Cette fic est écrite dans le cadre de la 152ème nuit écriture du FoF (Forum Francophone) pour le thème "Queue". Le FoF est un forum regroupant tous les francophones de ffnet où l'on peut discuter, demander de l'aide ou s'amuser entre nous. Le lien se trouve dans mes favoris. Rejoignez-nous !
Note : Ce texte n'aborde que de très loin le sujet d'une queue. Ce thème m'a fait penser à l'expression "un chien qui court après sa queue" et le chien m'a fait penser au Joey/Kaïba et... Et j'en ai profité pour écrire une vieille idée qui me traînait dans la tête depuis un moment. J'espèce que ça vous plaira !
Makuba soupira de découragement et laissa sa tête retomber sur le bureau de son frère dès l'instant où la personne que Seto recevait quitta la pièce.
- Je t'en prie Seto, dis-moi que tu ne vas pas m'imposer ce guignol ? Je n'ai pas compris la moitié de ce qu'il a dit…
- Non il m'insupportera bien avant toi je pense, confirma Kaïba qui était resté correctement assis mais dont le regard trahissait la même lassitude.
- Je t'avais dit que c'était une idée stupide, je n'ai pas bes…
- On te trouvera quelqu'un, que tu le veuilles ou non. A moins que tu ne préfères rester enfermé à la Kaiba Corp quand je ne suis pas là pour t'escorter ?
Makuba grommela mais ne répondit rien. Deux semaines plus tôt, alors que Makuba était dans une voiture de la Kaiba Corp en compagnie de Rolland et de leur chauffeur, ils avaient été attaqués par un gang armé qui avait tabassé et laissé évanouis les deux adultes avant d'enlever Makuba. Ils avaient forcé Seto à leur payer une rançon considérable contre sa libération et, si Makuba n'avait pas été particulièrement maltraité, Seto avait déclaré qu'il lui embaucherait désormais deux gardes du corps pour veiller sur lui en permanence. Makuba avait protesté avec force et pendant plusieurs jours mais Seto était resté inflexible et son frère n'avait pu que négocier le droit d'assister également aux entretiens d'embauche pour donner son avis sur les personnes que son frère recevrait. Si trouver des postulants n'avait pas été compliqué, son frère ayant délégué les recherches à plusieurs cabinets de recrutement spécialisés en sécurité, trouver des postulants acceptables relevait cette fois-ci de l'impossible. Après avoir éliminé plusieurs brutes qui savaient mieux cogner qu'articuler trois mots à la suite, remercié un certain nombre de vantards affirmant être invincibles mais dont Seto ne doutait pas que lui-même pourrait les mettre par terre en une seconde et réalisé que les quelques bons candidats reçus avaient des liens avec les entreprises concurrentes de la Kaïba Corp, il avait désespéré de rencontrer enfin quelqu'un à même d'assurer ce qu'il jugeait être une tâche simple : Assurer la sécurité de son frère.
Makuba avisa la pile de CV posés sur le bureau de son frère et fronça les sourcils.
- On a vraiment rencontré autant de monde en trois jours ?
- Non, j'ai fait un tri. Je ne les ai pas tous recontactés. Par contre oui, on a rencontré tous ceux que j'avais sélectionnés.
- Je peux jeter un œil à ceux que tu avais refusé de voir ?
- Si ça t'amuse…
Seto lui tendit une pile de papiers et s'appuya plus confortablement contre le dossier de son fauteuil en fermant les yeux de lassitude. Il les rouvrit quand Makuba lâcha une exclamation surprise devant l'une des feuilles.
- Joey avait postulé ?! s'étonna Makuba en reconnaissant la photo et le nom sur le CV.
- Le cabinet de recrutement m'a envoyé son CV, je ne suis pas sûr qu'ils lui aient donné le nom de notre entreprise dans un premier temps. Il a été le premier que j'ai écarté. Tu mérites mieux qu'un clébard tout juste bon à courir après sa queue.
- Mais… Enfin je sais que tu ne l'aimes pas, mais il serait tellement parfait ?! Même sans être payé pour ça, il m'avait protégé au Royaume des Duellistes… Et il a une petite sœur qui avait été menacée à Bataille Ville, il sera super bien placé pour comprendre ce que tu attendras de lui et…
- Et il a un passé plus louche que tous les autres candidats réunis, trancha Kaïba. Ne pense pas que je l'ai rejeté uniquement parce que je ne l'aime pas, je me suis donné la peine de me renseigner sur lui comme pour les autres. Il a passé son adolescence à traîner avec les pires gangs mafieux de la ville.
- Mais du coup il les connaît ! protesta Makuba. Il connaît leurs modes opératoires, leurs territoires, les endroits et personnes qu'il vaut mieux éviter ! S'il connaissait les brutes qui m'ont enlevé la dernière fois il aurait peut-être même pu négocier avec eux bien plus efficacement que toi !
Seto soupira de lassitude :
- S'il te plaît Makuba, ne rends pas cette journée encore plus compliquée qu'elle ne l'est déjà. Je refuse de confier ta sécurité à Wheeler, un point c'est tout.
- Et je me sentirai bien plus en sécurité avec lui qu'avec n'importe lequel des types qui ont défilé ici aujourd'hui, répondit sincèrement Makuba.
Un silence pesant tomba et Makuba comprit que Seto avait été touché par sa sincérité.
- Écoute, grand frère. Tu l'as dit, cette journée a été suffisamment pourrie comme ça, je comprends qu'appeler un mec que tu détestes et que tu as passé ta vie à traiter comme un chien est au-dessus de tes forces. Mais juste, s'il te plaît, réfléchis-y si on ne trouve personne de mieux dans la semaine à venir ?
Seto resta impassible quelques secondes avant d'acquiescer d'un hochement de tête.
- Très bien. Je vais au moins y réfléchir, c'est promis.
Une semaine plus tard, Seto était toujours d'une humeur aussi massacrante mais s'était résigné. Il n'avait toujours pas d'autre solution, les cabinets de recrutement étaient à court de CV à lui envoyer et la détermination de Makuba n'avait pas flanché. La mort dans l'âme, Seto s'était résigné à appeler Joey et lui proposer un entretien. Si Joey avait semblé surpris en comprenant que c'était à la Kaiba Corp que son CV avait été envoyé, il l'avait plutôt bien pris et avait accepté sans broncher l'horaire que Kaïba lui avait proposé, dès le lendemain – autant en finir au plus vite. Alors que Seto notait qu'il ne lui restait plus que quelques minutes avant l'heure de son entretien, sa secrétaire l'appela pour l'informer que Joey était déjà là.
- Il est ponctuel, nota Makuba à côté de lui.
Seto se répondit que par un grognement et son air renfrogné s'accentua quand la secrétaire fit entrer Joey dans son bureau. Il était habillé d'une chemise blanche et d'un pantalon noir. Ni veste, ni cravate. Un style à la fois respectueux, habillé mais discret. Makuba lança à Seto un regard lourd de sous-entendus et, même s'il détestait l'admettre, Kaïba savait ce qu'il pensait : Joey s'était rendu disponible rapidement, il était ponctuel, il était habillé correctement, et ces trois faits pourtant relativement banals suffisaient à faire de lui quelqu'un de bien mieux placé que les trois quarts des personnes qu'il avait déjà rencontrées.
- Bonjour, les salua Joey avec un hésitant.
A nouveau, Seto n'eut pas de mal à deviner ce qui lui passait par la tête. Il serait censé les appeler Messieurs, les vouvoyer, et ils savaient tous les trois qu'il ne serait pas crédible trois secondes s'il essayait. Après une dernière seconde d'hésitation, Kaïba soupira :
- Bonjour Joey. Assieds-toi. Et ne t'embarrasse pas à nous vouvoyer, inutile de rendre ça encore plus compliqué que ça ne va l'être.
Joey acquiesça et le remercia d'un sourire avant de prendre place pendant que Kaïba s'emparait de son CV.
- Je ne te cache pas que seule la détermination de Makuba t'a permis d'être reçu ici, c'est donc moi que tu vas devoir convaincre si tu veux ce poste. Qu'est-ce qui t'a motivé à contacter ce cabinet de recrutement pour chercher un emploi dans le domaine de la sécurité ?
- J'avais besoin d'un travail pour lequel j'avais déjà des compétences, qui ne nécessiterait pas plusieurs mois de formation. J'avais déjà fait des petits boulots comme videur ou agent de sécurité dans des bars, ça ne m'avait pas déplu et mes patrons semblaient contents de moi, j'ai donc continué sur ma lancée.
- Tu aurais les références des patrons en question ? demanda Kaïba en s'emparant d'un papier et un crayon.
Joey les lui dicta et, quand Kaïba eut fini d'écrire, il reprit :
- Et en tant que garde du corps personnel ? Ce serait ta première expérience, si j'ai bien suivi ?
- Employé comme tel, oui. Mais ce n'est pas un domaine qui me fait peur, j'ai déjà dû intervenir plusieurs fois pour protéger quelqu'un, que ce soit Yugi au lycée ou Makuba au Royaume des Duellistes. Être payé pour ça ne changera pas grand-chose à mes motivations.
Makuba lança à Seto un regard signifiant clairement « je te l'avais dit » et Kaïba soupira :
- Donne-moi une seule raison de confier la sécurité de mon frère à quelqu'un qui a traîné dans les pires gangs de Domino pendant sa jeunesse.
Joey haussa les sourcils de surprise, ne semblant pas s'attendre à ce que Kaïba ait autant fouillé dans ses antécédents, et il prit quelques secondes de réflexion avant de demander d'un ton méfiant :
- Est-ce que c'est une question rhétorique et ton avis sur moi est déjà fait ou est-ce que j'ai vraiment encore une chance de te convaincre ?
- Oh, mon avis sur toi est fait depuis des années, soupira Kaïba, mais tu as encore une chance que je te considère comme le candidat le moins stupide et dangereux de tous ceux que j'ai pu rencontrer. Je t'écoute, donc ?
Joey soupira légèrement avant de répondre :
- Oui, j'ai traîné parmi les pires gangs de la ville. Je ne peux que te jurer que c'est du passé et que je n'ai plus rien à voir avec eux aujourd'hui. Je sais qu'il ne sera pas objectif mais Yugi pourra en témoigner si tu tiens tant que ça à avoir des avis extérieurs. La dernière fois que j'ai eu affaire à eux, c'était quand ils avaient attaqué Yugi et que j'ai mis par terre la moitié d'entre eux. Autant te dire que je ne risque pas de retourner les voir de sitôt, ce serait signer mon arrêt de mort. Et de la même façon, si tu me confies la sécurité de ton frère, je m'opposerai de toutes mes forces à ce qu'il aille traîner sur leur territoire, ce sera bien trop dangereux.
- Et supposons que, pour une quelconque raison, Makuba soit tout de même obligé d'aller là-bas ? Quelle sera ta réaction ?
Joey sembla sincèrement réfléchir à la question avant de répondre :
- Je te demanderai de prendre au moins temporairement d'autres gardes du corps. Et deux voitures. Ils sont balèzes mais ils ne se déplacent qu'à pied et manquent souvent de jugeotte. S'ils nous attaquent, on pourra mettre Makuba dans une voiture qui aura ordre de foutre le camp pendant que les autres gardes et moi nous les retiendront.
- Je croyais que ce serait du suicide pour toi de les affronter ? nota Kaïba avec un sourire, semblant satisfait d'avoir réussi à le piéger.
- Ça en sera probablement. Mais la sécurité de Makuba sera ma priorité, ça l'a déjà été plus d'une fois alors que je n'étais pas payé pour ça, ça n'a pas de raison de changer après.
Le sourire de Kaïba disparut devant la sincérité de Joey et il resta dubitatif quelques secondes avant de soupirer :
- Très bien. Dans tous les cas, en tant qu'employeur ce sera mon boulot de faire en sorte qu'aucun de vous deux ne se retrouve dans ce genre de situation.
A côté de lui, Makuba semblait également avoir été choqué par le sous-entendu selon lequel Joey serait prêt à mourir pour lui et son regard penaud fixait ses chaussures. A cet instant, Kaïba sut que Joey serait définitivement le meilleur candidat possible. Pas pour ses connaissances du terrain ni ses capacités à se battre, juste parce qu'il serait le seul garde du corps auquel Makuba tiendrait bien trop pour l'obliger à prendre des risques inutiles. Pourtant, une part de lui se refusait encore catégoriquement à engager Joey Wheeler, l'homme avec qui il s'était le plus insulté et provoqué lors de ces cinq dernières années. Il connaissait son tempérament fougueux, il savait qu'il donnait en ce moment-même tous les efforts dont il était capable pour se montrer aussi poli et professionnel.
- En supposant que je consente à te proposer ce poste, tu es sincèrement sûr de parvenir à rester aussi calme et… Respectueux, notamment avec moi, qu'aujourd'hui ? A mes yeux, tu resteras toujours un chien en train d'aboyer sur tout et n'importe quoi et je ne tolérerai pas que ton comportement nuise à la réputation de la Kaïba Corp.
- Je croyais que c'était précisément ce que tu recherchais, un chien de garde ? nota Joey avec un sourire amusé.
Sa répartie laissa Seto stupéfait, bien qu'amusé, et Joey reprit :
- Plus sérieusement… Je ne te cache pas que mes sentiments pour toi et notamment si tu continues à me traiter de chien ne varieront pas. Peu importe le fait que tu sois celui qui me paye, ne t'attends pas à ce que je me laisse insulter sans rien dire. Mais s'il n'y a que ça pour te faire plaisir, je te promets d'attendre qu'on soit seuls pour te dire tout ce que je penserais de toi. Et que rien de ce que tu pourrais me dire ne me donnera envie de négliger la sécurité de ton frère pour autant.
A ses côtés, Makuba lança à Seto un regard signifiant clairement « Il te faut quoi de plus ? ». Kaïba soupira lentement mais finit par acquiescer.
- Tu commences lundi et tu n'as pas intérêt à me décevoir.
En espérant que ça vous ait plu !
Si c'est le cas, n'hésitez pas à me le préciser : J'hésitais à créer un nouveau recueil sur cette thématique de Joey comme garde du corps de Makuba. Je l'ai posté ici pour ne pas créer une nouvelle fic sans savoir si j'aurais l'inspiration de la continuer, mais si c'est le cas et que l'idée vous tente, n'hésitez pas à le préciser !
