11 Octobre : Désespoir

L'enfant était plus malheureux qu'il ne l'avait jamais été de toute sa vie.

Ses parents l'avait abandonné comme un mal propre depuis des heures, des jours même. La faim lui tordait le ventre alors qu'il pleurait d'angoisse d'avoir été ainsi abandonné. Ses parents ne l'aimaient-ils plus ? Qu'avait-il fait pour mériter ce sort ?

Le pauvre petit pleurait toutes les larmes de son corps. Il tremblait d'angoisse et de malaise sans que rien ne puisse soulager sa solitude et sa peur.
Il avait tellement froid en même temps. La chaleur de ses parents était bien loin alors qu'il agitait ses membres de son mieux pour tenter de se réchauffer, sans succès pour l'instant. L'hiver était là depuis quelques semaines. Si les premiers jours le froid avait été supportable, il l'était de moins en moins au point qu'il avait peur de mourir gelé s'il ne trouvait pas un abri ou une solution pour se réchauffer très vite. Sans nourriture pour aider à se reprendre une température normale, il n'allait pas tarder à s'engourdir et s'endormir, peut-être pour toujours.

De grosses larmes roulaient sur ses joues. Qu'avait-il fait pour que ses parents l'abandonnent ainsi ? Ils ne l'aimaient plus ?
Ses larmes gagnèrent encore en intensité alors que sa gorge commençait à le faire souffrir à force de pleurer. L'injustice de la situation le dévastait complètement. Il était un bon garçon ! Il n'avait rien fait de mal ! Alors pourquoi ses parents l'avaient-ils abandonné ? Sa maman ne le laissait jamais seul normalement. Son papa allait et venait pour des raisons qui lui étaient étrangères, mais il revenait toujours. Cette fois, ses deux parents étaient partit ensemble en le laissant à la merci des éléments et des prédateurs. Depuis que ses parents étaient partit, plusieurs d'entre eux l'observaient de loin dans l'attente de pouvoir le dévorer, il en était sur. Ils attendaient le moment de faiblesse qui le permettrait de se rapprocher pour le manger.
Les pleurs du petit redoublèrent. Ses membres lui faisaient mal à force de les agiter pour se tenir chaud et tenter de faire peur aux prédateurs qui l'observaient. L'un d'eux surtout, le fixait du haut d'un arbre d'un regard glacial qui lui faisait très peur. Au moins les autres faisaient-ils semblant de ne pas l'observer de trop prêt.

Les hurlements du petit gagnèrent en décibels quand un des prédateurs prit finalement son courage à deux mains pour venir le taper de la patte. Était-il mangeable à présent ? L'enfant se recula de son mieux pour échapper à la créature mais il n'était qu'un tout petit garçon abandonné qui ne savait pas encore se battre.
Son papa ! Il voulait son papa ! Et sa maman ! Il avait si faim. Son estomac allait s'auto digérer à ce rythme. Enfin, si tant est qu'il survive aux monstres qui se rapprochaient de lui à mesure qu'il perdait ses forces.

Les hurlements de peur et de mal-être du petit changèrent soudain quand ses parents apparurent enfin dans son champ de vision.
ENFIN ! ILS ALLAIENT LE SAUVER !

Boya remercia Xue TianGou et les autres shishen de QingMing d'avoir surveillé son fils pendant qu'il emmenait QingMing déjeuner avec lui pour la première fois depuis la naissance de leur fils. Les shishen étaient visiblement très amusés par les protestations du petit qui avait refusé aussi bien le lait que la viande hachée qu'ils lui avaient proposés. Il ne voulait que le lait chaud de sa maman ou la viande prémâchée par son papa. Et c'était sans compter le regard mauvais que le petit leur lançait dès qu'ils s'approchaient pour tenter de jouer avec lui ou simplement de le réconforter quand il pleurait.

Boya assit son fils sur son bras pour le cajoler.

"- Alors on a encore embêté ses tontons ?"

Les babillements du petit étaient toujours plaisant à entendre. L'hybride d'humain, de renard et d'esprit avien agita ses tous petits moignons d'ailes et sa toute petite queue. Ses minuscules oreilles blanches sur le haut de son crane étaient écrasées sous l'irritation. Ses parents n'étaient resté absent qu'une heure mais les hurlements de l'enfant quand ils étaient arrivés donnaient l'impression qu'ils l'avaient abandonné au coin d'un bois et laissé être à moitié dévoré par des bêtes féroces.

"- QingMing, il à faim."

Le nordiste était déjà en train de dégager son torse pour nourrir son fils, une visible fatigue morale, physique et nerveuse sur le visage. S'il avait sut qu'il risquait de se reproduire en jouant à la bête à deux dos avec Boya, il aurait prit ses précautions. S'il avait anticipé tout le reste, il aurait fuit vers l'ouest pour ne jamais revenir. Mais voila, il était contraint de s'occuper de la petite créature la plus adorable qu'il avait jamais vu. Il était heureux que ce soit son propre fils et qu'il soit totalement fou de lui au point de tuer quiconque voudrait lui faire du mal.

"- Il va falloir qu'il s'habitue à nous voir partir un peu." Soupirait quand même le prêtre en blanc.

L'un comme l'autre allaient devoir reprendre leurs devoirs sous peu.

Bien loin de ces considérations matérielles, le bébé était soulagé. Ses parents étaient revenu sur leur abandon et sa maman le réchauffait dans ses bras et ses robes tout en le nourrissant, ils avaient chassés les prédateurs qui voulaient le manger.

Tout allait bien.

Il était un petit garçon heureux.

Jusqu'à ce qu'ils l'abandonnent une fois de plus pour toujours pour environ dix minutes, le temps d'aller se changer et le laisse une fois de plus à la garde de leurs tontons shishen hilares du mauvais caractère de comédien dramatique qu'était le bambin.