Les mois qui suivirent la mission en duo de Neji et Mina furent particulièrement difficiles pour l'adolescente. En effet, les retrouvailles avec Naruto furent de courtes durées car celui-ci enchaîna rapidement plusieurs missions longues auxquelles la jeune kunoichi ne fut pas intégrée. Ils ne parvinrent à se retrouver que quelques fois pour un entraînement ou pour manger leurs ramens préférés chez Ichiraku, et si Mina aimait tant la compagnie de son voisin, c'était parce qu'il avait cette capacité unique de communiquer sa joie de vivre et de la regonfler à bloc. Cependant, ses tentatives pour ramener Sasuke à Konoha ayant échoué, le jeune ninja n'était pas aussi rayonnant que d'habitude et ce fut à Mina de tout faire pour lui remonter le moral.

De plus, elle était tellement honteuse et frustrée de son comportement lorsqu'elle s'était retrouvée face à son ancien sensei et que Neji lui avait sauvé la vie, qu'elle passa le plus clair de son temps à abattre un travail acharné. Passant des missions aux entraînements, puis des entraînements aux révisions des techniques médi-nin, s'imposant en plus de cela des gardes à l'hôpital, et trouvant encore le temps de travailler d'arrache-pied sur la technique de fuinjutsu sur laquelle elle se penchait depuis désormais plus d'un an.

Quant à son stress, il ne faisait qu'augmenter en flèche suite à l'annonce de la recherche des hôtes des Bijû par l'Akatsuki. D'après l'enquête d'une équipe de ninja d'élites de Konoha, plusieurs hôtes étaient déjà morts suite à l'intervention de l'akatsuki. Le sensei de l'équipe 10, Asuma Sarutobi, était mort au combat quelques semaines après leur retour de mission. Cette nouvelle fut difficile à encaisser pour Mina, car même si elle avait peu connu Asuma, c'était la première fois qu'elle était réellement confrontée à la mort d'une personne qu'elle appréciait. Mais ce fut réellement depuis quelques jours que Mina eut vraiment le sentiment de basculer profondément dans la tristesse. Ils avaient appris que Jiraya-sensei, le mentor de Naruto, était tombé au combat des mains de l'akastuki. En particulier un homme, Pain, qui recherchait activement Naruto pour son Bijû. Naruto avait extrêmement de mal à encaisser la nouvelle et Mina avait passé du temps avec lui afin de l'aider dans son deuil. Mais celui-ci était vite reparti en mission et Mina était désespérée de le savoir en si grand danger. Oui, Naruto était le ninja le plus fort de leur génération, c'était incontestable. Cependant, l'homme qui avait fait tomber son mentor semblait avoir une puissance inégalable d'après les rumeurs qui se répandaient dans le village. Il semblait qu'il possédait une pupille considérée comme la plus puissante de toutes. Même le Byakugan des Hyûgas et le Sharingan de Sasuke Uchiwa et de Kakashi-sensei ne pouvaient égaler un tel pouvoir.

Alors comment faire pour aller de l'avant? Pour continuer à travailler d'arrache-pied sans se démoraliser face à toutes ces injustices? Pourquoi l'ennemi, si malveillant, était doté d'un tel pouvoir? Comment cette histoire allait-elle finir?

Elle n'y comprenait plus rien, ni à l'Homme, ni à la vie.

Pourquoi l'Homme était-il capable de tant de cruauté? D'ambition dans la malveillance? Si avide de pouvoir? Comment la vie d'une personne honorable et bienveillante pouvait-elle s'arrêter du jour au lendemain?

Elle était si fatiguée… Par son travail acharné, par les mauvaises nouvelles qui s'enchaînaient, par l'absence de ses amis, par ses angoisses qu'elle n'osait pas partager…

Elle se sentait profondément inutile, avait constamment le sentiment de ne pas avancer assez vite dans ses techniques, que la guerre arriverait demain et qu'elle serait encore là à essayer désespérément de trouver une solution pour réaliser la technique qu'elle rêvait de maîtriser depuis qu'elle avait découvert le fuinjutsu.

Ce fut donc en broyant profondément du noir que Mina se plongea dans un livre de techniques Médi-nin cet après-midi là, sur son canapé. Ses pensées négatives l'empêchaient d'intégrer les informations aussi vite qu'elle l'aurait voulu et cela l'énerva davantage. Finalement, prise d'une rage soudaine, elle claqua son livre fermement et le balança contre le mur en face d'elle. Elle voulait crier, de rage et de tristesse, face à tant d'injustice et de haine. Elle se releva et commença à rassembler des affaires pour aller s'entraîner car, tant qu'à avoir une énergie négative si forte en elle, autant l'utiliser pour progresser en taijutsu. Alors qu'elle sortait de la salle de bain, quelqu'un toqua à la porte, la stoppant dans son élan. Elle prit une grande inspiration afin de retrouver une attitude neutre et alla ouvrir la porte pour découvrir Kakashi-sensei ainsi que Sakura. Ils avaient tous les deux l'air grave et Mina le sentit immédiatement.

- Quoi? demanda t'elle immédiatement, affolée.

- On peut rentrer? demanda Sakura avec une voix douce.

- C… C'est Naruto? Il est blessé? s'inquiéta Mina avec une voix tremblante.

- Non, ce n'est pas Naruto, répondit calmement Kakashi.

- Quelqu'un d'autre? De Konoha? s'enquit-elle en pensant immédiatement à Neji, le cœur serré.

- Non Mina, personne n'est blessé à Konoha.

Elle soupira de soulagement, bien que consciente qu'ils n'étaient pas là pour lui proposer d'aller chez Ichiraku pour autant. Elle se poussa pour les laisser entrer et s'affaira à préparer du thé pendant qu'ils s'installaient tranquillement à table. Une fois le thé servi et quelques banalités échangées, Sakura lança un regard vers Kakashi qui finit par poser sa tasse et soupirer avant de plonger son œil dans le regard de Mina.

Elle sentit son cœur battre la chamade face à l'ambiance lourde qui pesait, mais garda un regard calme et un visage impassible.

- Mina-chan, dit Kakashi avec une douceur qu'il n'utilisait que pour les mauvaises nouvelles.

- Dites-moi, répondit simplement Mina avec détermination, prête à encaisser la prochaine mauvaise nouvelle.

- Je vais te poser une question, dit Kakashi avec le plus grand des sérieux. Je veux que tu me promettes que tu ne vas pas me mentir en y répondant.

Mina haussa les sourcils. Quelle mouche les avait piqué tous les deux?

- Oui, je vous le promets, répondit Mina en haussant les épaules.

- Je te préviens Mina, si tu mens et que je l'apprends, je ne te le pardonnerai pas, dit lentement Kakashi.

Mina ouvrit des yeux ronds comme des balles, le souffle coupé par ses mots si durs.

- Et de toute façon, si tu mens, je le saurai, dit-il en relevant son bandeau afin de dévoiler son sharingan.

- Pas la peine de me sonder avec votre pupille, je ne suis pas une menteuse, dit Mina en fronçant les sourcils, vexée.

- Ce que Kakashi veut dire, dit Sakura avec un ton tout aussi sérieux, c'est qu'aujourd'hui il ne s'agit pas de faire semblant, c'est très important.

- Faire semblant de quoi…? demanda Mina qui commençait sérieusement à perdre patience.

Ses hormones d'adolescente bouillonnaient en elle, la rendant particulièrement piquée à vif.

- Mina-chan, demanda Kakashi en la regardant avec ses deux pupilles, lui donnant l'impression d'être sondée jusqu'au fond de son âme. Comment est-ce que tu te sens en ce moment?

Mina haussa les sourcils, attendit quelques secondes, abasourdie, puis explosa de rire. Elle songea tout d'abord à une blague de leur part, mais après quelques secondes elle réalisa qu'ils étaient toujours aussi sérieux et ne bronchaient pas. Ils échangèrent même un regard soucieux.

- Quoi? C'est vraiment ça votre question? demanda Mina abasourdie.

- Oui, c'est ça notre question, répondit Kakashi.

- Je vais bien, répondit Mina en haussant les épaules.

- On ne te pose pas cette question sans raison Mina, prends le temps de réfléchir avant de répondre s'il te plaît, répondit Sakura avec bienveillance.

Le regard de Mina passa de Sakura à Kakashi, puis de Kakashi à Sakura. Elle prit une profonde inspiration et réfléchit quelques secondes avant de répondre à nouveau.

- Je vais bien, dit-elle pour la deuxième fois.

Mais tout en disant cela, elle sentit sa gorge se nouer légèrement et sa bouche s'assécher. Sakura regarda Kakashi qui lui fit un signe négatif de la tête avant de parler d'une voix forte.

- Tu as promis de ne pas mentir.

Mina sentit son souffle se couper face à la voix sévère de son maître. Elle baissa les yeux et prit un peu plus de temps cette fois ci.

- J… Je suis comme vous je suppose, bafouilla-t-elle maladroitement. Je suis fatiguée, je travaille dur, et j'encaisse les mauvaises nouvelles qui tombent comme la pluie en ce moment. Bien sûr que ça m'affecte parfois, mais je vous assure que je ne suis pas…

Elle finit par être particulièrement agacée par ce petit manège, et par le fait de se retrouver obligée de se confier à propos de ses émotions alors qu'elle voulait qu'on la laisse tranquille.

- Qu'est-ce que vous voulez savoir à la fin? râla t'elle subitement.

Kakashi et Sakura échangèrent un regard inquiet.

- Oh ça va, grogna Mina. Arrêtez votre cinéma! Ce n'est pas parce que je n'ai pas pour habitude de hausser le ton que je ne vais pas bien.

Sakura finit par soupirer et se décida à dire toute la vérité à son amie.

- Mina… dit Sakura avec douceur. Si nous te demandons cela c'est parce que… Nous revenons d'une mission assez longue avec Kakashi-sensei et Hinata-chan. Nous avions pour mission de retrouver tous ceux qui ont été libéré en même temps que toi i ans.

- Ah oui? Pourquoi ça? demanda Mina en se demandant immédiatement pourquoi elle n'avait pas été rattachée à cette mission.

- Pour collecter des informations, expliqua Kakashi. Sur leurs souvenirs, n'importe quoi qui pourrait nous aider à avoir des informations sur Orochimaru, et donc sur Sasuke.

- Et alors? s'enquit Mina avec intérêt. Comment vont-ils? Que sont-ils devenus? Ils se sont souvenus de plus de choses que moi?

Sakura déglutit difficilement et lança un regard à Kakashi pour lui demander silencieusement de prendre le relais. Il y eu un long silence, puis Kakashi se décida à parler, ne souhaitant pas tourner autour du pot.

- Ils sont morts.

Les mots la fouettèrent telle une claque un plein visage. Elle se figea, si choquée que même sa respiration se coupa. Elle finit par secouer la tête, réflexe qui indiquait qu'elle n'acceptait pas l'information.

- C… Comment ça mort? Comment vous pouvez en être sûr? Qui les a retrouvés? dit-elle alors que les questions fusaient de tout côté dans sa tête.

- Personne, répondit Kakashi. Ils… Ils se sont ôté la vie eux-même.

Nouvelle claque, mais bien plus forte cette fois-ci.

- Et pas seulement eux… ajouta Sakura qui décida qu'il valait mieux en finir au plus vite avec les mauvaises nouvelles. Certaines de celles qui ont été libérées à l'école de danse ont également mit fin à leurs jours.

Mina émit un petit rire nerveux tant tout cela lui parut invraisemblable.

- Mais non, c'est impossible. C'est…

Elle plongea dans ses pensées, essayant de comprendre, de trouver une faille dans leur discours.

- On a évidemment poussé l'enquête plus loin afin de s'assurer qu'il ne s'agissait pas de crimes déguisés… expliqua Sakura. Mais non, c'était bel et bien la réalité. Retrouvés par leurs familles, la plupart du temps avec une lettre, une enquête de police ne révélant rien de suspect, et des discours de la famille témoignant d'une réadaptation très compliquée et douloureuse.

- Je ne comprends pas, souffla Mina qui n'avait pas la force d'en dire plus.

- Si je peux essayer de résumer les choses, dit Kakashi, ils n'ont pas supporté leur liberté. Après le bonheur de retrouver leur famille, ils sont tous tombés dans une forme grave de dépression. La plupart des psychologues pensaient que c'était dû à la réadaptation à un nouvel environnement suite à un passé traumatique; et que retrouver leur famille leur avait mis une forme de pression, car ils ne pouvaient pas s'exprimer sur leur tristesse alors qu'ils étaient censés nager en plein bonheur.

- Mais non! dit Mina en tapant du poing. Ce n'est pas possible! Il y a forcément une autre explication.

- C'est un syndrome qui existe et tu le sais Mina. Un lien se forme entre la victime et son ravisseur. Et celui-ci est d'autant plus fort que l'enfermement est long. Ils ont dû s'identifier à leur sensei et ne pas supporter la transition.

- TOUS?! s'exclama Mina plus fort qu'elle ne l'aurait pensé. Sakura! Réveilles-toi! Comment ont-ils pu TOUS finir comme ça?

Sakura sursauta face à la véhémence de son amie.

- Il y a peut-être une explication, dit Kakashi avec une voix grave.

Mina se tourna vers son sensei, le cœur battant.

- Le sceau.

Elle haussa les sourcils.

- Quel sceau? demanda Sakura.

- Celui qui est en elle, expliqua Kakashi en regardant Mina. Il est invisible, on ne le voit pas, mais il y en a un c'est certain. C'est pour cela que tu n'as pas pu attaquer ton sensei à notre dernière mission.

- Je pensais que c'était une métaphore cette histoire de sceau, répondit Sakura.

- C'en était une, plus ou moins. Mais je pense qu'il existe vraiment. C'est pour ça que Mina n'en souffre pas autant que ses anciens camarades.

- Et pourquoi j'en souffrirais moins? demanda Mina.

- Parce que tu es naturellement douée pour le fuinjutsu. Ton corps ne laisse pas le sceau agir pleinement, il se bat contre chaque jour depuis qu'il t'a été imposée.

- Vous ne pensez pas que je le saurais si j'avais un sceau en moi quelque part? répondit Mina.

- Non, je ne pense pas. Il va falloir qu'on étudie ça de très près. Je vais en parler à Tsunade-sama et elle va intervenir sur toi pour essayer de le retrouver.

- Ça suffit! s'exclama Mina en se levant d'un bond.

Kakashi fronça les sourcils face à la réaction de son élève.

- Mina… dit doucement Sakura.

- Ecoutez, je vais bien. Je veux juste…

Elle sentit sa colère monter de plus en plus fort en elle.

- Je veux juste être un peu seule. On en reparlera demain, mais là laissez-moi s'il vous plaît.

Elle avait la gorge nouée. Ils se regardèrent avec inquiétude.

- Je ne vais pas faire de connerie! dit-elle. Je veux juste être seule pour y réfléchir. S'il vous plaît.

Ils acquiescèrent et sortirent de l'appartement en silence. Juste avant que Mina ne referme la porte, Kakashi la bloqua de la main.

- Si ça ne va pas d'ici demain, tu viens sonner chez moi, peu importe l'heure.

- Arigato, répondit Mina avant de fermer la porte, impatiente d'être seule.

Elle entendit des bruits de pas s'éloigner et s'autorisa enfin à lâcher prise. Elle sentit sa respiration s'accélérer et s'agrippa les cheveux si fort qu'elle tirait dessus. Elle voulut crier mais savait qu'ils allaient rappliquer aussitôt s'ils l'entendaient. Son regard fondit sur tous les objets autour d'elle pour se fixer sur un kunai. Elle avait si mal au cœur qu'elle envisagea un instant d'extérioriser sa douleur en la rendant physique.

Ils sont morts. Tous. Tous ces efforts n'ont servi à RIEN!

Sentant la panique et la haine la submerger, elle sortit de son appartement à toute allure et se rendit à la forêt qui bordait les terrains d'entraînements. Elle s'y enfonça en courant à toute allure, s'arrêtant par moment pour se défouler sur des troncs d'arbres. Les larmes coulaient le long de ses joues sans qu'elle ne puisse les retenir, elle n'y prêta même pas attention tant elle s'affairait à décharger tout ce qu'elle avait en elle.


Hinata s'entraînait avec Neji dans leur jardin. Il était rentré de mission la veille et avait accepté de lui accorder la journée pour l'aider à progresser dans sa nouvelle technique. Elle avait l'habitude que son niveau soit très inférieur à celui de son cousin, mais aujourd'hui sa distraction ne faisait qu'amplifier le déséquilibre entre eux.

Alors que Neji commença à perdre patience et se décida à arrêter le combat pour lui demander ce qui n'allait pas. Kakashi apparut à côté d'eux, les stoppant nets dans leur combat. Hinata ne sembla pas surprise et se tourna immédiatement vers lui.

- A- Alors? s'enquit-elle.

- Ça ne s'est pas très bien passé, dit Kakashi.

- Elle est avec Tsunade-sama? demanda Hinata.

- Non, elle a besoin d'être seule. Je l'ai suivie, elle est allée dans la forêt se défouler, elle décharge sa colère pour l'instant. Je veux bien que tu jettes un œil avec ton byakugan de temps en temps, juste pour être sûr.

- Hai Kakashi sensei, répondit Hinata.

Il jeta un rapide coup d'œil à Neji et se volatilisa.

- De qui vous parlez? demanda Neji.

- P- Personne, répondit Hinata en rougissant.

Neji croisa les bras et fixa sa cousine avec un air sévère.

- C'est pour ça que tu fais n'importe quoi depuis tout à l'heure? Tu t'inquiètes pour quelqu'un?

- Ce n'est r- rien Neji-nii-san, bafouilla Hinata.

Neji finit par soupirer et reprendre sa position de combat.

- De toute façon, je n'aime pas les ragots et je sais que je ne peux pas t'aider pour ça alors ça m'est égal, mais concentres-toi! ordonna-t-il.

Hinata regarda son cousin avec curiosité.

- Pourquoi dis-tu que tu ne peux pas m'aider? demanda-t-elle.

Neji la regarda comme si la réponse était évidente.

- Parce que peu importe la personne pour qui tu t'inquiètes, je ne serai jamais la personne la mieux placée pour l'aider. Ce n'est pas vraiment mon point fort la psychologie.

Hinata le regarda longuement, hésitante. «La personne la mieux placée pour l'aider» songea-t-elle longuement. Et elle, si elle apprenait une nouvelle terrible qui la plongeait dans la colère et la tristesse, qui serait la personne la mieux placée pour la réconforter?

- Quoi? demanda Neji face au regard de sa cousine.

Hinata prit une profonde inspiration et soupira, espérant ne pas faire une grosse bêtise.

- Assieds-toi Neji, il faut que je te p-parle.


Mina se sentait de plus en plus fatiguée. Elle n'avait aucune idée du temps depuis lequel elle courait, ni du nombre d'arbres qu'elle avait abattu. Mais elle était toujours incapable de s'arrêter, sa détresse ne désemplissait toujours pas et elle se décida de continuer encore et encore, jusqu'à ce qu'elle soit si fatiguée qu'elle n'ait plus la force de réfléchir à tout cela.

Pour le moment, toutes ces pensées atroces continuaient de lui traverser l'esprit. Elle songea à tous ses camarades, s'ôtant la vie l'un après l'autre, incapables de surmonter leurs détresses. Elle songea à sa propre détresse, se demandant si elle était dû au contexte actuel difficile ou à ce prétendu sceau qui était en elle. Elle repensait en boucle à sa dernière rencontre avec son ancien sensei désormais mort des mains de Neji Hyûga et se demanda plusieurs fois si elle était folle, si elle était elle-même condamnée à finir comme tous ses autres camarades après tant d'années d'efforts pour s'intégrer.


Neji était assis, le regard plongé dans le vide, ses sourcils froncés, ressassant les nouvelles de sa cousine en boucle et non sans inquiétude. Il finit par soupirer, soucieux.

- Hinata, pourquoi est-ce que tu me racontes tout ça si Kakashi-sensei t'a fait promettre de ne rien répéter?

Hinata déglutit difficilement, rouge pivoine.

- P… Parce que… Je pense que tu es la personne la mieux placée pour aider Mina à surmonter cette nouvelle, bafouilla la Hyûga.

- Pourquoi ça? demanda Neji.

Il se tourna vers elle, le regard interrogatif, et s'agaça légèrement face à son absence de réponse et son rougissement.

- Je ne vais pas m'énerver, réponds-moi.

- Et bien… balbutia Hinata en tripotant ses doigts. Vous êtes très p- proches tous les deux.

- On est amis oui, répondit Neji. Tout comme elle est amie avec Tenten, Lee, Naruto, toi…

Hinata fixa le sol, embarrassée, ne sachant pas comment aborder le sujet avec son cousin.

- Je pensais… Je pensais qu'elle était plus que ça pour toi, avoua Hinata.

Neji encaissa sa réponse sans broncher, le cœur battant.

- Qu'est ce qui te fait penser ça? demanda-t-il le plus calmement possible.

Hinata se contenta de hausser les épaules avant de réfléchir à sa réponse.

- J- Je ne sais pas… L- La façon dont tu la regardes, l- le fait qu'elle est la première personne que tu veuilles retrouver quand tu rentres de mission, la façon dont tu as r-réagi quand elle a failli mourir, le fait que-

- Ok, c'est bon, la coupa Neji avec agacement.

Hinata sourit légèrement face à la mine boudeuse et légèrement rougissante de son cousin.

- Pourquoi est-ce que tu agis comme si c'était quelque chose de m- mal? demanda Hinata.

Neji réfléchit longuement, se demandant surtout s'il était prêt à partager le fond de sa pensée avec Hinata. Il finit par soupirer.

- Parce que je ne suis pas prêt à lui dire. Et en attendant, j'aurais préféré que ce ne soit pas une évidence pour tout le monde. Je n'ai pas envie que les gens s'en mêlent.

- J- Je comprends, répondit Hinata.

- Tu aimerais bien que j'aille voir Naruto pour lui dire ce que tu penses de lui? demanda Neji en guise d'exemple.

Hinata devint rouge comme une tomate.

- Non! répondit-elle affolée.

- Voilà, et bien c'est pareil, grogna Neji.

- Je n'ai jamais eu l- l'intention d'intervenir entre elle et toi.

- Tant mieux, répondit-il simplement. Mais si Ino ou Sakura s'en mêlent…

- Elles ne feront rien, promit Hinata.

- Laisses moi rire! ironisa Neji.

- Non, je t'assure, elles savent que Mina n'est pas p-prête.

Il y eut un gros silence pendant lequel Neji assimila la dernière information et Hinata s'insulta mentalement d'avoir parlé trop vite.

- Comment ça elles savent que Mina n'est pas prête? Vous en avez déjà parlé? s'enquit Neji avec curiosité, le cœur battant.

- Je croyais que t- tu ne voulais pas que je m'en mêle.

Neji se mordit la langue, prit à son propre piège. Il soupira, agacé mais admettant intérieurement qu'il avait bien mérité de se faire rembarrer. Puis, il se leva et mit sa veste.

- T- Tu vas où? demanda Hinata.

- Voir Mina, maintenant que tu m'as tout raconté je ne peux pas rester les bras croisés.

- Mais, s- si Kakashi-sensei l'apprend, ne lui dit pas que c'est moi qui t'en ai parlé s'il te plaît.

- Si Kakashi n'avait pas voulu que je l'apprenne il n'en aurait pas parlé devant moi, rétorqua Neji avant de bondir de l'autre côté du muret.


Haletante, le cœur battant à tout rompre et les muscles si endoloris qu'ils ne la tenaient plus, Mina s'effondra après de nombreuses heures d'efforts intensifs. Elle rampa jusqu'à un arbre contre lequel elle se reposa.

Et contre toute attente, alors qu'elle pensait sombrer dans un sommeil profond, elle sentit une explosion intérieure de ses sentiments, ils remontèrent plus vite qu'elle ne put les retenir et elle commença à sangloter à pleines larmes, seule dans la forêt. Elle rabattit ses genoux vers elle et y enfouit son visage, s'entourant de ses bras, sanglotant à en perdre haleine, suffoquant presque tant sa tristesse, amplifiée par des années de refoulement, l'étouffa. Elle comprit au fur et à mesure de ses larmes comme pleurer pouvait faire du bien, et se laissa complètement aller, heureuse d'être seule et de pouvoir se lâcher sans la moindre pudeur. Penser à tous ces enfants qui n'avaient pas survécus, à toutes ces femmes qui n'avaient pas supporté leur liberté, à Naruto, à l'Akatsuki, à la guerre qui semblait approcher à grands pas, à-

- Mina!

La personne qui venait de lui parler posa deux mains sur ses épaules, la faisant sursauter violemment et hurler de panique. Elle se redressa à une vitesse folle, dégagea les deux bras musclés en appui sur elle et roula sur le côté pour se mettre en position de combat, le tout par réflexe. Ignorant son corps endolori, ses yeux embués de larmes et son nez qui coulait abondamment, elle leva ses yeux sur son adversaire…

Evidemment.

- POUR L'AMOUR DU CIEL! hurla-t-elle, enragée, devant un Neji abasourdi. EST-CE QU'UNE SEULE FOIS JE POURRAI PERDRE MES MOYENS SANS QUE TU NE SOIS LÀ POUR Y ASSISTER?!

Elle était folle de rage car Neji Hyûga, homme qu'elle aimait profondément et admirait, la retrouvait, une nouvelle fois, emprise à un état de faiblesse total. Neji, quant à lui, ne s'était pas attendu à cette réaction et se mordit la langue pour ne pas rire. Il n'y connaissait pas grand-chose à propos des femmes, mais se doutait malgré tout qu'il risquerait sa peau s'il donnait l'air de se moquer d'elle.

- Je vais te dire la même chose que ce que j'ai dit à Sakura et Kakashi: JE VAIS BIEN! J'ai juste besoin de pleurer, d'évacuer ma haine, et je voudrais bien qu'on me laisse le faire SEULE! J'en ai MARRE d'avoir des témoins À CHAQUE FOIS QUE JE SUIS MAL! ALORS ARRÊTEZ DE ME SUIVRE ET DE VOUS INQUIETER POUR MOI! TOUT LE MONDE N'A PAS LA CAPACITE D'ETRE UN GENIE QUI NE SE LAISSE JAMAIS ENVAHIR PAR SES EMOTIONS! ALORS LAISSES-MOI!

Neji la laissa lui crier dessus, bouche-bée. Elle lui fit signe de s'en aller et se rassit dans la même position que précédemment pour continuer à pleurer, l'ignorant complètement. Il la regarda un moment, hésitant entre rester et partir, et finit par choisir d'écouter son cœur. Alors, à ses risques et périls, il enleva sa veste pour la poser sur une Mina tremblotante, s'assit à côté d'elle et entoura ses épaules de son bras droit.

- Tu n'écoutes rien! grogna Mina entre deux sanglots.

- Je ne te laisserai jamais, répondit-il en l'attirant contre lui.

Il l'enlaça avec force et elle se retrouva avec la tête appuyée contre son torse musclé et chaud, ses bras la tenant si fermement qu'elle se sentit plus en sécurité qu'elle ne l'avait jamais été. La phrase qu'il venait de lui dire résonna en elle jusqu'au plus profond de son cœur et elle accepta. Elle se laissa complètement aller, sanglotant sans relâche et pleurant pendant ce qui sembla lui durer des heures entières, s'agrippant à lui comme quelqu'un qui ne sait pas nager s'agripperait à une bouée. Elle répéta plusieurs fois des phrases plus ou moins compréhensibles, notamment «J'en ai marre!», «arigato», «je suis nulle» ou «Je suis juste fatiguée». Au bout d'un long moment, elle finit par se calmer, lorsqu'elle n'eut plus la force de sangloter et que son corps n'eut plus assez d'eau pour produire de larmes. Neji l'avait accompagné dans sa détresse avec une patience rare, lui caressant les cheveux, la nuque, le dos avec pudeur pour la réconforter. Alors qu'elle avait arrêté de sangloter depuis plusieurs minutes, le visage toujours enfoui dans son torse, elle finit par s'exprimer.

- Pourquoi je suis si émotive? gémit-elle. Pourquoi je ne suis pas comme toi?

- Parce que tu vaux bien mieux que moi, répondit-il avec un sourire bienveillant.

Elle se mit à rire entre ses bras et se redressa, le visage bouffi, rouge, le nez coulant, les yeux cernés. Mais toujours aussi belle… songea Neji. Il sortit un mouchoir de sa poche et lui tendit. Alors qu'elle s'affaira à se moucher, gênée de son état lamentable, il attendit patiemment. Puis, elle s'assit en tailleur, fixant le vide devant elle, épuisée. Alors, il se décida à lui parler.

- Ce n'est pas parce que tu ne m'as jamais vu perdre mes moyens que ce n'est jamais arrivé.

- Epargnes moi tes mensonges, répondit Mina avec amertume.

- Je ne te mens pas, répondit Neji avec sincérité.

Elle tourna la tête vers lui, curieuse, il la regarda dans les yeux, se perdant quelques instants dans l'intensité de son regard avant de se ressaisir.

- J'ai pleuré après l'examen de Chunin, quand mon oncle m'a raconté comment s'est passé le sacrifice de mon père. J'ai vomi tripes et boyaux quand j'ai vu notre appartement saccagé la fois où on s'est fait repérer lors de notre première mission ensemble. Et j'ai pleuré après t'avoir hurlé dessus à notre dernière mission ensemble.

- C… C'est vrai? demanda-t-elle timidement.

- Oui, répondit Neji.

Elle leva les yeux au ciel et soupira longuement.

- Et… Est-ce que quand tu pleures tu as aussi de la morve qui coule du nez, les yeux bouffis et le visage rouge?

Neji se mit à rire tandis que Mina afficha un sourire fatigué. Puis, doucement il prit un regard plus sérieux qu'il plongea dans celui de Mina, rougissant légèrement. La kunoichi se laissa hypnotiser par ses prunelles, le cœur battant la chamade.

- Je perds mes moyens tout le temps avec toi.

Le cœur de Mina explosa et elle écarquilla les yeux, n'en croyant pas ses oreilles.

- Tu ne le vois peut-être pas toujours, mais je t'assure que c'est le cas.

Elle était tellement abasourdie par ses paroles qu'elle n'osait même plus respirer, de peur que le moindre mouvement stoppe Neji dans ses aveux et que cet instant magique se volatilise. Neji, quant à lui, sentit ses joues s'empourprer légèrement et sa gorge se nouer, car c'était la première fois de sa vie qu'il parlait à quelqu'un de ses sentiments et de ses émotions et qu'il n'était pas à l'aise avec cela. Qui plus est, il en parlait à la principale concernée, alors il fit très attention dans le choix de ses mots, faisant de son mieux pour soutenir son regard intense, intimidé pour la première fois de sa vie par une situation.

- Et je déteste ça autant que j'aime ça. C'est comme si je me sentais fort et fragile à la fois. Et quand tu me regardes dans les yeux, j'ai envie de dire mille choses, mais ça va trop vite dans ma tête et il n'y a rien qui sort. Alors je fais juste un geste, ou je dis un truc banal, parce que ça je sais le faire. Et ce qu'il y a entre nous, ça me pousse dans mes retranchements, et ça fait de moi un meilleur homme, je le sais.

Mina voulut lui prendre la main, lui sauter dessus, le prendre dans ses bras, l'embrasser… Mais elle ne fit rien, ne bougea pas d'un poil, comme une biche qui se fait surprendre et qui ne sait pas quoi faire de toute cette adrénaline. Elle laissa Neji sucrer ses larmes, savourant chaque mot, son léger rougissement, son regard qui faisait des allers-retours entre le sol et son visage, intense et timide à la fois.

- Oui, tu es émotive. Et moi très peu, ou du moins je ne laisse rien paraître. Mais moi j'adore ça chez toi, parce que c'est facile à comprendre. Je sais quand tu es triste, quand tu as peur, quand tu es heureuse. Et franchement, au quotidien, ton sourire et ton rire, ça me fait tellement de bien… Je ne voudrais pas que tu sois comme moi, je ne voudrais pas ne plus voir ton visage s'illuminer.

Il n'avait pas imaginé lui confier tout cela avant des années, il s'était fait prendre au piège. Il avait voulu la consoler et se retrouvait désormais à déclarer sa flamme. Il était incapable de s'arrêter, d'abord parce qu'il aimait aller au bout des choses, ensuite parce que pour une raison qu'il n'expliquait pas, ça lui fit un bien fou d'oser dire à voix haute tout ce qu'il avait en lui.

- Tu es comme un soleil, alors il faut que tu continues de briller. Et je sais qu'en ce moment ce n'est pas facile, les mauvaises nouvelles s'enchaînent et on sent que la guerre arrive à grand pas.

C'était la première fois que quelqu'un osait le dire à voix haute, que la guerre arrivait. Et étrangement, ça fit du bien à Mina de l'entendre. Ça lui prouvait qu'elle n'était pas la seule à le penser, qu'elle n'était pas folle, ni paranoïaque.

- Mais justement Mina, il faut que tu t'accroches, il faut que tu y croies et que tu te battes sans relâche, parce qu'il n'y a que comme ça que nous aurons une chance de gagner.

Il a raison, songea-t-elle.

- Et il faut vraiment qu'on gagne parce que, après la guerre on aura enfin le temps pour ce que j'ai en tête.

- C… Ce que tu as en tête? demanda Mina avec une voix plus rauque que prévue.

Neji se contenta d'acquiescer avec un léger sourire.

- Qu- Qu'est-ce que tu as en tête? insista Mina en rougissant, le cœur battant à tout rompre.

- Ça je le garde pour moi, répondit Neji en la regardant droit dans les yeux.

Mina rougit et sourit, baissant le regard, intimidée.

- Je peux avoir un indice? demanda-t-elle avec espoir.

Neji réfléchit un petit moment, puis il finit par céder.

- Même Kakashi-sensei ne pourra pas me stopper dans mon élan cette fois-ci.

Lorsque, après quelques secondes, Mina comprit le sens de la phrase de son ami, elle sourit, se mordit la lèvre et rougit jusqu'à la racine des cheveux. Elle se rappela il y a quelques mois, lorsque Neji et elle, suite à un geste maladroit de sa part, avaient failli s'embrasser. Kakashi avait alors surgit de nulle part, brisant l'instant juste avant que leurs lèvres n'entrent en contact. Cet instant magique, elle y avait repensé des centaines de fois, et à chaque fois, des centaines de papillons s'envolaient dans son ventre. Elle en rêvait tellement, de savoir ce que ça faisait de l'embrasser, d'avoir ses lèvres contre les siennes, son corps contre le sien… Elle sentit l'excitation monter en elle comme une flèche et s'autorisa à songer que, au vu de ce qu'il lui avouait, Neji semblait le vouloir autant qu'elle. La désirait-elle autant qu'elle le désirait? Avait-il lui aussi des images toutes plus folles les unes que les autres qui défilaient parfois dans son imagination sans qu'il puisse ne contrôler quoi que ce soit?

Il lui avait redonné confiance et avait provoqué en elle une envie folle d'entrer dans son jeu. Alors, elle se décala pour se mettre à genou, juste devant lui. Il était assis en tailleur, le dos appuyé contre le tronc d'arbre et les avant-bras posés sur les cuisses, et il la regarda faire, surpris par son changement d'attitude.

- C'est la meilleure motivation qu'on m'ait jamais donné pour me battre, déclara-t-elle avec un franc sourire.

Puis, elle se mordit le coin de la lèvre inférieure, ce qui attira immédiatement le regard du Hyûga dont la gorge s'assécha. Il déglutit, faisant de son mieux pour calmer ses pensées.

Alors qu'il pensait réussir à retrouver son sang-froid, Mina se pencha avec grâce vers lui, offrant une vue non négligeable vers une parcelle de sa poitrine qu'il se força à ne pas regarder. Elle posa ses mains sur les cuisses du Hyûga afin de ne pas perdre l'équilibre tout en s'avançant vers lui. Neji ouvrit de grand yeux en réalisant qu'elle dirigeait son visage vers le sien et se laissa faire: excité et affolé à la fois. Par un réflexe qu'il ne se connaissait pas, il entrouvrit très légèrement la bouche, prêt à recevoir ses lèvres contre les siennes, le cœur battant la chamade. Et soudain, lorsque le visage de Mina ne fut plus qu'à quelques millimètres du sien, elle s'arrêta. Il se rendit compte qu'il avait fermé les yeux et les rouvrit pour constater à quel point elle était prêt de lui, il lui suffisait d'avancer très légèrement la tête pour capturer ses lèvres. Elle était si près qu'il ne voyait pas vraiment son visage, mais il devina qu'elle souriait. Alors, il sentit son souffle chaud se mêler au sien, il sentit leur excitation monter en flèche, l'électricité entre eux devenir palpable. Ils restèrent ainsi, à respirer l'air de l'autre, à savourer cet instant exquis: celui qui précède le premier baiser, celui où toutes les émotions se mélangent dans un instant de panique, celui où tout se joue. À un moment, il sentit leurs lèvres se frôler et une décharge électrique lui parcourut tout le corps, il se demanda s'il pouvait l'embrasser pour de bon mais n'osa pas, de peur de lui forcer la main.

- J'attendrai qu'on gagne alors… murmura-t-elle dans un souffle tout contre ses lèvres.

Neji sourit, envoûté par sa manœuvre, et elle recula doucement. Elle avait les joues rouges, les pupilles dilatées, les yeux brillants, et il la détailla du regard, abasourdi par son charme fou. Elle inclina doucement la tête et lui sourit. C'est à ce moment-là qu'il réalisa qu'il était en érection. Il rougit, un peu honteux, même s'il savait qu'elle n'en verrait rien. Il voulait tant lui sauter dessus, la plaquer au sol et l'embrasser à pleine bouche pendant des heures. Mais voilà, ils s'étaient fait une promesse: après la guerre. Alors il allait falloir être patient. Et en attendant, ils avaient tous les deux la plus belle force pour se battre: l'amour.