Bonjour à tous, l'histoire d'Harry Potter ne m'appartient pas, créer par JK Rowling, plusieurs personnages viennent de mon imagination. Je suis désolée pour les fautes d'orthographes.
Chapitre 55 : L'heure des choix
Ils l'ont fait ! Ils ont réussi à récupérer un Horcruxe de Voldemort au ministère et à retourner au Square, sain et sauf ! Ils viennent d'atterrir dans le salon et Kréature arrive rapidement en sentant la présence de son maitre avec des bandages et des potions, de peur de devoir soigner tout le monde. Heureusement, ce n'est pas le cas et c'est vraiment une chance qu'ils soient rentrés sans aucune blessure. Surtout que c'était mal parti quand Ténébris est apparue. Malgré tout, il leur faut quelques instants pour se remettre de leurs émotions et faire descendre l'adrénaline qui court dans leurs veines. Puis, Hermione, Ron et Harry partent vers la cuisine et se retrouvent dans la même position qu'il y a quelque temps : assis autour d'une table, le médaillon au milieu d'eux, les sourcils plissés en train de réfléchir intensément. C'est Ron qui parle en premier:
- Comment on fait pour le détruire ?
- Ça Ronald, si on le savait on ne serait pas là, à regarder ce maudit collier, s'exclame Hermione d'un ton mordant.
Harry coince sa tête entre ses mains, ne voulant pas être témoin d'une dispute de ses amis, mais ne pouvant pas en vouloir à Hermione pour sa réplique. Ils ont tellement voulu récupérer ce médaillon, qu'ils en ont oublié comment détruire les morceaux de Voldemort sans l'épée ! Ron prend le médaillon pour le regarder dans tous les sens, avant de froncer les sourcils.
- C'est bizarre, marmonne-t-il.
- Qu'est-ce qui est bizarre ?
- Tient, prend le, tu verras.
Harry s'en saisit et remarque qu'il est en parfait état, brillant, sans aucune éraflure malgré le temps qui est passé. Après plusieurs secondes, il comprend ce que Ron veut dire. Le médaillon pulse dans sa main, tel un cœur en métal. Cette sensation révulse Harry à l'idée que c'est l'âme de Voldemort qui se manifeste. Ron le reprend dans sa main et continue de le retourner, en regardant attentivement le crochet qui permet d'ouvrir le médaillon en deux, avant de proposer une idée.
- Vous vous souvenez qu'on avez essayé de l'ouvrir au Square ?
- Oui, mais personne n'a réussi, rétorque Hermione.
- En effet, peut être parce qu'il faut parler Fourchelangue pour l'ouvrir.
Deux paires d'yeux regardent le Roux qui commence à rougir et bredouille.
- Enfin... oui... peut-être... après tout, le médaillon protège l'âme de Voldemort et le médaillon est en parfait état malgré les efforts de Kréature pour le détruire... peut-être qu'il faut l'ouvrir pour détruire directement l'âme à l'intérieur... et comme c'est Tu-Sais-Qui...
Il n'a pas le temps de finir sa phrase qu'Hermione lui saute dessus et l'embrasse avant de parler.
- Ron ! Tu es un génie !
Son petit ami marmonne des paroles qu'il n'est pas un génie, mais il continue de rougir, preuve qu'il est heureux d'entendre sa petite-amie parler de lui ainsi. Si Harry est d'accord avec l'idée de Ron d'ouvrir le médaillon en parlant Fourchelangue, cela ne résout malgré tout pas leur problème. Comment peuvent-ils détruire l'âme et le médaillon d'un coup ? Il se demande si Dumbledore ne lui avait pas donné un autre indice que l'épée quand il voit le médaillon scintiller d'une lueur verte alors que Ron le tient toujours. Cela se passe en une fraction de seconde, mais Harry est convaincu d'avoir vu cette lumière se propager dans le corps de Ron. Il s'apprête à demander à son ami de lâcher le collier pour comprendre ce qui vient de se passer quand le comportement de son ami change radicalement. Son visage se fait plus dur, il contracte tous ses muscles et il les regarde chacun à leur tour avec un regard de colère.
- Ron ? demande Hermione surprise de ce changement d'attitude en posant sa main sur son épaule. Qu'est-ce qu'il y a ? Tu ne te...
- Ferme là ! s'exclame Ron en la poussant loin de lui.
Harry se lève immédiatement alors qu'Hermione est trop choquée pour faire quoi que se soit. Le roux se lève également et pointe son doigt sur sa copine.
- Je sais très bien que tu ne me considères pas comme un génie ! Toi, la miss-je-sais-tout qui donne des ordres à tout le monde, qui veut être au-dessus de tous les autres. Tu ne sors avec moi uniquement pour te sentir supérieur et montrer à tous que tu vaux mieux que moi.
- Ron, murmure Hermione, surprise par ce ton et ce changement sujet. Tu sais que c'est faux, je t'aime comme tu es...
- Faux ! Tu n'es attirée que par les hommes célèbres ! Regarde Krum, tu voulais être avec lui puis avec Harry ! Rita Skeeter l'a bien compris. Ce n'est pas moi que tu veux !
- Ron, ça suffit ! intervient Harry en s'avançant vers son ami.
- Ho regarder cela, le grand Harry Potter vient porter rescousse à sa belle, voulant faire le m'as-tu-vu ? Alors quoi Harry ? Tu n'aimes pas la vérité ? Tu préfères qu'on soit tous autour de toi et qu'on t'admire ? Qu'on te dit que tu es le meilleur, qu'à côté de toi, je ne vaux rien ? Que je serais toujours l'ombre de Harry Potter ? C'est ça que tu veux entendre ? Que tu veux toutes les filles autour de toi ?
- Ron, tu sais très bien que je ne suis pas comme cela. Je suis amoureux de Ténébris et personne d'autre. Et puis tu n'es pas mon ombre, tu es Ron Weasley, mon meilleur ami, un gardien extraordinaire, un stratège formidable.
Harry pouvait voir que ses mots faisant leurs effets et que Ron, en entendant ses paroles, se calme et semble revenir à la réalité. Sauf qu'Harry voit de nouveau la lueur verte du médaillon se propager dans le bras de Ron qui retrouve ses très durs. Comprenant que tout est la faute de l'Horcruxe, Harry se jette sur son ami avant qu'il n'ait le temps d'ouvrir la bouche et commence un combat au sol, à main nue. Hermione pousse une exclamation quand elle voit Ron donnait un coup de poing à Harry, cassant ses lunettes, mais le brun ne fait pas attention à cela, concentré sur le collier que Ron tient fermement. Alors que le roux met un coup dans ses cotes, Harry arrive enfin à lui faire écarter les doigts pour prendre le médaillon et le lancer loin d'eux, le faisant rouler sous la table de la cuisine. Aussitôt, Ron se calme et semble sonné, alors qu'Harry souffre de tous ses coups.
- Mais qu'est-ce que ? demande Ron déboussolée.
Il regarde Hermione qui est en pleurs puis Harry qui est vautré sur lui, une marque rouge commençant à se former sur sa joie.
- Oh, par merlin tout puissant. Harry ! Je... je suis désolé, je ne sais pas ce qui ma prit...
- Ce n'est rien, marmonne Harry en se levant et en réparant ses lunettes. C'est le médaillon qui t'a rendu comme cela.
- Quoi ?
Sans un mot, Harry fait léviter le collier pour le poser sur la table, à la vue de tous.
- Je pense que ce médaillon est néfaste pour nous. J'ai vu une lueur verte sortir de lui, avant de se propager dans le corps de Ron.
- Tu veux dire que le collier a le pouvoir de nous contrôler ? demande Hermione en essayant de s'apaiser.
- Peut-être, je ne sais pas vraiment. Ron, tu n'as rien senti de spécial.
Le nommé se concentre, mais n'ose regarder personne suite à son comportement.
- J'ai... une sensation... c'est une sensation que j'ai ressentie se propager en moi et j'ai senti que j'étais envahi. Mais pas par une présence... plutôt comme si mes propres émotions étaient plus intenses.
Harry hoche la tête et comprend. L'Horcruxe joue sur les émotions négatives. Ron a toujours eu un complexe d'infériorité, notamment à cause de sa place de dernier garçon dans la famille, devant toujours montrer qu'il valait aussi bien que ses frères. Puis à Poudlard, étant le meilleur ami du survivant, le copain de la fille surdoué et le meilleur ami de la fille de Dumbeldore qui est une virtuose de la magie. Il ne l'a jamais montré, mais Harry peut comprendre qu'une part de lui est jaloux, voir même envieux. L'Horcuxe a fait ressortir ses plus grandes peurs. Hermione a le même cheminement que lui et explique à Ron :
- Ce bijou semble avoir une conscience propre, un peu comme le livre, et fait ressortir toutes leurs émotions négatives quand une personne le tient.
Harry relève la tête et dit:
- Hermione, tu n'as pas trouvé quelque chose dans les livres qui permettraient de détruire rapidement cette chose avant qu'on devienne tous agressive ?
La jeune fille s'est mise dans l'idée de lire tous les livres de la bibliothèque des Black, très fournie en magie noire. Elle espérait trouver des informations utiles puisque Kréature leur a avoué que Regulus a fait des recherches sur les Horcruxes à partir de ces livres. La brune souffle avant de répondre:
- Non malheureusement. Il y a vraiment très peu d'informations sur les Horcruxes même ici. En réalité, je pense que Regulus voulait savoir ce que Tu Sais Qui a caché. Avec les bonnes pistes et les bonnes informations, il a pu comprendre ce que c'était. Mais tous les rares livres qui traitent du sujet sont d'accord sur une chose. Seule une magie très puissante peut le détruire. Et par magie, j'entends surtout objets magiques ou magie rare. C'est pour cela que l'épée était parfaite mais comme on ne sait pas où elle se trouve, nous ne pouvons pas l'utiliser. Peut-être que ta magie Antique pourrait les détruire puisque nous n'avons pas l'épée?
- Si seulement, mais le problème…
- C'est qu'elle va et vient et comme ta magie est toujours apparue avec Ténébris, aucune chance de pouvoir faire des tests, poursuit Hermione d'un ton sinistre.
Un silence de mort envahit le groupe. Est-ce qu'ils vont au final avoir besoin de récupérer Ténébris pour détruire l'Horcuxe ? Ron interrompt le silence :
- Il y a quelque chose que je ne comprends pas.
- Quoi ? demande Harry, intrigué.
Le roux se tourne vers sa petite amie et demande :
- C'est écrit quelque part que l'Horcruxe a une conscience propre et qu'il agit sur notre comportement?
Hermione ferme les yeux et semble réfléchir, se remémorant sans doute les lignes qu'elle a parcourues. Aucun des deux garçons ne l'interrompt, conscients de l'erreur que ce serait :
- Non, j'en suis sûre, mais c'est normal après tout que rien ne soit écrit.
- En quoi c'est normal?
- La principale mission d'un Horcruxe est que personne ne soit jamais au courant de son existence. À quoi ça sert de créer une telle horreur, si c'est pour que tout le monde soit au courant et le cherche ?
- Où veux-tu en venir, Hermione?
- Je veux dire que personne n'a jamais pu faire des tests sur eux ! Les seules qui ont eu un Horcruxe en main sont : soit leur créateur, soit celles qui l'ont immédiatement détruit. Je ne pense pas que beaucoup de gens, et par gens, je pense à des chercheurs, se sont dit : «Tiens ! Et si on découvrait ce qu'un Horcruxe peut faire sur une personne qui décide de le garder ?» Quand on a un Horcruxe, on le détruit.
Harry ne peut pas donner complètement tort aux explications d'Hermione qui sont logiques, mais il n'est pas convaincu.
- Pourtant, Hermione, quand Ginny a eu le livre en deuxième année pendant plusieurs mois, son comportement n'est pas devenu violent.
- C'est vrai, s'exclame Ron. Ginny a eu des trous de mémoire et a été manipulée, mais en dehors de cela, elle était restée la même. La preuve est qu'aucun de nous ne s'en est rendu compte. On ne peut même pas compter la fois où elle a mis notre dortoir en pagaille. C'était par peur, pas par colère et à ce moment-là, elle n'avait plus le livre.
- Je pense que chaque Horcruxe a une volonté propre, explique Hermione après cette donnée un temps de réflexion. Lucius Malfoy l'a eue pendant des années, lui. C'est pour cela que je suis certaine que l'Horcruxe adapte son comportement en fonction des personnes autour de lui. Lucius Malfoy est un allié de Vous Savez qui, pourquoi modifier son comportement et le faire agir autrement ? Alors que Ginny était une aide bien utile quand elle l'a eu entre ses mains. Le livre a tout de suite compris qu'il allait pouvoir la manipuler et se créer un nouveau corps. Quant à Ombrage, elle n'est pas une alliée à proprement parlé, mais pas une ennemie non plus. Je suis sûre que le médaillon a compris qu'il n'y avait aucun intérêt à agir contre elle. Il a préféré ne rien faire et admirer le spectacle qu'elle lui offre en humiliant les Nés-Moldus.
- Ce qui n'est pas notre cas, comprend enfin Ron en regardant le médaillon avec un regard mauvais, et cela il l'a bien compris.
- C'est pour cela qu'il a agi à l'instant où Ron la tenue trop longtemps dans sa main, continue Harry
Tous les yeux se tournent vers l'Horcruxe qui dégage désormais une magie agressive, comme s'il était énervé qu'ils aient compris ce qu'il a fait.
- Cependant, on en revient à la même question, qu'est-ce qu'on fait maintenant ? redemande Ron.
- Le mieux serait de le cacher le temps de trouver une solution pour le détruire, annonce Hermione
- Oui, mais quelle cachette ? demande Harry. On ne peut pas le laisser au QG, il y a trop de monde et le laisser ici avec le nombre de personnes qui passe n'est pas une bonne idée non plus. Imaginez que quelqu'un le prend, car il le trouve beau et que l'Horcruxe en profite pour le pousser à partir d'ici. On ne le reverra alors plus jamais.
Ils se mettent à réfléchir quand la solution est proposée par Kréature qui est revenu pendant qu'ils discutaient :
- Kréature peut le cacher !
Harry, curieux, qui ne s'attendait pas à cette affirmation, demande:
- Comment cela?
- Oui, Kréature peut aller partout dans le monde pour le cacher. Même dans un lieu inconnu des humains et des créatures magiques. Kréature peut l'emmener dans un endroit sûr !
- C'est possible qu'un tel lieu existe ? demande Ron
- Kréature en connait quelques-uns.
- Où pourrais-tu le mettre, Kréature?
L'elfe commence à se balancer d'une jambe à l'autre avant de dire :
- Vous voulez vraiment que je vous le dise?
Harry ne comprend pas pourquoi il ne pourrait pas le savoir, alors il s'apprête à poser la question quand Hermione intervient:
- Kréature a raison, Harry. Il ne vaut mieux pas savoir. Qui sait ? Peut-être qu'on pourrait être tenté d'aller le chercher à cause du médaillon.
- Dans ce cas, ce n'est pas sûr non plus de le laisser à Kréature ! Le médaillon pourrait prendre le contrôle de lui !
- Rassurez-vous maitre, dit l'elfe, Kréature ne ressent pas les émotions néfastes du collier.
- Ah bon?
- Non, les elfes sont très différents de vous les humains, nous sommes immunisés contre ce genre de magie. C'est pour cela que Kréature a pu rester en contact avec le médaillon pendant toutes ses années, sans problème.
C'est vrai qu'Harry a complètement oublié que Kréature a vécu avec l'Horcruxe pendant plusieurs décennies. Preuve en ai que les créatures magiques sont vraiment différents des humains.
- Dans ce cas, c'est parfait, s'exclame Ron. Kréature peut le cacher.
Harry sourit, fait léviter le médaillon et le met rapidement dans la main de l'elfe.
- Kréature, cache le médaillon dans un lieu sûr où personne ne pourra jamais le trouver ou mettre la main dessus par hasard. Tu ne devras me le rapporter uniquement quand tu auras la preuve qu'on peut le détruire, d'accord?
- Oui maitre!
Kréature disparait immédiatement. Les amis soufflent un bon coup après les sensations fortes qu'ils viennent de vivre, mais ils sont interrompus par Dobby qui apparait devant eux, en s'inclinant bien bas.
- Dobby est désolé de vous déranger Monsieur Harry Potter, mais les membres importants de l'Ordre veulent vous parler, à vous et à vos amis.
- Pourquoi donc ? demande Harry d'une voix surprise.
La prochaine réunion ne se déroulera que le lendemain et Harry a tout fait pour s'assurer que personne ne viendrait le déranger aujourd'hui pour se concentrer sur leur mission. En voyant Dobby se mordre la lèvre, Harry s'en qu'ils vont avoir des problèmes.
- Ils savent pour votre excursion au ministère et veulent des explications. Ils ne sont pas contents du tout.
Le silence accueille cette explication avant que Ron ne s'exclame :
- Par Merlin, on a complètement oublié leur réaction !
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Cela faisait longtemps que Harry n'avait pas ressenti cela. L'impression de n'être qu'un petit garçon qui a fait une grosse bêtise et qui doit attendre que les grandes personnes le punissent. C'est pour cela que Hermione, Ron et lui se trouvent dans la salle du conseil, dans le QG au bord de mer, face aux autres membres qui attendent des réponses, tout en leur lançant des regards furieux. Personne n'a encore parlé et l'ambiance est pesante, mais Harry se dit qu'il va devoir parler en premier quand Maugrey s'exprime rapidement:
- Alors ? On attend.
Il s'agit plus d'un grognement qu'autre chose vite suivit par les reproches de Madame Weasley.
- Vous rendez vous compte de ce que vous avez fait ! Allez au ministère ! Seuls ! Sans prévenir l'Ordre et sans explication ! Vous auriez pu vous faire tuer ! C'était stupide et …
Ces propos réveillent Harry qui regarde plus attentivement ceux qui l'entourent. La fratrie Weasley, Fol œil, Remus, Tonks, Kingsley et Fleur se comportent comme si Harry leur devait une explication, mais ce n'est pas le cas, il ne leur doit rien.
Oui, il est le chef de l'Ordre grâce à Dumbledore.
Oui, il est seul alors qu'ils auraient dû être deux.
Oui, il est jeune et a fait quelque chose dans leur dos.
Mais il n'avait pas le choix ! Ils n'ont pas le droit de le traiter comme un enfant, encore moins quand ce qu'il a fait est normal. Sauf qu'ils ne peuvent pas le savoir et qu'il ne peut rien leur dire. C'est pour cela qu'il interrompt la matriarche.
- Avec tout le respect que je vous porte, madame Weasley, nous n'avons rien fait qui mérite cette colère.
Cela a pour mérite de clouer le bec à Molly Weasley et de surprendre tous les autres.
- Rien qui mérite notre colère ? Harry ! Tu n'es pas sérieux? s'exclame Remus en colère.
Oui, bon. Il est peut-être allé un peu loin en disant que leur colère est injustifiée. Le garçon à la cicatrice souffle et reprend:
- Je suis désolé qu'on ne vous ait pas prévenus de notre projet d'aller au ministère, mais cela s'arrête là. Je ne regrette pas de l'avoir fait et je ne m'excuserais pas... nous ne nous excuserons pas plus.
L'incompréhension se lit sur leurs visages. Ils commencent à tous parler en même temps, voulant des explications et faire des reproches aux trois Gryffondors, quand Fleur intervient avec son accent français :
- Stop ! Ça suffit ! On ne se comprend même plus.
Ils dévisagent tous la Française, peu habitués à ce haussement de ton. Une fois que Fleur à l'attention de toute l'assemblée, elle reprend:
- Peut-être pourriez-vous nous expliquer la situation ? Cela nous permettra de mieux comprendre tes propos Harry.
Harry voit Ron passer d'une jambe à l'autre et Hermione se mordre la lèvre. Harry les comprend. Comme expliquer qu'ils ne peuvent rien leur dire ?
- Nous avons une mission, dit-il sans poursuivre, n'allant pas plus loin dans sa déclaration.
- Quel genre de mission? demande Kingsley qui veut en savoir plus.
- Une mission que nous a confié le professeur Dumbledore, à Ténébris, Ron, Hermione et à moi avant de mourir.
- Pourquoi ne nous en a-t-il pas parlé ? demande le patriarche des Roux, surpris que Dumbledore ait pu leur cacher des choses.
- Car il voulait que nous soyons les seuls au courant, réplique Hermione.
- Mais pourquoi ? demande Tonks. Il ne nous faisait pas confiance?
- Ce n'est pas cela, Tonks, reprend Harry. Le professeur Dumbledore était convaincu qu'il fallait que le moins de gens possible soient au courant. Cette mission a pour but de détruire définitivement le Lord et nous sommes les seules à pouvoir la réaliser.
Les adultes observent les trois jeunes en face d'eux. L'idée qu'Albus ait confié une telle mission sans en parler à l'Ordre, les dérange beaucoup. Au début, ils ont accepté d'obéir à Harry, à contrecœur, mais il s'est avéré qu'Harry se débrouille très bien malgré l'absence de Ténébris. Mais de là à faire des cachoteries ? Cela, ils le digèrent moins bien. La voix de Bill se fait entendre pour calmer le jeu :
- Même si c'est le cas, cela ne doit plus être très secret maintenant.
- Que veux-tu dire, Bill ? demande Ron en ne voyant pas pourquoi leur mission n'a plus besoin d'être un secret.
- Ténébris a dû tout dire à Vous Savez Qui, non ? Si vous avez trouvé le moyen de le battre, il le sait forcément à l'heure actuelle.
- Bill a raison ! On doit le savoir également, dit Maugrey d'un ton sans appel.
- Ce n'est pas le cas, reprend Harry. Nous avons eu la preuve que Ténébris n'a rien dit à Vol… à Vous Savez Qui.
Heureusement, Harry s'est repris, attend et n'a pas prononcé à voix haute son nom.
- Quelle preuve? demande Molly peu convaincue
- Ténébris ne savait pas pourquoi nous étions au ministère, dit Hermione
- Et alors?
- Alors, cela signifie qu'elle a oublié, annonce Harry. Désormais, je suis persuadé que Ténébris a fait quelque chose à sa mémoire pour ne pas nous trahir. Sinon, elle saurait quelle est notre mission et que si on était présent au Ministère, l'endroit le plus dangereux pour nous, seulement tous les trois, sans l'ordre, elle aurait comprit et ne nous aurait pas poser la question. Vous pouvez être sûr qu'à ce moment-là, ce n'est pas Téné qu'on aurait vu, mais Vous Savez Qui. Jamais il n'aurait pris le risque que son secret soit dévoilé et il serait à l'heure actuelle en train de mettre, lui-même, le pays à feu et à sang pour tous nous tuer.
Ils réfléchissent aux paroles de Harry et doivent reconnaitre que c'est sans doute le cas. Si le Seigneur Noir sait que ses ennemis connaissent un moyen de le détruire, il serait beaucoup plus violent qu'à l'heure actuelle. Harry ne leur laisse pas le temps de reparler et enchaine :
- C'est pour cela que nous ne vous dirons rien concernant notre mission. Je vous demande de nous faire confiance. Je persévère à mettre tout mon temps et toute mon énergie dans l'ordre, mais vous devez comprendre que Ron, Hermione et moi continuerons à agir sur des affaires que vous devez ignorer.
Plusieurs grognements se font entendre, mais Harry décide dans rester là. Il ne veut pas débattre plus longtemps. Cependant, il finit en annonçant pour les rassurer :
- Je reconnais que ne pas vous avoir prévenu que nous nous rendions au ministère n'était pas très intelligent. Je vous promets que la prochaine fois, vous saurez que nous partons.
Cela ne les satisfaisait pas, mais c'était tout ce qu'Harry pouvait faire pour les rassurer.
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Harry est sur son lit, les yeux grands ouverts alors que la nuit est bien avancée. Il sait qu'il devrait dormir un peu. Cela fait maintenant deux jours qu'ils sont revenus du ministère, que le médaillon se trouve quelque part à l'abri en attendant de pouvoir le détruire et qu'il passe chaque instant à préparer l'Ordre, car les Mangemorts ont redoublé d'efforts. Il ignore si c'est un ordre de Ténébris, mais les Mangemorts font beaucoup de perquisition pour essayer de les retrouver, les obligeant à être encore plus prudent et Harry doit rassurer tout le monde. Raison pour laquelle il se donne à fond, montre qu'il est toujours présent et concentré. C'est la première fois qu'il peut se coucher tôt, mais il n'arrive pas à trouver le sommeil. Cela fait plusieurs années qu'il a des insomnies qui se réglé avec la présence de Ténébris à ses côtés, mais maintenant, Harry doit être vraiment épuisé pour réussir à dormir quelques heures, avant que ses cauchemars ne reprennent. Sauf qu'il a deux problèmes qui le maintiennent éveillé et qu'il ne peut pas résoudre.
La première concerne une lettre qu'il a reçue dans l'après-midi, écrite par Minerva McGonagall. Il fut très surpris de recevoir cette missive, signé à son nom. Il sait que son professeur de métamorphose fait partie de l'Ordre, mais elle était passée par Remus au début de l'été pour lui signaler qu'elle ne pourra pas être présente pour l'aider, mais qu'il pourra compter sur elle quand la situation se sera calmée à l'école. Mais ça, c'était avant d'apprendre que ce ne serait pas elle, la nouvelle directrice de Poudlard. C'est pourquoi son ancien professeur l'informe qu'il a tout son soutien, mais qu'elle ne pourra pas agir et aider l'Ordre. La directrice de Gryffondor a décidé que son combat se trouve dans l'enceinte du château, à protéger la nouvelle génération, depuis qu'ils savent que c'est Severus Rogue le nouveau directeur de l'école. Harry ne peut pas lui en vouloir, surtout que Rogue connait le soutien de la directrice adjointe pour l'Ordre et sera sans doute très surveillée, la mettant en danger si elle agit de quelques façons que se soit pour les aider.
Elle a quand même pu lui donner quelques informations importantes comme la première décision de l'ancien directeur des Verts. Apparament, il n'a pas eu trop de difficulté pour trouver deux nouveaux professeurs de défense contre les forces du mal et de l'étude des Moldus, car il a choisi les Carrow, un frère et une sœur Mangemorts. Elle l'informe également que l'étude des Moldus est devenue un cours obligatoire. Il ne faut pas avoir fait de grande étude pour comprendre qu'ils vont apprendre aux élèves à haïr les Moldus. De nouvelles règles vont également être rajoutées pour bien faire comprendre aux élèves que se "Rebellé" serait trop dangereux. McGonagall ne s'étend pas sur le sujet, ne sachant pas quelle sera la sanction, mais Harry craint le pire. C'est pour toutes ses raisons que le professeur de Métamorphose a peur de l'avenir de l'école et souhaite aider au mieux les élèves dans cette épreuve, ce qu'Harry comprend parfaitement et cela le rassurent de savoir que quelqu'un fera le nécessaire pour ne pas transformer ce lieu de paradis en enfer. Également parce qu'Harry a au fond de lui, l'espoir de pouvoir un jour récupérer le château et qu'avoir une alliée à l'intérieur les aidera grandement, même s'il ignore comment il fera pour la contacter et la persuader de l'aider, sans mettre en danger les élèves.
La seconde chose qui maintient Harry réveillé est la vision qu'il vient d'avoir avant de se coucher. Cela fait longtemps qu'il ne s'était pas rendu dans l'esprit de Voldemort et cela l'a pris de court. Il était dans la salle de bain pour se préparer à aller au lit quand une douleur au front lui arrache un gémissement. Voyant soudainement trouble, il est obligé de tenir le lavabo d'une main, alors qu'il plaque son autre main sur sa cicatrice, serrant les dents pour ne pas hurler. La vision ne vient pas tout de suite, mais une sensation se fait immédiatement ressentir. Il est en colère... pire, c'est même de la fureur, car Voldemort ne l'a pas encore en sa possession. Harry reste assez lucide pour comprendre que le Mage Noir recherche quelque chose, mais il ignore quoi ? C'est là qu'il pénètre complètement dans son esprit et voit à travers les yeux de Voldemort. Devant lui se trouve Gregorowitch, un fabricant de baguettes qui se tortille au sol, hurlant sous sa baguette. Le fabricant ignore qui l'a volé et cela met Lord Voldemort en rage, le torturant pour s'apaiser. Après plusieurs secondes, Lord Voldemort relève sa baguette pour cesser cette souffrance, ne voulant pas le rendre fou tout de suite. Non, avant, il a besoin de voir dans son esprit pour connaitre le visage du voleur. L'obligeant à se mettre sur le dos, Voldemort rentre dans son esprit et le parcours jusqu'à ce fameux soir quand Gregorowitch rentre dans sa boutique. Ses sorts de protection viennent de lui apprendre qu'un voleur est entré et il le voit, sur le rebord de la fenêtre, un jeune homme aux cheveux blond, fou de joie, tenant précieusement une baguette dans sa main, avant de s'enfuir dans la nuit. Qui était le garçon et où se trouvait maintenant la baguette ? C'était la question que Voldemort se posait, avant qu'Harry ne quitte son esprit, se réveillant dans la salle de bain. Il lui faut plusieurs secondes pour reprendre son souffle, mais les questions se bousculent dans sa tête. Pourquoi Voldemort veut retrouver ce voleur ? Qui était-il ? Pourquoi avait-il une baguette dans sa main ? Puis Harry comprend en pensant à la baguette ! Voldemort cherche un moyen pour pallier à un véritable problème les concernant. Ils ne peuvent se faire mal mutuellement à cause de leur baguette jumelle. Voldemort cherche un moyen pour contourner le problème en se trouvant une nouvelle baguette. C'était ingénieux, mais Harry ne comprenant pas tout. Il savait que Ollivanders avait été capturé par Voldmeort l'été dernier, alors pour quoi partir à la recherche d'une autre baguette ? Ollivanders pouvait là lui créer. Cela signifie sans doute que cette baguette était spéciale. Mais en quoi ? Et pourquoi tout le monde semblait si intéressé, entre Gregorowitch, ce voleur et Voldemort ?
Désormais, l'image du voleur l'obsède, sans savoir pourquoi. Harry est sûr que Gregorowitch est désormais mort et toute la concentration de Voldemort va se porter sur cet homme blond. Mais ce qu'Harry veut savoir, c'est pourquoi le Mage Noir veut tant cette baguette et pas une autre ? Harry n'arrive pas à dormir de toute la nuit et au petit matin, il n'avait pas le début d'une supposition.
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Minerva est bien heureuse d'avoir écrit sa lettre à Monsieur Potter aussi rapidement, surtout maintenant qu'elle la revoit après presque trois mois d'absence. Minerva a été appelé dans le bureau du directeur la veille de la rentrée scolaire. Immédiatement, la directrice des Rouges sait qu'il y a un problème, car l'équipe pédagogique est au complet et a déjà eu droit au conseil de prérentrée par le directeur. Severus Rogue a même été très clair sur ses intentions et la nouvelle politique de l'école qui sera beaucoup plus dure. Il suffit d'ailleurs de regarder les Carrow pour le comprendre. Pour Minerva, ces deux individus relèvent plus de psychopathes que d'humain, surtout quand apparait une lueur de vice. Jamais, elle n'aurait cru que Severus puisse confier le rôle de professeur aux jumeaux Mangemort, mais après avoir tué Dumbledore, cela ne doit pas vraiment lui poser de problème.
À l'instant où la directrice adjointe pose un pied dans le bureau, qui n'a pas changé depuis la mort de l'ancien directeur, cela la conforte dans son idée de rester ici pour prendre soin des étudiants. Puisque cette fois, l'équipe professorale n'est pas aux complètes, regroupant seulement, Horace Slughorn, Pomona Chourave, Filius Flitwick, elle-même, les deux Carrow, Severus Rogue et…
Ténébris.
Minerva ne s'attendait pas à voir la jeune fille qu'elle a élevée et aimée comme la sienne, se retrouver dans le bureau directorial. Elle est là, assise sur un coin du bureau, près de Severus et les observe de son regard rouge sang, ne laissant paraitre ni bonté ni joie dans ses yeux. Mais le pire, c'est que juste derrière le fauteuil du directeur, se trouve le portrait d'Albus Dumbledore.
La tradition veut que le portait de l'ancien directeur décédé soit mis dans le bureau dès que le nouveau prend ses fonctions. Albus n'a pas fait exception à la règle. Alors, revoir les deux Dumbledore si proches et pourtant à des années lumières l'un de l'autre, brise son vieux cœur. Surtout quand elle se rend compte que la magie de Ténébris a rendu muet et statique Albus.
À l'instant où la porte se referme dernière elle, Ténébris quitte son perchoir pour s'avancer et leur fait un grand sourire en écartant les bras comme si elle souhaitait leur faire un câlin :
- Mes très chers professeurs, je suis si heureuse de vous revoir après cette longue période d'absence. Comment allez-vous ?
Minerva fixe la jeune adulte ne sachant pas quoi répondre. Mais y a-t-il une bonne réponse à cette question ? Non, aucune. Ténébris sait très bien qu'ils ne vont pas bien, car ils ont perdu Albus, puis elle, Severus a pris le contrôle de l'école et désormais, ce ne sont plus que des figurants pour le nouveau gouvernement. Lui mentir ne servirait à rien et lui dire la vérité ne ferait que les exposer encore plus. Elle doit bien s'en rendre compte, car Ténébris rigole devant cette absence de réponse et reprend:
- Je vois qu'il y a du bon à la mort de ce vieux fou, vous connaissez désormais votre place.
Le choc aurait dû se lire sur les visages des quatre anciens professeurs, peu habitué à de telles paroles venant de la jeune fille. Sauf qu'ils n'en sont plus à ce stade, sachant pertinemment que l'enfant chéri n'est plus. Ténébris poursuit son chemin jusqu'à prendre les mains de Minerva dans les siennes, qui reste complètement statique. Les mains de son ancienne protégée sont glaciales et son sourire est de plus en plus cruel à mesure qu'elle scrute ce visage.
- Minerva, je suis sûr que tu continueras à prendre soin de tous les étudiants présents dans l'école.
- Évidemment, dit-elle d'un ton sec, laissant une pointe de fierté transparaitre dans sa voix.
Apparemment, c'est la réponse que Ténébris attendait. Elle reprend, mais cette fois avec une nouvelle lueur dans les yeux... une lueur dangereuse.
- Bien, c'est pour cela que j'ai demandé à Sev de vous réunir tous les quatre avec Amycus et Alecto Carrow.
Elle se retourne après avoir lâché ses mains et ses cheveux corbeaux volent autour d'elle, pendant qu'elle se rapproche de la cheminée. Désormais dos à eux, Ténébris semble contempler les flammes avant de murmurer, telle une évidence :
- Je sais que votre loyauté va désormais à Harry et cela me va.
Personne ne réplique, attendant la suite qu'ils savent être le plus importants.
- J'ai longtemps envisagé la possibilité de demander à Severus de vous remplacer, poursuit-elle. Pourquoi garder une potentielle menace dans l'enceinte de l'école ? Vous pourriez nous espionner, chercher un moyen de récupérer le château ou de tout simplement essayer de nous tuer. Alors, pourquoi vous garder ? Oui, pourquoi?
Une buche craque et des étincelles s'élèvent, remontant dans la cheminée. Ténébris continue de regarder les flammes, comme fascinée, comme si toutes ses questions se trouvaient au centre de ce brasier. Minerva se demande bien ce que Ténébris peut bien trouver dans ce spectacle, mais la réponse lui vient en même temps que les paroles de la fille du Mage Noir. Elle voit dans ces flammes le monde que le Lord veut bâtir.
- Vous êtes des personnes avec de grandes compétences magiques, douées pour la pédagogie. Vous virez serait trop dangereux pour l'avenir, vous pourriez former des élèves dans la clandestinité, et vous tuez, vous empêcherez de transmettre vos connaissances, faisant de vous des martyrs, un symbole de résistance. Alors il suffit de vous garder, mais en prenant… nos précautions.
Ténébris se retourne enfin et son regard est complètement fou, faisant scintiller ses iris rouges qui ressemblent aux flammes dans la cheminée. Minerva a un frisson qui s'accentue avec ces mots :
- Vous connaissez les nouvelles règles pour les étudiants, mais il est temps que vous connaissiez les vôtres. En tant que directeur de maison, vous devez montrer l'exemple. Il vous est dorénavant interdit de parler avec vos étudiants d'autres choses que ce que vous enseignez, vous n'aurez plus de contacts avec l'extérieur sans l'accord de Severus, vous aurez des rendez-vous une fois par semaine avec le directeur et les Carrow pour faire le point, vous devrez assister à tous les repas et vous les quitterez à une heure bien précise. Aucune exception, aucune faute ne sera accordée.
Ténébris avance de nouveau pour se positionner bien en évidence devant les adultes.
- Une erreur, une seule et unique petite erreur, est vos précieux étudiants en payeront le prix.
- Quoi ? demande la directrice des Poufsouffles
L'incompréhension se lit dans son regard. Quant aux autres, c'est la peur qui les domine, ayant compris ce que Ténébris veut dire.
- Oui ma très chère Pomona. Ce n'est pas vous qui serez puni, mais les étudiants, pris au hasard. D'ailleurs, il est peut-être temps que Severus vous parle plus en profondeur des nouveaux cours de Défense.
Le directeur, qui n'avait pas parlé ni bougé jusque-là, décroise les doigts et dit sans émotion :
- Les cours seront rebaptisés «L'art de la magie noire», je vous laisse donc imaginer ce que les élèves apprendront.
La terreur est inscrite sur les visages des directeurs des maisons. Il ne faut pas être très intelligent pour comprendre que les élèves vont apprendre la pire magie possible, mais surtout, apprendre à lancer les trois sortilèges impardonnables. Ce qui signifie qu'ils vont avoir besoin de cobayes pour lancer deux d'entre eux : l'Impero et le Doloris. La menace de Ténébris est plus que claire : désobéissez-moi et vos élèves souffriront plus que de raison, quitte à devenir fous.
Elle les tient et ils le savent tous.
À ce moment précis, une secousse ébranle le château, faisant s'entre choqué les objets de la pièce et obligeant les personnes à se maintenir aux murs ou a touts objets fixent, alors qu'une magie sort des briques. Les Carrow réagissent tout de suite et sortent leur baguette, croyant sans doute à une attaque, regardant autour d'eux.
Mais tous les autres ne font rien, restant figés dans leurs positions, car la magie qui vient d'être utilisée, ils la connaissent tous. La première et dernière fois qu'ils l'ont senti, c'était quand Dolores Ombrage enseignait à l'école. Elle venait de découvrir l'existence de l'AD en mettant la main sur ses membres et c'était précipité vers ce même bureau avec Harry Potter et Ténébris. Ce soir là, Albus avait dû fuir l'école et cela aurait dû être également le cas pour Ténébris, mais ce ne fut pas le cas grâce à l'école. C'est donc sans surprise qu'apparait le même dragon d'or que cette fois-là. Il n'avait pas changé, dégageant toujours cette aura de prestance et de puissance. Pourtant, il semblait bien plus triste qu'avant, propageant une émotion de nostalgie et de peine autour de lui. L'animal se place devant le directeur qui s'est levé d'un bon, alors que Ténébris perd pour la première fois son sourire et son air supérieur, laissant apparaitre sa colère en comprenant que le dragon s'est positionné ainsi pour protéger les directeurs de maisons. Les Carrow, eux, observent ce phénomène, abasourdis, ne sachant pas quoi faire.
L'enfant des Ténèbres laisse le ressentiment l'envahir, mais ne fait pas un geste, préférant fixer le Symbole de l'école, son protecteur et gardien, alors que c'est lui qui l'avait défendue, dans ce même bureau, face à Dolores Ombrage qui voulait la renvoyer. Au fond d'elle-même, elle n'est pas vraiment surprise par cette apparition, mais elle reconnait qu'elle avait espéré qu'il n'apparaisse pas, ne voulant pas que les rôles soient inversés. Soit, après tout, il pouvait bien les protéger, ce n'était qu'un esprit ! Que pouvait-il bien faire contre elle ?
C'était sans doute la même pensée qui avait traversé l'esprit d'Ombrage en se trouvant face la créature et Ténébris aurait dût se souvenir de la puissance que le dragon avait utilisée pour la défendre, peut être alors, n'aurait-elle pas eu l'orgueil de croire qu'il était inoffensif.
Si la dernière fois, le dragon n'avait pas bougé et avait préféré utiliser la magie pour la défendre, ce n'est pas le cas maintenant. Il pose sur elle ses immenses yeux jaunes et avance sa tête vers elle, comme pour mieux la regarder, cherchant sans doute quelque chose dans son regard. Son geste est si lent que la jeune adulte ne sille pas, laissant même une lueur de défie perler dans ses yeux, prêts à le faire disparaitre de force.
Aucun autre adulte ne fait un seul mouvement vers eux. Ils sentent au plus profond d'eux que cela ne les concerne pas, qu'ils ne doivent pas intervenir, car c'est un moment unique qui n'appartient qu'à ces deux-là. Une fois que le museau de la créature est à quelques centimètres de son visage, Ténébris prend la parole avec mépris et supériorité :
- Qu'espères-tu en apparaissant ?
Le dragon ne s'agite pas, continuant de la fixer tranquillement, alors que la magie de Poudlard reste dans le bureau, propageant calme et sérénité. Cela a le don d'énerver encore plus Ténébris qui fronce les sourcils et sent sa magie rugir en elle. Comment ce gros lézard ose-t-il rester planté là ? Elle fait appel à sa magie qui apparait dans sa main, avant de la lancer vers l'animal. Les professeurs sont surpris de ce geste qui semble désespérer, mais n'ont pas le temps de réagir que déjà, la magie noire percute le dragon doré... qui absorbe cette magie sans difficulté.
Tout à coup, pour la première fois depuis qu'elle a rejoint son Père, Ténébris ressent la magie antique de nouveau en elle. Elle pose la main sur son cœur et murmure :
- C'est impossible.
Cela fait des mois qu'elle n'a pas ressenti cette magie ! Elle pensait qu'elle avait disparu en même temps que «l'autre», mais apparemment, ce n'est pas le cas. La magie Antique pulse dans son noyau magique, mais elle pensait qu'elle serait agressive, voulant sortir et voulant tuer, ressentant ses envies de meurtre. Elle pensait qu'elle serait son alliée, comme elle l'a été pour son alter ego, mais ce n'est pas le cas. Au contraire, sa magie antique est aussi noire que les Ténèbres (comme avant), mais elle est douce, cherchant dans son âme la présence de son homologue, sans doute bien décidé de la faire revenir. Comprenant ses intentions, Ténébris propage ses Ténèbres en elle dans l'espoir d'étouffer la magie Antique avant qu'elle ne trouve la prison qu'elle a créée au fond de son esprit.
- Elle n'est pas là ! hurle l'ancienne Gryffondor avec défi. Jamais plus celle que tu protèges ne reviendra. C'est moi qui suis désormais aux commandes et je compte bien y rester !
Elle devine que si la magie antique est réapparue en elle, c'est grâce au Dragon. Elle ignore comment Poudlard a fait, mais elle ne disparaitra pas ! Petit à petit, elle arrive à le repousser, mais c'est là qu'une voix se fait entendre. Une voix immatérielle, douce, mais tellement mélancolique :
- Elle reviendra ... plus puissante et fidèle à ses principes ... et ce jour-là, plus jamais tu ne réapparaitras.
Ces mots étaient énoncés, telle une prophétie, permettant de faire renaitre l'espoir dans le cœur des directeurs des maisons. Est-ce que le dragon avait vu quelque chose ? Est-ce qu'il sait ce qui va se passer ? Sauf que pour Ténébris, c'était hors de question ! Voldemort l'a créé pour l'aider dans ses plans de conquêtes ! Quand Dumbledore l'a capturé bébé, elle était trop jeune pour comprendre le manège de l'adulte et une part d'elle a bêtement cru à ses mensonges, qu'ils seraient une famille et qu'il sera toujours là pour elle. C'est cet espoir qui les ont scindés en deux, créant deux Ténébris, dans ce même corps et alors que son homologue décidait de croire en ce vieux fou, elle prenait en même temps le contrôle, l'a reléguant en arrière plan, étant même oublié par la jeune fille. Heureusement, elle s'est réveillée quand son alter ego a été blessé par Dumbledore, réalisant qu'il l'avait adopté à cause d'un plan qu'il avait créé de toutes pièces. Ce traumatisme était si fort, qu'elle est revenue. Cependant, elle était restée calme, dans l'ombre, attendant patiemment le bon moment pour revenir au-devant de la scène et ce fut le cas. Si elle n'avait pas été touchée par le sortilège de Bellatrix, elle aurait pu attendre encore longtemps. Heureusement, elle est désormais bien de retour et compte bien rester, même si elle a subi des tortures et la douleur à cause du mécontentement de son père, suite à son incapacité à lui fournir la moindre information. Elle s'était juré de ne plus jamais le décevoir, mais elle a malheureusement échoué suite à son échec au ministère. Elle peut subir toutes les brimades de son Père, cela ne la dérange pas, mais hors de question de disparaitre de nouveau et certainement pas à cause d'un esprit ! Au moment où elle pense réussir à chasser le dragon, le gardien de l'école fait quelque chose que personne n'aurait pu imaginer.
L'animal sacré pose son front sur celui de Ténébris, ce qui stoppe la jeune fille dans son combat et abasourdit les autres. Sans rien comprendre, perdant tout contrôle sur sa propre magie, la magie antique de la fille du Mage Noir s'unit à la magie antique du gardien. De la chaleur se répand dans tout son corps, se propageant en elle, sans qu'elle ne puisse faire quoi que se soit, mais la magie disparait aussi rapidement qu'elle est apparue, ainsi que le dragon. Personne ne dit plus rien, ne sachant quoi faire face à ce qui vient de se passer.
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Harry est adossé à sa fenêtre quand les aiguilles de son horloge pointent 11 heures du matin. Le ciel est sans nuage, laissant le soleil brillait pleinement. Cela devrait remonter son humeur, mais il n'y arrive pas, car ça y est, le Poudlard Express vient de partir en ce premier septembre et il n'est pas à l'intérieur. Leur wagon est sans doute déjà pris par des étudiants, nouveaux ou anciens, mais il ignore si l'ambiance dans le train est aussi bonne enfant qu'avant ou si les nouvelles lois de Poudlard ont déjà impacté l'esprit des élèves. Une boule gonfle dans sa poitrine, mais il retient ses larmes en sachant qu'il ne reverra pas de sitôt l'endroit qu'il considère comme sa maison. Mais l'aurait-elle été dans la conjoncture actuelle ? Ici, il faut beau, mais est-ce le cas à Londres ? Ou encore au château ? Est-ce que le vent s'est levé et les nuages ont-ils caché le soleil, comme pour soutenir la nouvelle génération ? Est-ce que l'école a changé ou est-elle restée aussi belle qu'à ses yeux ? Le buffet de début d'année aura-t-il lieu, aussi merveilleux et somptueux ou est-ce que Rogue aura marqué le coup en propagent l'ambiance des cachots ?
Que peut également bien faire Ténébris à cet instant ? Elle aussi, est-elle triste de ne pas y retourner ? Pense-t-elle au train qui part et à ses années passées dedans ? Ou bien sourit-elle en sachant qu'il ne peut plus y aller sans risquer sa vie ? Tellement de questions dont il n'a pas la réponse. Valent-elles seulement la peine d'être posées et qu'il se torture l'esprit, alors qu'elles n'ont pas d'importance dans cette guerre ? Au final, Harry se dit que oui. C'est important pour lui, cela lui permet de ne pas devenir fou. Le Survivant jette un dernier coup d'œil à l'extérieur avant de retourner derrière son bureau, en espérant qu'un jour, les moments de bonheur qu'il a passés reviendront.
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Septembre vient de laisser place à octobre et aux beaux jours. Désormais, les nuages ont recouvert l'Angleterre, le vent s'est soulevé, emportant avec elle les feuilles jaunis par le temps et la pluie a commencé à couler sur les terres anglaises, mais également sur les visages. Harry se trouve de nouveau à l'infirmerie et il n'y a pas une seule personne autour de lui qui ne pleure pas, exprimant leurs chagrins dans l'eau salée qui tombent de leurs yeux et les cris qu'ils poussent, tenant pour certaine une personne dans leurs bras, tout en leur marmonnant des mots d'encouragement. Combien a-t-il de blessés, de corps sans vie, de famille détruite dans cette pièce remplie ?
Harry commence à se familiariser à cette scène et cela l'inquiète énormément. Les combats sont devenus de plus en plus intenses au fil des semaines, plongeant leur monde dans un chaos encore plus dévastateur que précédemment. Ténébris, qui dirige l'ennemi en l'absence de Voldemort, lance à répétition des assauts, engendrant de plus en plus de morts et d'âmes détruites. Ron arrive à contrer ses interventions, protègent la population Moldus et sorcières, mais cela leur coûte d'innombrable vie dans leurs camps, qui se réduit aux fils des batailles. Le roux pense que Ténébris veut épuiser leurs combattants et les affaiblir pour les vaincre plus rapidement, les démoralisant et s'assurant qu'aucune nouvelle personne ne veut les rejoindre. Hermione craint également que son ancienne meilleure amie prenne du plaisir à faire tout cela et cela lui fait peur.
Pour Harry, outre le fait que cela le scandalise que Ténébris fasse tout cela, il n'a qu'une envie, se jeter dans les combats. Il veut être en première ligne, lancer des sorts, sentir l'adrénaline couler dans ses veines pour lui montrer qu'il est toujours vivant et qu'elle n'arrivera ni à le battre ni à le faire plier. Il veut que tous sachent, que la flamme brûle encore en lui, qu'il ne se cache pas comme le souligne la Gazette, désormais aux mains des Mangemorts.
Mais il ne peut pas.
Les adultes de l'ordre sont intransigeants, faisant regretter à Harry d'être leur leader. Pour les anciens, si Harry part au combat, il deviendra la cible prioritaire à abattre ou à capturer, raison pour laquelle il doit rester au QG. La seule chose qu'il peut faire quand les combats sont terminés et de montrer qu'il est toujours là et cette situation l'énerve énormément. Il a horreur de faire la potiche, sans agir ! Il est un homme d'action, qui ne s'est jamais caché derrière d'autres sorciers et savoir que des personnes le pensent, l'irrite.
Sauf qu'aujourd'hui, les choses sont différentes. Harry, Ron et Hermione sont dans un village Moldu, en plein duel, où les différents sortilèges fusent de partout.
Il y a quelques minutes, un message est arrivé au QG annonçant que des membres de l'Organisation sont tombés dans un piège et qu'ils ont besoin d'aide. À cet instant, Harry se souvient de ces scènes à l'infirmerie et il ne peut pas en voir d'autres. Alors, son sang ne fait qu'un quart de tour à cette annonce. Il est resté trop longtemps enfermé dans le QG, sans que la quête des Horcruxes avance ou sans avoir des explications sur la recherche interminable de Voldemort. Il n'en peut plus de cette situation, de cette inaction de sa part. Le jeune adulte transplanne immédiatement, sans écouter les cris des autres ou sans réfléchir aux conséquences s'il est blessé ou fait prisonnier, laissant son côté Gryffondor le guider. Comprenant ses intentions et pour le protéger, Ron et Hermione transplannent également, sachant où il va aller.
Sauf qu'ils auraient peut-être dû en discuter quand même en amont, car ils tombent en plein milieu des duels, les obligeant à se mettre dos à dos pour protéger leurs arrières. Hermione voit sur sa droite une personne tomber au sol, mais elle ne peut pas tourner plus la tête pour savoir si c'est un ennemi ou un ami. Le terrain est trop accidenté, laissant des cratères apparaitre sur ce qui devait être autrefois une route et les maisons ont laissé place à des murs qui tiennent difficilement debout. Cela n'est pas grave, car ils arrivent quand même à trouver refuge derrière l'un d'entre eux pour remettre leurs idées au clair. Harry regarde autour de lui et voit des corps jonchés le sol. Il voit des capes noires, signe que certains sont des Mangemorts, alors que d'autre ont des tenus plus traditionnel, preuve qu'ils font partie de l'ordre. L'élu croise le regard d'une femme au sol et il comprend qu'elle est morte en voyant ses yeux vides, inertes. Il regarde plus attentivement et constate qu'ils ne sont pas tous morts. Il voit des ventres bougés, des gens haletés ou gémissant, preuve qu'ils sont encore en vie. Harry s'apprête à en faire léviter quelques-uns vers eux pour leur apporter les premiers secours quand Ron marmonne :
- Il y a un problème.
Aussitôt, Harry porte son attention sur son ami et demande.
- Quel est le problème ?
- C'est calme.
Et en effet, Harry fait enfin attention au silence qui les entoure. Il n'y a plus de sort, de hurlement ou de cri de joie. Ce qui est également mauvais signe, c'est qu'ils sont toujours à l'abri derrière leurs murs. Les Mangemorts doivent déjà être au courant qu'il est sur le champ de bataille et en toute logique, ils devraient se concentré sur eux, utilisant tous leurs sorts pour détruire ce hamas de pierre et le faire sortir, mais là, rien. Il y a également un autre problème. En tout logiques, les Mangemorts posent des sorts anti-transplannage pour empêcher l'Ordre d'appeler des renforts, mais là, ils ont pu passer sans aucun souci, tombant même en plein milieu des combats, bien en évidence. Ils se regardent tous les trois dans les yeux et ils ont tous les trois compris ce qui se passe.
Ils sont eux-mêmes tombés dans un piège.
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Ténébris s'est positionné au sommet d'une colline où elle a une vue directe sur le petit village, qui ne peut déjà plus porter ce nom, aux vus des ravages. Tous les Mangemorts présents peuvent admirait son sourire satisfait, car c'est la seule dont le visage est à découvert à l'inverse des autres Mangemorts qui portent leur masquent de crâne. Elle admire le spectacle sachant que son plan a enfin payé. Son but était de forcer Harry à sortir de sa cachette. Elle savait très bien qu'Harry ne resterait pas éternellement loin des combats, il a le sang trop chaud pour cela, lui qui refuse que les gens meurent pour lui. Il fallait juste lui donner un coup de pouce pour sortir et l'affronter, c'est pourquoi elle avait enchainé les affrontements pour leur laisser le moins de répit possible et qu'Harry voit les gens qui croient en lui, tomber les uns après les autres. Un rictus apparait quand elle entrevoit ses anciens amis sur le champ de bataille et elle commente :
- Que le combat commence.
La jeune mage noir fait un pas en avant, avant de transplanner derrière leur abri d'infortune. Elle pose sa main sur la terre pour envoyer des ondes et faire écrouler le mur. Elle ne veut pas qu'ils soient ensevelis en dessous, voulant les affronter directement. Malheureusement, de la poussière s'élève, cachant les 3 Gryffondors à son regard. Il faut attendre que la poussière s'éparpille avant de croiser le regard de l'un d'entre eux.
Celui d'Hermione qui la reconnait tout de suite.
La jeune brune ne s'attendait pas à l'arrivée de Ténébris. Pourtant, si les garçons ne l'ont pas encore vu, c'est à elle de les protéger, se mettant en position de combat, mais elle n'ose pas lancer le premier sort. Hermione cherche dans les yeux de sang une trace, une preuve que son amie est toujours là, quelque part. Mais la vérité doit être dite : elle ne trouve rien. La dernière fois, elle n'avait pas parlé quand Ténébris l'a traitée de Sang de Bourbe, mais pas cette fois.
- Ténébris, je t'en prie, ressaisis-toi ! Ce n'est pas toi !
La nommée sourit à ces mots, mais ne réplique rien. Les combats ont recommencé autour d'eux et Ténébris entend les deux garçons éternuer, dans le nuage de poussière, mais ils n'ont pas encore remarqué sa présence. La lionne reprend et fait un pas en avant :
- Je sais que tu es toujours là quelque part ! Jamais tu ne nous aurais abandonnés ! La Ténébris que je côtoie se serait battue pour revenir, je suis sûre que c'est le cas, alors revient auprès de nous !
Hermione est prête à parler pendant des heures pour revoir son amie. Mais son cœur se brise quand Ténébris éclate de rire et réplique:
- Tu ne crois quand même pas que ton discours ridicule me fera quoi que ce soit ? Tu es bien pathétique et naïve, Hermione.
L'enfant des Ténèbres enjambe les quelques mètres qui les séparent. Hermione lui lance un sortilège de jambe en coton, mais Ténébris lève une simple barrière pour se protège, avant que d'un mouvement vif, elle attrape violemment le menton de son ancienne amie.
- Et moi qui croyais que tu étais la plus intelligente de ta génération, Hermione. Je me suis gravement trompée apparemment.
Hermione continue de la regarder, laissant apparaitre toute sa tristesse et la douleur qu'elle ressent, avant de murmurer d'une voix douce, presque maternelle :
- Ce n'est pas une question d'intelligence, Ténébris. C'est de l'espoir, car je suis certaine que la vraie toi est toujours là.
- Tu radotes Hermione. Et puis, qu'est-ce qui te fait croire cela ? demande Ténébris en approchant ses lèvres de son oreille.
Hermione utilise tout son courage de Gryffondor pour pouvoir affirmer, sans que sa voix ne flanche:
- Car tu m'aurais déjà tuée s'il ne restait plus rien de toi.
Ténébris la pousse en arrière, mais Hermione reprend vite son équilibre pour voir le regard furieux de Ténébris, face à ces dires. Avant qu'elle ne dise quelque chose, Hermione poursuit :
- Jamais je n'oublierais ce que tu as fait. Tu as été la première fille de mon âge à me tendre la main, à être là pour moi, quand j'en ai eu besoin.
La main qui tient sa baguette tremble face à ses émotions, mais elle continue, gardant ses yeux bruns fixés sur son vis-à-vis.
- Tu as toujours été là pour me protéger contre ceux qui me dénigrer pour ma passion des études, mais également pour me pousser à donner le meilleur de moi. Il n'y avait pas de compétition entre nous, me montrant même ce qui se passe, loin des livres, m'aidant à avoir des amis et faire ce qu'il faut pour ses convictions ! J'ai toujours pu compter sur toi, Téné, dans les moments de peur, de doute ou de joie. Je refuse de voir en toi autre chose que celle que tu es vraiment. Lestrange a peut-être utilisé un sort pour te changer, mais la vraie Ténébris est toujours là.
En parlant, Hermione pose sa main libre sur le cœur de Ténébris, dans l'espoir fou de la réveiller et de la revoir. Pourtant, Ténébris continue de la fixer et ne réagit pas à ses paroles. Plusieurs secondes passent avant que Ténébris parle :
- Les êtres inférieurs comme toi n'ont pas leur place dans notre monde.
Cette fois, Ténébris arrive à faire tomber Hermione au sol. Elle lève les yeux sur Ténébris, ressentant le gout amer d'avoir échoué et de l'avoir perdu, quand elle voit la main de Ténébris se lever vers elle. Il n'y a aucune lueur de doute dans les iris rouge, lui faisant comprendre que son ancienne amie n'hésitera pas. Hermione reste figée en entendant les premiers mots de la formule de mort.
- Avada Keda…
Mais elle ne termine pas sa phrase, car surgit à sa droite un Griffon qui la percute de plein fouet, l'envoyant valser à plusieurs mètres. Immédiatement, Hermione reconnait Harry dans sa forme d'animagus. Ron est derrière elle, recouvert de poussière, passe ses mains sous ses aisselles et l'oblige à se mettre debout avec violence :
- Viens, Hermione, il ne faut pas rester là!
- Mais Harry…!
- Il saura se débrouiller, c'est entre eux deux ! On ne sera qu'une gêne pour lui.
Quand Hermione sent que Ron tremble de tout son corps, elle comprend qu'il a été choqué par le geste de Ténébris. Il a eu peur de la perdre à jamais, mais malgré tout, Ron ne laisse pas la colère l'envahir et laisse faire Harry. C'est pour cela qu'Hermione s'exécute et s'éloigne pour laisser de la place à son ami. Elle espère sincèrement que l'amour qu'Harry porte à Ténébris sera assez fort pour réussir.
Ténébris se relève en fixant l'animal en face d'elle, tout en le fusillant du regard. Elle était tellement concentrée sur la brune qu'elle n'a pas fait attention à sa principale cible. C'est une erreur qu'elle ne reproduira pas, car s'il veut jouer, elle va jouer également. Elle ne propage pas sa magie pour attaquer le Griffon. À la place, elle se transforme en phœnix.
En la voyant se transformer, Harry pousse un cri de surprise, ne s'attendant pas à la voir ainsi. Avant ses plumes étaient rouge, incandescent, magistrales et rayonnantes, laissant apparaitre des reflets d'ors au bout de ses plumes, lui donnant un air fier, mais droit. Sauf que ce n'est plus le cas, car désormais, son plumage est noir encre, ne laissant place à aucune autre couleur. Quand la lumière du soleil se pose sur ses plumes, c'est comme si elle absorbait la lumière et propageait les Ténèbres, signe que la magie noire la domine.
Harry, que l'instinct animal guide, n'aime pas cela. Il tape ses membres avant contre le sol, signe qu'il est anxieux, tout en poussant ses cris d'indignation. Pourtant, quand le phœnix noir prend son envol et sort ses serres, le Griffon bat des ailes pour la rejoindre dans les cieux. Commence alors une danse aérienne des plus mortelles. De loin, on dirait un ballet où aucune fausse note n'apparait. Les deux animaux s'approchent, s'agrippent et s'éloignent inlassablement dans une chorégraphie des plus enivrante. Mais à l'instant où on voit le sang coulé, on comprend qu'il n'y a rien d'harmonieux dans ce spectacle.
C'est tout l'inverse.
Ténébris utilise ses serres et son bec pour transpercer la peau épaisse d'Harry. Quant à lui, il n'attaque pas vraiment, ne voulant pas la blesser et préférant la défense. Le problème de cette stratégie est qu'il n'arrive pas à arrêter tout l'offensif de Ténébris, laissant des trainées de sang sur leur passage. Ténébris lance une nouvelle attaque vers le buste de l'animal, toutes griffes dehors, mais au dernier moment, elle se repositionne pour passer au-dessus de lui, agrippant son dos avec ses serres. Harry hurle de douleur et secoue violemment la tête pour la faire lâcher prise, ce qu'elle fait, mais elle fonce droit vers le sol. Elle n'a pas le temps de se redresser pour retourner à l'attaque. C'est pourquoi à la place, elle se retransforme en humaine avant de tomber sur le sol. Une fois un pied par terre, elle lance immédiatement un Endoloris sur le Griffon qui le reçoit en pleine face, n'ayant pas eu le temps d'esquiver.
Harry ressent comme si des milliers de couteaux se plantaient sur son corps et chute vers le sol. Il ne sait même pas comment il a réussi à atterrir sans se casser un membre, mais il n'a pas le temps de se remettre du sort, qu'il voit Ténébris s'approcher de lui. Il redevient un humain, ventre à terre, le dos en sang où apparaisse des lacérations, et fixe Ténébris qui a un grand sourire.
- Un dernier mot, Harry Potter?
Ténébris oublie complètement l'ordre de son père de ne pas le tuer. Elle est envahie par la magie noire et l'ivresse du combat. Son sang tape contre ses tempes en voyant le liquide carmin couler de son dos. Elle aime voir sa vie diminuer, son élixir de vie poursuivre sa course sur la terre.
Quant à Harry, un calme s'empare de lui, refusant de lui faire le plaisir de la supplier. Il se relève difficilement, faisant sortir sa baguette de son holster pour récupérer sa baguette dans sa main. Face à face, Harry respire fortement, mais répond avec conviction :
- J'espère juste que tu redeviendras toi-même, avant qu'il ne soit trop tard.
Un sourire cruel apparait sur le visage de la jeune fille en entendant ces mots et se donne comme devoir de détruire cet espoir ridicule :
- Jamais.
Elle pointe sa main face à elle, les yeux écarquillés de plaisir, au moment où elle lance le sort vert mortel vers lui. Elle savoure déjà son triomphe, mais le sort n'atteint jamais le Survivant. À la place, un mur de pierre se dresse entre lui et son sort. Les deux combattants se retournent vers celui qui vient de protéger l'élu qui dit:
- Je vous interdis de mourir aussi bêtement, monsieur Potter.
