Quand Dorea se réveilla ce matin-là, elle eut beaucoup de mal à se souvenir où est-ce qu'elle se trouvait. C'est quand elle ouvrit, d'un geste paresseux de la main, les tentures de taffetas beige et qu'elle vit les maisons mitoyennes blanches face à la fenêtre, qu'elle réalisa qu'elle se trouvait dans sa nouvelle demeure…

Non rectification… Leur nouvelle demeure.

Bien qu'au premier abord, la panique s'était saisit d'elle, la joie immense qu'elle éprouvait en cet instant était indescriptible. Elle avait des papillons dans le ventre face aux champs des possibles qui s'ouvraient à eux.

Drago et elle, allaient entamer un nouveau tournant dans leur histoire. Et quel tournant ! Ils allaient vivre ensemble, tel un vrai couple, partageant son quotidien de la plus banale des façons. Il n'y avait pas plus beau comme cadeau pour sa majorité.

Un sourire rêveur accroché aux lèvres, elle se tourna vers la place à la gauche du lit et constata qu'elle se trouvait vide. L'oreiller même était froid. Fronçant des sourcils, elle se leva, s'enroulant du drap blanc pour dissimuler son corps nu et sortit de la chambre, notant au passage une porte qui devait mener à la salle d'eau, attenante à la pièce. N'entendant aucune douche où l'eau clapotait sur sol carrelé, elle s'introduisit dans le couloir. C'est à cet instant qu'elle remarqua quatre portes de part et d'autre de l'escalier. Elle pensa que la maison avait certainement dû être agrandie magiquement pour contenir autant de chambres.

Descendant les marches moquettées, elle jeta un coup d'œil dans le vestibule, puis passa sa tête dans le salon.

- Drago ? appela-t-elle

Mais seul le silence lui répondit. La jeune femme, grignant le front, chemina vers la cuisine qui toutefois, comme le reste de la maison, était vide.

Elle n'eut le temps de se demander où était passé le blond que la porte d'entrée se déverrouilla dans une suite de claquements sonores et le jeune homme apparu face à elle, le costume négligemment mis et les cheveux décoiffés au possible. Il tenait dans sa main un sachet de muffins, dont Dorea raffolait. Il posa donc le sachet sur la table d'appoint tout juste à côté de la porte, ainsi que les clés et referma la porte.

Puis se tournant vers la rousse, souriant face à sa présence. Tout en s'approchant d'elle, il se délesta de sa veste et commença à déboutonner sa chemise.

- Je crois que finalement, tu me suffiras amplement comme petit-déjeuner, dit-il le ton rauque.

Il la saisit par la taille, ouvrit le drap qui s'échoua au sol puis attrapa ses fesses pour la porter et remonter dans leur chambre.

0o0

Dans le milieu de la matinée, Dorea et Drago se trouvaient assis à la table de la salle à manger, ouverte elle-même sur la cuisine, et dégustaient leur pâtisserie avec délectation.

- Tu es prête ? questionna Drago.

- Et toi ? retorqua-t-elle.

Il haussa les épaules en saisissant une pépite de chocolat sur le muffin.

- On se fait marquer, on prend nos affaires et on reste cloîtrés ici pour le restant de nos jours, dit le jeune homme, une pointe d'ironie s'élevant dans sa voix.

- Dit comme ça, ça a l'air simple, s'esclaffa Dorea.

- On sera entièrement à sa disposition, rien ne sera simple.

Dorea resta silencieuse, mais approuva intérieurement le blond. Elle appréhendait.

Ils finirent donc de manger, nettoyant rapidement les miettes laissées sur la table. Dorea saisit son sac qu'elle avait laissé sur le canapé dans le salon et remit ses chaussures, puis rejoignit Drago dans l'entrée.

- Si mon père, te demande, nous logeons dorénavant dans un hôtel sur le chemin de traverse.

- Quoi ? fit Dorea étonnée. Pourquoi dois-je mentir ?

- Parce que ma mère ne lui a jamais révélé qu'elle avait gardé en secret cette maison. Il croit qu'elle l'a vendue, il y a de ça des années.

- Mais…

- Fait ce que je te dis, Dott', insista-t-il. Nous allons protéger ce lieu sous le charme de fidelitas avec ma mère. Ça peut passer pour une nuit, mais je ne souhaite pas être une cible ouverte au cas où les choses tourneraient mal. D'accord ?

Dorea considéra le blond, et elle se rendit compte pour la première fois depuis qu'elle le fréquentait, que ce n'était plus un garçon arrogant qui se trouvait face à elle, mais un homme. Un homme charismatique, beau et dont elle était irrémédiablement amoureuse. Néanmoins, cet homme face à elle, qui la fixait avec une certaine dureté dans les yeux, était un homme qui avait beaucoup mûri en peu de temps. Il prenait ses responsabilités et elle se sentait même en sécurité près de lui. Sa présence l'avait toujours rassurée, mais là, c'était différent. Elle avait l'impression qu'elle serait perdue sans lui.

En fin de compte, elle approuva d'un signe de tête, puis il s'apprêta à saisir sa main avant de se figer.

- Mais… au fait, tu es majeur, non ?

- Oui, et…

- Tu peux nous faire transplaner.

- Je ne sais pas transplaner correctement, Drago. Tu sais mieux le faire que moi.

- Tu préfères conduire les motos, je suppose ?

- Tu supposes bien, sourit Dorea.

- Il va falloir tout de même que tu t'entraînes, tu le sais ? dit-il en plissant les yeux, l'air inquisiteur.

- Oui, mais pas aujourd'hui.

Le jeune homme eu soudainement un sourire goguenard et elle n'eut le temps de réaliser ce qu'il projetait de faire, qu'il disparut dans un bruit significatif.

- Espèce de petit con !

Et dire que deux minutes auparavant, elle se faisait la réflexion qu'il avait mûri.

Exhalant d'exaspération, elle ferma les yeux, puis se concentra sur sa destination, avec décision et détermination, se souvenant des cours du moniteur de transplanage : Wilkie Tycross.

Puis claquant des doigts tout en tournant sur elle-même, elle s'engouffra dans un étau étroit, qui lui étira les entrailles, jusqu'à ce qu'elle chutât brutalement sur le sol.

Un ricanement moqueur se fit entendre au-dessus d'elle et vit Drago l'attendre près du portail.

- J'en ai mal au dos pour toi, déclare-t-il alors qu'elle se relevait, la mine énervée.

- Tu n'avais pas le droit ! dit-elle avec véhémence en pointant un doigt accusateur vers lui. Imagine que je me serais désartibulée. Tu aurais eu l'air fin !

- Tant que je peux te faire l'amour, moi ça ne me pose aucun problème, dit-t-il de sa voix nonchalante.

Il disait simplement cela pour la provoquer. Elle le savait, mais ce qu'il pouvait l'agacer quand il s'y mettait.

Le portail s'ouvrit machinalement lorsque Drago se posta face à l'entrée et tous deux se dirigèrent vers le Manoir.

Ils montèrent les marches et arrivèrent dans le salon du deuxième étage, où Voldemort, était dos à eux, face à Rogue qui s'inclinait avec déférence devant lui.

Tous deux conversaient dans un murmure, mais les deux jeunes gens ne furent pas suffisamment discrets pour qu'ils ne constatèrent pas leur présence. Le professeur Rogue passant un regard par-dessus l'épaule de son maître, ce dernier se retourna pour les considérer à son tour.

- Tiens, vous êtes là, tous les deux ? affirma-t-il de sa voix sifflante.

- Nous rentrons tout juste, maître, déclara Drago en abaissant la tête.

Le Seigneur des Ténèbres eut un ricanement tandis que Nagini apparaissait derrière la rousse, glissant sur le sol tout en ouvrant sa gueule pour montrer ses crochets menaçants.

- Voyez-vous ça, dit Voldemort en caressant la tête de son serpent alors qu'il arrivait à ses pieds.

- Si vous voulez bien, maître, intervint Dorea, nous souhaiterions nous préparer pour la cérémonie.

- Faites donc, dit le Mage Noir en désignant les escaliers de sa main blanchâtre.

Drago et Dorea poursuivirent leur chemin sans demander leur reste et Voldemort reporta son attention sur Rogue.

- Alors acceptes-tu ce que je te demande ?

- C'est un honneur maître.

Un sourire sans lèvre étira la bouche de Lord Voldemort.

0o0

Dorea avait rassemblé le peu d'affaires éparpillées dans la chambre et à présent, sa malle était fermée. Seule sa tenue pour la cérémonie, qu'elle avait trouvée, le matin même, étalée sur son lit, était à présent suspendue sur la porte de la penderie.

La jeune femme, en ce début d'après-midi ombragé, sortait de la douche. Ses longs cheveux roux auburn tout juste peignée et son corps frêle recouvert d'une serviette.

Elle était restée figée devant le miroir, ne sachant ce qu'elle était tenue de faire.

L'envie de fuir à toute jambe progressait en elle, depuis qu'ils étaient revenus le matin même. Elle avait l'impression qu'un monde avait cloisonné la soirée, la nuit ainsi que la matinée qu'elle avait vécue avec Drago et cet après-midi funeste où elle rejoignait officiellement les rangs de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcé-le-nom.

Avalant avec difficulté sa salive, la pensée que Drago serait à ses côtés lui procura une douce consolation et elle se résolut finalement à se vêtir.

0o0

Drago boutonnait sa veste d'un geste indolent, se contemplant dans le miroir sur pieds, placé à côté de la porte de son dressing. À cet instant, à travers le reflet, il vit son père entrer dans la pièce et l'examiner d'un œil inquisiteur.

- Je vois que tu as rassemblé tes affaires, murmura Lucius en lançant un coup d'œil aux malles disposées au pied du lit.

- Dès que la cérémonie sera finie, nous partons de ce manoir, répondit froidement le blond.

Le père referma la porte, puis s'approcha de son fils jusqu'à se poster derrière lui.

- Je n'ai nullement voulu tout ceci pour toi Drago, murmura l'homme.

Le jeune homme leva le regard vers son géniteur puis eu un petit rire dédaigneux.

- Tout le problème est là, père. Lorsque vous étiez en odeur de sainteté, vous ne voyiez que la gloire que tout ceci aurait pu vous apporter. Mais maintenant qu'il ne vous a plus à la bonne, il est clair que vous avez ouvert les yeux sur la véritable personnalité de votre maître. C'est-à-dire un assassin.

Lucius contourna son fils pour se placer devant lui et saisir les deux pans de son col.

- Je ne peux rien dire qui te ferait changer d'avis, n'est-ce pas ? en boutonnant à son tour le vêtement.

- Je reste avec elle, quoi que vous disiez.

Le père finit de fermer la veste, puis considéra son fils, levant son menton en pointe.

- Elle aurait été parfaite pour toi si elle n'était pas ce qu'elle est.

0o0

Dorea était à présent assise sur son lit, ayant revêtu sa longue robe noire. Seulement, elle était incapable d'aller plus loin. Et si elle commettait une erreur ?

Quelques coups furent toqués à la porte, et Dorea sursauta, saisissant aussitôt sa baguette. Drago ne frappait jamais, il entrait, tout simplement.

- Qui est-ce ?

- Narcissa, annonça la voix de la mère de Drago à travers la porte.

Dorea, d'un geste de main, déverrouilla la poignée et la blonde pénétra la chambre puis referma la porte derrière elle.

- Vous n'arrivez pas, n'est-ce pas ?

La rousse secoua le chef et baissa le regard pour fixer ses genoux tremblants. Probablement n'avait-elle jamais eu aussi peur de sa vie.

Elle perçut l'épouse Malefoy attraper le manteau encore suspendu à la porte de l'armoire, puis s'approcher de la jeune femme.

- Levez-vous, ordonna-t-elle néanmoins avec bienveillance.

Dorea s'exécuta machinalement et Narcissa l'aida à enfiler la veste puis revint face à elle, et commença à la boutonner de tout son long.

- Je… je tenais à vous remercier pour…

- Ne dites rien, personne ne doit savoir, interrompit la mère de Drago dans un chuchotement et avec une certaine crispation.

Le silence revint entre les deux femmes puis Dorea, n'y tenant plus, reprit la parole.

- Je suis désolé de ne pas être celle que vous destiniez à Drago. J'aurais aimé que ça se passe autrement. J'ai beaucoup de peine à savoir Drago et son père fâchés. Malgré ce que je pense de lui, il reste son père, ajouta-t-elle dans un demi-murmure.

Narcissa, qui jusque-là avait évité de poser son regard sur elle, leva ses yeux azur et les encrèrent dans les siens, avec une détermination manifeste.

- Mon fils et mon époux ont toujours eu une relation conflictuelle. Vous n'êtes qu'une excuse de plus pour qu'ils se disputent. Je crois que Drago ne mesure pas la chance d'avoir un père, en vie, et relativement en bonne santé, contrairement à vous. Et je crois que Lucius ne mesure pas la chance d'avoir un fils qui détient plus d'humanité que quiconque dans cette famille. Et ce, grâce à vous.

Dorea, à l'entente de la dernière remarque de la mère de Drago, cessa de respirer mais resta tout de même de marbre. Toutefois, elle ne put cacher plus longtemps sa surprise lorsque la femme se pencha et l'embrassa sur le front.

- Rendez-le heureux, c'est tout ce que je vous demande.

La rousse suivit Narcissa des yeux, alors que cette dernière sortait de la pièce pour la laisser seule.

Elle vira son regard en direction de son reflet à travers le miroir face à elle et inspira profondément.

0o0

Une atmosphère d'attente fébrile se répandait dans la chaleur du chapiteau, le brouhaha des conversations interrompu de temps à autre par des éclats de rire surexcités. Mr et Mrs Weasley remontèrent l'allée centrale d'un pas tranquille, souriant et adressant des signes de la main à des membres de la famille. Mrs Weasley portait une robe toute neuve, couleur d'améthyste, et un chapeau assorti.

Un instant plus tard, Bill et Charlie se levèrent, à l'avant du chapiteau, tous deux vêtus de robes de cérémonie, de grandes roses blanches à la boutonnière. Fred siffla comme s'il avait vu passer une jolie fille et des gloussements retentirent parmi les cousines Vélanes. Puis l'assistance devint silencieuse lorsqu'une musique s'éleva, provenant apparemment des ballons dorés.

0o0

Dorea sortit de sa chambre à son tour puis s'enfonça dans le couloir sombre. Mais à peine eut-elle fait quelque pas, que Drago apparut au bout du corridor.

Tous deux se dévisagèrent puis le blond lui adressa un léger hochement de tête auquel elle répondit avec imitation.

Elle s'approcha alors vers lui, puis sans un mot, tous deux comprirent qu'il n'était plus temps de reculer, mais d'avancer et aller au bout de ce qu'ils avaient entreprit.

Ils descendirent alors les marches d'un pas mesuré, le murmure des mangemorts installés dans le salon résonnant entre les murs du Manoir.

0o0

Un immense soupir collectif monta de la foule des sorcières et des sorciers quand Monsieur Delacour et Fleur s'avancèrent dans l'allée centrale, Fleur d'un pas aérien, Monsieur Delacour d'une démarche bondissante, le visage rayonnant. Fleur portait une robe blanche très simple et semblait émettre autour d'elle un puissant halo de lumière argentée. Alors qu'habituellement, son éclat éclipsait tous les autres, aujourd'hui en revanche, il embellissait quiconque s'en approchait. Ginny et Gabrielle, toutes deux vêtues de robes dorées, paraissaient encore plus belles qu'à l'ordinaire et lorsque Fleur fut arrivée à sa hauteur, Bill semblait n'avoir jamais rencontré́ Fenrir Greyback sur son chemin.

0o0

Alors arrivés au bas des escaliers menant au grand salon, les mangemorts présent de part et d'autre de la pièce, se tournèrent vers eux d'un seul et même mouvement, leurs visages dissimulés par leur masque d'argent.

À l'inverse, seul Voldemort, Bellatrix à sa gauche ainsi que Narcissa et Lucius à ses côtés, puis Rogue, à sa droite, étaient à découvert.

Derrière le mage noir, un immense chaudron de la taille d'un petit homme bouillonnait. Petitgrew, se tenait courbé, sa main en argent tenant une sorte de tisonnier où le dessin de la marque des ténèbres se suspendait au bout.

Drago et Dorea progressèrent précautionneusement le long de l'allée centrale, dans un silence des plus sinistre. Voldemort les observait ainsi de son regard rougeoyant, un rictus en coin non moins menaçant.

0o0

- Mesdames et messieurs, dit une voix légèrement chantante.

Avec une certaine surprise, Harry vit le même petit sorcier aux cheveux en épis qui avait présidé́ aux funérailles de Dumbledore. Il se tenait à présent devant Bill et Fleur.

- Nous sommes aujourd'hui réunis pour célébrer l'union de deux âmes fidèles…, poursuivit-il.

0o0

Bellatrix s'avança, se postant face à eux et leva le menton à l'adresse des mangemorts derrière eux.

- Chers fidèles, nous sommes ici aujourd'hui pour unir à notre cause, deux âmes se mettant au service de notre Grand Maître.

Un silence s'ensuivit puis le sourire de la brune s'étira et elle murmura :

- Ployez le genou devant lui.

Tous s'exécutèrent et Drago et Dorea en firent de même, courbant l'échine devant Lord Voldemort.

- Tendez le bras, pour porter serment.

Les deux jeunes gens hissèrent leur bras gauche, puis Bellatrix déchira tour à tour leur manche, avec une certaine brusquerie, faisant sauter les petits boutons au passage et découvrant leur avant-bras. Queudver plongea alors le tisonnier dans l'eau bouillante et Bellatrix s'écarta pour le laisser passer.

0o0

- William Arthur, voulez-vous prendre pour épouse Fleur Isabelle...

Au premier rang, Mrs Weasley et Madame Delacour sanglotaient en silence dans de petits mouchoirs de dentelle. Des bruits de trompette, au fond du chapiteau, indiquèrent que Hagrid avait également sorti l'un de ses propres mouchoirs, de la taille d'une nappe. Hermione tourna vers Harry un visage

rayonnant. Elle aussi avait les yeux baignés de larmes.

0o0

- Drago Lucius Malefoy, fit Petitgrew qui avait pris la place de Bellatrix, vous prêtez serment aujourd'hui, devant cet assemblé. Vous servirez le maître jusqu'à votre mort. Vous serez son fidèle serviteur, et lui dévoilerait le moindre de vos secrets. Aujourd'hui, vous devenez mangemorts, et n'aurez de cesse que de répandre la parole du maître dans notre communauté. La suprématie de notre race en ce monde sera votre principe premier. Vous êtes à présent la chair, et le sang de notre maître.

Puis il hissa le tisonnier au-dessus de sa tête et l'abaissa pour finalement le poser sur la peau d'albâtre du blond. Dorea, la tête baissée, perçut, comme le reste des autres fidèles, la souffrance de ce dernier, qui néanmoins sifflait entre ses dents l'algie qui avait saisi le reste de son corps.

Lorsque Queudver eut fini, Drago s'écroula presque au sol, mais se retint avec sa main, la respiration hachée. Puis Petitgrew se tourna vers Dorea.

- Dorea Artwood, née Potter, vous prêtez serment aujourd'hui, devant cet assemblé. Vous servirez le maître jusqu'à votre mort. Vous serez son fidèle serviteur, et lui dévoilerait le moindre de vos secrets. Aujourd'hui, vous devenez mangemorts, et n'aurez de cesse que de répandre la parole du maître dans notre communauté. La suprématie de notre race en ce monde sera votre principe premier. Vous êtes à présent la chair, et le sang de notre maître.

De la même façon qu'il l'avait fait avec Drago, il posa le tisonnier sur son avant-bras et Dorea crut brûler sur place, telle que la douleur s'était emparée de son être. Toutefois, elle resta de marbre, contractant simplement la mâchoire et leva le regard pour affronter celui de Lord Voldemort.

Fermant aussitôt son esprit, elle lui signifia une détermination sans borne. Pour elle, elle se promettait de le renvoyer six pieds sous terre, ses fidèles avec. Il ne gagnerait pas cette guerre. Elle allait les détruire, un à un, de plus brutal des façons. Les visages de ses parents, de Goderic, de Sirius, de Dumbledore et enfin de Maugrey défilèrent dans son esprit. Elle les vengerait, jusqu'au dernier.

Il dû prendre cela pour de la soumission ou bien même de la vénération puisqu'il se mit à sourire d'un air satisfait. Nagini, lui, siffla dangereusement, sentant la menace émanant de Dorea.

Par ailleurs, lorsque Queudver retira son tisonnier, les yeux de cette dernière s'étaient considérablement noircis et les fenêtres autour d'eux se mirent à trembler.

- Vous êtes dorénavant des fidèles de notre Grand Maître, et le serviriez avec dévotion et piété. Levez-vous.

0o0

- Je vous déclare donc unis pour la vie.

Le sorcier aux cheveux en épis leva haut sa baguette au-dessus des têtes de Bill et de Fleur et une pluie d'étoiles d'argent tomba sur eux, tournoyant autour de leurs silhouettes à présent enlacées. Fred et George entraînèrent les invités dans une salve d'applaudissements, en même temps que les ballons dorés éclataient au-dessus d'eux. Des oiseaux de paradis et de minuscules cloches d'or en jaillirent et se mirent à voleter ou à flotter dans les airs, ajoutant leurs chants et leurs carillons au vacarme des acclamations.

0o0

Drago et Dorea se redressèrent et Voldemort s'avança à son tour, pointant sa baguette en direction de leur avant-bras.

Il la posa sur la marque de Drago, qui s'assombrie aussitôt jusqu'à devenir ébène et prendre vit. Puis il se tourna vers la rousse et fit de même. Au moment où la pointe de sa baguette rentra en contact avec sa peau, Dorea sentit quelque chose couler intensément dans ses veines. Elle ne savait ce que c'était, bien qu'elle se doutât que c'était de la magie noire… très noire et sa marque, un crâne et un serpent sortant de sa gueule, ondulèrent sur sa peau.

Lorsque Voldemort retira sa baguette, un grand chambardement résonna derrière eux et tous se retournèrent avec surprise.

Yaxley et Travers apparurent en haut des escaliers, traînant Rufus Scrimgeour au sol.

- Le ministère est à vous, mon Seigneur, annonça Yaxley en s'inclinant devant eux.