Bonjour à tous, l'histoire d'Harry Potter ne m'appartient pas, créer par JK Rowling, seule un personnage vient de mon imagination. Je suis désolée pour les fautes d'orthographes.
Chapitre 44 : Éloignement et Ordre du Phoenix.
Cela fait une semaine que les vacances ont commencé. Plus d'une semaine que Cedric est mort. Une semaine que Ténébris a compris que la nouvelle année scolaire va être très difficile. Une semaine que la Gazette du Sorcier critique ouvertement Albus et Harry sans parler, bien sûr de Voldemort, mais le plus ironique c'est que personne ne parle d'elle, pas un seul mot. Elle pensait qu'elle serait tournée en dérision dans la presse comme Harry et son père.
Mais non, rien. En réfléchissant, elle se demande si Fudge n'aurait pas, malgré tout, peur de la menace de son père à son encontre. Peut être que Fudge a peur qu'en parlant d'elle, alors qu'elle se tient à carreau depuis des années, n'encourage pas au contraire le peuple sorcier à croire à cette histoire de retour du Lord. C'est également peut être pour cela que le personnel du ministère venu cette année était beaucoup moins titillant, restant à peine une journée, avant de la laissant tranquille. À l'inverse, en ne la critiquant pas, les projecteurs ne sont pas braqués sur elle, empêchant son père d'agir contre lui et s'assurant tout débordement, laissant le peuple cracher sur Dumbledore et Potter.
Surtout que Voldemort n'a pas encore agi, révélant sa présence à la communauté magique, encourageant encore plus la discorde dans le monde magique. Après tout, s'il ne revient pas sur le devant de la scène, c'est un bon motif pour que les sorciers rejettent complètement Harry et Albus. Pourtant, Ténébris sait parfaitement qu'il est là dans l'ombre, à agir en secret, mettant en place ses plans et avançant ses pions pour que quand il fera son grand retour, personne ne puisse l'arrêter. La jeune Dumbledore le sait parfaitement, mais pas à cause de son souvenir lors de la dernière épreuve du tournoi des Trois Sorciers, non. Elle le sait, car depuis son retour, Ténébris a constamment mal au cœur, voyant dans ses sommeils des images et des réunions.
Comme s'il l'appelait, qu'il la mettait au défi de rester loin de lui, de continuer de le défier alors que sa place est près de lui. Ténébris est consciente qu'elle devrait révélé cette information, mais elle ne l'a encore dit à personne et ne compte pas le dire et encore moins à son père. Une colère et une rancune tenace se sont créées entre les 2 Dumbledore et Ténébris refuse d'aller le voir, de peur d'aggraver la situation.
Ces émotions ont commencé à être présentes le jour de son anniversaire quand son père a décidé qu'ils ne feront rien. En soi, Ténébris pouvait le comprendre parfaitement, les adultes ayant bien d'autres choses à faire et à penser plutôt que fêter son anniversaire. Elle l'a parfaitement acceptée, mais ce qu'elle a eu du mal à digérer c'est que son père n'a fait aucun effort. Il n'a pas été présent de toute la journée, partant bien avant qu'elle se lève et quand ils se sont vus, le lendemain, il ne lui a rien dit. Pas un mot, une lettre d'anniversaire ou un petit cadeau, rien. C'est comme s'il avait complètement oublié qu'elle était née le 1er juillet. À l'inverse des autres professeurs qui lui ont quand même souhaité un joyeux anniversaire dans les couloirs quand ils se croisaient. Elle n'en demandait pas plus, juste un signe qu'ils ne l'ont pas oublié, mais cela ne semble pas être le cas pour son père. Même Severus, qu'elle n'a pas vu depuis la troisième tache, lui a envoyé une lettre d'anniversaire et des ingrédients rares de potion. Ses amis lui ont également souhaité par lettre son anniversaire et envoyé des cadeaux, ce qui fait qu'elle en veut énormément au Directeur de n'avoir pas pensé à elle. Comme si elle n'en valait pas le coup.
Pourtant, sa colère a grimpé en flèche, suite à son aventure qui s'est déroulée hier. Pour la première fois, sur ordre de son père, Ténébris s'est rendue au quartier général de l'Ordre du Phoenix, une organisation dirigée par Albus Dumbledore pour arrêter Voldemort et ses Mangemorts, créer lors de la Première Guerre. La jeune Gryffondor fut surprise quand elle est sortie de la cheminée, de voir un salon des plus... ravagés. Le temps avait fait son œuvre, les murs étaient recouverts de moisissure, les tapisseries avaient perdu leurs couleurs, laissant là poussières et les toiles d'araignée élurent domicile. Les meubles étaient mangés au mythe sous le parquet grinçant à chaque pas qu'elle faisait. Elle n'a pas le temps d'explorer plus les lieux qu'elle entend:
- Ténébris !
Aussitôt, une crinière brune lui saute dans les bras, reconnaissant Hermione. Derrière elle se tient Ron qui lui donne une tape sur l'épaule.
- Que faites-vous là ? demande Ténébris, surprise de les voir.
C'est là qu'elle apprend que Ron et Hermione sont là depuis le début des vacances.
- Pourquoi ne pas m'avoir dit que vous étiez au QG ? demande-t-elle d'un air réprobateur.
Hermione rougit et Ron gigote d'un pied sur l'autre, mal à l'aise.
- On voulait te le dire, Téné, annonce précipitamment Hermione. Mais...
- Mais ?
- Mais ton père nous a interdit de te le dire dans nos lettres, termine Ron. Tout comme il nous a interdit d'en parler à Harry, d'ailleurs.
En entendant cela, Ténébris a l'impression de prendre une claque. Pourquoi son père ne voulait-il pas qu'elle sache qu'ils étaient ici, ni Harry? Elle n'a pas le temps de dire quelque chose que ses amis l'entrainent dans la demeure, pour lui faire visiter. En chemin, elle revoit Sirius qui se fait un plaisir de la prendre dans ses bras et de lui expliquer où ils se trouvent. Apprendre que cette demeure est la propriété de la famille Black depuis des générations est un choc.
- Je n'habite plus dans cette maison depuis longtemps, annonce Sirius en montant les escaliers. J'ai cette demeure en horreur alors quand je l'ai hérité en retrouvant ma liberté, j'avais la ferme attention de la laisser moisir, car je savais que cela ferait enrager mes parents dans leur tombe. Mais quand Voldemort est revenu et qu'il fallait un lieu pour nos réunions, je l'ai proposé à Albus. J'avais enfin trouvé une utilité à cette baraque et je savais que mes parents se retourneraient dans leur tombe. Savoir que des personnes traitres à leur sang et qui ne sont pas des Sangs purs allaient se promener dans la maison, ma remplis de joie en comprenant que se serait une magnifique revanche contre ma mère.
Ténébris savait que Sirius ne s'entendait pas avec le reste de sa famille, mais elle ne pensait pas que ce serait au point où même mort, il trouve du plaisir à les faire enrager s'ils étaient vivants. Poursuivant sa visite, Ténébris apprend qu'il partage son temps entre ici et sa maison sur les falaises au bord de mer. La Gryffondor saute sur l'occasion de demander à Sirius ce qu'il fait pour l'ordre, ne sachant absolument rien sur leurs activités, son père la tenant à l'écart de tout. Sirius explique qu'étant libre, sa mission est de répandre la nouvelle du retour de Voldemort parmi les Sangs purs. C'est une cause très difficile puisque ceux qui savent pour son retour sont des Mangemorts et font tout pour le discréditer auprès des personnes qui ont peur et ceux qui le croient ne veulent pas se battre, de peur qu'il y ait des répercussions à cause du ministère.
Ces informations énervent grandement Ténébris qui les traite de lâches. Une fois la visite des lieux réalisée, Ron, Hermione, Sirius et elle retourne dans le salon, là où tous les autres membres de l'ordre sont arrivés. Bien sûr, il y a Madame et Monsieur Weasley, Bill et Charlie (les deux ainés de la famille) et Remus que Ténébris prend plaisir à revoir. En parlant avec la famille de rouquin, les aînés apprennent à Ténébris que Percy s'est rangé du côté du ministère et qu'une violente dispute a éclaté au sein de la famille. Même si la jeune Dumbeldore n'apprécie guère le troisième fils, cela l'attriste, car les Weasley ne méritent pas de se déchirer ainsi. Elle revoit également Alastor depuis son séjour dans la malle de son imposteur et elle rencontre également d'anciens membres de l'ordre comme : Dedalus Diggle, Elphias Doge, Arabella Figg, Mondingus Fletcher, Hestia Jones et Emmeline Vance. Mais aussi des nouveaux comme Nymphadora Tonks et Kinglsey Shacklebolt qui était trop jeune lors de la Première Guerre pour se battre.
Ténébris est vite soulagée de voir que personne n'a de préjugé sur elle et cela la rassure, ne voyant que des regards curieux, mais bienveillants. Après plusieurs discussions avec eux, elle retourne auprès de Sirius qui lui demande si elle a eu des nouvelles de Harry.
- Oui et je peux te dire qu'il s'ennuie ferme et il est en colère de ne rien pouvoir faire. Il n'a pas arrêté de me demander si je savais quelque chose sur ce qui se passer et maintenant, je suppose que papa va vouloir que je me taise également dans mes lettres
Sirius sourit et dit :
- Il m'a dit la même chose. Quoi qu'il m'ait avoué que tu lui as envoyé des livres, mais il a refusé de me dire ce que c'est, dit-il en levant les sourcils.
Elle lui rend son sourire. Elle comprend qu'Harry lui laisse le choix de révéler ou non cette information qui les concerne tous les deux. Elle ne réfléchit pas longtemps avant de prendre sa décision, ne voulant pas mettre une barrière entre parrain et filleul :
- Je lui ai envoyé des instructions pour qu'il commence à s'exercer au pouvoir de l'esprit et des livres pour l'aider.
Le regard de l'animagus chien se fait plus aiguiser à ces mots :
- Pourquoi ?
- Tu sais que nous possédons un lien grâce à la magie Antique mais nous ne t'avons pas dit qu'Harry et moi pouvons... rentrer dans l'esprit de l'autre. Cela est arrivé lors du premier match de Quidditch d'Harry et cela lui a fait peur donc nous ne nous étions jamais entrainés, mais vu les circonstances, Harry a pensé que…
Le Lord Black hoche la tête :
- Que cela serait utile.
- Oui, cette année, on va s'entrainer sur la communication à distance grâce à l'esprit et nous avons décidé de commencer dès les vacances. Comme cela, s'il arrive quelque chose à l'un, on pourra prévenir l'autre.
- Harry doit avoir beaucoup de difficultés avec cette forme de magie qui exige calme, concentration et rester immobile au début, dit Sirius en imaginant son filleul s'énerver tout seul.
- Oui, mais bon. Il commence seulement et les cours sont faites à distance. Quand nous serons ensemble, ce sera plus simple.
- Ensemble, hein ?
Ténébris comprend vite le sous-entendu et refuse de rougir devant le sourire espiègle de son vis-à-vis.
- Oui, ensemble pour travailler, se sent-elle obligée de préciser.
- Mais bien sûr
Sirius s'apprête à dire quelque chose quand son père arrive pile à ce moment, l'empêchant ainsi d'écouter sa réplique. Ténébris se lève, s'apprêtant à le suivre, bien qu'il n'ait fait aucun geste dans sa direction, quand elle voit que Hermione, Ginny, les jumeaux et Ron soufflent. Ténébris ne comprend pas pourquoi, mais la lumière se fait quand elle regarde que tous les mineurs sortent de la salle, sous les ordres de la matriarche Weasley.
- Pourquoi doit-on sortir ?
Au moment où Sirius ouvre la bouche pour répondre à sa question, la voix d'Albus se fait entendre à l'autre bout de la pièce :
- Aucun enfant ne doit être impliqué dans cette guerre.
En disant ces mots, il ne la regarde pas, préférant gardant son regard sur un coin de la table. Elle fronce les sourcils :
- Nous sommes déjà impliqués et Voldemort (frissons) ne s'embêtera pas à savoir s'il a en face de lui des enfants ou pas. Tu le sais, très bien.
Malgré le vrai dans cette réplique, Albus reste inflexible et sa fille le comprend en voyant son visage.
- Tu es une enfant au même titre que les autres Ténébris.
La nommée sent sa colère monter en flèche et siffle entre ses dents :
- Je n'ai jamais été une enfant normale Papa et tu le sais !
Personne n'ose parler tellement la tension monte d'un cran, pas même madame Weasley. Personne, hormis Harry et Severus, n'a jamais vu une dispute entre Albus et Ténébris et encore, ils n'ont jamais eu de dispute « violente ». Mais Ténébris sent que cela pourrait changer et cela lui fait peur au fond d'elle. Pourtant, malgré cela, elle sent ses entrailles se contractaient comme un serpent s'enroulant autour de sa proie, voulant mordre l'homme qui lui interdit de rester. Ce qui la ramène à la raison, c'est de voir le regard fuyant des membres de l'ordre. Elle ne veut pas qu'ils assistent à ce spectacle. Pire, elle ne veut pas qu'ils aient peur d'elle. Au moment, où la jeune fille allait partir pour se calmer, Albus reprend :
- Tu es une enfant et je compte bien faire en sorte que tu le restes.
Ténébris sent sa magie gronder, le serpent se réveillant de nouveau. Elle a l'impression de rejouer la même discussion que dans le bureau de son père après le meurtre de Croupton. Ce n'est plus de la colère, mais de la fureur, car le pire, c'est que pour la première fois, il ne l'a pas regardé une seule fois dans les yeux pendant toute la discussion. Ce n'est pas normal. Elle ne devrait pas être aussi en colère, mais ne pas voir ses yeux la fait déborder de rage.
- Et si tu me redisais cela en me regardant dans les yeux au lieu de fixer un point sur la table !
Albus ne fait et ne dit rien, continuant de regarder le bout du meuble. Elle sent que si elle ne s'éloigne pas tout de suite, elle va faire une bêtise comme laisser libre cours à son mécontentement, ce qu'elle ne veut pas faire. D'un pas rapide, Ténébris se retourne et se précipite dehors, laissant les ombres et les visages derrière elle. Quand la porte se ferme, elle ressent une douleur fulgurante au cœur comme si le serpent qui était dans son ventre est remonté jusqu'à son organe pour le mordre et lui faire paie son manque d'action. Elle serre les dents pour ne pas crier, mais elle tombe vers le sol quand Ron la rattrape.
- Ténébris ? Qu'est-ce qu'il y a ? Tu as mal ?
Ténébris fait signe de se taire puisque les adultes sont juste à côté. Elle n'a pas vu que ses amis l'ont suivi. D'une oreille distraite, elle entend qu'Hermione et Ginny veulent prévenir les adultes de son malaise, signe pour eux qu'il y a un problème.
- Non, murmure Ténébris. Si papa veut me tenir éloigner de tout alors moi aussi.
Elle sait que c'est un comportement de gamin, encore plus quand elle tombe dans le regard de Hermione, mais cela lui va. Il veut la traiter comme une enfant et bien soit, elle se comportera comme tel. Ce qui la perturbe beaucoup plus en réalité, c'est que plus elle s'éloigne de son père, plus sa colère diminue jusqu'à disparaitre, laissant ce qu'elle vient de ressentir comme un mauvais souvenir.
Le soir, après la réunion, le directeur a envoyé Sirius la chercher pour lui dire qu'ils retournaient à Poudlard, mais une fois dans le salon, Ténébris apprend que son père est déjà parti, sans l'attendre. Elle voit des regards de pitié et d'incompréhension dans les yeux qui l'entourent, la poussant à se dépêcher de partir, se disant que son père l'attendait peut être pour qu'ils discutent de son comportement, mais rien. Personne ne l'attendait dans le bureau et quand elle est partie vers la chambre de son père, la porte était fermée. De colère, Ténébris va dans sa chambre, ignorant que sa situation ne s'améliorera pas.
Désormais, il ne reste plus qu'une semaine avant que le mois d'aout commence. Ténébris partage son temps entre Poudlard et le Square, car son père refuse catégoriquement qu'elle vive en permanence au Square Grimaud comme ses amis, mais également qu'elle se retrouve seule à l'école quand il n'est pas là. C'est à n'y plus rien comprendre. Elle a l'impression que son père veut la garder à l'œil en permanence malgré le fait qu'il ne la regarde plus du tout. Ténébris ne sait pas sur quel pied dansé et pour la première fois de sa vie, Poudlard n'est plus sa maison, mais est devenue une prison.
La seule chose qui la distrait un tant soit peu est les exercices à distance qu'elle fait avec Harry. Elle en a parlé à Ron et Hermione après sa discussion avec Sirius. Ses amis ont été d'une aide précieuse pour leur entrainement et même si c'est difficile, elle fait en sorte qu'il n'y ait aucun mensonge entre eux comme ils se le sont promis.
Ténébris et Harry commencent à voir les premiers progrès du jeune homme. La jeune Dumbledore a toujours eu des facilités pour la magie de l'esprit donc elle peut entrer facilement dans les esprits d'autrui. Ce qui est plus dur, c'est la distance et le manque de contact visuel. Heureusement, leur lien n'est absolument pas pareil que la légilimencie ou l'occlumencie qui obéissent à des règles complètement différent. Ce qui a grandement facilité l'apprentissage de Harry malgré les kilomètres entre eux. Pendant quelques secondes, ils peuvent voir à travers les yeux de l'autre, mais n'arrivent pas encore à communiquer par des mots. Ils arrivent malgré tout à se transmettre leurs émotions et leurs ressentis, peu importe la situation.
Le seul point positif dans sa vie à l'heure actuelle.
De nouveau le soir venu, le directeur l'emmène à une autre réunion où elle n'est évidemment pas invitée. Désormais, il y a toujours une tension entre eux le peu de fois où ils se voient et leur relation se dégrade à vue d'œil. Avant, Ténébris lui disait tout et elle pensait être celle qui le connaissait le mieux. Maintenant qu'elle ne lui dit plus rien, ils ne sont plus que des étrangers l'un pour l'autre. Au point où Ténébris se demande, si elle a vraiment connu son père, car jamais elle n'aurait cru qu'il se comporterait ainsi avec elle.
Dès qu'elle pose un pied dans le salon du QG, elle dit bonjour à la volée sans viser personne et monte directement à l'étage où elle sait que Ron, Hermione, Ginny et les jumeaux se sont regroupés. Personne ne prend ombrage de son comportement, conscient que cela doit être dur pour elle, surtout ceux qui connaissent le lien qui unit Dumbledore et sa fille. Quant à ceux qu'ils ne les ont jamais vus ensemble, ils en ont entendu parler. Tout l'ordre ignore pourquoi Albus agit ainsi et ne comprennent pas. Oui, les enfants doivent être tenus à l'écart, mais sa façon de le dire et son comportement donnent l'impression qu'il ne lui fait pas confiance alors que tous savent à quel point la jeune fille lui est précieuse. Mais le pourquoi reste un mystère, malgré les nombreuses questions de Sirius qui trouve que c'est injuste et cruel d'imposer cela à Ténébris. La jeune fille va jusqu'à imaginer que son père fait cela pour ne plus avoir de point faible, après qu'elle est découverte en juin qu'elle était celle du Directeur.
Après la réunion, les jeunes ont le droit de descendre et la table est mise pour le repas. Ténébris a pris l'habitude de rester manger avec eux, lui permettant de fuir son père. Une fois dans le salon, Ténébris remarque que tous les membres de l'Ordre sont présents pour diner, fait assez rare. D'habitude, certains partent immédiatement après la réunion, mais cette fois, ce n'est pas le cas. Même Severus est présent et Sirius et lui arrivent même à s'ignorer, se mettant à l'autre bout de table. Ténébris sait que lors des réunions, l'animagus et l'espion ont plutôt un comportement explosif, ayant été témoin.
D'ailleurs, « Témoin » veut plus dire espionner. Les jumeaux ont inventé des oreilles à rallonge pour écouter les discussions de l'Ordre discrètement, ce qui leur est bien utile pour grappiller des informations. Parallèlement, Ténébris sait qu'ils recherchent activement un entrepôt pour leur filière de Farces et attrapes pour se développer, suite à une discussion lors d'un repas. Ils n'ont dit à personne sauf à elle quand ils étaient que tous les trois, qu'ils avaient désormais beaucoup de Gallions. Elle fut heureuse de savoir que c'est Harry qui leur a donné cet or et les a encouragés à les faire rire. Elle croit même avoir gagné quelques points dans le cœur des jumeaux en ne les trahissant pas. Pas qu'elle avait une mauvaise place avant (elle sait que les jumeaux l'adorent).
Désormais une assiste devant elle et des couverts à la main, Ténébris fixe Severus qui se trouve à l'autre bout de la table. Ils n'ont pas beaucoup parlé depuis l'infirmerie. Parfois, elle voit dans ses rêves certains « traitements » que Voldemort fait subir à ses Mangemorts. Elle ne l'a jamais vu s'en prendre à Severus, mais elle se doute qu'il a eu droit à son lot de Doloris quand il est revenu vers lui. Cela a eu pour effet que le peu de conversation qu'ils ont eue, Ténébris avait toujours le sourire et essayait de retrouver leur complicité d'autrefois. Severus y mettait du bon cœur dans ces moments-là.
La jeune fille aux yeux rouges se reconcentre sur son voisin, Sirius, qui discute avec les adolescents de sa jeunesse et des blagues des Maraudeurs, aidé avec joie par Remus qui se trouve en face de lui. Cette ambiance joyeuse lui tire un sourire et écoute d'une oreille discrète même si elle prend plus à cœur d'écraser ses pommes de terre que de les manger.
La table est animée, l'atmosphère est détendue, lui permettant presque de se relâcher. Quand soudain, Ténébris entend pour la première fois depuis leur entrainement, la voix de Harry dans son esprit qui l'appelle, paniqué. Elle est tellement surprise par sa présence furtive dans son esprit qu'elle devient imperméable aux discussions alentour, faisant le vide en elle. Ténébirs le rappelle par la pensée, s'imaginant qu'il y a un problème, quand une image s'impose dans son esprit avec un sentiment de peur incontrôlée qui l'envahit.
Ténébris se lève d'un coup, la chaise se renverse et tous la regardent, voyant son visage blêmir à vue d'œil. Ténébris est consciente que Sirius et d'autres l'appellent, mais elle ne répond pas, préférant les ignorer. Albus se lève aussi, prêt à lui parler quand elle lève les yeux et tombe sur ceux, gris de Sirius. D'une voix d'outre-tombe, sans faire attention à l'atmosphère inquiète, qu'elle annonce :
- Détraqueurs.
Avant même que quelqu'un ait eu le temps d'assimiler le mot, elle se précipite vers la sortie et attrape le premier objet près d'elle : une fourchette. Quand les premières voix se font entendre, elle a déjà transformé l'objet en Portoloin. Dehors, elle l'active et arrive dans une ruelle sombre, mal éclairée et la pluie commence à tomber. Instinctivement, Ténébris sait où elle se trouve même si elle n'y a jamais mis les pieds. Les gouttes d'eau collent ses cheveux à son visage, mais la Gryffondor ne fait pas un geste pour se protéger, préférant regarder à droite et à gauche jusqu'à voir un pont. Quand ses yeux se posent sur l'architecture, un froid l'envahit, relevant ses poils, lui signalant que c'est là. Sans réfléchir, Ténébris court, laissant la pluie fouetter son visage jusqu'à ce qu'elle soit à l'abri, mais cela n'a aucune importance face au spectacle qu'elle a sous les yeux. Devant elle se trouvent deux Détraqueurs. Celui qui se trouve au fond s'attaque à un garçon grassouillet qui était prostré au sol, balançant sa tête de tous les côtés. Mais ce qui fit le plus peur à Ténébris, c'est de voir Harry, coincé contre un mur, un Détraqueur le tenant par la gorge, sa baguette au sol.
Devant un tel spectacle, c'est bien la première fois qu'elle regrette de ne pas savoir si elle peut utiliser le sort du Patronus. Sans réfléchir, elle hurle à plein poumon:
- Arrêtez !
À sa stupéfaction, les créatures la regardent, délaissant pendant quelques instants leurs victimes. Ténébris se traite d'idiote en réalisant qu'ils vont également se méprendre à elle, mais à la place, ils restent immobiles. Sans y croire, elle poursuit :
- Allez-vous-en !
Chose qu'ils font, confirmant son impression. Ténébris ignorait complètement qu'elle pouvait leur donner des ordres et qu'ils obéiraient. Au fond d'elle, elle se dit que c'est parce que ces créatures des Ténèbres la reconnaissent comme l'une des leurs, mais pour l'instant, ce n'est pas le plus important. Une fois loin, Ténébris se précipite vers Harry, livide.
- Heureux d'avoir réussi à te prévenir Téné, dit-il d'une voix faible.
- Moi aussi Harry, moi aussi.
Ténébris lui tend sa main pour l'aider à se relever. La jeune Dumbledore voit tout de suite que son ami tremble et ce n'est certainement pas dû à la température extérieure. Il doit sans doute continuer à sentir les effets du Détraqueur malgré son absence.
- Comment tu as réussi à faire fuir les Détraqueurs ?
- Je ne sais pas Harry, mais ce n'est pas le plus important pour l'instant.
Acquissant, Harry va vers l'autre garçon, Ténébris le suivant en silence, qu'elle suppose être son cousin Dudley, toujours prostré au sol. Difficilement, ils arrivent à le remettre sur ses pieds et l'aident à avancer. Le Moldu marmonne des paroles insensées entre ses dents et son regard semble loin, comme perdu dans le vide. Sans un mot, Harry la guide dans un quartier où toutes les maisons sont identiques, même pelouse, même allée et même brique utilisée. Ténébris a l'impression qu'aucune âme n'a voulu être donnée dans ces bâtiments, préférant la normalité et le simplisme. Elle se serait perdue en essayant de se rappeler du chemin, mais ce n'est pas le cas d'Harry qui continue d'avancer sans réfléchir, jusqu'à une maison qu'elle devine être celle de son oncle et sa tante.
Harry entre sans frapper et l'emmène dans le salon en passant dans un petit couloir, devant l'escalier. Arrivant dans le salon, Ténébris entend une exclamation de peur. Elle tourne la tête pour voir un homme qui ressemble énormément au garçon qu'elle porte, notamment un niveau de poids et une femme élancée à la tête de cheval, se précipitaient vers sa charge en le voyant blanc comme un linge. Sans s'intéresser à elle, la femme prend son fils et l'amène dans un canapé, permettant à Ténébris de regarder la demeure et une seule chose lui vient à l'esprit : trop propre. Tout est calculé pour être à une place précise, il n'y a pas un grain de poussière, la décoration est vieillotte et ce qu'elle voit l'inquiète. Il n'y a pas une seule photo de Harry, alors que son cachalot de cousin est sur toutes les photos. Elle entend la voix grave de l'oncle exigeant des explications à Harry et le ton employé ne lui plait pas non plus. Il parle à Harry avec de la haine dans la voix et du reproche. Quand elle voit le bras de Vernon se lever vers Harry, elle ne peut s'empêcher de parler:
- Vous pouvez remercier votre neveu, car sans lui, votre fils n'hésiterait plus.
D'une certaine manière elle ne ment pas, les Détraqueurs auraient aspiré son âme et il ne resterait qu'une coquille vide. Pas sûr que les Moldus auraient apprécié. En prenant la parole, les adultes prennent conscience de sa présence.
- Qui êtes-vous ? dit la tante d'une voix où se mêlent curiosité et crainte, toujours près de son fils.
Le mari ne parle pas. Monsieur Dursley s'était positionné devant son fils et sa femme en parlant à Harry, la cachant aux yeux de sa famille. C'est pour cela que sa femme ne voit pas ce qu'il a en face de lui et cela lui a coupé le sifflet. Dans un sourire sardonique, Ténébris fait un pas sur le côté pour se mettre en face de la tante et du cousin à Harry. La tante Pétunia pousse un cri d'horreur, avant de mettre sa main devant sa bouche. La jeune Dumbledore peut comprendre pourquoi ils sont si effrayés, après tout, c'est la première fois qu'ils voient une personne avec les yeux rouges. C'est à ce moment-là que Dudley se réanime et la pointe du doigt :
- Mon… monstre
Harry se crispe, mais Ténébris ne prend pas ombrage de ces mots. Elle comprend que pour des Moldus récalcitrants à la magie, ses yeux doivent être diaboliques. L'oncle fait des pas précipité en arrière, main écartée de son corps dans le but manifeste de protéger sa famille contre elle. Vernon Dursley fixe la jeune fille, mais c'est à Harry qu'il crie :
- Comment as-tu pu ramener un monstre dans cette maison ?! Non content de nous imposer ta présence, tu ramènes cette chose ! Ta présence ne suffisait pas, tu voulais nous imposer un deuxième monstre.
Un deuxième monstre ? Ça signifie que le premier est Harry et cela, Ténébris ne peut l'accepter. D'une pensée, ses mains s'illuminent et elle n'a jamais été aussi heureuse de savoir que personne ne peut détecter sa magie. Peut-être qu'elle va réellement provoquer un carnage pour la première fois de sa vie. Les moldus poussent de petits cris de peur et Vernon Dursley se rend compte qu'il a fait une erreur en parler ainsi devant elle. Il prend son courage pour répliquer, s'accrochant à une leur d'espoir :
- Vous… vous n'avez pas le droit d'utiliser la magie en dehors de l'école. Je... je le sais ! Cela fait partie de vos lois, l'autre a eu une réclamation, il y a trois ans.
Ténébris voit de plus en plus rouge, réveillant en elle une envie, un instinct qu'elle n'avait jamais senti en elle. L'appel du sang. Le même serpent qu'elle ressent en présence de son père se réveille et semble se languir de cette situation.
- Cela vaut pour ceux qui ont besoin d'une baguette, susurre Ténébris. Je ne suis pas concernée par cette restriction, car je n'en ai pas besoin. Et plus important, cette règle concerne les humains, ce que je ne suis pas.
Elle sourit quand elle remarque la peur dans le comportement des Dursley. Elle prend du plaisir à terrifier ces gens et le serpent en elle l'y encourage. Si ces Moldus mouraient, personne ne le verrait et ils ne manqueront à personne, un seul geste, deux petits mots qu'elle connait et tout est fini.
- Téné, ça suffit.
Ces mots ont l'effet d'une douche glacial et la réveillent. Ténébris tourne la tête pour voir qu'Harry a posé sa main sur son épaule et la regarde avec inquiétude. Cela a le mérite de la ramené à la réalité. Ce qu'elle comptait faire... cela l'effraie, car ce n'est pas elle ! Ténébris n'a jamais ressenti cela, le gout du meurtre, alors pourquoi le ressent-elle maintenant ? Elle n'a pas le temps de se poser plus de questions qu'Harry change de sujet :
- Est-ce que c'est Voldemort qui a envoyé les Détraqueurs ? Je ne savais pas qu'ils l'avaient déjà rejoint.
- Je ne sais pas Harry, dit Ténébris en se concentrant sur lui et non sur les 3 Moldus. Mais si ce n'est pas le cas, alors c'est plus grave.
- Comment cela ?
- Si les Détraqueurs n'ont pas rejoint Voldemort alors ils travaillent toujours pour le ministère. Dans ce cas, c'est un employé qui t'a envoyé les créatures.
Ils connaissent tous les deux la gravité de la situation, si c'est le cas. Si un employé a envoyé ces monstres, c'est dans le but d'éliminer Harry ou de l'obliger à utiliser sa magie, ce qui aurait permis au ministère de l'arrêter pour avoir révélé le secret magique devant un Moldu et d'avoir brisé le règlement qui impose à un étudiant de premier cycle de ne pas utiliser sa magie en dehors de Poudlard. Ténébris réfléchit à toute vitesse et sa décision est vite prise :
- Prépare ta valise Harry, on s'en va.
Harry est surpris, mais s'exécute immédiatement, montant à l'étage. Ténébris le suit, ne voulant pas rester avec les autres membres de sa famille. Qui sait ce qu'elle pourrait faire désormais ? Une fois en haut des escaliers, l'adolescente remarque immédiatement les cadenas sur la première porte. Son cerveau bloque, ne comprenant pas l'intérêt d'avoir mis des cadenas à l'extérieur et non à l'intérieur, mais elle comprend vite pourquoi quand elle voit le rouge monter sur les joues d'Harry. Les cadenas ne servent pas à s'enfermer dans sa chambre pour être tranquille, mais à enfermer Harry dans la sienne. Ironiquement, c'est quand elle voit la chambre que cela confirme ce qu'elle pensait déjà de la vie qu'Harry a eu. Les Moldus n'ont jamais pris soin de l'adolescent. Pire, elle vient d'avoir la preuve verbale et ensuite matérielle, car on ne peut pas appeler cela une chambre. Pas quand on a un lit mangé par les mites et où les ressorts s'extirpent du matelas, un bureau à qui il manque un pied et une armoire qui ne se ferme plus.
Elle ne s'exprime pas, sachant que ce n'est pas le moment et que Harry ne lui révèlera rien, sans doute honteux de lui montrer ses conditions de vie. Elle l'aide juste à faire sa valise en un claquement de doigts pour partir au plus vite de cet endroit. Les affaires volent jusque dans la valise et Ténébris se rend compte qu'à part ses affaires d'école, son balai, sa cape, ses vêtements et l'album photos de ses parents, Harry ne possède rien. Ce rendre compte de cela lui serre le cœur et rend la situation d'Harry encore plus injuste. Pour terminer, Hedwige va dans sa cage en piaillant de joie en comprenant qu'ils s'en vont. Ténébris réduit la valise et Harry la met dans sa poche, avant de se précipiter en bas. Ténébris reste dans le vestibule alors qu'Harry pénètre dans le salon où les Moldus n'ont pas bougé pour leur annoncer qu'il part. Ténébris ne comprend pas pourquoi Harry reste poli et les prévient, mais quand elle entend de la joie dans le « bon débarras » de l'oncle de Harry, elle est heureuse de partir, mais triste face à tout ce qu'Harry a dû subir. Elle doit malgré tout réfréner à grande peine l'envie de meurtre qui remonte en elle. Elle se dépêche de sortir et une fois dehors, Ténébris prend la main du jeune homme et les fait transplanner sans regret.
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Ils atterrissent devant une fontaine en face de plusieurs maisons d'un quartier qui a été sans doute autrefois bourgeois. Désormais, certaines vitres des maisons étaient cassées, des ordures parsemaient les perrons et la peinture était caillée à certains endroits. Sans un mot, Ténébris sort de sa poche un bout de papier, volé dans le bureau de son père. Comme il ne lui adresse plus la parole, elle fouille dans ses affaires pour chercher des informations et ce fut bien plus simple de voler Albus Dumbledore sans qu'il ne le remarque qu'elle le pensait. En réalité, Ténébris est surtout persuadée que jamais il n'aurait imaginé que sa propre fille fouillerait sa chambre de font en combe pour trouver quelque chose d'intéressant. Pourtant, elle a réussi à récupérer ce bout de papier qu'elle savait lui être très utile à un moment donné. Ténébris avait pris la décision que temps qu'Harry ne serait pas auprès d'elle, elle garderait ce papier toujours sur elle, puisqu'il est le seul à ne pas connaitre l'ordre et le quartier Général. Elle met le parchemin sous les yeux d'Harry qui lit immédiatement la phrase:
Le quartier général de l'Ordre du Phoenix se trouve au 12 square Grimmaurd
- Qu'est-ce que... demande Harry qui est interrompu par la jeune fille.
- Le QG est sous le sortilège fidélitas, comme l'était la demeure de tes parents et mon père en est le gardien. Si on veut que tu rentres dans la demeure, tu dois lire un bout de papier sur lequel est écrite l'adresse du QG par les mains du gardien du secret, c'est-à-dire papa.
En disant ces mots, elle brule le papier. Son père va être furieux quand il va découvrir ce qu'elle a fait. Autant détruire le papier tout de suite avant qu'il ne le lui prenne. De toute façon, il ne lui sert plus à rien maintenant qu'Harry est présent. Elle ne lui dira pas non plus qu'elle avait pris des sécurités sur le parchemin. Après tout, tous les ennemis de l'ordre tueraient pour connaitre le lieu exact de l'Ordre. C'est pour cela que le papier ne délivre son mot uniquement s'il se trouve dans sa propre main et qu'elle veut qu'on le lise sans qu'elle y soit contrainte, mais aux yeux de son père, cela ne suffira sans doute pas. Ils avancent un peu plus dans la ruelle jusqu'à tomber sur deux maisons portant les numéros 11 et 13. Harry s'apprête à faire la réflexion qu'il y a une erreur quand il voit soudain une vielle porte délabrée surgir entre les 2 numéros. Un tout nouveau bâtiment semblait avoir surgi entre les 2 bâtiments, mais elle était toute aussi en mauvais états que les autres maisons. L'incompréhension est tellement visible dans le regard d'Harry que Ténébris lui donne plus d'explication, tout en montant sur le perron.
- Bienvenue au quartier de l'Ordre du Phoenix. Il s'agit d'un Ordre créé pendant la Première Guerre et remis en marche par mon père pour arrêter Voldemort.
Ténébris pose sa main sur la poignée, mais elle n'a pas le temps d'ouvrir que la voix d'Harry gronde.
- Pourquoi tu ne m'as pas dit pour tout cela?
La jeune fille se retourne pour voir son ami furieux, ce qu'elle comprend.
- Harry, je te jure que je ne sais pas ce que l'ordre fait. Papa et madame Weasley nous tiennent éloignés de tout .
- Nous ?
Ténébris sent qu'il va exploser de colère.
- Harry, s'il te plait ne t'énerve pas. Ron et Hermione sont ici depuis le début des vacances et je n'ai appris l'existence de cette maison il y a que deux semaines. Papa nous a interdit de te parler de chose importante dans nos lettres, de peur qu'elle soit réceptionnée.
- Tu veux dire que pendant deux semaines, vous avez été ensemble tous les 3 alors que j'étais coincé chez les Dursley ? s'énerve Harry qui a l'impression de prendre une douche froide. Pourquoi je n'ai pas le droit d'être au courant ? C'est moi qui étais là au mois de juin contre Lui ! C'est moi qui me suis battu contre Voldemort, moi qui affronte chaque année des épreuves mortelles ! Je ne devrais pas...
- Je le sais parfaitement Harry, interrompt Ténébris qui refuse de se prendre toute sa colère au visage. J'étais là également tous les ans, à tes côtés et à me battre avec toi ! Et pourtant, moi aussi, on me met à l'écart. Je n'en suis pas plus heureuse, crois moi, malgré tout je ne passe pas mes nerfs contre toi !
Ténébris est rouge après son monologue et est très heureuse que le sort de Fidélitas s'étende jusqu'au perron, empêchant les gens alentour de les entendre. Son discours semble avoir fait son chemin jusque dans l'esprit d'Harry qui se rend compte, quand en effet, il n'a pas le droit de la blâmer, elle ou ses autres amis. Que peuvent-ils bien faire face à des adultes récalcitrants ?
- Je suis désolé, s'excuse Harry, laissant sa colère descendre.
Cette réponse calme également Ténébris qui s'excuse également et l'invite à rentrer. Elle ouvre la porte et le voyant ouvrir la bouche, elle pose sa main sur la sienne pour lui intime de se taire. Ténébris dit en chuchotant :
- Il y a le portrait de la mère de Sirius à l'entrée et elle hurle dès qu'il y a trop de bruit. C'est pourquoi on fait toujours attention de faire le moins de bruit possible dans l'entrée.
Le plus doucement possible, Harry demande pourquoi le portrait de la mère de Sirius est présent et Ténébris lui révèle ce qu'elle a appris sur cette demeure des Black, la maison familiale de Sirius. Harry écoute les explications et laisse Ténébris le guider vers le fond du couloir où se trouve une porte et où il entend des cris d'adultes. La jeune fille ouvre la porte et se met devant lui pour le cacher, regardant les adultes qui parlaient et gesticulaient dans tous les sens, paniqués. C'est Severus qui la voit en premier, étant le plus près de la sortie.
- Elle est là.
La phrase fait taire tout le monde et ils regardent vers elle. Le silence est bizarre après tout ce bruit, mais Albus ne perd pas de temps et s'approche vers elle. Dire qu'il n'est pas content est un euphémisme. Il lui demande d'un ton clair, mais sans appel, des réponses, sans croiser son regard.
- Où étais-tu Ténébris ?
Ténébris sent la pointe de colère refaire surface, faisant gigoter le serpent en elle. Elle respire un grand coup, mais ne dit rien. À la place, elle se décale, révélant à tous la présence de Harry qui tient Hedwige en cage, provoquant de nouveau un silence jusqu'à ce qu'Hermione et Ron réagissent et se précipitent vers lui en le serrant dans leur bras. Sirius fait de même quelques instants après, mais dès que l'animagus s'écarte, Albus déclare, laissant une pointe d'énervement dans son ton :
- Pourquoi Ténébris ? C'est de l'inconscience. Harry était en sécurité là où …
- En sécurité ? l'interrompt-elle en lui lançant un regard méchant. Dans ce cas, dis-moi, comment on peut être en sécurité quand on est attaqué par deux Détraqueurs en pleine rue?
Des exclamations de surprise et d'horreur se propagent dans l'assemblé, avant qu'un nouveau un silence de mort lui répond, mais cette fois, il est bien plus pesant.
- Comment c'est possible ? demande Fol œil après un instant, laissant ses 2 yeux se fixaient sur Harry.
- Je ne sais pas, mais Téné dit vrai, répond Harry. Je rentrais chez mon oncle et ma tante avec mon cousin quand on a été attaqué.
- Est-ce que tu as utilisé la magie, Harry ? demande Arthur précipitamment, laissant voir des gouttes de sueur coulaient le long de ses tempes.
- Non, Téné les a fait fuir avant que je le fasse.
On sent le soulagement dans la pièce à sa réponse. Ils savent ce qui se serait passé si Harry avait utilisé la magie en dehors de Poudlard, surtout maintenant que le ministère est contre lui. Quant à Ténébris, elle est surtout heureuse que personne ne demande comment elle a fait. Elle voudrait éviter de leur révéler qu'elle leur a simplement demandé. Rapidement, ils font la même déduction que les ados : qui a envoyé les Détraqueurs si ce n'est pas Voldemort ? Pourtant, Albus soulève une autre question dont la réponse semble plus importante à ses yeux.
- Comment le savais-tu, Ténébris, que des Détraqueurs attaquaient Harry ? J'ai envoyé Mondingus pour veiller sur Harry et il ne m'a pas prévenu.
Elle lève la tête, mais à nouveau, elle ne tombe pas dans ses yeux bleus.
- Mondingus ? s'exclame Ténébris en élevant la voix. Ce voleur ? Pas étonnant qu'il ne t'ait pas prévenu, il a dû partir en douce, car un méfait devait l'attendre. Comment as-tu pu confier la sécurité d'Harry à ce sorcier.
Ténébris aurait pu continuer longtemps à insulter Mondingus et au vu des regards des autres, elle n'était pas la seule à le maudire, mais pas son Père.
- Tu ne réponds pas à ma question, l'interrompt-il.
- Harry et moi, nous nous exerçons depuis les vacances à communiquer par la pensée malgré la distance, souffle Ténébris qui réprime son envie d'aller lui dire de se faire voir. Il m'a prévenue et j'y suis allée.
- D'où ta réaction, dit Fol œil en souriant. Bien joués gamins, très intelligent d'exploiter ainsi vos pouvoirs.
Pendant un instant, les 2 ados sont heureux d'entendre un tel compliment, surtout d'Alastor Maugrey, un auror émérite, mais Albus ne semble pas de cet avis.
- Pourquoi ne me l'as-tu pas dit ? dit-il d'une voix presque blessée.
Doucement, le regard d'Albus se détourne du mur pour se poser sur sa fille, mais à l'instant où rouge et bleu se croisent, Albus détourne le regard, blessant également Ténébris.
- Tu ne me dis rien depuis les vacances, pourquoi en ferais-je autant ? Rétorque-t-elle d'un ton tranchant.
Albus ne peut pas vraiment répliquer puisque ce n'est que la vérité. Il a également le temps de comprendre comment Harry peut être présent dans la maison malgré le sortilège de Fidélitas. Ténébris a dû fouiller dans son bureau pour récupérer un bout de parchemin où était inscrit le lieu du QG de l'ordre. Il va devoir protéger ses affaires personnelles maintenant pour être sûr que Ténébris ne recommence pas. Quelque chose qu'il n'aurait jamais cru devoir faire un jour. Ténébris n'attend pas la réponse de son père et embraie :
- Maintenant que nous avons une preuve que Harry n'est plus en sécurité chez les Moldus, autant qu'il reste ici. Il pourrait même aller avec Sirius chez lui .
Sirius et Harry sourient à Ténébris qui sait à quel point le Lord Black veut montrer sa maison à Harry et passer du temps uniquement tous les deux. Elle est prête à s'éloigner de nouveau de son ami pour le laisser souffler et profiter du dernier membre de sa famille.
- Hors de question, annonce Albus d'un ton catégorique, coupant tout espoir.
Des protestations se font entendre par Sirius et Harry et sans suit un long débat, où tout l'ordre participe. Au final, Albus gagne la partie :
- Harry sera en sécurité, ici avec l'ordre, aux 12 Squares. Il pourra participer aux tâches quotidiennes et voir tout le monde.
Sirius fulmine face à cette décision. N'étant toujours pas le tuteur légal de Harry, il ne peut rien faire. En plus, vu la situation actuelle, Fudge a sans doute mis son dossier d'adoption tout en bas de la pile et Sirius ne se fait pas d'illusion désormais, le ministre fera tout pour que le dossier soit refusé. S'il veut continuer à passer du temps avec Harry, il va devoir revenir vivre dans cette baraque.
- Bien, il est temps de partir, reprend Albus. Ténébris, tu…
- Non, coupe la nommée. Je ne repars pas avec toi.
- Pardon ?
- Je ne retourne pas à Poudlard. Hors de question de partir maintenant que tous mes amis sont là.
Albus souffle, mais accepté. Elle ne pourra plus fouiller dans son bureau et sa chambre et il aura le temps de mettre en place des protections. Qui plus ai, Albus va avoir une longue conversation avec Mondingus Flecher et il a intérêt à avoir une excellente raison d'avoir abandonner son poste de surveillance. Quant aux mineurs, cela les arrange bien de rester ensemble, ainsi, Harry et Ténébris vont pouvoir travailler sur leur projet de communication à distance.
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Harry s'installe à table et commence à manger les restes du festin que madame Weasley a préparé pendant que certaines personnes partent, notamment le directeur , suivi de son professeur de potion, après lui avoir lancé un regard mauvais. Ténébris va s'assoir à côté de son ami et ne lance aucun regard aux deux hommes. Elle ne laisse rien paraitre, mais Harry se doute qu'elle est triste de cette situation.
Harry veut poser des questions puisque Ténébris n'a pas pu lui donner beaucoup d'information sur l'ordre. Prenant une cuillère à soupe, il tourne ses yeux vers la jeune fille pour croiser son regard. Une fois que c'est fait, ils pensent à la même chose. Un seul adulte a des chances de leur révéler quelque chose sous la pression s'ils s'y mettent tous les 2. Simultanément, Ténébris et Harry dirigent leur regard vers Sirius.
- Qu'est-ce que l'ordre fait contre Voldemort ? demande Harry de bout en blanc.
L'atmosphère détendue devient soudainement lourde, à l'inverse du regard rieur de Sirius.
- Je me demandais quand tu allais me poser la question, répond ce dernier.
Plus personne ne fait de geste, leur regard tourner vers Sirius. Avant que l'animagus puisse ouvre de nouveau la bouche, la matriarche des Weasley s'exclame :
- Tu ne fais pas partie de l'ordre, Harry. Cette affaire ne concerne en rien des mineurs, toi et les autres, vous êtes trop jeune !
- Depuis quand doit-on faire partie de l'ordre pour poser des questions ? Harry a été enfermé chez ses Moldus pendant des semaines !
- Attends Sirius, interrompt Fred. On n'arrête pas de vous poser des questions et vous refusez catégoriquement de nous répondre, mais vous acceptez celle d'Harry ?
- Ce n'est pas de ma faute si vos parents tiennent à vous tenir à l'écart, répond calmement Sirius. En ce qui concerne Harry ...
- Il reste un enfant comme les autres, coupe sèchement Madame Weasley.
- Je suis son parrain et ...
- Et tu devrais plus prendre à cœur sa sécurité et son éducation que de vouloir faire en sorte qu'il devienne James !
Sirius lance un regard noir à la matriarche pendant que Ténébris grimace. Elle avait mis en garde Sirius sur son comportement envers Harry et apparemment, d'autres l'ont aussi remarqué.
- Je ne suis pas mon père, dit Harry en entrant dans la conversation, mais je considère que j'ai le droit de savoir. C'est moi que Voldemort veut tuer !
- Qui plus est, poursuit Ténébris, avec tout le respect que je vous dois, nous mettre au courant de certaines choses peut nous aider et nous protéger à ne pas nous mettre en danger. C'est mieux de savoir ce qui nous attend pour éviter la situation que de tout ignorer et de tomber dans un piège. Harry l'a dit, Voldemort veut le tuer quand à moi... on ne sait pas encore ce qu'il compte me faire, mais je sais qu'il me piègera, tout comme Harry. La seule chose que Sirius a accepté de me dire, c'est qu'il essaie de convaincre les Sang Purs, chose qui semble impossible, au vu du contexte politique actuel.
Ténébris ne dit bien sûr pas qu'avec ou sans informations, ils risquent de se mettre dans le pétrin comme chaque année.
- Je suis d'accord avec Sirius de leur expliquer certaines choses, intervient Lupin à mi-voix. Il est mieux que les enfants apprennent certains faits, pas tous, mais l'idée générale, au lieu qu'ils l'apprennent par des moyens ... déformés.
Lupin doit sans doute penser aux oreilles à rallonge que les Jumeaux a=ont inventés pour espionner l'ordre, se dit Ténébris, mais se tait, surtout qu'ils ont trouvé un allié. Madame Weasley refuse toujours, jusqu'à ce que son mari annonce qu'il est d'accord avec Sirius et Remus. En infériorité numérique, la matriarche plie, mais ordonne aux autres de sortir. Un boucan pas possible se fait entendre des autres élèves, mais de nouveau Molly Weasley doit plier. Elle ne peut pas obliger Fred et George de partir, car ils sont majeurs quant à Ron et Hermione, tous savent qu'Harry et Ténébris leur diront tout. Seule Ginny est chassée de la cuisine, emmenée par sa mère dans sa chambre, sous des cris de protestation avant que la porte ne se referme et qu'Harry se lance :
- Où est Voldmort et que fait-il ? Il n'y a aucune information dans la gazette. Pas de meurtre ou de disparition, j'aurais cru qu'il y en aurait depuis son retour.
- C'est surtout qu'il n'y a pas de meurtre étrange, car il y a bien des gens qui disparaissent ou découverts sans vie, annonce Sirius. Il fait profil bas en ce moment, il n'a pas le choix, car son retour ne s'est pas passé comme voulu.
- Comment cela ? demande Ron.
- Harry a permis de faire échouer son plan, rectifie Remus.
- Quoi ? demande Harry qui a du mal à savoir en quoi il a fait échouer Voldemort.
- Tu étais censé mourir cette nuit-là, pas y réchapper ! s'exclame Sirius. En faisant cela, tu as pu prévenir la seule personne que Voldemort voulait absolument maintenir dans l'ignorance de son retour.
- Papa, répond Ténébris en comprenant. Vu que papa est au courant, il a pu remobiliser l'ordre, chose qu'il n'aurait pas pu faire autrement !
- En effet, dit monsieur Weasley. Et l'ordre peut agir.
- Mais vous faites quoi, exactement ?
- On sait qu'il veut reconstruire son armée donc on essaie de rallier des gens à notre cause et de faire échouer les alliances qu'il veut passer, notamment avec les géants. On a réussit à rallier Tonks par exemple, qui était trop jeune lors de la Première Guerre, ou encore Kingsley Shackelbolt, un auror très respecter dans le milieu, mais c'est difficile, car Fudge refuse toujours de voir la vérité en face, préférant son confort et voulant éviter une situation que le monde sorcier n'a pas connu depuis 14 ans. Il est plus préférable pour Fudge de décrédibiliser Dumbledore que d'annoncer le retour de Voldemort.
- C'est là que réside le problème, poursuit Remus, si le ministre dit que tout va bien, personne ne nous croit et on ne peut pas crier sur tous les toits qu'on croit en son retour, car sinon nous risquons gros. Arthur pourrait perdre son emploi alors qu'il est nos yeux au ministère, ainsi que d'autres, par exemple.
- Mais si personne ne répand la nouvelle, commence Harry, interrompue par son parrain.
- Nous, on ne la répand pas, mais Albus, si. Tu disais pourtant lire la Gazette ?
- Hé bien, je ne l'ai pas lu, j'ai seulement lu les gros titres, me disant que si quelque chose d'anormal arrivait, ce serait au premier plan.
- Attends Harry, dit Hermione. Tu veux dire que tu ignores ce que la Gazette dit sur toi ?
- Ils parlent de moi ?
- Pas directement, explique Ténébris. Ils essaient de te faire passer pour quelqu'un qui veut attirer l'attention sur lui donc ils font des sous-entendus pour te discréditer puisque c'est toi qui as annoncé le retour de Voldemort. Quant à papa, il a perdu son siège et la présidence de la confédération internationale des mages et sorciers, dans lequel il avait annoncé le retour de Voldemort au grand public. Ils l'ont également limogé de son poste du président du Magenmagot et on parle de lui retirer son titre de l'ordre de Merlin.
- Et c'est là tout le risque, termine monsieur Weasley. En annonçant le retour de Tu-Sais-Qui, Dumbledore risque d'aller à Azkaban pour mensonge et mouvement de panique de la population, ce que Fudge voudrait bien et ce qui arrangerait les affaires de Voldemort, car il aura alors le champ libre pour rassembler encore plus de partisans.
- Mais si Voldemort ressemble de nouveau Mangemorts, les gens vont s'en apercevoir, non.
- Voldemort oblige les gens, les manipule, les trompes, les fait chanter. C'est pourquoi Mondingus est utile à la cause.
Ténébris est peut convaincu par cette annonce, mais Sirius poursuit.
- C'est un criminel, il entend des choses et voit ce qu'on ne voit pas. Voldemort a une longue expérience avec la clandestinité, mais moins que Dingue qui est nos oreilles dans ce milieu. Qui plus ai, Voldemort a certain projet qu'il peut mettre en place, dans l'ombre, en attendant de pouvoir faire son retour et c'est sur cela qu'il se concentre à l'heure actuelle.
- Qu'est-ce que c'est ? demandent Ron, Hermione, Ténébris, Harry et les jumeaux en même temps.
Ils se doutent que c'est une information importante, même cruciale.
- Une arme, dit d'un ton sombre le Lord Black. Une arme qu'il n'avait pas la dernière fois et qui est très importante pour sa réussite. La chose qu'il convoite le plus au monde.
- Quoi ?
- Ça suffit, s'exclame Madame Weasley qui est revenue de la chambre de Ginny sans que personne ne la voie. Maintenant, vous allez aux lits.
- Non ! disent les jumeaux. On veut savoir et ...
- Stop, dit madame Weasley avec un ton catégorique, le visage en feux.
Elle tourne la tête vers Sirius et le foudroie du regard.
- Tu leur en as dit assez. Autant les faire entrer dans l'ordre, sinon.
- Mais c'est ce qu'on veut ! disent précipitamment Harry et Ténébris.
- Je veux me battre, rajoute le brun.
- Non, dit Lupin du même ton catégorique que Molly. L'ordre ne compte que des gens adultes et qui ne sont plus scolarisé, ajoute-t-il en voyant les jumeaux ouvrir la bouche. Molly a raison, vous en savez assez. Il est temps d'aller au lit.
Sur cette mauvaise note, tous les mineurs sont priés d'aller se coucher. Harry va dans la chambre de Ron et Sirius fait apparaitre un autre lit dans la chambre de Hermione et Ginny pour Ténébris. Une fois que les 3 filles sont seules dans la chambre, la rouquine chuchote immédiatement pour demander ce qui a été dit. D'un commun accord, les 2 Gryffondord expliquent tout à leur camarade jusqu'à ce qu'elles voient de la lumière sous la porte, signe que madame Weasley guette pour s'assurer qu'ils dorment. Plus personne ne parle et pourtant, aucun d'eux ne réussit à trouver le sommeil, que ce soit les filles ou les garçons. En réalité, ils n'ont rien appris de plus dont ils se doutaient déjà, la seule chose de nouveau, c'est d'apprendre l'existence d'une arme et encore ! Les adultes ne leur ont rien dit de très utile. Qu'elle ait donc cette arme que Voldemort veut absolument ? À quoi sert-elle ? Est-ce que c'est leur camp qui la possède en ce moment ? Toutes ses questions trottent dans leurs têtes, les empêchant de s'endormir, écourtant leurs nuits.
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Le lendemain matin, Ténébris et Harry découvrent le quotidien des habitants du Square. Après un petit déjeuner rapide, madame Weasley leur donne du matériel pour faire le ménage afin de réhabiliter cette maison. Comme lui avait dit ses amis, les mineurs s'attaquent au salon où ils découvrent un nid de Doxys et toute une famille de Boursoufs morts sous le canapé. Mais le pire, c'est la poussière, dès qu'ils marchent sur un tapis ou frôlent un meuble, un nuage de poussière s'élève, les faisant éternuer. Sirius les aides en appliquant un sort, semblable à la tête en bulle, pour libérer les voies aériennes et éviter d'inspirer trop de poussière. Harry est vraiment heureux d'apprendre que Sirius a décidé de rester vivre dans sa maison d'enfance pour rester avec lui. C'est un soutien psychologique important aux yeux du jeune homme qui, même s'il n'est pas heureux de faire du ménage, est content d'être entouré par ceux qu'il aime. Après une matinée à avoir pulvérisé le salon de Doxicide, on commence à entendre Sirius râler:
- Si seulement ce bon à rien d'elfe de maison avait fait quelque chose durant ces années.
- Un elfe de maison ? demande Harry, surpris. Il y a un elfe dans cette maison ?
- Oui, il s'appelle Kréature et il est lié à la maison des Black.
- Il est complètement fou. Son seul rêve dans la vie est d'avoir sa tête empaillée dans l'escalier, à côté des autres membres de sa famille, murmure Ron à Harry.
Le jeune homme avait en effet était surpris de voir toutes ces têtes sur la rambarde d'escalier, mais n'avait pas osé poser de question.
- Il est vieux, s'exclame Hermione en fusillant Sirius du regard.
- Ho, crois-moi, Hermione, tu serais surpris d'apprendre ce que Kreature peut faire quand il le veut.
- Dumbledore nous a dit d'être gentils avec lui et compréhensifs, reprend la jeune fille.
Sirius grogna en réponse et personne n'osa reprendre ce sujet, préférant se remettre au travail jusqu'à ce que 13 heures sonnent. Madame Weasley leur apporte des sandwichs pendant que certains membres de l'ordre arrivent et se dirige vers la cuisine. Une nouvelle réunion doit sans doute avoir lieu et la matriarche veut les tenir éloignés. Les adolescents discutent entre eux, jusqu'à ce que la porte s'ouvre, laissant voir un elfe de maison. Il porte un chiffon crasseux noué autour de la taille, mais le reste de son corps est ridé, donnant l'impression que sa peau est trop grande pour lui. Des touffes de poils sortent de ses oreilles en forme de chauve-souris et il possède un gros nez avec des yeux injectés de sang. Sans les regarder, Kréature passe devant eux tout en marmonnant des paroles.
- ... traitre à leur sang, que dirait ma pauvre maitresse. Cette horrible bonne femme avec tout ses enfants roux et le maitre ! Ho oui le maitre, qu'est-ce que sa pauvre maitresse dirait en apprenant ce qu'il a fait de la noble demeure des Black. Des Sang-De-Bourbe et des Loups-Garous, honte! Honte à lui !
- Pourquoi dit-il tout cela, alors qu'on est là, murmure Ténébris à Hermione.
- Il n'a plus toute sa tête, il pense que personne n'entend ce qu'il dit.
Les jumeaux s'apprêtent à parler quand Sirius rentre et voit Kréature. Immédiatement, il demande ce qu'il fait là et l'elfe explique qu'il fait le ménage. Sirius éclate de rire et révèle qu'il ne fait pas le ménage, mais prend des affaires de la maison pour les cacher et les empêcher de les jeter. La créature marmonne que sa maitresse serait horrifiée d'apprendre ce que son ingrat de fils fait et cela énerve encore plus Sirius qui lui ordonne de partir. Harry comprend quelque chose concernant Sirius, il déteste Kréature, mais également cette maison car toute la matinée, Sirus a jeté des regards de haine à l'édifice, les meubles et les tapisseries. Après cette pause, ils reprennent le travail avec la mauvaise humeur de Sirius. Prétextant nettoyer une pièce à côté, Ténébris et Harry filent pour échapper à cette ambiance.
- Je ne comprends pas, dit Harry en parlant à Ténébris pour aller dans une pièce au hasard. Pourquoi ne donne-t-il pas sa liberté à Kréature si Sirius le déteste à ce point ?
- C'est impossible, explique Ténébris en choisissant d'ouvrir une porte à sa droite. Kréature en sait trop sur l'ordre, une fois libre, il pourrait rejoindre les Mangemorts et même s'il ne pourra pas leur donner l'adresse du QG, il leur donnera des informations précieuses comme par exemple qui travaille vraiment pour l'ordre. Il faut qu'il reste ici et puis rien ne dit que le choc d'être libre ne le tuera pas.
Harry n'a pas le temps de répliqué, car dès qu'il pose les yeux sur la pièce, ils s'arrêtent. La pièce devait être autrefois un magnifique salon qui a reçu plusieurs réceptions même si désormais, sa beauté est derrière elle. Les fauteuils sont troués et mangés à certains endroits par de petites créatures magiques. On ne peut plus distinguer la couleur du tapis, tellement la poussière a recouvert le sol, mais le plus impressionnant, c'est la tapisserie accrochée tout le long d'un mur. C'est la seule chose de la pièce qui a été épargnée par le temps, restant parfaitement intact. Par curiosité, ils s'approchent et voient des noms reliés les uns aux autres, créant un arbre généalogique aux multiples ramifications qui remonte au moyen âge. En haut de la tapisserie est notée en grosses lettres :
La Noble et Très Anciennes Maison des Black "Toujours Pur"
Sans se concerter, Harry et Ténébris décident de chercher Sirius qui doit être présente puisque c'est l'arbre de sa famille. Il leur faut presque 10 minutes pour retrouver son nom à moitié carboniser et se rendent compte que sa photo a disparu, laissant seulement un trou à la place.
- Pourquoi l'image de Sirius est effacée, ainsi qu'une grande partie de son prénom ? demande Harry
Ténébris n'a pas le temps de parler, qu'une voix derrière eux lui répond.
- C'est ma très chère mère qui a brulé mon visage le jour où je me suis enfui de ce lieu maudit.
Sirius se trouve devant la porte, lançant des regards de haines à la tapisserie. Ils n'osent pas parler, laissant l'animagus s'approcher tout en expliquant :
- Je suis l'ainé de la famille Black mais je suis aussi son chat noir. Mes parents soutenaient Voldemort et étaient convaincus que les Sangs purs sont supérieurs aux autres. Je les haïssais tous et j'ai refusé de me plier à leur exigence. Quand je suis entré à Poudlard et que je suis allé chez les Lions, notre relation qui n'était déjà pas très bonne s'est empirée. À 16 ans, je suis parti et je suis allé chez les Potter qui m'ont accepté à bras ouverts. Le soir même, ma mère brulait mon portrait et annonçait que je n'étais plus son fils. Mon frère, Régulus, qui était d'un an mon cadet, devint l'espoir de mes parents. Je n'ai pas suivi la voie voulue donc ce fut lui. Il est mort un an après avoir rejoint Voldemort comme Mangemort, tué de sa main d'après la rumeur. Il y a également ma cousine, Bellatrix Black, qui a suivi cette voie. Elle est complètement folle. J'ai deux autres cousines, Andromeda, elle aussi bannie de la famille pour avoir épousé un Né-Moldu, c'est d'ailleurs la mère de Tonks. Quand ma mère apprit qu'Andromeda allait avoir une fille, issue de son mariage, elle ne l'a pas mise sur la tapisserie, considérant qu'elle n'était pas une Black, raison pour lequel Kréature ne lui obéit pas alors qu'il est lié à toute cette famille. Et enfin, ma dernière cousine, Narcissa, la mère de Drago Malfoy.
Tout en parlant, ils pointent des noms sur la tapisserie.
- Tu es parenté aux Malfoy ! s'exclame Harry horrifié de savoir que Sirus a un lien de parenté avec son ennemi d'école.
Mais la réponse ne vient pas de Sirius, mais de Ténébris.
- Tous les Sangs Purs ont un lien de parenté Harry. Ils ne se marient qu'entre eux pour poursuivre la lignée de pureté. Même les Weasley, qui sont considérés comme des Sangs Purs, traitres à leur sang, ont un lien de parenté avec les autres familles.
- En effet, nous sommes tous liés entre nous, également aux criminels de ma génération. Par exemple, les Lestrange que ma cousine Bellatrix a rejoints en épousant Rodulphus et qui sont entrés en même temps que Croupton Junior a Azkaban avec Rabastrang Lestrange.
Harry et Ténébris ne savent pas quoi dire face à cela. Sirius sent le malaise et poursuit :
- Je ne les considère pas comme ma famille. Heureusement, j'ai toujours pu compter sur James et ses parents. J'ai pris un appartement quand je suis devenu majeur, mais j'étais toujours invité chez tes grands-parents le dimanche midi. C'étaient des gens formidables avec un cœur sur la main.
Harry sourit, heureux d'entendre parler de ses grands-parents paternels.
- J'ai toujours détesté cette maison, car elle me rappelle de mauvais souvenirs, mais la donner à l'ordre comme QG était une excellente idée. En plus qu'elle soit désormais sous le sort de fidélitas, mon père la doté de tous les systèmes de sécurité, connus dans le monde magique, devenant incartable pour les Moldus. Elle est extrêmement sûre.
L'ambiance sombre de la pièce change quand Hermione et Ron arrivent à leurs tours.
- Maman veut tout le monde dans le salon pour retirer la tapisserie et elle voudrait aussi que tu décides quelle couleur tu veux pour repeindre le mur à la place, Sirius
- Je la laisse choisir, réplique le nommé. Tout sera mieux que ce vert terni.
- Pendant qu'une équipe peindra le mur, l'autre devra jeter les ustensiles inutiles, poursuit Hermione.
- Dans ce cas, les garçons peignent et nous, on trie, annonce Ténébris dans un sourire.
Elle veut sortir de cette pièce et ne plus jamais revoir cette tapisserie. Comment une mère peut-elle traiter son fils ainsi ? Mais après tout, cela ne la choque pas vraiment, ayant une idée de ce qu'elle vivrait si elle était restée auprès de Voldemort. Les Hommes sont prêts à tout pour leurs idéologies et obtenir le pouvoir qu'ils soient sorcier ou Moldu, c'est quelque chose qu'ils ont en commun, même si les Sangs purs le n'iront en bloc.
Une fois de retour dans le salon, Sirius laisse les enfants choisirent la couleur pour le mur et ce fut rouge rubis. Sirius eut un sourire heureux à l'idée que la couleur des Gryffondor envahirait la cuisine, une nouvelle vengeance contre sa mère à ses yeux. Ron, Harry, les jumeaux, Sirius et Remus se sont mis à peindre pendant que Ginny, Ténébris, Hermione et madame Weasley poursuivaient le tri des objets, plus ou moins dangereux, comme une boite à musique qui leur fit piqué du nez, une boite à bijoux qui leur cracha de la poudre de poivre, un anneau qui se resserré jusqu'à trancher un doigt si la personne n'était pas un Black ou encore des médailles pour "service rendu au ministère", mais également un médaillon vert avec un serpent en son centre, que personne ne réussit à ouvrir. Tout fut lancé dans des sacs, mais à plusieurs reprises, Kréature apparaissait dans la pièce pour récupérer des objets. Même s'il se faisait toujours prendre, Ténébris mettait sa main à couper qu'il arrivait à emporter certaines choses. Elle ne dit rien, se doutant que les objets qu'il prenait resteraient dans sa "chambre", bien à l'abri, ne risquant pas de les blesser.
Une fois le salon bien plus convivial, ils s'attaquent à une salle à manger et Sirius ne se fit pas prier pour jeter toutes la vaisselle en porcelaine aux armoiries des Black dans un sac, sous les hurlements et pleurs de Kréatures.
- Si seulement je pouvais faire de même avec le portrait de ma mère, annonce Sirius après avoir mis dans un sac un portrait d'un de ses ancêtres.
Les jours passent lentement entre le ménage, les repas et les réunions où ils doivent monter à l'étage, jusqu'à ce qu'arrive le 31 juillet. Madame Weasley a demandé la veille au jeune homme s'il voulait faire une petite fête avec l'ordre pour son anniversaire, mais Harry a refusé. Pour lui, l'ordre a mieux à faire que de lui organiser un anniversaire. Il reçoit des cadeaux de ses amis et parrain depuis qu'il est arrivé à Poudlard et cela lui suffit largement, mais ses amis et Sirius refusent net. Va pour pas de soirée d'anniversaire puisque c'est le vœu du jeune homme, mais hors de question de ne rien faire ! Molly prépare quand même un repas de fête et les cadeaux sont déballés dans la soirée. L'humeur est bonne enfant et Harry, même si la situation est sombre, ne voudrait être nulle part ailleurs qu'ici avec ceux qu'il aime.
Quant à Ténébris, elle doit reconnaitre que ses vacances au 12 square se passent bien mieux que ce qu'elle avait pensé au départ, même s'il y avait deux points noirs. Le premier, c'est qu'Harry et elle continuaient de ressentir des douleurs et des picotements dans la cicatrice d'Harry ou dans le cœur de Ténébris. Ils ont réussi à le cacher aux adultes, mais pas à Ron et Hermione qui ont bien vu leurs grimaces de douleur, mais également, car ils étaient présents quand la jeune fille a eu mal lors de sa première soirée ici. La deuxième ombre au tableau est Severus.
À part la fois où Harry est arrivé au QG, Severus ne restait jamais manger après les réunions, mais depuis, il était toujours présent le soir. Ténébris ignore si son père lui a demandé de la surveiller ou si c'était lui qui avait décidé de rester pour s'assurer qu'elle va bien. Cela aurait pu lui faire plaisir qu'il reste plus longtemps pour elle, s'il ne passait pas tout ce temps à rabaisser Harry devant Sirius et les autres membres de l'ordre. L'animagus part toujours au quart de tour et des disputes violentes éclatent pendant les soupers. Une ou deux fois, ils ont même sorti leurs baguettes, obligeant Ténébris à agir rapidement en lançant une protection autour des mineurs pour ne pas être blessé. Harry ne dit rien, mais cela l'épuise, car il est obligé de se coltiner la mauvaise humeur de Rogue à Poudlard et maintenant aussi pendant les vacances. Il a déjà répliqué une ou deux fois aux répliques de son professeur et à chaque fois, il avait le droit à une réplique acerbe, car selon lui "étant un enfant, il devait se taire et être heureux que des adultes s'occupent de lui". Harry n'avait absolument pas envie que des adultes s'occupent de lui, mais il ne disait rien, sachant parfaitement que c'était ce que Rogue attendait pour attaquer encore plus méchamment et cela, Ténébris le savait aussi.
Un soir, avant que la réunion ne commence, Ténébris attrape Severus dès qu'il pose un pied dans la maison et l'emmène dans une pièce adjacente du couloir de l'entrée. Cette pièce fait partie de celle qu'ils n'ont pas encore eu le temps de nettoyer donc les toiles d'araignées sont bien présentes, mais aucun des 2 ne fait attention à cela, préférant rentrer dans le vif du sujet.
- Severus, puis je savoir pourquoi tu te comportes comme cela ?
- Comme quoi ?
- Pourquoi es-tu comme cela avec Harry ? Il ne te dit rien et ne te regarde même pas, mais dès que tu le vois, tu fais tout pour l'énerver.
Severus sert les points et siffle
- Bien sûr, comme d'habitude, tu défends ton protégé. Potter est incapable de se défendre tout seul. À croire que c'est un miracle qu'il ait survécu. Quoique beaucoup de personnes sont mortes pour lui et il ne se prive pas pour continuer de se pavaner.
- Stop, hurle Ténébris, laissant sa magie tourner autour d'elle, mettant ses bras sur ses hanches tout en le foudroyant du regard. Comment peux-tu dire cela, ne serait-ce que par respect pour ces morts ? Harry n'a jamais demandé à ce que des gens meurent pour lui et cela le ronge à petit feu même si tu préfères l'ignorer !
Severus comprend la colère de la jeune fille, sachant qu'il se comporte comme un enfant et il le sait. Mais toute cette situation fait remonter des souvenirs en lui, s'y enfouis qui le blessent encore malgré les années écoulées. En plus, voir Ténébris en face de lui avec ses bras sur ses hanches lui fait penser à Lily. La même posture, le même regard dans ses yeux pourtant si différents et la même colère dirigée contre lui. Il fait tout pour ne pas superposer l'image de sa Lily sur celle de Ténébris, mais c'est difficile.
- Qui plus est, tu sais très bien qu'Harry sait se défendre seul. On ne survivait pas à autant de rencontres contre Voldemort si ce n'était pas le cas. Je suis consciente que peut importe ce que je te dis, ta haine envers Harry ne changera pas, mais je te demande d'arrêter ce comportement enfantin. On est tous dans le même bateau maintenant et se disputer ne sert à rien à part se diviser et on n'a certainement pas besoin de cela en ce moment !
- Alors, arrête de le défendre ! réplique rageusement Severus, les dents serrées. Depuis que Potter est entré dans ta vie, tu as changé. Potter te change et t'éloigne de moi, de ton père et des autres professeurs.
- Tu reviens toujours sur ce point ! Tu sais que c'est faux, que je ne change pas ! hurle-t-elle. Je ne m'éloigne pas des autres professeurs, je grandis. Je ne peux plus me comporter comme avant avec eux puisque je suis une élève désormais. Quant à la relation avec mon père à l'heure actuelle, Harry n'y est pour rien, c'est lui qui a décidé de s'éloigner de moi, pas l'inverse. Et toi… c'est toi qui changes dès que Harry est là ou qu'on parle de lui. Tu n'étais pas comme cela avant. J'avais pensé que maintenant que Voldemort est de retour, nos liens se ressouderaient, mais tu persistes dans ta vendetta contre Harry.
- Peut-être parce que tu refuses de voir le véritable Potter qu'il s'efforce de cacher. Celui d'un sale gamin vaniteux, pourri gâté, mesquin et arrogant !
Ténébris inspire un grand coup mettant toute sa frustration dans ce dernier argument.
- Je te le dis et je te le répète Severus : je connais Harry mieux que toi.
- Si tu veux te complaire dans cette idée fausse, libre à toi, mais ne viens pas vers moi quand tu te rendras compte de ton erreur.
- Il n'y a aucune chance. Tout ce que tu vas gagner Severus, c'est notre éloignement définitif.
- Il a déjà commencé et c'est à cause de…
- Si tu dis que c'est à cause de Harry, je te jette un sort ! hurle-t-elle en pointant sa main vers son visage.
C'est la première fois qu'elle fait un geste contre Severus, mais elle ne baisse pas la main, restant ainsi clair et sur d'elle. Ténébris le fixe, attendant de voir ce qu'il compte faire, retenant ses larmes de couler, tellement tout ceci la blesse. Bon sang, mais qu'est-ce qu'il a contre Harry, à la fin ? Désormais consciente qu'aucun mot ou acte ne pourront faire plier Severus, elle prend enfin une décision claire et radicale, concernant leur avenir. Son cœur se brise, mais sa voix ne flanche pas quand elle dit :
- C'est toi qui es en train de tout détruire Sev. Et il faut que tu saches que si tu me pousses à choisir entre toi et Harry, la réponse risque de ne pas te plaire, car je choisirais Harry.
Sur ce, elle laisse Severus derrière elle, complètement statufié face à ces paroles, laissant enfin ses larmes coulées sur une amitié et une complicité qu'il était temps d'oublier.
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L'esprit de Severus Rogue est dégoûté de voir ce qu'est devenue sa vie. Il avait toujours voulu rejoindre les rangs des Mangemorts pour enfin avoir du pouvoir et la reconnaissance dont il rêvait. Il était prêt à tout, quitte à mettre ses talents de potonniste en avant pour s'élever plus vite. C'est ce qui se serait passé s'il n'avait pas rencontré Harry et Ténébris et maintenant qu'il a vu ce que l'avenir lui réserve, il ne compte pas devenir un Mangemort, encore moins maintenant qu'il sait que Régulus devait mourir, malgré qu'il soit un Sang pur.
Il se souvient des premiers souvenirs qu'il a vu, concernant Ténébris. Il sait grâce à eux que Lily est morte et qu'il est impliqué dans sa disparition, la raison pour lequel il a trahi le Lord et rejoint Dumbledore, mais il ignore toujours la raison. Il savait qu'en rejoignant des camps opposés, ils s'affronteraient, mais il s'est toujours promis de la protéger dans l'ombre, alors pourquoi ? Qu'est-ce qui a mal tourné ? Comment peut-il être, d'une quelconque façon, responsable de la mort de Lily ? Il espère sincèrement qu'il aura la réponse à sa question.
Pourtant ce qu'il l'inquiète le plus, c'est de voir à quel point sa relation avec Ténébris se brise lentement. Il conçoit que s'il ne l'aime pas du même amour qu'il a porté à Lily, Téné est très importante pour lui et comme pour la rousse, il n'arrive pas à garder la jeune fille près de lui.
De plus, il est partagé concernant Harry. Il comprend ce que son lui adulte doit ressentir, en voyant une miniature de James Potter, mais il est d'accord avec Ténébris. Il ne voit que ce qu'il veut et s'imagine beaucoup de choses. Il a vécu assez longtemps avec Harry pour savoir qu'il ne ressemble pas à son père, il n'est pas arrogant ou dédaigneux. Il est tout l'inverse et cela, son autre lui ne le voit pas, mais il ne peut pas lui en vouloir. C'est si facile d'envoyer toute sa colère, sa haine et sa rancœur sur un ado de 15 ans qui ne peut pas répliquer sans risquer des sanctions. S'il ne l'avait pas connu avant de voir tous ces souvenirs, il aurait réagi ainsi. Mais ce qu'il le surprend le plus, c'est de savoir qu'Harry, le Survivant, a eu une vie aussi misérable que la sienne et ça, son lui adulte, doit s'en douter, connaissant Pétunia et son refus de la magie, mais là encore, c'est mieux de tout ignorer et de se venger sur Harry !
