Salut, salut ! Allez, on poursuit, tant qu'on est sur une bonne lancée. Bonne lecture à tous !
Sirius apparut près d'un petit mur de pierre et lissa sa cape de voyage. De la fumée s'élevait de la cheminée et de la lumière dorée illuminait les fenêtres de la maison. Sirius poussa le portail de fer forgé et parcourut le chemin pavé jusqu'à la porte d'entrée.
Il frappa une fois et entendit du bruit à l'intérieur, mais une minute plus tard, personne n'était encore arrivé pour lui ouvrir la porte. Sirius frappa à nouveau, puis une troisième fois. Il jeta un œil par la fenêtre la plus proche. La lumière était allumée dans la cuisine, mais il ne pouvait voir personne. Il commença à sentir une certaine irritation lui crisper la nuque.
«M. Morton, c'est l'Auror Black.» s'écria-t-il.
Il y eut du bruit à l'intérieur, puis un craquement, comme une porte ou une fenêtre qui s'ouvre.
«M. Morton, ouvrez la porte.»
Un bruit sourd. L'agacement de Sirius se transforma en inquiétude.
«Morton!»
«A l'aide!»
La voix était si faible que c'était presque un murmure et Sirius ne pensait pas qu'il l'aurait entendu s'il n'avait pas des capacités auditives aussi développées.
«Ventus Maximus! dit Sirius, ouvrant la porte en grand. Pointe au nord.»
Sa baguette se mit à tourner et désigna une pièce sur sa droite. Il y avait là un pallier qui menait jusqu'à la cuisine. Morton était affalé sur une chaise, le visage crayeux, respirant difficilement comme s'il venait juste de courir ou s'il sortait d'un entraînement de Quidditch particulièrement vigoureux. Il avait aussi l'air d'avoir perdu plusieurs kilos durant les deux dernières semaines.
Morton ne répondit pas lorsque Sirius débarqua. Il fixait le vide avec des yeux tombants et désorientés et Sirius n'était pas sûr qu'il l'ait même remarqué. Il se pencha sur le côté de sa chaise et Sirius réussit à traverser la pièce à temps pour l'empêcher de s'éclater la tête sur le sol de pierre. Il réussit à l'allonger sur le sol et commença à lancer des sortilèges silencieux de diagnostics. Il ouvrit ensuite son Sidekick et essaya sans succès de joindre Hemsley, mais il eut davantage de succès avec Brown. Il ne pensait pas avoir jamais été aussi heureux d'entendre la voix de l'apprenti.
«Bl-»
«Tais-toi et écoute. Je suis chez Morton. Une grande maison en pierre entre le cimetière de Lockwood et la rivière Avon, à Bath. Morton est- il ne va pas bien.»
Sirius leva la tête pour regarder la liste des diagnostics qui s'inscrivait dans l'air près de lui.
«Il souffre d'une hémorragie interne, entre le bas du crâne et le haut de la nuque-»
Morton commença à se débattre et à tousser dans les bras de Sirius.
«J'ai besoin de toi et de Hemsley ici, tout de suite, s'écria urgemment Sirius. Et amenez un guérisseur.»
Il était hors de question de déplacer Morton dans cet état. Cela le tuerait sans doute.
Il agita sa baguette pour lancer un sort qui épaissirait son sang. Il ne l'épaissirait pas assez pour boucher ses artères, mais avec un peu de chance, il créerait des caillots qui arrêteraient l'hémorragie. C'était la seule chose qu'il connaissait qui pourrait aider et ce n'était même pas fait pour les saignements internes. Le cerveau était déjà complexe pour les soigneurs expérimentés et les compétences médicales de Sirius étaient limitées aux fractures, aux muscles froissés, aux coupures et aux morsures. Le plus proche de cela qu'il avait déjà géré était une coupure sur une gorge, mais il était alors capable de voir ce qu'il faisait et il avait du Dictame pour aider.
«Accio Dictame.» dit-il, mais rien n'approcha, ni même ne bougea dans les placards.
Sirius lança un sort qui fonctionnait comme une potion de Régénération sanguine – mais qui était loin d'être aussi puissante – et espéra que ça allait aider.
Où es-tu, Hemsley? pensa-t-il, désespérément.
Les yeux de Morton se fixèrent soudainement sur ceux de Sirius. Il leva la main, sans doute pour attraper le col de Sirius, mais il le manqua de plusieurs centimètres.
«S'il te plaît, ne le laisse pas-»
Il fut interrompu par une quinte de toux. Sirius jeta son Sidekick au sol.
«Qui? Qui?» demanda Sirius, serrant le poignet de Morton.
Il descendit sa main sur celle de Morton lorsqu'il n'obtint aucune réponse et serra encore. Le visage de Morton perdit le peu de couleur qui lui restait.
«Morton! Morton, est-ce que tu m'entends?»
Pendant un instant, Sirius pensa qu'il était mort.
«Ta faute, articula difficilement Morton, sans ouvrir les yeux. Tu es responsable de tout ça, Black-»
Sirius fut surpris qu'il s'adresse à lui aussi directement. Il n'était pas certain jusque-là que Morton sache qui il était.
«-tu m'as tué, tu n'as pas vu, tu n'as pas aidé.»
Sirius essaya de maintenir Morton au sol lorsqu'il convulsa à nouveau. Il était si occupé à s'assurer que le sorcier ne se blessait pas lui-même qu'il n'eut pas le temps de bouger lorsque Morton se mit à vomir son dîner.
«Tu-»
La voix de Morton s'éteignit et il perdit connaissance.
«Rennervate.» dit Sirius, plusieurs fois.
Cela n'eut aucun effet. Il lança deux sortilèges: l'un pour soutenir la respiration de Morton, l'autre pour que son cœur continue de battre, avant de s'asseoir là, près de lui, impuissant, patientant jusqu'à ce que Hemsley débarque avec Brown et le guérisseur Leatherby. Leatherby se dirigea directement vers Morton, sa baguette s'agitant déjà dans les airs. Sirius sauta sur ses pieds et s'écarta de son chemin.
«Est-il-»
«Toujours vivant.» dit Sirius.
Hemsley hocha la tête. Brown regardait avec dégoût les tâches de vomi sur la cape de Sirius et Morton qui tremblait avec un certain effroi.
«Est-ce qu'il y a quelque chose que je peux faire pour-»
Il s'interrompit et Brown s'arrêta de respirer lorsque Morton devint tout raide. Ils restèrent tous silencieux un moment. Leatherby continuait d'agiter sa baguette, avant de finalement l'abaisser et de poser ses doigts sur le cou de Morton.
«Mort.» annonça Leatherby sur un ton neutre.
Sirius ferma les yeux et prit une longue inspiration … avant de froncer le nez, car la cuisine sentait vraiment mauvais: un mélange de nourriture à moitié digérée et d'acide gastrique.
«Emmenez le corps, dit Hemsley à Leatherby, qui acquiesça. Et des échantillons de ça.»
Il montra le tas de vomi sur le sol.
«Si c'était du poison, ça se verra sur les tests. Brown, fouille le reste de la maison.»
Hemsley attendit que Brown s'en aille et que Leatherby prenne ses échantillons – ainsi que Morton – et s'en aille en transplanant. Alors il se tourna vers Sirius.
«Au nom de Merlin, à quoi tu pensais?» soupira-t-il.
«Tu avais l'air de croire que ça ne valait pas le coup d'enquêter sur lui-»
«Il n'est pas-»
«Il est mort, dit Sirius. Évidemment que ça vaut- que ça valait le coup. Je ne pouvais pas m'empêcher de penser qu'il était impliqué dans tout ça et j'ai pensé que je devais lui parler de nouveau.»
Hemsley se contenta de le dévisager.
«Je n'ai pas besoin de permission pour suivre une piste.»
«Une piste? Basée sur tes instincts?»
«Certains ont trouvé des choses avec moins que ça.» dit Sirius.
«Et tu as trouvé un homme mourant, dit Hemsley. Alors réponds-moi: serait-il mort ce soir, de toute façon, et le fait que tu débarques sur la scène est juste une coïncidence intéressante ou est-il mort parce que tu as débarqué?»
«Tu penses que je l'ai tué?!» gronda Sirius.
«Non, dit Hemsley en secouant la tête. Mais d'autres pourraient le croire, parce que tu n'as parlé de ta visite à personne. Scrimgeour te fait confiance, mais si Dawlish a vent de tout ça, ou quelqu'un de l'équipe du Ministre … Ils feront une enquête sur toi, Black, tu sais qu'ils le feront.»
Sirius savait cela. Il n'avait vu Fudge qu'à de très rares occasions depuis son procès et l'homme, habituellement jovial, s'était montré plutôt froid. Dawlish avait mené une campagne anti-Auror-Black à Noël dernier – il s'était plaint à Scrimgeour et avait même lancé une pétition – et même si Croupton ne s'y était pas intéressé, les rares fois où Sirius avait côtoyé l'autre sous-secrétaire de Fudge – cette Ombrage – elle puait la peur et la haine … Et cela, Sirius le savait, ce n'était jamais un bon mélange.
«Ce que je dis, c'est: sois prudent.»
«Ce n'était pas un secret, dit-il, agacé. J'ai décidé de venir ce soir sur un coup de tête. Personne ne savait-»
Hemsley ouvrit la bouche et Sirius agita la main pour lui dire de la refermer.
«-c'est vrai, mais je comptais faire un rapport dans la matinée. Ça devait être une formalité. Juste une vérification, où je n'étais rien censé trouver et j'aurais passé le reste de la nuit à me dire que je travaille trop et que je deviens paranoïaque.»
Hemsley renifla, avant de soupirer.
«Sauf que ce n'est pas le cas.»
«Pas encore, soupira Sirius en fixant l'endroit où Morton s'était trouvé. J'aurais presque préféré.»
Ils restèrent là, en silence, pendant un moment. Hemsley avait l'air troublé et Sirius ressentait trop de choses – tristesse, fatigue, inquiétude, stress, solitude – pour savoir ce qu'il ressentait vraiment.
«Fais une liste, dit finalement Hemsley. Des traces magiques dans la zone et de tous les sorts identifiables qui ont été lancé ou qui étaient en action dans les vingt-quatre dernières heures. Je m'occupe de la fouille manuelle.»
Il poussa le bazar sur le sol pour s'approcher de la fenêtre de la cuisine, qui était ouverte, et il commença à passer sa baguette sur le rebord de la fenêtre.
Sirius soupira, sortit sa baguette et se mit au travail.
Ils passèrent encore plusieurs heures chez Morton, passant la maison au peigne fin de toutes les façons possibles – magiques, non-magiques et canines. Les Morton, semblait-il, étaient des gens normaux, et ils ne trouvèrent aucune preuve de quoi que ce soit de sinistre ou même de suspicieux, autre que l'évident: Morton lui-même.
Sirius quitta la maison juste après minuit et se rendit directement au bureau, avec l'intention de trouver Scrimgeour pour lui expliquer ce qui était arrivé. C'était généralement mieux de gérer ces choses aussi vite que possible et l'homme serait là, parce qu'il donnait un cours aux apprentis, qui se terminait à minuit, et qu'il avait rendez-vous avec Maugrey, Robards et Dawlish – les trois Aurors les plus expérimentés – jusqu'à une heure du matin, comme toujours le jeudi soir.
Sirius eut l'ascenseur pour lui seul jusqu'au Niveau Deux, ce qui était une chance. Lorsqu'il arriva à son box, il retira sa cape, sa robe et son tee-shirt, qui étaient humides et couverts du vomi de Morton. Il fit apparaître un sac et fourra ses affaires à l'intérieur. Il expédia ça à Grimmaurd d'un coup de baguette. Il s'en occuperait une fois à la maison, ou Kreattur s'en occuperait. Son jean, par chance, n'avait subi aucun dommage.
Il utilisa plusieurs sortilèges de nettoyage pour se débarrasser de l'odeur, avant de fouiller dans son bureau à la recherche de quelque chose qu'il pourrait transformer en une nouvelle chemise. Il choisit un morceau de parchemin et était en train de réfléchir au sort qu'il allait utiliser quand Marlène entra.
«Oh! dit-elle. Désolé, je voulais juste-»
«Quoi? dit-il sur un ton las. Jamais vu de nombril avant?»
Marlène leva les yeux au ciel.
«Tu sais bien que si, dit-elle en se mordant la lèvre. J'ai entendu Brown parler à Gelder.»
Gelder était le guérisseur mental qui conseillait les Aurors et les apprentis quand ils en avaient besoin.
« Il paraît que tu as eu une journée difficile.»
«On peut dire ça, soupira Sirius. Un homme est mort et il a dit que c'était de ma faute … que je n'ai pas vu … Quoi que ça puisse dire.»
«Si tu veux te morfondre-»
«Je ne compte pas me morfondre, lui assura Sirius. J'y ai réfléchi, encore et encore, depuis que c'est arrivé et je ne vois rien que j'aurais pu faire différemment … et ça rend les choses encore pires, parce que j'étais impuissant. Tu vois ce que je veux dire?»
Marlène lui adressa un regard triste et s'approcha d'un pas pour poser une main sur son bras.
«C'est pire quand on est pas en temps de guerre, continua-t-il. Tu ne t'attends pas à ce genre de choses. Et- juste- je veux dire, la dernière chose cohérente qu'il ait fait avant de mourir, c'était de me faire des reproches. Je ne sais pas si c'était juste un con et qu'il voulait que je me sente mal ou s'il essayait vraiment de me dire quelque chose ou- Je ne sais pas. Et Hemsley a raison – si les mauvaises personnes entendent parler de ça, alors ils voudront enquêter sur moi et je serais mis à pied le temps de l'enquête, et sans Harry et Lunard, je n'aurais rien à faire.»
Marlène resta silencieuse et Sirius baissa la tête vers elle. Elle détourna les yeux de sa clavicule et croisa son regard.
«C'est à ce moment-là que tu dis quelque chose de rassurant.»
«Je n'ai jamais été très douée pour rassurer.» dit-elle sèchement.
Elle reposa les yeux sur- il réalisa qu'elle ne regardait pas sa clavicule, mais le tatouage qui se trouvait un centimètre en dessous.
«C'est mon numéro de détenu.» dit-il, inutilement.
Elle se contenta d'acquiescer et passa un doigt dessus. Sirius frissonna et la bouche de Marlène tressaillit.
«Il y avait un article dans la Gazette il y a quelques mois, pour dire qu'ils comptaient ajouter d'autres tatouages obligatoires pour les prisonniers, mais je m'en suis sorti avec celui-là seulement, alors-»
«Ça semble étrange à cet endroit.» dit-elle, le touchant une fois de plus avant de laisser tomber son bras contre sa hanche.
Une part considérable du stress de Sirius disparut et il observa Marlène avec intérêt.
« Inconnu.»
«Ça n'a pas à l'être.» dit Sirius en lui adressant un clin d'œil.
Marlène ne trouva pas d'excuse pour partir, comme Sirius s'y était à moitié attendu, elle ne se tourna pas et ne partit pas en courant, elle ne le gifla, ne répondit pas avec une remarque sarcastique. Elle resta là, à le dévisager.
«Peut-être que non.» répondit-elle, et il aurait juré avoir entendu sa voix trembler.
Il sentit son visage afficher une expression choquée avant même de pouvoir s'en empêcher, et elle sourit d'un air narquois. Ses yeux n'avaient pas perdu leur intensité pour autant et Sirius n'osa pas détourner le regard.
Il tendit la main vers sa hanche, pour voir jusqu'où elle était prête à aller. Cependant, elle ne recula pas et sa main se posa sur sa robe. Elle leva la tête, très légèrement, ses yeux toujours plongés dans les siens. C'était un geste très familier et l'estomac de Sirius se contracta agréablement. Il pencha la tête-
Et alors, pour la seconde fois en dix minutes, quelqu'un débarqua sans prévenir.
« Foutu Merlin sur un Hippogriffe!»
Sirius et Marlène reculèrent tous les deux d'un coup pour voir Dora qui se tenait là, avec la main sur les yeux. Ses cheveux étaient blancs, à cause du choc, mais sa peau était rose de gêne.
«Merde. Désolé, je vais juste-»
«Non, c'est rien. Je partais.» dit Marlène.
Sirius essaya de croiser son regard, mais elle fila en regardant droit devant elle.
«Qu'est-ce que c'était que ça?» demanda Dora.
«Ça, répondit Sirius en se laissant tomber contre son bureau en grognant. C'était la preuve que les personnes de ma famille ont un timing pourri, peu importe l'âge qu'ils ont.»
Il transforma son parchemin en une chemise et la passa par-dessus sa tête.
«Qu'est-ce que tu veux?»
Sirius se dit que son air renfrogné lui avait coupé l'envie de lui poser des questions – ou du moins, lui aurait fait changé d'avis quant au fait de les lui poser à ce moment précis – parce qu'elle sortit un morceau de parchemin.
«Un hibou vient d'arriver de la part de Remus et il y avait ça dedans pour toi, dit-elle avec joie. Je pensais attendre jusqu'à demain matin, mais ta lumière était allumée, alors je me suis dit que j'allais te le donner tout de suite.»
Sirius décida qu'il frapperait Remus la prochaine fois qu'il le verrait.
Weasley Un et Deux, songea Drago, avaient raison lorsqu'ils avaient dit à Weasley que les balais de l'école n'avaient rien de spécial. Celui de Londubat essaya de le kidnapper lorsqu'ils montèrent dessus pour la première fois, mais Drago – qui se trouvait malheureusement juste à côté de lui – l'avait descendu du balai avant qu'il n'arrive à hauteur d'épaule. Londubat avait atterri sur l'herbe avec un bruit sourd, surpris, mais indemne.
«Quoi?» avait dit Drago, lorsque tout le monde s'était mis à le dévisager.
Londubat se releva du sol, embarrassé.
«S'il ne m'avait pas donné de coup de pied au visage en se penchant comme ça-»
A l'avis de Drago, c'était une possibilité très sérieuse.
«-il me serait tombé dessus.»
Les Serpentards avaient l'air pensif, mais quelques-uns ricanèrent et Drago se détendit.
«Dix points pour Gryffondor.» dit doucement Mme Bibine.
Les Serpentards se mirent à grogner et Drago soupira.
«Maintenant, qui peut me dire quel problème a rencontré M. Londubat?»
Granger, évidemment, fut la première à lever la main.
«Merci.» dit Neville d'une voix timide, tandis que Granger expliquait quelque chose à propos de la magie des balais qui sentait les émotions du sorcier – c'était mot pour mot ce qui était écrit dans Quidditch à travers les âges.
«Tais-toi, Londubat.» dit Drago, et Londubat se tut immédiatement, en lâchant un petit gémissement au passage.
Drago ne savait pas comment s'excuser pour le commentaire à propos du traître à son sang de la semaine passée – il n'avait jamais vraiment eu à faire quelque chose comme ça avant – mais il s'était dit que l'aider était un bon moyen de commencer.
Mme Bibine alla chercher un nouveau balai pour Londubat et cette fois, la classe entière s'éleva dans les airs. Ils volèrent un peu, leurs pieds à un mètre du sol, et Drago regarda autour de lui, curieux. Tracey, Granger, Thomas et Londubat vacillaient dangereusement et le reste de la classe – Drago inclus – montrait des compétences diverses et variées. Potter, en revanche, semblait si stable qu'il aurait tout aussi bien pu être assis sur un des bancs de la Grande Salle.
Mme Bibine passa un peu de temps avec chacun d'eux – quelques-uns, comme lui-même, Potter, Weasley, Hydrus, Daphné, Grégory et Finnigan ne reçurent qu'une remarque ou deux – tandis que d'autres eurent besoin de plusieurs minutes d'astuces et de corrections. A l'avis de Drago, c'était plutôt satisfaisant de voir que Granger n'était pas la meilleure dans tout.
Une fois qu'ils eurent terminé ça, Mme Bibine les laissa s'élever davantage jusqu'à atteindre les fenêtres du deuxième étage du château. Elle plaça un sortilège de Coussinage sur le sol et les rejoignit dans les airs.
«La meilleure façon d'apprendre, cria-t-elle. C'est de voler.»
Tout le monde s'était espacé et Drago pensa que ce n'était pas plus mal. Il ne voulait pas se trouver trop près des nouveaux tant qu'il n'était pas sûr qu'ils savaient manœuvrer. Mme Bibine agita sa baguette et plusieurs lignes apparurent, brillantes d'une magie orange. Elle expliqua et fit la démonstration de chacune d'entre elles. Il y avait deux lignes l'une près de l'autre (pour qu'ils puissent s'entraîner à voler droit ou à faire la course avec un autre élève), il y avait aussi des séries de virages, une espèce de vague (pour pratiquer les différentes hauteurs de vol), des sortes de spirales (pour apprendre à tourner et monter en même temps) et il y avait aussi une série d'anneaux pour les plus doués, qui combinaient plusieurs compétences en même temps.
La classe se dispersa. Hydrus et Weasley se dirigèrent de suite vers les anneaux, tandis que Tracey et Granger se rendaient vers les lignes droites (très lentement et avec très peu de stabilité). Théodore, Morton et Brown préfèrent les spirales. Drago était juste heureux de pouvoir observer tout le monde – les gens étaient intéressants – mais il finit par se diriger vers les virages, où Patil et Daphné se chamaillaient. Potter avait fini avec Londubat et essayait de le convaincre de faire une course, mais Potter se dirigea vite vers les spirales.
«Attention!»
Drago leva les yeux à temps pour voir Weasley écarter brutalement son balai, tandis que Hydrus passait près de lui et redressait son balai.
«T'as peur, la belette?»
Drago tourna la tête, mais Mme Bibine était occupée à aider Tracey et n'avait pas vu la dispute.
«Seulement de ton mauvais pilotage.» répliqua Weasley.
Patil commença à rire, Daphné arqua un sourcil et Londubat leva les yeux vers eux. Hydrus prit une teinte rosée, furieux.
«Espèce de petit-»
Drago n'était pas sûr d'où était arrivé Potter, mais il prit place près de Weasley en l'espace d'une seconde.
«Sois prudent, Malefoy, dit Potter. Tu n'as pas tes petits amis avec toi pour te protéger ici.»
Ils se fixèrent pendant un moment, puis Hydrus passa près de Weasley, le bousculant au passage. Weasley, cependant, était plus grand que Hydrus, qui vacilla un peu, mais se débrouilla pour rester sur son balai. Drago le regarda rejoindre Vincent et Grégory.
«T'as vu sa tête?» dit Weasley en riant.
Potter souriait largement.
Drago regarda le visage de Londubat prendre un air déterminé, puis il leva son balai plus haut qu'il n'avait été jusque là. Apparemment, il voulait rejoindre les deux autres pour rire de Hydrus. Mais il s'arrêta d'un coup et ses mains blanchirent. Drago savait ce qui allait arriver avant que ça ne se produise. Le balai de Londubat fit un bond et commença à prendre de la vitesse. Londubat laissa échapper un cri et se cramponna à son balai comme à sa propre vie, tandis qu'il filait dans les airs, de plus en plus haut.
«Mme Bibine!» cria Drago, tandis que Potter et Weasley s'écartaient.
Londubat venait juste de passer près d'eux et continuait de monter. Potter cria quelque chose à Londubat, mais Drago n'entendit ni son conseil, ni la réponse de Londubat. Potter s'élança après lui, en continuant de parler, mais incapable de s'approcher, car le balai s'était mis à tourner sur lui-même et que Londubat manquait de tomber à chaque tour. Les Serpentards riaient, mais Drago ne voyait vraiment pas ce qu'il y avait de drôle. Il y avait certes un sortilège de Coussinage, mais il n'absorberait pas totalement le choc. Londubat pouvait se blesser sérieusement.
«Mme Bibine!» dit Finnigan, alarmé, attirant enfin son attention.
Londubat était encore plus haut – il n'avait pas encore atteint la tour du château la plus basse, mais il n'était pas loin. Potter se trouvait près de lui, essayant d'attraper son balai.
«Potter! rugit Mme Bibine en s'élançant vers eux. Éloignez vous de lui avant de vous blesser!»
Le balai de Londubat fit un nouveau bond en avant, plutôt violent, et Londubat commença à tomber, se précipitant vers le sol. Potter pencha son balai dans une manœuvre extrêmement serrée, Drago n'en avait jamais vu des comme ça en dehors des matchs de Quidditch professionnels.
«Qu'est-ce que-» murmura Blaise.
Granger laissa échapper un cri horrifié et Mme Bibine jura de manière impressionnante – Père l'avait renvoyé s'il avait entendu ça – et se mit à voler plus vite, en sortant sa baguette.
«Arresto Momentum!» cria-t-elle, et Londubat ralentit, mais poursuivit sa chute.
Drago put voir son visage pendant un instant. Il était absolument terrifié. Potter redressa son balai alors qu'il n'était plus qu'à un mètre du sol et commença à aller vers Londubat cette fois. Ils allaient se rentrer dedans, Drago en était persuadé.
«Ventus.» dit Potter, et pendant un moment, Londubat repartit dans l'autre sens, vers le haut.
Potter était à sa hauteur désormais – il s'était déplacé pour se placer à côté de lui – et sa main agrippait le dos de la robe de Londubat. Le sortilège de Potter arrêta de fonctionner et Londubat se remit à tomber, entraînant Potter avec lui. La baguette de Potter tomba dans l'herbe et son visage se crispa. Ils s'arrêtèrent alors de tomber, à nouveau, à la hauteur du deuxième étage du château.
Mme Bibine arriva à ce moment-là et aida Londubat à grimper sur son balai à elle, avant de donner un coup de sifflet. Potter était tout blanc, mais Weasley s'approcha de lui en l'espace d'une seconde, alors Drago se dit qu'il irait bien.
«Tout le monde au sol, dit-elle d'une voix rauque. Ce sera tout pour aujourd'hui. Je vous fais confiance pour tous ranger votre balai à sa place dans la remise et ensuite, vous pouvez y aller. M. Weasley, aidez-moi avec ces deux-là.»
Potter passa son balai à Granger avec sa main gauche. Sa main droite était bizarrement plaquée contre son flanc.
«Je vais le prendre.» dit Drago en prenant le balai de Weasley, lorsque ce dernier essaya de le donner à Granger.
Elle avait déjà du mal à en tenir deux. Weasley acquiesça et s'éloigna avec Mme Bibine, Potter – qui semblait souffrir d'une foulure ou d'une luxation – et Londubat, qui avait apparemment besoin de quelque chose pour se remettre de ses émotions.
Les premières années rangèrent leurs balais, puis remontèrent jusqu'au château dans le calme. Hydrus, évidemment pensa Drago, fut le premier à briser le silence. Il se pencha, ramassa quelque chose dans l'herbe, avant de le lever pour le montrer à tout le monde.
«Regardez ce que Potter a laissé derrière lui.» ricana Hydrus en agitant la baguette.
Elle lança quelques étincelles.
«Il va avoir du mal à suivre les cours sans ça.»
«Rends-la.» s'écria Granger en tendant la main.
Plusieurs autres Gryffondors lancèrent des cris de colère et Drago remarqua que Blaise avait l'air mal à l'aise.
«Non, dit Hydrus. Je ne pense pas. Je pense que je vais-»
Drago leva les yeux au ciel et l'arracha des mains de son frère. Hydrus se tourna vers lui, avec un sourire narquois.
«Je crois que Drago a une idée. On devrait en faire quoi, frangin?»
Pansy, Nadia et Daphné se mirent à glousser.
«Je vais la rendre à Potter.» dit Drago, en passant près de lui et en s'éloignant en direction du château.
«Tu rigoles, pas vrai?! s'écria Hydrus, mais Drago l'ignora. Drago?!»
«Je suis là pour voir Potter.»
Harry se sentait désolé pour Mme Pomfresh. Vraiment. Il avait déjà reçu la visite de Lunard et du professeur McGonagall, d'un garçon nommé Olivier Dubois et il avait parlé à Patmol à travers le miroir. Ron était parti pour aller chercher son miroir et était resté avec lui tout le reste du temps. Mais sa compassion fut remplacée par de la curiosité. Pourquoi Drago venait le voir?
« Tu lui diras qu'il peut partir quand il est prêt.» dit-elle avec irritation, avant de retourner dans son bureau.
«Malefoy.» dit Ron en voyant Drago approcher.
«Weasley. Potter. C'est à toi.»
Surpris, Harry fixa la baguette très familière dans la main de Drago. Il tapota ses poches et bien sûr, elles étaient vides.
«Elle est tombée pendant que tu jouais au héros.» le railla Drago.
«Merci.» dit Harry en attrapant sa baguette.
«Tu t'es blessé?» demanda Drago, après un moment de silence.
Il avait l'air inquiet.
«Mme Pomfresh m'a soigné en dix secondes, dit Harry en haussant son épaule fraîchement remise. Je vais bien. Elle voulait juste que je me repose, mais je l'ai entendu te dire que je pouvais y aller, alors c'est parti.»
Il sauta de son lit, enfila son pull d'uniforme et sa cape et plaça prudemment son miroir dans sa poche. Il vérifia sa montre et se mit à sourire. C'était l'heure du dîner et c'était une bonne chose, parce qu'il mourrait de faim.
«Je pourrais m'asseoir avec vous?» demanda soudainement Drago, alors qu'ils passaient devant le bureau de McGonagall au premier étage.
Harry le dévisagea, confus. Drago grimaça, avant de froncer les sourcils.
«Je sais que j'ai fait des choses méchantes dans les dernières semaines, dit-il sur le ton de la défensive. Mais j'ai aidé Londubat aujourd'hui et je t'ai ramené ta baguette, alors le moins que vous puissiez faire, c'est de ne pas me forcer à aller m'asseoir avec Hydrus parce qu'il va être furie-»
«Tu n'as pas besoin de demander.» l'interrompit Harry.
Drago cligna des yeux et Ron eut l'air prêt à éclater de rire.
«Si tu veux t'asseoir avec nous, tu es plus que bienvenu.»
«Oh, dit Drago d'une toute petite voix. Merci.»
Hermione était assise avec Percy lorsqu'ils arrivèrent et elle sauta sur ses pieds.
«Oh, Harry!» dit-elle.
Harry lui attrapa le bras et la força à s'asseoir avant que les autres ne se mettent à les regarder. Ron s'assit en face d'eux avec Drago, qui semblait éviter avec une nervosité apparente de croiser le regard des Serpentards.
«J'étais si-»
«Hermione, dit-il. Calme-toi. Je vais bien.»
«Tu as récupéré ta baguette?» demanda-t-elle brusquement.
«Ouais, Drago me l'a ramené.» dit Harry.
Hermione eut l'air surprise, puis embarrassée. Drago lui fit la grimace et Harry et Ron ricanèrent.
«Je-»
«Le voilà!» s'exclama George.
«L'homme de la journée-»
«Du siècle plutôt.» corrigea George.
«Dubois nous a raconté.» dit Fred en baissant la voix.
«Bienvenue dans l'équipe, Potter.»
«Il n'y a aucun secret à Poudlard, on dirait?» demanda Harry en souriant largement.
«Et bien, on peut en trouver quelques-uns, dit Fred. Mais ce ne serait plus des secrets si on t'en parlait.»
«L'équipe?» demanda Hermione.
Ron la regarda, en rayonnant.
«Je te présente le plus jeune joueur de Quidditch depuis un siècle!»
