Hello tout le monde!

Je l'avais promis, voici une fic bien plus douce qui suit Sebastian et Ominis durant une journée de leur dernière année à Poudlard! L'idée m'est venue en écoutant (en boucle, j'avoue) la magnifique chanson "All This and Heaven Too", de Florence + the Machine, et j'avais besoin de davantage de douceur après le drama de la quête secondaire du jeu :')

Le texte contient d'ailleurs quelques spoilers (mais pas énormément parce que je suis dans le déni et que je n'aborde même pas certains sujets parce que si je n'en parle pas, ils n'existent pas :D), donc n'hésitez pas à revenir une fois que vous aurez terminé ladite quête ;)

Enjoy!


Ominis avait reçu une éducation sévère et élitiste de la part de ses parents et de ses tuteurs avant d'entrer à Poudlard, et il estimait que sa maîtrise de la langue anglaise était parfois même supérieure à celle de certains de ses camarades. À vrai dire, il avait toujours particulièrement adoré les langues et leurs richesses, et il maniait les mots comme des sortilèges à part entière, les accompagnant régulièrement d'un sarcasme qui accentuait la confusion, déjà grande, des autres élèves. Peut-être les aimait-il autant du fait qu'il en connaissait une autre facette, celle des points qui constituaient l'alphabet braille, encore une chose que ses camarades contemplaient avec stupéfaction. Bien sûr, il y avait d'autres moyens pour lui de lire, comme d'ensorceler les livres ou les parchemins pour que le texte soit dicté ou encore pour faire apparaître sur chaque page les lettres en braille, mais il appréciait tout particulièrement une autre méthode plus «personnalisée».

Adossé au mur, assis sur le lit d'appoint que Sebastian installait dans sa chambre à Feldcroft pour les vacances scolaires, Ominis ferma les yeux, se laissant bercer par la voix de son ami qui lisait un extrait de leur manuel de potions, allongé sur le matelas, la tête reposant paisiblement sur ses genoux. Même s'il appréciait découvrir les cours par lui-même, il était particulièrement friand de ces moments privilégiés durant lesquels il pouvait simplement écouter, se concentrer à la fois sur la matière et sur Sebastian, qui lui était entièrement dévoué durant ces minutes dédiées à la lecture.

Les rayons du soleil d'automne caressaient son visage, l'auréolant d'une douce source de chaleur. Il entendait le chant des oiseaux et les appels outrés que lançaient les moutons attendant leur pitance. Il sentait dans l'air l'odeur si particulière que le soleil et l'air salé laissaient sur les vêtements. Il inspira profondément et il laissa ce chaleureux sentiment de paix l'envahir, chassant les souvenirs des événements dramatiques de leur cinquième année.

Il se sentait bien, à sa place. Et il était certain d'être là où il devait se trouver.

«C'est donc la raison pour laquelle cette potion ne peut… Surtout dis-le moi si je te dérange.

- Pardon, j'étais distrait.

- Ça fait que je lis depuis presque vingt minutes dans le vide et tu ne penses pas à m'arrêter?

- Et interrompre ton étude? Je ne me permettrais jamais.»

Ominis ne put empêcher ses lèvres de s'étirer en un sourire amusé quand Sebastian s'assit en grommelant un «pas croyable» faussement outré. Il chassa la sensation de manque qu'avait créé ce simple mouvement, regrettant l'agréable contact de la tête sur ses genoux, et il posa une main compatissante sur l'épaule de son ami.

«Désolé, j'ai décroché il y a seulement quelques secondes.

- Ne t'en fais pas. Au fond ça tombe bien parce que je commençais à en avoir par dessus la tête des potions. C'est le bon moment pour une pause bien méritée. (Il s'étira en poussant un grognement.) Franchement, c'est notre dernière année, Sharp pourrait nous lâcher la grappe.

- Où en est-on dans le chapitre?

- Deuxième partie de la septième page.

- Sur... Combien?

- …Sur vingt, soupira Sebastian en refermant résolument le livre, c'est interminable.

- Est-ce qu'on ne tenterait pas d'atteindre la moitié avant notre pause? Pour être tranquilles pour le reste de la journée?»

Il y eut un long silence lourd de reproches muets, puis son ami poussa une longue plainte et se laissa retomber sur le lit d'appoint, la tête sur le matelas et la poitrine sur ses genoux. Le tissu de l'édredon étouffa son désespoir quand il soupira. «Pourquoi moi…

- Allons, allons, le consola Ominis en passant une main dans ses mèches brunes, on y sera vite.

- C'est toi qui le dis.

- Dis-toi qu'ainsi nous pourrons profiter du reste de l'après-midi pour aller nous promener au soleil. Si tu veux je peux ensorceler le livre pour les trois… Hm. Je veux dire, les deux prochaines pages et demi, rectifia-t-il en sentant le regard noir de Sebastian sur lui.»

Il le connaissait si bien qu'il savait même interpréter ses silences: les silences amusés, les silences fatigués, les silences emplis de tristesse, les silences qui contenaient bravement des éclats de rire dans des moments cruciaux, les silences noirs, les silences moqueurs… Et il savait donc que, même s'il gardait un ton léger et rieur, son ami avait atteint une certaine limite dans sa concentration académique. Une page de plus lui semblait insurmontable et donc insupportable.

Il fallait dire que la journée avait été longue: ils avaient décidé de faire un maximum de leurs devoirs durant les premiers jours de vacances pour ensuite profiter complètement de leur temps libre. Il pouvait donc comprendre que Sebastian atteignît ses limites, lui-même commençait objectivement à se lasser.

Un grommellement lui parvint enfin et il entendit le dos du lourd manuel craquer quand Sebastian l'ouvrit à nouveau. «Nan, ça va, je vais lire la fin.

- Tu n'es pas obligé, je peux aussi le faire.

- Je sais. J'en ai envie.» Il y eut un bref silence, suffisamment long pour qu'Ominis déglutisse péniblement et sente ses pommettes chauffer. «Ça me fait plaisir.

- Oh… Hé bien, dans ce cas, je suis tout ouïe.»

Sebastian laissa échapper un petit rire amusé, et la lecture reprit.

Sans qu'Ominis ne trouve la force d'ôter ses doigts de ses cheveux.

Il savait qu'il aurait dû retirer sa main, que ce geste durait depuis trop longtemps, pourtant, il ne parvint pas à s'y résoudre… Il fallait dire que, à sa décharge, son ami ne changeait pas non plus de position, gardant sa poitrine confortablement posée sur ses jambes. Ils avaient toujours été ainsi ensemble, très tactiles, et pendant longtemps, Ominis avait cru que c'était la manière que Sebastian avait trouvé de lui témoigner son affection puisqu'il ne pouvait la lui montrer par des sourires ou des regards complices.

Mais ils n'avaient plus treize ans, ils en avaient dix-huit. Il n'était plus le petit garçon brisé par ses parents et par les châtiments qui s'émerveillait des marques de tendresse que lui offrait si volontairement son nouveau meilleur ami.

Ils devaient maintenant tous les deux savoir qu'il y avait plus que de l'amitié dans ces gestes d'une intimité presque suffocante.

Et c'était bien là le cœur du problème.

Ominis maniait la langue anglaise comme personne, et pourtant, depuis sept ans maintenant, il faisait face à une difficulté linguistique qu'il ne parvenait pas à surmonter.

Il était incapable de comprendre et d'exprimer ce qu'il ressentait dans ce genre de moments hors du temps qu'ils partageaient quotidiennement.

Lui qui, pendant onze ans, avait cru qu'il n'y aurait jamais droit, il pouvait maintenant dire qu'il n'était pas étranger à la joie et au bonheur. Mieux encore, il les côtoyait régulièrement depuis qu'il avait rencontré Sebastian et Anne. Et malgré l'absence de cette dernière, qui faisait des séjours réguliers à Sainte Mangouste, il profitait encore de moments sincèrement heureux.

Mais ce n'était pas exactement ce qu'il ressentait, ces termes n'étaient pas suffisamment… Justes.

Il ne parvenait tout simplement pas à mettre des mots sur cette boule de lumière qui gonflait dans sa poitrine quand ils étaient ensemble, si proches, si liés. Il ne savait décrire la douce vague de chaleur qui partait de son cœur pour l'envelopper tout entier, de la racine des cheveux aux orteils. Il ne pouvait pas expliquer comment les battements de son cœur se calquaient sur le rythme ancien du monde qui l'entourait. Il était dépourvu quand il sentait à quel point leurs mains s'emboîtaient parfaitement, à quel points ses doigts étaient à leur place dans les cheveux de Sebastian, à quel point ses épaules semblaient revivre quand le bras de son ami s'y posait.

Ce n'était pas de la plénitude, ni une simple satisfaction, c'était bien plus. Tellement plus.

Pourtant, malgré son amour pour la poésie et ses propres tentatives littéraires, il aurait été incapable de décrire exactement ces sensations, et c'était incroyablement frustrant.

Sebastian parvint enfin à la dixième page du maudit chapitre et il referma le livre avec un bruit sec, comme pour éviter de laisser l'opportunité à Ominis de l'encourager à continuer. «Voilà, j'ai rempli ma part du marché.

- Et je t'en remercie, reconnut-il en éloignant sa main à regret.

- À toi de tenir la tienne.

- Je n'ai qu'une parole.»

Il put presque le sourire dans la voix de Sebastian quand il se redressa vivement et qu'il le prit par la main pour l'aider à se lever. «Dépêche-toi d'enfiler ta veste: on va prendre l'air.»

Alors qu'ils quittaient la chambre, Ominis entendit un choc sourd et il écarquilla les yeux. «Je rêve ou bien est-ce que tu viens de lancer ton manuel de potions à travers la chambre?

- Oh non, je n'oserais jamais.

- Ah, me voilà rassuré.

- C'était le tien.

- Seigneur, Sebastian!

- Oh ça faisait longtemps que tu ne m'avais plus invoqué ainsi.»

Son cœur tressauta dans sa poitrine et une nouvelle chaleur s'empara de ses joues quand il répondit en un grommellement.

«Je pensais que les divinités étaient dépourvues d'arrogance.

- Pas toutes.

- Par Merlin, nous sommes perdus…»

Le rire lumineux qui résonna dans la pièce était si contagieux qu'Ominis ne put s'empêcher de l'imiter, et une fois encore, la vague de bonheur pulsa en lui, si intensément qu'il fut certain que Sebastian devait avoir senti une décharge émaner du bout de ses doigts.

Veste et écharpes enfilés, ils quittèrent la chaumière en courant, sans que leurs mains ne se quittent, et Ominis se laissa guider sans sortir sa baguette. Il avait une confiance aveugle – littéralement – en son guide, et il ne ralentit pas une seule fois, pas même quand l'herbe remplaça les graviers des allées de Feldcroft sous ses semelles. Une bourrasque salée le heurta de plein fouet et il sut qu'ils dévalaient la colline qui menait à la berge du lac.

«Où m'emmènes-tu?

- Tu le sauras bien assez vite.

- Si tu t'imagines que je vais te suivre dans cette eau glacée, tu te fourvoies.

- Fais-moi confiance.»

Oh, si tu savais…

Ominis inspira profondément, un sourire épanoui sur les lèvres, et il eut une fois encore cette impression, cette certitude, qu'il était né pour vivre ces moments aux côtés de Sebastian. Si seulement il avait pu trouver les mots justes pour le lui dire. Mais ils ne suffisaient pas à exprimer ce qu'il ressentait, ils étaient trop faibles, insipides face à l'arc-en-ciel d'émotions et de sensations qui grandissait en lui.

Alors, il se contenta de serrer un peu plus la main de Sebastian dans la sienne, priant pour que cela soit suffisant pour l'instant.

«Tu tiens le coup?

- Je ne suis pas aussi faible que tu sembles le croire, rétorqua Ominis en cherchant son souffle.»

Ce devait manifestement être hilarant puisque Sebastian pouffa et s'arrêta immédiatement.

«Laisse-moi te donner un coup de main.

- Puisque je te dis que ça v-»

La fin de sa phrase s'étrangla sur un glapissement surpris quand deux bras encerclèrent sa taille et que ses pieds quittèrent le sol. Déséquilibré, Ominis agrippa vivement la première chose qui se trouvait devant lui, à savoir la tête de Sebastian, qui s'étouffait manifestement de rire, le visage enfoui dans sa veste. «Arrête tu vas nous faire tomber!

- C'est à moi te dire ça, s'offusqua Ominis, dépose-moi!

- Attends un peu, on y est presque, je vais juste te…»

Bien évidemment, ce fut à ce moment précis qu'il trébucha et qu'ils roulèrent tous les deux dans l'herbe, dévalant une partie de la colline avant d'enfin s'immobiliser côte à côte, le souffle court et les bras en croix. Instinctivement, Ominis tourna la tête vers son ami et, après une seconde de silence sidéré, ils éclatèrent de rire, les épaules secouées de hoquets.

«Tu n'as, haleta péniblement Sebastian entre deux sanglots hilares, tu n'as rien?

- Mon amour propre est en miettes.

- Et tu écrases mon bras gauche, on est quitte.

- Arrête, hoqueta Ominis, je suis sérieux! Je suis certain que tout le village nous a vu, je crois que je ne m'en remettrai jamais.»

Finalement, il ne sut jamais vraiment où Sebastian avait voulu l'emmener, car ils décidèrent d'un même accord tacite qu'ils étaient tout aussi bien ici, à rire dans l'herbe balayée par l'air marin, le visage auréolé par le soleil étonnamment clément d'automne. Il était décidément bien plus agréable de profiter de l'extérieur que de s'échiner à comprendre la nouvelle leçon de Sharp, et la lumière en lui gonfla un peu plus, remplit sa poitrine au point qu'il crut qu'elle allait exploser. Quand ils eurent repris leur souffle et que les larmes eurent séché sur leurs joues, Ominis poussa un long soupir, la tête calée sur le bras de son ami, et, sans pouvoir s'en empêcher, il laissa sa main gauche trouver celle qui s'était naturellement posée sur son épaule.

«Tu vas finir par me tuer.

- Oh arrête, je sais que tu adores ça.»

Oh ce qu'il donnerait pour pouvoir lui parler de ses sentiments, pour lui dire qu'«adoration» n'était pas un mot suffisamment fort, que même l'amour n'était rien comparé à cette sensation d'être enfin complet, comme deux faces d'une même pièce, deux parties d'une même âme. C'en était si frustrant qu'il avait presque envie de hurler, de laisser la partie la plus viscérale s'emparer de lui pour laisser s'échapper ce trop plein d'émotions. C'était trop, il débordait de ce mélange de bonheur suprême et d'amour, d'une plénitude telle qu'il en aurait presque pleuré.

Et il était censé utiliser ces trois petits mots pour décrire l'univers qui se mouvait en lui quand Sebastian était avec lui? Ces trois mots bien trop basiques, trop simples, qui jamais ne pouvaient faire honneur à la lumière de Sebastian? Ces trois mots trop souvent utilisés par les autres élèves et qui ne refléteraient jamais la hauteur vertigineuse de ses sentiments?

Ominis ne savait pas pourquoi il ressentait ce besoin soudain d'être honnête, de mettre des mots sur ce qui n'avait jamais eu besoin d'être dit entre eux. Peut-être était-ce la réalisation que cette année était leur dernière à Poudlard? La dernière avant le début de leur vie d'adultes? Il avait l'impression que la boule d'émotions en lui avait tant grandi au fil du temps qu'elle menaçait maintenant de déborder, que les paroles exigeaient d'être enfin prononcées.

Quand il tourna à nouveau la tête vers Sebastian, son nez rencontra presque le sien, et ce ne fut qu'à ce moment qu'il réalisa qu'il avait été observé tout le temps qu'avait duré cette réflexion intérieure. «Qu'est-ce qu'il y a?

- Rien, répondit doucement Sebastian, j'aime juste te regarder.

- Ça ne doit pourtant pas être très intéressant.

- Au contraire, c'est fascinant. Et très instructif.» De sa main libre, il posa un doigt sur le front d'Ominis. «Je vois que tu cogites et j'essaye de deviner à quoi tu penses

- Et tu fais ça souvent?

- Tous les jours.

- À ce point?

- Bon, d'accord, plusieurs fois par jour.»

Une chaleur bien connue remonta le long de la gorge d'Ominis jusqu'à son visage, et il sut qu'il devait avoir viré au rouge pivoine. C'était la goutte d'eau, la phrase de trop, il allait se noyer dans ses émotions.

Fais-le, supplia la chose dans son cœur, dis-lui, maintenant. Fais-le avant qu'il ne soit trop tard.

Front contre front, il chercha le courage de parler, quitte à simplement dire ces trois fameux mots. Il n'avait pas peur. En toute sincérité, il ne pouvait pas imaginer un monde dans lequel il se serait trompé sur les intentions de Sebastian, pas alors que d'autres élèves leur avaient déjà demandé s'ils étaient plus qu'amis… Pas alors qu'il était certain que seuls les couples échangeaient de tels gestes. Et puis, il savait que jamais il ne serait abandonné même s'il s'était fourvoyé et que ses sentiments n'étaient pas réciproques, mais ce saut dans l'inconnu l'impressionnait malgré tout. «Sebastian.

- Hm?

- Ça fait longtemps que je cherche un moyen de te le dire, bafouilla-t-il maladroitement, et je… Je me disais que… Hé bien, que je te devais la vérité. Voilà, en fait, depuis… Depuis notre première rentrée, au banquet… Enfin, tu vois de quoi je parle. Depuis ce moment, je… Je…»

Ominis se tut et pinça les lèvres, luttant pour ne pas enfouir son visage dans ses mains face à la honte qu'il éprouvait soudain. Il était furieux de ne pas trouver les bons mots, de buter ainsi sur ce qu'il maniait parfaitement depuis l'enfance. Il ne parvenait pas à croire que ses premiers amis le trahissaient ainsi dans un moment aussi critique.

Mais alors qu'il cherchait les phrases justes, que la boule grossissait dans sa poitrine, les lèvres de Sebastian effleurèrent son front.

Presque rien, à peine un baiser.

Assez pour le faire taire, sidéré.

«Je sais, dit-il simplement avec un sourire dans la voix, moi aussi.»

Ominis se figea, les yeux ronds, mais ni le soulagement et ni le feu d'artifice dans son cœur ne le rendirent plus lucide. «Mais… Mais tu… Alors pourquoi?

- Parce que ça me semblait évident? Parce que ça saute aux yeux?

- Je ne sais pas si tu as remarqué mais je suis aveugle, Sebastian.

- Mince c'était donc ça.»

Ominis le bouscula, le gratifiant d'un léger coup de coude dans les côtes qui le fit pouffer, et Sebastian profita de l'occasion pour refermer son bras libre sur lui. «Je suppose que je n'ai rien dit pour les mêmes raisons que toi. Parce qu'aucun mot, aucune déclaration ne fait honneur à ce que je ressens, et que j'ai préféré te le montrer autrement pendant tout ce temps.»

Son cœur était coincé dans sa gorge, la vague le recouvrait tout entier, la lumière le noyait et la chaleur battait un rythme effréné dans ses tympans tandis que le soulagement d'être compris fleurissait enfin dans sa poitrine. Le soulagement et le bonheur de ne pas s'être trompé.

Un sourire irrépressible illumina son visage, et la flamme dans son cœur sembla s'étendre pour les englober tous les deux quand Sebastian effleura ses lèvres du bout des doigts en une question muette. Ominis n'eut pas à répondre, n'eut pas la force de le taquiner. Il se contenta de poser une main sur la joue de son ami et de l'attirer à lui. Leurs lèvres se trouvèrent immédiatement, et une fois encore, ce fut comme si elles avaient été créées pour se rencontrer et pour exister ensemble.

Là.

C'était… Juste. C'était ce pourquoi ils étaient nés, pour se trouver.

C'était ça qu'il sentait et qu'il ne pouvait expliquer.

Ominis poussa un soupir de bonheur pur quand Sebastian rompit le baiser pour l'enlacer et enfouir son visage brûlant dans sa gorge, en miroir de sa propre position. Il inspira son parfum, savoura la chaleur de sa peau, frissonna sous le souffle qui caressait sa peau, et il eut l'impression qu'il allait mourir face à tant de perfection. Alors, il sut qu'aucune langue, aucun mot, ne pouvait refléter ce qu'ils éprouvaient tous les deux et qu'ils avaient simplement trouvé un autre moyen parfait de s'exprimer.

«J'aimerais te le dire quand même, murmura Sebastian contre son pouls, déposant un baiser sur sa gorge, même si ça n'est pas suffisant.

- On pourrait le dire ensemble, souffla Ominis, les yeux clos.»

Il sentit le sourire de son ami contre sa peau et, d'une même voix, ils prononcèrent ces trois mots qui ne seraient jamais à la hauteur de leur dévotion. Et pourtant, ils surent qu'ils n'avaient jamais été aussi complets, unis dans le feu divin de leur amour.


Et voilà! J'espère que ça vous a plu :D

À bientôt pour de nouvelles aventures!