Harry Potter
Chapitre 1 : L'ombre oubliée*
La nuit était lourde et oppressante. Les arbres frissonnaient sous un vent glacé qui balayait la vallée de Godric's Hollow. Le ciel noir d'encre semblait sur le point de s'effondrer, couvert de nuages sombres qui bouchaient chaque étoile. À l'intérieur du petit cottage Potter, le calme trompeur d'une soirée ordinaire s'effritait sous le poids de l'angoisse grandissante.
James Potter courait dans la maison, sa baguette brandie, ses cheveux en bataille encore plus désordonnés que d'habitude. L'air crépitait de magie autour de lui. "Lily ! Prends les filles ! Il est là, Lily, il est ici !"
Lily Potter, ses cheveux roux flamboyant sous la lumière faible de la lampe, serrait contre elle deux petites formes emmaillotées. Ses jumelles. Les deux bébés étaient presque identiques, mais si différents à la fois. L'une avait les cheveux noirs de jais de son père, et les yeux verts émeraude si rares dans la lignée Potter. L'autre, une minuscule créature rousse, avait hérité de la flamboyance de sa mère mais portait également ces yeux éclatants de vert. Les deux filles étaient le centre de leur monde.
Lily lança un regard anxieux à James. Voldemort approchait, elle le sentait. Une ombre de mort qui semblait inévitable. "Je vais les protéger," murmura-t-elle en se plaçant devant le berceau des jumelles.
Mais avant qu'elle puisse prononcer une seule parole de plus, la porte explosa dans un grondement sourd. Une silhouette en robe noire se dessina dans l'encadrement. Lord Voldemort.
"Reculez", souffla-t-il, sa voix sifflante emplie de mépris et de triomphe. "Il est temps."
James n'eut même pas le temps de lever sa baguette. Voldemort la pointa d'un geste nonchalant, et un éclair vert fusa. Le cri de James résonna dans la maison. Il tomba lourdement, inconscient, mais vivant, par une étrange et cruelle clémence du Seigneur des Ténèbres.
Lily se tourna désespérément vers ses filles, les larmes roulant sur ses joues. Elle savait qu'elle ne pourrait pas les sauver toutes les deux. D'un geste tremblant, elle se plaça devant le berceau, ses bras tendus comme un bouclier humain.
"Pas elles, pas mes filles ! Laisse-les !"
Voldemort, amusé, leva lentement sa baguette. "Laisse-les ? Non, Lily Potter, une d'elles doit mourir." Ses yeux se posèrent sur la jumelle rousse, celle que la prophétie avait désignée comme l'Élue. Il pointa sa baguette vers elle. "Adieu."
"Non !" cria Lily en se jetant sur son enfant.
Le sortilège fusa. Un cri perça l'air, mais ce n'était pas celui de Lily, ni même de Voldemort. La lumière verte résonna dans toute la pièce, frappant la petite rousse... et rebondissant comme un miroir éclatant. Voldemort, surpris, vacilla en arrière. Le sort lui fut retourné de plein fouet. Son corps se désintégra dans une explosion silencieuse, et son cri d'agonie s'évanouit avec lui dans le néant.
La maison était dévastée, mais le silence régnait.
Lily s'effondra près du berceau, ses doigts frôlant la joue de sa fille rousse, encore endormie et indemne. Mais la petite aux cheveux noirs avait les yeux ouverts, pleins d'une sagesse étrange. Elle n'avait rien dit, ne pleurait pas. L'obscurité régnait dans ses prunelles vertes, quelque chose d'étrange et d'inconnu.
Dans la confusion qui suivit l'attaque, les Potters furent transportés à l'hôpital Sainte-Mangouste pour soigner leurs blessures. Dumbledore arriva rapidement sur les lieux, inspectant les décombres de la maison. Ses yeux bleus s'attardèrent sur les deux bébés. Une décision se forma dans son esprit, une décision qu'il savait controversée mais nécessaire.
"Il ne peut y avoir qu'une seule Élue", murmura-t-il pour lui-même.
Quelques jours plus tard, alors que James et Lily récupéraient lentement, une réunion d'urgence fut convoquée par Dumbledore à Poudlard. Il y déclara que la prophétie s'était accomplie, que la petite rousse, qu'ils nommèrent désormais Harriette, avait vaincu Lord Voldemort. Tous furent d'accord qu'elle serait protégée à tout prix, sa renommée déjà scellée.
Mais la deuxième jumelle, la petite aux cheveux noirs, ne fut pas mentionnée. Dumbledore fit courir le bruit qu'elle n'avait pas survécu à l'attaque, que la magie de Voldemort l'avait fauchée. James et Lily, dévastés par cette perte, acceptèrent cette version sans poser de questions.
En réalité, la petite aux cheveux noirs fut confiée aux Dursley, dans l'ombre et le secret le plus total. Dumbledore croyait fermement que le monde ne devait connaître qu'une seule héroïne, et qu'il valait mieux épargner à cette enfant une vie de comparaisons injustes avec sa sœur.
Pétunia Dursley accueillit la petite, mais dès le départ, quelque chose clochait. Elle n'était pas comme son neveu Harry. Il y avait en elle une aura, une présence sombre et magnétique, qui mettait mal à l'aise quiconque s'approchait d'elle. Elle semblait comprendre trop de choses, même à un âge aussi tendre. Un jour, alors qu'elle n'avait que trois ans, un incident magique se produisit – un miroir brisé, des objets volant dans la pièce. Ce fut la dernière goutte pour Vernon et Pétunia.
Sans un mot, sans un regard, ils emmenèrent l'enfant dans une forêt reculée, quelque part loin de leur quartier de Privet Drive. Là, dans l'obscurité et le froid, ils l'abandonnèrent.
Ce fut dans cette même forêt qu'une créature rôdait. Ni tout à fait humaine, ni complètement monstre. Un être aux yeux rouges luisants, aux crocs scintillant à la lueur de la lune. Il entendit les pleurs de la fillette et s'approcha doucement. Le vent hurlait dans la forêt, mais le froid ne l'atteignait pas. Recroquevillée sous un chêne, la fillette aux cheveux noirs comme la nuit et aux yeux d'un vert perçant regardait le ciel, silencieuse. Elle ne pleurait plus. Depuis que *lui* était arrivé, les larmes s'étaient taries. Elle se sentait en sécurité pour la première fois depuis qu'elle avait été abandonnée.
La créature s'était révélée être un homme, ou du moins, un être semblant en avoir l'apparence. Il se tenait droit, vêtu de vêtements sombres, sa peau aussi pâle que la lune. Ses yeux rouges brillaient d'une lueur inquiétante, mais dans son regard, la petite fille n'y vit ni menace ni cruauté. Ce qu'elle ressentit fut une promesse. Une promesse de protection, de force, et surtout, une promesse qu'elle ne serait jamais plus seule.
"Je vais prendre soin de toi", murmura-t-il en se penchant vers elle. Ses crocs apparurent dans un sourire presque paternel. "Tu n'es pas destinée à être ordinaire."
« Tu n'as plus de nom, n'est-ce pas ? » demanda-t-il en la fixant d'un air pensif.
Elle secoua la tête, ses souvenirs flous, confus.
« Alors, je t'en donnerai un. Désormais, tu seras Harrya. Ma fille, mon héritière. »
Ce fut ainsi que la deuxième Potter, oubliée par sa propre famille et laissée à mourir, fut sauvée par le vampire qui l'adopta.
Les années passèrent dans la demeure isolée de son nouveau père, un immense manoir en pierres noires qui semblait exister en dehors du temps. Perdue au milieu d'une forêt dense et enchantée, la maison était protégée par de puissants enchantements que seuls les vampires et leurs alliés pouvaient traverser. Les jours de Harrya étaient emplis d'entraînement et d'apprentissage.
Elle grandit en découvrant un monde bien différent de celui dont elle venait. Son père adoptif, qu'elle appelait Sire, veillait à son éducation avec rigueur. Bien qu'il n'ait jamais levé la main sur elle, sa discipline était stricte. Il lui enseigna la maîtrise du corps et de l'esprit dès ses premières années. Très jeune, Harrya apprit à se battre. Les ombres de la nuit devinrent ses alliées, et elle développa une agilité et une force que peu d'enfants de son âge auraient pu imaginer.
Sa nature de demi-vampire lui conférait déjà des capacités exceptionnelles. À six ans, elle pouvait courir plus vite qu'un loup, se dissimuler dans les ténèbres avec une aisance surnaturelle, et ses sens étaient aiguisés au-delà de ceux d'un humain ordinaire. Elle n'était pas immortelle, pas encore. Son père lui avait expliqué que pour cela, elle devait accomplir un rituel qu'il refusait de lui révéler avant l'heure. Cependant, il lui promit qu'elle le découvrirait en temps voulu.
La magie s'éveilla en elle d'une manière tout aussi inattendue. Contrairement aux autres sorciers, Harrya n'eut jamais besoin d'une baguette pour canaliser ses pouvoirs. Ses émotions, sa volonté, suffisaient à déclencher les sorts. Sire avait trouvé fascinant ce lien naturel qu'elle entretenait avec la magie. À huit ans, Harrya pouvait déjà faire léviter des objets, allumer des flammes et réparer des choses d'un simple geste de la main.
Mais son don le plus précieux était sa capacité à parler aux animaux nocturnes. Elle passait des heures avec les chauves-souris, les hiboux, et parfois même des créatures plus mystérieuses qui peuplaient la forêt autour du manoir. Elle n'avait jamais été seule. Les ombres lui chuchotaient des secrets, et elle les écoutait.
Sire, bien qu'il lui ait offert la sécurité et une éducation solide, ne se montrait jamais particulièrement chaleureux. Mais il veillait à ce qu'elle ne manque de rien. Les coffres de sa fortune semblaient infinis. Elle portait des vêtements en soie noire et rouge, dormait dans un grand lit à baldaquin, et était entourée d'artefacts anciens et d'ouvrages rares. Cependant, elle n'avait jamais quitté le manoir, et bien qu'elle ne l'ait jamais dit, elle rêvait parfois d'un autre monde, d'un monde où elle pourrait être parmi d'autres enfants.
Elle savait qu'elle était différente. Sire l'avait adoptée par un ancien rituel vampirique, faisant d'elle son héritière de sang. Pourtant, malgré les dons qu'il lui avait transmis, une partie d'elle restait humaine. Elle ressentait la faim, le sommeil, et surtout… une solitude qui ne pouvait être comblée par les ombres seules.
À mesure qu'elle grandissait, cette solitude se faisait plus pesante, même si elle n'osait jamais en parler à Sire. Elle s'entraînait durement, perfectionnant ses compétences en duel, en stratégie, et en magie, mais elle sentait qu'il lui manquait quelque chose. Peut-être était-ce ce monde qu'elle avait quitté, celui dont elle ne se souvenait qu'à peine.
Ce fut à l'aube de son onzième anniversaire que tout changea. Un matin brumeux, alors que les premiers rayons du soleil tentaient de percer les nuages gris, Harrya reçut une visite inattendue. Un hibou, plus grand que ceux qu'elle avait l'habitude de voir, traversa les enchantements du manoir et vint se poser sur le rebord de sa fenêtre. Accroché à sa patte, un parchemin cacheté d'un sceau en cire.
Elle fronça les sourcils en le détachant, ses doigts fins parcourant le papier avec précaution. Le message était bref, mais il suffit à bouleverser son existence :
Chère Harrya Potter- vamps,
Nous avons le plaisir de vous informer que vous avez été admise à l'école de sorcellerie Poudlard.*
Elle resta figée, incapable de comprendre immédiatement ce que cela signifiait. *Potter*. Un nom qu'elle n'avait pas entendu depuis aussi longtemps qu'elle pouvait s'en souvenir. Pourtant, ce nom semblait éveiller quelque chose en elle, une réminiscence d'un passé qu'elle avait cru oublié.
Ses yeux se levèrent vers la porte, où se tenait Sire, silencieux, l'observant de ses yeux rouges perçants. Il savait, lui aussi, que ce moment finirait par arriver.
« C'est le moment de découvrir ce monde, ma fille, » murmura-t-il avec un sourire énigmatique. « Mais n'oublie jamais qui tu es vraiment. »
Le Poudlard Express avançait lentement à travers les collines brumeuses, serpentant entre les montagnes et les forêts denses. Harrya regardait par la fenêtre, son regard vert brillant fixé sur le paysage qui défilait. L'angoisse était une sensation nouvelle pour elle. Tout au long de sa vie, elle avait affronté des créatures bien plus terrifiantes que celles que la plupart des élèves de Poudlard pouvaient imaginer. Pourtant, l'idée de rejoindre cette école… ce monde auquel elle n'appartenait plus, la troublait profondément.
Sous sa cape noire, elle caressait le pendentif en forme de chauve-souris que son père adoptif lui avait donné avant son départ. *N'oublie jamais qui tu es vraiment, avait-il murmuré. Et elle n'avait pas l'intention de l'oublier. Mais elle ne pouvait nier que ce retour dans le monde sorcier — dans un monde où les Potter existaient encore, où sa propre famille vivait sans elle — l'effrayait d'une manière qu'elle ne pouvait expliquer.
Le train finit par ralentir, s'immobilisant enfin à la gare de Pré-au-Lard. Harrya descendit avec les autres élèves, observant leur excitation et leur insouciance avec un certain détachement. Ses vêtements étaient plus sombres, plus élégants que ceux des autres enfants. Sa peau, légèrement plus pâle, et ses yeux brillants sous la lumière tamisée de la soirée, la faisaient déjà ressortir. Pourtant, personne ne la connaissait. Pas encore.
La traversée du lac fut silencieuse pour elle. Tandis que les autres élèves discutaient avec nervosité ou émerveillement, elle resta concentrée sur le château en ruine de lumière, érigé dans toute sa splendeur contre le ciel nocturne. Ce château, autrefois simple légende pour elle, se dressait désormais devant elle, et elle y entrait comme une étrangère.
Lorsque les grandes portes de la Grande Salle s'ouvrirent pour les nouveaux élèves de première année, un murmure parcourut la foule. Harrya entra parmi les autres, sa cape flottant légèrement derrière elle. Les bougies suspendues illuminaient faiblement son visage et les sorciers de toutes les maisons la fixaient avec curiosité.
Mais ce n'était rien comparé à la réaction de certains visages lorsqu'ils aperçurent une autre élève, déjà assise à la table des Gryffondor. L'air décontenancé, cette fille avait des cheveux roux flamboyants et des yeux verts identiques à ceux de Harrya. Sa jumelle. La rumeur se propagea comme une traînée de poudre, des murmures s'élevant dans chaque recoin de la salle.
« Impossible… Elle est morte, non ? »
« C'est une Potter ? Mais… elle ne devrait pas être là… »
« Comment est-ce possible ? »
Harrya ignora ces voix, se concentrant sur le professeur McGonagall qui tenait le Choixpeau dans ses mains. Mais au fond de la salle, un autre visage attirait son attention. Celui d'un homme plus âgé, avec une longue barbe blanche et des yeux brillants derrière des lunettes en demi-lune. Dumbledore. Il la fixait d'un air stupéfait, ses sourcils froncés, comme s'il ne parvenait pas à croire ce qu'il voyait.
Le professeur McGonagall commença alors l'appel des élèves, et un à un, ils furent répartis dans les différentes maisons. Les murmures ne cessèrent pas, mais l'attention générale resta focalisée sur elle, Harrya Potter, la fille supposée morte. Et enfin, son nom fut prononcé.
« Potter- Vamps, Harrya. »
Le silence se fit dans la salle. Chaque tête se tourna vers elle, et Harrya, sans hésitation, s'avança vers le tabouret. Elle sentait les regards brûlants sur elle, y compris celui de sa sœur, assise à la table des Gryffondor, dont les yeux étaient maintenant emplis de confusion et d'une certaine méfiance.
Elle s'assit, et le Choixpeau fut posé sur sa tête. L'instant qui suivit fut à la fois une éternité et un éclair.
« Intéressant… très intéressant… » murmura le Choixpeau à son oreille. « Tu n'es pas tout à fait comme ta sœur, n'est-ce pas ? Une âme marquée par les ténèbres… mais pas mauvaise pour autant. Une grande force t'habite. Où te placer, hmmm ? Un cœur ambitieux, un esprit aiguisé… oui, je sais exactement où tu iras. »
Le Choixpeau s'éclaircit alors la voix et, d'un ton solennel, déclara : « Serpentard ! »
Un murmure de stupeur traversa la salle. Une Potter, à Serpentard ? C'était impensable. Les Potter avaient toujours été des Gryffondor, des sorciers loyaux et courageux, tout l'opposé de ce que représentait Serpentard. Et pourtant, Harrya se leva et se dirigea vers la table des Serpentard, ses pas assurés malgré les regards pesants.
Lorsqu'elle s'assit à la table, elle sentit immédiatement l'attention se porter sur elle, surtout de la part de Draco Malfoy, assis un peu plus loin. Il la scruta de la tête aux pieds, un sourire fin se dessinant sur ses lèvres.
« Eh bien, c'est intéressant, » murmura-t-il en s'approchant légèrement. « Une Potter à Serpentard. Ça, c'est inattendu. »
Harrya tourna la tête vers lui, ses yeux émeraude rencontrant les siens, aussi gris que l'acier. Il n'était pas si différent d'elle, se dit-elle, en l'observant. Derrière son masque d'arrogance, elle percevait une ambition farouche, un désir de reconnaissance, de pouvoir.
« c'est Vamps, je ne répondrais plus qu'a ce nom. Je ne suis pas une Potter»
Draco fit un geste en direction de la table des Gryffondor, où sa jumelle, tout aussi surprise, était entourée de ses nouveaux amis.
« Ta sœur m'a déjà fait comprendre qu'elle ne voulait rien avoir à faire avec moi, » dit-il avec un rictus. « Mais toi, tu es différente, n'est-ce pas ? »
Harrya haussa un sourcil, amusée. « Différente ? Peut-être. Mais je ne suis pas si facile à cerner, Malfoy. »
Il sourit, d'un air défiant. « J'aime les défis. »
Harrya observa Draco un moment, pesant ses mots. Contrairement à sa jumelle, qui semblait avoir hérité des idéaux de leur famille, Harrya savait qu'elle n'était pas liée par ces mêmes attentes. Elle avait vécu dans un monde où les règles étaient différentes, où la survie et l'ambition prenaient le dessus sur tout le reste.
Elle tendit alors sa main vers Draco, scellant silencieusement une sorte d'accord tacite. « Tant que tu n'essayes pas de me manipuler, nous pourrions bien nous entendre. »
Draco serra sa main, un éclat de satisfaction dans ses yeux. « Bienvenue à Serpentard, Vamps. »
Ainsi, dans le tumulte des murmures et des regards suspicieux, Harrya Potter, la fille oubliée, marqua son entrée dans le monde sorcier. Mais elle n'était plus l'enfant abandonnée qu'on avait laissée pour morte. Elle était une ombre, un mystère, et personne ne savait ce qu'elle préparait. Pas même elle. Le reste de la soirée c'était passé agréablement avec les sepentard. Le lendemain, après un bon petit déjeuné, la demoiselle c'était rendue à son premier cours, celui de potion.
L'atmosphère dans les cachots de Poudlard était lourde et oppressante, l'air sentait les ingrédients alchimiques qui s'entassaient dans des fioles sur les étagères poussiéreuses. Harrya se tenait droite, les bras croisés, tout en jetant un coup d'œil furtif autour d'elle. La plupart des élèves avaient l'air nerveux, et pour cause : c'était leur premier cours de potions avec le professeur Rogue.
Rogue, avec ses cheveux noirs gras et son regard perçant, arpentait la pièce, sa robe flottant comme un nuage sombre autour de lui. Son visage trahissait une humeur particulièrement acerbe. Il avait commencé le cours par une tirade destinée à terrifier les élèves. Puis, son regard s'était attardé sur les Gryffondor, et plus précisément sur une certaine jumelle à la chevelure flamboyante.
« Potter, » lança-t-il soudain en direction de la jumelle assise parmi les Gryffondor. « Je suppose que vous pensez déjà tout savoir, étant la fameuse héroïne de Gryffondor, n'est-ce pas ? »
Harriette, assise à côté de Ron Weasley, fronça les sourcils, mal à l'aise sous l'attention soudaine. Mais avant qu'elle ne puisse répondre, Rogue tourna brusquement la tête vers l'autre jumelle.
« Et vous… Potter, » siffla-t-il avec un dédain à peine voilé. « Peut-être que vous pouvez nous éclairer sur ce qu'est le bézoard et où il se trouve ? »
Harrya sentit l'agacement monter en elle. Elle n'avait jamais été habituée à être prise de haut, et surtout pas par un homme comme Rogue. *Potter, ce nom semblait presque une insulte dans sa bouche. Un titre auquel elle ne s'identifiait pas, un poids qu'elle refusait de porter.
Elle releva le menton, ses yeux verts luisant légèrement sous la lumière des bougies. « Je ne suis pas une Potter. » Sa voix résonna dans la salle, captant l'attention de tous. « Mon nom est Vamps. Harrya Vamps. »
Un murmure de surprise traversa les Serpentard et Gryffondor. Rogue haussa un sourcil, mais ne perdit pas son air méprisant.
« Très bien, Miss Vamps, » répondit-il avec sarcasme, « je suppose que votre arrogance est aussi grande que celle de vos ancêtres. Alors, répondez : qu'est-ce qu'un bézoard et où le trouve-t-on ? »
Harrya ne se laissa pas déstabiliser par son ton. Avec une voix claire et assurée, elle répondit : « Un bézoard est une pierre que l'on trouve dans l'estomac des chèvres. Il agit comme un antidote à la plupart des poisons. »
Rogue plissa les yeux, ne s'attendant visiblement pas à une réponse aussi précise. Il tourna lentement autour du bureau de Harrya, son regard scrutateur posé sur elle.
« Correct, » dit-il d'un ton sec. Puis, sans perdre un instant, il enchaîna : « Alors, Miss Vamps, que se passerait-il si vous mélangez de l'essence de dictame à une infusion d'ellébore ? »
Harrya réfléchit brièvement. Le dictame était un ingrédient complexe, mais elle savait parfaitement quelle réaction il provoquerait. « Une telle combinaison neutraliserait les effets sédatifs de l'ellébore tout en accélérant la régénération cellulaire, utile dans la préparation de potions curatives avancées. »
Rogue s'arrêta net, ses yeux noirs fixant Harrya avec un mélange de suspicion et de respect. Les autres élèves, surtout les Gryffondor, observaient la scène avec une stupéfaction croissante. Personne ne s'attendait à ce qu'elle puisse tenir tête au redoutable professeur de potions, encore moins en maîtrisant autant de savoir.
« Impressionnant, » murmura Rogue, son ton légèrement plus adouci. « Il semblerait que vous ne soyez pas aussi incompétente que votre sœur, après tout. » Son regard s'attarda un instant sur Harriette, qui rougit de honte et de colère.
Le cours continua, et Harrya démontra une aptitude naturelle pour la préparation des potions, surpassant même certains élèves plus expérimentés. Lorsque le cours prit fin, Rogue la regarda un dernier moment avant de déclarer : « Vous avez du potentiel, Miss Vamps. J'espère que vous n'allez pas gâcher ce talent. »
Harrya hocha la tête, se levant pour quitter les cachots avec les autres élèves de Serpentard. Ses pas étaient silencieux, mais dans son esprit, elle savourait l'impression qu'elle avait laissée.
À la sortie des cachots, Draco Malfoy l'attendait, un sourire narquois aux lèvres. « Eh bien, tu as clairement fait une impression, » dit-il en la rejoignant. « Tu as vu la tête de Rogue ? Il ne s'attendait pas à ce qu'une Potter soit aussi douée. »
Harrya le corrigea immédiatement : « Vamps. Je ne suis pas une Potter. »
Draco hocha la tête, comprenant que cette distinction comptait beaucoup pour elle. « Vamps, alors. Quoi qu'il en soit, tu as prouvé que tu n'es pas comme ta sœur. »
Harrya haussa les épaules. « Je ne l'ai jamais été. » Mais avant qu'elle ne puisse ajouter quoi que ce soit, une voix familière l'interrompit.
« Harrya ! » C'était Harriette, sa sœur jumelle, qui s'approchait avec Ron à ses côtés. Ils la regardaient tous les deux avec méfiance. Harriette prit la parole, son ton plein de reproches. « Qu'est-ce que tu fais avec lui ? »
Ron, quant à lui, fixa Draco avec un air de dégoût évident. « Ouais, t'as pas besoin de traîner avec des Malfoy. »
Draco leva un sourcil, mais Harrya s'interposa avant que la situation ne dégénère. Elle planta son regard dans celui de sa sœur, froid et distant. « Ce que je fais, et avec qui, ne te concerne pas, Harriette. »
Harriette fronça les sourcils, visiblement blessée. « Mais… c'est un Malfoy ! Ils sont… ils sont… »
« Ils sont quoi ? » demanda Harrya d'un ton glacé. « Des Serpentard ? Ou peut-être des gens que tu ne comprends pas ? » Elle fit une pause, observant la confusion dans les yeux de sa sœur. « Ne crois pas que tu puisses me dire avec qui je dois être amie, juste parce que tu te sens supérieure. »
Ron, toujours à côté de Harriette, grogna : « On essaie juste de t'aider, c'est tout. »
Harrya secoua la tête. « Je n'ai pas besoin de votre aide. » Elle se tourna vers Draco, ignorant le regard de sa sœur et de Ron. « On y va ? »
Draco lui fit un signe de tête, et ensemble, ils partirent, laissant Harriette et Ron derrière, leur amitié brisée par des années d'abandon et de non-dits. Pour Harrya, ce monde des Potter n'était qu'une ombre de celui qu'elle avait connu, et elle avait bien l'intention de tracer sa propre voie.
