Hellooo-ooo !
Comment ça va ? Vous vous êtes remis du chapitre précédent j'espère ? :p
Merci pour vos petites reviews, ajouts en favoris, follows... et les vues ! ça fait toujours plaisir :)
Sans attendre une seconde de plus, bonne lecture !
Chapitre 27
Je passais le reste de ma semaine d'arrêt "maladie" chez Gin, à sa demande. Il avait prétendu que c'était pour veiller à ce que je me rétablisse complètement, ce qui avait fait ricaner Awa. En réalité, je me sentais en pleine forme.
J'avais raconté à mon nouvel amant le combat qui s'était déroulé dans mon monde intérieur, alors que je méditais avec Kotetsu-san. Lui n'était arrivé au terrain que quelques minutes avant mon évanouissement. Le capitaine Unohana l'avait alerté par papillon de l'Enfer, elle-même prévenue par une voie de la liaison de Kotetsu en urgence : dès que mon combat intérieur avait commencé, mon réiatsu avait progressé, d'abord de façon lente, puis démesurée, ce qui avait beaucoup inquiété la Vice-Capitaine. Il avait continué à grandir jusqu'à qu'il dépasse les limites que j'avais réussi à atteindre avec le Capitaine Unohana. Puis, tout s'était arrêté, et c'est là que j'étais revenue à moi.
De mon côté, tout était parfaitement normal, et je ne me sentais pas différente. Seule Awa, dans mon esprit, avait changé d'apparence. Son côté rouge avait entièrement disparu, et les chaînes avec. Elle était presque aussi transparente que les bulles. Je ne la distinguais que grâce aux effets de lumière et des reflets des bulles présentes dans mon monde intérieur. Mais cela, je n'en avais parlé à personne. La forme que prend le zanpakuto dans le monde intérieur ne regarde que son shinigami, et je tenais à ce que ma relation avec Awa redevienne privée le plus rapidement possible.
Pour cela, je méditais tous les jours. Ma relation avec Awa était excellente, et j'avais repris des exercices d'entraînement durant l'absence de Gin, qui avait bien dû retourner à son bureau. J'en avais profité pour faire des allers-retours chez moi, portant un masque pour donner le change au cas où je croiserais quelqu'un. Mon cœur se serra lorsque je vis plusieurs messages et attentions de la part de Kandi et Yû, et je m'en voulais de les avoir laissés sans nouvelles si longtemps. Je me promis de tout leur raconter dès mon retour officiel à la division.
Je n'utilisais mon reiatsu qu'en la présence de Gin. D'après lui, mes capacités étaient inchangées. Il en avait d'ailleurs profité pour me taquiner à propos de mon soi-disant bankai au moins un millier de fois. Je profitais au maximum de ces leçons privées. L'envie de mieux comprendre et développer mes pouvoirs me démangeait. Après tout, je ne savais pas encore comment j'avais pu sauver Yû des blessures infligées par ce hollow lors de notre première mission ensemble… Mais Gin se concentrait sur mes capacités offensives. Awa m'aidait à patienter.
Il veillait toujours à poser une barrière pour camoufler nos énergies spirituelles et n'éveiller aucun soupçon. Son enseignement était alors plus sévère que lors des entraînements collectifs auxquels j'avais pu participer, avant de devoir m'isoler. En réalité, je ne m'étais jamais entraînée aussi durement, même avec lui, mais il était bien plus patient et pédagogue que par le passé. Ses conseils étaient précieux et je progressais plus que ce que j'espérais.
Une fois l'entraînement terminé, nous nous lavions ensemble, ce qui finissait souvent par déraper, malgré nos bleus et nos courbatures. J'avais faim de lui et de sa peau comme je ne l'avais jamais ressenti. Son désir pour moi semblait insatiable, et je ne m'en lassais pas non plus. Notre relation avait radicalement changé après ces sept années de tâtonnement. Gin avait l'air plus apaisé et moi, j'étais carrément sur un petit nuage. Nos disputes et autres non-dits me semblaient lointains et ridicules, à présent. Nos discussions étaient légères, et nous riions beaucoup, nous taquinant sans cesse. Je n'avais jamais été aussi heureuse. Il ne me manquait plus que de retrouver Kandi et mes collègues pour me sentir complète. J'avais hâte de pouvoir goûter à une vie normale. Le travail me manquait !
Cependant, j'accueillais la fin de la semaine avec des sentiments mêlés. J'avais hâte de retrouver mon chez-moi et mes petites habitudes, mais j'appréhendais de dormir sans Gin et sa présence dans mon dos. Je m'étais habituée à lui en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Surtout, je craignais qu'une fois notre bulle cassée, nous ne puissions pas la retrouver. Aussi, la veille de ma reprise, et avant de rendre une petite visite obligatoire à la quatrième, je rassemblai mes affaires dans mon sac de voyage avec la boule au ventre, puis je m'assis sur le canapé en attendant mon Capitaine. Nous avions pris l'habitude de manger ensemble le midi, mais mon rendez-vous était prévu pour treize heures. Quelle poisse. Je n'allais quand même pas partir sans lui dire au revoir. J'étais tellement plongée dans mes pensées que je n'entendis pas la porte s'ouvrir.
-Euh, ça va ?
Je me retournais en sursautant. Gin était figé dans l'encadrement, le regard tourné vers mon sac. Je vis son expression se fermer, lentement mais sûrement.
-Je, oui. Oui, ça va. C'est juste que je ne voulais pas rentrer chez moi sans te dire au revoir et je…
Gin eut l'air soulagé. Il entra en poussant un léger soupir.
-Pfff, Hana, ne me fais plus de frayeur comme ça, s'il te plaît.
Je haussais un sourcil et me levai pour me mettre à sa hauteur.
-Une frayeur ? Quelle frayeur ? m'étonnai-je.
Gin grommela et se contenta de répondre :
-Tu veux que je te raccompagne ?
Je ne répondis pas tout de suite et je croisai les bras. Il poussa un soupir à fendre l'âme. Soudain, une idée germa dans mon esprit, et j'ouvris grand la bouche, choquée par cette éventualité.
-Tu ne croyais quand même pas que je… que c'était fini ?
Gin leva les yeux au ciel puis se détourna pour échapper à mon regard inquisiteur. Je ne pouvais pas le croire !
-Gin ? insistai-je.
-Je me doute bien que tu ne partirais pas comme ça, c'est juste que je t'ai vue avec ton sac et ton expression… pendant une seconde, j'ai cru que tu avais changé d'avis, lâcha-t-il du bout des lèvres.
Je dus me retenir d'éclater de rire. Le grand, l'énigmatique, l'effrayant Capitaine de la troisième division avait eu peur que je le largue ? C'était tout bonnement impensable.
-Il va bien falloir que je rentre chez moi à un moment donné, tu sais, dis-je avec un sourire au coin des lèvres.
J'attrapai mon amant pour le retourner face à moi. Il boudait. Awa se marrait comme pas permis. Et son rire était contagieux. L'expression de Gin se renfrogna plus encore. Il était adorable. Et toi t'es niaise c'est insupportable ! Je me mis sur la pointe des pieds et passais mes bras autour de sa nuque pour le forcer à se pencher, avant de poser délicatement mes lèvres sur les siennes. Il répondit à mon baiser chastement, puis le rompit avant de me serrer contre lui. Je me fondis dans son étreinte et fermais les yeux en respirant son odeur. Nous nous détachâmes l'un de l'autre comme à regret.
-Tu peux me raccompagner bien sûr, et même revenir ce soir, mais sache que j'ai envoyé un papillon de l'Enfer pour inviter Kandi à dîner et que si elle nous voit ensemble, elle va nous harceler de questions…
Ma remarque le fit rire, mais, une fois de plus, il ne répondit pas.
-Tu veux garder ça pour nous ? insistai-je.
-Comme si tu n'allais pas te précipiter de tout raconter à ta meilleure amie, me nargua-t-il. Cela ne me dérange pas. Mais je préfère que la division ne le sache pas, en tout cas pas pour le moment.
Je hochai la tête, j'étais totalement d'accord. Je n'avais pas la moindre envie de supporter les regards et autres rumeurs de mes collègues, et encore moins de tout le Gotei 13. Déjà que lorsque j'étais sorti avec ce crétin d'Hiraoku alors que j'étais encore étudiante, ça avait jasé parce qu'il était dans une classe supérieure, puis parce qu'il était soldat et moi en sixième année, alors si on apprenait que je sortais avec un Capitaine…
-Bien, si tu dois partir de suite, je retourne au bureau. On se voit demain, de toute façon, conclut-il avant de m'embrasser une dernière fois.
Je le quittai le cœur léger et avec des papillons dans l'estomac. Je n'arrêtais pas de sourire et je dus me reprendre car je croisais d'autres shinigamis qui me regardaient d'un air franchement étonné, voire suspicieux. Après tout, j'étais censée sortir d'une grosse grippe !
J'avais l'impression de n'avoir pas vu mes collègues depuis des années, entre l'envoi dans le monde réel, l'entraînement privé de Gin qui m'avait pris tout mon temps libre, puis mon passage à la quatrième et enfin ma convalescence. J'avais eu assez d'action pour dix ans, au moins ! A présent, il me tardait de revenir à ma routine adorée, partagée entre le bureau, les missions, les entraînements, et mes amis. Bon, il allait falloir que j'arrive à caser Gin quelque part tout en ayant le temps de dormir… Ce qui n'est pas une mince affaire avec lui, n'est-ce pas ? hinhinhin. Je levai mentalement les yeux au ciel. Awa ricanait tel un démon dans mon esprit. Tu pourrais être heureuse pour moi un peu ! m'agaçai-je. Mais je le suis, ma shinigamie ! Maintenant que nous sommes enfin débarassées de tout danger mortel et que ton cœur est tout mielleux, nous allons pouvoir passer aux choses sérieuses ! Si tu me parles encore de Bankaï, je te jure que je- Mais non, pas le bankai, juste développer tes pouvoirs ! Enfin, mes pouvoirs. Nos pouvoirs. Oui, bref. Je pourrais pas être tranquille deux minutes ? Tu crois que les hollows attendent de connaître les dates de tes congés payés avant d'attaquer ? Non madame, alors dès demain au boulot, et plus vite que ça ! Je suis shinigamie depuis moins d'un an et je sais déjà libérer mon shikaï je te signale ! Certes, mais tu ne connais aucune de mes attaques spéciales, jolie fleur. Et puis, il serait temps de te diversifier, y a pas que l'offensive dans le combat. Oh. Bah oui, "ôh !" ironisa-t-elle. Heureusement que j'ai un cerveau pour deux, sinon tu te servirais de moi pour ouvrir tes bocaux je parie !
Agacée de me faire enguirlander par mon zampakuto - qui était une partie de mon âme ET de mon cerveau pour celles et ceux qui auraient besoin d'un rappel, j'arrivais chez moi et envoyai valser mes affaires plus que je ne les rangeai, puis je me précipitai à la quatrième, tout en mangeant rapidement un sandwich sur le chemin.
HhHhHhHhHhHhHhHhH
Le hall de la quatrième était bondé. Plusieurs shinigamis, avec des blessures plus ou moins profondes, mais non létales, attendaient, certains allongés mais conscients, d'autres assis à même le sol. Il y avait également des âmes non shinigamies, qui attendaient, le visage ravagé par l'inquiétude, demandant des nouvelles de leurs proches. Les infirmiers qui les prenaient en charge semblaient dépassés. Je hélai un infirmier qui passait proche de moi :
-Que se passe-t-il ?
Il me regarda de haut en bas, puis, comprenant que je n'étais pas blessée, me répondit comme si j'étais une demeurée :
-Les blessés affluent depuis deux jours, à cause des attaques !
-Les attaques ?, répétai-je sans comprendre.
Il prit un air profondément agacé.
-Je peux savoir ce que vous faîtes ici ?
-J'ai rendez-vous avec le Capitaine Unohana, répondis-je sur le même ton.
- Laissez, infirmier, je m'en occupe.
La Vice-Capitaine était intervenue. Des cernes creusaient son beau visage, et un léger pli barrait son front. Elle avait l'air soucieuse. L'homme qui m'avait répondu hocha la tête et s'inclina rapidement face à sa supérieure, puis il s'éloigna sans un regard pour moi.
La Vice-Capitaine me reçut et me fit patienter dans une petite pièce non loin du bureau de la Capitaine. Cette dernière était en salle d'opération. Une horde de hollows avait attaqué l'un des districts commerçants du Rukongai, pas si loin du Seireitei, m'effarai-je, et plusieurs shinigamis, notamment de la onzième division, avaient été grièvement blessés. Cela durait depuis deux jours. C'étaient des hollows, semblait-il, particulièrement coriaces et retors. Une autre escouade avait été envoyée sur les lieux quelques heures auparavant, pour anéantir ce qu'il restait de hollows. Les pertes en âmes étaient très élevées. Elle n'en savait pas plus. Elle me laissa sur ces déclarations sinistres, fébrile, et partit s'occuper de ses patients.
Qu'est-ce que c'est que ce bordel ? m'inquiétai-je.
Awa ne me répondit pas, tout aussi étonnée que moi. Je me demandais si Gin était au courant. Le contraire aurait été surprenant, une attaque de cette envergure, même si cette partie du Rukongaï ne concernait pas directement notre division… Je ne pus m'empêcher de frissonner. Je n'avais pas encore repris mon service, que de mauvaises nouvelles s'annonçaient déjà. Des shinigamis tuaient des hollows tous les jours, et parfois l'inverse, que ce soit dans le Rukongai ou dans le monde réel. Mais la plupart de ces âmes damnées étaient isolées, ou en tout petit groupe. Comment pouvaient-ils tenir tête à nos troupes depuis deux jours ?
Quoi qu'il en soit, il me faudrait attendre pour avoir des réponses.
Ce n'est que deux heures plus tard que je vis apparaître le Capitaine Unohana, sans son haori. La tenue simple de shinigami, entièrement noire, durcissait ses traits déjà tirés.
-Je suis désolée de vous avoir fait patienter si longtemps, Jyukai-san.
Je m'inclinai en suivant le protocole, et répondit aussitôt :
-Devrions-nous reporter notre rendez-vous ?
Elle secoua la tête.
-Je ne peux rien faire de plus que ce que je n'ai déjà fait. Mes équipes ont pris le relais.
Elle m'entraîna dans son bureau sans attendre de réponse.
-Que se passe-t-il, dehors ? risquai-je.
Elle me jeta un bref regard avant de s'asseoir, et m'invita d'un geste à faire de même.
-Je crains de ne pouvoir répondre à votre question, Jyukai-san. Je ne connais pas encore tous les tenants et les aboutissants de cette attaque. Je ne m'occupe que de soigner les blessés. Et puis, je ne suis pas le Capitaine Ichimaru. Ce sera à lui de vous informer, si cela est nécessaire.
J'acquiesçais sobrement. Le message était clair. Il fallait que je reste à ma place de quinzième siège.
-Le Capitaine Ichimaru vous a informé de notre rapport final au Capitaine Commandant, c'est bien cela ?
-Hai.
-Bien. Comme vous le savez, j'ai pu examiner votre reiryoku et votre reiatsu lorsque vous dormiez. Je n'ai rien ressenti d'anormal. Je pourrais vérifier s'il reste des fluctuations, si vous le désirez, mais je ne crois pas que ce soit le cas.
La Capitaine eut un mince sourire face à mon air que je devinais perplexe.
-S'il en restait, vous et moi ne serions pas en train d'avoir cette conversation.
Son petit sourire de connivence, flippant, était de retour, et je contins difficilement un frisson.
-En effet, reprit-elle, ma très perspicace Vice-Capitaine a réussi à vous faire entrer dans votre monde intérieur, en revenant aux enseignements de base. Grâce à ceci, et grâce au ponctionnement régulier de reiatsu que j'ai effectué, vous avez été capable de prévenir et même d'éviter une explosion de votre réiatsu qui aurait pu vous être fatale. Heureusement, le pire a été évité. Mais il me manque quelques informations pour affirmer cette hypothèse. Pouvez-vous me raconter ce qu'il s'est passé dans votre monde intérieur ?
Je pris une lente et profonde inspiration, puis racontai une fois de plus la discussion et le combat qui avait suivi avec Awa, sans mentionner son évolution physique. La Capitaine m'observa quelques secondes, puis hocha lentement la tête, avant de reprendre la parole.
-Qu'est-ce qui vous dérange ? demanda-t-elle, perspicace.
Elle avait perçu mon malaise et avait choisi de mettre les pieds dans le plat. Cette femme était terrifiante. En cela, elle me rappelait l'homme au bob et au sourire factice, cet insupportable Urahara Kisuke…
-Je… n'ai pas du tout aimé devoir me battre contre mon propre zanpakuto, avouai-je du bout des lèvres.
Je pris une profonde inspiration. J'imagine qu'à elle, je pouvais lui dire…Elle était médecin, avant toute chose. Et puis, elle avait tenu la promesse faite à Gin.
-ça m'a semblé contre-nature.
Ce que je ne pouvais pas lui dire, en revanche, c'est que ce combat me rappelait mon bref exil sur Terre, quand Shinji et les autres "m'entraînaient". Le but était également de me faire aller dans mon monde intérieur. Pourquoi, je n'en avais aucune idée. Après tout, je n'avais pas de masque de hollow. Et pourtant c'était comme si quelque chose clochait chez moi. En fait, depuis que j'étais devenue shinigamie, j'avais dû passer mon temps à prouver que je méritais ma place, et à m'entraîner deux fois plus que les autres pour la garder. Ç'avait été tout simplement injuste, tout autant qu'insupportable. ç'avait été bien plus long et pénible que mes six années à l'Académie, où, jusque là, tout allait bien pour moi. Je n'avais pas demandé à avoir ce type de reiatsu. Et j'avais du mal à croire que c'était tout simplement terminé. Comme ça, un p'tit combat, un p'tit rapport de deux Capitaines, et pouf. Terminé. Libérée, délivrée…
Les étoiles me tendent les bras… chantonna Awa pour me narguer.
Le Capitaine Unohana hocha lentement la tête, me sortant de ma rêverie.
-Chaque relation entretenue entre un shinigami et son zanpakuto est unique, et privilégiée. Je peux seulement vous répondre que, dans mon ressenti personnel, et dans votre situation, j'aurais été dérangée également. Mais la réalité est que nous savons très peu de choses des relations entre âmes et zanpakuto. Peut-être que les combats sont courants chez certains, et pour d'autres tout simplement inconcevables. Je ne peux que vous encourager à en discuter avec votre lame pour avoir la meilleure relation possible avec elle.
Sa petite confidence me toucha et sa confiance m'émut plus que de raison. Mes émotions étaient toujours aussi vives.
-Awa et moi nous entretenons tous les jours dans mon monde intérieur depuis que je me suis réveillée.
-Bien, faites-le autant que possible, même en pensées, si vous n'avez pas le temps de méditer. Maintenant, puis-je voir votre shikai ?
Sa question me prit complètement au dépourvu.
-Euh, là, dans votre bureau ?
-Oui, là, dans mon bureau, répondit-elle malicieusement. Ne vous en faites pas pour moi. Je veux juste vérifier que tout va bien dans votre reiatsu. Vous ne l'avez pas encore libéré, n'est-ce pas ?
Je hochai la tête.
Prête ? demandai-je, légèrement inquiète.
Quand tu l'es.
Je fermai les yeux pour me concentrer sur mon pouvoir. Une légère appréhension m'envahit. Et s'il avait changé ? S'il était différent ? Moins puissant ? Si j'avais perdu sa maîtrise ? Il ne fallait pas que je massacre le mobilier de la Capitaine.
-Eclate, Bakuhatsu-tekina awa, murmurai-je.
Aussitôt, des bulles apparurent tout autour de moi, avec un léger périmètre de sécurité. Il n'y en avait pas autant que ce que j'étais capable de faire, comme j'y avais veillé. Je levai les bras pour contrôler leur mouvement, comme d'habitude, puis m'arrêtai brusquement.
Je sentis mes poumons se figer et les larmes me montèrent aux yeux pendant que je fixais ma main droite, et ce qu'elle tenait. Je ne m'attendais certainement pas à ça.
Sans aucun effort apparent, je levai le bras et le bougeai dans tous les sens, pour mieux appréhender ce que je voyais. Ma lame tenait dans mon poing serré. Mais elle était devenue transparente, presque invisible, jouant avec la lumière et ses reflets, comme mes bulles. Elle ne faisait également aucun bruit. J'approchai le plat de la lame de mon visage. Elle était plus courte de quelques centimètres. Etonnamment, je perdais en allonge. Seul le fourreau demeurait inchangé, d'un rouge sang, attaché à ma ceinture.
-Un problème, Jyukai-san ?
Arrachée à ma contemplation, je tournai la tête vers la Capitaine.
-Non, elle est parfaite. Enfin, c'est parfait. Euh, je veux dire-
-Vous avez l'air surprise, me coupa-t-elle.
Son expression était indéchiffrable. Elle n'avait pas bougé de son fauteuil. Je baissai le bras, gênée par la différence de nos positions, et rappelai Awa.
-Mon shikaï a…changé.
Elle haussa les sourcils puis se reprit immédiatement, retrouvant son sourire de convenance.
-Je vois, répondit-elle simplement, et je me demandais ce qu'elle pouvait bien voir étant donné qu'elle n'avait jamais vu mon shikaï auparavant. En ce qui concerne notre rendez-vous et le rapport qui en suivra, vous avez retrouvé l'entièreté de vos compétences, et votre réiatsu est parfaitement rétabli. L'utilisation de votre shikaï est sans danger. J'en ferai bien sûr part au Capitaine Ichimaru. Vous pouvez reprendre vos fonctions dès demain, comme convenu. Cependant, j'aimerais que nous fassions le point dans quelques semaines. Je prendrai rendez-vous avec vous et le Capitaine Ichimaru en temps voulu.
J'accusai le coup et, si elle le remarqua, n'en montra rien. Quand en aurai-je enfin terminé avec cette histoire ? Quand ce n'était plus le Capitaine Commandant, c'était maintenant la médecin en chef qui voulait me surveiller !
Elle me congédia aussitôt, et je partis sans demander mon reste. Quoi qu'on en dise, j'en avais fini avec l'anormalité !
HhHhHhHhHhHhHhHhHhH
L'après-midi touchait tranquillement à sa fin. Je décidai de rentrer chez moi en marchant normalement, pour profiter de la fraîcheur de l'air et d'un peu de solitude. Je n'avais pas eu de temps seule, si ce n'est enfermée, depuis si longtemps.
Une fois arrivée dans mon logement de fonction, je m'empressai d'ouvrir les fenêtres et de préparer le repas. Je voulais également ranger mes affaires et me laver avant que Kandi ne m'assaille de ses questions qui, j'en étais sûre, seraient nombreuses. Je poussais un soupir à fendre l'âme. Ce rendez-vous m'avait épuisée, après tous ces jours dans ma petite bulle amoureuse, mais je savais que la présence de ma meilleure amie me réconforterait et m'apporterait de la force pour mon retour à la vie normale.
Une heure plus tard, comme à son habitude, Kandi débarqua avec fracas et se jeta sur moi, réussissant à me couper la respiration par la force du choc tout en m'empêchant de respirer avec le nez dans sa poitrine. J'agitai les bras pour lui exprimer mon agonie. Elle me libéra et je pus enfin prendre une grande goulée d'air.
-Je vais vraiment finir par croire que tu veux me tuer, maugréai-je.
-Mais ma petite fleur, tu m'as tellement manqué ! On s'est à peine vues ces derniers mois, se justifia-t-elle tout en mettant la table.
Elle sortit les verres à pieds et une bouteille de son sac. Un petit sourire étira mes lèvres.
-Je reprends le travail demain tu sais…
-Je sais, je resterai pas trop tard.
-Fais comme chez toi, ironisai-je.
Elle me tira la langue et nous servit. Je terminais de préparer le repas pendant qu'elle me racontait ses dernières aventures au sein de sa division. Sans surprise, elle s'était fait plein d'amis depuis que nous avions été diplômées, et après avoir menacé Yû suite à notre première rencontre chaotique, elle était finalement devenue amie avec lui, à force de se croiser à l'hôpital pour venir me voir. Elle ne manqua de me narrer en long en large et en travers la façon dont elle s'était fait refouler à la quatrième ces dernières semaines, car personne n'avait eu le droit de me rendre visite.
-J'ai cru que t'avais chopé un virus mortel, s'agaçait-elle. Alors, t'es tirée d'affaire ? Ton reiatsu est stable ? ça avance avec ton Capitaine ?
Je levai les yeux au ciel sans pouvoir m'empêcher de rosir.
-A t'écouter, on dirait presque que ma survie est aussi importante que ma vie amoureuse.
-Mais elle l'est chère amie ! Car c'est très divertissant vois-tu.
-T'as qu'à te trouver un petit copain plutôt que de t'intéresser au mien, lui lançai-je avec un haussement d'épaules.
Kandi me regarda avec des yeux ronds, puis elle éclata de rire. Je me retournai et la regardai se plier en deux, des larmes aux yeux. J'étais presque vexée.
-Qu'est-ce que j'ai dit de si drôle ?
-Ne t'en fais pas, ça ne risque pas, dit-elle en se calmant enfin.
Je me retournai pour surveiller la cuisson de mes légumes.
-C'est vrai quoi, on parle toujours de moi, mais tu m'as jamais dit si tu étais amoureuse de quelqu'un. C'est vrai qu'à l'Académie on avait pas mal de choses à faire, mais là, t'as le temps, non ?
-Hana, je suis très heureuse comme ça, coupa-t-elle un peu froidement.
J'ouvris la bouche pour répondre, puis la refermai. Je me sentis bête. Tout le monde avait le droit à son jardin secret. J'étais juste un peu déçue qu'elle ne me dise rien. Moi, je lui racontais tout. Ne me faisait-elle pas confiance ?
Un silence inconfortable s'était installé. Je coupai le gaz et nous servit avant de m'asseoir. Kandi s'était resservi un verre de vin.
-Kandi, je suis désolée, c'était intrusif, je ne voulais pas…
-C'est bon, répondit-elle sans me laisser finir. Je… je n'ai juste pas envie d'être en couple. Mes amis et mon travail me suffisent, c'est tout.
Je hochai la tête sans insister. Nous commençâmes notre repas, et l'atmosphère se détendit petit à petit.
-Du coup, pour te répondre, oui, commençai-je. Et oui.
-Oui, quoi ?
-Oui, au deux questions.
Je vis Kandi hausser un sourcil, le temps de remonter mentalement le fil de la conversation. Puis elle poussa un cri strident avant de me sauter - encore - dessus. La soirée allait être longue.
TO BE CONTINUED
Et voilà ! Chapitre de transition comme on dit, un peu plus court que les précédents, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, et joyeuses pâques ! Mangez plein de chocolats !
