Salut,
Je sais, je sais, j'ai du retard. J'étais, et je suis encore, en convalescence. Mais ce week-end je me suis senti assez bien pour écrire :)
Voici donc un chapitre tout chaud sorti du four.
Bonne lecture !
Chapitre 32
Lorsque les alarmes sonnèrent, Gin était en pleine méditation avec son zanpakuto. C'est pourquoi il ne les entendit pas. Assis en tailleur dans un petit jardin de la division, non loin de son bureau, le monde extérieur n'avait pas le moindre impact sur son esprit concentré.
-Je sais que tu peux les convaincre. Unohana, Kyôraku et Ukitake te soutiendront. Parle-leur en premier.
Gin soupira. Il avait eu cette discussion avec sa lame un nombre incalculable de fois ces dernières semaines. Elle était sa partenaire, son amie, la moitié de son âme. Mais aujourd'hui, pour la première fois depuis longtemps, il était divisé. Ils n'étaient pas d'accord.
-Tu sais bien qu'ils ne me laisseront jamais y aller. Le Vieux ne me fait pas confiance. Le Central ne l'autorisera jamais.
Shinsô siffla longuement, agacée. Son shinigami n'était pas très coopératif depuis quelque temps. Lui qui n'avait pas hésité à braver l'autorité du Seireitei pour accomplir ses desseins, en riant au nez et à la barbe du Seireitei, se moquant éperdument des lois et des procédures judiciaires, marchait à présent sur des œufs. C'était ridicule. Elle et lui n'avaient jamais eu besoin d'autorisation pour suivre leurs objectifs.
Sa langue fourchue sortit et rentra vivement dans sa bouche en guise de réponse, encore et encore. Gin évitait son regard. Comme d'habitude, il jouait avec le sable brûlant sous ses mains, créant et détruisant des formes abstraites. ça l'aidait à se concentrer. Et puis, il n'avait jamais aimé le contact visuel avec d'autres êtres, raison pour laquelle il plissait constamment les yeux. L'arme respectait ça. Dans son monde intérieur, Gin la regardait sans se cacher les les yeux lorsqu'ils se parlaient. Shinsô savait que c'était un gage de confiance, qu'elle avait durement gagné. Gin s'était toujours méfié de tout le monde. Y compris de lui-même.
Sans bruit, elle se leva et s'approcha de son porteur.
En l'apercevant bouger, Gin s'étonna et ne put s'empêcher de se lever lui aussi. Shinsô s'arrêta à quelques centimètres seulement. L'esprit de sa lame sous forme humaine était bien plus grande que lui, alors il dû relever la tête pour croiser son regard. Ses yeux vides et fixes, dépourvus de paupières, ne cillaient jamais. Cependant, les traits de son visage trahissaient ses émotions. Ses lèvres charnues étaient à présent pincées, ses sourcils froncés. Elle était plus qu'agacée : elle était en colère. Elle ouvrit la bouche et dévoila des dents fines et pointues :
-Qu'est-ce qui t'interdit d'y aller ? Ce n'est pas comme s'ils pouvaient t'arrêter. S'ils ne veulent pas entendre raison, tu devras le faire, et tu le sais.
Gin observa ses iris sans pupille un bref instant. Elle posait des questions, mais elle savait. Comment aurait-il pu en être autrement ? Ils se connaissaient trop bien. Ou plutôt, elle le connaissait par coeur.
Il poussa un soupir en baissant les paupières. La lumière aveuglante lui faisait mal. Aussitôt, Shinsô s'agita, et il sentit plus qu'il n'entendit les multiples serpents sur sa tête siffler de désapprobation. La gorgone reprit :
-C'est pour la fille, c'est ça ?
Alors ça y était. Il ne répondit pas, mais les commissures de ses lèvres s'abaissèrent pour révéler une moue désapprobatrice. Il n'appréciait pas la tournure de cette conversation. Tous les serpents qui constituaient la chevelure de Shinsô se tendirent brusquement vers lui. Des dizaines de pupilles jaunes et fendues à la verticale l'observaient. Il se sentait acculé.
-La présence d'Hana ne m'empêche pas de me rendre au Hueco Mundo, répondit-il en serrant les dents.
-Vraiment ? Qu'attends-tu, alors ?
-Si j'y vais sans leur accord, les Capitaines prendront cet acte pour une trahison, et la troisième division en pâtira. Ou pire encore, ils seront considérés comme complices. Et selon qui s'y trouve, je ne serai pas bien accueilli à Las Noches non plus. Je t'ai déjà expliqué ça.
Ils tournaient en rond. Malgré ce qu'il pouvait croire, la gorgone arrivait à comprendre le fonctionnement de la psyché humaine. Du moins, Shinsô était consciente des tourments de son porteur. Peut-être même plus que lui. Après tout, c'était elle qui vivait dans leur monde intérieur… Elle respectait ses arguments, lorsqu'elle les pensait fondés. Mais elle ne supportait pas lorsqu'il se voilait la face.
-Viens avec moi , ordonna-t-elle.
Aussitôt, elle se transforma et reprit son habituelle apparence de serpent géant. Elle préférait se déplacer ainsi. Gin la suivit sans discuter. S'il était surpris par son comportement, il n'en montra rien. Même chez lui, dans la plus profonde intimité de son âme, il avait du mal à enlever son masque d'impassibilité. Il savait pourtant que cela était inutile. Shinsô avait toujours su voir à travers lui.
Ils traversèrent leur monde intérieur, un désert fait de sable blanc et d'un soleil gris brûlant. Les dunes se succédèrent, mais le paysage ne changeait pas. Quelques minutes ou plusieurs heures de marche, Gin n'aurait su le dire. Malgré la chaleur, il ne transpirait pas. Il n'avait pas soif. Il ne ressentait ni fatigue, ni douleur. Lorsque Shinsô s'arrêta, son esprit était comme vidé de toutes ses pensées répétitives. La gorgone reprit sa forme humaine. Le soleil faisait scintiller les écailles argentées qui recouvraient son corps et créait de multiples reflets. Elle était difficile à regarder. Même si cela lui était désagréable, Gin ne put s'empêcher d'admirer sa transformation. La première fois, alors qu'il n'était qu'un enfant, il avait été fasciné. Le serpent géant qu'il prenait pour son ami imaginaire était devenu une déesse qui existait pour le protéger et, plus tard, pour l'aider à vaincre ses ennemis.
Regarde les arbres, dit-elle directement dans son esprit.
Il se renfrogna aussitôt. Le noyer et le kaki étaient noirs, calcinés. Il n'en avait pas toujours été ainsi. D'aussi loin qu'il puisse se souvenir, le kaki avait toujours existé. Le noyer était arrivé plus tard, quelque temps après sa nomination en tant que Capitaine de la troisième division. Il croyait alors que ces arbres marquaient chacun une étape importante de sa vie : la découverte de ses pouvoirs de shinigamis, le statut de Capitaine et, une fois encore, le pouvoir qui allait avec. Il était certain de défaire Aizen, car sa propre mort lui importait peu. Puis, après la chute de son ancien mentor, ils avaient brûlé. Il ne pouvait plus aller dans son monde intérieur sans devoir en ressortir en catastrophe, les yeux inondés de larmes et les poumons brûlants, toussant à s'en arracher la gorge. Coupé de son monde intérieur et de son arme, le Capitaine déchu n'était plus que l'ombre de lui-même. Des mois s'étaient déroulés ainsi.
La perte de Rangiku et de Kira lui semblait alors insurmontable. D'une certaine manière, elle l'était toujours.
Sans s'en rendre compte, Gin s'était approché du noyer, autrefois imposant, et du plus humble kaki. Une odeur de cendre encore chaude atteint ses narines, et il plissa le nez. De dégoût ou de rage, il ne saurait le dire.
Durant les longs mois qui avaient suivi la fin de la Guerre et l'attente de son jugement, la communication avec Shinsô s'était révélée difficile à cause de l'éloignement. Son arme avait été confisquée. Lui qui avait toujours prétendu préférer être seul, l'avait réellement été pour la première fois depuis des décennies. Depuis Rangiku. Il était assez puissant pour se rendre dans son monde intérieur, mais en avait quand même été empêché par cet incendie. Sa solitude avait été plus pesante encore qu'à Las Noches.
Il avait pu se rendre dans son monde intérieur le jour où il avait été réhabilité. Enfin libre de ses mouvements, la première chose qu'il avait faite avait été de se rendre sur la tombe de Rangiku. Puis de Kira. Et, seul, il les avait pleurés.
Gin sentit la présence de Shinsô dans son dos avant qu'elle ne pose une main sur son épaule et se penche vers son oreille.
Regarde encore.
La voix de Shinsô était si basse qu'il ignorait si elle lui avait parlé directement dans son esprit ou non. En tout cas, elle l'avait sorti de sa rêverie macabre. Il se tourna pour lui parler directement.
-Ils ne fument plus. Mais ils sentent encore. C'est ça que tu veux me montrer ? dit-il d'un ton sarcastique.
Les souvenirs que faisaient remonter cette vision le rendaient aigre.
-Regarde mieux, jeune shinigami, insista Shinsô sans se démonter.
Elle le prit par les épaules et le retourna avec son incroyable force. Gin retint un soupir et ouvrit les paupières avec précaution. Il craignait que la lumière ne lui abîme à nouveau les yeux.
Mais très vite, il les écarquilla. Il devait être en plein mirage.
Un prunier, encore jeune, tendait ses branches pleines de bourgeons prêts à éclore vers le ciel. Comment ne l'avait-il pas vu ? Il se dégagea de la prise de la gorgone et s'approcha en quelques enjambées. Il passa entre le noyer et le kaki sans leur prêter attention. Le prunier se tenait derrière eux. Gin leva la main pour la poser sur son tronc, puis se ravisa au dernier moment. Il craignait que s'il le touchât, le prunier ne s'enflamme aussitôt, comme les autres.
Après tout, c'était à cause de lui si Rangiku et Izuru étaient décédés.
Le Capitaine avala sa salive difficilement. Il articula d'une voix blanche :
-Depuis quand est-il là ?
-Depuis quand ne m'as-tu pas rendu visite ?
Elle pencha la tête sur le côté de manière inhumaine. Sa voix sifflante exprimait clairement un reproche.
-Nous parlons tous les jours, argua-t-il. Et je suis venu il y a…
Ses iris s'égarèrent sur le côté tandis qu'il fouillait dans ses souvenirs.
-Trois semaines.
Shinsô pinça à nouveau les lèvres.
-Ne sois pas si terre à terre. Tu sais que le temps ne s'écoule pas de la même façon ici que là-bas.
Gin s'assit sous l'ombre du prunier et la gorgone l'y rejoint.
-Sais-tu pourquoi ce prunier a poussé ?
-Ne me fais pas le coup du monde intérieur qui reflète mes états d'âme, s'il te plaît. Je ne suis pas un shinigami tout neuf sorti de l'Académie.
Shinsô éclata de rire.
-C'est exactement ce que tu es. La preuve, je dois te prendre par la main pour te montrer l'évidence.
Gin prit une moue boudeuse. En réalité, il n'était pas vexé du tout. Ce léger conflit avec son arme était une alerte qu'il prenait très au sérieux. Shinsô avait été son alliée durant toutes les années où il planifiait sa vengeance contre Aizen. Et même avant, lorsqu'il n'avait pas conscience de ce qu'elle représentait. Elle était sa confidente, sa conseillère, son meilleur atout. Alors, quand elle se permettait de lui donner un avis différent du sien, ce qui était rare, il l'écoutait toujours.
C'était la première fois qu'elle lui parlait d'Hana.
-Je sais bien que j'ai des sentiments pour Hana.
Un sourire entendu étira les lèvres de la Gorgone, curieux reflet de celui qu'arborait Gin en temps normal.
Ce dernier se prit la tête entre les mains et poussa un soupir à fendre l'âme.
-Je suis amoureux d'elle.
-Je sais.
Gin releva la tête.
-Je sais que tu sais. Tu es dans ma tête.
La Gorgone ricana.
-Mais cela n'altère pas mon jugement, insista le shinigami.
-Je sais que tu peux être à la fois un très bon Capitaine et être avec Hana. D'ailleurs, ça, ça ne me concerne pas. Ce qui te fait défaut, c'est que tu veux la protéger.
-Je… évidemment. Elle est un bébé tout juste sorti de l'Académie.
-Non.
-Non ?
-Non.
-Ah.
La Gorgone laissa le silence régner quelques instants. Gin ne répondait pas.
-Tu ne la considères pas comme un shinigami à part entière, dit-elle finalement.
-Que veux-tu dire par là ?
Gin se leva et fit les cent pas en attendant sa réponse. Il savait que Shinsô choisissait soigneusement ses mots, et il redoutait ce qui allait suivre. Elle répondit sans le quitter des yeux :
-Ne fais pas comme avec Rangiku. Ne la mets pas à l'écart.
Gin serra les dents à se briser la mâchoire.
-C'est comme ça que tu l'as perdue. Et Izuru au-
La détresse de Gin éclata avec un déferlement de reiatsu si puissant que les arbres tremblèrent et les grains de sable volèrent par milliers. Puis la vague d'énergie retomba aussi vite qu'elle était apparue. Il savait qu'elle avait raison. Shinsô avait toujours raison.
Elle n'était pas comme les êtres humains, ou comme n'importe quel être vivant. Il avait fallu du temps à Gin pour comprendre que Shinsô bénéficiait d'un privilège hors du commun : elle n'avait pas à souffrir des mêmes affects que lui. Oh bien sûr, elle pouvait avoir des émotions et des sentiments. Mais cela ne concernait que leur relation, et sa vie à lui. La seule chose qui intéressait un zanpakuto, c'était son shinigami. Une forme de dévotion ultime. C'était comme si le monde extérieur n'importait pas. Elle ne subissait aucune influence. En cela, son avis était rarement biaisé et son objectivité un atout précieux.
Et Gin était assez sage pour reconnaître la supériorité de son analyse.
-Parle-lui. Considère-la comme ton égale. Et quand ce sera fait, tu pourras aller au Hueco Mundo l'esprit libre.
-Shinsô… je…
-Tu dois partir.
Gin tiqua.
-Tu n'es plus seul.
Il comprit immédiatement. Gin sortit de son monde intérieur comme on cligne des yeux, c'est-à-dire sans aucun effort. Les alarmes étaient assourdissantes. Il entendit des cris et se releva, la main sur la garde de son zanpakuto. Il n'y avait pas le moindre doute au vu des multiples reiatsu qu'il ressentait jusque dans les premiers districts, une attaque de hollows était en cours. Une énorme.
Comment avait-il pu être si plongé dans son monde intérieur et ne pas percevoir ce qu'il se passait dehors ? Il frissonna. "Cela n'altère pas mon jugement, hein… merde!"
Il était toujours seul dans le petit jardin. Au moins avait-il gardé le contrôle sur son reiatsu, malgré ses émotions intérieures. Il allait partir lorsqu'un garganta s'ouvrit à trois mètres de lui. Il dégaina et se mit en garde, prêt à incanter ou à libérer son zanpakuto. Un reiatsu d'une puissance contenue, calme et digne traversa le portail. Une silhouette grande et fine, presque autant que le shinigami émergea.
-Gin-sama, le salua l'arrivant en baissant le cou.
Il sortit complètement et ferma le Garganta.
-Stark, énonça calmement Gin.
L'arrancar ne dégaina pas.
-Que fais-tu ici ? demanda le Capitaine, sans ranger son arme.
-Je suis venu vous prévenir.
Gin se permit un sourire moqueur.
-Je ne suis pas sourd.
Stark haussa lentement un unique sourcil. Sa nonchalance habituelle ne cachait pas l'état d'alerte dans lequel il se trouvait. Pas pour un œil aussi avisé et expérimenté que celui de Gin.
Et puis, ils se connaissaient bien.
Gin décida de ranger son arme, en gage de confiance. Le primera n'était pas hostile.
-Comme l'indiquent les adorables alarmes que nous entendons tous les deux, nous sommes en alerte absolue car nous essuyons des attaques de hollows depuis des mois, dont une en ce moment même. Tu comprendras donc que je n'ai pas le temps de t'offrir le thé. J'en suis navré. Que veux-tu me dire ?
Le Capitaine savait que le reiatsu de l'espada serait vite repéré et qu'ils ne seraient pas seuls très longtemps. Pourtant, Stark avait choisi d'apparaître devant lui et lui seul, il espérait donc en connaître la raison le plus rapidement possible. Avant que d'autres Capitaines n'arrivent.
Stark avança de quelques pas, les mains dans les poches. Il resta à une distance respectueuse de son ancien supérieur. Il sentait ce dernier à l'affut. Ce manque de confiance non dissimulé lui laissa un goût amer en bouche. Après tout, ils étaient tous les deux parmi les investigateurs du Traité de Paix entre les deux mondes.
-Si j'ai bravé l'interdiction à tout arrancar de se rendre à la Soul Society, c'est pour vous informer que Tia Harribel et moi avons perdu le contrôle du Hueco Mundo.
Gin plissa encore plus les yeux. Son cœur avait manqué un battement. Son cerveau pensait à toute allure, analysant déjà les répercussions d'une telle situation, assemblant les différentes pièces du puzzle…
Pourtant, à son grand étonnement, Stark s'inclina.
-Nous sommes désolés d'avoir failli à notre tâche. Nous requérons votre aide.
HhHhHhHhHhHhHhHhHhHhHhH
C'est un Gin épuisé, couvert de sang et de saletés qui se rendit enfin à la première division.
Suite à la révélation de Stark, il s'était vu obligé de l'emmener auprès du Commandant. La situation dépassait largement ses fonctions de Capitaine. De plus, et même si cela le faisait grincer des dents, si quelqu'un les avait vu discuter lui et son ancien complice, Gin aurait été à nouveau accusé de trahison sans préavis ni négociation. Enfin, il avait reçu des papillons de l'Enfer le convoquant pour une réunion d'urgence. Y emmener directement l'arrancar était la plus sage décision. Son arrivée avait fait grand bruit face aux neuf autres Capitaines. Heureusement, le calme légendaire de Stark et l'aide des Capitaines Kyoraku et Ukitake lui avaient permis d'expliquer sa présence et son intention. Le Commandant Yamamoto avait alors expédié tout le monde vers les combats, afin de pouvoir discuter avec le premier espada.
Gin avait donc laissé les deux chefs des plus grandes armées des trois mondes avant de rejoindre le combat dans les districts aux abords du Seireitei. L'afflux constant de hollows avait fait durer les combats durant des heures. Certains garganta avaient même réussi à percer la barrière protectrice du Seireitei. Les Capitaines Kyoraku et Zaraki s'étaient battus contre ce qui ressemblait à des proto-arrancars.
Les Capitaines et Vice-Capitaines s'étaient retrouvés noyés sous les demandes d'aide d'urgence des différents districts. Et ils n'étaient pas assez nombreux pour répondre à toutes.
Une fois que la douzième division réussit enfin à bloquer les entrées et les sorties entre les mondes et que les derniers hollows furent exterminés, la nuit était tombée.
Gin arriva dans la salle de réunion et constata qu'il n'était pas le dernier. D'après les derniers rapports, aucun Capitaine n'était grièvement blessé, mais Unohana avait préféré rester à la quatrième division pour soigner les hauts gradés qui en avaient besoin. Gin regretta sa présence. L'avis et la force de décision de la médecin dans les situations les plus délicates était appréciable.
Comme il s'en doutait, la tension autour du primera espada était toujours palpable. Les discussions entre Capitaines allaient bon train, et les coups d'œil suspicieux voire venimeux envers l'arrancar étaient fréquents.
Lorsque Kyoraku arriva enfin, le bras en écharpe, Yamamoto frappa instantanément de sa canne et rétablit le silence. Coyote Stark se tenait encore en plein milieu, entre les deux rangs de Capitaines. Il avait toujours son arme à la hanche et n'y touchait pas. Sa nonchalance avait laissé place à une expression plus grave. Comme tous les autres, il était dans l'attente.
Le Commandant exigea un rapport global de la situation. Le Capitaine Soi Fon prit la parole, parfois complétée par les autres Capitaines présents. Il n'y avait plus aucune trace de l'ennemi dans le Seireitei, ni dans les districts un à trente, là où les hauts gradés avaient pu intervenir et dans les districts où les attaques avaient été moins nombreuses. Il y avait beaucoup de blessés mais peu de morts.
Les rapports pour les districts les plus éloignés n'étaient pas encore arrivés. Quelques communications avaient été établies, mais certaines équipes restaient injoignables. Si Gin eut une pensée pour Hana et ses subordonnés, il s'interdit de rester dessus et se concentra sur le déroulé de la réunion.
Enfin, le Capitaine Kurotsuchi expliqua avec son amabilité habituelle comment il avait réussi à fermer les frontières entre la Soul Society, le Hueco Mundo et la Terre. Plus aucun mouvement n'était possible.
La réaction des Capitaines fut immédiate. Entre ceux qui s'inquiétaient pour leur troupes laissées sur Terre, ceux qui voulaient riposter immédiatement, et ceux qui voulaient interroger Stark de manière plus ou moins agréable, on ne s'entendait plus respirer. Gin attendait.
Le Commandant frappa à nouveau de sa canne et prit le temps d'observer chacun des Capitaines, les intimant personnellement au calme et à la patience. La situation était délicate, mais pas désespérée. Ils pouvaient mieux faire.
-Ne nous précipitons pas, jeunes gens. Attendons les rapports et les retours de nos troupes afin d'établir un état des lieux complet. La situation dans les derniers districts du Rukongaï ne devrait pas être très différente de celle d'ici. De plus, les hollows n'ont pas attaqué le monde des humains et, d'après nos informations, n'ont pas l'intention de le faire. Les soldats sur place ne sont pas plus en danger que dans le cadre de leurs missions habituelles. Nous les rapatrierons en temps voulu.
Il fit une pause le temps que l'information soit assimilée.
-L'arrancar Coyote Stark amené par le Capitaine Ichimaru est ici présent de son propre chef. Il a des informations de la plus haute importance à nous délivrer. Je le laisse prendre la parole.
D'un signe de la tête, il invita l'arrancar à poursuivre.
-Comme vous le savez tous, Tia Harribel et moi-même dirigeons le Hueco Mundo et travaillons à sa reconstruction suite à la chute de Maître Aizen.
Quelques Capitaines fermèrent complètement leur visage à l'évocation du traître, mais personne ne souffla mot. Stark continua comme si de rien n'était :
-Las Noches n'existe plus et nous ne désirons pas la reconstruire. Nous l'avons laissée à l'abandon. Comme l'indiquait le traité de paix, les arrancars survivants et les hollows les plus puissants n'ont pas le droit de se rendre à la Soul Society, ni chez les humains. Seuls les hollows de bas étage, qui sont si nombreux qu'ils échappent de toute façon à notre contrôle, vont et viennent à leur guise et nous les laissons faire pour respecter le cycle de l'âme et l'équilibre entre les mondes.
Plusieurs Capitaines hochèrent la tête, tandis que d'autres se montrèrent agacés par ce rappel des faits. Toutes les personnes présentes ou presque connaissaient le traité pour l'avoir signé.
-Cependant, depuis plusieurs mois, ou peut-être années, plusieurs arrancars non gradés, dont l'ancienne espada, ont décidé de s'éloigner de nous et de rompre le contact. Nous avons également perdu la trace de plusieurs vasto lorde. Nous tenions à respecter leur choix. Aizen-sam-, Aizen nous avait forcé à nous réunir et à vivre selon ses codes, qui sont pour nous contre-nature. Nous avons nos propres coutumes et sommes pour la plupart fait pour vivre en petits groupes seulement. De plus, je ne tiens pas à régner sur les hollows ni à les assujettir et Tia Haribel non plus. Notre devoir est de faire respecter le traité.
Mayuri se permit un ricanement que Stark ne releva pas.
-Jusqu'au jour où nous nous sommes rendus compte que des gargantas étaient ouverts de plus en plus régulièrement vers la Soul Society. Nous avons alors décidé que j'irai rendre visite à nos anciens subordonnés. Et j'ai été très mal reçu. Ils exigeaient que nous les rejoignions dans leur combat ou alors, ils nous extermineraient.
-Quel combat ?
Le Capitaine Ukitake avait parlé. Stark se tourna vers lui avec une expression indéchiffrable.
-Ils veulent récupérer Aizen. C'est pour ça qu'ils vous attaquent partout. Ils savent qu'ils ne peuvent pas vous battre, alors ils ont planifié cette gigantesque attaque pour détourner l'attention et en profiter pour aller le chercher.
-Ils veulent libérer Aizen ?! s'exclama Komamura, bien qu'il sût que c'était impossible.
Kyôraku et Ukitake échangèrent un regard gêné. Soi Fon avait croisé les bras et Mayuri souriait comme un fou. Zaraki s'ennuyait ferme.
-Comment se fait-il que tu ne nous préviennes qu'aujourd'hui… le jour de l'attaque ? pointa Gin.
Stark soupira et leva les mains en signe d'apaisement.
-Pour répondre à chacun d'entre vous : ils ne veulent pas libérer Aizen, ils veulent le récupérer et le punir eux-même. Ce groupe de… de rebelles, comme vous l'entendez, est mené par l'ancienne espada. Ils rêvent de vengeance pour le traitement qu'Aizen leur a fait subir. Avant l'arrivée des shinigamis et de la création d'une nouvelle espada, c'était eux, les êtres les plus forts du Hueco Mundo. En un contre un, je suis le plus fort, mais seul, je ne pouvais pas les arrêter.
La réponse du primera laissa tout le monde sans voix.
-En ce qui concerne le Capitaine Aizen… nous ne céderons pas, commença le Commandant avant de s'arrêter de lui-même.
-Je ne sais pas plus que mes anciens camarades où se trouve Aizen, et son sort ne m'intéresse pas, tant qu'il ne remet pas les pieds au Hueco Mundo. Je m'en tiens au traité. Enfin, si je n'ai pas pu vous prévenir avant aujourd'hui, c'est parce que l'ancienne espada m'en empêchait. En mon nom et à ceux qui respectent le traité, nous avons refusé de les rejoindre. Aizen était à vous. Nous sommes donc rentrés en guerre.
Le Commandant resta de marbre. Nul doute que Stark lui avait déjà tout raconté dans les moindres détails, ou l'espada serait en prison. Mais que lui avait dit le Commandant en retour ? Stark insistait lourdement sur sa position et celle de ses alliés. Les autres Capitaines étaient de plus en plus stupéfaits au fur et à mesure de ses révélations. Kurotsuchi n'avait plus ouvert la bouche. Kyoraku avait l'air plus grave que jamais.
-Nous arrivons à nous défendre et à les tenir en respect, mais nous sommes beaucoup moins nombreux qu'eux. Nous ne pouvons pas les arrêter et, si la situation continue, ils pourraient prendre le contrôle du Hueco Mundo. J'ai donc profité de ce jour qui requérait toute leur attention pour vous rejoindre et demander de l'aide.
Un hoquet de stupeur échappa à Soi Fon. Elle avait l'air d'être sur le point de l'étrangler dans la seconde. Un rire nerveux lui échappa.
-Aider les hollows ? Et puis quoi, encore ? Leur servir des âmes sur un plateau ?
Le Commandant frappa plusieurs fois de sa canne pour étouffer toute contestation.
-Capitaine Soi Fon, gardez votre mépris pour vous, ou sortez, je vous prie.
La susnommée pinça la bouche mais ne dit plus rien. Le Commandant reprit :
-Coyote Stark nous a délivré des informations précieuses sur les motivations de ces attaques.
Puis il se tourna vers Stark :
-Rassurez-vous, le renégat Aizen est en sécurité (Gin se tendit imperceptiblement). Pour ces informations, nous le laisserons repartir au Hueco Mundo. Kurotsuchi Mayuri, vous êtes chargés d'établir un nouveau moyen de communication avec Coyote Stark et de le renvoyer chez lui dès que possible.
Kurotsuchi acquiesça de mauvaise grâce. Stark inclina la tête.
-Quant à votre demande, monsieur Stark, je me vois dans l'impossibilité de vous répondre pour le moment.
-Monsieur le Commandant, Capitaines, répondit l'arrancar, les rebelles sont, pour l'instant, assez lucides pour ne pas chercher à vous tuer. Ce sont de puissants arrancars et hollows : ils savent quel est leur rôle dans l'équilibre des mondes. Leur mort comme la vôtre serait un désastre, car nous possédons tous une réserve de reiatsu capable d'impacter les mondes si nous venions à disparaître en grand nombre. Mais s'ils n'obtiennent pas réparation selon leurs exigences, ils feront passer leur vengeance avant toute autre responsabilité. Et ça a déjà commencé. C'est pour cela qu'ils vous ont attaqué en masse. Il s'agit d'un message.
Ils profitent de notre faiblesse, pensa Gin. Bon sang, pourquoi sommes-nous si lents à renouveler des Capitaines ! A grossir nos rangs ! Si seulement ces vieux shnocks du 46 n'étaient pas aussi enfoncés dans leurs traditions…
Ton instinct était le bon. Tu avais raison de vouloir aller au Hueco Mundo. Maintenant, ils t'écouteront.
Moi, je ne sais pas, mais d'autres comme Ukitake, oui.
Stark se tourna pour regarder chaque Capitaine dans les yeux avant de poursuivre.
-Je vous prie de prendre en compte toutes les répercussions et conséquences qu'une nouvelle guerre entre nos mondes aurait sur le cycle des âmes et ce qu'il resterait du Hueco Mundo, ou de la Soul Society. Ensemble, nous pouvons au moins les vaincre, à défaut de leur faire entendre raison.
-Les humains seraient à l'abandon, ajouta faiblement Ukitake.
Mais tout le monde l'entendit. Stark hocha lentement la tête.
Le silence était pesant. La tension présente au début de la réunion avait à présent une toute autre nature. Le Commandant congédia Stark avec le Capitaine de la douzième division, accompagnés de plusieurs membres de la seconde division. Il serait ainsi en sécurité, mais Gin se demanda auquel le Commandant faisait référence.
Aussitôt les portes fermées, chacun donna son avis et un brouhaha indistinct émergea rapidement. Le Commandant soupira. Il voulait attendre le retour des deux Capitaines manquants avant de demander l'opinion de chacun de ses subordonnés. De toute façon, ni lui ni les Capitaines ne pourraient prendre de décision finale. Depuis la reconstitution du Central 46, le Gotei 13, réprésenté par lui-même, n'avait plus les pleins pouvoirs. Mais il avait un avis de poids à donner. Et il pouvait amener quelques Capitaines avec lui pour appuyer ses arguments. Il ne lui restait plus qu'à observer et à décider qui l'aiderait à négocier.
HhHhHhHhHhHhHhHhH
-Voilà, tu sais tout. Les négociations avec le 46 sont toujours en cours. Nous sommes au point mort. Connaissant leur fonctionnement, ça peut prendre des mois. Surtout que nous sommes à présent à l'abri. Crois-moi, je comprends ta frustration.
-Je…
-Je peux réexpliquer si tu en as besoin, précisa Gin.
-J'ai beaucoup de questions.
Gin regarda Hana avec un petit sourire en coin.
-Je n'en doute pas. Que veux-tu savoir ? Je ne promets pas de pouvoir répondre à tout.
-Je n'arrive pas à croire que vous ayez réussi à cacher durant plusieurs décennies l'existence des Vizards et des arrancars au grand public. Ce serait tellement plus simple si tout le monde savait !
-Ce n'est pas une question, la taquina-t-il en s'étirant et en baillant outrageusement.
Ils parlaient depuis des heures, et il était tard. Ou tôt, selon le point de vue. Il se leva pour préparer une énième théière. Hana le suivit sans cesser de parler.
-Quand même, c'est dingue ! Et puis, pourquoi ?
Gin ne put s'empêcher de sourire devant cette marque de naïveté typique des jeunes soldats. Hana manquait trop d'expérience au sein de l'armée pour avoir la vue d'ensemble nécessaire qui permettait de gérer ce type de crise. D'un autre côté, un peu de jeunesse et de renouvellement au sein des décideurs ne pourrait pas faire de mal. Car malgré sa fougue et son idéalisme, Gin devait admettre qu'Hana avait raison sur plusieurs points. De plus, elle venait d'un des districts les plus pauvres du Rukongaï, comme lui. Il savait qu'elle prenait à cœur la sécurité des âmes errantes d'une façon bien plus humaine que les aristocrates au pouvoir.
-C'est pour éviter les mouvements de panique et la perte de contrôle du Gotei sur la Soul Society. Nous sommes si peu nombreux comparés au nombre total d'habitants de la Soul Society. Nous devons garder une impression de puissance. Cela signifie un contrôle des informations. De toute façon, c'est un ordre des 46, donc non négociable. Les dossiers ne seront accessibles aux archives que dans quelques centaines d'années. Et encore, seulement pour les personnes possédant une accréditation assez élevée.
Hana prit le temps de considérer la logique des choses. Pour elle, il s'agissait plus d'un manque d'intérêt général envers les habitants du Rukongaï, qui étaient de toute façon exclus de la politique de la Soul Society. Ceux qui avaient du poids étaient les nobles, ou les commerçants qui s'étaient suffisamment enrichis pour travailler et vivre dans le Seireitei.
-Il y a probablement plus de vieux squelettes dans le placard du Gotei que de shinigamis, compléta le Capitaine. L'Histoire est toujours écrite du point de vue des vainqueurs.
Ainsi, ce trou volontaire dans l'Histoire du Seireitei - qu'elle avait tout de même durement appris à l'Académie ! - serait une question d'orgueil ?
Hana réfléchit dans son coin pendant que Gin se levait pour se déshabiller pour la nuit. Il mourait de chaud. Hana le regarda sans le voir, toute à ses pensées.
-Et maintenant, le Central se retrouve dans une impasse, car se rendre au Hueco Mundo serait comme un aveu des faiblesses passées du Gotei, murmura-t-elle sans s'adresser à lui particulièrement.
Gin remplit sa tasse de thé sans répondre. Soudain, Hana percuta.
-Vous ne leur avez pas dit !
-Quoi donc ? s'étonna Gin après un léger sursaut.
Il n'était vraiment pas au meilleur de sa forme.
-Qu'Aizen est mort.
Gin grimaça.
-Officiellement, il a été condamné à mort après une peine de plusieurs milliers d'années. ça ne fait que quelques décennies. Et c'est à nous que revient l'exécution. Enfin, revenait.
-Mais tu m'as dit qu'il était mort ! Juste avant-
-Juste avant que le Capitaine Unohana te… te guérisse, oui. Je t'ai dit qu'il avait été tué, juste après que je l'ai blessé.
-Mais pas par toi.
-En effet.
Hana poussa un soupir à fendre l'âme, vaincue.
-Et tu n'en diras rien de plus, c'est ça ?
-C'est ça.
Hana se passa une main sur le visage. Elle était lasse de tous ces secrets, ces machinations politiques inter-mondes.
Dans quoi s'était-elle embarquée, à vouloir tout savoir ? Sa deuxième main rejoignit la première tandis qu'elle s'affalait sur le canapé.
-Qu'y a-t-il ? Tu vas bien ? s'inquiéta aussitôt son amant.
Il la rejoignit près du canapé, jusqu'à s'accroupir sur un genou, puis il posa ses mains sur ses bras. Ses sourcils étaient froncés. Il craignait toujours que son combat lui ait laissé des séquelles. Hana écarta ses mains et lui offrit un maigre sourire de réconfort.
-Toutes ces informations me donnent mal à la tête. Pas toi ?
Elle ne regrettait pas d'avoir obtenu des réponses. Après tout, elle l'avait voulu. Et puis, la confiance de Gin l'honorait. Au lieu de déséquilibrer leur relation, elle la renforçait. Mais la sensation de catastrophe imminente qui résultait de ces révélations était difficile à gérer pour elle. Elle ne désirait plus qu'une chose : dormir et oublier durant quelques heures la galère dans laquelle ils se trouvaient.
-J'ai eu le temps de les assimiler depuis longtemps, contrairement à toi. Et puis, je suis Capitaine, c'est mon boulot.
-Eh bien, je ne serai jamais Capitaine, maugréa-t-elle avec une moue boudeuse.
Gin se permit un sourire. Il commença de doux mouvements des doigts, lui massant les bras, puis les poignets.
-Pas avant longtemps, j'espère, murmura-t-il.
-Capitaine Ichimaru, vous ne m'aimez que comme votre subordonnée ? le taquina-t-elle sans réfléchir à ses paroles.
Gin se figea. Hana s'étonna de son silence puis, lorsqu'elle releva la tête pour croiser son regard, comprit ce qu'elle venait de dire.
-Oh, je… je voulais dire… s'empourpra-t-elle.
Gin se pencha vers elle et l'embrassa tendrement. Hana répondit doucement à son baiser. Mais lorsqu'il voulut s'éloigner, elle l'attrapa par les épaules et l'embrassa preque violemment. Il répondit à son baiser avec toute la passion qui l'envahissait à chaque fois qu'Hana initiait leurs relations. Mais cette fois, il y avait autre chose. Quelque chose de plus, qui le poussait à la posséder plus fort que d'habitude, à lui exprimer son désir comme si elle était la plus belle femme des mondes. Il voulait lui dire tout ce que lui apportait leur relation, malgré les difficultés. Qu'il commençait à guérir, qu'il aimait être son Capitaine et la guider sur la voie des shinigamis, et encore plus être son amant. Une relation qu'il avait longtemps souhaitée, mais qu'il s'était interdit des années durant. Ce privilège le remplissait d'une joie telle qu'avec elle, il arrivait à espérer. Peut-être que le futur pourrait être plus fort que le passé.
Shinsô avait raison.
Bien vite, ils se déshabillèrent et commencèrent à se toucher à même le canapé. Ce n'est qu'après l'avoir fait jouir, encore et encore, presque endormie, qu'il osa enfin lui murmurer trois petits mots. Si bas qu'il n'était pas sûr qu'elle ait entendu. Qu'il espérait qu'elle n'ait pas entendu.
Mais elle le regarda avec plus d'intensité que jamais, et son sourire était éblouissant. Elle lui répondit.
TO BE CONTINUED
J'espère que ça vous a plu, n'hésitez pas à laisser un p'tit commentaire.
Prochain chapitre en août ! Et bon été :)
