4- Hallucinations (hypnose / privation sensorielle / tu es toujours vivant dans ma tête)

TK suivit son guide à travers le parc d'attraction jusqu'au train fantôme où l'homme entra sans hésitation. Le secouriste marqua un temps d'arrêt, mais l'autre homme qui le suivait lui fit signe de s'engager. Il entra dans le tunnel du train et fut plongé dans le noir complet, il tatonnait sur les murs et frissonnait en se demandant ce qu'il touchait. Les échos de leurs pas lui parvenaient, mais aussi d'autres qu'il n'arrivait pas à identifier. Il avait peur, il avait mis sa vie entre les mains de deux parfaits inconnus et commença à imaginer ce qu'ils pourraient lui faire dans ce lieu à l'obscurité totale. Il se raccrocha à l'idée que s'ils avaient dû lui faire du mal, ils l'auraient déjà fait, rien n'aurait pu les en empêcher.

Les minutes dans le noir lui parurent durer des heures. Il découvrit une lumière tamisée venant d'escaliers avec soulagement. L'homme qui le guidait l'attendait en haut des marches et s'y engagea dès que TK fut à sa hauteur. Le jeune homme réalisa que la porte de l'escalier était faite pour se dissimuler dans le décor de mur de pierre du lieu. L'escalier quant à lui était en bois et les murs en béton, ce qui contrastait avec le peu qu'il avait pu voir du tunnel du train fantôme.

TK s'engagea dans l'escalier, entendit l'homme qui le suivait fermer la porte derrière eux, et descendit en prenant de grandes inspirations pour calmer son stress. Un vingtaine de marches plus bas, il arriva dans une grande salle coupée en deux par des étagères surchargées. A droite, les murs étaient couverts de miroirs et de tables de maquillage. A gauche, de nombreux écrans étaient accrochés au-dessus de tables chargées de matériel informatique. Tout était éteint, mais trois hommes bricolaient une tour d'ordinateur en discutant à voix basse.

"Tu peux t'installer de ce côté-là pour te reposer, déclara son guide en lui désignant les miroirs. Je vais aller te chercher quelque chose à manger."

TK alla là où on lui avait indiqué, il comprit que c'était les vestiaires des comédiens de l'attraction en découvrant les costumes effrayants dans les étagères. Un frisson lui parcourut l'échine alors qu'il voyait des masques, dont certains d'animaux.

"Tiens.

- Merci, … ?

- Danny."

TK prit les sandwichs et la bouteille d'eau tendus, rassuré par le seul fait de connaître le nom de son interlocuteur.

"L'homme de néandertal qui était avec nous c'est Steve. Les trois autres des connaissances à lui. On faisait une soirée ensemble quand il y a eu les premières explosions de ce côté de la rive.

- Ils font quoi ?

- On essaie de comprendre ce qui se passe et à quelle échelle est-ce que le pays a été touché.

- J'aimerais savoir moi-aussi."

Danny lui fit un sourire compréhensif et l'encouragea à manger et à se reposer. Le secouriste acquiesça, comprenant que la conversation était terminée. Il ouvrit les sandwichs alors que son aîné lui indiquait les toilettes et allait rejoindre le reste du groupe. TK mangea, passa se rafraîchir et se coucha. L'épuisement eut raison de lui et il s'endormit en quelques minutes.

Il ne put cependant pas se reposer. Les masques d'animaux venaient vers lui, se saisissaient de lui et essayaient de le tuer. Carlos lui hurlait de courir et de se sauver avant de se faire tirer dessus. TK se réveillait en sursaut, les larmes au bord des yeux, le cœur battant la chamade et le souffle court. A chaque fois qu'il ouvrait les yeux, il réalisait que le cauchemar était réel, que les attaques avaient bien eu lieu, que Carlos avait bien été arrêté par les hommes masqués et lui avait hurlé de s'enfuir.

Après cinq réveils ainsi, il abandonna l'idée de se rendormir et alla voir s'il était le bienvenu de l'autre côté des étagères. Il fut surpris de n'y trouver que Steve, Danny et un autre homme. Tous semblaient dormir, mais Steve et celui dont il ne connaissait pas le nom s'assirent, leur arme à la main dès qu'il passa le mur d'étagères.