Disclaimer : Nous ne tirons profit, en aucune façon, de cette histoire. Les personnages de Marvel appartiennent à leurs propriétaires. Nous ne retirons rien de l'histoire qui suit et tous les droits de création des personnages leur appartiennent. En revanche, l'histoire nous appartient.
Rating : T
Genre : Romance / Drama / Angst / Comfort
Personnages : Tony Stark ; Loki ; la plupart des personnages vus dans les films du MCU
Situation temporelle : Démarre en 2012, après que Loki a récupéré le Tesseract dans Avengers Endgame


Bonjour tout le monde !

Tony se remet tranquillement de ses blessures et on parle peu d'Oméga, mais c'est l'occasion de discuter un peu avec Pepper, Hill et les Avengers. On continue de semer des graines pour la suite, et... une catastrophe imminente est en approche. La verrez-vous venir ?

.

Marguerite Roxton Jones et makiang4, merci beaucoup pour vos reviews !


Bonne lecture !

Julindy


oOoOoOoOoOoOoOo

CHAPITRE 10

oOoOoOoOoOoOoOo

Ephémère. La vie est éphémère. Pour certains plus que pour d'autres, mais tout à chacun est soumis aux affres du temps qui passent. Les humains comme les dieux.

Maladie et famine, vieillesse et chagrin, trahison et mare de sang, il est si aisé pour la faucheuse de cueillir les âmes des mortels, si fortes et brillantes malgré la fragilité de leurs corps. Pourtant, il ne serait pas dit de lui qu'il ne ferait pas tout ce qui est en son pouvoir pour repousser l'inévitable échéance.

oOoOoOoOoOoOoOo

Il pensait que rester à New-York serait s'exposer à une surveillance étroite de la part de ses amis, Pepper et Steve en tête. A l'époque, il jugeait que fuir à Malibu était la meilleure solution pour échapper à leur surplus de bonnes intentions. Quelle grossière erreur! Il ne savait pas quand ou comment c'était arrivé, mais Loki et Friday avaient formé un duo infernal, veillant à ses moindres besoins et le surprotégeant de toutes les façons possibles. Loki le foudroyait du regard en quasi permanence et n'hésitait pas à le menacer – et avait même mis ses menaces à exécution en une remarquable occasion, l'empêchant magiquement de quitter sa chambre jusqu'au lever du jour puisqu'il estimait qu'il manquait de sommeil – et Friday lui repassait en boucle les enregistrements qu'elle avait fait du docteur Cho, quand elle ne lui récitait pas des articles médicaux complexes et très détaillés sur la façon dont les choses pourraient mal tourner s'il ne prenait pas soin de lui. Honnêtement, il ne savait pas lequel des deux était le pire.

Heureusement, une large part de ses restrictions avait été levée au bout d'une semaine, lui permettant de finalement retrouver l'atelier pour des travaux légers. Et à présent que septembre pointait le bout de son nez, il avait presque retrouvé une vie normale. Bon, il n'était clairement pas encore prêt à retourner sur le terrain et il avait encore l'impression que sa poitrine allait éclater quand il était pris d'une quinte de toux, mais à part ça, tout roulait.

Loki s'était également détendu à mesure que sa santé s'améliorait. Pour cette raison et uniquement pour celle-ci, il s'était soumis – presque – sans broncher aux scans biquotidiens de Friday. Mais il comprenait, au fond. Il ne voulait pas présumer de ce que Loki ressentait à son égard – s'il considérait le dieu comme un ami, il n'était pas tout à fait certain que ce soit réciproque – mais ils étaient proches, vraiment proches, et c'était la première fois qu'il était aussi gravement blessé depuis le début de leur collaboration. Lui-même se souvenait de l'état dans lequel il avait été en apprenant coup sur coup la mort de Loki, puis sa survie – bien que compromise – pour finalement le trouver baignant dans son sang sur son parquet. Et c'était il y a plus de deux ans, alors qu'il supportait à peine le type!

Alors ouais. Il comprenait.

Et malgré le côté chiant et parfois surprotecteur du dieu, il avait plutôt apprécié sa convalescence s'il devait être parfaitement honnête. Durant tout le temps où il avait été privé de labo, Loki lui avait tenu compagnie. Bon, pas non-stop non plus, c'était le meilleur moyen pour que l'un des deux finissent par étriper l'autre, a fortiori quand ils étaient tous les deux tendus et contrariés par la situation en général. Mais quand même. Ils avaient parlé du boulot, prenant enfin du temps pour simplement discuter de leurs travaux respectifs sans s'éparpiller entre de multiples expériences. Ils avaient continué à tracer des runes – un excellent travail de motricité fine selon sa nounou en chef – Et ils avaient discuté, beaucoup, de choses sans aucun rapport avec Oméga. Parfois, ils étaient simplement assis ensembles au salon, chacun occupé par ses activités. Généralement, Loki lisait ou dessinait, tandis que lui-même s'occupait de ses projets persos sur sa tablette – il s'était récemment replongé dans les archives d'Hydra; ah oui, et il continuait de bosser sur les paramètres de Friday; sans compter ses recherches sur la nanotechnologie, c'était passionnant ce truc! – C'était un peu comme des vacances, même si le temps passé à Malibu y ressemblait toujours un peu.

Malgré tout, il n'était pas mécontent de reprendre un rythme normal à l'atelier. Il avait prévu de rentrer à New-York d'ici deux semaines environ – le docteur Cho l'avait surtout sommé de se présenter devant elle pour un examen complet d'ici là – et il voulait profiter à fond de tout le temps libre qui lui restait à disposition avant de devoir replonger à pieds joints dans le travail et les ennuis!

oOoOoOoOoOoOoOo

Avachi sur sa table holographique, les yeux perdus dans le vide, Tony regardait les lumières bleues danser devant lui. Modèles en trois dimensions du réacteur et de chacun de ses composants, structure atomique du starkium, cercles runiques divers. Même les plans de l'appareil ayant servi à faire apparaitre un trou de ver dans le ciel de New-York, ceux de l'armure mark-76 – la plus récente – ainsi que ceux des cinq itérations précédentes, sans oublier ceuxde la nouvelle machine à café ultraperfectionnée sur laquelle il bossait sur son temps libre. Bref, tout et n'importe quoi. Surtout n'importe quoi s'il devait être honnête.

C'était une journée sans, une de celles où rien ne semblait vouloir fonctionner, où les idées dans sa tête se mélangeaient en un magma informe de bruits et de mots sans queue ni tête. Ça arrivait, parfois. Mais normal ou pas, c'était pas agréable pour autant. Loki de son côté bossait tranquillement dans son coin, et Tony aurait pu le détester s'il n'était pas à ce point blasé.

C'est quand il vit passer pour la dixième fois – peut-être que c'était la troisième fois, ou la vingtième, pour ce qu'il en avait à foutre – les schémas de l'appareil de 2012 qu'il fut saisit d'une pensée fugitive… et dangereuse, possiblement. Après tout, ils avaient rarement évoqué ce qui s'était passé ce jour-là, et jamais dans les détails. Mais bon, depuis quand ce genre de choses l'arrêtait?

«Hey Lokes, tu veux pas venir par-là deux secondes?» lança-t-il par-dessus son épaule.

Il y eut un long soupir, mais Loki ne tarda pas à faire son apparition à ses côtés.

«Quoi encore Stark?»

«Tu reconnais ça?»

Il sentit plus qu'il ne vit le dieu se tendre en voyant apparaitre les modélisations du générateur de trou de ver. Ah, ouais. Il n'avait pas envisagé les choses sous cet angle, erreur de débutant. Meilleure chose à faire: ignorer l'éléphant dans la pièce et poursuivre comme si de rien n'était.

«Donc je tournais en rond, mais j'ai vu les plans de cette chose et j'ai réalisé un truc.»

«Très clair Stark. Mais allez-y, poursuivez.»

Ouch! Sa voix était sèche, et tranchante. En toute franchise, ça faisait un sacré bout de temps qu'il ne l'avait pas entendu comme ça, aussi remonté. Ça devait probablement remonter… à Ultron en fait, ce qui n'était pas vraiment une bonne nouvelle. Mais maintenant qu'il avait commencé à parler, il pouvait difficilement s'arrêter là.

«Ce portail, c'est la combinaison de trois éléments, à la fois technologiques et magiques. Premièrement, l'appareil que tu as sous les yeux. Il n'ouvre pas le portail, il le stabilise et le maintient ouvert aussi longtemps qu'on le souhaite grâce à l'iridium qu'il contient. C'est complexe, bien plus difficile à comprendre que ne pourrait le faire un chercheur lambda, mais parfaitement à notre portée. Ensuite, on a l'alimentation, soit le gigantesque réacteur ark qui alimente la tour Stark. Et même si on a jamais étudié ce modèle-ci en particulier, on peut dire qu'on a passé un paquet de temps à étudier cette technologie. Ce qui nous laisse un troisième élément…»

«Le Tesseract,» compléta Loki, qui avait parfaitement compris où il voulait en venir.

«Ouais. Et je sais bien qu'il n'était pas à proprement parlé associé à la technologie terrienne comme on cherche à le faire pour Oméga. Mais l'appareil seul n'aurait jamais pu ouvrir le moindre portail, portail que le Tesseract n'aurait pu garder ouvert et stable si longtemps sans le soutien technique de l'appareil.»

«Pourquoi me dites-vous tout cela?»

«Parce que je connais l'appareil pour l'avoir étudié, je connais même le sceptre qui permettait de le fermer. Je connais aussi ce réacteur, parce que c'est moi qui l'ai conçu merde! Mais je ne connais pas le Tesseract. Alors okay, tu m'en as parlé. Je sais ce que le SHIELD en a fait, les expériences qu'ils ont menées dessus, j'ai même lu les notes de mon père à son sujet! Mais je ne le connais pas.»

«Que me demandez-vous exactement Stark?»

«Tu as le Tesseract. Tu ne l'as jamais dit explicitement, mais je sais que tu l'as en ta possession.» Aucune dénégation ne vint, le laissant poursuivre. «Laisse-moi l'étudier. Je sais pas ce que j'y trouverai. Bordel, je sais même pas si j'y trouverais quoi que ce soit qui pourrait nous être utile. Mais c'est une piste, un fil à tirer, et je ne peux pas juste écarter cette possibilité si je ne vais pas au bout des choses par moi-même.»

Il y eut un long silence, lourd et pesant, et il détestait ça. Intellectuellement, il savait qu'il en demandait beaucoup à Loki. Lui n'était pas magicien, mais il savait que cet objet recelait un pouvoir immense. Plus encore, le Tesseract était sa porte de sortie. Loki ne l'avait pas caché, son but avec Oméga était de faire de la Terre une place forte à l'abri de la menace que le Titan Fou faisait planer sur lui. Et tant que le bouclier n'était pas en place, le cube était sa seule échappatoire. Demander au dieu de le lui confier revenait pour lui à se rendre vulnérable.

Au final, c'était simplement une histoire de confiance.

Loki leva la main. Et Tony savait, savait que ce n'était pas pour le frapper, l'étrangler – ouais, il avait de mauvais souvenirs à ce sujet – ou même utiliser sa magie, mais il ne put retenir un mouvement de recul instinctif face à ce geste, et surtout cette proximité soudaine. Mais pas de raison de s'inquiéter. Car dans le creux de sa main apparut le Tesseract, sorti de nulle part, cube bleu bouillonnant d'énergie et rayonnant de magie. Sa lumière bleue dansait sur le visage du dieu, faisant briller ses yeux d'un souvenir amer. Mais son regard était clair, et déterminé. Rien à voir avec l'aspect vitreux qu'il avait pu avoir lorsque le dieu était possédé.

Il tendit la main vers lui, et tel un mime maladroit Loki esquissa à son tour un geste de recul. Esquissa seulement. Parce qu'au final, tout ça n'était qu'une question de confiance. Alors pourquoi compliquer les choses? Il avait mis du temps à l'accepter, surtout après Ultron et la Sokovie. Mais il savait à présent que le dieu lui faisait confiance, et il ne comptait pas le décevoir à nouveau.

Il tendit une nouvelle fois la main, plus lentement. Loki ne bougea pas. D'une main délicate, presque tremblante – presque, sa main ne tremblait pasmerde ! – il se saisit du cube. Il ne savait pas trop à quoi s'attendre, honnêtement. La chaleur de l'énergie que ce ridicule objet contenait, ou au contraire du froid, par association d'idées. Pas à ce rien. Juste… comme s'il tenait dans ses mains un cube de verre teint en bleu, rendu chaud uniquement par la chaleur de sa paume. C'était déroutant.

Il releva la tête, qu'il avait inconsciemment baissé pour observer le trésor entre ses mains. Loki le regardait. Pas le Tesseract, lui.

«Merci,» dit-il simplement, mettant toute sa force et sa conviction dans ce simple mot.

Loki hocha la tête, ferme et solennel. Et avec ce qui semblait être de la détermination lui tourna le dos pour retrouver son établi. Pendant un instant, Tony resta simplement là à le regarder. Mais il avait du travail à faire, et s'il voulait pouvoir rendre le Tesseract à Loki le plus tôt possible, il n'était pas question de perdre davantage de temps.

Il était temps de se remettre au boulot.

oOoOoOoOoOoOoOo

«Levez les bras, et prenez une grande inspiration par le nez… Encore une fois…»

Tony obtempéra sagement, tressaillant à peine au contact froid du stéthoscope. Le docteur Cho l'avait examiné sous toutes les coutures, il avait passé des radios et des scanners, et elle lui avait même fait réaliser un test d'effort pour vérifier ses fonctions cardiaques et respiratoires. Franchement, il ne savait pas ce qu'elle voulait déterminer de plus avec un simple stéthoscope, mais hey! c'était pas lui le médecin.

Il avait repoussé autant que possible son retour à New-York. Résultat, il n'était revenu sur la côte est que le matin même, pile à temps pour son rendez-vous. Il avait à peine eu le temps de saluer ses camarades – tous rassurés de le voir en pleine forme – avant que la doc ne menace de le trainer de force jusqu'à l'aile médicale. Franchement, entre Pepper, Natasha, Hill et maintenant Helen Cho, il était entouré de femmes carrément flippantes! Même Wanda l'était aussi, quoi que dans un autre style.

«Très bien, vous pouvez remettre votre tee-shirt,» lui dit Cho, le sortant de ses pensées.

Il obéit et rejoignit rapidement la scientifique à son bureau. Elle garda le silence quelques minutes, les yeux rivés sur son ordinateur – et les résultats de ses différents examens, probablement. Mais quand elle se tourna vers lui, son sourire était sincère.

«Et bien monsieur Stark, je suis heureuse de vous dire que vos bilans se sont tous révélés extrêmement positifs. Toutes vos blessures internes semblent avoir parfaitement cicatrisé, et vos fractures se sont résorbées sans provoquer d'œdème osseux. Bien sûr, le test d'effort a révélé quelques fragilités, mais rien d'inattendu. Reprendre une activité physique régulière devrait vous permettre de retrouver votre état de forme, même s'il faudra évidemment y aller la même façon, je vous autorise à reprendre les missions sur le terrain, mais petit à petit et avec les plus grandes précautions. Vous viendrez également vous faire examiner après chaque mission au cours des prochains mois pour être sûr que tout se passe bien. »

Elle entreprit ensuite de lui lister de manière exhaustive ses diverses analyses et leurs résultats, ce qu'ils signifiaient et ce à quoi il pouvait s'attendre pour la suite. Il essaya de tout suivre, vraiment, mais honnêtement? Il était loin de comprendre tout ce qu'elle racontait. Si c'est comme ça que se sentaient ses amis quand il partait dans ses élucubrations scientifiques, il se promit d'être plus patient avec eux à l'avenir. En attendant, il savait que Friday enregistrait tout pour en faire un rapport complet à sa baby-sitter et qu'il pourrait aisément l'interroger s'il avait la moindre question.

«Des questions, ou quelque chose à me signaler avant que je ne vous libère?» finit par lui demander le docteur Cho.

Un instant, Tony envisagea de mentir. Après tout, ce n'était pas grand-chose, et il n'avait pas envie de repartir pour des semaines – ou plus! – de restrictions. Mais il avait également conscience qu'il était passé dangereusement près du point de non-retour, et que ce qu'il pensait anecdotique pouvait cacher quelque chose de bien plus sérieux.

«A propos du test d'effort… Ouais, j'étais au bout de ma vie quand vous m'avez fait courir je ne sais combien de bornes sur ce foutu tapis.» Elle fronça les sourcils, mais il ne savait pas si c'était à cause de son langage ou parce qu'elle ne voyait pas où il voulait en venir. «Mais il n'y a pas que ça. Je m'essouffle super facilement, même simplement monter les okay, j'ai jamais été spécialement sportif, mais pas à ce point-là. »

«Quand j'ai préparé votre opération, je me suis renseignée sur la chirurgie que vous aviez subie en janvier 2013 pour faire retirer les éclats de shrapnels et le réacteur ark de votre poitrine. Nous savons tous les deux que les traumatismes répétés sur une même partie du corps sont souvent source de complications, et je voulais anticiper toutes les possibilités. Vous êtes resté facilement essoufflé pendant plusieurs semaines après cette intervention, n'est-ce pas?»

Il hocha simplement la tête et elle lui sourit, rassurante.

«Nous sommes dans un cas similaire aujourd'hui. Vos poumons ont été gravement touchés, et si vos blessures ont parfaitement guéri, vos poumons et votre poitrine sont comme à l'époque composés de tissus assez jeunes. Et comme à l'époque, une reprise progressive du sport devrait vous permettre de retrouver toutes vos capacités. Néanmoins, si vos difficultés respiratoires persistent au-delà de trois mois, nous programmerons de nouveaux examens par mesure de précaution. Cela vous convient?»

«Parfaitement, merci!»

Ils se serrèrent la main et elle le raccompagna hors de l'infirmerie. Il ne s'attarda pas au complexe scientifique, rejoignant à la place le bâtiment principal où l'attendaient – comme c'est étonnant! – tous ses petits camarades.

«Alors, qu'a dit le doc?» demanda Rhodey avec impatience.

«Je suis comme neuf!»

Il y eut des exclamations joyeuses et des accolades avant qu'ils n'aillent tous s'installer dans les canapés du salon pour qu'il puisse leur faire un compte-rendu un peu plus exhaustif.

«Concrètement, mes blessures ont cicatrisé aussi bien qu'on pouvait s'y attendre. Je suis encore facilement essoufflé, donc même si c'est normal, il parait aussi que je vais devoir me remettre au sport pour fortifier mes poumons.»

«Je te veux tous les jeudis à 10h au gymnase, sans faute,» lui sourit Natasha. Et quand elle souriait comme ça, elle ressemblait à une psychopathe. « Ça commence demain.»

«Cela a été ajouté à son emploi du temps agent Romanoff,» répondit Friday avant même qu'il ne puisse ouvrir la bouche. « Monsieur Stark honorera sans faute ces rendez-vous.»

Cela fit son rire son équipe et, d'accord, lui aussi par la même occasion.

«Mais le vrai point positif, c'est que je suis apte à reprendre les missions, même si je dois y aller mollo dans un premier temps.»

«On fera en sorte de ne pas te faire appeler tout de suite si ce n'est pas nécessaire,» le rassura Steve, une main sur son épaule. «Ta santé est la priorité, et que tu sois autorisé à nous accompagner ne veut pas dire que nous allons nous précipiter là-dedans.»

«Tout ce que j'espère, c'est que nous en avons bel et bien fini avec Extremis, que ce soit la version 2.0 ou n'importe quelle autre!»

«Et moi donc!» plaisanta Sam, les faisant rire à nouveau.

Et tandis que la discussion dérivait vers le procès qui aurait bientôt lieu contre les scientifiques du projet, Tony eut l'impression de retrouver son équipe comme s'il ne l'avait jamais quittée.

oOoOoOoOoOoOoOo

«Et voil… Encore? Vraiment?»

Pepper ne broncha pas, lui tendant résolument une nouvelle pile de documents.

«Sérieusement, à quoi ça a servi que je te nomme PDG si j'ai encore tellement de paperasse à signer?»

«Tony, ton nom est sur la façade et tu possèdes 60% des actions de l'entreprise, donc je suis navrée d'être celle à te l'apprendre, mais tu as encore de la paperasse dont tu dois t'occuper.»

«Monde cruel!» gémit-il en s'écroulant sur la table.

Mais s'apitoyer sur son sort de l'avait jamais aidé à s'attirer les bonnes grâces de Pepper, et il fut contraint et forcé de s'y replonger. Heureusement, il était rodé depuis le temps, ce qui faisait qu'il ne consacrait plus que quelques heures par mois à l'administratif de Stark Industries. Ça n'épargnait pas les réunions, les conseils d'administration, la planification pour les années à venir, la supervision directe du département de recherche, et plus généralement toutes ces discussions hebdomadaires avec Pep' concernant la bonne marche de l'entreprise. Mais bon, il prendrait ce qu'il y avait à prendre!

Tant bien que mal, il parvint miraculeusement à bout de la montagne de documents. Et plus vite que prévu accessoirement. Enfin, ça lui donnait le temps de discuter avec son amie d'un petit projet qu'il avait gardé sous le coude jusqu'ici.

«Tu sais, j'ai pensé à un truc…» commença-t-il, ayant sagement attendu que la conversation s'essouffle naturellement et que Pepper ne soit distraite par sa tasse de thé. Pas de chance, la rousse porta sur lui un regard d'aigle qui le fit malgré lui déglutir avec difficulté.

«Venant de toi, la seule phrase pire que ''J'ai pensé à un truc'' est: ''J'ai eu une idée''. Alors, en toute amitié, permets-moi ce conseil: fais extrêmement attention aux prochains mots qui sortiront de ta bouche.»

Qu'est-ce qu'il disait? Elle était terrifiante.

«Alors, c'est à propos de toutes ces associations auxquelles Stark Industries et moi-même faisons des dons, les galas de charité… tous ces trucs-là? Et okay, je ne remets pas en cause le fait que ce soit, et bah, pour la bonne cause justement. Mais je me disais que ce serait bien d'élargir notre champ d'action avec d'autres projets plus en lien avec ce qu'on fait ici tu vois?»

«Continue,» l'incita-t-elle à développer, fronçant les sourcils.

Venant de Pepper, qu'elle l'encourage à poursuivre était en fait un énorme compliment.

«Je voudrais mettre en place un système de bourse pour financer des projets technologiques. Idéalement des projets ayant vocation à être écologique, ou au moins durable, mais c'est du détail.»

«Comme une bourse scolaire?»

«Je suppose?» répondit-il, haussant les épaules. «Une bourse étudiante te permet de payer tes frais scolarités, voire tes dépenses ordinaires. Dans la même veine, cette bourse couvrirait les frais de recherche, financerait l'accès à des labos de pointe, faciliterait l'accès au brevet et à la possession intellectuelle, ce genre de truc.»

«L'idée à du mérite, je le reconnais,» approuva Pepper. Elle tapotait avec un stylo sur ses lèvres, réfléchissant clairement à ce qu'il lui proposait. «Et la position de Stark Industries dans tout ça? »

«Imaginons que cette bourse soit administrée par une fondation indépendante et uniquement dévolue à ce projet, association à but non lucratif, tout ça. Et bah, cette fondation pourrait être parrainée par Stark Industries. Elle la finance en partie, pourrait offrir un accès à nos labos pour les boursiers, pour potentiellement aboutir à des embauches, ou des brevets déposés en copossession avec SI, ce genre de faudra déterminer comment exactement nous sélectionnerons les projets boursiers et je suis prêt à m'impliquer dans le processus, mais… Chaque année, des dizaines de projets ayant le moyen de changer le monde sont abandonnés sous le tapis faute d'argent. Les financer, c'est donner à ces personnes la possibilité de donner vie à ces projets, et de révolutionner l'avenir, pourquoi pas! Et si ça fait de la pub positive pour SI, alors c'est tout bénef pour tout le monde. »

Pepper avait eu le temps de finir son thé tandis qu'il parlait, alors il la laissa retourner à la cuisine s'en préparer un autre sans l'abrutir de commentaires en tous genres. Après tout, il avait carrément assuré quand il s'agissait de monter de toutes pièces le projet Rescue. Il n'y avait pas de raison que les choses soient différentes cette fois-ci, non? Il se retint donc à grand peine de l'interroger sitôt qu'elle fut assise, se contentant d'avaler lui-même une gorgée de son café, désormais presque froid. Mais il ne lâchait pas Pepper des yeux, et il était certain qu'elle faisait exprès de prendre tout son temps!

«Je crois que tu as le début d'une très bonne idée,» finit-elle par dire. Mais avant qu'il ne puisse jubiler – car si ça ce n'était pas une victoire! – elle lui décrocha un sourire en coin à peine menaçant. «Mais tu es bien conscient que cette nouvelle fondation va avoir besoin d'un nom… et surtout de beaucoup, beaucoup de paperasse?»

Il nierait jusqu'à sa mort que la bosse qu'il arbora sur le front plusieurs jours durant était due à sa tête se fracassant allègrement contre la table, sous les rires de Pepper.

oOoOoOoOoOoOoOo

«Je… Merde, je…» s'étouffa-t-il, tentant – sans grand succès – de repousser le bras qui l'étranglait. Comme s'il en avait jamais été capable.

«Tu abandonnes?»

«Ou…oui…»

Il s'écroula au sol, toussant longuement, avant de s'étaler sur le dos, sa poitrine se soulevant au rythme de sa respiration haletante. Ça ne faisait plus mal, plus vraiment, mais il n'arrivait pas à s'en réjouir actuellement. Au-dessus de lui, une folle aux cheveux de feu le toisait avec un sourire narquois.

«T'essayes de me tuer ou quoi?»

«C'est pour ton bien Tony.»

«Pour mon bien, pour mon bien… N'empêche, ça ne veut pas dire que tu ne veux pas me tuer!»

Natasha éclata de rire, mais lui tendit néanmoins la main pour le relever, ce qu'il accepta avec plaisir. Si le travail qu'il faisait avec elle portait ses fruits – plusieurs semaines d'entrainement hebdomadaire et des exercices à faire à la maison, encore heureux qu'il y ait du progrès! – il n'avait jamais approché et n'approcherait jamais son niveau.

Un peu plus loin dans le gymnase, Steve était en train de combattre Vision. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que le supersoldat était en sévère difficulté, ce qui ne lui était jamais arrivé avec un autre partenaire d'entrainement que Thor – Nat ne comptait pas. Même si elle était infiniment plus douée et maligne que quiconque dans ce foutu bâtiment, elle n'avait jamais été en mesure de rivaliser avec eux en termes de force brute – Néanmoins, Steve acceptait bien plus gracieusement que lui d'être mis à terre encore et encore, qui plus est alors qu'il parvenait à peine à porter ses coups contre son adversaire.

Avec dépit, il se tourna vers son impitoyable entraineuse, mais celle-ci avait simplement les bras croisés sur sa poitrine. Il avisa alors l'horloge, qui indiquait très exactement midi. Alléluia!

«Je vais prévenir ces deux-là. Va te changer et reste manger avec nous, ce sera prêt dans trois quarts d'heure,» lui sourit sa tortionnaire, mettant officiellement fin à son calvaire. «C'est Wanda qui cuisine aujourd'hui et crois-moi, c'est peut-être l'une des options les plus sûres ici avec Sam.»

«Rappelle-moi de ne pas venir les jours où tu es de corvée de cuisine.»

Il reçut un coup de poing amical dans le bras – et c'est qu'elle frappait fort! – mais il supposait l'avoir mérité. Il délaissa les douches du gymnase, récupérant simplement une serviette pour s'essuyer un peu le visage avant de rejoindre ses propres appartements. Et même s'il aurait préféré se prélasser de longues minutes durant sous la douche, il s'efforça de ne pas trop tarder. Ça ferait mauvais genre, même si la relation entre Wanda et lui s'était considérablement apaisée depuis Peterborough.

Au final, il arriva pile poil en même temps que Rhodey et en profita pour prendre des nouvelles de son ami. Il ne l'avait pas vu depuis quelques semaines, l'ex-militaire n'étant jamais au QG les jeudis, jour où lui-même y était pour prendre sa raclée obligatoire. Mais tout allait bien, juste un bête conflit de planning, et rien de bien neuf de son côté. Bah, c'était toujours bon à s'avoir.

Ils s'installèrent à table à côté des autres et les rejoignirent dans leur jeu, qui consistait à deviner ce qu'ils allaient manger d'après l'odeur qui embaumait la pièce. Et s'ils s'étaient tous mis d'accord sur du poisson, chacune de leurs propositions était écartée par Wanda avec un rire moqueur. Autant dire que c'était plus que de la faim qui les fit applaudir quand la jeune femme les rejoignit finalement.

«Solianka de poisson,une soupe traditionnelle russe, » présenta-t-elle avec un grand sourire, déposant la marmite au centre de la table. Et… en effet, aucun d'entre eux n'avait misé sur ça. Ou rien d'approchant d'ailleurs.

«Et y'a quoi dedans? A part tu sais, du poisson?» demanda Sam, l'air un peu dubitatif tandis qu'il se servait une assiette peu pleine.

«Cornichons marinés dans de la saumure, chou, câpres, olive et champignons, entre autres. Il y a aussi du kvas, mais c'est peu alcoolisé alors ça devrait aller.»

D'accord, Sam n'était plus le seul à être dubitatif à présent. Il jeta discrètement un coup d'œil à Natasha, se rappelant la façon dont la rousse lui avait vanté la cuisine de la sokovienne un peu plus tôt, mais elle ne disait rien, souriant en silence. Elle-même était russe et connaissait probablement le plat dont il était question, mais de là à dire s'il s'agissait d'un bon ou d'un mauvais signe pour eux…

Sans y réfléchir davantage, il se jeta à l'eau et en prit une cuillérée qu'il avala. Puis une deuxième. Et une troisième, juste au cas où. Mais non, ça ne le fit pas changer d'avis.

«En fait c'est pas mal.»

Des regards sceptiques se tournèrent vers lui, ses amis parfaitement au courant à la fois de son franc parler, et de la façon peu diététique dont il se nourrissait d'ordinaire. Mais lui ne vit que le sourire radieux de Wanda, qui le regardait avec reconnaissance. Un à un, ses camarades l'imitèrent, et tous se retrouvèrent à complimenter cette soupe improbable et leur cuisinière du jour.

C'est donc dommage que l'ambiance soit ruinée au moment du dessert – et d'un merveilleux fondant au chocolat – par l'irruption inopinée de Hill. Car s'il se fiait à l'expression des autres, non seulement aucune visite n'était prévue, mais en plus ça ne pouvait pas être bon signe. Résultat, ils se retrouvèrent bien vite en salle de briefing, encore. Tony avait hésité à les suivre. Après tout, s'il était toujours un Avengers officiel, il avait choisi après toute l'affaire Sokovie/Ultron de s'éloigner un peu de ce côté de sa vie pour consacrer davantage de temps à Stark Industries, Rescue… et surtout Oméga, s'il devait être parfaitement honnête. Franchement, pour l'effet que ça avait eu: Peterborough, Rochester… On ne pouvait pas dire que ça ressemblait à quelqu'un qui se retirait des affaires!

Donc résultat, il était en salle de briefing avec les autres. Et comme les autres, il attendait de savoir quelle nouvelle merde allait leur tomber sur le coin du museau.

«J'ai une nouvelle mission pour vous.»

«Sans dec' Sherlock, on n'avait pas deviné.»

Il reçut des regards vaguement désabusés de la part de ses camarades, des roulement d'yeux, des haussements d'épaule et des sourires faussement affligés – ça, c'était Rhodey – Pfff, si Clint avait été là, il était sûr qu'il aurait rigolé, lui. Mais Hill ne daigna même pas regarder dans sa direction avant de poursuivre.

«Trafic d'armes à grande é cartel à la tête de ce business est basé à la frontière américano-mexicaine, mais nous avons trouvé des liens avec plusieurs pays d'Amérique du Sud, dont le Brésil et le Chili, et au moins trois points de reventes confirmés en Europe: en Belgique, en France et au Pays-Bas. Et l'enquête préliminaire n'en est encore qu'à ses débuts. »

«Pourquoi les Avengers devraient-ils se charger de cette mission?» demanda Vision, qui était généralement l'un des plus silencieux lors des réunions. «Le protocole veut que la section consacrée au grand banditisme du FBI s'occupe de l'affaire sur notre sol, en collaboration avec Interpol pour les opérations transatlantiques et les forces locales des différents pays concernés en Amérique du Sud.»

«Parce qu'il s'agit d'une affaire internationale, avec de très nombreux pays impliqués. Même si les Avengers sont fondamentalement américains, ils restent une force d'intervention internationale. Néanmoins, pour rebondir sur ce qu'a dit Vision, nous n'allons pas exclure la police pour autant. Si notre enquête préliminaire s'est faite en dehors de tout radar, la suite de l'opération va se dérouler en coopération avec les différents gouvernements impliqués et les forces de l'ordre locales. Un bel et grand exemple de soutien et de collaboration internationale.»

«Est-ce vraiment nécessaire?» soupira Steve.

«Si vous voulez rester dans les bonnes grâces des gouvernements et garder votre indépendance? Oui, ça l'est.»

Au moins, ça avait le mérite d'être clair. La dispute n'était pas nouvelle. Il en avait par mal discuté avec Hill lors de leurs rendez-vous à propos de Rescue, sans compter les rumeurs qui couraient depuis des mois à Washington et les racontars tombés par mégarde dans son oreille à Moscou. Merde, il s'était lui-même disputé à ce sujet avec Steve, peu de temps avant la commémoration! Il savait que Steve voulait garder les Avengers farouchement indépendants. Lui avait un avis plus… mitigé sur la question, balançant entre la nécessité d'agir selon leur conscience et le besoin de rendre des comptes vis-à-vis de leurs actions. Mais quoi qu'ils veuillent, ils pourraient très bien ne pas avoir le choix. Et montrer leur bonne volonté à collaborer avec des agences nationales et internationales ne pourrait que jouer en leur faveur le jour où les décisions seraient prises.

«En quoi consisterait notre mission exactement?» questionna Wanda, rompant à la fois le silence malaisant et le petit duel de regard entre Steve et Hill.

«Repérage sur le terrain, infiltrations, mise sous surveillance du réseau, écoutes téléphoniques, veille numérique, interceptions de livraisons ou sabotages de celles-ci, interpellations, interrogatoires, coopération avec les institutions…» énuméra-t-elle. «Cette mission va durer plusieurs mois, et nous n'en sommes encore qu'à ses balbutiements. Ce qui veut dire des missions de terrains brèves et de faible risque, solitaires ou en très petit groupe, et fréquentes.»

«Je veux en être.»

«Tony…» soupira Rhodey, de façon extrêmement prévisible si on lui demandait son avis.

«Hill l'a dit: peu de risque sur le terrain, mais fréquent. Et on sera pas trop de sept si on doit se relayer, même avec Rescue impliquée.»

«Et comment comptes-tu faire ça au juste?» demanda Natasha. «J'ai été l'assistante de Pepper je te signale, et même si tu n'as pas le même rythme de vie qu'à l'époque, tu as quand même des obligations et des journées bien remplies. Steve peut en témoigner, quand nous vivions encore à la Tour Stark après l'effondrement du SHIELD.»

«Elle a raison Tony,» appuya le susnommé. «Tu n'as pas le même rythme que nous, et avant de t'énerver, non ce n'est pas un reproche. Mais tu ne pourras pas être présent aussi souvent que nous sur le terrain.»

«Bien sûr que non, je suis pas con. Mais avec l'armure, je peux me déplacer plus rapidement que n'importe lequel d'entre vous. Sans compter que j'ai une couverture toute trouvée pour me rendre dans plus ou moins n'importe quel pays du monde. Alors je dis pas que je dois être sur chaque mission, on est d'accord que ce ne serait pas jouable. Je dis juste que je serai présent sur certains d'entre elles.»

«L'idée de monsieur Stark n'est pas dénuée de sens,» approuva Vision, bien que l'ingénieur se retrouve rapidement à le corriger. Encore une fois

«C'est Tony, Vision.»

«Si vous voulez aller sur le terrain, il vous faudra vous tenir au courant des différents développements de cette affaire et des missions des autres,» l'avertit Hill. «Tout ceci nous tiendra occupés plusieurs mois durant je pense, mais c'est dans ces premières semaines que nous devrons être le plus vigilants. Vous serez présent au quartier général une journée par semaine pour préparer, analyser et débriefer avec les autres, me suis-je bien fait comprendre?»

«Clair comme de l'eau de roche!»

«Bien. Voici les premières images qui nous ont mis sur la piste de ce trafique: une vente d'armes illégale à Sao Paulo, en juillet dernier…»

oOoOoOoOoOoOoOo

«Et donc j'irai au QG tous les jeudis, ça me permettra de m'entrainer avec Natasha et de participer aux réunions avec les autres sans que ça empiète trop sur notre temps au labo.»

Stark lui avait raconté sa journée au QG, plus longue et bien différente de ce qu'il avait pensé en quittant la Tour ce matin. Après tout, il ne s'agissait que d'un simple entrainement à la base… Mais l'entrainement était devenu un repas; ce qui n'était rien de grave, il était bien d'accord, ça arrivait parfois. Mais le repas était devenu une réunion, et une réunion était devenu une mission. Des missions, au pluriel.

Tout le monde semblait parfaitement oublieux du fait que le midgardien avait failli mourir i peine plus de deux mois, Stark le premier. Et bien non, Loki n'oubliait pas. Il n'avait rien oublié de l'impuissance et de l'angoisse, de ces heures insupportables à attendre que la vie de Stark penche d'un côté ou de l'autre de la balance.

Et Stark, insouciant tel un enfant qui ne craignait rien de la mort, babillait comme d'habitude sans s'apercevoir qu'il n'était pas écouté. Humain inconscient de sa propre mortalité et de la fragilité de son existence. Etonnant, incongru même en connaissant son passé, les épreuves auxquelles il avait été confronté, le nombre trop conséquent de fois où les Nornes avaient manqué de faucher le fil de son existence. Et Loki devrait rester là, à regarder son ami mourirsans rien faire ? Il refusait de voir cet imbécile périr sans réagir.

Ainsi, Stark retournerait bientôt sur le terrain. Soit. Mais il ne serait pas seul.