Au moment de fermer sa librairie, Hermione était déçue. Drago n'était pas passé! Elle se sentit stupide. Pendant des mois, elle l'avait fui. On ne brise pas ce type de routine en si peu de temps.
Drago, quant à lui, avait passé sa journée avec son associé pour faire le point sur la situation de l'entreprise. Les principaux objectifs de la réunion étaient le transfert d'Abby à la maison-mère et de préparer le retour de Drago en Angleterre. Malheureusement pour lui, cela avait pris beaucoup plus de temps que prévu.
Quand Drago vit l'heure à l'horloge, il sursauta de surprise et il laissa quasiment en plan Blaise qui ricana en catimini.
—Bon, je file, je vais être en retard! Je ne voudrais pas qu'Hermione se mette à trop réfléchir! Elle risquerait de penser que je l'abandonne encore.
—Bien, va donc rejoindre ta lionne. Demain, même lieu, même heure. — Dit Blaise qui regardait son meilleur ami en train de se préparer sans pour autant l'écouter.
Effectivement, Drago ne répondit pas et il transplanna sous le regard amusé de son meilleur ami. Il arriva moins de cinq minutes avant la fermeture de la librairie. Il prit une petite minute pour se recoiffer tout en regardant Hermione faire les 400 pas derrière la vitrine côté sorcier, sous le regard amusé de son employée. Cette dernière fit d'ailleurs signe à sa patronne quand Drago entra enfin. Il fut bousculé par une tornade brune qui se jeta dans ses bras tandis que son employée se mettait à rire tout en disant: «je ferme la librairie! Bonne soirée Hermione, à demain!»
Hermione lui sourit avant d'entreprendre d'embrasser Drago sous l'œil médusé de l'employée qui n'imaginait pas sa patronne aussi entreprenante. Puis elle fit monter Drago dans son appartement dessus de la librairie. Pour la première fois depuis longtemps, Hermione se sentait heureuse et parfaitement sa place. Elle fit rapidement visiter son chez-elle à Drago qui semblait réellement intéressé.
Il fait connaissance Pattenrond junior qui sauta sur ses genoux dès qu'il fut assis sur le canapé. Au grand désarroi de la brune qui comptait bien utiliser la place. Devant l'air boudeur de sa lionne, Drago explosa de rire ce qui fit bouder encore plus Hermione.
—Tu n'es quand même pas jalouse de ton flaireur? — Demanda-t-il avec un sourire narquois tout en caressant le flaireur qui se mit à ronronner de plaisir.
Hermione ne répondit pas et elle partit chercher de bière au beurre et de la nourriture pour Pattenrond junior. Quand sa maîtresse arriva avec le plat, il abandonna sans scrupule Drago qui ne put retenir:
—Ah, tu m'abandonnes pour un peu de nourriture! — S'adressa-t-il au flaireur, puis regardant Hermione dans les yeux — tu aurais vraiment pu être à serpentard! Tu achètes ton flaireur avec des pâtés et ton amant avec de la bière! Allez, viens t'asseoir ici depuis que tu en rêves!
Il tapota sur ses genoux tandis qu'Hermione lui tira la langue avant de venir s'asseoir confortablement sur ses genoux.
—Drago! Je suis si heureuse que tu sois passé. Il y a tant de choses à voir avant que tu ne rentres à Salem.
—Nous avons le temps, tu sais. Je viens de passer la journée avec Blaise. Je vais rester une semaine de plus à Londres pour le travail, mais aussi pour toi. En effet, j'ai quelques contrats que je ne peux pas faire à distance. Du coup, au lieu de prendre un portauloin le matin et un le soir, comme je faisais avant, je vais rester.
—Venais-tu réellement de temps en temps à Londres?
—Oui, et j'ai même passé une semaine complète au manoir pour faire plaisir à ma mère cet été. Elle ne veut plus remettre les pieds à Salem. Je trouve ça vraiment dommage, car je trouve que c'est une belle ville et que la région est jolie.
Hermione sentit comme une pierre se posait sur son cœur. Une peur irrationnelle qui lui préfère la région, la paniqua. Attentif aux mouvements de sa lionne, Drago s'en aperçut. Il comprit alors la mise en garde Blaise quelques heures plus tôt. «Hermione est plus fragile qu'elle ne laisse deviner. Ne joue pas trop avec elle, sinon votre idylle va dérailler assez rapidement. Dans ce cas tu n'auras plus que tes yeux pour pleurer. Et je peux te confirmer de nombreux et sérieux problèmes avec la majorité des personnes dans la bande, moi inclus!»
Sans plus attendre, il la rassura.
—Je vais rentrer à Londres, sauf si tu ne veux pas bien entendu! Contractuellement je dois finir l'année scolaire à la faculté de potion de Salem. Rassure-toi, cela ne se passe pas très bien. Je n'ai malheureusement pas la patience de Ron et, les étudiants commencent sérieusement à m'embêter. Maintenant, avec Blaise, nous cherchons la personne qui va me remplacer en tant que responsable de la filiale. Car nous n'avons pas l'intention de la fermer.
Hermione se jeta sur Drago pour l'embrasser, le faisant ainsi taire. Elle voulait lui montrer ainsi son amour et sa joie de savoir qu'il allait rentrer.
Au square Grimmauld, Ginny avait terminé de préparer sa surprise. Quelques heures plus tôt, elle avait laissé le petit James chez ses parents. Molly était très contente et elle félicita sa fille quand elle apprit ce qu'elle comptait faire.
—Tu peux même laisser James quelques jours au terrier, si tu penses en avoir besoin. Harry et toi, vous avez besoin de beaucoup de temps pour vous retrouver. Et sache que cela ne me dérange absolument pas de garder ce petit ange! — Avait ajouté sa mère lors de son passage.
—D'accord. Est-ce que tu peux le prendre aussi demain soir et ce week-end? — Demanda Ginny avec appréhension.
—Bien sûr, je vais le pouponner ce merveilleux bout de chou!
—Du coup, je te l'amènerai avant la sieste vendredi et je viendrai le chercher lundi après-midi après sa sieste!
—Très bien, ma fille! Alors file et ne t'inquiète pas. J'en prendrai bien soin, comme la prunelle de mes yeux!
Du coup, Ginny avait passé l'après-midi à cuisiner ce que Harry préférait. Puis elle commença à se préparer par une bonne douche, puis par mettre la robe qu'elle savait que Harry préférait. Malheureusement pour elle, elle n'avait pas fini de s'habiller quant à la cheminée s'activa pour laisser passer Harry.
Avec ses réflexes d'auror, il s'aperçut dès qu'il arriva dans la pièce, que quelque chose se tramait. En effet, la maison était beaucoup trop calme et une très bonne odeur remplissaient la demeure. Il appela Ginny qui paniqua, car elle n'était pas encore prête. Et que malheureusement pour elle, la première partie de son plan venait de tomber malencontreusement à l'eau. Elle s'habilla en coup de vent et elle se coiffa d'un sort rapide qui lissa ses cheveux qu'elle voulait laisser libre. Après une petite touche de parfum, elle descendit l'escalier tout en répondant Harry. Ce dernier fut complètement hypnotisé par la vue de sa femme. Il déglutit avec difficulté et il resta muet tandis qu'elle s'approchait, satisfaite de son petit effet.
Puis elle passa ses bras autour du cou d'Harry et se mit à l'embrasser avec passion.
Quand Harry reprit ses esprits, il répondit langoureusement baiser de son épouse. Ils furent obligés de rompre le baiser quand ils furent à bout de souffle. Ils nous en profitèrent pour rester se regarder pendant quelques minutes les yeux dans les yeux, front contre front.
La rousse prit alors une respiration avant de féliciter Harry pour sa promotion et lui annoncer qu'ils étaient juste tous les deux ce soir ainsi que le lendemain.
Elle gardait le secret le week-end, car elle cherchait encore quelques idées.
Surpris, Harry se laissa complètement guidé par Ginny qui reprenait confiance en elle. Elle amena au salon pour l'apéritif que Kreatur avait amené pendant leurs retrouvailles.
Malgré tout ça, Harry perçut la nervosité de Ginny et il commença à émettre intérieurement de nombreuses possibilités. Son instinct d'auror était en train de prendre le dessus quand te Ginny se lança.
—Harry, je voudrais m'excuser pour mon comportement complètement immature de l'année dernière.
Harry ne répondit pas. Il fixa du regard de sa femme, plus il invita d'un signe de la tête à continuer.
—Je n'aurais pas dû douter de toi et de ton amour. Depuis la naissance de James, j'ai beaucoup de mal pour gérer mon rôle de femme, d'épouse et de mère, sans pour autant mettre de côté ma carrière professionnelle. J'avais la triste impression de ne faire que des concessions alors que toi tu ne t'intéressais qu'aux problèmes entre tes deux amis. Pendant la discussion avec ma mère, elle m'a fait comprendre que j'aurais dû te le dire plutôt. Car je ne devais pas attendre et espérer que tu finisses par comprendre sans que je te le dise.
—Quel est le piètre auror, je fais — répondit Harry. — Je n'en avais, mais alors pas du tout, conscience. Je te prie de bien vouloir m'excuser ma chérie. J'ai seulement commencé à comprendre que tu me reprochais des choses, lors de l'accrochage que nous avons eu concernant le réveillon de la Saint-Sylvestre. C'est d'ailleurs pour cela, que je te dis oui si vite et sans réellement discuter.
—Et je t'en remercie! Malheureusement, le problème est que nous n'arrivons pas à discuter calmement tous les deux. C'est terrible, mais je dois reconnaître que c'est souvent de mon fait. En effet, mon tempérament de feu finit souvent par me jouer des tours, surtout avec les personnes que j'aime. Je déteste cela!
Harry se déplaça pour prendre Ginny dans ses bras, alors que celle-ci se retenait de pleurer. Ils restèrent ainsi pendant plusieurs minutes sans dire. Cette quiétude, doublée de tendresse posa un baume de soulagement sur le cœur meurtri et endolori du couple. Ginny finit par se mettre à pleurer à chaudes larmes. Le baiser qu'ils finirent par échanger, fut le point d'orgue de la réconciliation. La fin de l'apéritif fut plus calme, il permit ainsi Harry de mieux comprendre le ressenti de Ginny. Il se promit de libérer du temps dans son agenda pour avoir ce type de discussion avec sa femme à intervalles réguliers.
Kreatur mit un terme à cet échange en leur signalant que le plat de sa maîtresse était prêt. D'ailleurs, heureusement pour le couple que l'elfe de maison avait surveillé la cuisson! Sinon, il n'aurait pas eu beaucoup à manger.
Harry apprécia réellement le geste de son épouse. Après ces explications, la soirée fut beaucoup plus tendre et profitèrent que le petit monstre ne soit pas la!
Madame Malfoy se tenait dans le petit salon, entièrement absorbé par son projet de broderie. Pendant ce temps, Abby lui faisait la discussion. Les deux femmes profitaient de ce temps pour mieux se connaître.
Madame Malfoy avait encore du mal à admettre que la jeune fille devant elle, était la nièce de feu son mari et ainsi la cousine de son fils. Quand elle pensait qu'ils avaient eu le culot de leur faire croire qu'ils allaient se marier. Elle avait encore du mal à passer cet acte pendable à son fils. Oser se moquer de sa mère! Elle n'aurait jamais essayé, ni même envisagé à son époque de faire une telle chose. Ah, la jeunesse aujourd'hui, plus aucun respect pour les traditions. Bien entendu, elle préférait de loin Hermione à Abby comme belle-fille. Même si, elle découvrit une personne bien différente depuis le 1er janvier, c'est-à-dire le moment où elle n'avait plus à jouer le rôle de future belle-fille. Madame Malfoy n'avait absolument pas regrettée l'invitation qu'elle lui avait faite.
Elle regarda la grande pendule qui venait de sonner cinq heures. Au même moment, Pansy et Luna apparaissaient sur le perron du manoir. Avant même qu'elles ne frappent, un elfe de maison vint leur ouvrir la porte en leur disant que sa maîtresse les attendait dans le petit salon en compagnie d'Abby.
Pansy eut un sourire carnassier en entendant cette information. Enfin, elle allait avoir une version plus conséquente que celle fournie par la Fouine bondissante qui lui servait d'ami. Elle se maugréa, à force de fréquenter ces griffondors, elle finissait par prendre certaines de leurs expressions. Et pourtant, quand on n'y pense, sur le coup, elle avait été scandalisée, voire outré que l'on s'en prenne ainsi à son ange de Drago. Bien entendu, Blaise avait été le premier à en rire et à faire enrager son ami avec cette histoire que personne dans la promotion de Poudlard avait réellement oubliée.
De toutes les manières, elle s'était rendu compte, il y a plusieurs années déjà, que son ami était complètement fêlé: tomber amoureux de celle qui lui avait brisé le nez sur un différend concernant une créature magique, en voilà une idée! Elle estimait qu'elle avait bien fait d'épouser Blaise qui était beaucoup moins fêlé, quoi que? N'ayant pas eu le temps de terminer ses réflexions, elle venait malheureusement d'arriver au petit salon. L'elfe se chargea des manteaux, puis elles allèrent saluer la maîtresse de maison.
Si elles parlèrent de mariage, il ne s'agissait, malheureusement pour Pansy, que celui de Ron et Abby qui aurait effectivement lieu le jour et le lieu prévu. L'agence chargée de préparer le mariage devait d'ailleurs passer la semaine prochaine.
Madame Malfoy apprit plus en une heure sur ce mariage qu'en 15jours de présence d'Abby et de Drago chez elle. Abby s'en excusa, sans pour autant demander pardon. Elle estimait que cela était la seule solution viable.
En bonne hôtesse, bien que peinée, Madame Malfoy ne chercha pas à obtenir plus d'information. Elle pouvait reconnaître en effet que son beau-frère et sa belle-sœur l'avait bien éduqué.
Elle s'était surprise de s'apercevoir qu'elle avait hâte de les revoir, plus de 20ans après leur mariage.
Le temps n'était pas aux regrets. Elle remercia Merlin de pouvoir faire amende honorable. Après avoir longuement parlé avec Abby, Madame Malfoy avait compris que malheureusement, les phrases assassines de Drago n'avaient pas été dites sous le coup de l'émotion. Mais que malheureusement il n'avait plus beaucoup confiance vis-à-vis de sa mère. Il avait vraiment eu peur, que sachant qu'il était Abby, elle la rejette. Il pensait que la seule raison pour laquelle, sa mère tolérait Hermione, était qu'elle ne voulait pas se retrouver définitivement à la rue. De son point de vue, elle savait pertinemment combien il était amouraché de sa née-moldu.
À plusieurs reprises, Pansy appuya les déclarations d'Abby, même si les deux femmes avaient un peu impression de trahir leur ami. Luna les rassura par une de ces phrases mystérieuses qui détendit tout le monde. Les trois jeunes femmes conseillères alors hôtesse de ne surtout pas confronter Drago qui le prendrait très mal. Luna, avec candeur, proposa Madame Malfoy et d'inviter Drago Hermione au repas de dimanche midi avec les parents d'Abby, sans pour autant les prévenir de leur présence. Comme s'il était normal que son fils soit présent à ce repas. Pansy et Abby étaient dubitatives. Elle craignait une réaction de braquage la part de leur ami.
Madame Malfoy changea de sujet en disant qu'elle allait y réfléchir. Elle savait que cela allait mettre Hermione en difficulté, même si cela lui évitait de se faire des nœuds au cerveau pour savoir si elle devait y aller ou pas. Mais Madame Malfoy se refusa de partager ses réflexions avec les autres personnes de ce thé.
Finalement, la conversation se recentra sur les anecdotes de la bonne société et sur les actualités sorcières autres que le mini scandale du Réveillon. La majorité des journalistes avait trouvé ça tellement romantique que les journaux présentaient cette affaire sous un bon jour. Pour les plus récalcitrants, quelques sacs de galion avaient fini par les convaincre.
Drago et Hermione passèrent leur semaine sur leur petit nuage. Ils n'abordèrent plus vraiment le futur après leur première discussion. Ils préférèrent se laisser porter par les événements.
C'était complètement nouveau pour Hermione qui bizarrement ne se sentait pas perdu. Bien au contraire, bien sereine dans les bras de Drago, elle découvrit une forme de liberté qui commençait à l'enivrer.
Elle espérait même que cela ne s'arrête pas. Mais elle savait pertinemment que la réalité reviendrait tôt ou tard se rappelait à leur bon souvenir. Drago passait toutes ses soirées chez la jeune fille qui en était très heureuse. Jamais elle ne s'était sentie si heureuse, si importante. Son flaireur avait adopté Drago, ce qui la rassurait complètement. Surtout quand le doute s'insinuait en elle sur le fait que Drago ait vraiment changé et qu'il ne se moquait pas d'elle pour mieux la détruire.
Le vendredi, après l'avoir écouté, sa psycho-mage lui conseilla d'aborder le sujet qui l'angoisser avec le jeune homme pour être plus sereine. Voyant qu'Hermione avait peur, elle lui signala qu'elle ne pouvait pas vivre longtemps avec un homme en qui elle n'avait pas confiance. Soit elle faisait ce qu'il fallait pour purger les peurs de son cœur, soit elle mettait un terme à son aventure et par respect pour l'autre, le plus vite possible. Car pour la psycho-mage, un couple ne pouvait pas fonctionner sans confiance.
Hermione due se faire violence pour appliquer le conseil donné. Pendant toute son attente, elle imagina des scénarios, tous les plus catastrophiques les uns que les autres. Ils avaient tous un point commun: Drago partait, la laissant seule.
Dragon l'avait prévenu, il avait un rendez-vous qui risquait de se terminer plus tard que d'habitude. Ce qui fut bien entendu le cas. Il arriva plus d'une heure après la fermeture de la librairie. Il découvrit à son arrivée, Hermione enfoncée dans son canapé en train de grattouiller le flaireur qui avait du mal à calmer l'anxiété de sa maîtresse. Elle sursauta presque quand la cheminée s'alluma et que Drago apparut. Dès qu'elle reprit contenance, elle se leva et elle se précipita dans les bras de Drago. Elle l'embrassa avec fougue mais aussi avec désespoir, comme si sa vie en dépendait. Drago ressentait la peur qui transpirait par tous les pores de la jeune fille. Il se demanda ce qui ce pouvait bien se passer, mais il attendit qu'Hermione finisse par parler. Ce n'est qu'au bout de plus de 10 minutes qu'elle finit par révéler le fond du problème Drago. Celui-ci se contenta de hausser les épaules sans pour autant être affecté d'une manière ou d'une autre par sa problématique. Son attitude déboussola Hermione qui ne l'avait absolument pas prévu et encore moins anticipé.
—Ne me dis pas que tu imaginais que j'allais partir en courant quand tu m'aurais dit tes craintes? — Lui dit-il avec une pointe d'amertume dans la voix.
—À vrai dire, si — lui répondit-elle d'une toute petite voix sous le regard incrédule Drago qui pensa, sans lui dire bien entendu, que le chemin allait être long et compliqué.
—Je partage le point de vue de ta psycho-mage. Je veux bien attendre quelque temps, histoire que tu fasses le travail sur toi et que tu exorcises tes peurs en en discutant avec moi. D'un certain côté, je ne fais que récolter ce que j'ai semé à Poudlard.
—J'aimerais pouvoir passer outre tout ça, mais je n'y arrive pas. J'en souffre autant que toi.
Le silence se fit après la déclaration d'Hermione, sans pour autant devenir pesant. Une partie de la nervosité d'Hermione avait disparu. La réaction de Drago l'avait en grosse partie rassuré et elle se sentait comprise, aimée et respectée.
Drago lui proposa alors d'aller manger en extérieur, là où elle voulait et que c'était lui qui l'invitait. Elle fut ravie de la proposition. Elle fila à la salle de bains, sous le sourire moqueur de Drago, afin de se préparer. Il ne l'aurait jamais reconnu devant qui que ce soit, mais cela lui avait réchauffé son cœur, de la voir se faire refaire une beauté pour aller dîner au restaurant.
Hermione l'emmena dans un restaurant du centre de Londres. Ils ont surpris de taille en entrant dans le restaurant italien qu'Hermione avait choisi. Blaise et Pansy étaient là aussi en amoureux, juste à la table d'à côté. Avec l'autorisation du serveur, ils approchèrent la table afin de partager ce moment entre amis. Drago avait attendu qu'Hermione réponde la première à la proposition de Pansy qui clairement n'enchantait pas du tout Blaise. Il aurait aimé avoir une soirée tranquille avec son épouse. Malheureusement pour lui, ce sera pour une autre fois.
Hermione fut surprise de voir les deux serpentards dans ce restaurant. Heureusement pour Drago, le choix du restaurant venait d'elle et non pas de lui. Cela permit d'éviter une dispute entre les deux amoureux. Elle mit quelques secondes pour réfléchir à la proposition de Pansy. Elle faillit dire non, mais la mine renfrognée de Blaise la décida à dire oui.
Ainsi, c'est elle qui demanda au serveur l'autorisation de rapprocher les tables, sous le regard moqueur de Drago et de Pansy.
Les Zabinni avaient uniquement commandé l'apéritif. Du coup, le serveur se dépêcha de prendre la commande des nouveaux arrivants afin de pouvoir les servir tous les quatre ensemble.
—Hermione, j'ignorais que tu connaissais ce restaurant! — Commença Pansy avec un grand sourire. — C'est un restaurant cher à mon cœur, pas vrai mon amour!
Blaise émit un grognement qui pourrait laisser penser à un accord. Pansy remarqua le visage tendu de son mari et elle pouffa de rire. Blaise sembla vouloir faire une remarque assassine, mais il ne dit rien. Il se contenta de fusiller du regard sa femme, son meilleur ami et surtout Hermione. Ainsi, l'ambiance de la table devient subrepticement étouffante et lourde.
—Blaise, ne me dis pas que tu en veux toujours Hermione? — Demanda Pansy avec les yeux rivés sur lui. Le regard perçant de Pansy le mit mal à l'aise. Il ne daigna pas répondre à la question de son épouse. Sans le savoir, le serveur lui donna un peu de répit en amenant les consommations. Pour faire bonne configure, il prit une petite gorgée de son whisky pur feu avant de commencer à jouer avec son verre sous le regard médusé de Pansy qui répéta de manière plus ferme sa question. Blaise soupira longuement avant de finir par lâcher un petit oui à sa femme choquée.
Hermione devint rouge tandis que Drago éclata d'un rire franc qui fit rougir, si c'est possible, encore plus Hermione. Tendrement, Pansy prit la main de Blaise et la caressa afin de dérider un peu Blaise. Il finit par se forcer pour faire un petit sourire timide à sa femme.
—Où est donc passé le Blaise rigolard que je connais si bien? — Se demanda Drago surpris par la tournure que prenait le repas. Il allait parler, quand Hermione toujours rouge de honte, pris la parole d'une voix faible.
—Je m'excuse d'avoir essayé de te frapper et de t'avoir embêté pendant des mois!
«Qu'est-ce qu'elle est mignonne quand elle rougit! J'ai très envie de l'embrasser!» Pensa Drago tandis que Blaise écarquilla les yeux de surprise. Pansy quant à elle, souriait tout en continuant à tenir et à caresser la main de son mari. Il se sentit mal à l'aise alors que les trois paires d'yeux le fixer.
Le cerveau de Blaise finit par se reconnecter. «Oui, ils attendent une réponse!» Se dit-il, conscient qu'il aurait des problèmes avec sa femme et son meilleur ami, s'il ne répondait rien.
Il avait certes très envie de laisser mariner Hermione pendant plusieurs jours. Cependant quand il vit les yeux de cette dernière se voiler de tristesse, il se résolut à lui répondre.
—J'accepte tes excuses! J'espère qu'il n'y aura pas d'autres tentatives. — Laissa en suspens Blaise.
—Oui, bien sûr. — Bégaya Hermione à la fois surprise et inquiète.
—Merci Blaise — dit Drago avec un grand sourire.
Il préférait largement que sa fiancée et son meilleur ami et aussi associé s'entendent bien. De son point de vue, cela allait éviter de nombreuses prises de bec. Pansy semblait aussi penser la même chose.
—Et si tu racontais à Hermione, quelle est la valeur de ce restaurant pour vous deux!
—C'est ici que Blaise m'a fait sa demande — répondit à la Pansy qui ne souhaitait pas que Blaise tourne ce moment si important pour elle, en dérision.
Drago fit un sourire en coin, tandis que Hermione écarquilla son tour les yeux. Pansy raconta de manière sobre le repas aux chandelles, le moment où Blaise mit le genou à terre juste avant le dessert. Le bonheur qu'il l'avait envahi au moment où il avait à sa demande, l'attente de sa réponse et le début de panique qu'elle avait pu voir alors qu'elle prenait son temps. Et c'est avec une voix enrouée que Pansy fit sa réponse. Le baiser doux et tendre juste après que le serveur n'amène le champagne puis le dessert. La promenade au clair de lune… Tout cela, il y avait trois ans jour pour jour.
Le regard de Pansy, lorsqu'elle avait raconté son histoire, avait laissé Hermione l'impression qu'elle l'avait revécue en le disant.
—Nous n'aurions pas dû passer ce repas ensemble. Nous allons vous laisser fêter ce moment entre vous! — Annonça soudainement Hermione.
—Rester! — Demanda avoir ordonna Pansy. — Je suis heureuse de le fêter avec vous. Et puis, vu que tu viens de te réconcilier avec Blaise, c'est l'occasion de passer un bon moment ensemble tous les quatre.
Le repas continua dans la joie et la bonne humeur. Hermione parvint ainsi à oublier ses craintes.
