Merci Sockscranberries, reine-bêta.
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Chapitre 16
Ils eurent le temps de visiter le Palais Princier et le musée océanographique. Severus tint sa promesse et paya l'entrée d'Hermione avec l'argent qu'il avait gagné, et il lui en resta malgré cette dépense. Cela dit, il avait des projets en tête pour cette jolie petite somme.
Ils ne furent pas particulièrement impressionnés par le Palais et ses jardins. Non pas que la vue n'y fut pas belle, mais Severus et Hermione étaient habitués à ce genre de bâtiments, chez eux, à Londres, même si ni l'un ni l'autre n'avait jamais pris le temps de les visiter là-bas.
Hermione apprécia l'aquarium et le musée, avec ses squelettes de baleines suspendus au plafond. Elle lut toutes les informations qui étaient dispensées, alors que Severus, lui, n'accorda son attention qu'à la beauté d'Hermione sous la lumière bleutée et oscillante des aquariums qui les entouraient.
Le soir venu, ils rentrèrent au domicile des Granger. Il n'était cependant pas assez tard pour que Charles le Ronchon ait déjà dîné. Ils s'assirent donc pour prendre le repas tous ensemble, Jane, Charles, Hermione et Severus, et ces derniers racontèrent aux deux autres leur journée à Monaco. Jane regarda les photos et sembla très contente d'eux, choisissant, avec sa fille, lesquelles seraient imprimées et encadrées ici et chez Hermione et Severus - car Jane imaginait qu'ils vivraient ensemble très prochainement. Charles ne fut pas ravi que Severus ait parié. Ce n'était franchement pas une bonne idée, cela pouvait mener à l'addiction, et il n'aimait pas que le futur mari de sa fille, qui gagnait déjà moins qu'elle en étant sous ses ordres, dépense son argent de la sorte. Charles ne formula pas tout, mais Severus le savait pertinemment quoi, qu'il en soit.
Cela n'entama néanmoins pas leur légèreté et ne les fit pas non plus redescendre sur terre pour autant - le sentiment de flottement étant davantage du côté d'Hermione, bien sûr. Quand ils quittèrent la table après le dîner, il riaient toujours - souriait, dans le cas de Snape - en parlant entre eux de leur journée, se remémorant leurs souvenirs, pour ainsi dire, avant que Severus ne laisse Hermione prendre sa douche en premier.
Elle sortit de la salle de bain, portant un joli peignoir long par-dessus sa chemise de nuit et il entra immédiatement prendre sa douche à sa suite. Elle n'avait cependant aucune envie d'aller se coucher. Elle voulait lui parler encore, toute la nuit si c'était possible. Alors elle prit place sur l'un des fauteuils de cuir qui faisaient face au canapé dans lequel il dormait, un livre choisi au hasard dans une main pour pouvoir faire semblant de lire, en espérant qu'il s'assiérait avec elle pour échanger avec elle quand il sortirait de la douche.
Il fut plus long que nécessaire - en tout cas plus long que d'ordinaire - à se doucher. Peut-être était-ce dû au fait qu'elle l'attendait avec impatience cette fois-ci. Ou peut-être était-ce parce qu'il se masturbait. Était-il tiré par les cheveux de penser qu'il pourrait se toucher en pensant à elle ? Il lui avait fait des compliments un peu plus tôt dans la journée, après tout. Apparemment, il avait fait attention à elle depuis le dimanche précédent. Ou au moins avait-il fait attention à elle ce jour-là, et à sa robe. Peut-être pouvait-il penser à elle…
Elle se laissa donc aller à imaginer sa main, large et ferme, glissant sur son sexe épais et long, pensant à elle, imaginant ses jambes magnifiques - comme il l'avait dit - enroulées autour de sa taille -, imaginant à quel point elle serait brûlante. Il serait trempé, la douche dégoulinant sur ses épaules, il se caresserait en gémissant son nom, en gémissant Chaton, l'une de ses mains appuyée contre le mur. Il finirait alors par se caresser plus intensément, l'orgasme approchant, le torse et les bras contractés, les muscles saillants, chacune de leurs fibres tendues, et il viendrait enfin pour elle.
Elle rougit, le souffle légèrement court, en se laissant aller à ces pensées. Finalement, elle secoua la tête pour éloigner ces images, forçant son excitation à se calmer avant qu'il ne sorte de la pièce et ne la surprenne dans cet état.
Elle était loin de savoir que la scène qu'elle s'était dépeinte était en train de se dérouler au même moment, à seulement quelques pas.
Il s'attendait à la trouver au lit quand il quitta la salle de bain, et fut surpris de la voir assise dans l'un des fauteuils, le regardant.
«Hey,» sourit-elle, les jambes repliées sous elle.
Il parvint à masquer sa surprise et sa gêne d'avoir joui si extraordinairement en pensant à elle. Il se dirigea alors vers le canapé dans lequel il dormait et s'y assit, l'air un peu trop stoïque au goût d'Hermione. C'était simplement sa façon de se protéger en toute circonstance, et de l'embarras également.
Il était vraiment beau, avec ses cheveux humides tombant devant les yeux. Il y fit passer ses doigts pour les peigner en arrière et les sécher d'un sort informulé. Hermione songea que ce geste était bien trop sexy.
«Alors, humm, je me demandais… Qu'est-ce que vous allez faire avec le reste de l'argent que vous avez gagné ?» tenta-t-elle, pour lancer la conversation.
Il haussa les épaules, face à elle. Ses lèvres se courbèrent légèrement vers le bas comme pour dire : «Je ne sais pas». «Acheter quelque chose.»
«Vraiment ? Ça, c'est une révélation à couper le souffle,» lança-t-elle, sardonique, mais en continuant de sourire. «Qu'est-ce que vous allez acheter ?»
«Ne savez-vous pas que la curiosité tue les petits chatons ?» Il afficha un air moqueur et s'appuya contre le dossier du sofa, y étendant les bras.
Elle eut un petit rire. Elle ne voulait pas que la conversation se termine. Et elle avait quelques questions en stock pour satisfaire sa curiosité et ainsi éviter que cela n'advienne.
«Est-ce que vous pensez qu'ils pourraient m'interroger sous Veritaserum ?» Ce point la perturbait vraiment, bien plus à présent qu'elle avait pour lui des sentiments si indéfinissables. Elle se sentait confuse, et n'avait aucune idée de ce qui sortirait de sa bouche si le Ministère la questionnait sur ses sentiments à son encontre, car elle ne savait même pas où était la vérité.
«Nous en avons déjà parlé. Cela ne leur servirait à rien. Je sais résister au Veritaserum, qu'est ce qui leur dit que ce n'est pas également votre cas ? Cela dit, la simple idée d'y penser est tout bonnement grotesque.»
«Eh bien, il est tout bonnement grotesque de penser qu'ils pourraient forcer les gens à se marier, mais c'est pourtant ce qui se passe.»
«Quand bien même… c'est interdit par la loi.»
«Ce sont eux qui font appliquer la loi !»
Severus se contenta de la regarder, silencieux.
«Est-ce que… vous en avez avec vous ?» Elle y avait déjà pensé, mais ne lui faisait pas assez confiance à l'époque pour oser lui poser la question. Peut-être qu'à présent, elle s'en sentait capable. Et peut-être en avait-il vraiment sur lui, à la même enseigne que toutes les vieilles habitudes d'espionnage qui lui collaient à la peau.
«Êtes-vous devenue folle, sorcière ?»
«Quoi ? Où est le problème ? Avoir du Veritaserum dans son sac ne constitue pas un délit.»
«Mais l'utiliser, oui. Et c'est exactement ce que vous voulez me pousser à faire.»
«Est-ce que vous en avez, oui ou non ?»
Il renifla. «Bien sûr que oui. Je suis un maître des potions. J'en ai toujours sur moi, ainsi que tous les breuvages qui pourraient m'être utiles.»
Elle se sentit un peu bête d'être à la tête du Département des Potions et de ne pas en faire autant que lui.
«Pouvez-vous m'apprendre à y résister ?»
«Cela prend du temps. Vous devrez apprendre des techniques d'Occlumancie. Et puis de toute façon, ils n'y auront jamais recours sur vous, femme.»
«Comment pouvez-vous en être si sûr ?»
Il inclina le visage et plissa les yeux l'espace d'un instant.
«Vous voyez !» protesta-t-elle. «Ça ne fait pas de mal d'essayer. Je suis la sorcière la plus brillante de ma génération, c'est une chose que je dois maîtriser,» sourit-elle. «J'apprends vite.»
Il continua de l'étudier, paupières mi-closes.
«Il me faut au moins savoir ce que ça fait ! Je n'en sais rien du tout, rien de réel, juste la théorie.»
«Vous avez vraiment envie que je finisse à Azkaban ? C'est ça ?»
«Non ! Personne ne le saura. Les effets se seront dissipés dans quoi, une heure ?»
«Et vous me faites confiance au point d'accepter de rester avec moi alors que vous serez sous l'effet de la potion ?» Il n'y avait aucune malice dans ses yeux, aucun petit air supérieur sur ses traits. Mais son regard brillait de quelque chose comme de la surprise, et même… de la joie. La joie qu'elle lui fasse confiance.
«Eh bien, oui…» répondit-elle timidement. «Je veux dire, je n'ai rien de sombre à cacher. Vous êtes au courant de la plupart des choses qui m'ont blessée par le passé, ou qui me causent du souci, que ce soit via les journaux ou suite au temps passé ensemble ici… Et… Et puis il vous faut tout savoir, de toute façon.»
Il ne lui venait à l'esprit qu'une chose qui pourrait poser problème : s'il en venait à lui demander ce qu'elle pensait de lui. Elle savait très bien qu'elle ne le détestait ni ne le méprisait pas le moins du monde. Quel que soit ce qui sortirait de sa bouche, elle ne le blesserait pas. Mais que dirait-elle ? Que ressentait-elle exactement ? Elle n'en savait rien. Mais elle brûlait de le savoir. Si cela finissait par sortir… eh bien, ils devraient discuter et gérer la chose en adultes. Tout irait bien. N'est-ce pas ? Il ne chercherait pas à l'humilier, plus maintenant, même s'il ne ressentait pas la même chose. N'est-ce pas ?
«Et puis… Vous ne chercheriez pas à m'humilier, j'en suis sûre.»
Elle eut à nouveau le même sourire timide.
Il se sentait subjugué qu'elle lui fasse confiance à ce point. Personne n'était jamais allé jusque-là, du moins pas à sa connaissance. C'était une sensation agréable. Ses lèvres se retroussèrent très légèrement. «Eh bien, ça promet d'être divertissant.»
Il se leva et se dirigea vers l'armoire alors qu'elle souriait en applaudissant doucement, toute excitée. Il farfouilla dans un petit sac qu'elle avait remarqué tout en bas du meuble. Il était enchanté pour qu'aucun Moldu ne puisse le trouver et y fouiller. Il revint alors avec une fiole contenant un liquide transparent, semblable à de l'eau. À mesure qu'il approchait, elle sentit la peur l'envahir légèrement. Son estomac se serra.
«Vous êtes sûre de ce que vous voulez ?» demanda-t-il, debout devant elle. Il sentait si bon qu'elle se sentait en totale confiance quand son parfum flottait autour d'elle. Elle hocha doucement la tête, levant les yeux vers lui.
Il ouvrit le bouchon du flacon avec un «pop» et lui tint le menton alors qu'elle penchait le visage en arrière, la bouche ouverte. Il laissa tomber trois gouttes de potion sur sa langue.
Sa circulation sanguine sembla s'emballer et une sensation de chaleur s'imposa dans son cou et ses oreilles. Puis, soudain, une envie irrépressible de parler pour ne rien dire, de tout et de rien, s'empara d'elle.
«Vous sentez bon,» dit-elle avant qu'il ne recule. Il hocha la tête, la commissure de ses lèvres légèrement courbée, en lâchant son menton pour reboucher la fiole.
«D'accord… eh bien, merci. Comment vous sentez-vous ?»
«Comme si j'avais envie de parler pour ne rien dire,» déclara-t-elle d'un trait.
«Donc, rien de nouveau par rapport à d'habitude,» constata-t-il, moqueur, avant de s'éloigner.
«Vous êtes drôle, vous savez ?» babilla-t-elle en souriant.
A nouveau, il ne sut pas vraiment comment réagir à ces mots. «Bon. Premier exercice : combattez cette parlez pas. Respirez profondément, videz votre esprit, et asseyez-vous calmement.»
Elle hocha la tête. Elle inspira… et expira. C'était difficile, mais faisable. Pendant qu'elle faisait cela, il retourna à l'armoire pour ranger la potion. Il revint ensuite s'asseoir face à elle. Il y avait tellement de choses qu'il avait envie de savoir, et en tête, celle de connaître enfin ses sentiments pour lui, vraiment. Pourquoi il s'en souciait, il ne savait vraiment le dire. Il n'allait pas lui poser cette question, cependant. Cela pourrait s'avérer dangereux. Elle allait être directe, honnête, et il risquait à la fois d'en avoir le cœur brisé et de perdre l'espoir qu'il avait : celui qui lui disait qu'un jour, leur histoire ne serait plus qu'un marché d'intérêt, et que quand elle n'aurait plus besoin de lui, elle continuerait à vouloir de lui. Il y avait une autre raison pour laquelle il ne lui poserait pas ce genre de question : il ne pouvait pas se permettre de trahir sa confiance. Mais il y avait toujours la possibilité de savoir certaines choses qui l'intriguaient. Il se devait d'y aller doucement.
«Bon, alors. Je vais vous poser quelques questions. Vous devrez lutter contre votre envie irrépressible de répondre. Videz votre esprit, emmurez vos pensées, votre réponse. C'est exactement cela, l'Occlumancie : protégez vos pensées. Il y a différentes techniques pour cela. Les plus simples sont celles que je viens de vous décrire : videz votre esprit, ou bien imaginez des murs imprenables et infiniment hauts entourant vos pensées. Des techniques plus poussées incluent la création de paysages complets qui dissuadent et trompent quiconque serait tenter de venir y fouiner.
Elle hocha la tête, en proie au même besoin écrasant de parler, mais parvint à le contenir.
«Vous vous débrouillez bien. A présent, une première question… quels sont vos véritables sentiments vis-à-vis de Harry Potter ?»
«C'est un bon ami, bien que j'aie l'impression qu'il ne m'a jamais accordé autant d'attention qu'à d'autres, ou qu'il n'aurait dû. Il a un bon fond, mais il lui arrive d'être vraiment nul, voire complètement abruti, parfois, si ce n'est purement et simplement gonflant.»
Severus laissa aller un petit rire alors qu'elle réalisait qu'elle avait répondu, et ce qu'elle avait répondu. Elle qui pensait parvenir haut la main à vider son esprit…
«Oh, comme c'est charmant,» fit-il remarquer, riant toujours. «Et que pensez-vous de Ronald Weasley ? Vous n'arrêtez pas de répéter dans la presse que vous êtes restés bons amis et que vous tenez toujours à lui. Dites-nous donc la vérité.» Voilà ce qu'il voulait vraiment savoir. Pourrait-elle avoir envie de se remettre avec le bouffon rouquin ? Pourquoi lui était-il arrivé de lui envoyer des fleurs ? Cela faisait un moment, et cela ne s'était produit qu'une ou deux fois, d'après ce dont il se rappelait, mais ce souvenir était récemment revenu l'agacer – pour ne pas dire: le hanter.
«C'est un idiot. Il n'y a rien à en dire, vraiment, et c'est sans compter sur le fait qu'il aurait été incapable de me baiser en bonne et due forme même s'il en avait été de sa vie.» Elle laissa immédiatement échapper un petit cri de surprise et se couvrir la bouche, horrifiée. Snape eut alors un grand rire, l'un de ceux qui viennent du cœur et qu'elle ne lui avait jamais connu. L'épouvante qu'elle avait ressentie en prenant conscience de ce qu'elle avait dit se mua en plaisir et elle sourit devant cette scène inédite.
«Oh…» Il avait retenu son souffle. «C'était très satisfaisant, merci.»
«Ne racontez ça à personne, Severus ! À personne !»
«Très bien, mademoiselle Sainte-Nitouche, je l'emporterai avec moi dans la tombe.» Il riait toujours doucement. «Bon, où sont donc passées votre volonté de fer et votre force d'esprit, Hermione ? Réprimez l'envie de me répondre. Videz votre esprit.»
Elle opina du chef. «Oui.»
«A présent, je vais vous poser une question qui pourrait se révéler embarrassante. Le simple embarras provoqué vous motivera peut-être à vous retenir.»
Elle hocha la tête, se mordant la lèvre, son estomac se tordant devant toutes les questions possibles qu'il pourrait lui soumettre.
«Quelle est la chose la plus gênante à laquelle vous pensez, juste maintenant ?» demanda-t-il presque innocemment, gardant tout de même à l'esprit l'objectif de lui apprendre au moins un peu à combattre les effets de la potion.
Elle écarquilla les yeux, se mordit la lèvre et secoua la tête. Il eut un léger rire. «Allez, crachez le morceau,» l'incita-t-il. Mais elle faisait du bon boulot, songeait-il. Elle était au moins parvenue à combattre l'envie de répondre du tac-au-tac. Elle allait réussir à garder la réponse pour elle. Avait-il envie de savoir ? Se pouvait-il qu'il soit question de ses véritables sentiments envers lui ? «Vous savez que vous avez envie…» la poussa-t-il encore davantage.
Avant même qu'il ait pu ajouter quoi que ce soit, la complimenter, lui dire qu'elle s'en sortait bien, les mots se bousculèrent à ses lèvres. «Je me suis touchée en pensant à vous.» Elle attrapa alors immédiatement le petit coussin qui se trouvait dans son dos et le pressa sur son visage pour y hurler de honte.
Severus était surpris. Il ne pouvait le nier, l'idée lui plaisait beaucoup. Mais il ne se faisait pas d'illusions, cela ne signifiait rien. Il ne savait même pas si l'événement était récent ou s'il avait été motivé par ses hormones d'adolescente et la fascination pour l'autorité ou les mauvais garçons, des années auparavant. Bien sûr, il n'allait pas tenter de creuser le sujet et risquer de l'embarrasser encore davantage. Si elle confirmait que cela s'était passé des années plus tôt, cela détruirait tous ses espoirs. Non, il préférait croire que c'était récent, dans cette même salle de bain où lui aussi avait pensé à elle, par deux fois au moins. Cela lui promettait une belle douche le lendemain.
«Détendez-vous, Chaton,» lança-t-il de sa voix soyeuse, tentant de paraître nonchalant. «Je ne vous en tiendrai pas rigueur. Je sais que cela ne veut rien dire, cette image vous est venue à l'esprit dans un moment où le besoin naturel était fort, et vous l'avez gardée car cela semblait fonctionner sur le coup, quelle qu'en soit la raison.»
Elle tenait toujours le coussin contre son visage, y marmonnant des : «Oh mon Dieu, merde, quelle honte.»
«J'ai une autre question,» commença-t-il pour essayer de passer à autre chose. Lui non plus n'aurait pas été très emballé à l'idée que le fait qu'il venait de se masturber en pensant à elle se sache. À moins que cela… n'amène à davantage de proximité, de désir. Mais non, ce n'était sûrement pas une chose dont elle avait envie. Elle avait seulement choisi une image et s'y était accrochée. Après tout, ils s'étaient beaucoup touchés et avaient été très proches récemment… Cela ne voulait rien dire. «Quand comptiez-vous me dire que demain sera votre anniversaire ?»
Elle ôta le coussin et explosa, surprise : «Comment le savez-vous ?»
«Ah, répondre à une question par une question, voilà un progrès.» Il eut un sourire gêné. «Alors, vous comptiez juste me laisser me noyer sous la honte de passer pour un gros con et un fiancé indigne, c'est ça ?
«Non ! Je ne voulais pas que vous vous sentiez obligé de m'offrir qui que ce soit !»
«Eh bien, si ce n'était pas le cas, j'aurais l'air débile et insensible devant toute votre famille, non ?»
«Non, non, nous leur aurions dit que c'était privé et que vous m'aviez offert quelque chose ici.»
Il leva un sourcil.
«Je sais, c'est naze. Je ne veux rien recevoir de vous.»
Il leva son sourcil encore davantage. «Est-ce que c'est vrai ?» Il était stoïque, se renfermant sur lui-même car sa réponse l'avait blessé. «Vous voulez seulement m'utiliser à votre avantage alors, très bien.»
«Non. Je ne veux pas recevoir de cadeau de votre part, pas si vous vous en sentez obligé, non. J'adorerais que vous m'offriez quelque chose, mais si cela venait du cœur.» Ses joues s'empourprèrent instantanément à l'idée que le Veritaserum la rende si directe.
Il l'observa, le cœur un peu plus léger.
«Nous pouvons aussi sortir, et dire que c'est votre cadeau. Nous irons au restaurant pour le dîner.»
Il renifla. «Croyez-vous réellement que votre mère et votre grand-mère n'ont rien prévu pour l'occasion ?»
«Est-ce qu'elles vous ont dit quelque chose ?»
«Non, mais je suis assez bon quand il s'agit de décrypter le comportement des gens,» fit-il remarquer, l'air sardonique, avant d'afficher un rictus de fierté.
«Ok. Ok ! J'ai des boucles d'oreilles et des colliers qu'elles n'ont jamais vus, mettons-les dans une boîte et faisons comme si vous me les aviez offerts.»
«On se fiche du cadeau, femme. Si je n'avais dû compter que sur vous, je n'aurais même pas été au courant, et quand on serait venu me voir à ce sujet…»
«Je comprends. Je suis désolée. J'ai été stupide.» Elle semblait vraiment regretter.
«On ne peut pas se permettre de laisser se reproduire ce genre de choses si nous voulons que cela fonctionne. Bien que les choses puissent être… pénibles et ennuyeuses pour nous deux, il nous faut parler.»
Elle soupira. «Je fais tout de travers,» se plaignit-elle.
«Non. Non, pas de dévalorisation. C'était seulement une constatation.»
Elle hocha la tête, gênée aussi parce que sa plainte n'était pas censée sortir non plus. Satanée potion. Sa gentillesse, sa tendresse et le fait qu'il tente de faire en sorte qu'elle ne se sente pas mal à l'aise la touchèrent également. Elle n'avait jamais vraiment eu l'habitude de recevoir tant d'empathie de la part des hommes qui avaient traversé sa vie.
«Bref. Comment avez-vous su ?»
«Cela fait trois ans que je travaille avec vous. Cela fait quelques anniversaires.»
«D'accord. Vous êtes du 9 janvier, c'est bien ça ?»
Severus répondit un «oui», légèrement surpris. Elle sourit, satisfaite d'avoir pu prétendre en savoir au moins un peu sur lui et que cela l'ait étonné. Elle le regarda. Elle fut profondément touchée par la douceur qui siégeait dans ses yeux et la gentillesse dont il avait fait preuve un peu plus tôt, alors qu'elle était dans une telle position de vulnérabilité. L'envie d'aborder un sujet qui la taraudait depuis un moment, à présent, la submergea. Et cela sortit d'un coup.
«Severus, je regrette profondément de vous avoir contraint à participer à cette mascarade en vous faisant du chantage à la promotion, promotion que vous méritez d'ailleurs amplement. Cela dit, je ne le regrette pas complètement, puisque mes actions vous ont amené ici, et je ne regrette pas du tout que ce soit vous qui soyez à mes côtés à présent.»
Severus pencha la tête et fronça les sourcils. Il voyait bien qu'elle était sincère. Bien sûr qu'elle l'est, elle est sous Veritaserum et serait bien incapable de mentir tant qu'il coule dans ses veines. Elle pense vraiment ce qu'elle vient de dire. Cela l'émut au plus haut point. Il ne sut pas vraiment comment réagir, et s'éclaircit la voix.
«Très bien, il vaut peut-être mieux aller au lit dans ce cas. Vous allez très probablement avoir une journée bien remplie demain.» Il était sûrement plus prudent de couper court à la conversation. Elle était toujours sous l'effet de la potion et il avait beaucoup trop envie de lui poser des questions dont il savait qu'il devait les garder pour lui. Cela serait revenu à la trahir. Avec cette confession sur le fait qu'elle s'était caressée en pensant à lui, la douceur dans ses yeux quand elle avait avancé qu'elle aurait aimé recevoir un cadeau de sa part s'il venait du cœur… Et maintenant, cet aveu… Non, cela impliquait trop de choses. Il valait mieux aller se coucher.
«Mais je n'ai même pas appris à combattre les effets de la potion !»
«Et vous n'allez pas y arriver si aisément, sorcière. Vous vous en sortez bien, pour tout vous avouer, mais vous n'y parviendrez pas en une nuit.» Il ne croyait pas si bien dire en déclarant qu'elle s'en sortait bien. Elle s'en sortait même très haut la main, car elle mourait d'envie de lui dire qu'elle brûlait de le mettre dans son lit, et de faire que tout cela ne soit plus un grand mensonge.
«Bon, d'accord.»
Elle se leva et se dirigea vers son lit, délaissant sur une chaise le volume qu'elle avait fait semblant de lire. Tout en feignant d'être occupé à préparer son couchage sur le canapé, Severus la regarda enlever la robe de chambre qu'elle portait sur sa chemise de nuit. Il entrevit son dos nu et ses jambes, alors qu'elle s'asseyait sur le lit. Ces images allaient à coup sûr hanter ses rêves.
