Hello les filles ! Voici la suite, un peu retard par rapport à d'habitude, journée chargée !
Bonne lecture à vous ! ;)
Rar :
Guest : Bien-sûr que c'est prémédité mwhahaha ! :p Ahah je régule pour t'éviter les nuits blanches et autres désagréments liés à une lecture trop intensive de fanfictions ;) Ravie que Lupin te plaise ! Je ne l'ai jamais écris en personnage principal mais je l'adore en secondaire, il est tellement mignon ce perso ! Et c'est comme Minerva, il va bien avec Severus pour les petits dialogues piquants :p Bonne lecture pour la suite ;)
- Mandragore – Mandragore. Baguette – baguette. Château – Châ… Oh ! Nom d'un paparazzi! Encore loupé, c'est un hibou ! Soit, à vous, très chère. Je vais chercher un muffin pendant que vous réfléchissez.
Hermione avait retenu un soupir profondément ennuyé en considérant les tuiles en carton posées devant elle. La plupart étaient retournées, face contre la table. Quelques unes étaient à l'endroit, exposant au plafond les images colorées et animées qu'elles représentaient, et il était déprimant de se dire que le dandinement du dessin représentant la plante à la tête de bébé était la partie la plus distrayante de ce jeu. Toutefois, cela ne l'avait amusée que lors des trois premières parties. Depuis quatre mois qu'elle était cloîtrée ici, elle ne comptait même plus le nombre de fois où elle avait joué à ce jeu.
Malheureusement, Gilderoy était incapable de jouer aux échecs.
De toute façon, elle n'avait plus envie de jouer aux échecs.
De fait, elle se trouvait réduite à enchaîner les parties de Memory avec le sorcier qui occupait la chambre voisine à la sienne.
Estella lui avait soutenu que cela l'aiderait à entraîner sa mémoire. Sauf que sa mémoire fonctionnait très bien, nom d'un chien! Certes, il lui manquait toujours soixante-dix mois de souvenirs, mais pour le reste, elle se souvenait de tout ce qui s'était passé depuis son réveil, et mêmes de choses plus anciennes, comme de ce qu'elle avait fait les étés précédents. Et surtout, elle se souvenait parfaitement d'où se trouvaient le chaudron, le crapaud, et le chapeau de sorcier parmi toutes les tuiles encore dissimulées, avait-elle songé avec agacement en retournant à vive allure les carrés de cartons disposés devant elle.
Tout à son agacement et à sa frustration, elle avait retourné le mauvais dessin, ce qui n'avait fait que l'exaspérer plus encore.
- Ainsi donc, il n'y a pas qu'aux échecs que vous brillez par votre médiocrité. Je vous préviens qu'il est hors de question que je m'abaisse à faire une partie d'un jeu si enfantin.
Hermione avait sursauté à l'entente de cette voix familière, qu'elle n'avait plu entendue depuis une éternité, lui semblait-il. Surprise, elle en avait lâché la tuile qu'elle tenait. Le carré de carton n'avait toutefois pas eu le temps d'aller rebondir sur le carrelage de la salle de convivialité du quatrième étage. Une main pâle aux longs doigts fins l'avait intercepté alors qu'il lui échappait. Le regard de la jeune femme avait glissé sur le poignet tout aussi blême. Sur le tissu sombre de la chemise qui recouvrait le bras, qu'elle savait marqué d'un sombre tatouage. Était remonté sur le cou barré de cette cicatrice qu'elle savait toujours douloureuse. Puis s'était planté dans ces yeux sombres qui la troublaient chaque fois qu'elle les rencontrait.
Son souffle s'était bloqué dans sa gorge, son cœur s'était emballé. Son esprit s'était tétanisé, tandis qu'elle se figeait soudain, en proie à un tumulte de sentiments contradictoires.
Il avait soutenu son regard, bien-sûr, et elle avait été si pétrifiée de le voir là qu'elle avait été incapable de détourner le sien, alors même que les souvenirs douloureux de leur dernière entrevue se rappelaient à elle.
«Vous êtes complètement folle ».
Oh, ce que ces mots lui avaient fait mal, et continuaient encore de le faire alors que cela faisait déjà presque une semaine qu'ils avaient été prononcés!
Alors qu'elle était parvenue à l'éviter durant les six derniers jours, elle avait été incapable de bouger, cette fois, tétanisée sur place par ses yeux d'obsidienne rivés sur elle. Si elle avait encore parlé, nul doute qu'elle serait restée sans voix, face à ces yeux là. Alors qu'elle gardait en elle le souvenir presque effrayant du regard furieux qu'il lui avait adressé, quelque jours plus tôt, elle avait été surprise de ne trouver aucune colère dans les yeux couleur d'encre, ce jour-là. Il semblait même étonnement calme, et peut-être légèrement embrassés, à la façon dont il avait fini par détourner le regard vers le jeu en réprimant une grimace.
Il avait ouvert la bouche pour dire quelque chose, s'était ravisé, et avait fini par détourner la tête en pinçant les lèvres, visiblement en proie à un conflit interne des plus complexes. Il avait considéré un instant en silence les tuiles toujours posées sur la table, dont il tenait toujours la dernière pièce entre ses mains.
- Il se pourrait que… mes mots aient dépassé mes pensées, la semaine dernière. Toujours est-il que… le temps semble bien long, ici, et qu'il s'écoulait indéniablement plus vite lorsque j'avais quelqu'un avec qui disputer une partie d'échecs, avait-il dit en croisant son regard de nouveau.
Hermione l'avait considéré un instant, ahurie Même si elle n'avait plus tous ses souvenirs, quelque chose lui disait que c'était sans doute là les pires excuses qu'on lui avait jamais faites. De toute évidence, ce n'était vraiment pas son fort, car elle avait déjà souvenir de ses piètres tentatives en la matière le jour où il lui avait hurlé dessus après être tombé de son fauteuil.
Elle lui avait rendu son regard, s'amusant de la légère lueur de doute et d'embarras qui dansait des ses yeux onyx habituellement si assurés. La morsure de ses dernières paroles était toujours présente, bien-sûr, mais, ma foi… elle était contente de le revoir, et même si ses excuses étaient très diluées et tout en sous-entendus, au moins avait-il fait l'effort d'essayer. D'autant que, avec du recul, elle ne pouvait nier qu'elle s'était peut-être montrée trop directe pour une première prise de contact. Elle savait bien qu'il n'était pas tactile, elle aurait dû y songer avant de s'approcher davantage.
De fait, elle avait étiré un sourire en coin, avant de récupérer la tuile qu'il tenait encore pour la replacer sur la table. Ses doigts avait frôlé les siens, et même si son cœur avait trébuché à ce contact, elle l'avait ignoré. Elle avait replacé la tuile sur la table, face cachée, et fini de révéler les dernières paires manquantes, scellant la fin de la partie entamée avec Gilderoy; avant de planter son regard dans le sien d'un air entendu.
Même s'il n'était guère démonstratif, son soulagement avait été évident, et l'ombre d'un sourire avait relevé la commissure de ses lèvres.
- Ce soir, vingt-heures. Ne soyez pas en retard, avait-il dit avant de s'éloigner.
Gilderoy allait devoir se trouver une autre partenaire de jeu.
OoOoO
Cette fois, Severus avait décidé de faire les choses dans l'ordre.
S'excuser, très implicitement, auprès de Granger, avait été la première étape. Pas la plus simple, néanmoins, car cela lui avait demandé un effort considérable de mettre sa fierté de côté. On parlait quand même de présenter des excuses à Hermione Granger. A une Gryffondor! A une ancienne élève, amie d'Harry Potter!
Bref, il s'était excusé. Plus ou moins. Sans doute plus que moins car elle avait finalement accepté de le voir de nouveau, et était descendue dans sa chambre le soir même pour une partie d'échecs. Qu'elle avait perdue, évidemment, puisqu'il était hors de question qu'il songe à la laisser gagner. D'autant que, même s'il avait été secrètement ravi de la voir de nouveau passer le pas de sa porte, il n'avait, dans le même temps, guère apprécié l'enthousiasme que sa venue avait suscité en lui. Pas plus que le soulagement lorsqu'il avait compris qu'elle lui pardonnait sa maladresse du début de semaine. Ou encore le sentiment de quiétude qui ne l'avait pas quitté de toute la soirée, tandis qu'il prenait ses pièces une à une, dépouillant le plateau des pions blancs et autres fous, tours et cavaliers.
Toujours était-il qu'après cela, l'idée de retenter la légilimancie ne l'avait pas quitté, tandis que les mots de Lupin lui trottaient toujours dans la tête.
Cette fois, cependant, il ne ferait pas les choses impulsivement.
Il avait besoin de temps. Et il en manquait cruellement, puisque chaque jour, les bruits de couloir concernant la venue prochaine de l'avocat censé négocier le départ de la jeune femme se faisaient un peu plus insistants.
Cela était de nouveau très ironique, de manquer de temps alors que cela faisait des mois qu'il se plaignait de la longueur de son séjour entre ces murs.
Toujours était-il qu'il n'y avait pas cinquante solutions à ce problème.
Il fallait que Granger reste. Et pour cela, il n'y avait qu'une chose à faire.
Convaincre ses parents.
De fait, il avait débarqué sans prévenir durant un nouvel entretien réunissant le couple Granger, le Docteur Curam, et Minerva, qui semblait s'être fait l'avocate de l'accusation, dans toute cette histoire saugrenue. Cette fois, il n'avait surpris aucune oreille indiscrète devant le bureau. En revanche, la tension dans la pièce était toujours palpable, et si les parents de la jeune femme avaient semblé tout aussi surpris de le voir débarquer que la première fois, Minerva et le Docteur Curam, elles, n'avaient pas masqué leur agacement.
- Nom d'une chouette, mais qu'est-ce que vous faîtes encore ici, Monsieur Rogue ? S'était exaspérée la médicomage.
- Vous ne pouvez pas laisser partir Miss Granger, avait répondu le sorcier sans détour.
Quatre regards stupéfaits s'étaient posés sur lui, mais il ne s'en était pas formalisé. Il fallait plus que cela pour déstabiliser l'ancien espion. Même la colère palpable qui avait semblé enflammer Mr Granger à ces mots ne l'avait guère troublé.
- Écoutez Monsieur… Rogue, ou qui que vous soyez, avait répondu le moldu avec une ire certaine dans la voix. J'ignore qui vous êtes mais cette décision ne vous concerne…
- Votre fille n'a pas perdu sa magie. Elle est juste enfouie dans les profondeurs de son esprit,…
- On nous a déjà dit cela il y a…, l'avait interrompu l'homme avec agacement.
- … scellée par un puissant mécanisme d'auto-défense, qui constitue à lui seul une forme de magie peu commune, dont elle ne semble même pas avoir conscience.
Le sexagénaire avait gardé le silence, saisi par ces derniers mots, dont il ne devait sans doute pas saisir la portée entière, lui qui était étranger au monde magique dans lequel évoluait sa fille.
- Comment ça «elle ne semble pas en avoir conscience» ? avait relevé la mère de la demoiselle, interloquée.
- Comment vous savez cela, vous ? Avait demandé le Docteur Curam en même temps dans un froncement de sourcil.
Severus n'avait pas répondu tout de suite, se laissant quelques secondes de latence avant de dévoiler ce qu'il avait gardé secret depuis presque quinze jours. Il ne comprenait pas vraiment la réticence qui était la sienne à l'idée de rendre public ses incursions dans l'esprit de la jeune femme. Bien-sûr, sa magie n'était pas stabilisée et il était certain que tout ceci ne plairait guère aux personnes présentes dans la pièce, mais cela lui importait peu. Il ne s'était jamais soucié de l'avis des autres, après tout. C'était autre chose, une sensation étrange qui lui enserrait l'estomac sans qu'il n'en saisisse tout à fait la substance.
Avant qu'il n'ait pu réfléchir plus en avant à cela, et annoncer en personne ce qu'il en était de ses échanges spirituelles avec la Gryffondor, Minerva avait rompu le silence qui s'était installé dans le bureau.
- Vous êtes entré dans sa tête, avait-elle murmuré avec saisissement, tout en le regardant avec sidération.
Les réactions ne s'étaient pas faites attendre.
- Quoi ?! S'était récrié le Docteur Curam.
- Comment ça «entré dans sa tête» ? avait vivement demandé Mr Granger, que l'idée, même métaphorique, ne semblait pas ravir.
- Vous avez parlé à ma fille ? Avait interrogé Mme Granger, dont la question était presque passée inaperçue au milieu du tumulte qui s'était élevé dans le bureau.
- Vous vous êtes servi de votre légilimancie.
- Vous êtes légilimens ?! S'était indignée la médicomage, manifestement mécontente de ne pas en avoir été informée.
- Qu'est-ce que ça veut dire ça encore ? Avait protesté Mr Granger.
Severus, qui n'avait jamais toléré le moindre chuchotement dans sa salle de classe en presque vingt ans de carrière, avait été à deux doigts de leur hurler de se taire, excédé par toute cette agitation. Par Merlin, peut-être était il encore temps de changer d'avis et de laisser Granger fille à son mutisme! Après tout, son silence était bien plus reposant que toute cette cacophonie!
- Stop ! S'était soudain écrié quelqu'un dans la pièce.
Contre toute attente, ce n'était pas lui.
Tous les regards s'étaient tournés, incrédules, vers la frêle silhouette de Mme Granger, dont le regard étincelait près du bureau du Docteur Curam. Severus s'était un instant étonné qu'un si petit bout de femme puisse dégager une telle force, avant de se souvenir que sa fille aussi savait s'imposer lorsqu'il le fallait. Après tout, elle devait bien tenir cela de quelqu'un. La moldue avait ignoré le regard déconcerté de son époux, ainsi que celui médusé de Minerva, pour se focaliser entièrement sur le Serpentard.
- Avez-vous parlé à ma fille? Avait-elle demandé de nouveau, fébrile.
- Oui.
- Irina! S'était exclamé son époux, indigné. Tu ne vas tout de même pas croire à des sottises pareilles!
- Isaac tais-toi, pour l'amour de Dieu ! S'était exaspérée sa femme. Qu'a-t-elle dit ? Avait-elle repris à l'attention de Severus. A-t'elle parlé de nous ?
Les souvenirs de sa brève entrevue avec la Gryffondor dans sa représentation mentale des jardins de l'hôpital lui étaient revenus, fugaces et saisissants. Les questions qu'elle lui avait posées à propos de son habitude de l'appeler par son nom de famille. Ses remarques sur son caractère acariâtre, qu'elle ne trouvait pas compatible avec son statut de professeur. Son étonnement à le voir debout, elle qui ne se souvenait de lui que rivé à ce fauteuil roulant.
- Non.
Les épaules de la moldue s'étaient affaissées, et Severus avait compris, au regard sévère que lui avait lancé Minerva, qu'elle aurait aimé qu'il enjolive un peu les choses, ou du moins y mette un peu plus de tact. Malheureusement, la délicatesse n'avait jamais été le fort du Serpentard.
- Excusez-moi, ma question n'était pas appropriée, avait-elle murmuré en essayant de cacher sa déception. Pourriez-vous le faire de nouveau, communiquer avec elle ?
- Je…
- Madame Granger, était intervenue le Docteur Curam, incisive. Monsieur Rogue ici présent n'est pas médecin, mais un patient de notre établissement. Il est exclu qu'il…
- Avez-vous un médecin capable d'entrer en contact avec ma fille, quel que soit le biais ? L'avait vivement coupée la mère de la Gryffondor, prenant visiblement sur elle pour rester patiente.
La médicomage avait tiqué, avant d'échanger un regard contrarié avec Minerva, puis de jeter un coup d'œil accusateur à Severus.
- Non, avait-elle admis à contrecœur. La légilimancie est une capacité peu courante, chez les sorciers, et nous n'avons pas…
- Alors laissez cet homme essayer de nouveau de parler à ma fille, s'il le veut bien, s'il vous plaît.
- Irina…
- Madame Granger, vous ne semblez pas réaliser la situation. Monsieur Rogue est lui-même suivi pour une rééducation de sa magie, il n'est guère prudent de retenter l'expérience avec Hermione, au risque que…
- Je me fiche du temps que cela prendra. Si vous acceptez d'essayer de nouveau d'entrer en contact avec ma fille, prenez le temps qu'il vous plaira, avait-elle poursuivi à l'attention de l'alchimiste, sous le regard incrédule de son époux.
- Irina ! Tu n'es pas sérieuse ? Nous sommes à deux doigts de récupérer Hermione, tu ne vas tout de même pas…
- La récupérer, oui, mais à quel prix ?
- Nous étions d'accord pour dire qu'elle n'avait pas besoin de magie pour mener une vie normale ! Avait répliqué Mr Granger, vraisemblablement vexé que sa femme puisse remettre leur décision en doute.
- Bien-sûr, et je suis toujours de cet avis. Toutefois, s'il y a une chance, même infime, pour qu'elle puisse de nouveau parler... Je me fiche qu'elle reste une sorcière ou non, Isaac, mais elle ne pourra jamais avoir une vie normale si elle est incapable de communiquer.
Le père de la Gryffondor avait tiqué, et une expression douloureuse avait momentanément remplacé la rancœur et la sévérité sur son visage, révélant l'inquiétude qui était la sienne concernant l'avenir de sa fille unique. Severus avait observé le couple échanger un dernier regard, avant que le moldu ne pousse un profond soupir en pinçant les lèvres, se rangeant visiblement à l'avis de sa femme.
- Très bien, avait-il finalement murmuré, toute colère semblant l'avoir quitté.
- Madame et Monsieur Granger, je me dois de vous avertir de nouveau, avait repris le Docteur Curam, soucieuse. Il n'y a aucune garantie que cela fonctionne et…
- Docteur s'il vous plaît. Cela fait quatre mois que notre fille est ici, sans aucune amélioration notable. S'il y a une chance que ce Monsieur, médecin ou non, réussisse à faire avancer les choses, alors nous sommes prêts à laisser Hermione dans votre établissement. Si cela échoue, eh bien, vous n'aurez plus aucune raison de persister à vouloir la garder, et elle reviendra vivre avec nous, avait conclu l'épouse Granger.
Même si elle n'avait rien ajouté, il avait été clair pour l'ensemble des personnes présentes dans la pièce que le «avec nous» n'englobait pas seulement le couple de moldus, mais bien la société sans-magie toute entière. Les trois sorciers avaient échangé un regard, chacun se trouvant indubitablement concerné par l'idée que l'une de leur consœur pourrait bien quitter le monde magique, définitivement.
Face à une telle expectative, le Docteur Curam n'avait pu que céder à la demande du couple, qui était reparti peu de temps après, sans plus mentionner l'intervention d'un avocat ou la possibilité d'un recours en justice. A peine la porte s'était-elle refermée sur eux que la médicomage s'était tournée vers Severus, manifestement furieuse.
- Vous vous rendez-vous compte de ce que vous venez de faire, rassurez-moi ?!
- Vous proposer une alternative au départ de Miss Granger et vous débarrasser de ses parents, peut-être ? Avait répondu Severus, acide.
- Vous leur avez donné de faux espoirs, voilà ce que vous avez fait !
Elle s'était levée de son fauteuil pour se mettre à faire les cents pas derrière son bureau, visiblement excédée.
- Vous n'avez pas de meilleure option. Ses parents sont à deux doigts d'intenter une procédure pour la récupérer, et croyez-bien que s'ils sont moitié aussi entêtés que leur fille, ils iront jusqu'au bout, moldus ou non. De plus, comme vous l'avez dit, vous n'avez aucun médicomage qui pratique la légilimancie.
- Mes collègues et moi-même avons au moins le mérite de maîtriser notre propre magie, Monsieur Rogue! Avait rétorqué la sorcière, mortellement vexée. Ce qui n'est pas votre cas! Tâchez d'avancer dans votre rééducation et de vous montrer plus courtois avec mes infirmiers, au lieu de vous improviser médecin!
- Je ne suis pas responsable si vous êtes à la tête d'une bande d'incompétents incapables de trouver un antidote digne de ce nom, ou même de faire un prélèvement de sang sans foutre en l'air l'échantillon de venin! Avait sifflé le Serpentard en retour, lapidaire.
Le Docteur Curam l'avait fusillé du regard, soufflée par son arrogance, et il lui avait rendu son regard avec hargne, maudissant une fois de plus ses jambes qui ne fonctionnaient plus et qui l'obligeaient à rester clouer dans cette satanée chaise médicale, le plaçant dans cette éternelle position d'infériorité qui l'insupportait en tous points.
- Si je puis me permettre, était alors intervenue Minerva, qui n'avait plus dit un mot depuis une éternité, semblait-il. Docteur, Severus est le meilleur légilimens que je connaisse, et Hermione a été son élève pendant de nombreuses années. S'il y a bien une personne qui peut réussir cette entreprise, c'est bien lui.
Le Serpentard avait jeté un coup d'œil du côté de l'animagus, surpris malgré lui. Elle avait semblé tout à fait scandalisée qu'il ait fait usage de sa magie de l'esprit sur la Gryffondor, quelques minutes plus tôt. Qu'elle prenne ainsi sa défense, faisant au passage les louanges de ses capacités, était pour le moins inattendu.
Nul doute que si Lupin avait été présent, il aurait une fois de plus vanté à Severus les mérites de se montrer poli et subtil dans son discours, car suite à l'intervention de Minerva, le Docteur Curam avait finalement cédé. Non sans préciser que le Serpentard n'était clairement pas le genre de profil qu'elle aurait aimé envoyer en émissaire pour tenter une communication non verbale avec la Gryffondor. Severus s'était hérissé de tout son être, piqué à vif, mais Minerva l'avait poussé vers la sortie du bureau avant qu'il n'ait pu vertement répliquer.
Alors que l'animagus le raccompagnait jusqu'à sa chambre, trois étages plus bas, il avait vite paru évident qu'elle était fâchée, même à Severus qui n'était pourtant guère sensible aux humeurs de son entourage.
- Allez-y, vous en mourrez d'envie ! Avait-il lâché, ironique, tandis que l'ascenseur se refermait sur eux.
- Je ne vois pas de quoi vous voulez parler, avait rétorqué la sorcière avec une expression pincée qui disait clairement l'inverse.
Severus avait roulé des yeux, exaspéré par cette vieille chouette et son caractère borné.
- Vous m'en voulez d'avoir utiliser la légilimancie sur votre petite protégée, j'imagine.
- Bien-sûr que non! Enfin, peut-être un petit peu mais… Bon sang Severus, vous auriez pu m'en parler! Avait fini par s'exclamer la directrice avec humeur, incapable de garder ses réflexions pour elle plus longtemps.
- Vous saviez que j'étais légilimens, et depuis un certain moment déjà.
- Et pour cause ! Albus m'avait dit que vous preniez un malin plaisir à vous servir de votre... «talent», pour confronter les élèves indisciplinés, et que vous aviez aussi tenté d'apprendre l'occlumancie à Potter, mais je n'aurais jamais pensé… enfin, votre magie n'est pas encore stabilisée et …
- Inutile de revenir sur ce point, avait grincé Severus en se raidissant tout à fait, exaspéré que ce sujet soit constamment remis sur le tapis.
Minerva avait marqué une pause en serrant les lèvres, dans cette expression désolée qu'elle arborait chaque fois qu'il était question de sa rééducation, mais avait poursuivi néanmoins, d'un ton un peu radouci.
- Je suis surtout déçue que vous ne m'en ayez rien dit. Et qu'Hermione ne m'en ait pas informée non plus. Je suis sa directrice de maison, après tout !
Severus avait froncé les sourcils, interloqué par cette réponse, et avait jeté un coup d'œil à la Gryffondor à travers le miroir de la cabine d'ascenseur. Cette vieille peau commençait-elle à devenir sénile? Elle ne pouvait pas avoir oublié que Granger ne se souvenait pas de ce fait, ni même de Poudlard et de ses quatre maisons, d'ailleurs. Il avait observé l'animagus d'un air scrutateur, remarquant son air renfrogné et le pli sévère que dessinaient ses lèvres sèches. Elle avait croisé son regard dans le miroir, et lui avait retourné un regard hautain et peu amène, clairement vexé.
Alors Severus avait compris, sidéré, ce qu'il en était réellement.
- Vous êtes jalouse ?! Avait-il demandé, ahuri.
A ces mots, la vieille sorcière s'était rembrunie davantage, toutes les rides de son visage se creusant plus encore. Elle avait réitéré le regard noir dans sa direction, s'indignant presque de la surprise de son jeune collègue.
- Évidemment ! Avait-elle répondu, farouche. Cela fait des années que je veille sur Hermione et ses amis, elle a été ma meilleure élève durant toute sa scolarité, et il ne se passe pas quinze jours sans que je ne vienne lui rendre visite depuis qu'elle est hospitalisée ici. Et c'est finalement vous qu'elle choisit pour sa première prise de contact, après quatre mois de silence ? Avait-elle dit avec un ressentiment évident à son égard. Vous, qui n'avez jamais fait montre d'aucune considération pour son travail remarquable, qui avez laissé les élèves de votre maison la houspiller durant tout ce temps, et qui ne vous êtes même pas préoccupé de son cas quand vous avez appris qu'elle était ici !
Il n'était pas dans les habitudes de Severus de se laisser surprendre, et pourtant, au terme de la longue tirade à charge de Minerva, sa mâchoire avait bien manqué se décrocher tant il avait été stupéfait. Par Merlin, jamais il n'aurait cru la directrice de Gryffondor, qui avait toujours fait montre d'un stoïcisme et d'une impartialité exemplaire envers les élèves de sa maison, capable de faire tant de remous pour une bête histoire de…. De quoi, au juste ? De préférence ? Par Salazar, étaient-ils vraiment entrain de se prendre la tête pour déterminer qui, d'elle ou de lui, Hermione Granger préférait ? Tout ceci était surréaliste !
- Je n'ai rien demandé, pour ma part, avait-il protesté, sidéré de ces accusations et des reproches qu'elle venait de lui faire. Je n'y peux rien si votre petite protégée a décidé de vous snober pour venir me chercher, moi, alors que je m'en serais bien passé, figurez-vous !
S'il avait dû se montrer tout à fait honnête, ce discours ne collait plus tout à fait à la réalité. Même s'il avait longtemps souhaité que Granger aille enquiquiner quelqu'un d'autre que lui dans ce fichu hôpital, au vu des derniers événements, il ne pouvait nier qu'il avait finalement appris à apprécier les visites quasi quotidiennes de la demoiselle, et que la semaine qu'elle avait passée à le fuir comme la peste lui avait semblé tout à fait désagréable. Il était toutefois hors de question qu'il laisse supposer tout ceci à Minerva.
- Oh, vous êtes vraiment un indécrottable égoïste ! S'était indignée l'animagus, courroucée.
- Justement, peut-être qu'elle en avait simplement assez d'entendre votre sollicitude à longueur de journée! Entre vous, Potter, Lupin, ses parents et Dieu sait qui encore, je ne peux qu'imaginer à quel point tout ceci doit être insupportable. Moi au moins je ne lui demande pas toutes les cinq minutes si elle se souvient de moi! A se demander qui est le plus égoïste de nous deux, d'ailleurs ! Avait-il conclu, ironique, en levant les yeux au ciel.
L'ascenseur s'était ouvert sur le premier étage, et il s'était engouffré dans le couloir sans attendre la réaction de la Gryffondor, qui avait manqué s'étrangler d'indignation derrière lui.
- Comment… comment osez-vous ?! S'était-elle exclamée d'une voix aiguë, tout à fait outrée.
- Vous allez me soutenir le contraire peut-être ? Et puis, vous devriez plutôt vous réjouir, non ? J'ai accepté de me pencher sur son cas, comme vous dîtes. Vous m'avez tanné pendant des semaines pour que je m'occupe d'elle et à présent que c'est chose faîte, vous m'en tenez presque rigueur ! Je vous ai connu moins versatile, très chère.
Un bref coup d'œil par dessus son épaule lui avait appris que cette petite remarque sardonique n'avait guère ravi la directrice de Poudlard. D'ailleurs, il allait peut-être falloir qu'il se tempère quelque peu, car à en juger par ses yeux exorbités et son expression revêche, il n'en manquait plus beaucoup pour qu'elle fasse une syncope, et n'écope d'une chambre dans un service proche du sien. Ce dont il se passerait tout à fait, clairement. Une Gryffondor dans les parages suffisait amplement!
- Sans doute parce que votre volonté soudaine de vous impliquer dans cette histoire est plus que suspecte, vous en conviendrez ! Avait-elle vertement répliqué.
Severus s'était figé, saisi, alors qu'il venait de pénétrer dans sa chambre, et avait pris le temps de faire demi-tour pour lui faire face, n'appréciant que peu son petit ton critique.
- Je vous demande pardon ? Avait-il grincé, piqué à vif.
- Eh bien, comme vous venez de le dire, vous vous êtes fait prier pendant tout ce temps. Et puis vous nous apprenez tout à coup que vous êtes entré dans l'esprit d'Hermione et soudainement, voilà que vous changez d'avis. Je ne suis pas naïve Severus, et même si je ne remets pas en cause votre envie d'aider Hermione qui, je l'espère, est bien là votre principale motivation, je vous connais suffisamment pour savoir que vous y trouvez là un autre intérêt.
- Et lequel, je vous prie ? Avait interrogé le Serpentard à voix basse, en proie à une colère grandissante face à ce sermon à peine voilé.
Minerva l'avait considéré un instant en silence, le scrutant avec la résignation de quelqu'un qui savait parfaitement quelles réactions attendre de son interlocuteur, à croire qu'elle le connaissait par cœur.
- Votre insatiable curiosité intellectuelle. Cette passion que vous avez toujours eue, étudiant déjà, pour toutes les formes de magies, et surtout les plus complexes et les plus obscures.
Pour un peu, les bras du Serpentard lui en seraient tombés, tant il ne s'attendait pas à cette réponse. Par Salazar, d'où lui venait soudain cette clairvoyance? A croire qu'elle avait passé de trop nombreuses années en compagnie d'Albus, car ce vieux fou aussi était un adepte de ce genre de discours philosophiques.
- Cela n'est pas une mauvaise chose, bien-sûr, avait poursuivi la Gryffondor. C'est d'ailleurs pour cela que vous êtes devenu, depuis longtemps déjà, un puissant sorcier, Severus, et ne doutez pas de mon admiration sur ce point. Seulement… aussi complexe soit le cas d'Hermione… elle reste Hermione avant tout, une jeune femme avec ses émotions et ses sentiments, ses espoirs et ses craintes. Ne l'oubliez pas, Severus. Elle n'est pas un sujet d'étude.
Le Serpentard en était resté coi, ahuri par ces mots, ce qu'ils sous-entendaient, et la justesse de leur contenu. Au fond, Minerva n'avait pas tord. Il avait été stupéfait par la puissance d'esprit de Granger, par la rigueur dont elle avait fait montre, s'obligeant à contenir les milliers de questions qui devaient être les siennes pour préserver la quiétude de son esprit, et lui permettre de maintenir la connexion. Ce qu'il avait aperçu, dans cette zone matérialisée par la réserve de la bibliothèque, avait également attisé sa curiosité, et plusieurs fois il s'était surpris à se demander quels souvenirs si horribles pouvaient bien avoir déclenché une telle réaction d'auto-défense de la part de son cerveau.
L'animagus avait raison. Même s'il souhait réellement aider Granger, ses motivations n'étaient pas aussi pures et désintéressées que l'avaient pensé ses parents. Plancher sur son cas ne serait pas dénué d'intérêt, pour lui qui avait toujours été curieux des subtilités de la magie de l'esprit. D'autant que, comme il l'avait déjà expérimenté par deux fois, sa magie semblait se montrer plus disciplinée lorsqu'il l'exerçait sur un cas concret, plutôt que quand il perdait son temps à se prêter aux ridicules exercices de Neals.
- Soyez délicat, c'est tout ce que je vous demande, avait fini par soupirer Minerva comme il s'obstinait dans un silence incrédule.
Si véritablement Albus lui avait parlé des cours l'occlumancie de Potter, presque quatre ans plus tôt, nul doute qu'elle devait s'inquiéter de ce qui pourrait arriver à sa petite protégée. Severus avait grimacé. Qu'avait dit Lupin, déjà? Qu'il n'était pas dépourvu de tact, mais qu'il le cachait bien. Pour une fois dans sa vie, le Serpentard avait espéré que son ancien camarade de classe était dans le vrai!
- Je ferais mon possible, avait-il répondu, à défaut de pouvoir promettre quoique ce soit en ce sens.
Des pas précipités dans le couloir avaient brusquement interrompus leur conversation. Minerva, qui se tenait toujours dans le couloir, n'avait eu qu'à lever les yeux pour en identifier la source. Elle avait blêmi quelque peu, avant de finalement étirer un sourire quelque peu moqueur en direction de son collègue de potions.
- Je doute que cela suffise, mais soit. Vous allez avoir l'occasion d'en faire la démonstration plus tôt que prévu, avait-elle commenté en tournant les talons tandis que le Serpentard fronçait les sourcils, interloqué.
Il s'était raidi en avisant la jeune lionne dont la silhouette avait bientôt obscurci le pas de sa porte, le regard acéré et l'expression furieuse, vraisemblablement très contrariée d'avoir écopé d'un séjour prolongé à l'hôpital à cause de lui.
OoOoO
Granger avait fondu sur lui alors que, preuve s'il en était que le célèbre courage Gryffondorien n'était guère plus qu'une légende urbaine, Minerva avait battu en retraite pour regagner Poudlard, prétextant du travail en retard.
Pour une raison inconnue, Severus avait senti son cœur accélérer en avisant la jeune femme s'approcher vivement avec un air décidé, le regard flamboyant de colère. Un étrange sentiment d'appréhension l'avait envahi, teinté d'une appréhension certaine qui l'avait laissé saisi, peu habitué à ce genre de sentiment.
C'est que, à bien y réfléchir, c'était bien la première fois que Miss Parfaite semblait si décidée à en découdre avec lui. Du temps de Poudlard, elle n'avait jamais pu que baisser la tête, indignée du traitement qu'il réservait souvent aux Gryffondor, mais sachant parfaitement où était sa place. Cette fois, cependant, le contexte était tout autre. Non seulement elle n'était plus son élève, mais elle avait également tout oublié des injustices et des commentaires désobligeantes dont il les avait accablés, elle et ses amis, des années durant. Au fond, il n'y avait plus rien entre elle et lui susceptible de représenter un lien de subordination pour la garder à distance.
De fait, elle s'était ruée sur lui, et il n'avait eu que le temps de saisir ses poignets tandis qu'elle levait les mains dans l'intention évidente de marteler son torse de petits coups rageurs.
- N'y pensez même pas ! S'était-il exclamé, à la fois furieux et stupéfait de son audace.
Elle s'était débattue pour lui faire lâcher prise, l'expression aussi sauvage qu'une lionne, et Severus avait été saisi de la voir si revêche. Une once de culpabilité l'avait même traversé l'espace d'une seconde. Peut-être aurait-il dû lui demander son avis avant de signer pour une prolongation de son séjour au sein de l'hôpital.
Néanmoins, il n'allait pas se laisser taper dessus pour autant, par une gamine de presque vingt ans de moins que lui qui plus est ! Il n'avait pas lâché prise, et bientôt la jeune femme avait cessé de se débattre, réalisant qu'elle ne pourrait pas se défaire de sa poigne de fer. Severus avait poussé un grondement sourd, exaspéré de toute cette scène.
- Par Salazar ! avait-il sifflé, excédé. Vous êtes vraiment d'une insolence sans…
Les mots s'étaient échoués sur ses lèvres tandis qu'il se heurtait soudain au regard féroce de la jeune femme, et c'est seulement lorsqu'il avait senti son souffle se mêler au sien qu'il avait réalisé sa proximité. Sous ses doigts, ses poignets semblaient étonnement fins et délicats, et pulsaient pourtant d'un poul puissant tandis qu'elle le fusillait du regard, vraisemblablement hors d'elle.
Troublé, il s'était perdu un instant dans les yeux noisettes aux reflets ambrés, qui le fixaient avec hargne et ressentiment tandis qu'elle reprenait son souffle après cet effort imprévu. Puis il avait avisé sa mâchoire serrée et le léger tremblement de ses épaules, comme si elle était soumise à un effort intense. L'espace d'un instant, Severus avait cru qu'elle allait parler, tant il était évident qu'elle était remontée contre lui, et sans doute désireuse de l'accabler de tous les noms. Cela ne devait pas être l'envie qui manquait, à en juger par son regard féroce.
Et puis il l'avait sentie.
La pression à la lisière de son esprit.
Il avait tiqué tandis que, sidéré, il considérait soudain la jeune femme avec stupeur. Son expression était si concentrée qu'il avait été évident que cet effleurement de son esprit n'était pas un hasard. Par Merlin, était-elle réellement entrain d'essayer de projeter son esprit vers le sien?
S'il avait encore eu un doute sur le fait que sa magie n'avait pas totalement disparu, il n'en subsistait aucun, à présent.
- Arrêtez ça, avait-il ordonné en se raidissant tout à fait, incommodé à l'idée qu'elle essaie de s'immiscer dans sa tête.
Le dernier qui avait eu accès à ses souvenirs, involontairement, avait été Potter, et cela avait été un vrai fiasco. Et puis il avait fini par les lui donner volontairement, deux ans après cet épisode, alors même qu'il pensait y rester. Cela lui avait certes permis d'être acquitté, mais depuis, Potter, ainsi que tous ceux à qui il avait parlé de son passé, savaient qu'il avait un cœur et qu'il n'était pas si monstrueux qu'il voulait bien le faire croire.
Il était hors de question que Granger entre dans sa tête, profitant de l'instabilité de sa magie pour forcer ses défenses avec une tentative de légilimancie aussi primitive que ce qu'elle était entrain de tenter.
Évidemment, la Gryffondor ne l'avait pas écoutée, visiblement décidée à établir un contact, peu importe l'énergie que cela lui demanderait. Il l'avait vu trembler sous l'effort tandis que le tâtonnement à la lisière de son esprit s'intensifiait, de façon fort désagréable, soit dit en passant. Nom d'un vampire, allait-elle donc persévérer jusqu'à s'écrouler sous l'effort ?
Exaspéré, Severus l'avait repoussée d'un revers d'occlumancie, avant de déployer sa propre légilimancie vers elle. Et dire que le Docteur Curam lui avait préconisé, à peine un quart d'heure plus tôt, d'attendre d'être en séance sous la supervision de Neals pour retenter un contact avec la jeune femme!
Granger apprenait vite. Alors même que ce n'était que la deuxième fois qu'il s'aventurait dans son esprit en pleine conscience, elle avait déjà semblé assimiler le principe. Loin du tumulte d'émotions qui l'avait précédemment entraîné au plus près de ses pensées profondes, il avait cette fois pu rester en surface sans être aspiré plus loin, à son plus grand soulagement. C'est qu'il était bien plus facile d'échanger des pensées que d'alimenter une projection spirituelle dans un esprit étranger au sien. Au moins restait-il parfaitement conscient de la réalité, puisqu'au final cela tenait plus lieu d'une conversation silencieuse que d'un voyage dans la tête de la Gryffondor.
- Je vous ai dit d'arrêter ! Avait-il grondé dans sa tête alors qu'elle fronçait les sourcils, un instant déstabilisé de ne pas se retrouver plongée en pleine projection mentale. Non mais pour qui vous vous prenez, à débouler ainsi et…?
- Vous, pour qui vous prenez-vous ? Avait rugi la Gryffondor, avec une telle force que Severus avait manqué être expulsé de son esprit aussitôt.
Il avait grimacé, assourdi par la force de ses pensées. Par Merlin, il ne s'attendait pas à ce qu'elle hurle ainsi ! Nul doute que si elle avait utilisé ses cordes vocales plutôt que sa tête, tout le service l'aurait entendue !
La jeune femme avait marqué une pause, réalisant sans doute qu'il était un peu sonné, avant de continuer, moins fort néanmoins, mais tout aussi furieusement.
- Qui êtes-vous pour décider si je dois rester ici ou non ? Vous n'aviez pas le droit de vous mêler de ça ! S'était-elle écriée, scandalisée.
- Je vous conseille vivement de changer de ton, Miss Granger, avait sifflé Severus en retour, avec à peine moins de hargne dans la voix.
Force avait été de constater que, si la Gryffondor avait un jour craint son ton sévère et son autorité, ce temps-là était définitivement révolu, à présent, car elle ne lui avait même pas prêté attention.
- J'étais à deux doigts ! Deux doigts de sortir de cet endroit, et vous avez tout foutu en l'air ! Avait-elle poursuivi, hors d'elle. Qu'est-ce que ça peut bien vous faire que je récupère ma magie, hein ? Ce n'est pas parce que vous êtes coincé ici qu'il doit en être de même pour tout le monde !
Sa colère était si vive que malgré toutes ses barrières d'occlumancie, Severus l'avait sentie gronder jusque dans son propre esprit, et Dieu sait pourtant qu'il n'avait pas l'habitude de se laisser contaminer par les émotions des personnes qu'il lisait. Il avait mis cela sur le compte de l'instabilité de sa magie, mais peut-être, à la vérité, n'avait-il pas véritablement besoin d'une raison valable pour s'énerver après la jeune femme. Il n'en avait jamais vraiment eu besoin pour hurler sur les Gryffondor, après tout.
- Ça suffit ! Avait-il tonné en retour, excédé par ce vacarme et par l'insolence dont elle faisait preuve.
Sans doute n'avait-il pas mesuré la portée de sa légilimancie sur un esprit aussi inexpérimenté que celui de la jeune femme, car elle avait ouvert de grands yeux effrayés tandis que l'ordre résonnait dans sa tête. Il l'avait sentie chanceler sous la force de son injonction, et avait lâché ses poignets pour l'attraper par la taille et l'empêcher de tomber.
Qu'avait dit Minerva, déjà ? D'être délicat. Par Merlin, pourquoi fallait-il toujours qu'on lui demande l'impossible ?
Exaspéré, il avait attendu qu'elle stabilise son équilibre de nouveau pour la pousser doucement mais fermement en direction de la chaise qui se trouvait près du lit. Ce léger moment de flottement avait semblé avoir raison de sa colère excessive, car elle s'y était assise sans protester. Lorsqu'elle avait relevé les yeux vers lui, le brasier avait baissé d'intensité dans son regard noisette, même si l'accusation y brûlait toujours.
Nom d'une pipe, quel foutu caractère elle avait ! Lui qui s'était demandé quelle personnalité elle pouvait avoir développé par dessus son amnésie, était à présent fixé !
- C'est bon, vous avez fini ? Avait-il demandé, acide, prenant le parti de continuer à voix haute pour lui laisser le temps de remettre de l'ordre dans ses idées.
Elle l'avait fusillé du regard de nouveau, mais avait néanmoins baissé les yeux en signe d'acquiescement. Severus avait expiré un soupir, exaspéré. Il avait pris le temps de fermer la porte de sa chambre, histoire de s'éviter les regards curieux des personnes susceptibles de passer dans le couloir, avant de revenir vers la Gryffondor, qui le fixait toujours avec accusation.
Délicatesse. Tact. Sensibilité.
Oh bon sang comment allait-il s'en sortir ?
- Bon écoutez, avait-il repris, assez abruptement. Je n'ai pas pour habitude de mâcher mes mots, alors je vais être direct. Votre magie est là, quelque part, scellée par un mécanisme d'auto-défense qui vous en bloque l'accès. Minerva m'a dit que l'on vous avait donné des livres de magie, les avez-vous lus ? Vous savez ce qu'est la légilimancie ? Et l'occlumancie ?
Elle l'avait regardé un instant en fronçant les sourcils, l'air méfiant, et avait lentement hoché la tête, attendant la suite. Après un instant de réflexion, Severus avait de nouveau projeté son esprit vers le sien, rétablissant le lien entre eux. Il y avait eu un léger instant de flottement, durant lequel il avait perçu toutes les pensées de la jeune femme défiler à propos de la magie de l'esprit, tandis qu'elle s'efforçait de rassembler les informations qu'elle avait lues à ce sujet. Il avait été rassuré de constater qu'elle en avait saisi le principal.
Afin d'éviter de se trouver de nouveau entraîner par le tourbillon de ses pensées, Severus avait ajusté ses barrières d'occlumancie, afin de se limiter aux seules pensées volontaires émises à son égard. Cela serait plus reposant pour lui, et l'échange ressemblerait ainsi davantage à une véritable conversation.
- Cela ne m'explique pas pourquoi vous tenez à ce que je m'éternise ici, avait-elle dit avec une rancœur certaine.
Severus avait laissé échapper une exclamation impatiente.
- Faîtes un peu fonctionner votre matière grise, Granger, voulez-vous ? Je suis légilimens, au cas où vous ne l'auriez pas encore compris. Au cas où vous l'ignoriez, ce qui ne serait guère surprenant, vu votre tendance à tout oublier dernièrement, les sorciers capables de légilimancie sont plutôt rares.
- Eh bien, quelle chance j'ai là ! Avait ironisé la jeune femme en roulant des yeux.
Severus s'était hérissé de tout son long.
- Granger ! l'avait-il rappelée à l'ordre, acerbe.
Elle avait tiqué, avant de relever vers lui un regard surpris.
- Attendez, vous entendez vraiment toutes mes pensées ? Avait-elle demandé alors, comme si elle comprenait seulement l'impact de ce qu'il venait de lui expliquer.
De toute évidence, sa dernière remarque ne lui était pas réellement destinée.
Severus avait eu un claquement de langue agacé, et lui avait lancé un regard impatient, mécontent qu'elle se montre si distraite. Et puis il avait réalisé, un peu tardivement, que c'était là la première véritable conversation qu'il avait avec la jeune femme depuis qu'il la fréquentait entre ces murs. Au fond, peut-être aurait-il dû prendre le temps de lui expliquer un peu plus le fonctionnement du procédé, qui avait été abrégé lors des deux dernières tentatives.
Avant qu'il n'ait pu répondre, un flot d'émotions avait soudainement traversé la connexion entre eux, un mélange de panique, d'embarras, et d'autre-chose encore qu'il n'avait pas eu le temps d'identifier tout à fait, mais qui l'avait troublé de façon inexplicable. Cela avait remué en lui des sensations nouvelles, ou peut-être étaient-elles si anciennes qu'il ne se rappelait plus les avoir déjà ressenties. Son cœur s'était mis à accélérer sans raison apparente, tandis qu'une chaleur diffuse l'envahissait promptement.
Et puis tout s'était arrêté subitement, comme si quelqu'un avait subitement fermé les vannes d'un robinet, laissant soudain un vide vertigineux dans son esprit précédemment relié au tumulte de sensations qui émanait de la jeune femme. N'étaient restés que les battements anarchiques de son propre cœur, et cette chaleur persistante dans son sang.
Il avait mis quelques secondes à reprendre ses esprits, à la fois désarçonné par l'afflux d'émotions puis par leur arrêt tout aussi brutal. Par Salazar, il allait finir par croire que Granger avait développé un véritable don pour l'occlumancie ! Il avait relevé un regard saisi vers la Gryffondor, dont les yeux s'étaient agrandis de surprise et d'inquiétude, à croire qu'elle était soudain effrayée à l'idée qu'il puisse véritablement avoir accès à ses pensées.
- Calmez-vous, bon sang ! Je n'ai accès qu'aux pensées formulées, pas à tout ce qui vous passe par la tête, Merlin merci ! Avait-il précisé, un brin vexé d'avoir été repoussé de façon si brutale.
Elle l'avait de nouveau considéré d'un air dubitatif, puis il avait senti le lien regagner en substance entre eux.
- Vraiment ? Avait-elle demandé, hésitante. Comment je peux en être certaine ?
- Vous ne pouvez pas, avait abruptement répliqué Severus. C'est à prendre ou à laisser. Je peux tenter de trouver le blocage à l'origine de votre amnésie, et essayer de le lever, sans garantie de succès néanmoins. Ou bien vous refusez, et vous retournez vivre parmi les moldus comme si la magie n'avait jamais existé pour vous.
Cette fois, la jeune femme avait gardé le silence, même dans son esprit. Elle avait soutenu son regard un instant, semblant jauger du sérieux de sa proposition, et avait finalement détourné les yeux, en proie à un dilemme de taille.
Severus l'avait observée prendre le temps de la réflexion un instant, réalisant seulement à cet instant la portée de ce qu'il venait de lui proposer. Si elle acceptait, il serait bon pour passer encore plus de temps en sa compagnie, et à présent qu'il avait eu un aperçu du caractère tout feu tout flamme qui semblait être le sien dorénavant, il n'était pas sûr de trouver cela aussi plaisant que les parties d'échecs silencieuses auxquelles il s'était adonné jusque là.
Il avait senti ses entrailles se tordre de façon fort peu agréable, et avait réalisé, un peu effaré, qu'il angoissait presque à l'idée qu'elle accepte sa proposition. Sans lien de subordination pour lui assurer d'avoir l'autorité sur elle, et brider ses potentiels accès d'humeur, il allait se retrouver bien malgré lui contraint de donner dans la sociabilisation, alors même qu'il ne s'était pas retrouvé confronter à ce genre de situation depuis… une éternité. Il avait côtoyé des élèves, des collègues, et mêmes les partisans du Seigneur des Ténèbres, ces quelques vingt dernières années. Granger ne rentrait dans aucune de ces cases, et il s'était soudain trouvé effrayé à l'idée de devoir la côtoyer de si près si elle acceptait de communiquer avec lui.
Finalement, après quelques instants de réflexions qui lui avaient paru durer des heures, elle avait relevé la tête vers lui. La colère semblait l'avoir définitivement quittée, cette fois, pour ne plus laisser qu'une profonde résignation et un doute persistant.
- Vous allez devoir fouiller dans ma tête ? avait-elle demandé, même si cela sonnait plus comme une affirmation que comme une question.
- Pas dans l'immédiat. Il faut que vous appreniez à mieux gérer vos émotions avant que je m'aventure plus en avant, et pour ma part, j'ai… besoin d'un peu de temps avant de retrouver ce niveau de maîtrise, avait-il avoué, bon gré mal gré.
Elle avait hoché la tête, silencieuse, semblant peser le pour et le contre une dernière fois.
- Est-ce que ce sont mes parents qui vous l'ont demandé ? Avait-elle encore interrogé, et de la façon dont elle l'avait regardé à cet instant, il avait compris que c'était finalement la réponse à cette question, pourtant inattendue, qui risquait de faire basculer sa décision d'un côté ou de l'autre.
- Non, avait-il répondu, précautionneux. C'est moi qui l'ai proposé, au vu des deux précédentes expériences. Vos parents ne savent pas ce qu'est la légilimancie, et le Docteur Curam ignorait que j'avais cette capacité.
Nouvel hochement de tête. Et toujours aucune réponse ferme par l'intermédiaire du lien. Par Merlin, tout ce silence était insupportable! Il ne savait même pas si elle avait espéré une réponse positive ou négative à sa précédente question. A bien y réfléchir, peu de personnes de sa connaissance auraient accepté l'idée qu'il entre dans leur tête, surtout si l'initiative venait de lui, alors il y avait peu de chance pour que…
- C'est d'accord, avait-elle soudainement répondu en plantant son regard noisette dans le sien.
Severus n'avait pu s'empêcher un haussement de sourcils surpris, un peu étonné par l'assurance qu'elle avait mise dans sa réponse, et l'expression décidée qu'elle affichait à présent. Et lui qui pensait justement l'avoir poussée vers le refus de par sa précédente réponse.
- C'est d'accord, mais à une seule condition, avait-elle précisé en se raidissant quelque peu.
Évidemment, il fallait qu'elle complique la situation.
- Je vous préviens, il est inutile de me demander d'être plus sympathi…
- Je ne veux pas qu'il y ait quelqu'un d'autre que vous qui entre dans ma tête, avait-elle poursuivi sans lui laisser le temps de finir.
Severus avait été tellement saisi qu'il n'avait pas réagi tout de suite, ahuri. L'espace d'un instant, les souvenirs catastrophiques de ses séances d'occulmancie avec Potter, quelques années plus tôt, lui étaient revenus en mémoire. Il se rappelait encore de la tête qu'avait faite le Gryffondor en apprenant que c'était lui qui se chargerait de ses leçons. Cela avait été la seule réjouissance de ce désastre dans lequel l'avait entraîné Albus, d'ailleurs, car pour être honnête, il avait fait à peu près la même tête quand le directeur lui avait demandé de dispenser les cours particuliers au jeune homme. A l'époque, nul doute que le Survivant avait dû prier Merlin pour que n'importe quel autre de ses collègues puisse s'occuper de sa formation en occlumancie.
Et voilà que Granger, à l'inverse, ne voulait personne d'autre que lui.
Par Salazar, voilà une chose qui était plutôt inattendue! Il avait senti quelque chose remuer au fond de lui, du côté de la cage thoracique, alors qu'une sensation étrange le parcourait sans qu'il ne puisse réellement l'identifier. C'est que, il n'était guère habitué à ce qu'on lui témoigne ainsi une confiance sans borne. Car c'était bien de cela dont il s'agissait, non? Même s'il ne comprenait décemment pas ce qu'il avait bien pu faire pour obtenir ainsi celle de la jeune femme, qui ne le connaissait que depuis quelques semaines à peine. Ou du moins c'était tout comme.
- Cela ne devrait pas être une condition trop difficile à remplir, avait-il répondu, un brin sarcastique, même s'il n'y avait que lui pour saisir l'ironie de cette demande.
Elle avait acquiescé distraitement, avant que des coups frappés contre la porte de la chambre ne détournent leur attention vers l'entrée de la pièce. Le panneau de bois s'était ouvert sur le visage hésitant d'une aide-soignante, qui avait relevé un regard tremblant vers le Serpentard. Elle semblait tellement appréhensive à l'idée de devoir lui parler qu'elle n'avait même pas semblé remarquer la présence de la Gryffondor dans la chambre.
- Excusez-moi, Mo..Monsieur Rogue mais… Vous aviez une séance de kinésithérapie avec Peter à seize heures et… enfin il est déjà seize-heures dix alors…
Le Serpentard avait laissé filtrer un grognement agacé, n'appréciant guère d'être ainsi rappelé à l'ordre. La jeune aide-soignante avait blêmi derechef et avait renouvelé des excuses balbutiantes avant de battre en retraite dans le couloir.
Lorsque Severus avait reporté son attention sur la Gryffondor, celle-ci s'était déjà levée, sans doute désireuse de ne pas le retarder davantage pour sa séance. Un sourire railleur avait ourlé ses lèvres suite à l'intermède avec l'aide-soignante.
- Eh bien, eh bien ! Avait-elle commenté alors que la porte se refermait sur cette dernière. Je ne sais pas ce que vous leur avez fait mais elles sont toutes terrorisées à l'idée de devoir vous approcher. Est-ce que vous suscitiez déjà ce même sentiment d'effroi chez vos élèves, au lycée ? Avait-elle demandé, clairement moqueuse.
Severus avait ouvert la bouche pour répondre, saisi par cette insolence qu'il ne cessait de recroiser chez la jeune femme depuis qu'il était entré dans sa tête pour la deuxième fois, quelques jours plus tôt. Par Merlin, il n'était pas certain de pouvoir tolérer une telle arrogance bien longtemps!
- Absolument, et vous feriez bien de vous souvenir rapidement de ce qu'il en était, si vous ne voulez pas en faire les frais rapidement, avait-il sifflé à voix haute en guise de réponse, excédé par sa nonchalance.
Il avait senti son amusement évident à travers le lien, et avait presque pu entendre son rire carillonner dans son esprit. Il avait froncé les sourcils, pris de court par cette réaction et par les perceptions qui s'étaient ainsi imposées à lui. Par Salazar, tout ceci lui était fort peu coutumier. Lui qui s'était toujours servi de sa légilimancie à des fins d'espionnage, ou de remontrances pour débusquer les mensonges chez des élèves indisciplinés, n'avait jamais ressenti ce genre d'émotions à travers sa magie. Cela était assurément troublant… mais étonnement pas désagréable.
La jeune femme n'avait pas répondu, cette fois, et s'était contentée de rejoindre l'entrée de la chambre d'un pas léger, manifestement bien mieux disposée qu'à son entrée dans la pièce, quelques minutes plus tôt. Severus avait été sidéré de ce changement d'humeur et d'attitude, alors même qu'il n'avait rien fait de particulier pour l'amorcer.
- Miss Granger, l'avait-il rappelée avant même de réaliser ce qu'il faisait.
Elle s'était immobilisée près de la porte, la main déjà posée sur la poignée, et lui avait retourné un regard interrogateur. Severus avait marqué une seconde de silence, un instant surpris de sa propre démarche, et de la curiosité qui s'était soudain emparée de lui.
- Pourquoi acceptez-vous de communiquer avec moi, et plus avec les autres ?
Le léger sourire qui avait persisté jusque là sur les lèvres de la jeune femme s'était figé à cette question. Pour un peu, son changement d'expression avait été si marqué que Severus avait presque regretté de ne pas avoir su tenir sa langue. Malheureusement, il avait eu beau tenté de se convaincre qu'il se fichait bien de la réponse, au fond, la curiosité ne l'avait pas quitté.
La jeune femme l'avait considéré un moment en silence, et il avait senti son corps se tendre sous son regard scrutateur, peu habitué à être ainsi détaillé. En général, c'était lui qui excellait dans le fait de mettre les gens mal à l'aise, et non l'inverse. D'autant qu'il avait été plus que surpris de voir les yeux de la Gryffondor se charger d'une certaine tristesse tandis qu'elle lui rendait son regard.
- Parce que vous êtes le seul à ne pas être déçu que je ne souvienne pas de vous, avait-elle soufflé avant de disparaître dans le couloir, laissant derrière elle un Serpentard hébété.
Et voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu, il est plus long que les autres, petit bonus du jour ;)
Une petite review pour me dire ce que vous avez pensé de ce premier vrai échange entre nos deux sorciers préférés ? =)
A dimanche pour la suite ;)
