'ai même pas eu l'ombre de l'idée depuis notre rencontre. Vous m'avez laissé toute ma liberté dans le pacte. Et je veux rester avec vous aussi longtemps que possible, à jamais. Je vous aime à la folie et je n'ai aucune envie de m'éloigner de vous ne serait-ce que de quelques pas. Je reste, ne vous en faîte pas pour ça, pria-t-il en le faisant sourire.

Soulagé, Harry se détendit, savourant les caresses et les baisers de son compagnon. Si on lui avait dit qu'il serait amoureux de cette façon encore un an plus tôt, jamais il ne l'aurait cru. Avant l'arrivée d'Amcinthe, il ne se voyait pas dans ce genre de relation avant bien des années encore. Mais Amcinthe était arrivé et Amcinthe lui avait fait découvrir cela pour le rendre rapidement accros. Il l'était avec joie, adorant ce qu'il ressentait avec lui, ce que le démon lui offrait à chaque instant. Ils restèrent encore un moment au lit ensemble, le jeune homme savourant le fait qu'il pouvait y rester autant qu'il voulait aujourd'hui. Pour sa première journée de repos, il n'avait prévu qu'une chose: paresser confortablement avec Amcinthe. Ce fut donc avec ce programme qu'ils commencèrent la journée, le démon portant son compagnon jusqu'à la véranda pour prendre le petit déjeuner.