Disclaimer: Je ne suis toujours pas le propriétaire d'Harry Potter. JK Rowling l'est.
24/11/1995, 21H42, Poudlard, Ecosse:
Dolores Ombrage avait toujours eu la réputation d'être une femme impitoyable et inébranlable dans ses convictions. Du moins, c'était ce qu'elle s'était persuadée d'incarner.
Cependant, ces dernières semaines avaient marqué un tournant inattendu dans son existence. Depuis des années, grâce à l'influence dont elle jouissait auprès du ministre de la Magie, elle avait su diffuser ses idéaux et tisser un réseau solide pour affronter ce qu'elle considérait comme le diable incarné: les sang-de-bourbes. Cette frange de la population, si elle continuait à se développer, risquait selon elle d'anéantir le monde magique dans sa globalité.
À ses yeux, la supériorité des sorciers, particulièrement des sang-pur, sur les non-mages était une évidence indiscutable. Même le sorcier le plus faible, pour peu qu'il possède une baguette, pouvait se débarrasser d'un moldu sans difficulté. Malgré cela, malgré cette supériorité intellectuelle et magique, ils continuaient de se dissimuler dans l'ombre, comme des créatures craintives.
Mais pourquoi ? Pourquoi, alors qu'ils occupaient le sommet de la hiérarchie naturelle, choisissaient-ils de se taire et de se terrer dans l'ombre, tandis que les moldus jouissaient d'une liberté pleine et entière ?
Cela n'avait aucun sens, et surtout, cela lui semblait profondément injuste.
Pour ne rien arranger, l'apparition de plus en plus fréquente des sorciers nés-moldus et des sang-mêlés modifiait insidieusement les rouages mêmes du ministère. Certains sang-purs se voyaient même délogés de leurs postes pour être remplacés par des "sang-mêlés plus compétents".
Une telle idée lui paraissait grotesque. Comment une population qui n'avait fait que voler la magie des véritables sorciers pourrait-elle se prétendre plus compétente ? C'était une illusion, une machination fomentée par la majorité pour renverser l'ordre établi. Elle en était convaincue.
Elle ne pouvait se résoudre à laisser une telle décadence s'installer. Ainsi, elle avait tout mis en œuvre pour soutenir ceux qui partageaient ses convictions. À un moment, elle avait même envisagé de se tourner vers le Seigneur des Ténèbres, espérant qu'il incarnerait le champion de la pureté du sang. Cependant, elle avait été rapidement déçue. L'homme qu'on disait si puissant avait non seulement accepté dans ses rangs des sang-mêlés, mais il recrutait également des créatures impures telles que les vampires ou les loup-garous.
Cette déception l'avait poussée à élaborer un nouveau projet : la "Réforme des Étudiants".
Son objectif était limpide. Si elle ne pouvait pas infléchir la génération actuelle, elle laisserait sa marque sur la suivante. Elle s'était donc servie de son influence auprès de Cornelius Fudge pour être nommée à Poudlard, où elle avait inauguré son double rôle : professeur et Grande Inquisitrice.
Dès son arrivée, elle s'était mise à la tâche. Elle surveillait chaque professeur, scrutant leurs méthodes pédagogiques avec un mépris non dissimulé. Quant aux élèves, elle distribuait des retenues à la moindre incartade, veillant à ce que chacun d'eux comprenne bien qu'il ne s'agissait pas d'un simple avertissement, mais d'une véritable correction.
Ses méthodes, bien que jugées peu conventionnelles, lui procuraient une satisfaction personnelle intense. Mais, au-delà du plaisir qu'elle en tirait, elles avaient prouvé leur efficacité : les élèves sous son joug se pliaient peu à peu à sa discipline.
Tout se déroulait comme prévu jusqu'à ce que cet odieux article paraisse dans le Chicaneur, ce fichu torchon insignifiant. Il remettait en cause ses méthodes de manière totalement injustifiée. Dès qu'elle eut vent de cette publication, sa colère se porta immédiatement sur l'une des responsables : Luna Lovegood. Elle l'avait alors mise en retenue, savourant chaque larme versée par la jeune fille tandis qu'elle la raillait au sujet de sa défunte mère et de son père, incapable de faire vivre un journal qui ne vendait même pas une vingtaine d'exemplaires.
Mais les choses s'étaient envenimées. Suite à cet incident, le directeur de Poudlard et certains professeurs avaient commencé à la surveiller de plus près, allant même jusqu'à reprendre les élèves qu'elle avait assignés à ses propres retenues sous prétexte de s'en occuper eux-mêmes.
Elle avait donc dû modérer ses ardeurs, jusqu'à ce qu'un autre article infâme paraisse, une nouvelle fois attaquant sa personne. Cette fois-ci, elle en était certaine, il y avait un coupable : Harry Potter. Ce garçon avait réussi à lui échapper toute l'année, disparaissant à chaque fois qu'il sortait de sa salle de classe.
Mais cette fois, il n'y couperait pas. Elle lui assigna alors plusieurs retenues, espérant secrètement le briser. À sa grande surprise, il ne montra aucune résistance, se contentant de lui sourire d'un air presque narquois tout en acquiesçant.
Elle attendait avec une impatience fébrile ce moment, savourant déjà par avance la souffrance qu'il ressentirait lorsqu'il utiliserait la plume magique, cette plume qui graverait sa chair et extraierait son sang.
Cependant, tout bascula soudainement. Sans qu'elle puisse expliquer comment, sa vision se brouilla, un flash l'aveugla, puis ce fut le noir complet. Elle perdit connaissance.
Quand elle reprit ses esprits, elle se trouvait ligotée sur une chaise, dans une pièce sombre dont elle ne pouvait distinguer les murs. Une voix, qu'elle reconnut immédiatement, rompit le silence :"Enfin réveillée, Dolores ?"
"Potter !" gronda-t-elle, la voix pleine de colère. "Je ne sais pas à quel jeu vous jouez, mais vous feriez mieux de me libérer immédiatement ! Je suis la sous-secrétai–"
"Blablabla…" l'interrompit-il sèchement, visiblement déjà lassé par son discours. "On sait tous qui tu es, inutile de nous le rappeler cinquante fois par jour."
"Que faites-vous ? Où suis-je ?" demanda-t-elle, sans masquer la haine qui perçait dans sa voix.
"C'est moi qui pose les questions aujourd'hui, et je te conseille de te taire, sinon je m'assurerai que tu ne puisses plus jamais parler."
Ombrage se tendit, rouge de fureur, et lança une menace qu'elle espérait encore intimidante : "Je vous ferai tous enfermer ! Dès que je sortirai d'ici, je vous enverrai tous à Azkaban !"
Harry ne fit que secouer la tête, indifférent à ses menaces.
"Tu sais, Dolores… Si tu avais encore ton poste au ministère, j'aurais peut-être été légèrement… très légèrement inquiet. Mais regarde ça", dit-il en tirant un journal de sa poche.
Il le déplia sous ses yeux, révélant la première page :
"Le ministre Fudge destitué pour trahison ! Augusta Londubat nouvelle ministre ?"
Ombrage resta figée. Ses yeux s'écarquillèrent d'horreur. "Non… Ce n'est pas possible ! C'est un mensonge !" s'écria-t-elle, incrédule.
"Je t'assure que non", répondit-il avec un sourire cruel. "Regarde bien, c'est la Gazette du Sorcier. Ce n'est pas le Chicaneur, cette fois-ci."
Elle réalisa qu'elle était prise au piège. Si elle niait la nouvelle, elle mettait en doute l'intégrité du journal qu'elle avait toujours défendu. Si elle l'acceptait, c'était admettre que tout ce en quoi elle croyait s'effondrait sous ses pieds.
"Ce n'est pas… possible", répétait-elle, comme une machine détraquée. Elle serrait les accoudoirs de sa chaise si fort qu'elle en avait les jointures blanches.
Voyant son désarroi, Harry sortit de sa poche une fiole de veritaserum et la fit tourner sous son nez.
"Tu reconnais cette potion, n'est-ce pas ?" demanda-t-il d'un ton presque amusé. "Nous avons quelques questions à te poser… Mes amis et moi aimerions connaître l'étendue des dégâts que tu as causés."
Forçant sa bouche ouverte, il laissa trois gouttes du liquide tomber sur sa langue avant de reculer, attendant que le sérum fasse effet.
Lorsque ses yeux devinrent vitreux, il commença l'interrogatoire.
"Commençons," dit-il d'une voix froide. "Est-il vrai que tu utilises systématiquement des plumes ensorcelées et du veritaserum lors de tes retenues ?"
Ombrage secoua lentement la tête. "Pas systématiquement," répondit-elle, sa voix désormais monotone, reflet de l'effet du sérum. "Je n'utilise que la plume ensorcelée dans la majorité des cas. Mais lorsque certains élèves se montrent particulièrement récalcitrants, je suis contrainte d'avoir recours au sortilège Doloris."
Harry recula légèrement, stupéfait par la révélation. "Le sortilège Doloris ? Sur des élèves ?" Son ton, bien que maîtrisé, trahissait une vive émotion, mélange d'indignation et de rage.
"Oui," confirma-t-elle d'une voix plate. "Je l'ai utilisé à plusieurs reprises."
Harry serra les poings, tâchant de contrôler la fureur qui menaçait de l'envahir. "Combien d'élèves as-tu torturé ?" interrogea-t-il, sa voix tremblant sous l'effort de garder un semblant de calme.
"Je n'ai jamais tenu de décompte précis," répondit Ombrage sans la moindre hésitation. "Cependant, tous ceux qui ont été placés en retenue sous ma supervision ont été corrigés."
Pour elle, tout n'était qu'une simple "correction". Cette manière désinvolte de qualifier ce qui s'apparentait à de la torture la plus cruelle fit bouillonner le sang de Harry. Comment pouvait-elle être si détachée de la souffrance qu'elle infligeait ? Pour elle, il ne s'agissait que de "réprimander" des élèves indisciplinés. C'était bien plus que ce qu'il avait imaginé, bien plus horrible.
Il était terrifiant de penser que presque un quart, sinon la moitié des étudiants de Poudlard étaient passés sous la férule d'Ombrage et avaient enduré ses punitions infâmes. Le nombre de jeunes âmes marquées par ses pratiques dépassait largement ce qu'il avait envisagé.
'Cela n'a plus d'importance désormais,' pensa Harry en tâchant de se calmer. 'Son règne touche à sa fin.'
"Une dernière question," reprit-il d'un ton acerbe. "Que penses-tu de Voldemort ?"
Le nom même du Seigneur des Ténèbres fit vaciller un instant l'expression de la sorcière sous l'effet de la potion. Pourtant, sa réponse jaillit sans hésitation : "Je le méprise."
Harry resta interdit, ne s'attendant pas à une telle réponse.
"Il est faible," poursuivit-elle avec une froideur tranchante. "Plutôt que de débarrasser notre société des êtres inférieurs comme les loup-garous, les sang-mêlés et les nés-moldus, il gaspille son énergie à attaquer des moldus sans valeur. Il n'a même pas su mener correctement l'attaque contre la famille Greengrass."
Harry resta immobile, choqué par la tournure de la conversation. Il n'avait pas prévu une telle réaction. Tout se clarifiait soudain dans son esprit. Les trahisons, les attaques ciblées… Il comprenait à présent l'ampleur de l'implication d'Ombrage dans les événements les plus sombres de ces dernières années.
"Tu as aidé Voldemort à localiser le manoir des Greengrass, et à organiser l'attaque à un moment où mon oncle ne s'y trouverait pas," murmura Harry, saisissant l'ampleur de la perfidie d'Ombrage.
Le poids de cette révélation provoqua une vague de colère en lui. Ses poings se crispèrent, la rage déformant peu à peu son expression. Il n'était plus qu'à un souffle de laisser cette colère l'emporter, de faire payer à Ombrage sur-le-champ pour toutes les souffrances qu'elle avait causées.
C'est alors qu'une main douce se posa sur son épaule, ramenant Harry à la réalité. Hermione, qui jusqu'ici était restée en retrait, intervint. Sa présence apaisante et son regard empli de sollicitude lui permirent de retrouver un semblant de contrôle.
'Daphné…' songea-t-il en silence. Son cœur se serra à la pensée de sa petite-amie dont la famille avait faillit être décimée à cause des actions d'Ombrage. Il recula lentement, joignant ses bras rassurant autour de Daphné, l'enlaçant pour la calmer alors qu'elle tremblait de rage elle aussi.
"Je veux la tuer," murmura-t-elle d'une voix rauque à l'oreille de Harry. "Je veux qu'elle souffre pour ce qu'elle a fait à ma famille."
Harry resserra son étreinte, ses lèvres frôlant son oreille pour la rassurer. "Elle souffrira. Je te le promets."
Mais avant qu'il n'ait pu ajouter quoi que ce soit, Ombrage, visiblement remise de l'effet paralysant du sérum, recommença à hurler depuis sa chaise.
"Je vous ferai payer ! Dès que je sortirai d'ici, je m'assurerai que vous passiez tous le restant de vos jours à Azkaban !"
Harry relâcha Daphné et se tourna lentement vers Ombrage. Ses yeux étaient emplis d'une lueur glaciale. Il s'approcha d'elle, sa voix basse mais terriblement menaçante : "Tu ne diras rien, Dolores."
Elle se tortillait toujours sur sa chaise, comme une bête prise au piège, prête à cracher son venin. Mais avant qu'elle ne puisse répliquer, Harry poursuivit : "Lorsque tu sortiras d'ici, tu ne te rappelleras de rien. Rien, si ce n'est que la nouvelle ministre t'a rappelée pour une mission spéciale. Ce sera tout."
Il claqua des doigts et, aussitôt, des dizaines de silhouettes émergèrent de l'ombre. Des élèves, de tous âges et de toutes maisons, s'avancèrent vers elle, leurs regards animés par une colère contenue, mais palpable. Ombrage réalisa alors, avec une terreur croissante, qu'elle était entourée de jeunes sorciers qui, sans nul doute, ne lui voulaient aucun bien.
"JE SUIS LA SOUS-SECRÉTAIRE DU MINISTRE !" hurla-t-elle, espérant encore faire valoir son titre comme une protection divine.
"TU N'ES RIEN !" répliqua un élève de Gryffondor de septième année, dont le visage était déformé par la haine. "À cause de ce que tu m'as fait subir avec le Doloris, j'ai été incapable d'utiliser ma baguette pendant des semaines. Tu mérites de souffrir à ton tour."
Harry s'avança de nouveau vers elle, cette fois avec une plume de sang dans la main, la même qu'elle avait tant de fois utilisée sur ses élèves. Il la plaça dans les mains tremblantes de la sorcière, un sourire cruel aux lèvres.
"Je crois que tu sais parfaitement ce que c'est," dit-il avec un ton mordant. "Pour commencer, je pense qu'une page d'excuses, rédigée pour chaque élève que tu as torturé, devrait suffire. Qu'en pensez-vous ?"
Un murmure d'approbation s'éleva de l'assemblée, rapidement suivi par des cris plus vifs : "Qu'elle souffre !" "Qu'elle saigne !"
Ombrage, prise de panique, sentit ses attaches se desserrer légèrement. "Tu écriras: 'Je suis une menteuse. Je suis désolée pour la torture que j'ai infligée à…' avec le nom et prénom de chaque élève que tu as eu en retenue."
Une table apparut devant elle, accompagnée d'un parchemin vierge. Harry la fixa d'un regard perçant et lui intima : "Si tu oses bouger ou laisser tomber cette plume, je les laisserai faire ce qu'ils veulent de toi."
Elle n'avait plus le choix. Contrainte, acculée, elle hocha doucement la tête, ses mains tremblantes saisissant la plume. Elle commença à écrire les premiers mots sous les regards haineux des élèves.
"Je suis une menteuse. Je suis désolée pour la torture que j'ai infligée à…"
Harry, satisfait, recula et rejoignit Daphné, posant un baiser léger sur ses lèvres. Derrière lui, les gémissements de douleur d'Ombrage résonnaient déjà, mais il les ignora.
"Une fois qu'elle aura fini," murmura-t-il à Daphné, "elle est toute à toi."
Daphné hocha la tête en silence, son regard fixant la scène avec une satisfaction glacée.
Personne ne viendrait. Personne ne découvrirait ce qu'il se passait dans la Salle sur Demande. C'était une pièce véritablement magique, un refuge pour ceux qui en avaient besoin. Harry la bénit intérieurement alors qu'il conjurait une chaise et sortait un livre de sa poche.
Il jeta un dernier regard à Neville, qui se tenait non loin, avant de l'interpeller doucement : "Lorsque vous en aurez terminé avec elle, laissez-la ici. Je m'occuperai de la remettre au ministère."
'Ma mission est un succès, oncle Hadrian. Grâce à tes actions, la suite de mon plan est désormais superflue,' songea-t-il en tournant une nouvelle page de son livre.
'Il ne reste plus que toi, Tom,' se dit-il, apercevant enfin la lumière au bout du tunnel dans cette guerre sans fin contre les forces des Ténèbres.
09/12/1995, 15H01, Nurmengard, Autriche:
Gellert Grindelwald n'avait jamais été le prisonnier le mieux surveillé du monde. Des décennies après sa défaite face à Albus Dumbledore, il vivait toujours, enfermé dans sa propre création : la forteresse de Nurmengard.
Bien que la prison de pierre fût gardée, elle n'était en rien assez robuste pour retenir un mage de son envergure, si telle avait été sa volonté. Pourtant, sa défaite contre Dumbledore l'avait contraint à repenser ses objectifs.
Il avait succombé, la Baguette de Sureau à la main, dans un duel décisif contre celui qui avait autrefois été son plus cher amant. Cette défaite totale l'avait anéanti. Que lui restait-il à accomplir désormais ? Son armée était éparpillée, ses derniers fidèles étaient soit morts, soit exilés et disparus. Quant à lui, il n'éprouvait plus la ferveur de repartir en guerre.
Ainsi, Grindelwald s'était résigné à son échec, à sa déchéance, ressassant sans fin ses choix passés alors que le froid mordant des montagnes autrichiennes semblait peu à peu consumer son âme. La solitude prolongée, en effet, laissait peu d'occupations, sinon celle de penser.
Il avait longuement réfléchi, réexaminé chacune de ses décisions, et pourtant, même en étant face aux ruines de ses ambitions… il ne ressentait que peu de regrets.
Certes, une partie de lui admettait que l'excès de violence avait été une erreur stratégique. Avec ses dons et son charisme, il aurait pu s'élever légalement aux plus hautes sphères du pouvoir, devenir ministre de la Magie et remodeler le monde sorcier selon sa vision, patiemment, sans bain de sang.
Mais au fond, ses objectifs n'avaient jamais changé : abolir la séparation entre moldus et sorciers, et assujettir les non-magiques.
Cependant, pour lui, il était trop tard. Son combat s'était achevé avec sa défaite. Ce qu'il cherchait désormais, c'était la paix. Et cette paix, il l'avait trouvée. Depuis des décennies, hormis lors de ses repas, il n'avait plus eu aucun contact humain. Ou presque aucun. Une seule personne persistait à lui rendre visite dans sa cellule. Une personne dont il reconnaissait le pas bien avant même qu'il n'apparaisse.
"Albus… déjà de retour ?" demanda-t-il calmement, observant le vieil homme qui s'approchait des barreaux.
Le directeur fixa longuement son ancien amant avant de laisser échapper un rire teinté de tristesse. "Je ne suis pas habitué à cela. D'ordinaire, c'est moi qui surprends les autres en devinant leur arrivée," répondit-il en secouant la tête.
"Tu es le seul suffisamment fou pour continuer à venir me voir. Ce n'est pas bien difficile à deviner," grogna Grindelwald en saisissant une chaise en bois pour la placer près des barreaux.
"Ne perdons pas de temps, Albus. Pourquoi es-tu ici cette fois ?"
"Et pourquoi faudrait-il une raison ? Ne puis-je simplement venir m'enquérir de ta santé ?" répliqua Dumbledore avec une légèreté feinte.
Grindelwald, agacé, fronça les sourcils. "Épargne-moi ces futilités. Je te connais trop bien pour savoir que tu ne viens jamais pour une simple 'visite de courtoisie'."
Albus poussa un soupir résigné, comme un enfant pris en faute. "À quoi bon te presser, Gellert ? As-tu vraiment quelque chose de plus urgent à faire ?"
Grindelwald secoua lentement la tête. "Ce n'est pas la question, et tu le sais. Je n'ai aucune patience pour les bavardages inutiles."
Après un bref silence, Dumbledore prit une profonde inspiration, comme s'il s'apprêtait à répliquer, mais se contenta finalement de soupirer. "Très bien… Une fois de plus, je viens te demander conseil."
Grindelwald, impassible, répondit avec lassitude : "Je m'en doutais. Et je te répète, comme à chaque fois, que je ne comprends toujours pas pourquoi tu t'adresses à moi pour cela. Si mes conseils étaient aussi éclairés que tu le crois, je ne serais pas derrière ces barreaux."
Dumbledore sortit sa baguette et lança un sortilège de silence pour s'assurer que personne ne les écouterait. "Tout ce que je te demande, Gellert, c'est de m'écouter. C'est une histoire qui remonte à quelques années. Elle commence avec Harry Potter et son oncle, Hadrian…"
Pendant de longues heures, le directeur relata les événements qui s'étaient déroulés depuis l'arrivée d'Hadrian Potter, évoquant chaque détail jusqu'aux enjeux présents. Il expliqua ensuite ce qu'on attendait de lui dans la bataille à venir.
"Je ne sais pas si j'ai encore la force de me battre," avoua-t-il finalement, une note d'inquiétude dans la voix. "Je ne suis plus le jeune homme que j'étais."
Cette touche d'humour fit sourire Grindelwald, qui resta néanmoins silencieux, réfléchissant quelques instants avant de répondre.
"Tu sembles avoir une grande confiance en ce garçon. Je dois admettre que cela me surprend venant de toi."
Dumbledore hocha lentement la tête avant de soupirer une fois de plus. "Il te ressemble à bien des égards, Gellert. Par sa force, son courage et sa vivacité d'esprit. Comme toi, il possède un pouvoir magique impressionnant… et une maîtrise surprenante du temps. Parfois, lorsqu'il me rend visite, il me rappelle celui que tu étais autrefois."
Un léger sourire amusé apparut sur le visage de Grindelwald. "Voilà qui attise ma curiosité. Tu me donnes presque envie de le rencontrer. Toutefois, ne crois-tu pas qu'il soit un peu jeune pour toi ?" le taquina-t-il.
Dumbledore éclata de rire. "Je te rassure, je ne parlais pas de lui sous cet angle ! Bien que je conçoive que mes paroles aient pu porter à confusion."
Grindelwald hocha pensivement la tête, puis posa une main sous son menton, songeur. "S'il maîtrise réellement le temps, alors il porte un fardeau immense. Je le plains sincèrement. Ce don est un piège cruel, comme je l'ai découvert à mes dépens."
Le directeur acquiesça, se rappelant des crises qui avaient autrefois affligé Gellert. "Comme je te l'ai dit, Hadrian m'a demandé de le suivre dans cette ultime bataille. J'ai promis mon soutien, et je tiendrai parole. Cependant, il se pourrait que cette bataille soit la dernière pour moi."
Albus poursuivit, sans laisser le temps à Gellert de l'interrompre. "Je suis prêt pour la prochaine grande aventure. Arianna m'attend. Je lui dois des excuses, pour tout… et surtout pour mes erreurs passées."
Gellert, visiblement agacé, le coupa net. "Tu t'en veux encore pour tout cela ? C'était un accident, Albus. Et pour ce que cela vaut, c'était peut-être même mon sort qui l'a touchée. Cesse de te torturer avec ces pensées sans fin."
"Tu as raison," concéda Dumbledore, baissant les yeux. "Je te demande pardon."
Après un moment de silence, il ajouta : "Si je devais périr dans cette bataille, personne ne saurait où tu te trouves. C'est pourq–"
"Non," le coupa Grindelwald d'un ton ferme. "Même si tu venais à mourir, je ne quitterai pas cette prison."
L'émotion traversant son visage à l'idée de la disparition d'Albus était difficile à dissimuler. Brusquement, il se leva, mais ses jambes fléchirent, le projetant au sol. Une horloge fantomatique apparut autour de lui, et son œil droit se mit à trembler sous l'effet d'une vision.
Albus, reconnaissant immédiatement la crise, s'agenouilla à ses côtés, calme et impuissant. Il savait qu'il ne pouvait rien faire pour apaiser la douleur.
Grindelwald, pour son honneur, endura la souffrance en silence, ses lèvres se mordant presque jusqu'au sang pour étouffer tout cri. Après de longues minutes, l'horloge disparut, laissant l'ancien mage noir épuisé.
"Je n'avais pas eu de vision depuis des années," haleta-t-il en s'appuyant sur le bras tendu de Dumbledore. "Cette bataille sera bien plus grande que ce à quoi je m'attendais."
"Je ne te demanderai pas ce que tu as vu," soupira Dumbledore. "Mais j'espère que ma fin ne sera pas trop douloureuse. Les partisans de Tom sont connus pour leur… loyauté acharnée."
Grindelwald, regagnant son calme, retourna s'asseoir en silence, sous le regard attentif de Dumbledore.
"Merci de m'avoir écouté, Gellert. Je ne sais pas quand nous nous reverrons, mais si ce n'est pas dans cette prison, alors je t'attendrai dans la prochaine grande aventure !" lança le directeur avec une lueur de gaieté, comme s'il n'évoquait pas sa propre mort. Il s'inclina légèrement avant de quitter la cellule aussi vite qu'il était venu, un sourire léger flottant sur ses lèvres.
Grindelwald, désormais seul, poussa un profond soupir. "Tu atteindras ta fin ce jour-là, Albus," murmura-t-il. "Néanmoins, la prochaine grande aventure… ? Je ne parierais pas dessus."
14/12/1995, 02H17, ?, Roumanie:
"Tout va bien, Sirius ? Es-tu vraiment sûr ?" demanda Hadrian pour la énième fois, sa voix trahissant une profonde inquiétude. Il observait avec attention son parrain, ce dernier vestige des Maraudeurs, cherchant à détecter la moindre fissure dans son armure émotionnelle.
Sirius avait toujours été un esprit fougueux et rebelle, mais la guerre et la perte récente de Remus avaient laissé des cicatrices. Cette fois-ci, ce n'était plus la fougue qui l'animait, mais une froide détermination. "Je vais bien, Hadrian," déclara-t-il, d'une voix plus dure que d'habitude, son regard acier fixé au loin. "Je t'assure, tout ce que je désire, c'est voir périr ceux qui ont causé tant de morts. Ils ont détruit des vies, et il est temps qu'ils paient de leur propre sang."
La froideur dans sa voix, bien qu'inquiétante, était révélatrice de la douleur qu'il portait en lui depuis des années. Le visage de James, de Lily, de tous ceux qu'il avait perdus défilait sans cesse dans son esprit, et il semblait que seule l'idée de les venger, ainsi que d'offrir une vie de liberté à Harry l'animait.
Fortuna, l'esprit moins préoccupé, capta la tension palpable et tenta de calmer les émotions du Maraudeur. "Ils tomberont, Sirius," murmura-t-elle d'une voix douce mais assurée. "Tu sais que, tant qu'Hadrian est à leurs trousses, ils ne pourront pas se reposer un instant. Leur heure approche." Elle posa une main réconfortante sur l'épaule de Sirius, espérant dissiper la colère qui menaçait de le consumer.
Sirius ferma brièvement les yeux, inspirant profondément pour se calmer. Sa colère était légitime, mais il savait qu'il devait rester concentré sur la mission qui les attendait. Le moment de la vengeance viendrait, mais pas encore.
Hadrian scruta les visages de ses deux compagnons avant de poser la question qui les liait tous au plan à venir. "Tout le monde est prêt ?" demanda-t-il d'un ton ferme, cherchant à s'assurer que rien n'était laissé au hasard. Ses deux camarades acquiescèrent en silence, confirmant qu'ils étaient prêts pour ce qui allait suivre. Fortuna et Sirius, chacun dans leur propre réflexion, savaient que cette mission serait cruciale, peut-être même décisive.
"Bien," reprit Hadrian, prenant un moment pour organiser ses pensées avant d'expliquer leur prochaine démarche. "Voici ce que nous allons faire. L'ASDT a découvert cet endroit en suivant la piste des Siena. Il est donc possible que nous les retrouvions ici. Cependant, si nous croisons l'une d'entre elle ou toute autre force hostile, ne tentez pas de combattre. Revenez immédiatement vers moi." Il fronça les sourcils, ses yeux parcourant la vallée en contrebas où se trouvaient probablement leurs cibles.
Ils se tenaient sur une colline escarpée, dominant la campagne roumaine qui s'étendait à perte de vue sous un ciel orageux. En contrebas, une imposante demeure, invisible aux yeux non avertis, se dressait sous un voile magique. Cet endroit, sombre et lugubre, grouillait de vie, entouré de centaines de gardes : des mages noirs, des vampires, et des créatures redoutables.
L'ASDT, l'escouade d'élite personnelle d'Hadrian, avait découvert l'emplacement et établi une base souterraine pour surveiller tous les mouvements autour de cette forteresse.
Un jour, lors d'une observation minutieuse de la demeure, ils avaient vu une apparition qui les avait glacés : Voldemort en personne, transplanant à l'entrée de la forteresse, accompagné de deux sorcières qu'il ne fut pas difficile d'identifier.
Ce moment avait transformé leur mission en une entreprise extrêmement dangereuse. Ils savaient que s'ils étaient repérés à cet instant, leur chance de survie serait réduite à néant. Le Seigneur des Ténèbres n'accordait aucune pitié à ceux qui se dressaient sur son chemin.
Cependant, cette apparition leur offrait un avantage crucial : ils avaient découvert l'une des bases secrètes de Voldemort. Cela signifiait qu'ils pouvaient désormais préparer une attaque, plutôt que d'attendre dans l'ombre que les événements leur échappent.
Hadrian avait travaillé sans relâche pour élaborer un plan permettant de neutraliser un maximum des forces de Voldemort, assisté par ses deux plus fidèles alliés, Fortuna, sa petite-amie, et Sirius, tous deux aussi déterminés que lui à renverser l'ennemi.
Mais un problème majeur persistait : l'inconnu. Ils n'avaient aucune connaissance des pièges qui pouvaient être disséminés à l'intérieur de cette forteresse. Chaque recoin de cette demeure pouvait abriter une menace mortelle. Hadrian ne voulait prendre aucun risque inutile, ni perdre un seul de ses alliés. C'est pourquoi ils avaient décidé de mener une mission de reconnaissance avant toute attaque frontale.
"Nous ne sommes pas en mesure de mener un assaut direct contre cette armée," expliqua Hadrian, d'un ton grave, laissant ses deux compagnons observer eux-mêmes la quantité impressionnante de gardes qui patrouillaient en contrebas. "Tenter de les affronter à trois serait suicidaire."
Fortuna, toujours attentive, scrutait les mouvements dans la vallée, son visage trahissant une certaine inquiétude. "Je suis étonnée de voir autant de soldats sous les ordres de Voldemort. Aux dernières nouvelles, son armée était sur le déclin," murmura-t-elle en serrant sa baguette plus fort, son esprit envahi de doutes. "Je ne m'attendais pas à voir une telle mobilisation."
Sa voix tremblait légèrement, mais elle se ressaisit rapidement. Hadrian comptait sur elle, et elle ne pouvait se permettre de montrer le moindre signe de faiblesse. Elle devait rester forte, malgré la menace tangible qu'ils percevaient à chaque instant.
"C'est une observation juste," admit Hadrian, réfléchissant rapidement. "Cela signifie que Voldemort concentre ici l'essentiel de ses forces. S'il perd cette bataille, la guerre pourrait se terminer. Mais cela signifie aussi que nous devons tous les vaincre…" Il tourna lentement la tête vers la sinistre demeure, son regard se durcissant. "Et ça, c'est une autre histoire."
Sirius, toujours impassible, hocha la tête, son visage fermé par une détermination implacable. "Si nous les battons ici," commença-t-il en s'approchant du bord de la colline, laissant sa phrase en suspens comme s'il n'osait pas formuler la suite.
"Si nous les battons, alors la paix sera enfin à portée de main. Le ministère a été purgé, les forces de l'ombre sont affaiblies, et la société magique aura une chance de renaître. Cette paix, aussi belle soit-elle, ne sera pas éternelle. Il y aura d'autres batailles, d'autres ennemis. Mais notre rôle à nous, notre guerre, sera terminée", acheva Hadrian. Son ton était grave, presque fataliste, alors qu'il repensait à toutes les horreurs qu'il avait traversées pour ne serait-ce qu'entrevoir cet avenir.
Après un moment de silence, Hadrian se redressa et se prépara à la descente. "Souvenez-vous, votre seul objectif est de localiser un membre du cercle restreint de Voldemort et de le placer sous l'emprise de l'Imperium. Laissez-moi m'occuper du reste." Sa voix était tranchante, chaque mot soigneusement mesuré.
Fortuna hocha la tête, mais resta en retrait, observant Hadrian avec une tendresse cachée derrière son masque de concentration. Il portait le poids de cette guerre, une guerre qui les avait changés tous les deux. Elle le connaissait mieux que personne. Elle savait qu'il ne laisserait jamais transparaître ses faiblesses, surtout pas maintenant, alors que tout reposait sur ses épaules. Mais derrière son armure de chef, Fortuna voyait l'homme qu'elle aimait.
Alors que Sirius s'éloignait, entamant la descente de la colline, Fortuna s'approcha doucement d'Hadrian. Le silence qui les enveloppait était lourd, presque palpable, mais dans ce calme oppressant, elle trouva la force de briser la barrière invisible entre eux. Elle posa délicatement sa main sur son bras, une simple caresse, presque imperceptible, mais assez pour attirer son attention.
Hadrian tourna lentement la tête vers elle, ses yeux fatigués croisant les siens, plus doux mais tout aussi résolus. "Hadrian," murmura-t-elle, sa voix à peine un souffle. "Tu n'es pas seul dans tout ça, tu le sais, n'est-ce pas ?" Un mince sourire, fugace mais sincère, se dessina sur les lèvres d'Hadrian.
"Je sais," répondit-il simplement, ses doigts effleurant ceux de Fortuna, entrelaçant leurs mains pour une fraction de seconde.
Le vent souffla doucement autour d'eux, emportant avec lui les murmures des craintes, des doutes. Pendant ce bref instant, le monde extérieur n'existait plus. Il n'y avait que cet échange silencieux entre deux âmes liées par des épreuves plus grandes qu'elles. "Je te promets qu'après tout ça..." commença-t-il, mais Fortuna l'interrompit doucement en posant un doigt sur ses lèvres. "Chut," murmura-t-elle, son regard brillant d'émotion. "Ne promets rien. Vivons simplement chaque instant comme il vient. Le reste... nous le trouverons ensemble."
Elle se hissa sur la pointe des pieds, déposant un baiser tendre sur sa joue, son souffle chaud effleurant sa peau. Hadrian ferma brièvement les yeux, savourant cette rare douceur, une trêve dans le tumulte. Il avait une raison de survivre à tout cela. Et même s'il doutait de sa survie à la fin de ce combat, il se devrait de faire de son mieux.
Par conséquent, sans un mot de plus, il s'élança dans la descente abrupte, longeant les flancs de la colline pour éviter d'être repéré. Il savait que traverser l'entrée principale ou tenter d'abattre la barrière magique reviendrait à révéler leur position. Cela attirerait sur eux l'attention de l'armée entière, une erreur fatale.
Fortuna, tout aussi concentrée, descendit de l'autre côté, rejoignant Sirius qui l'attendait en bas. Leur mission était claire, et selon les informations de l'escouade, une entrée arrière leur permettrait de pénétrer dans la demeure sans éveiller les soupçons.
Sirius, dans un éclair de lumière, prit sa forme animale, se transformant en chien, reniflant les multiples traces olfactives laissées par les mages noirs qui avaient emprunté ce chemin avant eux. Il guida Fortuna à travers les hautes herbes et les ombres, vigilant à chaque bruit, chaque mouvement.
"D'après les informations de Masayuki, la salle de réunion est au premier étage," chuchota Fortuna, son souffle à peine audible. "C'est là que nous avons les meilleures chances de trouver un membre influent du cercle restreint."
Sirius hocha la tête en réponse et accéléra le pas. Ils étaient désormais lancés, et il n'y avait plus aucun retour en arrière possible.
S'ils réussissaient cette mission, Hadrian aurait un espion précieux, capable de lui fournir des informations vitales sur les prochains mouvements de Voldemort. Cela leur permettrait de prendre l'avantage, de frapper avant que les ténèbres ne puissent avancer.
Depuis la chute du ministre Fudge et la capture de Dolores Ombrage, Hadrian avait méthodiquement coché chaque nom sur sa liste. Mais deux étapes restaient à accomplir avant qu'il ne puisse envisager la fin de cette guerre.
- Laisser Voldy reformer son corps, puis le tuer.
-Traquer Siena, Alexei, Sethom et tous les futurs seigneurs des ténèbres.
Faire tomber Siena, et sa contrepartie plus jeune, tandis qu'Harry devait vaincre Voldemort. C'était tout. Une fois les deux réalisations achevées, son rôle de "soldat" s'achèverait alors enfin.
Pour Voldemort, tout ce qu'il avait à faire serait de s'assurer de la destruction de son dernier horcruxe: Nagini. Il serait alors de nouveau mortel, et Harry pourrait lui faire face sur un certain pied d'égalité.
Face aux Siena cependant, l'histoire se compliquait légèrement.
Pour Hadrian, la jeune Siena ne représentait pas une menace aussi redoutable. Certes, elle était talentueuse, mais elle ne possédait pas encore la puissance de son aîné. Le véritable danger, c'était Némésis, sa version plus âgée. Forte et intelligente, elle s'était préparée à lui faire face depuis des années, rendant leur confrontation inévitable.
Mais pour l'heure, Hadrian progressait sans encombre. Arrivé près de la barrière magique, il sortit sa baguette et l'effleura, murmurant des incantations dans une langue ancienne. Lentement, discrètement, la barrière se fragilisa, laissant apparaître un passage.
Sans hésitation, Hadrian franchit la barrière, le cœur battant, prêt à affronter ce qui l'attendait de l'autre côté.
Cependant, dès que son pied toucha le sol, un grondement sourd et retentissant brisa le silence, suivi immédiatement par une puissante explosion qui secoua l'air. Une alarme perça le calme de la nuit, stridente et dévastatrice. Instinctivement, Hadrian se jeta au sol, esquivant une volée de sorts qui fusaient dans sa direction avec une précision meurtrière.
"Mais qu'est-ce que c'est que ce bordel ?!" s'exclama-t-il, stupéfait, alors que l'adrénaline inondait ses veines. Son regard, vif et acéré, se tourna vers le voile magique. Ce même voile, traversé des dizaines de fois sans encombre par son équipe, venait de réagir violemment à son entrée. Cette anomalie ne pouvait signifier qu'une seule chose, et son esprit calcula rapidement la situation.
'Le voile… il n'est pas là pour les cacher,' réalisa-t-il. 'Il a été placé uniquement pour les informer de ma présence.'
Ses yeux, flamboyants de magie pure, s'injectèrent de pouvoir. Hadrian se redressa avec une agilité surnaturelle, balayant d'un violent revers de la main deux Stupéfix qui fusaient vers lui, tout en dégainant sa baguette de l'autre main dans un même mouvement fluide.
Autour de lui, la puissante alarme continuait de hurler, provenant du cœur même de la barrière. Il sentit sa magie pulser en réponse, tirant sur les profondeurs de son noyau. "Assez !" rugit-il, concentrant une vague colossale de magie brute, la rassemblant en une boule d'énergie crépitante avant de la projeter de toutes ses forces contre le voile bruyant. Avec un cri déchirant, la barrière magique explosa en mille morceaux, réduisant le son de l'alarme à néant.
Le silence retomba, lourd et oppressant. Un calme qui n'annonçait rien de bon.
Clap, clap…
Un son incongru retentit dans l'air épais. Des applaudissements, lents et méprisants, émergeaient de l'obscurité en face de lui. Hadrian, ses sens en alerte maximale, distingua rapidement deux silhouettes dans la pénombre. Ses yeux magiquement affûtés reconnurent immédiatement les figures : devant lui, se tenaient Siena et Némésis, sa contrepartie plus âgée et infiniment plus redoutable.
"Bravo, bravo ! Un spectacle impressionnant," lança Némésis, sa voix glaciale et moqueuse résonnant dans l'air. "Avec des acrobaties pareilles, tu aurais ta place dans un cirque moldu, tu ne crois pas ?" Sa baguette apparut alors dans sa main, suivant sa déclaration.
Siena, debout à ses côtés, imita les gestes de sa version plus âgée, mais se contenta de garder le silence, ses yeux fuyants. Il y avait quelque chose de presque tragique dans cette jeune fille, selon Hadrian. Elle n'était qu'à peine plus âgée qu'Harry, mais elle semblait déjà marquée par le poids des ténèbres. Bien qu'elle se rangeait du côté de Némésis, il ressentait une forme de pitié à son égard. Contrairement à sa version future, cette Siena-là n'avait pas encore la force implacable d'esprit qui caractérisait Némésis.
"J'ai entendu dire que tu avais rejoint Voldemort," dit Hadrian, son ton mesuré, cherchant à gagner du temps. "Bien que je n'arrive pas à comprendre pourquoi. Ni lui, ni toi ne semblez être du genre à vouloir partager le pouvoir."
Un rire froid et désabusé s'échappa des lèvres de Némésis. "Le pouvoir ? Cela n'a plus d'importance désormais, et tu le sais aussi bien que moi. Ce n'est plus une question de pouvoir, Potter. Maintenant, c'est une affaire de vengeance. Rien d'autre. Les moyens m'importent peu."
D'un geste nonchalant, elle sortit de sa poche un objet qu'Hadrian reconnut immédiatement. Ses muscles se raidirent.
"Ce collier…" grogna-t-il, sentant sa magie fluctuer dangereusement autour de lui. "Qu'est-ce que tu as fait à ceux qui les portaient ?!"
Némésis fit tournoyer le collier dans ses doigts avant de le jeter à ses pieds. "Ils sont toujours en vie, rassure-toi. Voldemort avait encore besoin de réponses de leur part. Pour l'instant, ils doivent probablement dormir dans les cachots." Elle sourit, visiblement amusée par la réaction d'Hadrian. "Tes artefacts sont fascinants à étudier. En dehors de moi, personne n'aurait pu neutraliser leurs effets, je pense." Elle conclut sa phrase par un clin d'œil arrogant.
Hadrian comprit instantanément. L'ASDT aurait dû le prévenir. Ils faisaient régulièrement des rapports, et pourtant, aucune alerte n'avait été déclenchée. Le voile de mystère s'épaississait, et son intuition lui criait la vérité. Il n'avait pas pris le temps d'analyser les colliers de manière plus approfondie, trop confiant dans ses propres enchantements pour imaginer qu'ils pourraient être compromis.
Mais Némésis n'était pas une ennemie ordinaire. Elle l'avait étudié pendant des années, scrutant chaque recoin de sa magie. Même ses pouvoirs temporels, jadis son arme la plus redoutable, n'étaient plus un secret pour elle. Le fait qu'elle ait trouvé un moyen de contourner ses défenses ne semblait plus si surprenant.
'Elle ne sait peut-être pas que Sirius et Fortuna sont ici avec moi,' réalisa-t-il soudain. 'Si, dans leur fouille, ils peuvent libérer les captifs…' Ses yeux balayèrent furtivement la zone, cherchant un signe, une faille.
"Oh, ne t'embête pas à chercher une issue," l'interrompit Némésis, son sourire s'élargissant. "Nous t'attendions depuis un bon moment, tu sais." Elle fit un geste à Siena, l'incitant à s'avancer. La jeune sorcière hésita avant de se ressaisir, le regard perçant de Némésis la ramenant à l'ordre.
"Je doute que tu aies vu ça dans tes précieuses visions, n'est-ce pas ?" ricana la jeune fille. Malgré son ton moqueur, Hadrian décelait un éclat d'incertitude dans ses yeux. Pendant un bref instant, il crut même percevoir une étincelle de panique avant qu'elle ne reprenne le contrôle de ses émotions.
"Nous aussi, nous pouvons jouer avec le temps, Potter. Tu n'es pas le seul à avoir vu des fragments d'avenir !" lança Siena, dans un éclat de défi.
Hadrian soupira intérieurement, comprenant ce qu'elle sous-entendait. 'Bien sûr, une fois qu'elles ont saisi le contrôle partiel du temps, elles auraient accès à des visions comme moi.' Il réalisa qu'il avait négligé cette possibilité. 'Mais la vraie question est : jusqu'à quel point maîtrisent-elles cette magie ?'
"Nous avons vu l'avenir qui nous attendait," continua Siena en levant sa baguette vers lui, une froide détermination dans ses yeux. "Et je refuse de l'accepter !"
Contrairement à son hésitation initiale, cette déclaration transperça l'air avec une sincérité glaciale. Hadrian n'avait aucun doute sur la véracité de ses paroles. 'Mais qu'ont-elles pu voir dans cet avenir qui les pousse à une telle colère ?' s'interrogea-t-il, intrigué par cette déclaration aussi brutale que désespérée.
"Maintenant que tu es ici, nous pouvons enclencher la solution finale," annonça Némésis d'une voix triomphante. Tout à coup, des craquements assourdissants résonnèrent autour de l'immense bâtisse, comme des milliers d'explosions simultanées dans l'air lourd.
"Voldemort veut Potter et Dumbledore," poursuivit-elle avec un sourire sadique, "mais nous, nous te voulons toi. Et contrairement à lui, nous n'aurons pas besoin d'une armée entière pour faire tomber une seule personne." Elle leva sa baguette et fit un mouvement circulaire dans les airs. Un voile dense et presque tangible apparut tout autour d'eux.
Grâce à ses yeux magiquement améliorés, Hadrian déchiffra les runes complexes gravées dans l'éther du voile. Un réseau complexe de magie ancienne. 'Un piège… impossible de transplaner', conclut-il.
'Elles veulent vraiment m'affronter à elles deux ?' pensa-t-il, tentant de réorganiser ses idées. 'Si c'est le cas, qu'en est-il des autres… ?'
Soudain, ses yeux s'écarquillèrent en réalisant la véritable portée de la situation.
"Et oui, Potter," poursuivit Némésis, ravie de son désarroi. "Pendant que nous nous amuserons ici, Voldemort et ses petits copains marcheront sur Poudlard. C'était difficile de les convaincre, tu sais… Ils voulaient tous ta peau. Mais l'homme-serpent a su les manipuler, leur promettant que tu souffrirais encore plus en apprenant la mort de ton neveu." Un rire cruel s'échappa de ses lèvres tandis qu'elle savourait l'expression de haine qui déformait le visage d'Hadrian.
"Oh, ne t'inquiète pas ! Les barrières de Poudlard tiennent encore. Ils devront marcher un moment avant d'atteindre le château," continua-t-elle avec dédain. "Cela nous laisse juste assez de temps pour te tuer, puis emporter ta tête comme trophée pour la jeune génération. Qu'en dis-tu ?" acheva-t-elle, le ton triomphant.
Mais à cet instant, Hadrian explosa littéralement de rage. Une aura dévastatrice se déchaîna autour de lui, repoussant légèrement Némésis en arrière.
Elle ne le savait pas, mais la phrase de Némésis venait réellement de le rassurer. Pourquoi ? Car cela signifiait qu'il lui restait un peu de temps.
Profitant du chaos pour glisser discrètement une main dans sa poche, ses doigts cherchèrent un petit objet enchanté, un gallion. Injectant de la magie dans la pièce métallique, il déclencha l'un des mécanismes les plus précieux à ses yeux.
En effet, Harry et son groupe n'étaient pas les seuls à posséder des pièces enchantées afin de communiquer. Lui-même en avait une qu'il partageait avec Dumbledore et Harry. Sa seule fonction : prévenir d'une attaque imminente de Voldemort. Avec cette alerte discrète, Poudlard serait préparé. Et si Harry n'avait pas encore décelé la menace, Albus en serait immédiatement informé.
Avec ce message envoyé, Hadrian se redressa, la haine pure brûlant dans ses veines. Chaque mot qu'il prononça vibrait de la fureur contenue jusque-là.
"Si je comprends bien," dit-il avec une froideur glaciale, "vous avez monté un piège pour que, dès que je me manifesterais, Voldemort envoie ses sbires massacrer mon neveu et ses amis. Pendant ce temps, vous m'enfermez ici pour me révéler la capture de mon escouade et m'informer de votre intention de me tuer. C'est bien cela ?" demanda-t-il, sa baguette se levant lentement, un calme oppressant régnant désormais autour de la demeure.
Il retint soigneusement l'information la plus précieuse : Fortuna et Sirius étaient toujours à l'intérieur du manoir. La mission initiale, désormais caduque, prenait une nouvelle tournure. Avec le départ de la plupart des Mangemorts, un nouveau plan se profilait à l'horizon.
Hadrian concentra ses sens. Il pouvait percevoir la magie noire de Voldemort, imprégnant encore les lieux. Elle ne pouvait être cachée à son regard. Il l'avait étudiée toute sa vie, l'avait traquée et lutté contre elle. 'Quelque chose reste ici,' pensa-t-il. 'Soit Voldemort lui-même, soit Nagini.'
Le piège de Némésis avait des failles. Voldemort n'aurait pas laissé son armée sans supervision. De plus, il voudrait prendre la vie d'Harry en personne, c'était une évidence.
Mais si ses sens étaient justes, il y avait encore un morceau de Voldemort à l'intérieur, un horcruxe. C'était une occasion en or.
Némésis relâcha son aura, et Hadrian se retrouva submergé par la puissance écrasante qu'elle dégageait. 'Elle a incroyablement gagné en puissance depuis notre dernière rencontre !' pensa-t-il avec une pointe d'inquiétude. 'Ce n'est plus la même ennemie.'
"C'est incroyable ce qu'on peut découvrir dans la collection personnelle d'un Seigneur des Ténèbres," se moqua Némésis. "Tu n'as aucune chance contre nous, Potter ! Ce soir, le monde sorcier s'effondrera définitivement !"
D'un geste brutal, elle projeta une vague de feu noir d'une intensité infernale dans sa direction
."Atlas !" hurla Hadrian en érigeant un bouclier magique, entourant l'arc enflammé dans sa barrière protectrice, puis tordant sa baguette pour dévier l'assaut. L'arc de flammes se disloqua dans un fracas d'étincelles.
'Je n'aurai jamais le temps,' songea-t-il. Et puis… si Harry perd le contrôle… Personne ne pourra l'arrêter !' Il se redressa, ses yeux fixés sur les deux sorcières en face de lui, prêt à en finir.
Les gouttes de pluie froide, tombant en rafales, se dissipaient dans l'énergie surnaturelle qui entourait les trois combattants. Bien que d'une puissance moindre, la jeune Siena tenait bon, son corps frêle parvenant à résister à la pression écrasante des auras magiques.
'Masayuki, Hery, Leo, Elena… Albus, Harry… Fortuna, Sirius…' nomma-t-il intérieurement, ses pensées éparpillées dans l'urgence. 'Je vous en supplie, tenez bon.'
Ses mains se crispèrent autour de sa baguette, et avec une détermination farouche, Hadrian murmura à lui-même : 'Je vous sortirai tous de là, même si c'est la dernière chose que je fais sur cette Terre.'
