Était-ce un heureux hasard, ou Galor s'était-il débrouillé pour qu'ils se retrouvent isolés du reste du groupe de chasse alors qu'ils tentaient de lever une piste intéressante à suivre?

Quoi qu'il en soit, ils s'étaient trouvés plaqués contre l'écorce rugueuse d'un tronc, se murmurant mutuellement d'être plus discret alors qu'ils riaient tout bas, heureux et stupidement euphoriques, partageant cette nouvelle intimité étourdissante qu'étaient leurs forces vitales mêlées.

Ils s'étaient précipitamment séparés, le vert aux joues, et s'empressant de remettre un peu d'ordre dans leur tenue lorsque Paalaq, d'un sifflement codifié, annonça avoir trouvé une piste.

Ne pouvant s'empêcher de sourire à chaque fois que son regard croisait celui de Galor, Ilinka s'empressa de rejoindre leurs camarades.

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On lui avait dit qu'il était resté inconscient presque un jour entier.

Pourtant, pour Zen'kan, il aurait pu s'agir d'une heure ou d'un siècle, ça aurait été pareil.

Il s'était réveillé brusquement, comme au sortir d'un cauchemar, arrêté seulement par la main apaisante mais inflexible de Sol'kan sur son épaule.

«Hein? Quoi? Suis où?» bafouilla-t-il, perdu.

«Tout va bien. Tu es en sécurité. Tout va bien.» lui répondit son aîné, accompagnant ses paroles d'une vague apaisante et emplie de fierté.

Fierté qu'il ait si bravement enduré sa pénitence, mais également fierté qu'avec les autres apprentis gardes, ils aient su, au final, affronter tous ensemble cette adversité. Fierté finalement, de pouvoir compter sur un frère si courageux pour protéger son commandant.

Rassuré, Zen'kan se laissa retomber sur sa dure couchette. Grimaçant un peu, Sol'kan fit jouer son épaule, s'attirant un regard perplexe du jeune guerrier.

Il ne chercha pas à lui cacher la vérité. A force de manier la lourde barre qui l'avait presque tué, Sol'kan s'était littéralement déchiré les muscles de l'épaule. Et la sanction administrée, il avait été le premier à lui faire un don de vie. Ce qui aurait pu être sans conséquence, si Bibkal'mar, jusqu'au-boutiste dans sa morale, n'avait pas décidé que, les fautes comme les réussites des uns étant celles de tous, chacun devrait payer pour les actes irréfléchis de seulement six d'entre eux.

Sol'kan, parfaitement dévoué à son commandant et à ses idéaux, avait donc tout naturellement accepté qu'ayant librement offert plus de sa force vitale qu'il n'était raisonnable de le faire au vu de ses blessures, il devrait attendre comme de coutume son tour pour se nourrir et enfin guérir.

Zen'kan n'arrivait pas à comprendre cet état de fait qui lui était imposé. Comment le guerrier, sans broncher, avait pu accepter de le battre – potentiellement à mort – sur un simple ordre, seulement pour ensuite s'acharner à le sauver, d'une manière telle qu'il ne pouvait imaginer que deux personnes dans tout l'univers le faire pour lui.

Non, il ne comprenait pas.

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Limbani avait dit qu'elle se rendrait utile, et elle n'avait pas menti.

Rorkalym s'était préparé à lui laisser faire toutes ces choses qu'il se targuait d'être parfaitement capable d'accomplir seul, comme sa toilette, ou faire son lit, mais il n'en eut pas besoin.

Dégourdie et pratique, la servante s'était plutôt appliquée à faire le reste, anticipant les mille petites choses auxquelles il n'avait pas pensé, mais qui faisaient partie de ce genre d'opération.

Ils allaient être hébergés dans un palais réservé à cet effet, au cœur de Kirna'din, la capitale rebelle des séparatistes jubïnois.

Trop occupé à suivre pas à pas Rosanna et à prendre en note tout geste, toute expression et toute parole qui pouvait ne pas être remarqués par les deux secrétaires du commandant, il n'avait pas pensé à se renseigner sur l'emplacement de la chambre qui lui était attribuée, ni à s'assurer que, ses schiitars étant toujours fermés, quelqu'un songe à lui apporter à manger.
Et voilà que, profitant d'une brève pause dans le protocole, Limbani s'était comme matérialisée à côté de lui, lui fourrant discrètement dans la main une poignée de petites boules denses et un peu collantes, qui s'avérèrent être un nourrissant amalgame de fruits séchés et de noix qu'il put grignoter furtivement sur l'après-midi, entre deux prises de notes.

La femme reparut comme par magie, moins d'une minute après que Rosanna se soit retirée dans sa chambre pour la nuit, pour le conduire à ses propres quartiers – qu'il devina, au vase incongrûment rempli d'une gerbe d'herbes jaunâtres, réaménagés par ses soins.

Ayant suivi son regard, elle sourit.

«Je me suis dit qu'avec tout votre travail, ici au palais, vous seriez content de savoir de quelle couleur est l'herbe là-dehors.»

Il opina.

«Et comment est le soleil?» s'enquit-il, abandonnant avec plaisir la tablette qu'il avait portée tout le jour sur le petit bureau flanquant son humble chambre.
«Je ne saurai le dire, il était si brillant que je n'ai pas pu le regarder.» rougit la servante.

«Comme la plupart des soleils. Il ne faut pas les regarder en face, ça peut rendre aveugle.»

«Oh, je ne savais pas.»
«Heureusement, vous ne l'avez pas fait...» nota-t-il, jetant un regard à la femme – qui piqua un fard. «Limbani!» ne put-il s'empêcher de siffler, s'approchant pour la détailler plus avant.
«Je vais bien, je vous le promets.»
«Mmmh. N'essayez plus de regarder le soleil en face!»
«Par toutes les reines, je vous le promets!»
«Merci.»

Elle sourit, produisant de derrière un coin d'ombre un plateau garni d'une grosse cloche de métal brillant.

«Merci à vous de m'avoir emmenée. Vous avez faim?» s'enquit-elle.

Avec un grondement furieux de son ventre, Rorkalym ne put qu'acquiescer.

Riant tout bas au bruit incongru, elle l'invita à s'asseoir, posant devant lui le plateau et révélant théâtralement une belle assiette garnie d'un poisson entier et de plusieurs légumes rôtis aux formes étranges.
«Voilà pour vous.» nota-t-elle fièrement, se reculant, les mains dans le dos, dans cette posture discrète du serviteur en attente.

Rory voulait bien la laisser se rendre utile, mais il n'était pas question qu'elle reste plantée là ainsi!
«Et vous?» s'enquit-il.

La femme perdit toute superbe.

«Moi?»
«Oui. Vous ne mangez pas?»
«Je mangerai plus tard. Ne vous inquiétez pas.»

«Allez chercher votre repas, je vous attends.»
«Non, je ne peux pas accepter!» rougit-elle.
«Si, si. Je vous attends. Allez-y.»
«Mais... ça va refroidir...» bafouilla-t-elle piteusement.

«Alors, dépêchez-vous.» répliqua-t-il, avec une mine éloquente.

La femme se tortilla un peu, tétanisée par son dilemme puis, bâclant une courbette et bafouillant des excuses, elle partit en courant.

Il serait effectivement dommage que le délicieux plat refroidisse. Rory remit donc la cloche en place et s'installa un peu plus confortablement dans sa chaise.

Moins de cinq minutes plus tard, Limbani était de retour, un grand bol d'un genre de soupe informe en main.
«C'est quoi, ça?»
«Mon repas.» répondit-elle, les lèvres pincées.

«Ça n'a pas l'air bon.» nota-t-il.

«Ça n'a pas à l'être. C'est nourrissant.» répondit-elle, s'asseyant timidement sur la seconde chaise.

Avec un sifflement peu convaincu, il attaqua son repas.

C'était effectivement délicieux, le poisson cuit parfaitement à point et les légumes fondants et savoureux. La moitié du plat avalée, il reposa ses couverts, son geste attirant l'attention de Limbani qui posa également son bol, attentive.

«Maintenant, on échange.» déclara-t-il, récupérant l'affreuse soupe avant qu'elle puisse l'en empêcher, et poussant le plateau devant elle.

«Rorkalym, non. Je ne peux pas accepter!»
«Mais si.»

«Non! Ce serait inconvenant.»
«Personne ne peut nous voir. Allez-y, goûtez, c'est vraiment délicieux. Contrairement à cette chose.» nota-t-il, faisant la grimace à sa première cuillerée de la mixture.

«Je ne peux pas accepter, je suis désolée.» se braqua-t-elle, les bras croisés en une attitude de défi.

Rory ravala un sourire, se retenant de lui faire remarquer que pour une servante, il était sans doute bien plus inconvenant de se comporter ainsi que de manger les restes de son «maître».

«Vous êtes sûre? C'est vraiment excellent.»
«Oui! Et arrêtez de manger ça! Ce n'est pas pour vous!» répliqua-t-elle, essayant vainement de récupérer son bol.

Bien décidé à ne pas lui rendre l'infâme brouet, Rory en avala une grande gorgée.

«Je ne vais pas finir ce plat, et j'ai encore faim, alors cette soupe est à moi.» répliqua-t-il.

«Si vous avez encore faim, je vais vous chercher autre chose, mais par pitié, ne mangez pas ça! C'est répugnant!»
«On est bien d'accord.» répondit-il, reposant le bol vide.
La servante se rassit, défaite.

«Alors pourquoi vous l'avez fini?»
«Pour que vous ne puissiez pas le faire.»

«Mais pourquoi?» s'agaça-t-elle.

«Parce que personne ne devrait avoir à avaler cette chose, et que vous méritez mieux.»

Toute colère disparut des traits de la femme.

«Vous êtes bien le seul à la penser...» murmura-t-elle.

Rory ne sut que répondre. Son instinct lui disait de la serrer dans ses bras, de lui montrer tout ce qu'il voyait en elle, tout ce qu'elle représentait pour lui. Mais il se retint, pris d'une pudeur soudaine, alors qu'il réalisait qu'il était peut-être le seul à vouloir subvertir l'équilibre millénaire régissant wraiths et adorateurs.

Le silence s'allongea, alors que quelques rires lointains résonnaient, semblant se moquer d'eux. Finalement, il trouva le courage de le briser.

«Limbani, je sais que... les wraiths ont tendance à avoir l'air forts, et puissants, et de toujours tout contrôler. Comme s'ils... Comme si on était les maîtres de l'univers. Mais ce n'est pas vrai...»
La femme sourit doucement, esquissant un geste pour effleurer sa main, se retenant juste à temps.

«Je le sais. Tous les adorateurs le savent. Personne ne peut régner sur une galaxie, avec la lessive à faire et les couloirs à nettoyer. Nous sommes là pour vous servir, pour que vous puissiez être les grands seigneurs que vous êtes.»

«Vous valez mieux que ça...» souffla-t-il, défait.

À sa grande surprise, elle rit, doucement, presque tendrement.
«Peut-être, mais si vous vous dévouez corps et âme à cette cause, pourquoi devrais-je faire différemment?»
«Ce n'est pas pareil.»
«Parce que vous avez eu la chance d'étudier pendant des années, et pas moi? Parce que nos compétences sont différentes? Vous êtes capable de négocier des traités au nom de Sa Majesté Gady, et de calculer des trajectoires d'atterrissage. Vous êtes capable de faire des choses que je ne pourrai jamais faire. Je ne mériterais pas que l'on me confie les responsabilités qu'on vous donne, mais j'ai le droit, moi aussi, de servir notre cause. Je suis née servante de Silla. Je suis Ouman'shii. Comme vous, je sers Sa Majesté Rosanna Gady, et je rêve du jour où la noble princesse Ilinka montera sur le trône.»
Sa tirade finie, elle s'arrêta, un peu essoufflée. Rorkalym soupira.

«Vous avez raison, je ne peux pas, et je ne veux pas, vous interdire de faire ce que vous pensez juste, mais je crois sincèrement que vous pouvez faire tout cela, et plus encore, sans vous priver de goûter à ce délicieux poisson. C'est vrai, nous n'avons pas les mêmes compétences, pas les mêmes aspirations, ni les mêmes rôles, mais il n'est pas nécessaire que vous vous maltraitiez plus que de raison pour ce faire. Vous comprenez?»

Elle opina.

«Vous non plus.» nota-t-elle, rajustant le plateau devant elle.

«Alors demain, prenez directement deux plateaux.» répondit-il avec un sourire.

Elle se contenta de lui jeter un regard torve par dessus l'assiette entamée. Qu'elle eut tôt fait de terminer.

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Un jour, Galor avait suggéré qu'il la rejoigne dans la hutte familiale, une fois la nuit tombée. Horrifiée, elle le lui avait absolument interdit. Peut-être que Jitik ne voyait aucun problème à étreindre ses amants d'une nuit à côté de leurs frères et sœurs, mais ce n'était pas son cas!

Il avait accepté son refus avec élégance, mais cela ne l'avait pas empêché de trouver de plus en plus régulièrement toutes sortes d'excuses plus ou moins bancales pour passer du temps avec elle ou juste venir la voir.

Au début, seul Noodh'al avait semblé avoir à y redire, feulant sur le jeune chasseur chaque fois qu'il s'approchait, et lui répondant uniquement de quelques monosyllabes sèches.

Ilinka, qu'il fuyait toujours, l'avait ignoré jusqu'au jour où, s'interposant littéralement entre elle et Galor – qui le dominait pourtant d'une demi-tête –, il fit mine de vouloir s'en prendre physiquement à lui.

Faisant signe au jeune chasseur qu'elle le rejoindrait plus tard, elle avait donc plaqué son frère adoptif contre un des montants de la hutte, exigeant qu'il s'explique. Il l'avait repoussée d'un geste sec de l'épaule et d'un sifflement mauvais, arguant qu'il ne faisait que son devoir.

Suite à ça, Iri'kel, imitant sans doute son aîné, s'était mis à feuler sur Galor, suivi bientôt par Tikan, qui repoussa même le jeune mâle d'une bourrade brutale, lorsque ce dernier, prétextant rapporter une sagaie égarée à Ilinka, avait fait irruption peu avant l'heure du coucher des petits.

Le sommet fut atteint lorsqu'elle trouva les deux compagnons de Zalinn accroupis devant l'âtre central en plein milieu de la nuit, montant de toute évidence la garde.

«Mais c'est quoi votre problème, à tous?!» explosa-t-elle, réveillant en sursaut la moitié de la famille.

«Quoi? Il se passe quoi?» marmonna Kassinn, perdue.

«Rien, rien, rendors toi...» répondit Jitik d'un ton las, jetant un regard noir à Ilinka avant de se recoucher.

Il ne se passait pas rien et, grommelante, Ilinka s'extirpa complètement de sa couche, alors que Zalinn, réveillée par le boucan, venait voir ce qui se passait.

«C'est quoi votre problème avec Galor? Vous êtes en train de monter la garde comme si c'était un dangereux taré! C'est quoi qui va pasavec lui?!» s'énerva-t-elle, gesticulant.

Tikan et Brel'om échangèrent un regard perplexe.

«Rien. Pourquoi?»
«Alors pourquoi tout ces histoires? Pourquoi vous le traitez soudain comme si c'était votre pire ennemi?»
«Parce que c'est ce qu'il faut faire.» répondit Noodh'al, sortant à son tour du lit.

«Pardon?!»
«S'il veut tes faveurs, il doit les mériter.» renchérit Iri'kel de sa petite voix d'enfant.

«Quoi?! Et de quoi tu te mêles, d'abord?!»
L'enfant eut l'air blessé.

«Ben, tu es ma sœur!»
«Quoi? (Elle soupira, prise d'un soudain mal de tête, et se passa une main sur le visage.) Bon... Encore un truc que je comprends pas. Vous m'expliquez?» gémit-elle.

Zalinn, visiblement rassurée quant à la tournure des choses, laissa la tenture séparant l'alcôve parentale du reste de la hutte retomber, et repartit se coucher.

Il y eut quelques instants de silence, pendant lesquels les quatre mâles se consultaient du regard, puis Brel'om se lança.
«Iri'kel a raison. Si Galor veut réellement tes faveurs, il doit s'en montrer digne. Vous êtes encore jeunes, tous les deux: ce qu'il se passe à votre âge n'a pas d'importance, mais s'il n'est pas capable de prouver sa volonté de se battre pour toi, alors il ne mérite pas ton attention. Nous n'allons pas l'accueillir à bras ouverts. L'attention d'une femelle, ça se gagne.» expliqua-t-il.
«Et ça se défend, aussi.» rajouta Tikan d'un ton docte.

«Je suis pas sûre de comprendre.» soupira-t-elle.

«Ce n'est pas que Galor qui est mis à l'épreuve. Ce sont aussi tes frères.»
«Hein?»
«S'ils ne sont pas capables de repousser le premier opportun venus qui cherche l'attention de leur sœur, alors comment seront-ils capables de le faire quand il s'agira de leur compagne?» expliqua Tikan.
«Ou de leurs filles!» ajouta Brel'om, arrachant un haussement d'arcade sourcilière approbateur de son paramour. (1)
Ilinka gronda un soupir, s'avachissant en arrière.

«Soit, admettons. Mais si tout ça, c'est un entraînement traditionnel, ou je sais pas quoi, pourquoi vous faites pas pareil avec les trente copains de Jitik?!»
Tikan pouffa.

«Justement: parce qu'il y en a trop pour que l'on puisse compter, et qu'ils sont tous trop lâches pour oser seulement se présenter face à nous comme le fait Galor.»

Rejetant ses fourrures avec colère, l'intéressée se redressa

«Hé!»

«Tiens, tu ne dors pas.» nota platement Noodh'al.

«Non! Et je vous signale que si vous ouvriez un peu les yeux, vous verriez que j'ai des prétendants sérieux!»
«Ah, lesquels?» s'enquit Iri'kel, sincèrement curieux.

Avec un soufflement furieux, Jitik se recoucha.

L'incident fit planer un étrange silence, alors qu'ils fixaient tous le dos de la femelle, puis tous les regards se retournèrent vers Ilinka, qui soupira.

«Et ça va durer combien de temps?»
«Aussi longtemps que nécessaire.»

Résignée, elle haussa les épaules.

«D'accord. Mais est-ce qu'il serait possible d'éviter les gardes de nuit? De toute manière, il ne risque pas de venir ici, je le lui ai interdit.»

Brel'om et Tikan échangèrent un regard, puis le premier se redressa.

«Soit. Alors il n'y aucune raison de rester debout. Bonne nuit.»
«Bonne nuit.» renchérit le second, lui emboîtant le pas.

«C'est vrai, pourquoi?» s'enquit Iri'kel, une fois les adultes disparus.

«Parce qu'il y a des choses qui gagnent à rester privées...» suggéra-t-elle.

«Ah, comme?»

«Je ne sais pas, utilise ton imagination!» répondit-elle, en se rallongeant.
L'enfant réfléchit de longs instants.

«Je vois pas.» conclut-il finalement en se recouchant aussi.

Ilinka ne put que soupirer. Effectivement, difficile d'imaginer ce qui pouvait être trop intime aux yeux d'un enfant ayant grandi dans la proximité chaude de la hutte, où tout ce qui séparait les uns des autres était, au mieux, quelques tentures de cuir.


(1) Terme désignant le conjoint d'un conjoint. Brel'om et Tikan étant tous deux les compagnons de Zalinn, ils sont paramours.