Je ne possède aucun des personnages de la série

Après une bagarre qui a été relativement violente, Eliot prend soin de ses bleus et de ses coupures dans la salle de bain mais il ne tarde pas à petre rejoint par Parker.

Ce texte a été écrit pour le défis Almayeniser les tous de la Bibliothèque de Fiction : Défi du 18 octobre 2024 : écrire un texte avec la phrase "ça fait mal?"

En espérant que cela vous plaise !

Bonne lecture

PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)


Vulnérabilité partagée

Eliot grimaça en essayant d'atteindre la coupure sur son bras droit. Le miroir de la salle de bain lui renvoyait l'image peu glorieuse de son torse couvert d'hématomes, certains déjà violacés, d'autres commençant tout juste à se former. Il avait l'habitude de ce genre de spectacle après un combat, mais celui-ci avait été particulièrement intense. Ces types étaient des professionnels, probablement d'anciens militaires. Rien qu'il ne puisse gérer, bien sûr, mais ils lui avaient donné du fil à retordre.

Le plus important était que l'équipe soit en sécurité. Hardison avait pu terminer le transfert des données pendant qu'Eliot retenait leurs assaillants, et Sophie avait réussi à faire sortir leur client sans encombre. Une soirée réussie, selon ses critères… A cet instant, Eliot entendit la porte s'ouvrir doucement derrière lui mais ne se retourna pas. Peu de gens pouvaient s'approcher aussi silencieusement - en fait, une seule personne dans l'équipe en était capable.

- Parker, dit-il simplement, continuant à nettoyer la coupure sur son bras.

- Tu saignes, constata-t-elle de cette voix particulière qu'elle avait parfois, celle qui sonnait presque enfantine dans sa simplicité.

- C'est rien. Une égratignure."

Parker ne répondit pas et Eliot l'observa dans le miroir alors qu'elle s'approchait, ses yeux parcourant son torse et son dos couverts de bleus. Son visage habituellement si expressif était inhabituellement sérieux.

- Ce n'est pas rien, dit-elle doucement.

Elle leva une main, hésitante, puis effleura du bout des doigts un large hématome qui s'étendait sur son omoplate droite. Le contact était si léger qu'il le sentait à peine.

- Ça fait mal ? Demanda-t-elle dans un murmure.

La première réponse qui lui vint à l'esprit fut un sarcastique "à ton avis !", mais il la ravala aussitôt. Parker n'était pas comme les autres. Elle ne posait pas la question par politesse ou par culpabilité. Elle voulait vraiment savoir, comprendre. Et surtout, il détestait voir cette lueur d'inquiétude dans ses yeux.

- Ça ira, répondit-il donc, adoucissant sa voix rauque. J'ai connu pire.

- Ce n'est pas ce que j'ai demandé, insista-t-elle, son regard croisant le sien dans le miroir.

Eliot soupira. Parker avait cette capacité déconcertante à voir à travers ses défenses, même quand il essayait de la protéger.

- Oui, ça fait mal, admit-il finalement, mais c'est supportable. C'est mon travail, Parker. Je prends les coups pour que vous n'ayez pas à le faire.

La jeune femme fronça les sourcils, visiblement peu satisfaite de cette réponse. Ses doigts continuaient leur exploration délicate de son dos, cartographiant les zones meurtries avec une douceur dont peu la croiraient capable.

- Je pourrais t'aider, proposa-t-elle soudain. J'ai de la pommade pour les contusions. Sophie m'en a donné après que je me sois cognée en descendant ce building la semaine dernière.

Eliot ouvrit la bouche pour refuser, c'était son rituel habituel après un combat, panser ses plaies en solitaire, mais quelque chose dans l'expression de Parker le fit hésiter. Il y avait une vulnérabilité dans sa proposition, un désir sincère d'aider qui était encore nouveau pour elle.

- Tu veux que je te passe de la pommade dans le dos ? Demanda-t-elle, et sa voix avait cette qualité particulière qu'elle prenait quand elle essayait très fort de faire quelque chose de "normal", quelque chose qu'elle pensait qu'une personne ordinaire ferait dans cette situation.

Il savait qu'il devrait probablement refuser. Maintenir ses distances. Ne pas laisser l'équipe trop s'attacher, ne pas les laisser voir ses faiblesses. C'était plus sûr ainsi, mais Parker le regardait avec ces yeux clairs et confiants, et pour une fois, il était fatigué de prétendre qu'il n'avait besoin de personne.

- D'accord, céda-t-il doucement.

Le sourire de Parker s'illumina, comme s'il venait de lui faire un magnifique cadeau au lieu d'accepter son aide. Elle disparut un instant et revint avec un tube de pommade, se plaçant derrière lui avec une concentration intense qu'elle réservait habituellement aux coffres-forts les plus complexes. Ses doigts étaient frais sur sa peau échauffée alors qu'elle commençait à appliquer la pommade avec des gestes précis et méthodiques. Elle était étonnamment douée pour ça, dosant parfaitement la pression pour soulager sans faire mal.

- Tu n'es pas obligé de toujours tout supporter seul, tu sais, dit-elle après un moment de silence. C'est ce que tu nous dis toujours. Que nous sommes une équipe. Que nous prenons soin les uns des autres.

Eliot ferma brièvement les yeux, touché plus qu'il ne voulait l'admettre par ces mots. C'était typique de Parker d'utiliser ses propres arguments contre lui.

- C'est différent, murmura-t-il.

- Non, ça ne l'est pas, répliqua-t-elle simplement, continuant son ministère avec la même attention méticuleuse. Tu nous protèges. Laisse-nous prendre soin de toi de temps en temps.

Il ne répondit pas, mais quelque chose se dénoua légèrement dans sa poitrine. Les mains de Parker continuaient leur travail apaisant, et pour une fois, il se permit de simplement accepter ce moment de vulnérabilité partagée, cette connexion silencieuse avec quelqu'un qui, contre toute attente, était devenu bien plus qu'une simple coéquipière.

C'était peut-être ça, après tout, la véritable force : non pas de tout supporter seul, mais d'accepter que parfois, il était normal de laisser quelqu'un d'autre porter un peu du fardeau.