Titre original : DIY For Beginners de lamardeuse (ao3 2009), traduit de l'anglais par JustPaulInHere.

Note de l'autrice, lamardeuse : Pour everyoneisemo. Merci beaucoup à Nny pour la bêta géniale. Toutes les erreurs qui restent sont les miennes.


DIY pour débutants


« … et donc au cours de la journée le département de police de Sandford a appréhendé vingt-six suspects. Après avoir pris bien soin de… »

Danny soupira tout en faisant semblant d'écouter Nicholas parler aux mecs de Londres. Pendant la semaine qui s'était écoulée depuis que Danny avait été relâché de l'hôpital, et avait repris le travail, Nicholas avait été interviewé par ce qui semblait être un flot ininterrompu de reporters concernant l'arrestation du Comité de Surveillance du Voisinage, et à chaque fois Danny était déçu par l'ennui assommant généré par cette histoire. En réalité, elle n'avait aucune droit de l'être ! C'était facilement le truc le plus excitant qui s'était produit à Sandford depuis la conquête de l'Angleterre par les Normands.

Le problème c'était que Nicholas passait sous silence tous les meilleurs passages, comme les fusillades et la course poursuite en voiture ou encore Skinner s'embrochant sur la flèche de la cathédrale du Village Miniature. Pire que tout, il sautait la partie où ils avaient traversé la ville en chevauchant tel Clint Eastwood, semblant en tout point être des héros. Danny pensait qu'il aimait cette partie plus que tout, et même après presque deux mois il aimait toujours se la rejouer de temps en temps. Ça l'avait aidé quand il était à l'hôpital à se demander s'il ne serait pas plus simple de juste arrêter de se battre et de laisser la douleur l'emporter. Il avait pensé à Nicholas descendant de sa monture et lui jetant le fusil à pompe, et il avait décidé qu'il pourrait se battre un peu plus longtemps.

Quand il s'était finalement réveillé, la première chose qu'il avait vue avait été le visage de Nicholas au-dessus de lui, ses yeux gonflés et rougis et arborant un sourire si large et si heureux que Danny avait senti quelque chose se serrer dans sa poitrine, une chose qui n'avait rien à voir avec le fait de s'être fait tirer dessus ni d'avoir été pris dans une explosion. Danny n'avait pas su quoi faire de ce sentiment – pour être honnête, il avait été pas mal dans le pâté à ce moment-là – et donc il avait arrêté d'y penser, comme il le faisait souvent avec ce qui le rendait confus. La vie était trop dure pour saturer ses journées de ce genre de réflexions, c'est ce qu'il avait toujours cru.

Les reporters éclatèrent de rire, et Danny reporta son attention sur la conversation dans le coin de la pièce. Le poste de police temporaire était installé dans le pub, puisqu'avec l'emprisonnement de Roy et Mary il n'y avait personne d'autre pour le gérer en ce moment. C'était bien d'avoir un toit sur la tête, mais il n'y avait pas beaucoup d'intimité. Heureusement, il n'y avait eu qu'une seule arrestation depuis l'explosion, et la détention du cygne n'exigeait pas vraiment les arrangements habituels, bien que Danny était d'avis, personnellement, que rester enfermé dans le placard était encore trop bon pour lui – en particulier depuis qu'il avait déchiqueté quatorze rouleaux de papier en tentant de se faire un nid.

« Vous savez, c'est charmant que vous soyez aussi modeste, dit le reporter, pour un héros. » Il se penchait un peu trop dans l'espace personnel de Nicholas et Danny fronça les sourcils. Il y avait eu une dame de l'Echo quelques jours plus tôt qui s'était penchée près de lui aussi, et avait joué avec ses cheveux, et il avait été assez clair qu'elle voulait s'immiscer dans son lit. Mais ça ne pouvait pas être le même genre de–

Nicholas baissa la tête et dit une chose trop bas pour que Danny puisse entendre, et le reporter rit à nouveau, posant une main sur son bras.

Oh, quel enfer. Peut-être que c'était bien la même chose, après tout.

« Alors, c'était pour quoi tout ça ? lui demanda Danny plus tard alors ils faisaient leurs rondes dans la grande rue.

— Tout ça quoi ? » demanda Nicholas. Il sourit à Mrs Carstairs tout en passant devant la boulangerie. Elle était nouvelle dans le village, une veuve avec trois enfants venue du Devon dont le mari avait été tué dans un accident insolite avec une moissonneuse-batteuse, et dernièrement elle regardait Nicholas comme s'il était un éclair au chocolat particulièrement appétissant. Danny allait devoir le mettre en garde sur ce coup-là.

« Le reporter d'aujourd'hui. » Danny ouvrit la bouche pour élaborer, mais ne savait pas trop par où commencer.

« Tu veux parler de Geoffrey ? »

Danny se tourna pour fixer Nicholas, qui regardait droit devant lui tandis qu'ils marchaient, bien que ses oreilles semblaient avoir rosi.

« Ouais, Geoffrey », dit Danny, et sa voix sonnait étrange même à ses oreilles. Il se mordit la langue pour s'empêcher de dire plus ; Nicholas lui avait appris à laisser les silences jouer en sa faveur lorsqu'il interrogeait un suspect, et à ne jamais révéler tout ce qu'il savait.

« Et bien, dit Nicholas après quelques instants, c'était une interview comme toutes les autres, je suppose.

— Il était un peu amical, non ? » lâcha Danny, et merde, apparemment il avait encore besoin de travailler sur sa capacité à la boucler.

Nicholas pinça les lèvres. « Je ne vois pas ce que tu veux dire », dit-il d'un ton ferme.

Danny soupira ; après tout ce qu'ils avaient traversé, il détestait perturber Nicholas. « T'en fais pas, murmura-t-il. Ce n'est pas important. Écoute, est-ce que tu veux aller au pub après ça ? »

La démarche de Nicholas se fit légèrement chancelante. « Pas ce soir, Danny, d'accord ?

— Quoi, tu as un rendez-vous galant ou quelque chose ? » demanda Danny, lui donnant un coup de coude. Quand Nicholas ne répondit pas tout de suite, Danny glissa un regard pour remarquer que ses oreilles étaient maintenant plus rouges qu'un camion de pompier.

« Bien, d'accord, murmura Danny, on dirait que je suis plus efficace que je ne le pensais pour mener une enquête. »

Danny savait que c'était probablement mal, mais il s'en foutait.

Malheureusement, il faisait aussi un froid de canard, à monter la garde pendant des heures dans le buisson de lilas de Mrs Sheffield dans le noir, à attendre que Nicholas revienne de son rendez-vous. Sans parler des araignées, scarabées, et autres bestioles qu'il devait laisser se promener sur lui. Il essaya de ne pas y penser, se répétant que c'était à ça que ressemblait du vrai travail de police ; désagréable et difficile et pourtant d'une nécessité vitale pour que la société fonctionne sans accrocs.

Par ailleurs, s'il était resté dans sa voiture, Nicholas l'aurait repéré en un instant.

Il lui fallut attendre après dix heures, pour qu'une voiture remonte la rue et se gare devant le cottage de Nicholas. Elle n'était ni familière ni tape-à-l'œil, ce qui voulait dire qu'elle appartenait certainement à Geoffrey. Danny plissa les yeux, essayant d'avoir une meilleure perspective sur ce qui se passait dedans, mais il faisait trop sombre.

Et puis une lumière s'alluma – quelqu'un avait ouvert la portière du passager. Nicholas. Sous les yeux de Danny, il s'arrêta et se tourna vers le conducteur. Il y eut une pause tandis qu'il semblait écouter l'autre personne, et puis il fit non de la tête et se retourna encore.

Nicholas ferma la portière, et la voiture partit dans la nuit. Danny laissa s'échapper le souffle qu'il n'avait pas eu conscience de retenir tandis que Nicholas la regardait partir.

Et ensuite il réalisa qu'il n'avait même pas posé les yeux sur le conducteur parce qu'il avait été trop occupé à regarder Nicholas. Putain. Ça, c'était du travail de police bien bâclé.

Soudain, Nicholas tourna rapidement la tête et plissa les yeux, son regard se fixant exactement à l'endroit où Danny se tenait, caché dans le buisson. Danny se figea immédiatement et détourna le regard. Nicholas lui avait dit que c'était faux, que personne ne pouvait le sentir le poids d'un regard, mais il préférait ne pas prendre de risque.

Quand Danny se risqua enfin à jeter un coup d'œil en direction de Nicholas, il était parti.

Pendant les quelques heures qui suivirent, Danny passa beaucoup de temps à réfléchir, plus que ce qu'il avait pu faire pendant ces dernières années. Il essaya d'assembler les indices ensemble avec attention, avec méthode, comme le lui avait appris Nicholas. Quand trois heures du matin arriva, il en était arrivé aux conclusions suivantes :

1. Nicholas est un pédé de classe monumentale.

2. Il y avait très peu de pédés à Sandford. En fait, il n'y en avait qu'un seul dans tout Sandford à la connaissance de Danny, Roger Dalton. Roger était en forme et tout, mais il avait soixante-treize ans, et Danny n'était pas sûr que Nicholas soit son type. Roger était du genre difficile.

3. Danny voulait que Nicholas reste à Sandford. Il voulait vraiment, vraiment, vraiment beaucoup qu'il reste.

4. Si Nicholas était un pédé (voir le point n°1) et qu'il n'y avait pas d'autres pédés disponibles à Sandford (voir le point n°2), alors éventuellement le point n°3 allait sauter, parce que Nicholas partirait à la recherche de l'amour et d'une bonne sodomie.

Danny étudia ses conclusions avec attention, et après quelques heures de plus à explorer toutes les alternatives, découvrit deux points supplémentaires :

5. Danny aimait déjà beaucoup Nicholas.

6. Ça ne devait pas être bien difficile de comprendre tout le côté baise.

Danny était satisfait de son raisonnement, qui lui paraissait relativement solide. Il dormit bien cette nuit-là, ou du moins pendant le peu qu'il en restait, et se leva avec une résolution ferme et une détermination inébranlable.

Tout ce qu'il devait faire, c'était devenir gay. Et bon, ça ne ferait probablement pas de mal de devenir très bon pour le sexe gay tant qu'il y était. Il allait devoir faire en sorte que Nicholas soit tellement fou de sa bite qu'il ne voudrait jamais quitter Sandford, ni fréquenter des branleurs comme Geoffrey.

Vraiment, il était peut-être rouillé, mais il avait bien maîtrisé toute cette histoire de se mettre à réfléchir.

Danny ne perdit pas de temps pour mettre son plan en action. Le jour suivant, il passa toute sa pause déjeuner à étudier sa nouvelle orientation sexuelle sur internet, et doux Jésus, il avait des putains de pavés à lire, et encore plus d'images. Beaucoup d'entre elles n'avaient rien à voir avec ce qu'il voulait savoir – il se moquait complètement de quelle star hollywoodienne était queer, ou de ce que pensait John Barrowman de… eh bien quoi que ce soit, pour tout dire. Mais il avait trouvé assez de matière pour avancer, et même si une partie l'inquiétait – par exemple, la fellation semblait être une compétence bien plus dure à maîtriser qu'il ne l'avait pensé – et il était déterminé à suivre son plan jusqu'au bout.

Pour ce qui était de Nicholas, il avait été bizarre toute la journée. Il n'était pas froid, exactement, mais il se comportait plus comme il l'avait fait pendant sa première semaine à Sandford – toujours à suivre les règles à la lette et bien trop zélé. C'était comme s'il avait oublié qu'ils étaient potes, et Danny ne fit que redoubler d'efforts en conséquence.

« Vous allez au pub ce soir, les gars ? » demanda Doris à la fin de leur service.

Danny jeta un coup d'œil à Nicholas, qui le regardait par-dessus ses cils. Il sentit un étrange pincement dans son ventre avant que Nicholas ne détourne le regard.

« J'aimerai bien, dit Danny, mais j'ai… euhm… quelque chose à faire ce soir. » Il jeta un autre coup d'œil à Nicholas, mais celui-ci était occupé à farfouiller dans son casier.

« Oh, ouais ! Je paris que oui », dit Doris, mimant les mouvements d'une branlette de son bras droit tout en donnant un coup de coude à Danny du gauche. « Très bien, Sergeant Angel ? »

Nicholas fit volte-face, son regard bleu intense, et il est possible que pendant un bref moment Danny l'imagina nu, posant sur lui un tel regard. « Ce commentaire manque de professionnel, Agent Thatcher. Je suis déçu par votre comportement. » Il referma la porte de son casier d'un grand coup, et partit en tempête, laissant Danny stupéfait derrière lui.

« Bordel de merde, lâcha Doris, en s'éventant. J'en ferai bien mon quatre heures, c'est tout ce que je peux dire.

— Moi aussi », énonça Danny un peu hébété, s'attirant un regard intense, bouche bée, de Doris avant de se tourner et de partir lui aussi.

Après une autre longue nuit, cette-fois ci passée sur l'ordinateur à lire tout ce qu'il pouvait trouver sur la baise gay, Danny roula jusqu'à Cardiff pendant son jour de repos avec une longue liste fourrée dans sa poche. Il passa un putain de long moment à chercher l'endroit qu'il voulait ; coincé entre un pub et un restaurant près de la gare, ses fenêtres opaques ne donnant aucune indication quant à ce qu'on pouvait trouver à l'intérieur.

Il avança à grands pas dans l'échoppe encombrée, projetant bien plus de confiance en lui qu'il n'en ressentait – une autre tactique apprise de Nicholas – et plaqua sa liste devant le gars maigre derrière le comptoir. Ce connard fronça les sourcils avant de regarder de haut le bout de papier.

« Je voudrais tout ce qu'il y a sur cette liste, s'il vous plaît, dit Danny pendant que le vendeur l'étudiait.

— Des préservatifs, commença le type.

— Extra larges, précisa Danny en pointant le papier, et aucune de ces saloperies qui brillent dans le noir. » Il marqua une pause. « Ceux avec un goût pourraient être sympas, cependant. Si vous avez, disons, sticky toffee pudding ou à la crème anglaise.

— Bien », dit le vendeur. Il continua sa lecture. « Du lubrifiant.

— Ouais, j'en aurais besoin de quelques litres. »

La tête du vendeur se redressa d'un coup.

« Au moins, » compléta Danny.

Le gars acquiesça. « Un chapelet thaï, un anneau pénien, des godemichets – vibrants ou non – et un plug–

— Écoutez, le coupa Danny en se tortillant de gêne, vous pensez que je peux juste acheter tout ça sans qu'on en parle ? »

Le mec l'observa et puis sourit. « On peut faire ça.

— Euhm », dit Danny. Il se pencha par-dessus le comptoir et fit signe au vendeur de se rapprocher. Celui-ci se pencha également, les sourcils levés.

« Est-ce que, euh, chuchota Danny, est-ce qu'ils sont fournis avec un mode d'emploi ? »

Le mec le fixa. « Eh bien, pas vraiment, dit-il tout aussi bas. Mais on a ce qu'on pourrait appeler des guides vidéo. »

« Putain… » soupira Danny, se laissant tomber sur le canapé tandis que les crédits de la vidéo numéro trois défilaient.

Ces deux dernières heures, Danny avait reçu une éducation approfondie dans l'application pratique de ses divers achats. Malheureusement, il n'était désormais plus certain de parvenir à se convertir au sexe gay.

Premièrement, il semblait que coucher avec un autre mec signifiait qu'il fallait le faire dans quatre positions différentes juste pour avoir un orgasme, ce qui semblait être une bonne méthode pour avoir la bite qui tombe dans l'année. Deuxièmement, Danny n'aimait pas trop l'idée de raser tous les poils de son corps, ou de produire ces gémissements et grognements ridicules. Pire, cette idée de se retirer et d'éjaculer partout sur le torse ou le cul de l'autre, c'était juste hors de question. Danny ne comprenait pas pourquoi ça semblait être une nécessité, mais ça s'était produit dans chacun des films qu'il avait vus jusqu'à maintenant.

Ce n'était pas la partie qui l'inquiétait le plus, cependant. Le pire était qu'il avait presque regardé deux heures de sexe gay, et que le Petit Danny n'avait pas montré une once d'intérêt pendant tout ce temps. Il commençait à penser qu'il n'était pas fait pour ça, et ça voulait dire qu'il allait perdre Nicholas pour toujours.

Soupirant, il attrappa la dernière vidéo et l'inséra dans la machine, avant d'appuyer sur play.

Et puis il se redressa, et fixa l'écran.

Cette vidéo était différente. Avant toute chose, un des deux hommes ressemblait à un mec normal – poilu, pas particulièrement musclé, âgé de plus de trente ans. Et le second était – eh bien, il n'était pas le portrait craché de Nicholas, mais était blond et avait les mêmes yeux perçants. Tandis qu'ils commençaient par se déshabiller l'un l'autre, Danny ne put s'empêcher de remarquer que le blond fixait intensément l'autre homme du regard en continu, avec presque autant d'intensité que Nicholas dans les vestiaires la veille.

Quand ils ne furent plus qu'en sous-vêtements, ils commencèrent à s'embrasser, et ce fut une autre révélation. Il y avait bien eu des baisers dans les autres vidéos, mais ça n'avait pas été bien plus convaincant que le sexe ; personne ne semblait apprécier. Ces deux-là, en revanche, se comportaient comme s'ils aimaient vraiment s'embrasser tous les deux, comme s'ils s'aimaient, et c'était… euh, c'était…

Fixant toujours l'écran, Danny se demanda si ça serait pareil d'embrasser Nicholas. Bien sûr, Nicholas saurait bien le faire – il savait tout faire – mais comment embrasserait-il ? Désespérément, comme s'il y pensait depuis très longtemps, ou doucement, comme lorsqu'il avait touché Danny à l'hôpital, tenant sa main alors qu'il pensait que Danny était endormi ? Est-ce qu'il serait plus obscène après quelque temps, perdant un peu de son contrôle de fer lorsque Danny passerait sa langue dans sa bouche et le plaquerait contre lui en tenant fermement son col–

« Par le pouvoir du Crâne Ancestral », souffla Danny, pressant sa paume contre son entre-jambes. Il commençait à durcir.

Sur l'écran, le mec blond pris la bite de l'autre dans sa bouche et commença à le sucer. Il grogna autour d'elle, comme si elle était délicieuse, comme s'il en voulait plus. Ses yeux d'un bleu clair se portèrent sur le visage de l'autre homme, et l'homme qui se faisait sucer baissa la main pour caresser la joue du blond.

« Doux Jésus », jura Danny, ouvrant sa braguette pour sortir son pénis. Il referma ses doigts tremblant autour de son sexe et commença à se caresser, imaginant que Nicholas levait les yeux vers lui comme ça, à se demander s'il en aurait jamais assez. Il ne lui fallut que quelques mouvements brusques pour éjaculer et en mettre partout.

Haletant, Danny posa sa tête contre le canapé et ferma les yeux.

Changement d'orientation sexuelle réglé, se dit-il, se sentant vachement content de ce succès.

Un seul problème demeurait : Danny devait trouver un moyen de passer plus de temps avec Nicholas afin de lui expliquer son plan. Cependant, Nicholas avait été si agité et de mauvais poil ces derniers temps que Danny n'était pas sûr qu'il accepte la moindre invitation.

« Écoute », dit-il un soir, après avoir passé une bonne semaine à se branler et à utiliser les différents jouets sur lui jusqu'à en arriver au point d'avoir une érection à la simple pensée de Nicholas. « J'ai le dernier Fast & Furious. Est-ce que ça te dirait qu'on commande un curry ce soir et qu'on le regarde ? »

Nicholas lui jeta un regard. « Je, euh, ça a l'air sympa Danny, seulement je–

— Tu quoi ? Quelle sera ton excuse cette fois-ci ? » demanda Danny. Parfois la meilleure défense c'est l'attaque, se dit-il, ce qui était un autre proverbe de Nicholas.

Ça fonctionna. Nicholas le fixa du regard un moment, muet comme carpe, et lui offrit un véritable sourire pour ce qui semblait être la première fois depuis une éternité. « Je… Non, je peux certainement trouver le temps. À quelle heure ? »

Cette fois ce fut au tour de Danny de patauger, parce que le sourire de Nicholas était – putain de bordel, comment avait-il pu ne jamais remarquer qu'il était aussi beau ? « Euh, parvint-il à articuler après un long moment. Dix-neuf heures ?

— Très bien, répondit Nicholas. Je serai là. » Il posa sa main sur l'épaule de Danny, pendant juste une seconde, et puis le laissa partir pour rejoindre sa voiture.

Danny parvint à faire deux pas avant de tourner les talons et de se diriger vers les toilettes. En moins d'une minute, son pantalon baissé sur ses genoux, il se branla, prêt à éjaculer contre une feuille de papier toilette, son poing enfoncé dans sa bouche pour étouffer ses bruits désespérés.

« Mon Dieu », murmura Danny, quand tout fut fini moins de trente secondes plus tard. « Toute cette histoire d'être gay est complètement folle. »

Quand Nicholas arriva ce soir-là, Danny venait de passer les deux heures précédentes à courir dans tous les sens comme un poulet sans tête pour que tout soit parfait. Il était sorti pour acheter les bières préférées de Nicholas, juste pour se rendre compte en rentrant qu'il en avait déjà six canettes. Il avait vérifié le DVD cinq fois pour s'assurer qu'il se lirait sans problème. Quand il se rendit compte qu'il était devant le miroir, à se demander quelle chemise Nicholas préférerait qu'il mette et s'il aurait le temps de faire les poussières avant qu'il n'arrive, il sut qu'il était complètement timbré.

Quand Nicholas entra, Danny fronça les sourcils en le voyant passer devant lui. « Tu as l'air différent. »

Nicholas lui rendit son regard. « Oh, eh bien je… je suis passé chez le barbier après le travail. J'avais besoin d'un bon rafraîchissement. »

Danny sentit son cœur battre contre ses cotes. Ce truc gay n'était peut-être pas si mal en fin de compte, se dit-il ; après tout, aucune gazelle n'avait jamais été chez le coiffeur avant un rendez-vous avec lui.

Après quelques instants bizarres où ils restèrent cois à se regarder, Danny désigna la cuisine. « Tu veux une blonde ?

— Non, merci, répondit Nicholas qui était de nouveau tout collet monté. Puisque tu ne bois pas, je veux vraiment–

— Qui a dit que je ne buvais pas ? demanda Danny.

— Le docteur ne t'a pas dit d'éviter de boire tant que tu étais convalescent ?

— Mais je ne suis plus convaléquequechose, non ? rétorqua Danny avec un grand sourire. Je suis de retour au service actif, en pleine forme et prêt pour l'amour. »

Nicholas le fixa. Danny le fixa en retour.

« Je vais juste aller nous chercher ces bières, hein ? » murmura Danny en tournant les talons.

« Alors qu'est-ce que tu en as pensé ? demanda Danny tandis que les crédits défilaient. Aussi bon que le premier ?

— Mmmm, je sais pas, répondit Nicholas, se tournant vers lui. Je pense que le jeu d'acteur de Vin Diesel s'est un peu détérioré au fil des ans.

— Mais au moins ils s'aiment toujours », dit Danny, l'esprit ailleurs. Nicholas avait une tache de sauce vindaloo au coin de la bouche, et Danny ne pouvait pas s'empêcher de la regarder.

« Je, euh, quoi ? demanda Nicholas, fronçant les sourcils. Qui aime toujours qui ? »

Danny leva les yeux au ciel. « Brian et Dom, bien sûr, crétin. »

Nicholas secoua lentement la tête. « Est-ce qu'on a vraiment regardé le même film ? »

Mais Danny ne faisait qu'amorcer le sujet ; il y avait accordé beaucoup de pensées ces derniers temps, tout comme pour tout le reste, et même s'il s'attirait occasionnellement un mal de crâne, il devait avouer qu'il aimait vraiment penser par lui-même.

« Je te l'accordes, ils s'aiment pas autant que Keanu Reeves et Patrick Swayze dans Point Break, mais ils en sont vraiment pas loin. »

Nicholas se contenta de le fixer. Danny prit une inspiration profonde et plongea dans le vif du sujet.

« Réfléchis deux minutes. Imagine que Paul Walker est une gazelle. » Nicholas écarquilla les yeux. « Non, vraiment. Imagine-le avec une jolie paire de nénés, et repense à tout le film. Tu pourrais t'imaginer qu'ils couchent ensemble, non ? »

Le regard de Nicholas sembla se perdre un peu dans le vide. Danny n'était pas certain que ça signifiait qu'il se représentait bien la chose, donc il continua.

« Maintenant, imagine que tu es une gazelle, murmura-t-il, se penchant de quelques centimètres vers Nicholas. Qu'est-ce que tu penses qu'ils diraient de nous ? »

Nicholas gesticula, les yeux toujours écarquillés, son regard rivé sur le visage de Danny. « Que mon partenaire aurait besoin de sortir plus et de regarder moins de films américains pourris ? » répondit-il faiblement.

Danny soupira. « D'habitude tu es bien plus malin que ça. Je suppose que c'est à moi de réfléchir cette fois, dit-il avant de prendre la mâchoire de Nicholas en coupe et de l'embrasser.

— Danny ! » protesta Nicholas, mais Danny pouvait sentir que ça manquait d'enthousiasme. Il se pencha pour un autre baiser et parvint seulement à goûter le vindaloo avant que Nicholas ne le repousse.

« Qu'est-ce que– D'où ça vient ça bordel ? demanda Nicholas.

— Je ne veux pas que tu retournes à Londres juste pour tirer un coup, lui expliqua patiemment Danny, donc j'ai changé. »

Nicholas le regarda comme si une deuxième tête venait de lui pousser. « Tu… as changé. »

Danny haussa les épaules. « Je suis gay maintenant. Ou, eh bien, probablement bisexuel, parce que j'aime aussi les femmes, mais c'est bien, non ? Je veux dire, je veux être avec toi, et je crois en la fidélité, donc–

— Bordel, Danny ! s'exclama Nicholas tout en se passant rapidement la main dans ses cheveux courts, tu ne peux pas juste changer ton orientation sexuelle.

— Bien sûr que si tu peux. Je peux me branler en pensant à des mecs maintenant. Enfin, je pense principalement à toi, mais je suppose que c'est parce que je t'a– »

Nicholas secoua violemment la tête. « Quoi– Écoute, est-ce que tu voudrais bien commencer par le début ? Qu'est-ce qui a déclenché tout ça ?

— Eh bien, je suppose que j'ai commencé à y réfléchir quand tu es sorti avec Geoffrey », dit-il. Quand Nicholas fronça les sourcils, semblant confus, il ajouta : « Tu te souviens, ce connard de la capitale ?

— Qu'est-ce qui te fait croire que je suis sorti avec lui ?

— Je l'ai vu te reconduire chez toi », dit Danny en levant le menton. Quand Nicholas plissa les yeux, il ajouta : « Oui, bien, peut-être que je ne l'ai pas positivement identifié.

— Non, soupira Nicholas, parce que ce n'était pas lui. »

Danny cligna des yeux. « Quoi ?

— Ce n'était pas lui », répéta Nicholas en baissant d'un ton. Et merde, Danny ne devait pas trouver ça aussi sexy ; il devait garder les idées claires ! « Je ne suis pas sorti avec Geoffrey, je n'ai pas baisé avec lui, et je n'ai jamais voulu le faire.

— Mais il voulait, lui, non ? » pressa Danny.

Marmonnant plus de jurons, Nicholas se releva. « Oui, d'accord, oui. Il m'a demandé de sortir avec lui, et j'ai refusé. Ça n'a rien à voir avec nous, ni avec le fait que tu aies perdu l'esprit. »

Danny se leva, sentant qu'il perdait le contrôle de la situation, mais ne sachant pas comment le reprendre. « Eh bien, qui t'a reconduit cette nuit-là ? »

Nicholas ouvrit la bouche, et la referma. « Brenda Carstairs, dit-il finalement.

— Brenda Carstairs ? demanda Danny, sidéré. Tu couches avec Brenda Carstairs, la boulangère ?

— Non, je ne couche pas– Pour l'amour de Dieu, Danny ! » s'exclama Nicholas, exaspéré. Ses lèvres étaient rouges et un peu gonflées, donc Danny avait beaucoup de mal à se concentrer sur ce qu'il disait. « Écoute, d'accord ! Je donne des cours de soutien à son fils aîné, Terrence. Elle ne veut pas qu'on sache qu'il est un peu lent en maths. Et elle me fait confiance pour rester discret.

— Elle veut te mettre le grappin dessus, tu sais, murmura Danny.

— Danny, dit Nicholas, plaçant ses mains sur les épaules de Danny et le secouant doucement. S'il te plaît, dis-moi ce qui se passe ici. »

Danny fronça les sourcils et détourna le regard. « Tu vas partir de Sandford parce que tu es gay, et qu'il n'y a personne ici avec qui tu peux coucher. »

Nicholas ferma brièvement les yeux. « Écoute-moi, je ne suis pas–

— Et je me suis dit que puisque je t'aime déjà… le plus gros était déjà fait. » Il osa jeter un regard à Nicholas, qui le fixait lui aussi, bouche bée. « Je veux dire, je mourrais déjà pour toi. Et je pense que le sexe c'est beaucoup plus amusant que de se faire tirer dessus ou exploser.

— Danny, commença Nicholas, lui paraissant un peu désespéré. Je ne suis pas gay.

— C'est beaucoup plus facile que tu crois, lui chuchota Danny, se penchant davantage. Laisse-moi te montrer.

— Tu– » et ce fut la dernière chose que dit Nicholas pendant un bon moment. Danny s'était toujours imaginé être doué pour embrasser. Nicholas semblait être du même avis, vu la façon dont il s'était agrippé à ses épaules, comme s'ils étaient au beau milieu de la Manche et que Danny était la seule chose lui permettant de ne pas couler. Du moins jusqu'à ce qu'ils aient besoin de respirer.

« C'est complètement fou, haleta Nicholas. On ne peut pas juste– »

Suivant une intuition, Danny tendit la main et la plaça par-dessus la bite de Nicholas, qui était clairement partante pour toute cette histoire de conversion à l'homosexualité. Nicholas grogna, et pressa ses joues rougies contre le cou de Danny. Celui-ci le sentit trembler de partout, et passa un bras dans son dos pour le soutenir.

« Tu vois ? dit-il, frottant ses lèvres contre les cheveux fraîchement coupés de Nicholas. Je te l'avais dit, c'est facile comme tout. »

Un peu plus tard, Danny et Nick étaient allongés dans son lit, tout nus, et fixaient le plafond en silence.

« Comment t'as fait pour en mettre tout là-haut ? demanda Danny, émerveillé.

— Techniquement c'est ta faute, répondit Nicholas d'une voix traînante.

— Hm, je suppose que oui », accorda Danny. Il roula sur son flanc et baissa les yeux sur Nicholas, qui tourna la tête vers lui. Danny trouva qu'il semblait confus, mais étrangement heureux, lui aussi, ainsi qu'un peu post-orgasmé. Et décidément, ça lui allait bien.

« Alors, t'en penses quoi ? » demanda-t-il, prétendant être détaché et ratant misérablement, sans aucun doute. Il n'avait jamais été très bon acteur.

« J'en pense que tu viens de me faire jouir tellement fort que j'ai atteint le plafond. » Bordel, mais entendre Nicholas Angel dire des mots crus, c'était dix fois plus cochon que de les entendre dans la bouche d'une star du porno. « Ça va être très dur d'argumenter contre ça.

— Bien, approuva Danny, l'embrassant ardemment, parce que j'ai encore cinq litres de lubrifiant et personne d'autres avec qui je voudrais les utiliser. »

Les yeux de Nicholas manquèrent de lui sortir de la tête.

« Mais d'abord, dit Danny en levant un doigt, j'ai vraiment envie de te sucer. »

Nicholas rougit de partout, et se mordit les lèvres et ferma les yeux tandis que Danny caressait son torse. « Ouais, je… ce serait… génial, parvint-il à articuler, avant de rouvrir les yeux. Attends un peu. Tu as déjà sucé un mec ?

— Bien sûr que non. » L'expression de Nicholas se fit inquiète. « C'est bon », le rassura Danny, venant s'agenouiller entre ses jambes et se baissant pour embrasser les taches de rousseur sur ses hanches, relevant les yeux pour voir les paupières de Nicholas papillonner et se refermer tandis que Danny se frayait un chemin jusqu'à sa cible. « J'apprends très vite. »


Note de l'autrice : Petite Licence Poétique, Fast and Furious 4 est sorti en 2009, un peu après la timeline supposée de cette histoire. On va prétendre que Danny a mis la main sur une copie avec beaucoup (beaucoup) d'avance.

Note du traducteur : Je me suis beaucoup amusé en découvrant cette histoire, et d'autant plus en la traduisant. J'espère que vous aurez bien ri vous aussi ! J'ai fait de mon mieux pour la correction, mais la guerre contre les coquilles est sans fin.

sticky toffee pudding = Pudding aux dattes hachées avec une crème caramel