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Il avait cru s'échapper. Il avait cru trouver de l'aide auprès de Yugi et ses amis. Mais Kemo l'avait rattrapé, bâillonné et emmené avec lui pendant les quelques secondes où ceux qui avaient promis de l'aider regardaient ailleurs. Il l'avait ramené dans le château, dans un cachot froid, sombre. Il s'était débattu mais n'avait pas réussi à empêcher Kémo de lui attacher deux chaînes autour des chevilles pour le maintenir à proximité du mur. Il avait froid. Soif. Mal. Peur aussi. Mais il savait que son frère viendrait le chercher. Dans quelques heures, quelques jours, son frère viendrait l'arracher d'ici.
La grille s'était ouverte et il avait sursauté. De surprise, mais aussi d'espoir de voir Seto. Mais Kémo était entré. Il s'était tassé contre le mur du cachot – seul endroit contre lequel les chaînes l'autorisaient à se blottir. Kémo l'avait soulevé par le col, insulté, frappé et Makuba avait rapidement arrêté d'essayer de se protéger. Il était retombé, prostré sur le sol et, alors que les coups continuaient à tomber, une pensée s'imposa dans son esprit. Un jour, son frère également entrerait dans la cellule pour le protéger et massacrer Kémo. Et cette certitude omniprésente atténuait la douleur. Un peu.
Il était encore étendu sur le sol quand la grille s'était rouverte. Il s'était crispé instinctivement. Pas encore, pas maintenant. Il avait encore trop mal pour supporter d'autres coups. Mais Pégasus s'était accroupi à côté de lui et lui avait proposé de l'eau. Il n'avait hésité qu'une seconde avant d'accepter le verre qu'il avait descendu d'une traite, apaisant à peine sa gorge desséchée. Pégasus lui avait assuré qu'il n'avait pas à avoir peur de lui. Pas s'il obéissait, pas s'il lui faisait confiance. Le regard de Makuba était resté méfiant. Pégasus était reparti avec le reste de la bouteille d'eau.
Il ne s'était pas relevé du dernier passage de Kémo. Il était resté étendu sur le sol, dans la position qui appuyait le moins sur le bleu qui grossissait au niveau de sa cheville. Il avait dû finir par s'endormir. Quand il s'était réveillé, Pégasus était à côté de lui et lui proposait de l'eau tout en posant de la glace sur sa cheville. La douleur s'était atténuée, il avait pu s'asseoir, boire, écouter Pégasus répéter qu'il n'avait pas à le craindre. Il aurait presque pu y croire – s'il n'y avait pas eu les chaînes qui compressaient sa cheville blessée.
Mon frère viendra me délivrer. Tant pis si cette phrase avait dissuadé Pégasus de le laisser boire, cette fois-ci. Seto ne l'abandonnerait jamais et Pégasus ne le ferait pas céder. Il ne lui obéirait pas. Il ne le laisserait pas contrôler la Kaïba Corp par son intermédiaire. Même si Pégasus était la seule personne qui ne venait pas ici pour lui faire mal. Même s'il commençait à soupirer de soulagement quand il voyait que c'était lui qui entrait dans la cellule. Même si, en comparaison de Kémo, il appréciait beaucoup trop la compagnie de quelqu'un qui ne le frappait pas.
Il avait à nouveau rouvert le collier qui contenait la photo de son frère. Il en avait de plus en plus besoin, ces derniers temps. Pas pour se persuader qu'il viendrait le chercher, non. Ça il n'en doutait pas. Mais pour se souvenir de lui. Pour se souvenir de sa voix, de son ton calme et rassurant. Se souvenir de la façon dont il aurait été traité avec lui. Se persuader que ce que Pégasus faisait n'était pas normal. Se rappeler qu'il ne devait pas l'apprécier, s'accrocher à ses paroles rassurantes. Se souvenir qu'il ne devait pas lui faire confiance.
Il avait craqué. Il était arrivé plusieurs fois qu'il ne se relève pas physiquement des passages à tabac de Kémo. C'était la première fois qu'il ne s'en relevait pas psychologiquement. Qu'il fondait en larmes devant Pégasus en le suppliant d'arrêter et de détacher ses chaînes. En lui promettant qu'il obéirait, qu'il ferait ce qu'il voudrait tant qu'il le faisait sortir d'ici. Pégasus lui avait promis qu'il faisait des progrès et qu'il pourrait sortir, bientôt, tout en passant une main dans ses cheveux pour le consoler. Aussitôt, Makuba s'était haï lui-même. Pour avoir craqué. Pour avoir beaucoup trop apprécié ce geste.
Il avait perdu, il le savait. La photo de Seto dans son collier lui apportait toujours du réconfort. La certitude qu'il viendrait le chercher, moins qu'au début. Le souvenir de lui, presque plus du tout. Il pouvait se souvenir de sa voix, de son attitude envers lui et se souvenir que ça n'avait rien à voir avec Pégasus. Il ne pouvait pas se souvenir des gestes affectueux de réconfort pour les comparer à ceux de Pégasus. Seto n'avait jamais été tactile. Pégasus, si, et sa présence était le seul réconfort qu'il avait. Il s'était attaché à lui. Il avait perdu.
Makuba. Il n'avait pas relevé la tête en entendant quelqu'un approcher, mais la voix de Seto l'avait fait sursauter. Son frère était là, de l'autre côté de la grille, son regard choqué posé sur lui. En quelques mots, pour lui assurer que tout irait bien, pour lui interdire de bouger et de se blesser sur les chaînes, il lui rappelle ce que Pégasus lui faisait oublier. Pourquoi il avait toujours cru en lui, pourquoi il lui faisait confiance plus qu'à quiconque. Pourquoi rien de ce que faisait Pégasus n'était acceptable. Et une part de lui a honte d'avoir autant douté.
Il s'était réveillé en sursaut. Il avait encore fait un cauchemar. Il se reblottit contre son frère. A force de se réveiller en hurlant en permanence, Seto avait fini par dormir avec lui pour le rassurer. Seto était resté près de lui depuis leur retour. Pour le soigner. Pour lui assurer qu'il ne pouvait rien face à Pégasus, qu'il avait été torturé et que personne n'aurait pu résister à un tel traitement. Pour lui faire tous les câlins qui lui avaient trop manqué. Pour lui assurer qu'il ne laisserait plus jamais quelqu'un poser la main sur lui ou les séparer.
En espérant que ça vous ait plu !
Si vous vous posez la question par rapport au titre... Oui, chaque paragraphe fait 100 mots tout rond. Le format m'a un peu bloquée pour dire tout ce que j'aurais eu à dire sur le sujet, mais j'espère avoir fait ressortir le principal ?
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