C'est reparti, cette fois je fini cette histoire d'une traite. J'epsère que je ne vous ai pas tous perdus en route et que vous appréciez le déroulement des événements.
Draco ne dort pas du reste de la nuit. Il sent la présence des deux gardes postés à sa porte aussi sûrement que ceux-ci sentent la sienne. Maintenant que sa décision est prise, il a de nombreuses solutions à trouver à ses nombreux problèmes. Comment fausser compagnie aux gardes? Comment récupérer la baguette de Harry? Comment se comporter avec son père quand il le reverra?
Toute sa vie, il n'a fait que se forcer à devenir l'image que son père avait du fils idéal. Chaque remarque, chaque réprimande, chaque déception l'avait blessé et l'avait endurci. Il s'était taillé, tranché, oublié pour ne devenir qu'un pantin, un bon petit prince. Pour lui c'était impossible que son père se trompe, il était son modèle, il était le roi, il était Dieu.
Tombé de son piédestal, il le voit maintenant tel un monarque dépassé, laissant son peuple dépérir sans chercher de solution. Il porte des œillères et ne voit que ce qu'il veut voir au sujet des hommes et du monde extérieur. Il reproduit des schémas stériles qui laissent les siens de plus en plus faibles. Draco sent que la solution à leur déclin se trouve en dehors des murs de protection qu'ont érigés leurs ancêtres. Il est temps de s'ouvrir à nouveau aux autres peuples et retrouver l'immensité de la nature dont découle leur pouvoir. Limitée à cette forêt, si majestueuse soit-elle, elle est restreinte.
Sa prise de conscience lui donne ce sentiment de toute-puissance d'être un des seuls à connaître une vérité si absolue, qu'elle semble palpable. Il se demande même comment il a pu être aveuglé à ce point. C'est cette forêt, ce sont ces traditions, c'est la propagande orchestrée par son peuple, par son père qui ont occulté cette évidence qui est pourtant au cœur de leurs croyances. Et maintenant, leur force vitale se meurt, comme une plante qui dépérit après avoir trop grandi dans un pot trop petit.
Il est parfaitement conscient qu'il ne peut en parler à son père. Et même si par miracle il trouvait le moyen de fuir avec Harry. Et qu'il découvrait que les hommes étaient meilleurs qu'il le pense et qu'il arrivait à nouer un dialogue, il serait un paria. Le changement ne peut venir que de lui et que de l'extérieur.
Avant de partir, il doit préparer les fées à l'idée. S'il doit convaincre les autres peuples de leur accorder leur confiance et de tendre la main aux fées. Il faut aussi que, le moment venu, elles soient capables d'accueillir cette main.
Cette situation lui semble insoluble, il ne peut mener la bataille sur les deux fronts. Mais il doit tenter tout ce qu'il peut maintenant qu'il est persuadé du bien-fondé de sa mission. Il est le mieux placé pour partir, car avec l'aide de Harry il pourra plus facilement convaincre de son bon vouloir, se dit-il.
Une autre vérité étant qu'il ne laisserait à personne d'autre le soin de libérer Harry.
Il doit donc trouver des personnes de confiance pour s'occuper de convaincre que leur futur les attend hors de la forêt. Pour cela il ne voit que ses amis les plus proches, peut-être voudront-ils bien écouter ce qu'il a à leur dire. Il prépare donc ses arguments afin de leur expliquer sans les braquer ses découvertes et son intuition profonde.
Sa fébrilité le garde éveillé toute la nuit. Il maintient son attention afin de percevoir si les gardes sont toujours là et, contre toute attente, il sent la présence de son père dans le couloir alors que la lumière de l'aube vient tout juste d'éclairer les sous-bois. Son cœur palpite, cela fait des années que son père n'a pas franchi le seuil de la porte de sa chambre. Sa pulsion de vie est intense et il ressent la colère qu'il couve. Il sait que son père sentira également ses émotions. S'il devine ses desseins, c'est une garnison tout entière qui le surveillera jour et nuit. Il doit à tout prix cacher ses intentions.
La porte s'ouvre sans qu'il n'ait daigné frapper.
— Aucun mot ne suffit à dire la honte que j'éprouve ce matin.
— Bonjour à vous, mon roi, déclare poliment Draco tout en essayant de te rappeler comment il avait fait jusqu'à présent pour se montrer aimable avec son père.
— Je me suis déplacé jusqu'à la geôle du prisonnier pour y trouver du mobilier qui n'était pas censé y avoir. Tu lui as donné de quoi écrire! Tu lui as donné des livres, comme s'il était capable de lire.
Draco serre la mâchoire, l'envie de narguer son père en lui disant que non seulement il sait lire leur langage, mais qu'en plus c'est lui qui le lui a appris jaillit de sa poitrine. Inspire, expire, s'impose Draco. Ne le laisse pas percevoir l'état dans lequel tu te trouves.
— Mais, pire que tout, j'y ai trouvé un de nos précieux artefacts.
Le prince ravale sa protestation, ce vieux bibelot que personne n'utilise plus, car toutes les fées sont enfermées dans une petite forêt coupée du vaste monde.
— Qu'avais-tu en tête, si tu n'étais pas mon propre fils, l'unique héritier du trône, je te ferais enfermer des années durant pour haute trahison.
Chacune de ses paroles est une dangereuse provocation qui appelle à une réponse houleuse, car en son for intérieur, Draco en est sûr, c'est son père qui est coupable de trahison envers son peuple. Il tente de prendre un air contrit, coupable. Et ce mensonge le rend malade. Il espère de tout cœur que sa nuit blanche et son envie de vomir lui donneront un air crédible de repenti.
— Tu n'as rien à répondre à cela?
— Je ne peux pas, vous avez raison, j'ai fais tout cela. Je vous suis gré de votre clémence et implore votre pardon, ment Draco tout en fuyant le regard de son père, ne sachant pas s'il pourrait continuer à contenir toute sa colère.
Malgré ses excuses, il perçoit toujours une intense fureur chez son père.
— Que t'as fait ce sorcier, réponds-moi, lui ordonne-t-il.
Le poing de Draco se serre, il n'y arrive plus. Il ne peut plus répondre sans se trahir et se mure dans un silence de mort.
— Tu ne peux même pas répondre, l'accuse Lucius, peu importe, tu ne retourneras pas le voir.
Le roi se met alors à retourner le moindre parchemin sur son bureau.
— Que faites-vous père? s'interpose Draco et tend un bras vite repoussé.
Il ne répond pas, mais finit par trouver ce qu'il cherche et tient en main l'intégralité des notes qu'il a prises au cours de ses rendez-vous avec Harry.
— Non, vous ne pouvez, j'ai passé des mois à collecter et à traiter ces informations, s'exclame-t-il en attrapant la liasse de parchemin par l'autre bout. Le regard de son père en cet instant est terrible. Il est outré de voir son fils lui tenir tête pour la première fois, pour un sujet sur lequel il ne fera jamais aucune concession.
— Lâchez cela ou je demande aux gardes d'entrer, le somme son père.
Draco ne lâche pas prise, le mettant au défi de mettre à exécution sa menace. Le temps se fige.
Lucius ne comprend pas ce qu'il se passe. Pourquoi son fils, habituellement si docile et qui se range toujours à son avis, ne lui obéit pas ? Comment ose-t-il ?
Draco se délecte de la stupeur qu'il peut lire sur le visage de son père.
Admettant enfin que son fils n'abandonnera pas, il tire plus fort sur les notes et hèle les gardes qui entrent dans la pièce, ne comprenant d'abord pas ce qu'il se passe.
— Faites le lâcher ces parchemins! ordonne le roi.
— Non, crie Draco.
Interloqués, les gardes ne savent que penser. C'est la première fois qu'ils voient leur souverain se battre avec leur prince.
— Je suis le roi, leur rappelle Lucius.
Après s'être jeté un regard, les gardes le saisissent et l'éloignent de son père.
— Père, non, crie-t-il.
Mais le roi est tout aussi convaincu de la justesse de ses actions que son fils l'est des siennes. S'approchant de la fenêtre, il brandit les parchemins vers l'extérieur et, d'un geste dédaigneux, les réduit en mille morceaux grâce à sa magie.
Draco, pétrifié, contemple avec horreur les lambeaux de son travail soigneusement élaboré se dissiper dans les airs. Sa bouche s'entrouvre, incrédule.
— Père, vous n'imaginez pas ce que j'avais accompli, combien de savoirs j'avais accumulés, balbutie-t-il, la voix brisée.
— Des mensonges destinés à te corrompre, rétorque le roi avec froideur.
— C'est vous qui êtes aveuglé! réplique Draco, sa colère éclatant.
— Je ne te permets pas de remettre en cause mon jugement, gronde le roi d'un ton impérieux.
— Et moi, je ne vous permets pas d'ignorer la voix de votre propre fils! Mes opinions comptent-elles si peu à vos yeux? s'indigne-t-il en se débattant pour échapper à l'emprise des gardes.
— Pas quand elles sortent de la bouche d'un méprisable sorcier humain.
Draco sent la rage monter en lui, incontrôlable. Une énergie brute et féroce se déploie, forçant les gardes à reculer. Autour de lui, des brindilles se transforment en branches robustes, couvertes d'épines acérées et de feuilles d'un rouge incandescent.
— Que savez-vous de lui? tempête-t-il.
Abasourdi par la quantité de magie déployée par son fils. Lucius prend un instant pour se reprendre et décide comme dernier recours d'employer également la magie. Des lianes épaisses jaillissent du sol, s'enroulant autour des branches de Draco, les pliant et les brisant, jusqu'à immobiliser le prince, prisonnier de la volonté implacable du roi.
— Il suffit, rugit-il, j'ai décidé que tu te marierais dans trois jours. J'exige de toi que tu remplisses tes devoirs auprès de notre peuple.
Vaincu et impuissant, Draco contemple son père le cœur serré, il n'aurait jamais pensé en arriver là.
— Croyez-moi père, je m'y emploie, lui assure Draco d'une voix brisée.
Lucius lance un regard circonspect vers son fils.
— Vous, ordonne-t-il en se tournant vers les gardes, veillez sur lui. Ne le laissez pas un seul instant sans surveillance!
Les lianes desserrent leur étreinte et libèrent Draco qui s'effondre à genoux sous le regard alarmé de ses deux surveillants. Il n'a que trois jours avant d'être marié de force à Pansy. Ses pensées volent vers Harry. Il laisse couler des larmes de rage et d'impuissance le long de ses joues.
Harry est encore hébété de la visite qu'il a reçue ce matin. Il a d'abord cru qu'il s'agissait de Draco, la ressemblance entre eux étant frappante. Mais c'est le roi et sa voix menaçante qui s'étaient adressés à lui. Des gardes emportaient tout ce que Draco avait pu lui apporter au cours de ces derniers mois. Harry n'avait pas osé ouvrir la bouche, il émanait du père de Draco une autorité qui n'admettait aucune objection. Il s'était approché de Harry avec réticence.
— Tu n'es rien. Tu ne devrais même pas être là. Mon fils n'a pas de temps à perdre avec un rebut tel que toi. Il va se marier dans trois jours. Ses devoirs l'appellent et toi, tu pourrais aussi bien être mort pour ce que ça changerait, cracha-t-il avant de s'en aller.
Harry se passe la scène encore une fois dans sa tête. La potion avait fait son œuvre et, quelle qu'elle soit, elle était efficace. Il se sent plus alerte, sa fièvre est tombée et son corps est moins douloureux. Il essaie de rassembler les informations qu'il a, bien qu'il ne soit pas particulièrement doué pour ce genre d'exercice. Que ne donnerait-il pas pour avoir les conseils d'Hermione en ce moment... Draco lui a clairement indiqué qu'il ne voulait pas de ce mariage. Son père lui avait déjà interdit de venir le voir. Il devait s'être passé quelque chose entre eux pour que le roi daigne apparaître dans sa cellule et précipite le mariage ainsi.
Il contemple sa geôle vide et réalise que Draco ne viendra plus. Il s'assoit, repliant ses genoux contre lui avant de les entourer de ses bras. Il ne lui reste plus rien.
Les doigts posés sur ses tempes, Draco est assis sur son lit. Immobile, depuis plusieurs heures, il réfléchit. Il a perdu la notion du temps, il pourrait être minuit ou midi, il n'en sait rien. La faim l'a quitté et il ressent la présence irritante des deux sbires de son père qui l'observent attentivement. Quelques coups retentissent à la porte.
— Draco?
Il relève ses yeux gris clair vers sa mère qui se tient dans l'encadrement, attentive. Il ne répond pas, mais ils se regardent et comme souvent cela leur suffit.
— Le roi m'a prévenu de l'imminence de ton mariage, il y a tant à préparer et j'aurais besoin de m'entretenir avec toi à ce sujet. Mais peut-être devrions-nous le faire dans mes jardins? propose-t-elle en voyant l'état désastreux de la chambre.
— Je vous suis, prononce-t-il d'une voix rocailleuse.
Ils traversent les couloirs et le prince met un pied devant l'autre sans y penser. Arrivée à la grande porte qui mène vers son jardin, elle se retourne vers les gardes.
— Je vous demanderais de bien vouloir nous attendre ici.
Ils se regardent, interdits.
— Le roi nous a demandé de ne pas le quitter des yeux, objecte le plus grand des deux.
— Je ne crois pas que cela soit nécessaire sous ma surveillance, assène-t-elle. De plus, il y a des choses dont une mère doit parler à son fils avant qu'il se marie. Des choses qui ne souffrent pas d'autres interlocuteurs.
Son ton à la fois ferme et poli finit par les convaincre et c'est enfin libéré des chiens de garde de son père que Draco s'engouffre dans le jardin. En un instant, il se retrouve dans la douce étreinte maternelle.
— Mon petit, chuchote-t-elle à son oreille tout en le serrant plus fort contre elle.
Elle le libère avant de faire un pas en arrière comme pour mieux évaluer son état, son regard plus perçant que celui d'un aigle.
— Tu dois tout me dire, insiste-t-elle, ses mains attrapant tendrement celles de son fils.
— Tout, et si ce que j'avais à vous dire vous révoltait?
Elle réfléchit un instant et les éloigne de l'entrée des jardins jusqu'à ce qu'ils se retrouvent au bord de l'immense terrasse végétale. Le bruit des oiseaux et du vent dans les feuilles de la canopée couvriront à merveille leurs voix des oreilles indiscrètes.
— Je te mets au défi de me révolter, dit-elle affectueusement.
— Je ne sais par où commencer, soupire son fils.
— Tu es allé voir le prisonnier alors que ton père te l'avait interdit, commence sa mère afin de lui donner un point de départ.
— Oui, j'avais décidé de ne plus retourner le voir, mais j'ai entendu des gardes dire qu'il était souffrant.
— Et tu t'es inquiété? Ce n'était peut-être rien.
— Ils disaient qu'il ne mangeait plus. Et c'était ma faute. Le soir où il y a eu de l'orage, je ne sais pas pourquoi, je suis allé le voir. Je suis sorti, comme quand j'étais petit, je l'ai emmené, nous nous sommes posés sur une branche pour regarder les éclairs fendre la nuit. Je ne sais même pas pourquoi j'ai fait ça, j'ai juste entendu le tonnerre et je me suis rappelé une histoire que je lui avais raconté. Il est si triste d'être enfermé. Il faisait froid ce soir-là et il était trempé. Je l'ai vu grelotter, mais je voulais rester un peu plus. Quand je l'ai ramené, j'ai tenté de vérifier s'il avait de la fièvre et, son cœur tambourine à l'idée de la révélation qu'il s'apprête à faire, mais la confiance logée au fond du regard de sa mère lui donne le courage de lui avouer, il m'a embrassé.
Immobile, elle écoute le récit de son fils. Elle n'a pas cillé, n'a pas ouvert la bouche pour protester, elle n'a même pas relevé l'un de ses fins sourcils.
— Il l'a fait et je l'ai embrassé en retour. Mais je n'y avais pas réfléchi, je n'ai pensé à rien cette nuit. Et quand j'y ai pensé, mon dieu, j'étais horrifié.
— Tu étais, tu ne l'es plus?
— Est-ce mal? Je ne sais plus. Non je ne le suis plus. Je suis totalement perdu.
Un faible sourire soulève le coin de sa bouche.
— Mon fils, je suis désolée pour toi.
— Désolée? répète Draco.
— Avoir des sentiments pour quelqu'un, c'est toujours complexe. Mais il me semble que tu as trouvé la personne avec qui cela le sera le plus. Tu l'aurais choisi pour rendre ton père fou, tu n'aurais pas pu trouver mieux. Mais dis-moi que tu n'as pas révélé cela à ton père?
— Je pense que je serais emmuré dans ma chambre si tel était le cas. Il ne comprend pas pourquoi j'ai bravé son interdit pour aller le voir cette nuit. Il m'a trouvé alors que je retournais dans ma chambre après être allé porter une potion au prisonnier.
— Tu devrais l'appeler par son prénom, l'encourage sa mère.
— Comment fais-tu pour ne pas être offusquée? Moi même j'ai cru vomir de dégoût le soir où j'ai.. Où il m'a…
— Si mon fils aime une personne, elle ne peut pas être aussi mauvaise qu'on le prétend.
— Aime? Je n'ai rien dit de tel, proteste-t-il.
— Tu n'as pas eu besoin, mais je te laisserais appeler ça comme tu le souhaites, si tu n'es pas à l'aise avec cette idée pour l'instant.
Il se tut pour considérer la chose avant de décider que ce n'était pas le débat le plus urgent pour l'instant.
— Mère, si Harry dit vrai, et je le crois, le monde n'est pas si terrible que nous le pensons. En dehors de cette forêt, tous les peuples ont continué à évoluer sans nous et ils sont maintenant plus avancés que nous sur bien des sujets. Il y a eu des guerres, des luttes, mais je crois que les hommes ne sont pas si mauvais. Pas tous. Et je pense, non, je suis certain que nous devons donner une autre chance à ce monde.
Vivre reclus ici en cultivant la haine des hommes, nous privant de la nature extraordinaire qui existe en dehors de ces feuillages, c'est ça qui nous décime. C'est ce mal qui nous empêche de concevoir.
Harry n'est pas un scientifique et il n'a pu me donner que des bribes d'information en ce qui concerne la biologie, mais tout ce qu'il a pu me dire converge en ce sens. Nous avons besoin des autres peuples. Nous avons besoin de pouvoir voir la mer, les montagne, les déserts.
Je veux te montrer mère, ces fleurs qui poussent dans le sable au bout de bulbes recouverts de fines épines et les mangroves qui ne poussent que là où l'eau douce rencontre l'eau salée. Il n'y a pas que Harry qui est en prison.
Je n'arrête pas de tourner cela en boucle dans ma tête, je dois trouver un moyen de le libérer, de nous enfuir. Je dois rencontrer les hommes, leur parler au nom des fées. Leur montrer que nous ne sommes pas ce qu'ils croient, que derrière les apparences se cache une vérité bien plus complexe. Nous avons besoin d'eux, de leur aide. Il faut que je réussisse à établir un dialogue entre nos peuples et pour cela, Harry est la clé. Grâce à notre lien, il pourra être le pont entre nos mondes, celui par lequel tout pourrait changer.
Je dois partir mère mais je ne sais pas comment faire avec la surveillance que le roi m'impose et le mariage dans trois jours. Et je ne sais pas comment revenir, j'ai besoin qu'à mon retour, les fées soient prêtes à ouvrir le dialogue, à dépasser les préjugés si profondément enracinés. Mais je ne vois aucune issue.
Draco observe sa mère s'installer gracieusement au sol, croisant les jambes avec élégance. Ses doigts effleurent les jeunes pousses d'herbes folles qui recouvrent la terre. Elle caresse délicatement la mousse verdoyante qui pousse dans les recoins ombragés. D'un souffle lent et mesuré, elle inspire profondément, signe qu'elle s'immerge dans une réflexion intense.
Draco s'assoit à côté d'elle, silencieux témoin de son rituel empreint de sagesse. Il sent la force tranquille qui émane de sa mère, et quelque part au fond de lui, un mince espoir renaît.
Après un long moment de silence, elle tourne enfin son regard vers lui.
— Je crois que tu as raison, finit-elle par dire, sa voix douce, mais assurée. Tu es intelligent, mon fils, et bon. Je ne pense pas que ton amour t'aveugle... au contraire, je crois qu'il te guide.
Elle marque une pause, puis ajoute, avec un calme résolu :
— Mais que tu aies raison ou tort, c'est en suivant ton instinct que tu trouveras les réponses que ton cœur cherche désespérément. Je t'aiderai dans la voie que tu as choisi d'emprunter, peu importe la personne qui se tiendra à tes côtés.
