Journal de la revieweuse

Lilinnea : Les dramas asiatiques ont cette magie qui fait que, peu importe l'énormité du plot, ça passe crème. Le plus drôle, c'est la différence entre le public asiatique et les autres. Apparemment, eux il regardent en mode T_T presque on s'en fout et le reste du monde, c'est O.o hyper impliqué XD
Hey, faut-il avoir vraiment vécu une situation pour l'écrire de façon crédible ? C'est ça, être un bon écrivain. Mdr, non, je plaisante. Je n'ai pas été personnellement impliquée mais je sais que les personnes qui bossent en direct avec le public en prennent plein la tête. Il n'y a qu'à lire/voir/entendre les témoignages qu'on peut trouver sur le net.
Reis entrevoit des choses, certes mais on est encore loin de la cohabitation de confiance. Mais ça va venir. Tu es comme moi, tu aimes le bonding ;)

Peut-être qu'Ysée va commencer à mettre un tout petit peu d'eau dans son vin ?


CHAPITRE 6 - ENTRE-DEUX

Aucun mot n'était assez fort pour exprimer le soulagement et la reconnaissance qu'Ysée éprouvait quand elle revint de sa pause. Reis avait eu l'élégance de ne pas l'attendre pour ne pas lui imposer la gêne qu'elle ressentait d'avoir craqué aussi lamentablement.

L'androïde avait aussi été de bon conseil. Passer ces quelques minutes à brosser Siam qui en ronronnait bruyamment de plaisir avait été très efficace pour faire retomber son stress et lui éviter de repenser à son client furieux. Bien que n'ayant pas été en mesure d'oublier complètement l'incident, la reprise de poste d'Ysée se fit dans de meilleures conditions.

Quand arriva enfin la fin de son service, la jeune femme envoya un message d'au-revoir sur le chat à ses collègues et se déconnecta de son logiciel de téléphonie. Elle laissa un long soupir fuir de ses lèvres pendant qu'elle se défaisait de son casque lorsqu'une tasse de thé légèrement fumante fut déposée près d'elle.

« Noir ou vert, il fallait choisir, annonça Reis. Comme tu es japanophile, j'ai supposé que tu préférais le vert. »

Elle pinça une moue désolée.

« Je bois plus de thé noir.

_ Oh. Désolé, je t'en... »

Ysée se saisit de la tasse avant que l'androïde ne la lui reprenne.

« Mais, précisa-t-elle. J'aime aussi le thé vert. »

Reis n'insista pas car sa rapidité à plonger dans sa tasse avait parlé pour elle. Malheureusement pour l'humaine, l'eau de sa boisson était très chaude au point de la contraindre à patienter. Et le silence qui venait de s'installer entre elle et l'androïde lui apparaissait gênant alors qu'elle repensait à ce qui s'était passé.

« Tout à l'heure... commença-t-elle d'une petite voix.

_ Tu étais soumise à une pression constante depuis trop longtemps, exposa l'androïde avec conviction. Il est frustrant pour quelqu'un qui s'applique à faire de son mieux dans son travail d'être mis en porte-à-faux alors que ce n'est pas sa faute. Tu avais fait ton possible mais ton interlocuteur refusait de s'en contenter. Il a été injuste avec toi. »

Ysée apprécia ses dires mais elle avait en fait autre chose en tête.

« Quand tu es intervenu... »

Reis ne cilla pas, très sûr de lui.

« Je pense avoir su mettre les formes pour éviter l'escalade. Certaines personnes ne se reprennent que si on arrive à les remettre à leur place. La preuve, il s'est excusé et m'a même remercié.

_ Non, pas ça. Pourquoi m'as-tu aidée ? »

Le regard neutre de l'androïde s'adoucit de bienveillance.

« J'ai entendu ta détresse et je doute que tu voulais t'effondrer au téléphone. Je ne pouvais pas rester là sans rien faire. »

À travers cet événement, Reis avait compris qu'Ysée faisait partie des personnes qui prenaient les choses très à cœur, quand bien même elle n'était pas directement en tort. Il émanait d'elle une forme de sensibilité dont il ignorait encore la portée mais ce qu'il avait déjà décelé chez l'humaine lui laissait entendre qu'elle enfouissait beaucoup de choses.

Ysée oscillait entre plusieurs états d'esprit. Elle n'appréciait pas d'être sondée de la sorte comme Nell le faisait parfois – même de façon inconsciente – mais elle ne pouvait nier que l'intervention de Reis lui avait été salutaire. Il lui avait épargné un moment bien difficile.

« Merci. Sincèrement. » Son léger sourire se tordit d'une grimace. « En espérant que cet appel ne soit pas audité par ma cheffe, sinon, je suis mal. »

La bonne humeur de son interlocuteur se tiédit à cette possibilité. Toutefois, il y avait une autre chose à propos de laquelle il se devait de faire amende honorable :

« Pour ce matin, j'ai été maladroit et je te prie de m'en excuser. Si je t'ai blessée...

_ Ce n'est pas le cas », réfuta Ysée dans la seconde.

Le regard de la jeune femme s'égara dans le vide avec un faible sourire résigné.

« Tu as été clairvoyant et je suis consciente de comment je suis. Je ne t'en veux pas.

_ Tu sais, il y a plein de gens qui souffrent de timidité et/ou d'anxiété. Il ne faut pas avoir honte de ça. »

Elle ne releva pas. Reis voulait se montrer gentil et elle en avait conscience mais ses paroles glissaient sur elle comme l'eau sur un ciré. Si les choses étaient aussi simples que ça...

Se refusant à éterniser cet échange, Ysée se leva de son tabouret et annonça à Reis qu'elle allait se détendre avec une bonne douche.

Reis était plutôt satisfait en dépit de cette nouvelle fuite. Ysée ne semblait pas lui tenir trop rancune et il avançait petit à petit dans l'esquisse ce qui elle était. D'un autre côté, il était convaincu que bien d'autres visages l'attendaient, pour peu qu'il sache comment apprivoiser cette jeune femme qui l'intriguait. Il était très curieux d'elle. À côté de sa réserve, elle savait faire preuve d'une certaine accessibilité mais il fallait pour cela que son esprit soit plus relâché.

À lui de faire en sorte qu'elle se sente bien. Il préférait la voir sourire.

En sortant de sa douche, Ysée eut la surprise de recevoir un appel de Nell qui profitait d'une pause déjeuner pour prendre des nouvelles de sa petite sœur.

« Je n'ai pas encore eu l'occasion de profiter du wi-fi mais ça ne saurait tarder, s'amusa celle-ci. Comment ça se passe, ton voyage ? Intéressant ?

_ Très. C'est toujours fascinant d'avoir d'autres points de vue psychologiques autour de l'Homme et de la machine. Je me régale ! Et toi ? Tout va bien ?

_ Très bien. En revanche, tu ne m'avais pas dit que Siam était aussi remuante la nuit. Je sais que les chats domineront un jour le monde, mais de là à me faire piétiner la tête... »

Nell gloussa. Hélas, Siam était certes une crème de placidité, de douceur et sage comme une image, elle représentait une certaine menace pour les dormeuses au sommeil léger comme Ysée. Le sourire plaisantin de cette dernière se dilua quand ses pensées s'égarèrent par hasard vers un faux jeune homme aux yeux verts piquetés de noisette. Elle toussota un peu.

« Au fait, je... Le SP700, je...

_ Tu l'as allumé ? réagit aussitôt Nell avec excitation. Comment tu le trouves ? »

Sa cadette remua, incertaine.

« Il est... sympa, lâcha-t-elle après avoir longuement cherché le meilleur qualificatif. Mais en fait, il sert à quoi ? Je n'ai pas bien compris et lui-même ne semble pas trop le savoir. »

Nell eut un soupir embarrassé qui laissait présager une réponse compliquée et/ou longue, ce qu'elle essayait toujours d'épargner à ses interlocuteurs car elle savait se montrer parfois trop bavarde, surtout quand le sujet la passionnait.

« Pour l'instant, le SP700... » Elle s'interrompit et Ysée entendit au loin une voix qui apostrophait Nell. « Sorry, I'm coming. Désolée, sweetheart, je dois y retourner. Ne t'inquiète pas pour l'androïde, il ne voudra que ton bien. Bonne soirée.

_ Et bonne journée à toi. Bisous à Tristaaaan...

_ Tu as fini, oui ? »


De nouveau laissé dans son coin, Reis passa le temps à feuilleter quelques ouvrages sur la psychologie dans le bureau de Nell. Autant s'occuper le plus intelligemment possible.

Quand il constata qu'il était bientôt l'heure de dîner – et en se souvenant qu'Ysée lui avait avoué être quelqu'un de routinier – l'androïde s'étonna de ne pas la trouver dans la cuisine. Il l'appela mais le seul écho qu'il reçut fut un miaulement de Siam depuis son arbre à chat.

Il grimpa à l'étage et tendit l'oreille vers la porte de la salle de bains. Personne. Il toqua ensuite doucement à la porte de la chambre d'Ysée mais ne reçut non plus aucune réponse.

« Ysée ? Tu es là ? »

Silence. Il se risqua à pousser la porte et eut la surprise de trouver la jeune femme assise sur le lit dos à lui, écouteurs dans les oreilles et ordinateur portable personnel sur les genoux. Il s'approcha et remarqua une page noircie de texte sur un logiciel de traitement de texte. La tentation d'y jeter un œil était forte mais Reis jugea que cela ne se faisait pas.

Il secoua un peu le bras de la jeune femme qui frémit en se redressant aussitôt de surprise.

« Hein ? Reis ? fit-elle en se débarrassant de ses oreillettes avec un coup d'œil un peu affolé vers son écran. J'étais... Ah ! Il est déjà si tard ? »

Ni une ni deux, elle referma son ordinateur et bondit du lit en pestant sa mauvaise humeur.

« Tu étais en pleine session d'écriture ? lui demanda l'androïde sur ses talons.

_ Oui, mais je me suis laissé happer par la musique. Ça m'aide souvent pour décrire certaines ambiances.

_ Je vois. Quel genre d'histoires racontes-tu ? »

Ysée s'arrêta aussitôt, la main sur l'assiette qu'elle s'apprêtait à saisir avant de poursuivre en prenant soin d'éviter les yeux curieux dirigés sur elle.

« Des... histoires plus ou moins longues. »

L'atmosphère se tiédissait, tout d'un coup.

« Tu m'en montrerais une ? essaya Reis avec innocence.

_ Non. »

Aïe. Nouveau rabrouement. Reis ne s'étonna guère de cette réaction car il avait compris que ce passe-temps faisait partie du petit jardin secret de sa protégée. Nonobstant cette réticence, un paradoxe mettait à mal sa logique binaire. Il fronça les sourcils sans comprendre.

« Mais... tu disais que tu publiais sur internet ? Des gens lisent bien ce que tu fais, non ? Pourquoi te montres-tu si...

_ Parce que je ne veux pas. Point. »

Il n'insista pas en dépit de son incompréhension. Le visage d'Ysée était fermé et ses traits tendus. Que craignait-elle ? D'être jugée sur la qualité de son travail par une machine qui pouvait pointer toutes ses erreurs et ses maladresses de style ou scénaristiques ?

La jeune femme ne parvint pas à ignorer les échos frustrés que le silence de l'androïde lui renvoyait malgré lui ni l'amertume d'avoir été mise au pied du mur face à son argument pourtant valide et logique. Elle grogna de mauvaise grâce.

« Arrête de faire cette tête de chien battu, bougonna-t-elle. Tu n'es pas le seul. Mon entourage proche ne sait pas non plus ce que j'écris. Et pourquoi ça t'intéresse, d'abord ? Ça ne te servira à rien.

_ Je veux juste te connaître mieux. »

Reis perçut très nettement la réaction qui crispa le corps d'Ysée. Ses épaules se contractèrent et elle se raidit une fraction de seconde en même temps qu'elle semblait chercher comment cacher le malaise qui la gagnait.

« Quel intérêt ? siffla-t-elle avec dureté. Tout ça pour te faire réinitialiser dans une semaine ou deux ? »

Reis cilla. Ce simple geste pourtant opéré sur une expression neutre jeta un froid acide dans les entrailles de la jeune femme. Ce qu'elle venait de lui jeter au visage était une vérité inattaquable pour Reis. Il savait que sa « vie » actuelle était comptée et que rien de tout ce qu'il expérimentait en ce moment ne serait conservé. Cependant, son pragmatisme binaire ne s'attardait pas sur sa future fin mais sur une occasion :

« Justement. Puisque toute ma mémoire sera effacée, de quoi as-tu peur ? Tu devrais au contraire pouvoir te détendre en sachant ça. »

Elle baissa les yeux, à la fois consciente de cette logique et égratignée de remord. Elle n'était vraiment qu'une imbécile. Reis n'était pas un être humain bardé des défauts qu'elle détestait. Le jugement. La moquerie. La condescendance. Il n'était qu'un programme humanoïde qui, de surcroît, était prévu pour le bien-être des humains. Elle n'avait pas à lever si haut son bouclier face à lui. C'était aussi inutile que ridicule.

Reis lisait dans les yeux de son interlocutrice que quelque chose se passait. Il décelait aussi une pointe de culpabilité, nouvelle discrète manifestation d'une certaine sensibilité en dépit du tranchant dont elle savait faire preuve quand elle se sentait acculée.

« Je ne suis pas là pour te juger, tu sais. Même si j'ignore exactement ce que je suis censé faire avec toi, poursuivit-il en se massant la nuque d'un air gêné. Tout ce dont je suis sûr, c'est que je ne te veux aucun mal. Au contraire. Quand tu souris ou as l'air plus détendue, mes algorithmes s'enrichissent. »

La fraîche réserve face à lui se fendilla et Ysée le dévisagea, interloquée. Elle finit par retenir difficilement un gloussement gentiment moqueur qui titillait la commissure de sa bouche et détourna un peu la tête pour dissimuler son début d'embarras.

« C'est... la déclaration la plus androïde que j'ai jamais entendue, se gaussa-t-elle avec indulgence. Si un jour, j'écris une histoire avec un robot, je te la reprendrai, celle-là. C'est aussi maladroit que... mignon. »

Elle hésita avant de soupirer, vaincue.

« Tu as raison. Je me mets trop de pression. Je vais essayer de faire des efforts, mais je ne garantis rien. Ma tête est à la fois mon refuge et ma prison. Il s'y passe toujours des choses. Trop de choses.

_ Tant que ta quantité de pensées ne surpasse pas ma quantité de calculs... » essaya l'androïde dans un souci de tempérance.

Ysée souffla du nez d'amusement.

« Rien n'en est moins sûr. »

Ils échangèrent un léger sourire pour clore l'incident et s'attelèrent à reprendre la préparation du dîner.

Reis était entre deux feux. Il mesurait que l'équilibre entre lui et Ysée était fragile et requerrait temps et confiance pour le maintenir alors que d'un autre côté, il ne désirait qu'une chose : étoffer ses algorithmes pour être le plus efficace dans son rôle de soutien. Comment jongler entre ces...

« ...is ? Reis ? Tu as un script qui déraille ? »

L'androïde papillonna et émergea du flou qui l'avait longtemps égaré parmi ses lignes de codes. Il croisa le regard bleu-vert d'Ysée assise à table près de lui. Il n'avait pas conscience d'avoir préparé le repas, pas plus que d'avoir vu sa colocataire vider son assiette.

« Je... réfléchissais, s'excusa-t-il. Façon de parler. »

L'humaine le crut sans difficulté car elle avait longuement observé les ondulations lumineuses de sa LED et son regard lointain. Quand elle lui demanda ce qui l'avait enlevé aussi loin, Reis hésita. Son dilemme était toujours présent et sans solution évidente.

La jeune femme s'étonna de ce visage si sérieux mais n'osa pas insister. Elle se contenta de surveiller Reis avant que celui-ci ne se décide à se jeter à l'eau :

« Je ne sais pas comment faire. Je respecte ta volonté de te préserver mais tout mon programme m'exhorte de te connaître mieux. »

Ysée se mordit la joue, elle aussi tiraillée. Même si elle était d'accord pour essayer de se montrer moins sur le qui-vive, parler d'elle et s'exposer n'étaient pas des choses qu'elle aimait faire. Elle laissa son regard se perdre au pied de la table de la salle à manger où s'était installée Siam. Nell n'avait pas menti quand elle disait que son chat était comme un chien, toujours fourrée dans les pattes de ses humains de compagnie.

Comment ménager la chèvre et le chou avec Reis ? C'était si épuisant de réfléchir tout le temps à tout...

Son ouïe s'accrocha à une mélodie familière qui passait à la télé au même moment et lui fit tourner la tête. Un léger sourire ourla ses lèvres face à ce spot publicitaire qu'elle connaissait bien.

« Tiens. Si tu tiens tellement à me connaître un peu », dit-elle avec un geste du menton vers la télévision.

Reis l'imita et reconnut le nom qui traversa l'écran sous fond de musique épique grâce à sa base de données interne.

« Lights of Eremia ? Le MMORPG en VR numéro un dans le monde ? Tu y joues ?

_ Eh oui. Je dirais même que c'est ma plus grosse addiction avec l'écriture, s'amusa-t-elle. Je ne m'y suis mise qu'il y a cinq ans mais on va dire que je me défends. Je retrouve mes camarades de guilde deux fois par semaine pour notre progression. On s'amuse bien ensemble entre les combats et nos délires à moitié RP. »

En 2038, rarissimes étaient les moins de cinquante ans qui ne touchaient pas régulièrement aux jeux vidéos. L'androïde était partagé entre la non-surprise de découvrir qu'Ysée aimait ce loisir – dont la popularité n'avait fait que gagner en puissance depuis la démocratisation du streaming – et le changement drastique de figure qu'elle arborait. Elle avait l'air heureuse. Presque... fière. Tenait-il enfin un sujet sur lequel la jeune femme ne ressentait pas le besoin de se cacher ?

« Pourrais-je te regarder jouer, un de ces soirs ? » quémanda-t-il aussitôt avec enthousiasme.

L'interpellée se retrouva décontenancée par cette requête dont elle ne comprenait pas le but. En quoi assister à l'une de ses sessions de jeu aiderait Reis à étoffer son comportement ?

Ce dernier interpréta dans le silence interrogateur de l'humaine comme un potentiel risque de nouveau refus et enchaîna de plus belle :

« Mais si tu préfères me faire lire une de tes...

_ On joue le mardi et jeudi. »

Il se tut dans la seconde et se heurta à un profil bougon passablement vexé. D'accord. La passion littéraire d'Ysée lui appartenait à elle seule ; il ancra bien cette certitude dans un coin de sa mémoire. Qu'est-ce qui la rebutait à ce point ?

Court silence analytique.

« Tu écris des nouvelles érotiques, c'est ça ? »

Il se ratatina lorsqu'elle bondit sur son siège à la fois blême et les joues rouges.

« Jesus fucking Christ, non ! Ça va pas, la tête ?! Jamais de la vie !

_ C'était une explication logique... » se défendit Reis sans se démonter.

La jeune femme avait autant envie de hurler sur Reis et son expression calme à toute épreuve que de laisser tomber parce que – en effet – sa déduction n'était pas stupide, bien qu'erronée. Décidément, rien ne serait simple avec cet androïde doté d'une envie de bien faire mais qui mettait à l'épreuve la quiétude de sa petite bulle.

Elle abdiqua d'un gonflement de joues en épiant son voisin en coin. Au moins, il fallait se dire que rien de tout cela n'était important. Peut-être devait-elle voir les choses comme Reis : une expérience, une étude dont les données et les résultats s'évanouiraient d'ici quelques temps et sa vie se poursuivrait ensuite comme avant. Tranquille et en retrait.


Spoiler : Non. Ça n'arrivera pas.

Mine de rien, Reis est doué XD Il a encore du chemin à faire pour vraiment atteindre Ysée, mais il se débrouille.