NDA 15/07/24 : Bonjour de bonne heure, j'espère que vous allez bien, nous attaquons enfins les années les plus importantes de l'histoire, à ma sauce, bien sûr, mais quand même!
Novembre 1981
Le chat tigré laissait sa queue se balancer dans le vide.
Assit sur le rebord de la fenêtre, le chat observait sans relâche, la famille derrière la vitre. Le père, était un homme large et gras, avec une figure désagréable et hypocrite, tandis que la femme, très grande, longue et fine, avait un cou démesurément long. Le bambin, lui, était déjà beaucoup trop gros pour ses un an, et obtenait le moindre de ses caprices.
Mais le plus insupportable, c'était de suivre leur journée type. La mère passait son temps à critiquer les voisins dans leurs dos, et se laissait bien gentiment invitée l'heure suivante pour un brunch par la même femme qu'elle avait renommée trainée juste avant. Elle en aurait feulé de dégout si la maitresse de maison en question ne l'avait pas chassé à coup de balais en la découvrant sur le rebord de fenêtre du living-room.
Mais Minerva n'a pas dit son dernier mot, et c'est donc sur le toit qu'elle poursuit son observation jusqu'à la nuit tombée. Normalement, elle n'aurait pas dû être là, et toute la journée, des sorciers avaient fait éclater leur joie de savoir le monde enfin débarrasser du seigneur des ténèbres. Elle était la seule du coin à avoir l'impression que sa disparition ne valait pas les êtres emportés avec lui. James et Lily Potter, Alice et Frank Londubat, leurs amis… Tous ceux qui avaient combattu le lord et ses hommes.
Le chat tigré attendit donc, toute la journée, dégouté de voir des êtres pareils. Si elle, adorait son père, ou même, se souvenait encore du tendre Dougal, elle ne pensait pas que des êtres humains puissent être aussi abjects, hormis Voldemort, évidemment. Couchée sur la gouttière du toit, le professeur de métamorphose attendit que la nuit tombe avant de sauter de son perchoir et se glisser dans l'interstice de la porte du jardin pour venir surveiller une fois encore la maison en attendant.
Quelques heures plus tard, toujours 4 Privet Drive, se trouvait un grand homme avec une longue barbe blanche qui lui arrivait jusqu'à la taille, il portait une robe bleu nuit et des lunettes en demi-lunes. Cet homme était le Professeur Albus Dumbledore. Il sortit un briquet d'une de ses nombreuses poches, le pointa vers un lampadaire de la rue. Il activa le briquet et la lumière du lampadaire vint se logée dans le briquet, il fit exactement la même chose pour tous les lampadaires de la rue.
Puis il s'approcha de la maison du numéro 4. Là, il vit un chat avec d'étrange marque ronde autour des yeux qui le fixait intensément.
« Je suis étonné de vous voir ici Minerva » dit Albus d'une voix pleine de malice, mais la malice avait quitté le regard de McGonagall depuis qu'elle avait entamé sa surveillance du coin. Alors le chat se transforma en une femme avec une cape verte et un étrange chapeau à plume verte sur la tête.
« Ce qu'on raconte est vrai Albus ? » Elle vint jusqu'à lui en quelques enjambées. « Le petit Harry a survécu au sortilège de mort ? Comment ? »
« Cela nous ne le saurons probablement jamais » répondit Dumbledore.
Ils entendirent alors un grand bruit de moteur venant du ciel, ils levèrent les yeux et virent une énorme moto avec un très grand homme dessus. La moto atterrit près d'eux et l'homme, qui n'était autre qu'Hagrid, avança vers les deux professeurs :
« Bonsoir professeurs » dit-il.
« Bonsoir Hagrid vous avez le colis avec vous ? » Demanda Dumbledore
« Oui professeur le petit s'est endormi pendant qu'on survolait Londres... »
« Très bien Hagrid, il faut maintenant le déposer devant la porte de sa future famille. » Hagrid en larme déposa le petit Harry Potter sur la marche d'entrée du 4 privet drive.
« Allons Hagrid nous allons le revoir bientôt » rassura Dumbledore.
« Mais Albus j'ai regardé toute la journée ces moldus et ils sont les plus ... abjects personnages qui soient… Voulez-vous vraiment confier cet enfant à des gens pareils ? Ne serait-il pas mieux dans une famille de sorciers ? » Demanda McGonagall.
« Non Minerva je veux le protéger le plus longtemps possible de sa célébrité, tous connaîtront le nom de celui qui a défait Lord Voldemort. »
« Evincer un enfant de sa célébrité forcé dans une famille telle que celle-là n'est pas la mesure la plus adéquate… » Répliqua le professeur.
« Je le sais… Mais c'est la seule famille qu'il lui reste… Et il ne faut pas oublier que tous les enfants de notre monde, connaitront son nom… » Minerva voulu protester, mais un regard de la part de son ami et collègue suffit à la faire taire. « Ainsi notre route se sépare Harry » dit solennellement Dumbledore.
Harry avait une cicatrice sur le front en forme d'éclair, c'était le seul vestige du funeste sort de mort, remarqua Dumbledore. Puis il posa une lettre dans les couvertures qui enveloppaient Harry, âgé d'un an. Les 3 personnes reculèrent et partirent chacun leur tour, après avoir libéré les lumières des lampadaires évidemment. La froidure de l'automne commençait tout juste à s'attaquer aux rues du quartier respectable qu'était le Privet Drive, et le vent se leva.
Ce fut Minerva qui, après réflexion, revint dans le quartier cinq minutes plus tard. Il lui était impensable de laisser un enfant de cet âge seul, dans une nuit de Novembre. Et comme elle le pensait, les moldus n'avaient pas ouvert. Alors, elle s'acharna sur la sonnette de la maison d'un sort, réveillant toute la bâtisse, avant de reculer pour être hors de vue.
Elle put donc apercevoir Pétunia Dursley ouvrir sèchement la porte pour gronder sur les gamins qui s'amusaient. Mais elle ne vit aucuns adolescents insupportables. Seul le bambin enveloppé de sa couverture sur le pas de sa porte. La femme blonde appela son mari sèchement, et tous deux vinrent récupérer l'enfant et la lettre, en grognant cependant.
Minerva regretta durant toute cette année-là, de ne pas avoir désobéit à Albus, et prit l'enfant pour l'élever comme le sien…
oOoOoOo
Décembre 1984
Mariée à Elphinstone, son ancien supérieur, Minerva vivait dans la petite maison achetée à pré-au-lard. L'avantage d'être professeur, c'est qu'elle a ses vacances en même temps que ses élèves. Le problème se pose cependant lorsque certains élèves sont membres de votre famille, et qu'ils ont décidés de passer leur vacance avec vous…
C'était cela que Minerva avait compris lorsque sa belle-sœur, Helena, veuve de Robert, était venue déposée les enfants de ses deux frères sur le pas de la porte en la remerciant chaleureusement de sa proposition. La première question qui vint toucher l'esprit du professeur après son départ fut « quelle proposition ? »
C'était donc pour cela qu'elle avait fait asseoir les plus grands dans son salon, tandis qu'elle couchait le plus jeune. Comprendre ce qu'il s'était réellement passé. Ainsi, elle avait face à elle Hadrian McGonagall, 13 ans, à serpentard, et possédant un sourire tellement goguenard qu'elle se demandait s'il avait lu Alice au pays des merveilles, de Lewis Caroll. Cet enfant était le mal incarné, elle voyait très clair dans son jeu, mais encore fallait-il qu'il avoue.
Il était assez grand pour son âge, très fin, avec la peau pâle des roux, mais les traits durs de son père. Une chevelure noire bouclée totalement hirsute, et de grands yeux argentés rieurs. Il portait son kilt avec une sorte de fierté sur le visage qui donnait cette impression de fils de riche, au lieu de fils de fermier. Dire que sa sœur à coté, avait plus de courage et de maturité, alors qu'elle avait quatre ans de moins était presque comique.
Jenny, aux cheveux tout aussi noir relevé en un chignon sur sa tête de poupée, avait les yeux noisette et les dents légèrement en avant. Elle lisait cependant un livre sur la phonétique avec attention, du haut de ses 9 ans. C'était comme si leurs âges avaient été inversés. Oh oui, elle le savait, pourquoi ? Parce que Minerva était celle qui donnait le plus d'heures de colle à Hadrian depuis son arrivée à Poudlard. Ce dernier ayant pris en grippe Bill Weasley, d'un an plus grand chez Gryffondor.
Ensuite, assise sur le canapé, il y avait Maggie, petite rousse aux yeux verts de huit ans, fille de Robert, et grande sœur d'Alexandr, quatre ans, qui dormait dans la chambre de Minerva et son époux.
« Donc… Expliquez-moi encore. D'où provenait cette lettre où je proposais de vous garder envoyé à Helena ? » Maggie haussa les épaules, ne se sentant guère concernée, Jenny, elle, poussa un long soupir à fendre l'âme, ennuyée d'être interrompue dans sa lecture. Hadrian, lui, étira un peu plus son sourire.
« Aucune idée ma tante, nous nous faisions une joie de venir te voir pour les vacances d'hiver ! »
De manière fugace, Minerva s'imagina en train d'effacer le sourire de son terrible neveu à coup de baguette. Elle prit une longue inspiration, avant d'étirer à son tour un sourire. Mais ce sourire-là eut pour effet de faire disparaitre celui du fils de Malcolm.
« C'est une bonne chose je crois, vous allez pouvoir m'aider à travailler un peu le jardin, il faut lui refaire une beauté avec le printemps qui arrive. » Inutile de dire qu'Hadrian notait clairement, dans sa tête, le nombre de point gagnés : ceux de sa tante.
Il avait perdu la partie cette fois-ci, mais il se jura de faire vivre un enfer à cette dernière lors de la rentrée suivante. Il fut donc contraint de désherber le jardin en compagnie de sa sœur et de sa cousine, sous le regard amusé de Minerva. Les deux filles ayant décidée de se venger de sa blague en lui envoyant toute la terre et les racines qu'elles retiraient du sol sur la tête.
Diable, il rêvait de pouvoir utiliser sa baguette…
oOoOoOo
Mars 1986
L'atmosphère était lourde en ce samedi matin.
Minerva avait pris quelques jours de congés pour s'occuper de toutes leurs affaires. Tout mettre en ordre… Le cœur serré, elle rangeait vêtements et tableau dans des cartons. Les livres venaient dans sa valise, tandis que les meubles seraient mis en vente en même temps que la maison. Reposant sa baguette contre son flanc, elle poussa un soupir à fendre l'âme… Dire qu'ils avaient déjeunés ensemble quelques jours plus tôt, et que tout allait bien…
Et là… Ces expériences et ces plantes… N'aurait-il pas pu avoir d'autres passions que la botanique à ses heures perdues ? Des passions plus calmes, plus communes, la lecture, les échecs… La peinture à la limite… Mais non… Il avait voulu la botanique. Et le voilà disparu. Elphinstone l'avait quitté à son tour dans un accident mettant en scène une tentacula vénéneuse et ses mains non gantées. Cet idiot s'était empoisonné, et pire encore, il ne lui était pas venu à l'esprit de contacter Ste Mangouste. Non… Il était juste parti faire la sieste pour finalement s'éteindre.
Lasse, elle soupira de plus belle, avant de reprendre le rangement de ses affaires dans les valises et cartons. Les quelques vêtements d'Elphinstone serait donné à des œuvres de charités pour sorciers en détresse. Elle ne gardait avec elle que le Trench-coat noir typé moldu qu'elle lui avait offert pour son dernier anniversaire.
Les affaires prêtes et emballées ainsi que rétrécie, elle plaça ses dernières dans les poches de sa propre cape de velours émeraude, et ajusta son chapeau voilé sur son visage, avant de fermer la maison pour la dernière fois. La gorge nouée, elle traversa tout le village pour se rendre au cimetière où allait être mit en terre celui qu'elle avait finalement épousé après tant de demandes de sa part.
Ses sentiments pour lui n'avaient certes, pas été si puissants que pour Dougal, mais Elphinstone avait été son mari, un amant exemplaire, et un ami merveilleux. Ils s'étaient toujours très bien entendus tous deux, et son décès laisserait un vide considérable dans son cœur. D'un revers de main presque trop lent, elle ouvrit la grille du cimetière de pré-au-lard, et s'avança jusqu'au mausolée où allait reposer pour la dernière fois Elphinstone Urquart.
Albus, Pomona, Filius et Horace était venu pour lui rendre un dernier hommage avec elle. Pourtant, si cet homme lui manquait déjà, par sa présence rassurante et sa culture sans cesse renouvelée d'histoires et romans sorciers et moldus trouvés dans un café de Londres. Les adieux furent prononcés avec Emotion, et Albus tint un discours pour elle, parlant de vie et de mort, mais surtout d'amour. Il savait… Il avait toujours su qu'Elphinstone ne remplacerait pas Dougal McGregor, mais elle l'avait aimé malgré cela, et il ne lui en avait jamais tenu rigueur.
Les larmes finirent par envahir les prunelles émeraudes de la directrice de Gryffondor, qui se retrouva bien vite dans les bras de Pomona, elle-même ayant amené toute une boite de mouchoirs. Derrière eux, Helena, veuve de Robert, Malcolm et Evelyne, son épouse, restaient solennel, mais Minnie savait. Malcolm venait de perdre un ami et un confident. Son frère et son époux s'adoraient…
À son tour, Minerva se leva pour prononcer quelques mots. Ce ne furent plus des larmes de tristesse qui marquèrent son visage, tandis qu'elle évoquait leurs trois années de mariage. Mais des sourires nostalgiques embués d'eau salée, et de rires passés. Et puis les souvenirs de leurs emplois au ministère, leurs travaux communs…
Et sa patience éternelle avec elle. Tous ces mots, pour cet homme qui l'avait guidé avec sa voix de ténor, qui avait conté leur vie comme dans un roman, et sans cesse redemander sa main comme si elle avait été le plus beau joyau qui soit sur terre…
« Chì mi thu air an taobh eile, mo charaid… »
On fit léviter le cercueil jusque dans le trou creuse devant la tombe gravée à son nom, et on déposa ce dernier avec délicatesse. Et quelques mots de nouveau, les tous derniers adieux d'une femme envers son tendre mari. Minerva se saisit d'une poignée de terre fraiche, et la laisse retomber sur le cercueil fermé en guide d'adieu, avant que sa famille et ses amis ne viennent faire de même. Ils se retrouveront dans l'autre vie…
