Prompt: Fragile - avec précaution

Note: ATTENTION SPOIL DES SCANS DE LA FIN!


Toutes ces peurs.

Jamais Kacchan n'avait paru si fragile à Izuku. Le voir fondre en larmes comme ça, presque bégayer, souffrir à l'idée de ne plus pouvoir rivaliser, ne plus pouvoir continuer ensemble, c'était étrange. Izuku, s'il avait pu, s'il n'avait pas été blessé et couché sur un lit d'hôpital, aurait fondu sur lui pour le prendre dans ses bras, le consoler. Il tenta de sourire pour le rassurer. Kacchan était un roc, mais même les rocs pouvaient se fendre.

Izuku parla avec précaution, sans le brusquer, comme on parle à un animal farouche et peureux. Il voulait consoler Kacchan, le rassurer, lui dire… Lui dire quoi?

Lui aussi voulait qu'ils continuent ensemble, mais comment allaient-ils faire maintenant?

Izuku ne savait pas, mais il parla de sa voix douce et doucement, des larmes coulèrent de ses yeux à lui aussi. Il avait tellement de choses en lui, un bouillonnement de sentiments qui ne demandaient qu'à émerger et pourtant c'était comme si tout son corps faisait de la rétention. Rien ne pouvait sortir, ou si peu.

Alors Izuku ne disait rien, pas grand-chose, pas suffisamment.

Kacchan fut renvoyé dans sa chambre, dans son lit, on l'engueula parce qu'il n'avait rien à faire debout dans son état. Izuku l'entendit ronchonner ce qui fit naître un mince sourire sur ses lèvres. Kacchan pouvait peut-être sourire et pleurer, mais il restait Kacchan. Il fallut du temps pour guérir, pour que les plaies physiques se referment. Pour les plaies mentales, c'était sans doute encore plus long.

Izuku avait envie d'être avec Kacchan mais quand il le voyait, quelque chose en lui lui faisait mal. Il ne savait pas comment gérer ça, tout ça. Il ne savait plus lui-même qui il était, Deku? Izuku? Un type banal et lambda sans super pouvoir qui ne pourrait plus suivre Kacchan désormais? Il comprenait pourquoi son ami avait pleuré. Les larmes brûlaient l'âme d'Izuku.

Il ne savait pas par où continuer sa vie désormais. Il ignorait s'il pouvait encore voir Kacchan. S'il en avait le droit. Le blond faisait tout pour se mettre sur sa route, pour être avec lui, mais Izuku nourrissait quelques idées noires.

Et si Kacchan se lassait?

Et si la nullité d'Izuku commençait à l'ennuyer?

Et s'il se mettait à préférer quelqu'un qui pourrait vraiment le suivre?

Izuku ne pouvait s'empêcher d'avoir peur.

Et pourtant, il n'arrivait plus à s'exprimer, à dire ce qui le touchait, ce qui le tourmentait. Il avait des mots qui se bousculaient dans son cerveau, mais qui ne passaient pas les parois de sa bouche.

C'est Kacchan qui finit par lui demander:

— Qu'est-ce qui te tourmente?

Ils étaient en train de manger ensemble dans un restaurant où ils s'étaient retrouvés les deux. Pour le moment, leur monde était un peu sur pause. Kacchan devait encore se reposer, personne n'oubliait qu'il avait frôlé la mort. Izuku ne savait pas ce qu'il allait devenir et préférait éviter d'y penser.

— Rien, répondit-il en remuant ses baguettes dans son bol de ramen.

Kacchan leva un sourcil, pas du tout convaincu et Izuku soupira:

— Je ne sais pas vraiment, dit-il. Je crois que j'ai peur…

— Peur de quoi?

Peur de te perdre, peur que tu t'éloignes, peur que tu m'oublies. Peur de ne plus être suffisant. Izuku se contenta d'un haussement d'épaules.

— Moi aussi j'ai peur, confia alors Kacchan.

Izuku releva la tête pour enfin le regarder dans les yeux.

— J'ai peur pour l'avenir, j'ai peur de ne pas être un aussi bon super héros que toi et surtout j'ai peur de devoir faire face sans toi à mes côtés.

Izuku rougit.

— J'ai vraiment la trouille Izuku, je pensais que nous deux contre les vilains ce seraient pour toujours, je te l'ai dit.

C'était vrai, il lui avait dit, en pleurant. Izuku était bête, bête de tout garder pour lui, de laisser les mots pourrir en lui, noircir son cœur et son âme. Des larmes coulèrent de ses yeux et enfin il avoua:

— Je ne veux pas te perdre Kacchan. Je ne veux pas que tu te lasses parce que je ne peux plus te suivre. Je ne veux pas que tu m'oublies ou que tu me remplaces.

— Aucune chance, grommela Kacchan.

Cette fois-ci c'était Izuku qui était fragile, Izuku qu'il fallait traiter avec précaution, et c'est ce que fit Kacchan. Lui le bourrin, se montra doux. Il tendit la main vers la joue de son ami et y posa sa paume.

— Vraiment aucune chance que tu te débarrasses de moi.

Le geste était tellement doux, tellement tendre, que le cœur d'Izuku se mit à battre brutalement, faisant sortir tous les doutes d'Izuku de sa bouche:

— Est-ce qu'on pourra vraiment rester ensemble si je ne peux plus te suivre? Est-ce que notre relation ne va pas se dégrader? Est-ce que tu ne vas pas en avoir marre de moi?

Kacchan secoua la tête:

— J'ai déjà réfléchi mille fois à tout ça, et crois-moi je serai là quoi qu'il arrive, je refuse de te perdre que tu ais des pouvoirs ou non.

Le sourire que Kacchan offrit à Izuku était terriblement affectueux.

Alors enfin. Enfin. Izuku laissa ses sentiments prendre le dessus et lui avoua:

— Tu sais, il y a une chose que je n'ai dite à personne, pas même à toi. Mais presque chaque fois que mes pouvoirs ont évolué, c'était parce que quelqu'un disait du mal de toi ou te faisait du mal, ça me rendait dingue et en même temps me rendait plus fort.

Kacchan ne retira pas sa main, et son sourire ne s'effaça pas. Alors Izuku inspira un bon coup et avoua:

— C'est parce que je t'aime. J'ai mis du temps à le comprendre, mais je suis vraiment amoureux de toi Kacchan. Ne me déteste pas s'il te plaît.

Le sourire du blond s'agrandit:

— Comment le pourrais-je? murmura-t-il.

Puis il se leva et se pencha vers Izuku pour poser ses lèvres sur les siennes. Izuku n'était pas sûr d'en sortir vivant tant son cœur battait fort et vite. Pourtant le baiser ne dura que quelques secondes, autant dire une éternité.

Alors voilà. Même si ce n'était pas tout à fait comme ils l'avaient imaginé l'un et l'autre, ils vécurent ensemble pour toute la vie, côte à côte, à s'aimer, s'entraider à leur façon, trouvant un équilibre à leur vie. Mangeant des crêpes, se tenant la main, s'embrassant dans la grande roue (et partout ailleurs). Parce que cet idiot d'Izuku était un romantique, et que son idiot de Kacchan aurait fait n'importe quoi pour lui faire plaisir.

Fin.

L'autatrice: ça faisait un bail que j'avais pas posté, j'avais la flemme. J'espère que cette petite fic vous plaira.