Je ne possède aucun des personnages des différents fandoms.
Recueil de textes tout fandom confondus dans le cadre du Whumptober IA Less 2024
En espérant que cela vous plaise
Bonne lecture
PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)
3. La longue nuit (The Witcher)
Transformation douloureuse
Les montagnes enneigées de Kaer Morhen étaient encore plus sombres que d'habitude ce soir-là, lorsque le jeune Géralt subit le rituel des herbes, une épreuve terrifiante qui transformait les garçons en Sorceleurs ou les tuait dans d'atroces souffrances. Géralt, à quinze ans, était allongé sur une dalle de pierre froide, son corps convulsé par les poisons qui couraient dans ses veines. La douleur était inimaginable, brûlant chaque nerf, chaque fibre de son être. Ses cris résonnaient dans la forteresse déserte, déchirant le silence oppressant.
Ses cheveux, autrefois d'un blond doré, viraient lentement au blanc. Cette transformation n'était pas qu'une simple conséquence des herbes ; c'était le signe qu'il frôlait la mort. Chaque respiration était une lutte, chaque battement de cœur une douleur aiguë qui se propageait dans tout son corps. Il sentait son âme vaciller entre la vie et la mort, tirée dans toutes les directions par les forces qui cherchaient à le détruire ou à le remodeler en quelque chose d'autre.
Eskel, son meilleur ami était à ses côtés. Lui aussi avait subi l'épreuve, mais il n'avait jamais rien vu de tel. Géralt, qui avait toujours été le plus fort, le plus déterminé, semblait sur le point de se briser. Eskel était impuissant, incapable de faire quoi que ce soit d'autre que d'observer l'agonie de son frère de cœur. Il se sentait terriblement inutile, sa détresse se mélangeant à l'angoisse. Le voir ainsi, au bord de la mort, lui broyait l'âme.
La nuit avançait, et les cris de Géralt s'éteignaient peu à peu, remplacés par des gémissements faibles. Eskel savait que c'était mauvais signe, mais il refusait d'abandonner son ami. Il s'approcha doucement, s'agenouilla à côté de la dalle et prit la main glacée de Géralt dans la sienne. Il la serra, essayant de lui transmettre un peu de sa chaleur, de sa force.
- Tiens bon, Géralt. S'il te plaît... tiens bon.
Géralt ouvrit brièvement les yeux, des yeux qui semblaient avoir perdu toute lumière. Ses lèvres tremblaient, comme s'il essayait de dire quelque chose, mais aucun son ne sortit. Eskel sentit une larme rouler sur sa joue, mais il l'ignora, trop concentré sur Géralt. Il tira son ami contre lui, le tenant fermement, comme s'il pouvait le protéger de la douleur par la seule force de son étreinte. Le corps de Géralt était secoué de spasmes, mais Eskel ne relâcha pas sa prise.
- Je suis là, je suis là, murmura-t-il à plusieurs reprises, même si au fond de lui, il avait peur que ces mots ne servent à rien.
La nuit se prolongea, interminable. Le froid de Kaer Morhen s'infiltrait dans leurs os, mais Eskel ne bougea pas. Il resta là, serrant Géralt contre lui, ses bras enroulés autour de son ami comme un bouclier contre la souffrance. Les heures passèrent dans une lente agonie. Par moment, Géralt sombrait dans l'inconscience, seulement pour être réveillé par une nouvelle vague de douleur. Eskel priait silencieusement, une prière désespérée, même s'il savait que les dieux n'écoutaient plus depuis longtemps les Sorceleurs.
Le ciel commençait à pâlir à l'est lorsque Géralt, enfin, s'apaisa. Sa respiration, bien que toujours laborieuse, était plus régulière. Ses cris avaient cessé, remplacés par un silence lourd et oppressant. Eskel baissa les yeux vers lui, cherchant un signe que son ami allait s'en sortir. Les cheveux blancs de Géralt contrastaient violemment avec sa peau pâle, presque translucide. Mais il respirait. Il était vivant.
Eskel relâcha enfin son étreinte, mais resta proche, veillant sur lui comme un frère aîné. Il passa une main tremblante sur le front de Géralt, essuyant la sueur froide qui s'y était accumulée.
- Tu as survécu, mon frère, murmura-t-il, une pointe de soulagement perçant enfin la masse d'angoisse qui lui serrait le cœur.
Toutefois, il savait aussi que ce n'était que le début. La route pour devenir un Sorceleur était encore longue et la douleur de cette nuit allait les hanter tous les deux pendant longtemps.
Géralt, toujours inconscient, ne bougeait toujours pas, mais Eskel resta là, éveillé, le tenant dans ses bras, refusant de le laisser seul avec ses démons. Il regarda les premières lueurs du jour percer l'obscurité, espérant que cela signifiait la fin du cauchemar et resta ainsi, veillant sur son ami jusqu'à ce que la lumière du jour remplace les ombres de la nuit, jusqu'à ce qu'il soit sûr que Géralt ne serait plus seul dans cette bataille… parce qu'ils étaient frères et qu'ils le seraient toujours, peu importe les épreuves à venir.
