Titre: Danse Avec La Mort.
Fandom: Agatha All Along.
Disclaimer: Les personnages utilisés pour écrire cette Fanfiction ne m'appartiennent pas. Ils appartiennent à Disney Plus. Je ne suis donc pas rémunérée pour cette production écrite. Ma seule paie, ce sont les reviews. N'hésitez pas à me donner vos avis, qu'ils soient négatifs ou positifs.
Personnages: Agatha Harkness, Rio Vidal.
Pairing: Agatha Harkness, Rio Vidal.
Rating: T (+13).
Nombre de Mots: 2510 / 2514
Résumé: Un soir de pleine lune, Agatha Harkness rencontre celle qui bouleversera sa vie à tout jamais.


Vingt-deux novembre mille sept cent vingt-six.

Il y avait maintenant trois longs siècles, au cœur d'une forêt immense où le temps semblait suspendu, Agatha Harkness parcourait silencieusement les rares sentiers qui s'y trouvaient à la recherche d'une clairière rudimentaire où passer la nuit.

C'était à cela que ressemblait sa vie à présent.

Depuis qu'elle avait quitté les siens, non sans grabuge, elle errait de sabbat en sabbat à la recherche de sorcières naïves pour se nourrir avidement de leur pouvoir.

Quelque part, elle se complaisait dans sa solitude nouvelle.

Sa propre mère, son ascendante, sa chair et son sang, avait fini par lui tourner le dos. Elle ne pouvait donc plus se permettre d'accorder sa confiance à qui que ce soit au risque de s'en retrouver chagrinée. Les autres n'étaient que source d'ennui.

Mais quelquefois, bien que cela se faisait de plus en plus rare avec le temps qui s'écoulait comme les grains de sable fin dans le sablier de la vie, elle se disait qu'un peu de compagnie ne pouvait pas lui faire de mal. Bien que sorcière, elle gardait en elle une infime part d'humanité qui aspirait ouvertement à un peu de chaleur.

La magie vibrait autour d'elle, presque perceptible à l'œil nu.

Le silence demeurait pesant, tout comme la fatigue qui grandissait en elle à chaque seconde qui s'évanouissait dans la nature qui l'entourait.

Ce n'était pas une forêt comme les autres. Elle le sentait bien. L'évidence se présentait à elle à chaque pas. Quelque chose ne tournait pas rond en ces lieux.

Elle commençait bien malgré elle à fermer les yeux. Sa vue se faisait trouble. Il lui fallait s'arrêter coûte que coûte afin de s'éviter la moindre difficulté. Ses pieds lui faisaient également souffrir le martyr. Elle était couverte de bleus et de plaies diverses, les bois n'épargnant pas une seule seconde sa peau d'albâtre avec ses ronces.

Elle avait besoin de repos. Elle n'avait pas dîné depuis des semaines et son ventre commençait à se désemplir à lui en faire mal. Ses joues se creusaient et perdaient progressivement de leur couleur rosée.

Elle était à bout de force.

Mais quelque chose l'attirait vers l'avant.

Quelque chose de fort, vigoureux, herculéen.

Et cela semblait l'appeler à travers le brouillard épais.

Si son corps tout entier, son instinct primaire, lui hurlait de cesser immédiatement son aventure à travers les fourrés, son cœur, son âme et son esprit la poussaient d'une seule voix à poursuivre jusqu'à découvrir ce qui l'attendait là-bas.

Soudain, un sifflement lointain monta de derrière un arbre, un chêne mort dont les branches semblaient s'emmêler les unes avec les autres, l'arrêtant brusquement dans son périple. Quelqu'un sifflait l'air d'une ritournelle qu'elle n'avait jamais entendu auparavant. Elle porta la main à ses lèvres, inquiète. Dans l'état d'abattement dans lequel elle se trouvait, elle ne se sentait pas capable de se battre contre quiconque.

« Sonne, sonne, le retour, des sorcières sur la route… »

Elle tourna brusquement la tête en direction de la voix et plaça ses mains l'une au-dessus de l'autre, faisant apparaître son violet, prête à se défendre en cas d'attaque. Cela lui arracha une grimace. Elle fit de son mieux pour donner le change mais il était évident qu'elle n'allait pas tenir bien longtemps en ces conditions.

« - Qui va là ? », demanda la sorcière, sa voix teintée de défi.
« - Personne. », répondit la voix, rauque mais féminine, avant d'apparaître, faisant découvrir à Agatha ce visage, ce doux visage, qu'elle eut l'impression curieuse d'avoir vu en rêve un million de fois auparavant. « Une inconnue. Je suis désolée si je vous ai effrayée. Je ne fais que passer. Je ne vous veux aucun mal, je suis une simple voyageuse, tout comme vous. Je crois que je me suis un peu perdue dans ces bois obscurs. », ajouta-t-elle dans un rire cristallin qui semblait diablement sincère.

Agatha fronça les sourcils. Cette étrangère ne lui inspirait rien de bon.

« Ne me mens pas, Sorcière, je sens ta puissance de là où je me tiens. Tu n'es aucunement perdue. Alors, dis-moi, qui es-tu ? »

Un sourire mystique sur les lèvres, l'inconnue répondit :

« Toujours aussi perspicace, Agatha. On ne peut vraiment rien te cacher. Je dois dire que je suis impressionnée. »

Alors, l'inconnue la connaissait. Agatha n'en fut pas surprise. Après tout, elle aussi avait cette impression bizarre de l'avoir déjà vue quelque part. Ce sentiment ne voulait pas la quitter. Ce n'était pas la première fois que les deux femmes croisaient leur chemin. C'était un fait. Mais la jeune sorcière n'avait aucun moyen de se remémorer ni où ni quand cette rencontre avait eu lieu autrefois. C'était comme si ses souvenirs demeuraient inaccessibles. Comme si un sigil y avait été apposé.

« - Quel est ton nom ? », prit-elle le temps de demander, d'une voix pleine d'assurance. « Tu connais le mien, ce ne serait que justice que de me donner le tien. »
« - Je m'appelle Rio, Agatha. Rio Vidal. Mais on me donne bien d'autres noms. Tu n'as qu'à choisir parmi tous ceux qui te viennent à l'esprit, je m'y incommoderai volontiers. »
« - Rio fera l'affaire pour l'instant. », répondit Agatha, toujours sur la défensive.

Rio gloussa, quelque peu amusée par la situation. Elle savait que la sorcière violette n'était pas au sommet de sa forme. Elle le sentait au plus profond de ses entrailles. C'était cela qui l'avait attirée dans cette direction, par ailleurs.

« Tu n'as pas besoin de cela avec moi, très chère amie. Je te le répète encore une fois puisque tu ne sembles pas déterminée à me croire sur parole : je ne te ferai aucun mal. »

Agatha hésita un long moment avant de baisser les armes. Ses mains s'éloignèrent l'une de l'autre d'un geste gracieux, qui fit hausser un sourcil à la fameuse Rio. Elle fit alors disparaître son violet avec un souffle doux.

Elles n'étaient plus qu'éclairées par la lune, qui était pleine et bien ronde ce soir.

L'air sembla s'adoucir entre les deux femmes mais une tension inhabituelle sembla prendre le relais. Une tension qui n'avait rien à voir avec la menace qui planait auparavant entre elles-deux. Rio fit jouer ses doigts fins dans le vent, comme si elle semblait vouloir l'attraper comme une enfant jouant avec des papillons volants.

« Il y a une clairière, à deux pas d'ici. », finit par avouer Rio, avec un geste de la tête. « Je peux t'y accompagner. Si tu me considères comme suffisamment digne de confiance. »

Agatha grogna comme un animal sauvage, se sentant comme prise au piège. Elle ne savait toujours pas si elle pouvait considérer que les intentions de la jeune femme étaient effectivement positives à son égard. La sorcière dégageait quelque chose de malfaisant qui lui donnait envie de prendre les jambes à son cou. Mais quelque chose lui donnait envie de chercher à en savoir plus sur l'identité véritable de la jeune femme. Elle avait ce je-ne-sais-quoi de captivant qui la charmait malgré elle.

« Ou bien tu peux te contenter de continuer à emprunter le chemin que tu empruntais à l'origine… Tu es libre de choisir. », poursuivit la sorcière verte, d'un air las. « Mais la destinée qui t'attend n'est pas la même d'un côté ou de l'autre : l'une est sombre et pleine de douleur, l'autre plus douce encore que le ventre rond de notre Mère à toutes. Je ne peux pas prendre la moindre décision à ta place. C'est à toi de trancher. »

L'inconnue fit apparaître une fleur dans ses mains qu'elle tendit à Agatha comme pour lui prouver encore une fois qu'elle ne lui voulait pas le moindre mal.

Agatha tiqua. Une azalée de couleur rouge.

La sorcière violette eut un hoquet de surprise.

Tous ses souvenirs défilèrent sous ses yeux comme un film d'auteur.

Cette fleur. Cette femme. Ce parfum absurde de cannelle. Cette chevelure épaisse. Ce sourire espiègle. Cette femme, cette mystérieuse inconnue, elle l'avait effectivement rencontrée bien des fois par le passé.

Comme ce jour où, encore enfant, elle était tombée si malade que sa famille, son sabbat originel, avait bien cru la perdre. Elle avait eu tant de fièvre que son corps tout entier frissonnait plus que de raison. Sa mère pleurait, chose assez rare pour être soulignée, et avait supplié, supplié, cette forme sombre qu'elle ne savait nommer, cette créature indéfinissable qui se contentait simplement de balancer ses jambes galbées au pied de son lit jusqu'à ce que la santé lui revienne soudain, grâce au remède magique que la plus ancienne sorcière connue de Salem, une vieille dame à moitié fêlée qui vivait recluse au sommet d'un arbre, lui avait concocté.

Elle l'avait aperçue à nouveau à l'adolescence lorsqu'assoiffé par le pouvoir, le Révérant de son village avait condamné vierges, mères et bigotes à mourir sur le bûcher lors des tristement célèbres procès de Salem. Elle avait vu s'enflammer vivantes les siennes sous ses yeux impuissants et s'était juré au nom de Lilith Elle-même de ne jamais rejoindre le moindre clan après cette terrible tragédie. Elle avait été obligée de rompre sa promesse lorsque sa mère, la seule personne qu'il lui restait ici-bas, lui avait proposé de rejoindre son clan pour reprendre le dessus sur les hommes. Sa mère, la femme en laquelle elle avait le plus confiance, cette femme si dure qui ne l'avait jamais perçue comme la sorcière qu'elle était vraiment. Sa mère qui avait voulu la condamner à mort. Elle ne parvenait pas à s'en remémorer la raison.

Ses souvenirs devinrent flous, jusqu'à se concentrer sur ces azalées de couleur vive laissées sur son chemin à chaque rencontre nouvelle, comme un message qu'elle était incapable d'interpréter alors…

Cette femme devant elle, c'était la Mort en personne.

La concernée inclina légèrement la tête, ses longs cheveux noirs flottant dans la brise nocturne. Elle dévoila son vrai visage. Son nez fin disparut, laissant place à un squelette effroyable, si sombre qu'il semblait y aspirer toute source de lumière.

« - Alors, tu te souviens... »
« - Tu es la… », se contenta de répondre Agatha. « Tu es… Elle. »

Leurs regards se croisèrent. Une lueur étonnante s'était allumée dans les yeux de Rio. Elle passa nerveusement sa langue sur ses lèvres. Agatha mordit les siennes sans en prendre conscience. Elles sourirent de concert, comme si elles partageaient à présent tous les secrets du monde après cette choquante révélation.

Agatha sentit un mélange de peur et de fascination grandir dans son cœur.

Elle avait toujours su que la Mort n'était pas à craindre. Elle accompagnait toute vie de son premier à son dernier souffle. « Memento mori : souviens-toi que tu dois mourir. » La Mort n'était pas une menace. Elle ne l'avait jamais été. Elle ne récoltait que les âmes dont l'heure était venue. Elle ne faisait qu'une avec notre mère la Terre.

Elle était là au Commencement. Elle sera là à la Fin. Elle était Tout.

« - Cherches-tu à me tendre un piège ? », l'interrogea-t-elle, incapable de déterminer si l'apparition soudaine de la Mort sur sa route était une bonne ou une mauvaise chose. « N'allons pas par quatre chemins : es-tu là pour me prendre ? »
« - La réponse est non, Agatha. Je cherche simplement à partager enfin un bout de chemin avec la plus belle femme que j'ai jamais rencontré. »

Le cœur d'Agatha rata un battement tandis qu'elle déglutissait mollement. Elle qui avait toujours son mot à dire pour chaque situation donnée ne savait pas quoi répliquer face à cette remarque inattendue. D'autant plus qu'elle pouvait en dire autant… La beauté sauvage de Rio la bouleversait. La jeune femme semblait plus confiante que n'importe laquelle des autres femmes dont elle avait croisé le chemin jusqu'à présent. Elle était encore plus ravissante dans sa véritable apparence.

Rio tendit sa main vers Agatha.

« Prend-la. Prend ma main. »

La jeune femme regarda derrière elle, semblant peser le pour et le contre dans son esprit. Faire confiance à la Mort ne semblait pas une bonne idée sur le papier.

Elle inspira un bon coup et finit par trancher :

« Je choisis de te suivre. », dit-elle dans un souffle. « Mais promets-moi que si tu es là pour m'emmener avec toi dans l'Au-Delà, je ne souffrirai pas. Laisse-moi simplement m'endormir. Je veux mourir dans la paix la plus totale. »

Agatha saisit la main de Rio qui se mura aussitôt dans un silence déconcertant.

Elles marchèrent ainsi pendant quelques minutes qui parurent une éternité.

Le pouce de Rio caressait délicatement la peau nue des poignets d'Agatha qui brûlaient à ce contact étonnant. Elle n'en connaissait pas la raison mais elle mourrait d'envie de l'embrasser. Ses lèvres avaient quelque chose d'hypnotisant. Cela n'avait aucun sens. Elles ne s'étaient jamais adressé la parole avant aujourd'hui.

« Je te conseille vivement de chasser tout de suite cette idée absurde de ton esprit. Nous ne devons pas nous embrasser. Jamais. », lança Rio, comme si elle lisait dans ses pensées. « Je suis sérieuse, Agatha. Nous ne pouvons tout simplement pas. Je ne peux pas te donner ce que tu désires. Ce serait trop dangereux. Je ne suis pas sûre d'être capable de me contrôler. Je pourrais t'emporter avec moi malgré moi. Je ne veux pas prendre ce risque. »

Rio semblait davantage se justifier pour elle-même qu'autre chose.

Elle aussi se sentait vivement attirée par la sorcière.


La clairière promise finit par apparaître dans la nuit noire.

Ainsi, Rio Vidal n'avait qu'une parole.

Agatha soupira de soulagement. Elle allait vivre.

La Mort invita Agatha à s'asseoir à ses côtés, contre le tronc épais d'un pommier qui donnait généreusement.

« Demain, à l'aurore, nous aurons de quoi faire des provisions jusqu'à la prochaine étape de notre voyage… », pensa tout haut Agatha, en cachant subrepticement un bâillement de sa main droite.

Elle rejoignit la Mort au sol et s'allongea tout contre elle, déposant tout naturellement sa tête affreusement lourde contre la poitrine voluptueuse de sa nouvelle amie comme si elles avaient toujours connu ce degré d'intimité jusqu'alors.

Rio en eut le souffle coupé. Elle se mit à caresser machinalement la longue chevelure d'Agatha pour l'aider à lâcher prise. Reconnaissante, Agatha releva le menton et posa délicatement ses lèvres sur les siennes.

Le baiser fut tendre, passionné mais terriblement douloureux pour elles-deux.

Ce fut le seul qu'elles partagèrent jamais…

Lorsque leur langue se mirent à danser dangereusement, Rio interrompit Agatha à contrecœur. Elle posa sa main sur sa joue et déposa un nouveau baiser sur son front, en signe de protection.

« Dors, mon amour. Je veillerai sur la nuit. »

Une larme silencieuse coula sur le visage de la Mort tandis que la sorcière violette était déjà bien loin dans les bras de Morphée.

« Je suis tellement désolée, ma douce. Pour tout ce que nous allons être contraintes de traverser toutes les deux dans les décennies à venir. Je te promets de faire de mon mieux pour t'épargner. »


Je suis tellement obsessed par le pairing Agathario que je débarque sans prévenir sur FF après quatre ans sans avoir écrit le moindre mot.

Je ne promets évidemment pas de reprendre mes projets en court ou quoi que ce soit... Flemme.

Je risque peut-être de revenir par ici parce que ce couple semble m'inspirer énormément.

Masque Blafard, anciennement L.S. McBeat et Lunatus Force-Cœur.