22 Aout : Rébellion 3

On avait bloqué leur cultivation.

On avait prit leurs armes.

On leur avait retiré leurs bottes et leurs chaussettes à leur grande horreur. Avant de leur enfiler d'épais pantalons en peau de mouton retournée par-dessus leurs cuirs bien trop fins, des grosses chaussettes en laine puis d'épais chaussons en laine aussi avec des semelles de cuir souple. Alors seulement on avait libéré leurs mains pour leur faire enfiler d'épaisses vestes puis des sur-robes confortables. Leur torture avait finit dans la chaleur, pour la première fois depuis qu'ils étaient arrivés dans le nord. Si les locaux avaient bloqué leur cultivation, ils avaient été installé autour d'une table avec de grands bols d'une soupe riche et épaisse qui leur avait réchauffé le ventre. Ils n'avaient même pas réalisés a quel point leur cultivation avait souffert pour les maintenir en vie et auraient finit par s'y épuiser avant de leur faire faire une déviation.

Plus simplement présenté, leurs hôtes forcés venaient de leur sauver la vie. Et les orteils. Deux d'entre eux avaient des engelures profondes. Le guérisseur qui était venu s'occuper de leurs extrémités disait qu'il y avait une chance sur deux qu'ils en perdent un ou deux. Quelle idée aussi de venir patauger dans douze pieds de neige en cuir ? Tsss. Leur Node les avait protégés, mais il y avait des limites a ce qu'ils pouvaient supporter quand même !

Les pauvres membres de JingYun étaient restés incrédules de se faire lourdement gronder par ce qui était une petite démone papillon qui avait l'apparence d'une adolescente de seize ou dix sept ans.

Une fois certaine qu'ils avaient bien comprit toute la portée de sa colère, elle leur avait sourit, avait insisté pour remplir à nouveau leurs bols, puis les avait abandonné aux mains du chef de secte et de son héritier.

Du peu qu'ils avaient entendu et comprit, l'homme aux yeux doux était le fils adoptif de Zhong Xing. II l'avait trouvé quelques années avant de prendre le contrôle du temple et de faire sécession avec l'Empire. C'était même pour lui qu'il avait finit par claquer la porte au nez du Trône.

Boya en était resté bête. Le jeune homme au sourire si chaud avait plusieurs siècles ? Il lui aurait donné la petite trentaine ! Enfin, c'était un démon bien sur. Mais il avait l'air si gentil. Le chasseur se sentait à la fois trahis, bête, humilié, triste, ronchon et en colère.

Ca faisait beaucoup pour un seul homme quand même.

On lui colla dans les mains une brochette épicée sur laquelle il se passa les nerfs, comme ses frères. Avoir l'estomac plein leur fit du bien. Il se sentait redevenu humains lorsqu'ils réalisèrent qu'ils étaient dans ce qui était le grand réfectoire des disciples quand le temple en était encore un.

Il y avait de tout : Humains, démons, esprits... et tous semblaient vivre en bonne harmonie. Des jeunes enfants mangeaient de bon appétit, des adultes s'occupaient de leur progéniture, des vieillards profitaient de la chaleur, des esprits et des démons se nourrissaient en silence des énergies qui serpentaient partout autour d'eux sans faire de mal à quiconque.

Boya avala sa salive.

C'était une utopie comme il n'en avait jamais vu, jamais imaginé.

Le renard démon au sourire si doux et aux yeux si chaud s'assit à coté de lui.

"- Maintenant que vous êtes tous nourris et réchauffés, que diriez vous de discuter un peu ? Nous avons si peu de visiteurs ! Je veux tout savoir de la Capitale !"

Il y avait un enthousiasme d'enfant dans sa voix, mais une sagesse de vieil homme dans ses yeux.