Hey !
Encore pardon pour le retard ! Mes problèmes de santé viennent se mettre en travers de mon écriture en ce moment et c'est pénible. Ca commence tout doucement à aller mieux donc avec un peu de chance je vais finir par réussir à boucler cette fic dans les temps. Je vais encore me ménager, au cas où, mais je répète : jamais je laisse tomber. On est vraiment proches de la fin, hors de question de laisser tomber maintenant !
Maintenant il est temps de les retrouver !
King connaissait déjà la pièce où il se trouvait. Il l'avait observée à travers un miroir le jour où Katakuri avait fait face à sa famille pour déclarer sa grève. Et maintenant qu'il se tenait à sa place, il réalisait que l'assemblée était plus intimidante que ce qu'il avait imaginé. Les plus âgées des sœurs Charlotte, y compris l'aînée qui ressemblait à Big Mom comme deux gouttes d'eau, les jugeaient tous les deux avec sévérité depuis leurs sièges.
Lui restait en retrait, deux pas derrière Katakuri, et le laissait parler. Les choses ne se présentaient pas très bien.
King préférait garder le silence pour le moment mais il ne pouvait pas s'empêcher de taper nerveusement du pied. Le sort de Pudding l'importait bien plus qu'il ne voulait bien l'admettre et les choses n'allaient pas assez vite à son goût. Katakuri, comme toujours, restait calme mais même lui ne pouvait cacher sa contrariété. Il était bien seul à vouloir secourir sa jeune sœur. Ils étaient là depuis un quart d'heure et personne ne semblait s'offenser de la situation !
— On ne peut pas rester les bras croisés, insista-t-il, d'une voix nerveuse qui trahissait son mécontentement.
Compote, l'aînée, soupira. King ne la connaissait pas bien mais il était presque sur que son expression implacable cachait une crainte que Katakuri ne s'emporte. Elle faisait de son mieux pour le tempérer et n'était pas enchantée par la situation.
— Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse ? Dit-elle calmement. Je ne dis pas que ce n'est pas grave, mais nous n'avons aucun moyen de venir en aide à Pudding pour le moment.
— Tu plaisantes j'espère ? Répliqua Katakuri. Barbe Noire nous attaque et tu ne veux pas de représailles ?
Elle frappa du poing sur le pupitre face à elle.
— Quelles représailles, Katakuri ? Avec quels moyens ?
D'un geste du bras, elle désigna métaphoriquement Whole Cake Island et le reste du pays.
— Nous sommes ruinés ! Nous n'arrivons pas à sortir la tête de l'eau, le monde entier nous sait vulnérables. Nous avons besoin de nos flottes sur place pour nous protéger quand la Marine se décidera enfin à nous attaquer avec leurs nouvelles armes.
Un frisson fit s'hérisser les cheveux de King en bas de sa nuque. Si d'aventure il devait se retrouver en présence d'un de ces pacifistas, il le réduirait en cendre aussitôt.
— Qu'est-ce que tu attends de nous ? Répéta Compote. Qu'on prenne d'assaut Hachinosu ? Là où ils ont certainement emmené Pudding ? Tu sais aussi bien que moi à quel point cette île est imprenable. On se ferait massacrer, nous ne sommes plus que l'ombre de notre mère. Nous n'avons aucune chance face à l'équipage de Barbe Noire sur son propre territoire et envoyer nos meilleures troupes là-bas nous condamnerait tous. Il n'y a rien qu'on puisse faire.
Un silence suivi cette déclaration. King sentait la tension dans l'air. Lui-même serrait les dents mais malgré ça, il ne pouvait pas donner tort à cette déclaration. S'attaquer à Hachinosu était du suicide. Pas impossible, évidemment — le succès du raid d'Onigashima, une île tout aussi dangereuse, en était la preuve — mais Totto Land ne disposait plus d'une si grande armée et entreprendre un voyage de plusieurs jours, risquer de faire face à la Marine ou à d'autres pirates, tout en laissant le territoire sans protection pour secourir une seule personne… C'était une très mauvaise idée.
En d'autres circonstances, King aurait conseillé à Katakuri de lâcher l'affaire. La plupart des équipages pirates ne gaspillaient pas toutes leurs ressources pour sauver l'un d'entre eux. Ils se contentaient de le remplacer. Et il aurait été plus avisé de faire une croix sur Pudding. Mais ni Katakuri, ni lui n'envisagerait jamais une chose pareille. Pas après tout ce que la gamine avait fait pour eux.
— Dans ce cas, reprit Katakuri en grognant un peu plus fort. Si on ne peut pas envoyer de flotte, laissez moi y aller seul.
Les sœurs échangèrent un regard choqué.
— Hors de question !
— Comme tu l'as dit, je connais bien Hachinosu. Je m'infiltrerai, je la trouverai et je la ramènerai.
— Tu n'écoutes pas ce qu'on te dit ? Ta seule présence là-bas pourrait déclencher une guerre et c'est précisément ce qu'on veut éviter !
— Je peux me montrer discret.
— Alors là, permets moi d'en douter, se moqua Compote.
Le ton continuait de monter et King sentit que c'était le moment pour lui d'apporter son appui à Katakuri.
— Je pourrais y aller.
L'assemblée se tut et se mit à le dévisager. Tout le monde, Katakuri excepté, avait oublié sa présence. Compote posa un regard intrigué sur lui ; elle ne le considérait toujours pas comme un allié valable mais sa proposition éveillait son intérêt.
— Officiellement parlant, je ne suis pas rallié à Totto Land. Je pourrais parfaitement me rendre devant Barbe Noire sans qu'il ne puisse faire le lien avec vous.
— Ta présence parmi nous n'est plus un secret depuis longtemps, répondit Compote tout en restant attentive à ce qu'il avait à proposer.
— Peut-être, mais je n'ai jamais juré fidélité à votre équipage. Même si vous m'avez présenté comme un atout, j'ai été votre prisonnier et on m'a vu avec les menottes aux poignets. Je pourrais m'infiltrer sur Hachinosu et me faire accepter pour ensuite récupérer Pudding.
— Pourquoi est-ce qu'ils t'accepteraient aussi facilement ?
King ricana.
— Ils ne rejetteront pas un lunaria. Bien au contraire.
Katakuri ne disait plus rien et fixait King avec de grands yeux ronds, il était sous le choc. De toute évidence, il n'approuvait pas la proposition et il retrouva vite ses esprits quand Compote se frotta le menton et considéra sérieusement cette option.
— Non ! S'exclama Katakuri.
— Pourquoi pas, dit King en haussant les épaules. Je suis une rareté aux yeux du monde entier. Barbe Noire se montrera certainement intéressé si je postule pour venir dans son équipage. Après ça, je me débrouillerai pour foutre le camp avec Pudding.
Les sœurs, ravies de pouvoir laisser ce travail à un autre, échangèrent des regards entendus. Seul Katakuri était profondément outré par cette alternative.
— Tu ne peux pas te livrer comme ça ! Qui sait ce qu'il pourrait faire de toi ?
— M'enfermer dans un château de conte de fée avec de la vaisselle parlante ?
Il avait espéré que sa phrase détendrait l'atmosphère mais elle ne rencontra pas le succès attendu. Katakuri était livide. A la fois de rage et d'inquiétude.
— Ce n'est pas à toi de faire ça, tu en as déjà fait bien assez pour elle, insista-t-il en se tournant vers les autres. C'est notre devoir de sauver notre sœur !
— Nous n'avons pas le choix ! Soit nous laissons ce travail à quelqu'un qui semble tout prêt à le faire pour nous, soit nous risquons notre pays tout entier dans la manœuvre. Le choix est…
— Vous êtes des lâches, siffla Katakuri entre ses crocs, provoquant l'indignation générale.
King se contenta d'observer la scène. De toute façon, il ne pouvait rien dire de plus. Les frères et sœurs se hurlaient de nouveau dessus. Et Katakuri avait perdu son calme. Il l'avait rarement vu si en colère. Pourtant, King n'était pas si surpris. Il se rappelait que lors de son arrivée sur l'île, Katakuri était déjà le seul à se soucier du bien être de sa petite sœur, déjà portée disparue à cette époque. Maintenant qu'un ennemi surpuissant l'avait kidnappée, au lieu de les mettre en état d'alerte, les Charlotte se montraient d'autant plus résignés.
Peut-être par réel désintérêt pour Pudding, peut-être par peur de ne jamais atteindre la grandeur de leur mère et de perdre le peu de prestige qui leur restait. King ne pouvait pas être sûr.
— Quel message est-ce qu'on envoie à nos ennemis si on ne réagit pas à cette insulte ? Qu'on laisse n'importe qui nous atteindre sans rien dire. Vous avez peur des attaques ? Bravo ! On va en subir davantage maintenant ! Car nous sommes bien les carpettes que le reste du monde croit que nous sommes !
— Ça suffit !
La dispute reprit de plus belle et King tourna les talons. Il savait que Katakuri s'égosillait pour rien. Sa famille ne bougerait pas le petit doigt. Il y avait certainement d'autres membres de la fratrie prêts à secourir Pudding mais combien de prêts à se mettre à dos tous les autres ? Leur mère leur avait trop bien lavé le cerveau. King savait que sa proposition était la bonne. Ca ne l'enchantait pas de se vendre de cette façon et il ne savait pas grand chose de Barbe Noire ; lui et Kaido n'avaient pas eu l'occasion d'intéragir souvent, aussi leurs équipages s'étaient mutuellement ignorés avec plaisir. Mais il était sûr de pouvoir utiliser sa particularité pour atteindre Pudding. Le plus dur allait être de convaincre Katakuri.
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Katakuri n'avait même pas vu King s'éclipser. Vert de rage comme il était, il avait du mal à se concentrer. Il abandonna la discussion après quelques cris de plus, en comprenant que ses sœurs ne fléchiraient pas : ni elles, ni les autres ne déploieraient de flotte ou d'armée pour secourir Pudding. Il avait espéré que son autorité naturelle et la peur qu'il pouvait leur inspirer auraient une influence sur leur décision mais apparemment elles avaient plus peur de la fin de Totto Land que de sa colère.
C'était de sa faute, il avait passé trop de temps reclus, trop temps à se laisser marcher sur les pieds et surtout trop de temps à culpabiliser. Il aurait mieux fait de reprendre les rênes de l'équipage tout de suite après sa crise, au lieu de chercher à se faire pardonner. Mais c'était trop tard. Il allait devoir agir seul, au risque de précipiter la décision des autres et de faire de lui un paria.
Il n'avait pas menti, son souvenir d'Hachinosu était encore vivace. Il saurait approcher l'île et retrouver sa sœur.
Quand la tension retomba peu à peu et que ses idées furent de nouveau claires, il réalisa que King n'était plus là. Il se lança immédiatement à sa poursuite, inquiet à l'idée que cet imbécile ne soit déjà parti. Sa proposition ahurissante était la raison pour laquelle il n'arrivait pas à se montrer raisonnable sur ce sujet. Peut-être que s'il n'avait pas suggéré de se livrer à Barbe Noire en échange de Pudding, Katakuri aurait considéré la position de ses sœurs comme pragmatique. Mais l'idée de perdre King…
De le voir encore une fois être celui qui sauve sa petite sœur d'un sort funeste pendant que lui reste les bras croisés ? Tout ça lui était insupportable. Ce n'était pas son rôle, ça n'aurait jamais dû être son rôle.
Il sortit du bâtiment et aperçut King qui l'attendait patiemment. Les bras croisés sur sa poitrine. Il affichait un air serein et résolu que Katakuri n'appréciait pas du tout. Il aurait préféré le voir nerveux et prêt à revenir sur sa proposition. Katakuri descendit les marches quatre à quatre et vint se planter devant son amant pour le fusiller du regard.
— N'y pense même pas, grogna-t-il d'un air menaçant qui n'avait malheureusement que peu d'effet sur King.
— Je trouve ton inquiétude à mon sujet assez vexante parfois.
— Arrête, je n'ai pas envie de rire !
— Moi non plus.
— Qu'est-ce que c'est que cette proposition que tu leur as faite ? Te livrer à Barbe Noire ? Tu as perdu la tête ou quoi ? Tu te rends compte de ce que tu risques ?
— Beaucoup mieux que toi, et n'essaye même pas de prétendre que tu comprends ce que ça implique. N'essaye pas.
La lueur de colère qui illumina les yeux de King adoucit celle de Katakuri. Il avait raison, King était le seul à pouvoir prédire ce qu'un quidam pouvait faire d'un lunaria. Mais après tout ce qu'il lui avait raconté, il ne pouvait tout de même pas le laisser risquer sa vie pour quelque chose qui concernait sa famille.
— Tu t'es assez sacrifié comme ça, dit-il alors. Tu n'as pas à le refaire, c'est à moi de m'occuper de ma sœur. Ne te jette pas dans la gueule du loup. Je t'en prie.
King soupira et parut moins sûr de lui, au grand soulagement de Katakuri.
— Qu'est-ce que tu veux faire alors ?
Katakuri prit une grande inspiration. Il fallait qu'il se calme et qu'il réfléchisse posément. La situation n'était pas si catastrophique et réagir à l'instinct, comme il l'avait fait, n'allait pas les aider. Pudding venait tout juste d'être enlevée et il pouvait raisonnablement penser qu'elle était en bonne santé. Ils l'avaient ciblée dans un but précis, sans doute en rapport avec son troisième œil. Ils avaient besoin d'elle.
— Me calmer. Ça ne sert à rien de se précipiter.
— Au contraire, il n'y a pas de temps à perdre !
— Je n'ai pas dit ça. Mais Pudding a été enlevée pour une raison et je ne pense pas qu'ils lui feront du mal. En tout cas, pas tout de suite. Ils ont besoin d'elle pour quelque chose, ils n'ont pas d'intérêt à la blesser.
— Elle ne risque pas de coopérer, dit King, qui savait parfaitement que l'adolescente n'était pas facile à intimider. S'ils perdent patience, elle risque gros…
— Je sais. Mais — ça me tue de l'admettre — mes sœurs n'ont pas entièrement tort. Je suis une armée à moi tout seul mais déclencher les hostilités frontalement est trop risqué. Surtout contre un ennemi aussi imprévisible.
King ne pouvait qu'approuver. Il se plongea dans sa réflexion à son tour et garda le silence. L'un comme l'autre désirait partir dès maintenant mais Katakuri ne pouvait pas ignorer les effets qu'aurait son insubordination sur le pays. S'il partait maintenant, alors il pouvait faire une croix sur ses ambitions pour cette famille. Il n'aurait définitivement plus voix au chapitre et peut-être même verrait-il son image effacée des portraits familiaux. Il se mordit la lèvre en pensant à ce résultat : toute sa vie durant, il avait eu peur d'être exilé et rejeté par le reste de la famille. Il y a encore quelques semaines, il aurait préféré mourir que de risquer une chose pareille. Il avait fait des progrès et la présence de King à ses côtés avait grandement aidé mais il avait tout de même gardé cette peur avec lui et l'avait laissée lui dicter sa conduite.
Peut-être qu'il était temps que tout ça prenne fin.
— Dire que j'ai promis à Oven de venir à une de ses fêtes…
— Quoi ? Dit King en levant un sourcil, sans comprendre ce que Katakuri avait bien pu se dire dans sa tête.
Il l'ignora et se dirigea vers le miroir le plus proche pour appeler Brûlée. Il n'allait pas réfléchir à un plan au milieu de la rue, et King non plus.
— Qu'est-ce que tu sais de Barbe Noire ? Lui demanda-t-il avec son ton le plus professionnel.
King, malgré son air inquiet, se mit vite sur la même longueur d'onde. Il s'appuya contre le mur en attendant que Brûlée réponde à leur appel.
— J'en sais pas assez, malheureusement. Je ne l'ai jamais vu en personne, Kaido et lui n'ont pas cherché à faire affaire ensemble. Plutôt l'inverse, Kaido et Doflamingo ont fait en sorte de sécuriser certains fruits du démon pour éviter que Barbe Noire les récupère le premier. Mais nous n'avons jamais été ouvertement en conflit.
— C'est bien ce que je pensais, ce sont les pouvoirs qui l'intéresse.
— Ouais. A l'évidence il veut un équipage puissant mais je ne pense pas que ce soit la seule raison pour laquelle il fait ça.
King parlait en connaissance de cause car il était de notoriété publique que cette ambition était celle de Kaido. Et pour un résultat plus efficace, il avait été jusqu'à créer des fruits du démon artificiels. Là où Barbe Noire choisissait consciencieusement ses victimes.
— Le problème, c'est qu'il a tendance à assassiner les personnes qui possèdent le pouvoir qui l'intéresse, ajouta King. Peut-être que Pudding lui est précieuse mais son temps est compté.
Brûlée apparue et coupa leur conversation. Elle avait les yeux gonflés mais elle ne pleurait plus. Elle les attrapa tous les deux et les précipita dans le monde des miroirs sans plus attendre. De l'autre côté, Oven les attendait. Il avait l'air renfrogné de celui qui avait vu venir la catastrophe mais n'avait pas pu y faire quoi que ce soit.
— Alors ? Demanda-t-il aussitôt à Katakuri.
— Alors elles ne bougeront pas le petit doigt. Elles ne veulent pas de guerre avec Barbe Noire alors que nous sommes au plus bas.
Brûlée s'étouffa d'indignation mais Oven se frotta le menton, visiblement partagé.
— Elles n'ont pas forcément tort, dit-il. On vient encore de prendre une branlée monumentale et on a rien vu venir. Est-ce qu'on peut se permettre de l'attaquer ?
— Tu ne vas pas t'y mettre toi aussi, grogna Katakuri, surpris que son frère ne réagisse pas comme la tête brûlée qu'il était.
— Je n'ai pas dit qu'il fallait s'écraser, mais qu'est-ce qu'on peut faire ?
— Au risque de me répéter, commença King en levant les yeux au ciel. Je pourrais être la solution à votre problème…
Oven et Brûlée se tournèrent tous les deux vers lui, intéressés. Katakuri, pour qui il était toujours hors de question d'en venir à une telle extrémité, tua leur espoir dans l'œuf.
— Non ! Le but n'est pas de mettre en danger une autre personne !
— Tu insinues que je suis aussi fragile qu'une adolescente ? Siffla King qui perdait patience. Arrête de me surprotéger, ça commence à m'énerver.
Katakuri faillit reculer d'un pas face à son regard acéré. Il n'avait pas réalisé à quel point son entêtement avait mis King en colère. Celui-ci s'approcha et le toisa de toute sa hauteur en enfonçant son index dans sa poitrine.
— Écoute moi bien, puisque tu as besoin de la liste des raisons pour lesquelles je suis le plus qualifié pour cette mission, je vais te la donner. Pour commencer : je vole. Je peux aller jusqu'à Hachinosu plus rapidement que n'importe quel navire et j'ai l'avantage de la surprise. Ensuite, je ne représente plus rien, ni personne, à part moi-même. Je ne risque pas de déclencher une guerre pour qui que ce soit. J'ai un pouvoir suffisamment grand pour intriguer Barbe Noire et pour me faire une place parmi ses lieutenants. Il a déjà récupéré Aokiji qui était pourtant fidèle à la Marine, alors pourquoi pas moi ? Et pour finir, moi aussi je suis une armée à moi tout seul. Tu m'as dit et répété que tu ne me voyais pas comme un trophée, que j'étais bien plus que ça ? Dans ce cas pourquoi tu cherches à me préserver ? Tu m'as menti ?
Abasourdi, Katakuri ouvrit la bouche pour répondre mais aucun son ne sortit de sa bouche. Avec ses mots, King venait de lui asséner une gifle monumentale et il lui fallut un moment avant de reprendre ses esprits.
— Non. Je n'ai pas menti.
— Alors prouve le et fais moi confiance.
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King avait obtenu gain de cause. Sans son petit laïus, peut-être que Katakuri aurait protesté davantage, mais l'appui de Oven et de Brûlée — en plus de sa culpabilité habituelle — avait eu raison de lui.
A présent, ils étaient de retour sur Komugi et King préparait son départ. Il aurait dû partir immédiatement mais il avait choisi de croire que Katakuri avait raison et que Pudding ne risquait pas de se faire tuer tout de suite. Il jouait celui qui était sûr de son coup mais en réalité, il était inquiet. Les mystères autour de l'équipage de Barbe Noire l'inquiétaient et il n'avait aucune garantie de s'en sortir face à eux. La dernière fois qu'il s'était monté trop arrogant, ça lui avait coûté cher. Il ne devait pas se faire avoir encore une fois et prendre la menace au sérieux.
Katakuri l'avait laissé seul dans la chambre et avait disparu, laissant King seul avec une pile de rapport d'espion à analyser. Il n'y trouva rien de ce qu'il savait déjà. L'empereur restait une énigme à ses yeux. Et c'était bien le problème, ne pas savoir comment l'approcher. Il faisait le malin devant Katakuri mais il n'avait aucune envie de devenir une pièce de collection.
Katakuri revint et se mit à farfouiller dans la pièce. King ne prêta pas une grande attention à ce qu'il faisait mais il se réjouit de pouvoir partager ses réflexions à voix haute.
— Je n'ai pas appris grand chose. Comme Barbe Noire était un apprenti de Barbe Blanche à l'origine, j'espérais que ça m'en dirait plus sur son caractère mais non. Ca ne le rend que plus étrange encore.
— Il a un caractère de traître. Tu vas devoir être encore plus méfiant que d'habitude.
— Je sais. Je me demande seulement quel est son but.
Katakuri se rapprocha un peu et se pencha sur son épaule pour observer les rapports qu'il lisait. Sa proximité rassura immédiatement King, qui s'en voulait tout de même de l'avoir houspillé.
— Trouver le One Piece je suppose, c'est ce qu'il veulent tous, dit-il en haussant les épaules.
— Pas toi ?
— Je voulais que ce pays tienne debout, dit-il de façon sarcastique, comme s'il récitait une leçon par cœur sans vraiment y croire. Pour en revenir au sujet, ça expliquerait aisément pourquoi il tient tant à mettre la main sur Pudding.
King se retourna pour l'interroger du regard.
— Les ponéglyphes, précisa-t-il. Si elle éveillait son pouvoir, elle pourrait les lire. C'est ce que Mama espérait en tout cas.
King laissa échapper une exclamation de compréhension.
— Tout s'explique ! Ça fait d'elle une des personnes les plus précieuses de Totto Land ! Et une cible beaucoup plus facile à atteindre que Nico Robin.
— Je ne peux qu'admettre que tu as raison, se désola Katakuri. Ma mère a trop souvent prouvé qu'elle ne faisait pas grand cas de ses enfants. Barbe Noire doit avoir compris que les Charlotte ne réagiront même pas à cet enlèvement.
King passa un bras compatissant autour de la taille de Katakuri et pressa sa joue contre sa taille, un geste d'affection que Katakuri accepta avec plaisir.
— Il se trompe, ajouta-t-il alors avec un grondement caractéristique.
Il se détacha doucement de l'étreinte de King pour reprendre ce qu'il était en train de faire. King tendit le cou pour comprendre la raison de son agitation. Katakuri était en train d'empaqueter un énorme sac de voyage et il ne put s'empêcher de pouffer de rire. Il ne lui avait rien demandé — et il ne pensait pas avoir besoin d'emporter quoi que ce soit sur le trajet, il devait pouvoir filer à tout instant une fois qu'il aurait récupérer Pudding — mais il était touché. Il soupçonnait Katakuri de chercher à se faire pardonner de l'avoir un peu trop materné. En le maternant. C'était plus fort que lui.
— Tu n'as pas besoin de faire tout ça, je veux voyager léger.
— Ce n'est pas pour toi, dit-il sans le regarder.
— Pudding ne pourra jamais porter ça.
— Ce n'est pas pour elle non plus.
Il posa son trident, Mogura, sur le sac et s'éloigna encore une fois, en prenant soin de ne pas croiser le regard de King qui avait maintenant compris de quoi il retournait.
— Attends voir, tu comptes m'accompagner ?
A peine avait-il posé sa question que Katakuri revint devant lui à toute vitesse, comme s'il avait anticipé la question — et il l'avait sûrement fait. Il prit une pose sévère, les poings sur les hanches, tout en toisant King avec la même fermeté que celle avec laquelle il lui avait parlé tantôt.
— Si tu as vraiment cru que j'allais te laisser faire ça tout seul, tu t'es mis le doigt dans l'œil jusqu'au coude.
— Mais… Si tu quittes Totto Land, on risque de ne jamais te le pardonner.
— Je m'en fous.
King écarquilla les yeux de surprise.
Depuis qu'il le connaissait, Katakuri avait toujours cherché l'acceptation familiale, plus que tout autre chose. Il s'était rebellé contre ce qu'il restait de l'autorité de sa mère mais il avait toujours fait en sorte de préserver le lien fragile qui tenait entre lui et ses adelphes. Il avait passé des jours alités, à crouler sous la culpabilité de les avoir blessés et mis en danger, rien ne lui faisait plus peur que de perdre l'amour fraternel. Et il voilà qu'il était prêt à y renoncer.
— Ils s'en sortiront très bien sans moi, dit-il comme s'il avait lu dans ses pensées. Tu as dit que je te surprotégeais toute à l'heure, et tu avais raison. C'est ce qui m'a fait prendre cette décision.
— Je ne comprends pas.
Il fallut un moment à Katakuri pour mettre de l'ordre dans ses idées et prendre la parole.
— Tu n'es pas le seul que j'ai surprotégé. J'ai toujours voulu faire en sorte que mes frères et sœurs soient en sécurité. J'ai souvent échoué mais j'ai fait de mon mieux. J'ai fait passer leur bien-être avant toute chose, même si ça devait me condamner à la solitude. Depuis le jour où Brûlée a été blessée, je n'ai pas cessé d'essayer de me racheter à leurs yeux.
Il baissa les yeux une seconde puis secoua la tête.
— J'ai tout fait pour prendre le plus de poids possible sur mes épaules et pour être irréprochable. En allant jusqu'à cacher la vérité de mon visage aux plus jeunes enfants pour ne pas heurter leur sensibilité. J'ai toujours obéis, j'ai fait tout ce qu'on attendait de moi et même plus, je me suis enfermé dans un rôle qui ne m'a jamais convenu et je m'en fichais tant que ma famille était heureuse et en sécurité. Mais j'avais tort. Nous n'avons jamais été heureux ici, on a tous fait semblant d'être parfaits. Et ça n'a servi à rien. Me tuer à la tâche n'a pas empêché beaucoup d'entre nous de mourir, de la main de notre propre mère parfois !
King ne disait rien, il écoutait attentivement.
— Ma soi-disant perfection n'a fait que mettre la pression à d'autres. Pudding n'aurait pas pas eu à affronter toutes les horreurs qu'elle a subie si je m'étais vraiment soucié d'elle et que je lui avais parlé ne serait-ce qu'une seconde de ma vie. Brûlée n'aurait pas souffert de me voir me transformer en golem sans émotions si je n'avais pas été si obsédé par l'idée de veiller sur elle. Si j'avais montré un peu plus de failles, que nous avions tous montré un peu plus de failles, alors on aurait peut-être pu réellement compter les uns sur les autres. Mais la réalité est différente. Ici, on coupe les ponts avec ceux qui ont le courage de s'en aller, de chercher une vie meilleure en dehors de Totto Land, de choisir leur nouvelle famille plutôt que de jurer fidélité à celle qui n'a jamais rien fait pour eux… Je dois partir à mon tour, déclara-t-il enfin en relevant les yeux. Même si ça signifie ne plus jamais revenir. On a toujours trop compté sur moi et sur ma force. Personne dans cette famille ne grandira jamais si je ne fais pas ce choix. Et Pudding mérite qu'un membre de sa famille aille à son secours, qu'elle sache que quelqu'un s'inquiète pour elle et qu'elle n'est pas seule. C'est ça qui m'importe vraiment. Plus que l'avenir de Totto Land, qui n'est rien d'autre qu'un vestige du rêve hypocrite de ma mère.
Sa décision était prise. King avait envie de l'en féliciter mais il y avait une tristesse dans son ton qui lui prouvait que ce n'était pas de gaieté de cœur qu'il quittait ce qui avait toujours été son foyer.
— Tu es sûr de toi ? Demanda King même s'il savait la question inutile, il voulait simplement le pousser à parler.
— Oui. Il me faut juste un peu de temps pour que mes affaires soient en ordre avant mon départ.
Il croisa timidement le regard de King et, une fois n'est pas coutume, il s'excusa.
— Je suis désolé de t'avoir blessé toute à l'heure. Je me fais du soucis pour toi et… Enfin, peu importe. J'ai encore fait une erreur.
— J'aime bien quand tu fais des erreurs, avoua King avec un sourire indulgent. Parce que je peux te dire quand tu en fais.
Cet aveu lui faisait mal mais il devait admettre cette vérité lui aussi, pour son propre bien. Katakuri n'avait pas tort quand il lui reprochait d'avoir tendance au sacrifice. Toute sa vie, il avait mis sa personne toute entière au service de Kaido, quitte à souffrir de son indifférence à son égard. Il repensa à ces dernières années ou il avait fait de son mieux pour protéger son malheureux capitaine de son addiction, sans succès. Il avait été si inquiet, si désireux de sauvegarder son statut de grand pirate qu'il avait mis sa vie entre parenthèses. Ne basant ses décisions que sur les bénéfices que celles-ci pouvaient apporter à Kaido. Et sans jamais pouvoir faire le moindre reproche à celui-ci.
Il était heureux que Katakuri se fasse du mauvais sang à son sujet. Et il était encore plus heureux d'avoir une relation d'égal à égal avec lui.
— Alors tu veux bien que je t'accompagne ? S'assura Katakuri, qui avait gardé ses poings sur ses hanches pendant tout ce temps.
— Bien sûr, pouffa King. Comment refuser après ça.
— Tant mieux parce que sans moi tu auras du mal à trouver Hachinosu.
Le sourire de King s'élargit encore.
— En vérité, non. Quand je suis un ptéranodon, j'ai l'équivalent d'un log pose dans la tête. J'ai un bon sens de l'orientation.
Katakuri leva les yeux au ciel, prêt à recevoir une nouvelle floppée d'informations sur les animaux préhistoriques.
— Mais le plaisir de ta compagnie me suffira !
— Il y a intérêt. De toute façon, je maintiens : je connais mieux cette île que toi. J'y ai passé presque dix ans de ma vie, j'en garde un souvenir assez précis. Ma présence te sera utile pour trouver Pudding.
Un silence mi-agacé, mi-amusé, s'installa entre eux avant que King ne rompe le silence.
— …Tu as passé ta petite enfance à la fois sur le bateau des Rocks et sur une île remplie de pirates ?
Katakuri opina du chef avec un sourire.
— Tu dois avoir des anecdotes incroyables à me raconter.
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Katakuri et King s'étaient mis d'accord pour partir à l'aube. Tous les deux étaient maintenant persuadés que Pudding ne courait pas de grave danger dans l'immédiat et que la précipitation n'était pas nécessaire. Si Barbe Noire voulait se servir d'elle pour lire les ponéglyphes, alors il avait intérêt à la traiter convenablement. Et ils savaient aussi tous les deux que la jeune fille n'était pas en porcelaine ; elle avait l'habitude des pirates et une conscience aiguë de la cruauté dont ils pouvaient faire preuve. Elle n'était pas la fille de Big Mom pour rien et n'avait rien d'une demoiselle en détresse ordinaire. Ils devaient avoir confiance en elle.
Mais Katakuri n'avait pas réussi à fermer l'œil de toute la nuit. Sa décision pesait lourd sur sa conscience. Il était sûr de lui et ne reviendrait pas dessus mais il ne pouvait effacer presque cinquante ans de peur de l'abandon en quelques heures.
Alors il profitait de l'air nocturne de Komugi, accoudé au balcon. Le ciel commençait tout juste à prendre une couleur bleu pâle alors que le soleil se levait à peine à l'horizon. Tout était calme autour de lui, il n'y avait ni vent, ni pluie, ni nuages dans le ciel. Ce qui était de bonne augure pour leur voyage puisque King allait les transporter tous les deux. Mais il regrettait un peu que tout soit aussi paisible, il aurait voulu plus d'animation. Ca aurait éloigné sa mélancolie. Au lieu de ça, il observait la ville endormie qui s'étendait sous ses yeux et humait doucement le parfum sucré qui flottait dans l'air. Il avait beau se répéter qu'il faisait le bon choix, il était inquiet. La perspective de ne jamais pouvoir revenir, en dépit de tout ce qu'il avait dit à King, le terrifiait.
Il secoua la tête, chassa ses pensées sombres, et se consola en s'accrochant à la promesse qu'il avait faite à Oven. Il reviendrait forcément ici un jour, puisqu'il avait juré de venir à une de ses fêtes. Il comptait bien tenir sa parole.
Rien ne lui garantissait qu'il y serait toujours le bienvenu mais il restait convaincu de ce qu'il avait dit. Pour que sa famille évolue, elle devait se passer de lui. Oven lui en voudrait-il ? Sûrement. Mais à terme il comprendrait son choix, il en était certain.
Finalement, ce qui le tourmentait le plus n'était pas tant son départ que l'idée de le faire dans le dos de tous. Il n'avait pas le choix, le choc était nécessaire pour faire comprendre le message. Il avait tout de même tiré profit de son insomnie pour écrire une lettre à Brûlée et lui expliquer la raison de son départ. Il aurait voulu écrire une lettre à plus de monde mais il avait du faire un choix et sa sœur préférée était la seule dont il était certain qu'elle le comprendrait et approuverait sa décision. Elle l'insulterait peut-être d'avoir osé fiché le camp sans prévenir, mais elle aussi comprendrait.
Il tripota l'enveloppe dans ses mains et soupira, à la fois angoissé et triste. Tourner le dos à sa famille était plus difficile qu'il l'avait imaginé. Heureusement, il ne serait pas seul. Comme Praline et comme Chiffon avant lui, il quitterait les rivages de Totto Land avec un partenaire qui saurait l'épauler.
Comme s'il l'avait invoqué, King apparut dans son dos et s'installa contre la rambarde du balcon, juste à côté de lui. Ils n'avaient pas besoin de parler pour que celui-ci devine à quel point ce jour était important pour lui.
— Tu es prêt ? Demanda King d'une voix douce.
Katakuri se redressa et, les yeux fixés sur l'horizon, il inspira profondément.
— C'est l'heure, dit-il simplement.
Il pivota sur ses talons et s'en alla ramasser le sac qu'il avait préparé ainsi que son trident. Il utilisa son pouvoir et colla l'enveloppe pour Brûlée sur le miroir puis s'en alla, après avoir jeté un dernier regard à son reflet.
— Ferme bien la fenêtre derrière toi, dit King. Si cette enveloppe s'envole…
— A ta place je ne ferais pas le malin, grogna Katakuri, qui n'appréciait que moyennement ce rappel à sa crise. Je suis suffisamment stressé comme ça.
Il ferma tout de même la fenêtre et vérifia trois fois qu'elle était bien verrouillée.
Le soleil se levait tout juste et brillait à la surface de l'océan. Il fallait qu'ils partent avant d'être vus.
— Bien, s'exclama King. Paré ?
— Oui.
— Alors on y va.
King se transforma. Il tomba à quatre pattes, une grande crête osseuse lui poussa à l'arrière du crâne et ses bras devinrent de grandes ailes de peau qui pointaient derrière lui. Katakuri avait beau avoir l'habitude de ses pouvoirs maintenant, il n'était pas moins émerveillé par l'énorme créature que devenait King quand il prenait sa forme de ptéranodon. Il avait tout d'une bête mythique et terrifiante mais conservait le même regard vif et intelligent qu'il avait habituellement.
Maintenant qu'il savait déchiffrer ses expressions, il pouvait même déceler la moquerie sur son visage reptilien. Il savait que Katakuri était intimidé par son apparence. King lui pinça la cuisse du bout du bec, pour le taquiner.
— Outch ! Arrête ! Je déteste quand tu fais ça.
Le ptéranodon fit encore claquer son bec près de ses jambes — un geste affectueux de sa part — et lui fit entendre sa voix gutturale.
— Détends toi, je ne veux pas que tu sois tout raide sur mon dos.
— Tu es sûr que je peux monter sur ton dos ? Je ne vais pas te faire mal ?
— Si tu es trop nerveux, si.
Il tendit son étrange patte avant pour qu'il l'escalade et Katakuri s'exécuta. Il ne voyait pas bien comment chevaucher une créature pareille — même si King était suffisamment gigantesque pour qu'il puisse tenir tout entier sur lui et s'accrocher à son cou sans problème. Il s'installa du mieux qu'il put sur le dos arqué du ptéranodon, sans avoir la moindre idée de s'il devait s'asseoir ou s'allonger.
— Quelle position je suis censé prendre au juste ?
— Tu vas vite le savoir, répondit King avec un grincement que Katakuri identifia comme un rire.
Il attendit que Katakuri soit suffisamment stable sur son dos pour bondir brusquement dans le vide et déployer ses ailes gigantesques. Katakuri ne lui fit pas le plaisir de crier mais il s'accrocha au cou musclé du ptérosaure qui s'élançait dans les airs. Heureusement pour lui, King contrôlait ses flammes pour éviter que celles-ci ne lui brûlent le visage car le vent se fit très rapidement violent. Comme prévu, Katakuri n'eut pas d'autre choix que de vite garder une position pratiquement accroupie, pour éviter d'être désarçonné et de tomber dans le vide.
La première fois que King l'avait porté, c'était sous sa forme hybride et il l'avait ménagé. Cette fois, il ne se retenait pas et fonçait à toute vitesse dans le ciel. Il ne devait pas exister une seule créature au monde qui soit plus rapide que lui en vol. Et dire que Pudding en avait fait l'expérience, elle aussi !
Il ne pouvait même pas ouvrir les yeux tant le souffle du vent était fort et lui fouettait le visage. Il regrettait d'avoir emmené une arme et des vivres à présent. Il avait peur que leur poids ne l'entraîne dans le vide. King lui, ne paraissait pas gêné le moins du monde, il volait avec aisance. Passé le choc, Katakuri l'entendit enfin lui parler.
— Tu devrais ouvrir les yeux ! Lui dit-il avec ce même ton grinçant qu'il était obligé de prendre avec son bec.
Katakuri détacha prudemment une de ses mains du cou du zoan et la mit en visière sur son front pour se protéger de la vitesse du vent. Il ouvrit prudemment un œil et des larmes y perlèrent aussitôt. Mais en baissant la tête, il vit l'océan au dessous de lui, qui défilait à une allure phénoménale. De petites îles apparaissaient par ci par là et disparaissaient aussitôt de son champ de vision.
— Pas trop le vertige ? se moqua King, qui semblait ravi de profiter de la liberté que lui offrait ses ailes.
— Je ne sais pas comment tu vas me le payer, mais tu vas me le payer, rugit Katakuri, sans vraiment le penser.
Un nouveau rire s'échappa de la gorge du ptéranodon, qui ne prenait décidément pas cette situation de sauvetage très au sérieux. Katakuri savait que son instinct de zoan le poussait au jeu sous cette forme et il en profitait.
— Tu n'as encore rien vu pourtant !
Il rabattit ses ailes sur ses flancs et plongea tête la première vers l'océan au dessous de lui. Katakuri ferma de nouveau les yeux par réflexe et les rouvrit quand il sentit King se stabiliser. Cette fois, ils se trouvaient à seulement quelques mètres au dessus de l'eau. Si Katakuri tendait le bras, il pouvait la toucher.
Il s'abstint de le faire car il tenait à la vie mais très vite, sa crainte initiale se dissipa pour laisser place à un sentiment de liberté totale. La joie immense qu'il ressentit alors le submergea et chassa toute la mélancolie qui n'était pas passé loin de le paralyser quelques minutes plus tôt. Il tourna la tête et contempla le point minuscule qu'était devenu Totto Land dans son dos.
Il était sûr de lui. Il savait maintenant qu'il avait eu raison de partir. Il adressa un au revoir silencieux à ce qu'il laissait derrière lui et s'accrocha de nouveau au cou de King, prêt à profiter du voyage.
J'adore cette fin parce que Katakuri vit mon rêve là. Son mec peut se transformer en dino pardon mais à quel point est-ce que c'est cool ça ?
J'ai vraiment presque fini, ça me fait bizarre. Mais j'ai hâte d'écrire ce qu'il me reste à écrire. A la prochaine, en espérant que je ne sois pas trop en retard !
