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~oOo~

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Merde.

MERDE !

Il envoya, d'un sort furieux, la table de son petit salon exploser contre le mur.

On ne pouvait pas lui demander de choisir ! C'était la pire torture qu'on pouvait lui infliger. Il ne supporterai... la disparition d'aucun d'entre eux.

Sa femme, son fils... étaient l'avenir. Celui qu'il n'avait plus. Drago perpétuerait le nom des Malfoy avec fierté et Narcissa l'aiderait sur ce chemin.

Quant à Harry Potter...

Le vaisselier explosa violemment et une myriade d'éclats de verre et de porcelaine se rependit sur le sol.

Harry Potter avait été le premier à le faire vibrer. À raccommoder son âme déchirée qu'il croyait irréparable.

Il hurla.

Hurla de haine.

Jusqu'à ce que sa voix se brise.

Il pouvait choisir la mort, mais cela ne protègerait personne.

Une fenêtre se brisa et l'air glacé de l'hiver se faufila dans le manoir déserté.

Il prit son visage entre ses mains. Il n'arrivait plus à réfléchir. Quel que soit le choix qu'il ferait, il savait qu'il en sortirait perdant.

D'un geste brusque, il se dirigea vers sa bibliothèque et ouvrit un tiroir qui y était dissimulé. Ses doigts glissèrent à l'intérieur, cherchant un petit bouton caché. Un clic résonna, et le fond se déroba, révélant un compartiment secret.

Sa respiration s'accéléra lorsqu'il posa les yeux sur l'objet qu'il avait caché là.

Il laissa lentement sa main courir sur la surface lisse du téléphone.

Quand il l'alluma, l'écran miroita légèrement, projetant une lueur froide sur son visage fatigué.

Un sourire amer tordit ses traits.

Il ne devait pas se laisser aller aux émotions. Il devait... rester fort.

Il appuya sur le bouton d'envoi de sa messagerie et un tintement discret retentit dans le silence.

Il resta un moment figé, le téléphone toujours dans sa main.

Pleutre et lâche jusqu'au bout.

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..

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Il se laissa tomber dans son fauteuil et resta là, immobile, les yeux fermés, des heures durant.

Un fou rire acide et désespéré secoua son corps.

Les minutes s'égrainaient lentement.

Cinq jours.

Il lui restait cinq jours pour trahir ceux qui l'aimaient.

Une voix brisa le silence pesant. « Ouha. Il y a eu une tornade ici ou quoi ? »

Lucius rouvrit les yeux et pointa d'un geste vif sa baguette dans la direction de l'intrus.

Les barrières n'avaient pas sonné.

Pourquoi les barrières n'avaient pas sonné ?

Il croisa un regard vert.

Sa voix trembla : « Que faites-vous ici ? »

Loki, imperturbable, avança d'un pas dans le salon dévasté : « Tu m'as appelé. »

Un sort partit, frôlant le jeune homme et faisant virevolter ses cheveux bruns. Le garçon ne recula pas, ne montra aucun signe de peur ou de surprise. Il resta là, serein, ses yeux émeraudes fixés sur Lucius.

« Pourquoi êtes-vous ici ? » C'était un hurlement brisé.

Le garçon répéta calmement : « Tu m'as appelé. »

« Vous n'auriez jamais dû venir... »

Un sourire doux, presque triste, apparut sur les lèvres de Loki : « Et que voulais-tu que je fasse d'autre ? »

Il dégrafa sa cape d'une main et avança jusqu'à ce qu'il se retrouve face à Lucius. La baguette s'enfonça plus profondément dans son torse. « Tu m'as appelé. »

« Oui. » Souffla Lucius comme une confession. Il avait appuyé sur ce maudit bouton, appelé le seul être qu'il aurait dû tenir à l'écart.

« D'accord. »

« Quoi ? »

« Je suis d'accord. Tu peux m'emmener auprès de lui. »

Le bras de Lucius trembla de nouveau et le garçon posa une main chaude sur son poignet : « Tu n'as pas besoin de ça avec moi. » D'un geste délicat, il retira la baguette des doigts du blond pour la déposer plus loin, sur l'une des étagères. « Je suis venu désarmé, Lucius. »

« Je vais... vous conduire à votre mort. »

« Peut-être. Mais elle ne viendra pas tout de suite. »

« Le Maître va... va vous... » Il ne put terminer sa phrase.

« Je sais. » La voix du garçon était calme, apaisante, comme s'il parlait du temps qu'il allait faire demain. Il savait ce qui l'attendait, et pourtant, il n'avait pas hésité à venir. Pas pour lui-même, mais pour Lucius.

Parce qu'il l'avait appelé.

Loki se détourna avec une assurance désarmante et avança d'un pas tranquille vers la cheminée, comme si le monde entier n'était pas en train de s'effondrer autour d'eux.

Lucius, encore sous le choc, le suivait du regard, incapable de détourner les yeux.

Le garçon observa l'homme qui lui faisait face et un demi-sourire se dessina sur son visage : « Lucius. Tu ne crois tout de même pas que je ne demanderai rien en échange ? » D'un geste nonchalant, il lança sa cape sur l'un des fauteuils et se défit de son manteau. « Concentre-toi. J'ai besoin de l'homme sûr de lui et machiavélique, là tout de suite. »

Lucius se secoua soudainement, comme s'il sortait d'une longue torpeur. « Vous êtes inconscient, Monsieur Potter. »

Loki sourit et la lumière des flammes de la cheminée s'accrocha dans ses yeux verts. Sans un mot, il retira son pull d'un geste souple et laissa tomber le vêtement sur le parquet.

Lucius sentit son souffle se bloquer dans sa poitrine.

« Bien. Lucius. Nous allons jouer carte sur table, tu veux. Je n'ai plus rien à cacher maintenant. » Lorsque le t-shirt de Loki rejoignit le pull sur le sol, il sentit son cœur tambouriner contre sa cage thoracique. Il n'arrivait pas à comprendre ce que voulait le garçon.

Un sourire carnassier fendit le visage de Loki tandis qu'il portait ses mains à sa ceinture : « Je sais qu'il te faut souvent des démonstrations frappantes pour te faire comprendre les choses. Alors je vais te prouver que tu m'appartiens déjà. »

Le blond resta figé, incapable de détourner les yeux du spectacle qui se déroulait devant lui. Il voyait les gestes de Loki, la manière délibérée dont il retirait chaque vêtement. Et ce n'était peut-être que la fatigue, mais son esprit n'arrivait pas à choisir entre ce qu'il savait être une folie et ce que son corps réclamait avec une intensité dévorante.

La lumière vacillante de la cheminée jetait des ombres sur le corps du garçon, mettant en relief chaque ligne, chaque courbe, chaque cicatrice. Il se tenait là, entièrement nu, aussi calme et indifférent que toujours.

Lentement, il tendit la main vers lui : « Viens ici. »

Et Lucius fit un pas, comme hypnotisé, dans sa direction. Chaque fibre de son être était attirée par ce garçon.

« Je ne t'aurai jamais laissé choisir autre chose que ta famille, Lucius. »

« Pardon ? »

« Ce n'est pas toi qui feras ce choix, Lucius. C'est moi. Et je choisis ta famille. Est-ce que tu comprends ? »

Non. Lucius ne comprenait pas.

« Quoi qu'il arrive, cela sera ma décision. Et tu sais pourquoi ? »

Lucius était désormais tout proche de Loki, à seulement quelques centimètres de lui. Ses pensées étaient en désordre et sa gorge se serra. « Pourquoi ? » Murmura-t-il la gorge sèche.

« Parce que tu vas changer ton allégeance ce soir. »

« Quoi ? »

Le garçon lui sourit cruellement : « Tu as parfaitement compris. Tu vas me choisir moi. Et pas Tom. Agenouille-toi. »

Lucius lui lança un regard noir : « Non. »

La voix de Loki se durcit : « Ne fais pas ta mauvaise tête. Cela m'exaspère déjà suffisamment de devoir te partager. »

Les deux hommes se regardèrent en silence.

« Agenouille-toi. » Le commandement était ferme, sans appel. « Je m'y serais pris autrement si tu n'avais pas été la petite créature sadique et masochiste que tu es. Je sais que tu ne rêves que de ça. Trahis-le. Et sois mien. »

Lucius déglutit. Son regard se perdait sur les courbes parfaites du garçon. Il sentit ses entrailles se tordre en lui. Ce n'était pas de la peur, ni du dégoût, évidemment. C'était ce profond et stupide désir qu'il ressentait si désespérément pour le garçon.

Lentement, très lentement, il sentit ses genoux fléchir.

Le garçon le dominait et le scrutait avec une froide indifférence. Le vent glissa dans l'âtre et une bouffée de braises s'éleva derrière lui dans un nuage crépitant.

Un phénix... pensa Lucius hypnotisé.

« Je veux... ta fidélité, Lucius. Sur tous les plans. Tu m'as bien compris ? »

Le grognement d'agacement du blond fit sourire Loki qui avança d'un nouveau pas vers lui.

Ils étaient si proches...

« Voilà la leçon que je t'offre. Maintenant dis-moi lequel des deux est le plus puissant : Tom, qui t'a asservi par la force et la menace, ou moi, devant qui tu rampes alors que je n'ai plus rien sur moi ? »

Lucius leva les yeux au ciel, exaspéré. Le garçon l'irritait. Il tendit les bras, saisit ce corps qui l'appelait et l'attira à lui. Il laissa courir sa langue sur le ventre nu et ses dents saisirent délicatement la chair souple et chaude de son abdomen.

Loki glissa une main dans ses cheveux, les serrant légèrement : « Je n'ai pas fini. Donne-moi ton bras. »

Le blond se figea, surpris. « Mon bras ? » Il tendit naturellement le droit, mais le garçon secoua la tête. « Non. L'autre. »

Lucius ancra ses yeux dans les deux émeraudes qui le fixaient, puis offrit lentement son autre bras.

Loki laissa ses doigts parcourir sa chair, y dessinant d'étranges motifs, avant de s'arrêter sur la marque que le Seigneur lui avait faite. Il voulut se reculer mais la voix tranchante du garçon l'en dissuada : « Ne bouge pas. »

Cela mettait Lucius mal à l'aise. Il n'aimait pas que le symbole de son allégeance soit ainsi exposé. Le garçon plaça la paume de sa main sur la marque et une étrange chaleur commença à se diffuser en lui.

« Je réfléchis à ce truc depuis un bail. C'est la première fois que je l'utilise. Tu seras mon cobaye, on va dire. J'espère que la douleur ne t'effraie pas. »

Lucius fixa son bras, incertain : « J'ai l'habitude. »

Loki sourit : « Bien, parce que ça risque d'être pire que tout ce que tu n'as jamais connu. Mais si tu le supportes jusqu'au bout, sans te plaindre, alors tu seras récompensé. »

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..

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Le garçon n'avait pas menti. La douleur frappa Lucius avec une intensité qu'il n'aurait jamais pu imaginer. C'était comme si chaque nerf de son bras brûlait de l'intérieur, comme si le feu qui crépitait dans l'âtre s'était soudainement introduit sous sa peau.

Il serra les dents, refusant de céder à l'envie de crier et ses muscles se tendirent violemment.

Loki ne le quittait pas des yeux, toujours aussi calme. Ses doigts glissaient lentement sur la marque, la caressant avec une étrange tendresse, tandis que la chaleur continuait de se propager.

La douleur monta encore d'un cran, devenant presque insupportable. Il respira profondément, tentant de contrôler les tremblements qui agitaient son corps.

Quand le garçon le relâcha enfin, la douleur disparut aussi soudainement qu'elle était venue.

Lucius fixa avec stupeur la marque sur son bras. Elle n'avait pas disparu mais avait... évolué. Le serpent se tortillait désormais entre les serres d'un oiseau enflammé.

Il haleta douloureusement et quelque chose se tordit en lui.

Loki se pencha lentement sur lui : « Ne le prends pas mal, mais tu n'es pas un homme destiné à être libre. Tu as besoin de quelqu'un pour te guider. Tu le sais n'est-ce pas ? »

Le garçon essuya d'un geste tendre la sueur qui coulait sur son front. « Tu veux ta récompense ? »

Lucius hocha lentement la tête et le brun réduit encore la distance entre eux, scellant leurs lèvres dans un baiser chaste.

Le blond grogna en se dégageant : « C'était vraiment douloureux. Je pense que vous devriez me féliciter avec plus d'ardeur. »

Un rire cristallin lui répondit et il tira brusquement le garçon à lui. Ce dernier, déstabilisé, chuta dans ses bras. Il referma son emprise sur le corps chaud et laissa ses mains avides le parcourir.

Le garçon riait toujours : « Arrête, Lucius, pas par terre ! »

Lucius le déposa doucement sur le parquet et se positionna sur lui : « Pourquoi pas ? »

Le visage de Loki redevint sérieux. D'une main, il repoussa délicatement une mèche de cheveux blonds derrière l'oreille de l'homme qui le maintenait fermement au sol : « Quand je t'ai vu, la toute première fois, j'étais un enfant. Mais tu m'as tout de suite impressionné. »

Lucius ne répondit pas. Il n'avait pas ce genre de souvenir en lui.

La main du garçon glissa le long de sa joue : « Je me disais déjà, à l'époque, que Drago était un garçon séduisant. » continua Loki, un brin d'amusement dans la voix. Lucius fronça les sourcils et une ombre de jalousie traversa son regard. « Mais toi, quand je t'ai vu, je t'ai trouvé... d'une beauté à couper le souffle. Éblouissant. Sublime. Tu éclipsais tout sur ton passage. »

« Oh. Je vois. Alors je suis le fantasme d'un enfant. »

« Un enfant ? » répéta le garçon, presque moqueur, et sa main trouva refuge dans le cou de son compagnon. « J'aurais voulu te revoir plus souvent, mais tu ne semblais pas du tout t'intéresser à moi... »

« Navré, mais les adolescents ne sont pas vraiment ma tasse de thé. »

« Mmmmh. » La jambe du garçon remonta lentement entre celles de Lucius. « Tu me blesses profondément. Tu n'imagines pas à quel point je l'ai mal pris quand tu ne m'as pas reconnu. J'ai même cru, au départ, que tu te moquais de moi. »

Lucius n'arrivait pas à détacher ses yeux de ceux du garçon. Il avait rêvé de ce moment des centaines de fois lors de ces derniers mois.

« Vous n'avez plus 10 ans. Vous avez changé depuis. »

La main de Loki continua sa lente exploration sur la chemise de Lucius. Ce dernier pouvait sentir la chaleur se diffuser en lui à travers le tissu. Le gamin cherchait à le rendre fou, sans aucun doute.

« Vous m'avez sauvé, ce jour-là, alors que ça aurait été l'occasion idéale pour vous débarrasser de moi... Pourquoi ? »

« Tu as toujours voulu me faire croire que tu étais un homme mauvais, mais tu t'es trahi dès le début. » Le garçon sourit quand son genou, qui venait doucement d'appuyer sur l'entrejambe du blond, déclencha un gémissement étouffé. « Ma parole, tu es insatiable... »

Lucius grogna. C'était un étrange mélange de frustration et de désir.

« Tu sais, tu n'as pas changé. Tu es comme dans mon souvenir. Les années n'ont aucune prise sur toi. C'est vraiment fou ! »

Lucius soupira dramatiquement : « Il semblerait que votre insolence soit restée inchangée, elle aussi. »

« Il faut bien que quelqu'un te tienne tête, sinon tu deviens insupportable. »

Il se regardèrent, complices.

« Vous disiez que je m'étais trahi ? Quand ? »

Loki fit lentement rouler son genou et Lucius serra les poings : « Ne faites pas ça. »

Mais le garçon, égal à lui-même, n'en faisait qu'à sa tête. Sa main défit le premier bouton de la chemise du blond. « Tu m'as donné l'horcruxe. Je n'avais pas compris, à l'époque, ce que cela représentait, à quel point c'était précieux. Mais je vois, aujourd'hui, tout ce que tu as fait pour nous. »

La pression sur son entrejambe était délicieuse et le il dut laisser un râle sourd couler de sa gorge. Loki sourit « Quand je t'entends faire ce genre de bruit, j'ai de drôles d'envies qui montent en moi... »

« Je ne vous ai rien donné du tout... Quelles envies ? »

Deux autres boutons sautèrent : « Le journal. Tu savais ce que c'était, n'est-ce pas ? » Il laissa ses mains effleurer cette chair pâle qu'il semblait savourer du bout des doigts. « Je pense parfois à des trucs brutaux. Et parfois à des choses très érotiques. »

Lucius déglutit avec difficulté. La jambe du garçon le frottait désormais avec langueur et la friction du tissu sur son sexe lui faisait lentement perdre la tête.

« J'ai donné le journal à la fille Weasley. »

Mais Loki ne semblait pas dupe. Il esquissa un sourire fourbe et la pression de sa jambe s'accentua encore un peu laissant Lucius à mi-chemin entre l'extase et l'agonie.

« Ne me mens pas. J'ai horreur quand tu fais ça. » Il fit glisser lentement la chemise, désormais totalement ouverte, des épaules du blond et ce dernier dut lutter pour maintenir un semblant de contrôle.

« Je ne mens pas…je… » Sa voix, rauque, trahissait l'effet que le garçon avait sur lui. Mais Loki, impitoyable, interrompit ses paroles d'un simple mouvement de hanche qui fit haleter Lucius.

« Tu ne pouvais évidemment pas me remettre directement l'artefact, ça aurait été très mal vu par les tiens. Mais tu connaissais parfaitement ma relation quasi-fusionnelle avec les Weasley. Est-ce que tu crois que je ne sais pas quel genre d'horrible petit manipulateur tu es ? Tu espérais que je m'en mêle, n'est-ce pas ? Que je découvre... la vérité... »

Les mains de Loki dessinaient un triangle sur lui, partant de son ventre et remontant lentement vers son torse, frôlant avec une régularité presque torturante ses mamelons déjà durcit.

Il voulut esquisser un geste pour accélérer les choses, mais la voix cinglante du garçon stoppa son mouvement : « Tu ne me toucheras que quand je te l'aurais expressément demandé. »

Son sexe enfla douloureusement à cet ordre.

« J'ai... donné le journal à la fille... » haleta-t-il.

« Tu es un homme têtu, Lucius. Alors explique-moi pourquoi tu aurais fait ça. Pourquoi à elle, précisément ? Tu aurais pu cibler tellement d'autres personnes. Mais tu as choisi la sœur de mon meilleur ami. Une gosse qui me vouait une adoration sans limite. Dans quel but ? »

Les doigts de Loki descendirent jusqu'à la ceinture de Lucius et la détachèrent facilement. Il tira sèchement dessus et le blond plissa le nez, mécontent.

« Ne fais pas cette tête. Tu l'as bien cherché. C'est toi qui m'as obligé à venir jusqu'ici, s'il faut le rappeler. »

Le visage de Lucius se décomposa légèrement. Il avait presque oublié la raison de la présence d'Harry Potter chez lui. Il voulut se relever, mais ce dernier le retint brutalement. « Où penses-tu aller ? Cesse de te flageller constamment. Nous ne sommes pas encore morts, n'est-ce pas ? Alors continue donc ta justification vaseuse sur cette histoire de journal. »

Lucius grogna, ses mains serrées en poings sur le sol, luttant contre l'envie de renverser la situation, de reprendre le contrôle.

Le garçon sourit, amusé : « Je sais parfaitement que, dès que je te laisserai le champ libre, tu vas te venger sur moi, alors laisse-moi en profiter un peu. »

Sa jambe retourna à sa place, bientôt remplacée par sa main. Elle massait, délicate, le pantalon.

« Vous n'avez pas besoin de faire cela. La seule vue de votre corps nu suffirait à me faire jouir, Monsieur Potter. »

Loki sourit à nouveau : « Mais c'est plus amusant comme ça. J'adore voir toutes les expressions qui passent sur ton visage lorsque tu perds le contrôle. »

« Je ne... perds absolument pas… le contrôle. »

« Noooon. » Le garçon laissa trainer le 'non' de façon insupportable. « Absolument pas. Tu es l'exemple même du contrôle. » Il arracha un nouveau râle au blond. « Bien. Le journal, donc. Tu savais ce qu'il représentait, ce que cela impliquerait s'il était détruit ou perdu. Et tu me l'as donné. Pardon, oui, tu l'as donné à Ginny. Dans quel but ? »

L'autre main de Loki avait quitté son torse et s'acharnait à déboutonner son pantalon.

« Pour... ouvrir la chambre. »

« Menteur. »

Les yeux de Lucius se fermèrent. Le garçon avait atteint son objectif et sa main s'était glissée sous l'ourlet de son pantalon. Il n'avait jamais été aussi patient de toute sa vie. Il repensa aux deux mois loin de lui. Il rattraperait tout ce temps cette nuit.

« Pour ouvrir... la chambre. »

La main du garçon pressa son sexe tendu avec hargne et le souffle de Lucius se bloqua dans sa poitrine.

« Pour... rendre hommage au Maître... ».

La pression s'accentua encore.

« Oui, ça c'est ce que tu racontes à Tom, pour qu'il te foute la paix. Au fait, il n'est plus ton Maître. Alors tu vas dire son nom. »

« Non. » Lucius avait soufflé, paniqué.

La main du garçon se relâcha et commença un lent va-et-vient sur son membre.

« Oh que si, Lucius. Et tu vas le faire tout de suite. Répète après moi : Tom. Riddle. »

Lucius serra les dents. Ses bras commençaient à s'engourdir.

Le garçon sous lui ne le quittait pas des yeux et il savait qu'il n'aurait probablement pas le choix.

« Ce n'est qu'un nom. Tu peux le faire. »

La main descendait tout le long de sa verge. Il sentait parfois les ongles griffer légèrement sa peau sensible et chacun de ces contacts déclenchait en lui une vague de frisson incontrôlable.

« Si tu le fais... » Négocia le garçon d'un air mauvais « Alors je t'autoriserai à me toucher. »

Lucius releva brusquement les yeux sur lui.

« Je sais pourquoi tu t'es débarrassé du journal. Et crois-moi, c'était un mouvement extrêmement intelligent. Mais c'est ce que tu es, Lucius. Un homme d'une intelligence remarquable. Cela ne m'étonne pas que Tom ait jeté son dévolu sur toi. Qui ne le voudrait pas ? Bon d'accord, tu as un caractère de merde et tu es un véritable connard. Mais à part ça, tu as tout pour toi, vraiment. »

« Tom Riddle. » Maugréa rapidement Lucius comme s'il jetait une malédiction. Il se sentit enfin libéré et attrapa d'un bras la taille du garçon pour le tirer jusqu'à lui. « Vous ne pouvez pas revenir sur ce que vous avez dit. »

Sa main parcouru avec avidité le corps nu qui lui avait été inaccessible. Un soupir de soulagement s'échappa de ses lèvres quand il remarqua que Loki ne lui opposait aucune résistance.

« Et donc, » reprit-il avec plus d'assurance, « quelle part de moi vous a séduit en premier ? Le côté 'caractère de merde', ou celui 'véritable connard' ? »

Le rire amusé du garçon résonna dans la pièce. Il s'accrocha aux épaules du blond pour se redresser légèrement.

« Je dois vraiment choisir entre les deux ? » Il guida d'un geste naturel la main de Lucius jusqu'à son sillon inter-fessier « Tu peux me préparer, si tu veux. »

Le blond ne se fit pas prier. Il enfonça rapidement deux doigts entre la chair chaude. Il sentit les ongles du garçon s'enfoncer dans ses épaules quand il commença à bouger lentement.

« Je vais te donner des consignes, d'accord ? » Lucius haussa les sourcils et Loki rit de nouveau : « Pas pour ça. Pour après. Quand on ne sera plus... ici. »

Lucius ajouta un troisième doigt, concentré, et le garçon se tordit quand il atteint le point sensible en lui. Un sourire cruel effleura les lèvres du blond et il renfonça ses doigts en direction de la zone. Le garçon laissa échapper un hoquet de surprise. Il haleta : « Je veux que ça soit toi qui garde ma baguette. Tu me la rendras quand tu estimeras que le moment est venu. »

Lucius hocha la tête. « Vous avez déjà un plan ? »

Il provoqua un nouveau gémissement. « Pas encore. Mais ça va venir. Ensuite je veux que... je veux que… tu veux bien arrêter de me torturer et y aller une bonne fois pour toute ? »

Un souffle amusé s'échappa des lèvres de Lucius et il redressa le garçon, l'asseyant plus confortablement sur ses jambes repliées et collant son dos déjà humide de sueur à son ventre. Son sexe se fraya un chemin dans l'intimité du garçon. Il sentir les chairs se contracter sur son membre à son passage.

Contrairement à la première fois, il y allait avec lenteur.

Loki reprit : « Ensuite je veux que tu me débarrasse de cette saloperie de serpent. »

Lucius continua sa lente progression. Il venait à peine de commencer qu'il se demandait déjà s'il allait tenir. Le garçon se releva légèrement pour s'abattre sans aucune pitié sur lui. Lucius agrippa son ventre dans un râle rauque.

« Tu prendras Severus avec toi pour faire ça. Je ne voudrais pas que tu te fasses mordre et que tu meurs bêtement. »

Le blond plaça ses mains sur les hanches du garçon pour mieux l'accompagner dans son mouvement.

« Severus ? »

Loki tourna légèrement la tête pour que leur regard se croisent. « Oui. Il est fiable. »

Il se laissa redescendre sur le sexe tendu.

« Fiable ? »

Lucius sentit un sentiment de jalousie l'envahir. Mais il n'eut pas le temps de protester car le garçon le coupa : « Excuse-moi, ça ne te dérange pas si j'accélère un peu ? J'ai l'impression que je vais mourir sous la torture, là. »

« Faites-vous plaisir... » Lucius avait grogné, toujours contrarié pas la mention de Severus.

« Quoi ? Il ne t'a rien dit ? Je croyais que vous étiez amis ? »

« Personne ne me dit jamais rien, de toute façon. »

Le garçon avait accéléré comme il l'avait dit et Lucius sentit que son plaisir prenait un autre tournant, plus violent. Quelque chose se tordit dans son bas ventre. Il sentait les chairs se resserrer autour de son gland et le frottement continu allait le terrasser d'un instant à l'autre.

Il entoura de sa main la verge de Loki. Il n'y avait aucune raison pour qu'il soit le seul à souffrir. Le garçon laissa échapper un rire, entre deux souffles haletants, qui se transforma rapidement en gémissement alors que Lucius serrait un peu plus son emprise sur son membre tendu.

« Tu es... vraiment un connard… »

Lucius sourit, même si son propre plaisir le faisait déjà vaciller. « Peut-être, mais c'est ce que vous préférez, non ? » Il accentua ses mouvements, savourant chaque gémissement que le garçon laissait échapper.

« Je n'ai jamais dit le contraire. Mais... on parlera de tout ça plus tard. Là... continue, juste... comme ça. »

Lucius, envoûté par le corps vibrant de Loki contre le sien, augmenta la cadence. Son esprit se brouillait sous l'effet du plaisir qui montait en lui. Il pouvait sentir la chaleur croissante dans son bas-ventre.

C'était imminent.

Il se retint, mordant sa lèvre pour ne pas se laisser aller trop vite.

Le garçon se cambra soudainement contre lui et sa tête se renversa en arrière, exposant la peau fragile son cou. Lucius se pencha, plantant ses dents dans la chair tendre de la gorge offerte et ce simple geste déclencha l'orgasme de son compagnon qui explosa dans sa main en un cri étouffé. Son corps se contracta violemment autour de Lucius et ce dernier ne put retenir un râle rauque alors que son plaisir déferlait en vagues puissantes.

Loki se laissa retomber sur lui, épuisé : « Avant de t'occuper de Nagini, tu mettras ta famille à l'abri. Dans un autre pays si possible. Pourquoi pas l'Écosse ? C'est beau, l'Écosse. »

Lucius avait le souffle court. Il était encore à l'intérieur du garçon et avait l'impression d'avoir pénétré un four. C'était... terriblement agréable.

« Tu le feras dès que tu m'auras remis à Tom, d'accord ? Tu n'attendras pas une minute de plus. Je l'occuperai suffisamment pour qu'il ne les cherche pas. Pas tout de suite en tout cas. »

Lucius passa ses bras autour du ventre du garçon avant de se laisser tomber en arrière sur le sol. Loki s'affaissa sur lui sans une plainte et ils restèrent ainsi enlacés.

« C'était la dernière consigne ? »

« Non. Il en reste encore une. La plus importante. Quand tu auras fait tout ça, tu te barreras très loin de toute cette merde. Je veux savoir que tu es en sécurité. Que Tom ne te retrouveras pas si jamais je... je venais à... »

Lucius roula sur le côté et le garçon suivi son mouvement. Il nicha son nez dans ses cheveux, la respiration tremblante : « J'ai changé d'avis. Je ne vous livrerai pas. »

Loki se débattit légèrement : « N'agit pas comme un couard, Lucius ! Je déteste ça. De toute façon, on devait se croiser, un jour ou l'autre, lui et moi. C'est juste que ça arrive un peu plus tôt que prévu. »

Lucius resserra son étreinte autour du garçon, comme s'il essayait de le maintenir à tout jamais près de lui, de repousser l'inévitable.

Son cœur battait encore à tout rompre, mais il n'était plus si certain que ça ne soit que l'effet du plaisir.

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