08 Janvier 1996, Poudlard
Le soleil n'était pas encore levé quand Valentina arriva dans la grande salle pour prendre son petit-déjeuner. Hier, elle, ainsi que tous les autres élèves de Poudlard étaient rentrés de leurs trois semaines de vacances d'hiver. Valentina était rentrée chez elle, dans la chaleur de sa petite maisonnée moldue Irlandaise. Elle avait passé un Noël heureux, et malgré ses petites disputes avec son petit frère, tout s'était bien passé. Elle n'avait pas eu besoin d'utiliser les pralines longues langues que Fred lui avait envoyées, son frère s'était servi tout seul. Ce dernier s'était introduit dans la chambre de Valentina pour fouiller dans ses affaires quand celle-ci était sortie avec des amies et s'en était empiffré. En rentrant, elle avait trouvé son frère la langue traînant par terre, pleurant dans la chambre de sa grande sœur, sans oser en sortir. En effet, Valentina étant absente à ce moment-là, rien ne l'incriminait, et ses parents auraient copieusement sermonné son petit frère pour avoir fouillé dans les affaires de sa grande sœur s'ils l'avaient découvert. Le jeune adolescent avait donc attendu le retour de Valentina, mais cette dernière n'ayant pas l'âge requis pour pratiquer un contre-sort, ils avaient dû attendre que les effets ne se dissipent naturellement.
Valentina s'assit à la table des Poufsouffles, près d'Eddie et de Grace Walker qui étaient déjà présents. Toujours endormie, Grace piquait du nez au-dessus de son bol de chocolat chaud. Elle avait la capacité de dormir absolument partout et en toutes circonstances, ce qui impressionnait particulièrement Valentina. Fenella ne tarda pas à arriver, et les trois amis qui n'avaient pas eu beaucoup de temps pour se raconter leurs vacances la veille discutèrent gaîment, tout en s'empiffrant de viennoiseries et autres bacon grillé.
« Au fait, commença Fenella, j'ai fait mes petites recherches sur David. »
Eddie arqua un sourcil.
« Sérieusement Fen', tu n'as pas autre chose à faire que de t'occuper de cet abruti ?
- Cet abruti comme tu le dis si bien, n'est peut-être pas réellement celui que tu penses être, dit Fenella en fronçant les sourcils.
- Ça, c'est toi qui le dis, fit Eddie en levant les yeux au ciel.
- Et qu'est-ce que tu as trouvé ? Demanda Valentina, intriguée.
- Ben en réalité... pas grand-chose. J'ai seulement découvert que sa mère était décédée quand il avait environ cinq ans, d'un « accident domestique » à ce qu'il paraît. Il a ensuite été élevé par son père avec ses deux jeunes sœurs.
- Un accident domestique ? Dans une famille de sorcier ? Ça me paraît ... étrange, dit Valentina.
- Je crois que je vois ce que tu veux dire par là ... Dit Eddie, piqué dans sa curiosité. »
Fenella leva un regard intrigué vers ses amis. Valentina réfléchit quelques instants.
« Lloyd avait cinq ans au moment des faits, avec deux petites sœurs. Disons de un à quatre ans. En tant que parent, je m'assurerais que ma maison soit un minimum adapté à des enfants en bas-âge. À ces âges-là, un accident est vite arrivé.
- D'autant plus que les sortilèges de protection domestique sont à la portée de n'importe quel sorcier, ajouta Eddie.
- C'est vrai que dit comme ça ... c'est carrément suspect, dit Fenella d'une voix inquiète. Seulement, David n'a rien voulu me dire. Je lui ai envoyé plusieurs lettres pour en savoir un peu plus, en lui disant que je voulais l'aider, mais je n'ai eu le droit qu'à un « Occupe-toi de tes oignons » sans plus de cérémonie. »
Eddie pouffa légèrement.
« En même temps, tu t'attendais à quoi ? « Salut Davichou, ça te dirait de me parler de ta mère morte et de pourquoi tu portes plainte contre ton papounet hyper suspect ? Bisooouuus ! » »
Valentina ne put s'empêcher de rigoler. En même temps, Eddie n'avait pas tort, ce n'était pas la manière la plus délicate d'aborder le sujet avec le jeune préfet-en-chef. Fenella rougit légèrement, la mine boudeuse.
« Toujours est-il que je n'abandonne pas, fit-elle d'un air déterminé.
- Ça, c'est bien notre petite Fenella, se moqua Valentina, toujours prête à tout pour le beau minois de l'élu de son cœur...
- Qui ne veut même pas d'elle, ajouta Eddie avec un sourire moqueur. Sérieusement ma vieille, t'es bien tombée à Poufsouffle toi, loyauté, patience et persévérance te correspondent parfaitement.
- Faudrait rajouter « borné » ou « entêtement », juste pour elle tiens, rigola Valentina.
- Bon ça va vous deux, hein, j'en ai marre d'être votre bouc émissaire ! Je... »
Mais Fenella n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'un sifflement crépitant les interrompit. Un petit feu d'artifice ensorcelé dansait joyeusement juste devant Valentina, virevoltant au-dessus de son bol de thé. Il fît quelques pirouettes en émettant des gerbes d'étincelles de toutes les couleurs, avant d'éclater en un magnifique bouquet de myosotis bleu majorelle étincelant. Confuse, Valentina resta interdite pendant un petit moment, quand elle sentit une main se poser sur son épaule, et une voix lui murmurer à l'oreille.
« Alors, tu aimes ma nouvelle création ? Je l'ai créée spécialement en pensant à toi. »
Valentina se retourna. Fred Weasley se tenait à quelques centimètres d'elle. Si près que Valentina pouvait détailler chacune de ses petites taches de rousseur. Son parfum était un mélange d'herbe fraîchement coupée et d'agrumes, avec une pointe de musc. C'en était enivrant. Il s'écarta doucement, son habituel sourire taquin plaqué aux lèvres. Valentina piqua un fard. Fred s'éloigna, un air satisfait sur le visage, George et Lee Jordan gloussant bêtement à ses côtés.
Valentina, le visage plus écarlate que jamais, tourna la tête vers ses amis. Eddie la regardait un sourire narquois sur le visage, tandis que Fenella affichait une expression entre choc et émerveillement.
« Donc, commença Eddie. Fred Weasley, hein ?
- Hein, de quoi ?
- Pas la peine Ed', j'ai déjà essayé de lui sortir les vers du nez, mais Madame ne veut pas admettre qu'elle a un faible pour le beau Gryffondor, fit Fenella avec un sourire entendu.
- N'importe quoi vous deux, tenta de se reprendre Valentina. Et puis Ed', comment tu as fait pour deviner que c'était Fred, hein ? Qui te dit que ce n'était pas George ?
- Oh, je ne sais pas, peut-être que son tricot avec un énorme F brodé dessus aurait pu être un indice très chère, mais tu avais l'air bien trop occupée à détailler sa jolie frimousse pour le remarquer, dit Eddie, l'air goguenard.
- Bref, hem, oh ! Le courrier ! »
Ce n'était qu'un médiocre changement de sujet, mais Valentina avait désespérément besoin d'une diversion pour que ses amis cessent de s'intéresser au passionnant sujet qu'était sa relation avec Fred Weasley. Ladite diversion eut le mérite de diriger l'attention de ses amis, ainsi que la sienne, sur la une de la Gazette du Sorcier. Grace Walker, qui s'était réveillée et avait levé le nez de son bol de chocolat qui n'était plus si chaud que ça, étalât le journal qu'elle venait de recevoir sur la table et commença à lire à haute voix.
«Évasion massive d'Azkaban, le ministère craint que Black soit le « point de ralliement » d'ancien mangemorts. Le ministère de la Magie a annoncé tard dans la nuit qu'une évasion massive avait eu lieu à Azkaban. Recevant les reporters dans son bureau privé, Cornélius Fudge, ministre de la Magie, a confirmé que dix prisonniers sous haute surveillance s'étaient évadés hier en début de soirée et qu'il avait déjà informé le Premier Ministre moldu du caractère dangereux de ces individus.Eh ben, elle commence bien cette année... fit Grace d'une voix absente. »
Personne n'osa parler. La nouvelle s'était répandue comme une traînée de poudre parmi les élèves, et des chuchotements inquiets s'élevèrent peu à peu. Bientôt, la grande salle s'emplit d'un brouhaha de confusion et d'affolement, mais à la table de Valentina, personne ne pipa mot. Un mélange d'inquiétude et de peur se lisait sur chacun de leurs visages.
« C'était à prévoir, fit Eddie, brisant leur silence. Je ne sais pas ce que Fudge fout, mais au bout d'un moment, il va falloir commencer à prendre ce que dit Harry au sérieux.
- Et c'est à ce moment que je suis contente d'avoir accepté la proposition de Fred de rejoindre l'AD, dit Valentina, sachant pertinemment que Grace ne poserai pas plus de questions. »
L'inquiétude qu'avait provoquée cette nouvelle rythma leur première matinée de cours, le tourment et le trouble se faisant même ressentir chez leurs professeurs. Professeur Flitwick, d'un ordinaire calme et posé, ne pouvait s'empêcher de faire les cent pas dans sa salle de classe en triturant la baguette frénétiquement. Cela perturba fortement Valentina qui trouva très difficile de se concentrer dans ces conditions. L'inquiétude générale se dissipa enfin au moment du déjeuner. On se disait que maintenant, le ministère allait agir pour de bon, qu'il déploierait tout ses aurors pour re-capturer les évadés, pourquoi pas même demander de l'aide aux pays voisins, et tout serait réglé en un rien de temps. Valentina pensa que les élèves oubliaient vite qu'un an et demi auparavant, le ministère avait échoué à renvoyer un certain Sirius Black dans sa cellule, et le tout premier évadé d'Azkaban était toujours en liberté.
Quand Valentina, Eddie et Fenella s'assirent à leur table pour le déjeuner, David Lloyd passa rapidement devant eux, sans leur adresser un regard. Fenella ne put s'empêcher de lui jeter un regard inquiet.
« J'y pense Val, ton Fred là, dit Fenella, son père travaille au Ministère, c'est bien ça ?
- Heu, oui, répondit Valentina, un peu confuse.
- Et si tu prétextais vouloir faire un stage auprès d'Awstin Lloyd pendant les vacances d'été ? Il suffit juste de demander à Fred d'envoyer une toute petite lettre à son père, pour lui demander des informations le concernant, ainsi que son contact, qu'est-ce que tu en dis ?
- J'en dis que tu devrais laisser Lloyd régler ses affaires tout seul. Au cas où tu n'aurais pas remarqué, il n'a pas l'air d'avoir envie d'être aidé.
- Et on peut difficilement aider quelqu'un qui n'a pas envie d'être aidé, ajouta Eddie. Je ne suis pas sûr que Lloyd soit vraiment d'accord pour que tu essaies de te mêler de ses affaires personnelles.
- J'ai quand même envie de voir si je peux faire quelque chose ! S'énerva Fenella, tapant sur la table de son petit poing. S'il te plaît Val, je te promets que si je n'obtiens rien de concluant avec ça, j'abandonne toute idée de me mêler des affaires de David. »
Fenella avait prononcé ces derniers mots avec un regard suppliant. Décidément, Valentina ne pouvait rien refuser à sa meilleure amie.
« D'accord, soupira-t-elle. Je veux bien essayer. Mais tu me dois une bièreaubeurre pour notre prochaine sortie à Prés-au-lard !
- Marché conclu ! Fit Fenella, en sautillant d'excitation. »
Toute l'après-midi, Valentina s'était remué les méninges pour trouver une manière correcte d'aborder Fred pendant le dîner. Si bien qu'elle n'avait pas réussi à se concentrer correctement en cours de transfiguration, ce qui lui avait valu une petite remontrance de la part du Professeur McGonagall. Elle n'avait pas non plus tout à fait digéré la petite surprise de Fred du petit-déjeuner, et rougissait encore légèrement quand elle y pensait. Au moment venu, il faudrait qu'elle ait l'air sûre d'elle, et qu'elle ne laisse rien transparaître de la confusion que le jeune homme avait provoqué en elle. Enfin, confusion, elle avait juste été un peu surprise, c'est tout, rien de plus. Oui, c'était ça, il l'avait prise par surprise, ni plus ni moins.
Quand vint le dîner, Valentina n'alla pas s'asseoir directement à la table des Poufsouffles, mais se dirigea vers celle des Gryffondor à laquelle étaient déjà assis quelques septièmes années. Elle repéra les jumeaux Weasley accompagnés comme à leur habitude de Lee Jordan et se dirigea vers eux, bombant le torse et arborant une expression la plus sereine et agréable possible pour renvoyer une impression d'aisance et de confiance en elle. Elle arriva jusqu'à eux et expliqua à Fred le pourquoi du comment de sa requête d'un ton assuré. Fred accepta et proposa même de tenter sa chance avec son grand-frère Percy, qui travaillait lui-même au ministère, la prévenant tout de même de ne pas trop en attendre de sa part. Tout s'était bien passé, Valentina décida alors de se retirer, quand Fred l'interpella.
« Au fait Val, tu ne m'as pas répondu ce matin, comment tu le trouves mon petit feu d'artifice ? Fit-il d'un air espiègle.
- Oh, un peu trop « fleur bleue » si tu vois ce que je veux dire, répondit Valentina. »
Le visage de Fred se fendit d'un sourire amusé. Le cœur de Valentina loupa un battement. Elle avait réussi à maintenir son apparence calme et sûre d'elle, mais intérieurement, ce simple sourire avait tout mis sens dessus dessous. Son cœur s'était mis à battre à toute vitesse, et elle sentit le rouge lui monter peu à peu aux joues. Sentant que sa couverture pouvait sauter à tout moment, Valentina souhaita un bon appétit à Fred, et rejoignis ses camarades de Poufsouffle en vitesse. Quand elle s'assit près d'Eddie et de Fenella, son visage lui paraissait plus brûlant que jamais et elle pouvait entendre son cœur battre à toute allure dans sa poitrine. Décidément, cette rentrée l'avait complètement chamboulée, elle ne se reconnaissait plus.
« Alors ? Dit Fenella, d'une voix pleine d'espoirs.
- Il a accepté, répondit Valentina. Il a même proposé d'en envoyer une à son frère qui travaille aussi au ministère.
- Parfait ! Je te paye ta bierreaubeurre à notre prochaine virée aux Trois balais.
- Et qu'est-ce que ce cher Fred a dit d'autre ? Demanda Eddie, d'un ton plein de sous-entendus.
- Hein ? De quoi tu parles ? Feignit Valentina.
- T'es aussi rouge que sa robe de Quidditch.
- Oh, rien, rien du tout, j'ai juste un peu chaud, c'est tout, tenta Valentina.
- On est en janvier et il fait moins cinq dehors, continua Eddie, bien décidé à ne pas lâcher l'affaire.
- Oui ben ma robe d'hiver est épaisse, c'est tout. Des pommes de terre ? »
Servant copieusement ses amis, Valentina tenta tant bien que mal de changer le sujet de la conversation qui la concernait directement, pour la deuxième fois de la journée. Une fois repus, ils retournèrent quelque temps plus tard dans leurs dortoirs respectifs.
Quelques jours passèrent et Valentina se félicita d'avoir surmonté la petite confusion que Fred avait semée en elle le jour de la rentrée. Enfin, cette « confusion » n'était certainement pas simplement due au jeune homme, l'excitation de la rentrée ainsi que les nouvelles que la Gazette du Sorcier avait rapportées devait y avoir joué un grand rôle aussi.
La première réunion de l'Armée de Dumbledore de cette nouvelle année avait lieu le jeudi soir de leur première semaine de rentrée, et Harry commença à leur enseigner le charme du bouclier. Ayant déjà étudié ce sortilège l'année dernière pendant les cours du faux professeur Alastor Maugrey, les sixièmes années de Poufsouffles s'en sortirent parfaitement du premier coup. Valentina faisant équipe avec Eddie, les deux jeunes sorciers alternaient entre attaque et défense. Quand l'un lançait un maléfice d'entrave, de stupéfixion ou de désarmement, l'autre devait parer l'attaque en lançant le charme du bouclier. En bref, un entraînement efficace, qui leur permettait de réviser correctement tous les sortilèges qu'ils n'avaient pas pu pratiquer pendant leurs vacances de Noël. Se battre contre Eddie était vrai plaisir pour Valentina, le jeune blond était très doué, et ne se laissait pas avoir facilement, elle pouvait donc se donner à fond. Fenella quant à elle avait encore insisté pour que David Lloyd fasse équipe avec elle, et, à l'agréable surprise de Valentina, avait le dessus sur le jeune homme la plupart du temps. Ses progrès avaient été fulgurants. Harry l'ayant lui aussi remarqué, ne se gêna pas de féliciter généreusement Fenella, qui, dès que leur jeune professeur eut le dos tourné, lui fit une grimace, que Valentina traduisit par « Ben oui, je suis une Poufsouffle, à quoi il s'attendait le Gryffondor ? » ou quelque chose dans le genre. Cependant, Valentina surprit son amie à sourire fièrement quand personne ne la regardait. Elle avait commencé à apprécier Harry, mais pas de là à l'afficher publiquement, il restait un Gryffondor tout de même.
L'atmosphère de la Salle sur Demande était bouillonnante. Chaque jeune sorcier, qu'il soit Gryffondor, Serdaigle ou bien Poufsouffle, s'entraînait avec véhémence. Sans aucun doute, les récentes nouvelles avaient avivé la combativité de beaucoup d'entre eux. Valentina remarqua que c'était particulièrement le cas de la famille Weasley. Ron, Ginny, George et Fred avaient chacun une lueur volcanique dans leur regard. Valentina se remémora alors la lettre que Fred lui avait envoyé avant les vacances. Cette rage de vaincre, ce mordant qui les prenaient était sûrement dû à l'attaque que leur père avait subie en décembre dernier.
À la fin de la séance, les élèves prirent le temps de disposer des coussins par terre pour bavarder un peu. Certaines amitiés s'étaient formées entre différents membres des différentes maisons présentes, et avec le stress de la rentrée et l'agitation se faisant sentir dans le monde des sorciers, certains n'avaient pas vraiment eu le temps de discuter et de se raconter leurs vacances. Les conversations allaient de bon train, on parlait les évadés, de Sirius Black, ou bien encore, des nouveaux décrets d'Ombrage.
« Tina ! »
Valentina, qui était assise avec Eddie, Fenella, Angelina et quelques autres Gryffondors, se retourna. Fred s'avançait vers elle, agitant deux enveloppes brunes de sa main droite.
« J'ai reçu les réponses de mon père et de mon frère, dit-il en s'asseyant à côté d'elle. »
Fenella et Eddie se retournèrent à leur tour. Ils s'écartèrent un peu du reste du groupe, et Fred commença à ouvrir les enveloppes. Il tendit la première à Valentina.
Cher Fred,
Je serais ravi d'aider ton amie à trouver un stage au ministère, c'est une bonne initiative et une jolie occasion d'acquérir de l'expérience.Je connais bien Awstin Lloyd, et même si son talent dans son domaine est indéniable, je dois te conseiller de réfléchir sérieusement avant d'aller plus loin, car cet homme a commis l'irréparable par le passé.Je sais qu'il n'est pas très professionnel de ma part de mêler mes impressions personnelles sur M. Lloyd à cela, mais je ne voudrais pas que ton amie soit associée à ce genre de personne, pour son propre bien.
À la place, je lui recommanderais plutôt Mme D. Spencer. Elle travaille, comme M. Lloyd, au Département de la Justice Magique, Service administratif du Magenmagot, et est une sorcière très compétente. Tu trouveras sa carte professionnelle dans l'enveloppe.
Prends soin de toi et de tes frères et sœurs,
A. Weasley
« Eh ben, il n'a pas l'air d'être un enfant de cœur, cet Awstin Lloyd, fit Fred. »
Valentina fit signe à Fred de parler plus bas, vérifiant que David Lloyd se trouva assez loin pour ne pas les entendre. Elle passa la lettre à Fenella pour qu'elle puisse la lire.
« Et voici la réponse de mon frère. Quel con je te jure. »
Valentina prit la lettre que Fred lui tendait.
Mon cher Fred,
Je dois dire que ta demande m'a pris de court. Je ne m'attendais pas à ce que tu cherches à en savoir plus sur M. Lloyd, mais il semble que tu sois enfin prêt à t'intéresser aux personnes sachant réellement comment le monde magique fonctionne. Sache que M. Lloyd est sans conteste l'un des esprits les plus brillants et les plus respectés du Ministère. Ses compétences et sa connaissance dépassent de loin celles de la plupart de nos collègues.
Je t'encourage à communiquer ces informations à ton amie sans trop de tergiversations. C'est une opportunité que peu auraient la chance d'avoir, et je doute que des avis erronés et datés soient suffisants pour le remettre en question. Tu trouveras ses coordonnées au dos de cette lettre.
Je t'invite à dépasser les préjugés et à observer le monde avec un peu plus de clairvoyance. Je suis persuadé qu'un jour, tu comprendras l'importance de juger par toi-même et non par des opinions de seconde main.
Bien à toi,
Percy
« Du Percy tout craché, fit Fred avec une pointe de dégoût. »
Fenella ne remarqua pas Valentina lui passant la deuxième lettre. Elle passait en revue la première, essayant de lire entre les lignes du mieux qu'elle pouvait.
« Merci d'avoir joué le jeu Fred. C'est très gentil de ta part, fit Valentina, adressant une sourire au principal concerné.
- Oh, ce n'est rien, tout pour tes jolis yeux Tina, répondit-il avec un sourire malicieux. »
Valentina lui répondit par une grimace en tirant la langue. Cela cacherait, espérait-elle, le battement que son cœur avait loupé à la vue du sourire du jeune homme. Il y avait décidément quelque chose qui ne tournait pas rond chez elle. Fred rigola, amusé. Il n'avait rien remarqué du petit rougissement naissant sur les joues de Valentina. Son honneur était sauf.
« Au fait, comment va ton père ? demanda-t-elle.
- Mieux. Il est sorti de l'hôpital, mais doit toujours se reposer. C'est une sacrée attaque qu'il a subie. »
Sentant l'inquiétude dans la voix du jeune homme, Valentina décida de changer de sujet de conversation. Essayant de remonter le moral de Fred, elle lui parla de son petit frère et de comment il avait fini par avaler les pralines longue-langue, ce qui l'amusa beaucoup. Ils discutèrent tous les deux longuement de tout et de rien, ne remarquant pas que la salle s'était déjà complètement vidée autour d'eux.
Bonjour jeune moldu! Tu viens de terminer le dernier chapitre disponible de mon histoire et je t'en remercie. Ne t'inquiète pas, le prochain chapitre sera posté prochainement. Si tu as aimé, n'hésite pas à me dire ce que tu en as pensé, ou bien à voter pour ce chapitre pour m'encourager!
