Disclaimer : ni l'univers ni les personnages de m'appartiennent. Seule l'histoire des Fallen (et les personnages qui s'en rapportent) sont ma propriété. Pour tout emprunt, merci de me demander.
Chapitre 3
Même si Raven adorait Harry et ses amis, elle devait bien avouer qu'ils faisaient un sacré boucan et qu'elle n'était pas totalement mécontente de les voir retourner à Poudlard.
Quinze minutes avant le départ du Poudlard Express, le 1er septembre, Raven était à nouveau sur le quai, mais en tant qu'accompagnatrice cette fois-ci. Sirius se tenait à ses côtés et la jeune femme pouvait sentir à quel point il était nerveux. Même s'il avait été innocenté de toutes les charges qui pesaient contre lui et qu'il était blanc comme neige dorénavant, il était certain qu'il allait lui falloir un peu de temps pour se réhabituer à circuler en toute liberté, sur ses deux jambes et non sous sa forme canine d'Animagus.
Elle avait également remarqué qu'Harry avait été obsédé par le comportement de Drago Malefoy sur le Chemin de Traverse et il était même intimement persuadé que son camarade était un Mangemort.
Et même si, jusqu'à présent, Harry avait toujours eu un bon instinct, Raven avait tenté de le calmer un peu sur ses intuitions. Même Sirius lui avait dit d'y aller mollo sur les accusations.
Certes, le jeune homme était revenu en odeur de sainteté auprès du Ministère, mais ce n'était pas une raison pour hurler aux Mangemorts à tout va.
•Harry, l'interpella-t-elle alors qu'il allait monter dans le train. S'il te plaît, ne fais rien d'irréfléchi.
•Je serai sage comme une image.
•C'est bien ce qui m'inquiète.
Harry rit et la jeune femme sourit en le laissant disparaitre dans le train. Elle recula jusqu'à se retrouver à nouveau à côté de Sirius qui regardait autour de lui avec méfiance.
•Personne ne va venir t'arrêter, lui dit-elle doucement.
•Je sais bien, mais je ne peux pas m'en empêcher.
Se laissant aller à un moment de vulnérabilité comme elle ne se l'était plus accordée depuis qu'il l'avait repoussé, elle noua ses doigts aux siens et s'appuya contre lui, lui apportant du réconfort. L'homme se laissa aller contre elle et ils restèrent un moment comme ça, regardant le Poudlard Express se mettre en branle pour quitter le quai.
Alors que les parents agitaient la main pour dire au revoir à leurs enfants, Raven regarda autour d'elle et avisa une silhouette solitaire, un peu plus loin. Elle se tenait bien droite, les mains jointes devant elle, le menton haut dans une posture aristocratique et observait tous ceux qui l'entouraient de haut, comme pour les empêcher de s'approcher d'elle. Ce qui était inutile, puisque tout le monde l'évitait comme la peste.
Le train disparaissait à l'horizon et alors que la femme tournait les talons pour repartir, elle croisa le regard de Raven. Elles se dévisagèrent et quand elle sentit Sirius se tendre à ses côtés, la jeune femme comprit qu'il l'avait remarqué lui aussi. La brune resserra ses doigts sur lui.
•Elle mériterait d'être en prison, marmonna-t-il entre ses dents.
•On ne va pas en prison pour être mariée à un con.
•Si, quand on est soi-même.
•Sirius…
•Je vais juste…
•Tu ne vas rien du tout, cracha-t-elle. Allez, viens.
La jeune femme le tira vers le passage, sans toutefois lâcher la femme des yeux.
Elle allait ramener Sirius au 12 Square Grimmauld et après, elle se mettrait en chasse.
Raven avait bien l'intention de la retrouver.
Narcissa Malefoy allait lui dire tout ce qu'elle voulait savoir sur sa mère.
-ooOoo-
Pour une femme ayant épousée un Mangemort ayant fait semblant d'être un homme respectable pendant des années, Narcissa était vraiment mauvaise pour cacher ses allers et venus.
Cela faisait dix jours que les adolescents étaient repartis pour Poudlard et autant de temps que Raven l'avait croisé sur la voie 9 . Depuis l'instant où elle avait raccompagné Sirius chez eux, elle s'était mise à suivre l'ancienne Serpentarde, dans l'optique d'étudier ses habitudes et de trouver le meilleur moment pour lui parler.
Narcissa Malefoy était une femme de la haute société comme on en fait à la pelle chez les Sang Purs.
Beaucoup de déjeuner avec des femmes d'hommes politiques, avec des femmes elles-mêmes politiques, des salons de thés plus luxueux les uns que les autres, des associations toutes plus pompeuses les unes que les autres.
Raven en était venue à se dire que le meilleur moyen de la prendre à part, c'était de la coincer entre deux rayons de fringues froufroutantes, quand elle se rendit là où elle ne pensait vraiment pas aller.
L'Allée des Embrumes.
Les seules personnes qui se rendaient dans cette rue parallèle au Chemin de Traverse étaient les personnes ayant de mauvaises fréquentations, commettant des crimes ou plus rarement, des personnes qui cherchaient des objets interdits, comme cela pouvait arriver à Hagrid.
Pas franchement l'endroit où une femme bien élevée comme Narcissa Malefoy devait aller.
Son illustre capuche rabattue sur sa tête, Raven la suivit à distance jusqu'à la boutique d'un apothicaire. La jeune femme savait que le Ministère s'était intéressé au propriétaire, pour fabrication de potions prohibées, notamment des poisons, ainsi que la vente d'ingrédients tout aussi interdits.
S'asseyant dans l'ombre d'une alcôve se trouvant juste en face de la boutique, la brune attendit, ses doigts se mettant à pianoter sur son genou.
•Ce n'est pas un endroit sûr, murmura Lily en apparaissant à ses côtés.
•L'Allée des Embrumes n'est pas franchement l'endroit le plus propice aux rencontres, marmonna-t-elle pour ne pas attirer l'attention sur elle.
•C'est pour ça que tu rencontres cette femme ici.
•Je veux surtout éviter de lui faire peur.
Leur conversation s'arrêta là quand Narcissa sortit de la boutique et se figea en la voyant planter là.
Raven se redressa en époussetant son pantalon et en gardant sa capuche.
•Je me demandais quand tu ferais le lien, dit la Serpentarde.
•Vous savez ce que je veux vous demander.
•Je sais qui tu es, Raven. Et je sais avec qui tu vis.
•Je ne suis pas là pour Sirius ou pour ce qui s'est passé au Ministère.
•Tu veux me parler de ta mère.
•J'ai des questions et je veux juste des réponses, confirma la brune.
•Je ne peux rien t'apprendre.
•Laissez-moi en être seule juge.
•Si tu tiens tant à parler de Hunter, retrouve-moi dans deux jours, à quatorze heures, à Cork Street.
•Cork Street ? En plein Londres Moldus ?
•Je suis pleine de surprise, Raven Selwyn.
Sur ces paroles mystérieuses, Narcissa tourna les talons et disparut, la laissant seule.
Elles avaient un rendez-vous.
-ooOoo-
•C'est la pire idée que tu ais jamais eu.
Raven leva les yeux au ciel en sortant du salon pour entrer dans la cuisine où Remus buvait une tasse de thé en compagnie de Molly Weasley, pendant que Sirius marchait derrière elle, cherchant à lui faire changer d'avis.
La jeune femme avait bien tenté de cacher le fait qu'elle devait rencontrer Narcissa Malefoy, mais elle avait lamentablement échoué quand Sirius l'avait surprise à parler avec Molly.
Étant donné que cette dernière avait cinq ans de plus que Narcissa et sa mère, elle avait passé quelques années à Poudlard en même temps qu'elles et la jeune femme avait espéré qu'elle puisse lui apprendre certaines choses.
La matriarche des Weasley n'avait pas pu lui dire grand chose, étant donné qu'elle avait été à Gryffondor, hormis que Narcissa avait toujours été une petite peste pompeuse et qu'Hunter était plutôt l'inverse. Malgré tout, elles étaient devenues amies dès le premier jour et ne s'étaient plus jamais quittées. Molly n'avait pas fait le lien lorsque Raven lui avait dit être la fille de Hunter, étant donné que cela faisait vraiment longtemps et qu'elle ne s'en était pas souvenue avant que Raven ne lui en parle spécifiquement.
Sirius avait surpris la conversation et avait très rapidement compris que la jeune femme cherchait à rencontrer sa cousine pour en apprendre plus sur sa mère. La première chose qu'il lui avait dit, c'était qu'elle était complètement folle et qu'elle allait se faire tuer.
Après tout, Narcissa était la petite soeur de Bellatrix, qui, à l'heure actuelle, devait avoir déballer tout ce qu'elle savait sur le fait que Raven était une Fallen. Et si Raven était une Fallen, cela voulait dire qu'Hunter l'était aussi. Voldemort devait avoir cuisiné Narcissa depuis belles lurettes pour lui faire cracher tout ce que son ancienne amie avait pu lui révéler et aller à sa rencontre, en plein Londres Moldus, était du suicide pur et simple.
•Elle ne va pas m'attaquer en plein milieu du Londres Moldus, répondit Raven en souriant à Molly qui lui tendait une tasse de thé.
•Peter a bien fait semblant de m'accuser avant de tuer une douzaine de Moldus, tout ça pour me faire passer pour l'assassin de James et Lily, rétorqua le dernier Black.
•Il n'a pas tort, ajouta Rémus.
•Tu ne vas pas t'y mettre aussi, geint la jeune femme en se laissant tomber sur une chaise.
•Je dis juste qu'il soulève un point important.
•Peter est un Mangemort avéré. Narcissa en a juste épousé un.
•Ça ne fait pas d'elle une innocente pour autant.
•Je ne dis pas le contraire, mais je sais à qui j'ai à faire et je ne vais pas me laisser avoir.
•C'est ce que je croyais aussi, grogna Sirius.
•Écoute Sirius, quoi que tu dises, ça ne me fera pas changer d'avis. Je vais aller la voir que tu le veuilles ou non.
•Tu dois être prudente et…
•Ça ne te concerne pas, Sirius. C'est à propos de ma mère et moi, pas de toi ou des Potter ou d'Harry.
•Je veux juste te protéger, plaida-t-il.
•Ce n'est pas ta responsabilité. Tu me l'as bien fait comprendre quand tu m'as repoussé. (Molly et Rémus se figèrent, dans un silence quasi religieux). Tu as perdu le droit de donner ton avis sur mes actes quand tu n'as pas voulu de moi.
•Raven…
•Je dois y aller. (Elle se leva). Merci pour le thé, Madame Weasley.
•Je t'en prie, murmura-t-elle.
Raven quitta la maison en attrapant sa veste dans l'entrée et claqua la porte derrière elle, ayant juste le temps d'entendre les vociférations de Madame Black avant que les protections ne cachent la maison.
Elle savait qu'elle avait été rude avec Sirius et qu'elle s'était montrée injuste, voire même cruelle, mais elle n'avait pas pu s'en empêcher.
C'était peut-être puérile et donnait sûrement raison à Sirius sur le fait qu'elle était trop jeune, mais elle était en colère, tellement en colère contre lui, qu'elle n'avait pas pu s'empêcher de lui balancer ça à la figure.
La jeune femme savait aussi qu'il fallait qu'elle discute avec lui, qu'ils mettent réellement les choses à plat pour pouvoir repartir sur de bonnes bases, mais pour l'instant, tout ce qu'elle voulait, c'était retrouver Narcissa Malefoy.
Elle ne pouvait s'occuper que d'un seul Black à la fois.
-ooOoo-
Cork Street était en plein milieu de Mayfair, l'un des quartiers les plus huppés du Londres Moldus. Elle n'aurait même pas dû être étonnée que la sorcière lui donne rendez-vous là.
Quitte à frayer avec les Moldus, autant le faire avec les plus classes, me direz-vous !
Raven était plutôt contente d'avoir mis une tenue plus élégante que son habituel jean et vieux tee-shirt car elle aurait carrément fait tâche dans le paysage. Les leçons de vie en société de sa grand-mère allait enfin lui servir !
Vêtue d'un jean pantalon à pince moulant, d'une paire de bottes à talons aiguilles et d'une veste de tailleur noire, elle avait l'impression de jouer à la dinette en terrasse d'un salon de thé bourgeois. Elle avait lissé ses cheveux bruns pour qu'ils tiennent en place et elle avait emprunté une paire de lunettes de soleil qu'Hermione avait oublié dans sa chambre.
Il était quatorze heures trente quand la chaise en face de la sienne fut enfin tirée et que Narcissa Malefoy, vêtue d'une robe moldue des plus élégantes, prit place.
•Vous avez trente minutes de retard, dit-elle en guise de salut.
•Je voulais m'assurer que tu étais seule.
•Je vous ai dit que je voulais juste des réponses.
•Ce n'est pas le cas de mon cousin.
•Vous auriez remarqué si Sirius était là.
•Il a tendance à passer inaperçu quand il le souhaite.
•Un chien errant se ferait remarquer dans le coin.
•Certes. (Raven haussa un sourcil en l'entendant glousser). Je présume que tu souhaites me parler de ta mère, dit elle enfin après avoir commandé du thé au serveur.
•On m'a dit que vous étiez amies. Meilleures amies même.
•C'est vrai. Cela peut paraître surprenant, surtout dans le milieu des Sang Purs, mais ta mère et moi étions réellement amies. Tu dois connaître ça.
•Non, je n'ai jamais eu d'amis dans ce genre.
•C'est dommage.
•Si vous étiez aussi proches, vous deviez connaître le nom de son petit-ami.
•Je savais qu'elle fréquentait quelqu'un sporadiquement, mais je n'ai jamais su qui il était.
•Vous voulez vraiment me faire croire que ma mère n'aurait jamais parlé de son petit ami à sa meilleure amie ?
•Oh, mais elle m'en a parlé. Mais elle a toujours refusé de me dire son nom.
Elle mentait, Raven pouvait le voir.
Dès qu'elle parlait du petit ami, elle détournait légèrement le regard, ne voulant pas la regarder dans les yeux.
•Elle ment, dit James à ses côtés, faisant écho à ses pensées.
•Vous ignorez qui est mon père du coup ?
•Je n'ai pas de certitude. Je sais qu'après ce fameux petit ami, elle a brièvement fréquenté un sorcier grecque, mais c'était une relation sans lendemain.
•Vous ne connaissez pas son nom, non plus ?
•Non.
•Je n'ai jamais vu une Sang Pure mentir aussi mal, ajouta James, penché sur Narcissa et observant son visage de près.
•Est-ce-que vous avez vu ma mère avant sa disparition ?
•Le jour même en réalité. (Narcissa but une gorgée de son thé, comme pour se donner une contenance). Elle était la marraine de mon fils. Nous sommes allés à la chasse aux bonbons tous les quatre.
•Tous les quatre ? Vous voulez dire, vous, ma mère, Drago et…
•Toi, oui. (Narcissa gloussa une nouvelle fois). Mon fils t'adorait.
•Là, elle dit la vérité, dit James.
•Vous n'avez rien remarqué d'étrange dans son comportement ? Nervosité, paranoïa ?
•Non, tout se passait bien. Mais elle a décidé de partir avant la fin de notre tournée. Je crois qu'elle a vu quelqu'un ou quelque chose et elle a décidé que vous deviez rentrer. Le lendemain, j'apprenais dans les journaux qu'elle était portée disparue.
•Elle cache quelque chose… chuchota l'esprit.
•Vous ne savez pas où elle pourrait être allée ?
•Non, aucune.
•Mensonge… Chantonna James.
•Je réalise bien que je ne t'aide pas beaucoup.
•Ce n'est pas grave. (Raven regarda autour d'elle). Je ne vais pas vous retenir plus longtemps.
•Je sais que mon cousin ne doit pas avoir grand chose de sympathique à dire à mon sujet…
•C'est peu de le dire.
•Mais Hunter comptait vraiment beaucoup pour moi. Si je peux t'aider…
•Merci.
Se levant, Raven laissa une poignée de monnaie moldue sur la table pour payer les consommations avant de s'éloigner en se glissant entre deux bâtiments. Une fois qu'elle fut à l'abri des regards, elle se tourna vers James, qui l'avait suivi.
•Elle a menti sur quasiment tout ce qui concernait ma mère.
•Pas sur ta mère, lui répondit-il. Elle disait la vérité sur le fait que Drago t'appréciait et que vous aviez passé la journée du 31 ensemble. Mais elle a menti sur le fait d'ignorer qui était le petit copain.
•Tu crois que ce garçon était mon père.
•Cette Deidre n'était peut-être pas la source la plus fiable concernant ta mère, mais elle était sûre d'elle quand elle disait que ton père et ce garçon était le même homme.
•L'histoire du garçon grecque peut être vraie aussi.
•J'ai connu ta mère. Pas quand nous étions à Poudlard, mais de l'époque où nous étions dans l'Ordre. Ta mère, aussi Serpentarde soit elle, était loyale et fidèle. Quand elle était dévouée à quelqu'un, elle ne lâchait rien. Si elle est restée avec lui durant toute sa scolarité, puis encore après, il n'y a aucune chance pour qu'elle se soit laissée tenter par une aventure sans lendemain. Et si Hunter avait quelqu'un d'aussi important dans sa vie, elle s'est obligatoirement confiée à son amie. On ne peut pas garder un tel secret tout seul.
•Si Narcissa a gardé ce secret pendant plus de vingt ans, elle ne dira rien. Surtout pas à moi, surtout si ma mère ne voulait pas que je sache.
•Je vais la suivre.
•La suivre ?
•Elle a menti quand elle disait qu'elle ne savait pas où Hunter aurait pu aller.
•Tu crois qu'elle sait où se cache ma mère ?
•C'est un gros secret de cacher une Fallen pendant quinze ans, mais Narcissa en est capable. Si elle sait où se trouve Hunter, je le découvrirai.
•Sois prudent.
•Elle ne peut pas me voir, Raven.
•Elle peut-être, mais si ma mère est toujours en vie, je ne sais pas de quoi elle est capable.
•Son don n'a rien à voir avec le tien.
•Nous n'en savons rien, étant donné que j'ignore tout de son don.
•Je ferai attention.
Hochant la tête, Raven le regarda disparaître pour réapparaître quelques mètres plus loin, aux côtés d'une Narcissa ignorant totalement qu'elle était suivie.
Maintenant, il ne lui restait plus qu'à attendre de voir ce que James allait découvrir.
Note de l'auteure : voilà pour ce chapitre 3.
J'espère qu'il vous a plu et que vous avez hâte d'en apprendre plus sur Hunter.
Je vous retrouve très rapidement pour le chapitre suivant.
A très vite.
Bye !
