Je ne possède aucun des personnages des livres et films

Traqués par les orcs, Legolas et Aragorn se retrouvent dans une situations compliquée.

Ce texte a été écrit pour l'anniversaire de Viggo Mortensen

En espérant que cela vous plaise !

Bonne lecture

PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)


Je te protège

Dans la pénombre d'une forêt dense de la Terre du Milieu, Aragorn serrait contre lui le corps brûlant de fièvre de Legolas. La flèche empoisonnée des orcs avait touché l'elfe à l'épaule lors de leur embuscade et malgré la rapidité avec laquelle Aragorn avait appliqué l'athelas sur la plaie, le poison continuait son œuvre destructrice. Les yeux habituellement si vifs de Legolas restaient clos, ses longs cils projetant des ombres sur ses joues pâles comme la mort. Sa respiration, d'ordinaire si discrète qu'elle en était imperceptible, était maintenant laborieuse et sifflante. Ses cheveux blonds, emmêlés et souillés de sang, collaient à son front trempé de sueur.

- Mellon nîn, murmura Aragorn en essuyant délicatement le visage de son ami avec un linge humide, tu dois tenir bon.

Sa voix, bien que douce, trahissait une inquiétude profonde. Jamais il n'avait vu l'elfe dans un tel état de vulnérabilité. Legolas avait toujours été le plus résistant d'entre eux, se remettant de ses blessures avec une rapidité qui forçait l'admiration.

Soudain, un hurlement d'orc déchira la nuit, pas très loin de leur cachette. Aragorn resserra instinctivement son étreinte autour de Legolas, son autre main se posant sur la garde d'Andúril. Ils étaient dissimulés dans le creux d'un énorme chêne centenaire, mais les orcs étaient des pisteurs tenaces et le sang de l'elfe avait laissé une trace qu'ils pouvaient suivre.

Ce fut à cet instant que Legolas s'agita dans son inconscience, murmurant des mots incohérents en sindarin. Aragorn se pencha plus près, essayant de comprendre, mais même ses années passées à Fondcombe ne lui permettaient pas de saisir ces paroles fiévreuses. Il passa une main apaisante dans les cheveux de l'elfe, comme il l'aurait fait pour un enfant malade.

- Chut, mellon nîn, je suis là, chuchota-t-il. Je ne laisserai rien t'arriver. Je te protège.

D'autres cris d'orcs résonnèrent, plus proches cette fois. Aragorn pouvait entendre le bruit de leurs pas lourds, le cliquetis de leurs armures mal ajustées. Son esprit calculait frénétiquement leurs options. Se battre était exclu, il ne pouvait pas protéger Legolas et affronter une bande d'orcs simultanément. Fuir était tout aussi impossible dans l'état de son compagnon. Soudain, Legolas ouvrit les yeux, mais son regard était voilé, perdu dans un délire fiévreux.

- Les... les ténèbres approchent," murmura-t-il, sa voix à peine audible. Je les sens... ils arrivent...

- Non, mellon nîn, répondit doucement Aragorn, posant une main fraîche sur le front brûlant. Je ne laisserai pas les ténèbres t'emporter. Ni celles du poison, ni celles de nos ennemis.

Un gémissement de douleur échappa à l'elfe alors qu'une nouvelle vague de fièvre le submergeait. Son corps se tendit comme un arc, et Aragorn dut le maintenir fermement pour l'empêcher de se blesser davantage. Le cœur du Rôdeur se serrait à chaque manifestation de souffrance de son ami.

Autour d'eux, les bruits de pas des orcs se rapprochaient inexorablement. Aragorn savait qu'ils devaient être une dizaine, peut-être plus. Dans quelques minutes, ils découvriraient leur cachette. Pourtant, il ne bougea pas. Si le combat devait venir, il l'accepterait. Il protégerait Legolas jusqu'à son dernier souffle.

- Estel... murmura Legolas dans un moment de semi-lucidité, utilisant le nom elfique d'Aragorn. Pars... sauve-toi...

- Jamais, répondit fermement Aragorn, serrant plus fort son précieux fardeau. Un frère n'abandonne pas son frère.

Legolas aurait voulu lui dire qu'il le devait, mais il était trop faible et ce fut à cet instants, que les premiers orcs apparurent entre les arbres, leurs yeux jaunes luisant dans l'obscurité. Aragorn resserra sa prise sur Andúril, son corps faisant rempart entre les créatures et son ami blessé. Si cette nuit devait être leur dernière, ils partiraient ensemble, comme ils avaient vécu : côte à côte, unis jusqu'à la fin.

Les orcs se rapprochaient, leurs grognements gutturaux résonnant dans la nuit. Aragorn pouvait sentir Legolas trembler contre lui, la fièvre et le poison continuant leur œuvre dévastatrice. L'elfe murmurait maintenant des phrases décousues, alternant entre le sindarin et le westron, appelant parfois son père, parfois Aragorn lui-même.

- Je suis là, répétait inlassablement le Rôdeur, tout en surveillant l'avancée des créatures.

Son esprit calculait frénétiquement la distance qui le séparait de chaque orc, anticipant leurs mouvements, cherchant une faille dans leur formation, mais il arrivait à chaque fois à la même conclusion : ils allaient mourir.

Soudain, un sifflement fendit l'air, suivi du bruit sourd d'un corps qui s'effondre. Puis un autre. Les orcs se mirent à hurler de confusion et de rage. Des flèches continuaient de pleuvoir, chacune trouvant sa cible avec une précision mortelle. Aragorn reconnut immédiatement le style : celui des elfes de Fondcombe.

- Les fils d'Elrond, souffla-t-il avec soulagement en apercevant deux silhouettes familières qui bondissaient entre les arbres avec une grâce mortelle.

En effet, Elladan et Elrohir menaient une troupe de guerriers qui venaient de les retrouver juste à temps, leurs lames elfiques luisant dans l'obscurité alors qu'ils décimaient les rangs des orcs.

- Aragorn ! Cria Elladan en se frayant un chemin jusqu'à eux. Nous avons suivi vos traces depuis deux jours ! J'ai eu peur que nous n'arrivions pas à vous à temps !

- Legolas a besoin d'aide, répondit simplement Aragorn, son inquiétude évidente dans sa voix. Flèche empoisonnée.

Ce fut à cet instant qu'Elrohir rejoignit son frère, son visage se crispant à la vue de l'état de Legolas. Les jumeaux s'agenouillèrent près d'eux, pendant que les guerriers elfes achevaient les derniers orcs.

- Le poison est puissant, murmura Elrohir en examinant la blessure. Différent de ce que nous avons l'habitude de voir. Père nous a donné des antidotes, mais...

- Mais ? Le pressa Aragorn, refusant inconsciemment de lâcher Legolas alors même que ses frères adoptifs tentaient de l'examiner.

- Nous devons agir vite, répondit Elladan. Son corps lutte, mais ses forces s'épuisent.

Comme pour confirmer ces paroles, Legolas fut secoué d'un violent frisson, ses yeux s'ouvrant brusquement, mais ne voyant rien.

- Les arbres... les arbres pleurent, murmura-t-il. Pourquoi pleurent-ils, Estel ?

- Chut, tenta de l'apaiser Aragorn, pendant qu'Elrohir préparait rapidement un mélange d'herbes et d'antidote. Les arbres ne pleurent pas, mellon nîn. Ils veillent sur toi.

Les guerriers d'Imladris avaient formé un périmètre de protection autour d'eux, leurs arcs bandés vers l'obscurité environnante. Certains jetaient des regards inquiets vers eux, mais maintenaient leur position, afin de ne pas se faire surprendre par une nouvelle attaque.

- Il faut le ramener à Fondcombe, déclara Elladan après avoir aidé son frère à administrer l'antidote. Adar saura quoi faire.

Aragorn acquiesça, mais ne put s'empêcher de demander :

- Tiendra-t-il jusque-là ?

Les jumeaux échangèrent un regard.

- Il le doit, répondit simplement Elrohir. Et tu le connais, petit frère. Notre prince sylvain est plus résistant qu'il n'y paraît.

Comme pour donner raison à ces paroles, la respiration de Legolas sembla s'apaiser légèrement sous l'effet de l'antidote. Aragorn resserra une dernière fois son étreinte avant de permettre aux autres de l'aider à déplacer son ami. La nuit était encore longue, et le chemin jusqu'à Fondcombe périlleux, mais l'espoir renaissait dans son cœur, ils allaient peut-être réussir à survivre tous les deux à ces jours sombres.