Chapitre 56 - La loutre


La nuit était glacée en haut des gradins. Assise à côté de Ron, Hermione observait les silhouettes sombres de Draco et Harry qui filaient derrière la trainée dorée d'Orron. Le ciel était rempli d'étoiles, reflétant la paix qu'elle ressentait à nouveau.

— Alors... ? demanda Ron qui fixait Harry, l'air de rien.

Hermione prit une bouffée d'air froid.

— Alors ? répéta-t-elle.

— Vous avez discuté ?

Hermione acquiesça. Comme il s'était tourné vers elle en attendant qu'elle développe, elle ajouta :

— Draco m'a dit que tu étais venu le voir. Merci.

— Ouais j'ai pensé... Enfin ce n'est pas très important. Vous avez discuté d'autre chose ?

Sur le terrain, Orron exécuta une feinte au moment où Harry et Draco fondaient sur lui. Draco piqua vers le sol et Harry vers les airs pour ne pas s'écraser l'un contre l'autre. Hermione relâcha une bulle de buée.

— On a aussi parlé de l'Horcruxe, dit-elle enfin. Ce qu'il a découvert, c'est une très mauvaise nouvelle. Un Horcruxe, c'est un objet qui cache un fragment d'âme. C'est pour ça que même lorsque l'Avada Kedavra qu'il a lancé sur Harry a rebondi sur lui, il n'est pas mort. Tant que ses Horcruxes subsisteront, on ne pourra pas le tuer.

— Attends, comment ça « ses » ?

— On a trouvé le médaillon de Salazar Serpentard et rappelle-toi ce que disait Draco au sujet de la coupe d'Helga Poufsouffle. Tu-Sais-Qui voulait s'assurer qu'elle était toujours en sécurité dans le coffre des Lestrange. L'épée de Godric Gryffondor est hors de cause puisqu'elle est ici, mais on sait que le diadème de Rowena Serdaigle a lui aussi disparu.

— Donc il y en a trois ?

— Au minimum... Mais comment savoir ?

— On devrait en parler à Dumbledore.

— Draco est contre pour le moment, à cause de l'implication de sa famille. Il veut d'abord découvrir s'ils ne cachent pas d'autres Horcruxes avant d'informer qui que ce soit de leur existence.

Ron se laissa retomber contre le dossier en bois du gradin.

— Évidemment... Alors maintenant quoi ?

— Kreattur a tout tenté pour le détruire, mais sans succès. On a du pain sur la planche.

Ce n'était pas le sujet que Ron espérait aborder, elle le savait. Elle n'avait pas envie de lui dire qu'ils n'avaient pas parlé « d'eux ». Peut-être Draco s'était-il senti trop coupable ou alors sa fierté l'empêchait d'amener le sujet. Puisqu'il était à l'origine de leur rupture, il était normal de le laisser aborder ce sujet en premier.

Il ne le fit pas.

Ensemble, ils replongèrent dans les livres de la bibliothèque et Hermione se sentit trahie de ne pas y trouver un moyen de détruire le médaillon. Ils continuèrent malgré tout d'éplucher des pages et des pages. Sans se mêler aux autres ni participer aux entrainement, Draco rejoignait quand même la Salle sur Demande durant les réunions de l'AD. Même lorsque les jours se transformèrent en semaines et les semaines en mois, il ne tenta pas de s'intégrer plus. Pas plus qu'il n'évoqua à nouveau l'attitude des Serpentards.

La leçon du jour portait sur les Patronus, que Harry tentait tant bien que mal d'expliquer.

— Le souvenir que vous choisissez est un élément clé pour réussir le sort, répéta-t-il après avoir observé leurs tentatives.

Soutenue par le souvenir de la bataille contre le troll, qui avait mené à son amitié avec Harry et Ron, Hermione parvint à produire une mince brume argentée. Il lui fallut beaucoup d'essais avant qu'une loutre brillante se matérialise. Hermione l'observa faire quelques bonds autour d'elle, émerveillée. La loutre avait une conscience propre, mais elle pouvait aussi la guider. Son regard s'attarda sur Draco, isolé à une table entre des piles de livres. Comme suivant sa pensée, la loutre s'approcha. Draco baissa le regard vers l'apparition argentée, puis la releva vers elle. L'instant s'étendit et son cœur accéléra malgré elle. Du moins jusqu'à ce qu'elle remarque qu'Angelina, Cho et Katie les observaient. Draco referma son livre et traversa la salle sans un mot. Hermione tenta de se concentrer sur le sortilège de Patronus après son départ, mais fut incapable de réinvoquer la loutre.

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Se faire des alliés ? Draco jeta un regard irrité à la tapisserie des trolls apprenant la danse classique. Depuis l'incident avec les autres Serpentards, il ne parvenait plus à approcher qui que ce soit. Chaque interaction lui semblait vouée à l'échec avant même d'avoir commencé. Comme si tous savait déjà que son héritage et son statut étaient compromis — ce que les Serpentards ne rataient pas une occasion de lui rappeler. Peu importait l'avis de Weasley il était hors de question qu'il retourne vers Hermione tant qu'il serait dans une condition aussi pitoyable, le rapport de force serait complètement déséquilibré.

Pourtant, même si les membres de l'AD n'avaient rien d'amicaux, il les regretta à la seconde où il entra dans sa salle commune. Il mourrait d'envie de s'asseoir dans un des fauteuils tout au fond, mais faire ça aurait soulevé trop de questions, aussi rejoignit-il la table où Blaise et Théodore discutaient.

— Tu nous esquives en ce moment, fit Théodore sans lui accorder un regard. Fais attention, ça commence à se voir.

Ce fut tout. Draco reprit sa lecture sans prendre la peine de répondre. Son calme ne tarda pas à être brisé quand une Daphné jubilante débarqua à leur table.

— Tes petits copains de Gryffondor vont avoir de gros ennuis, dit-elle avec un large sourire.

— Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Blaise, lui épargnant de poser la question.

— Une Serdaigle a tout balancé sur leurs petites activités.

Draco ne releva pas les yeux de son livre. Quelqu'un avait parlé ? Si Ombrage connaissait la Salle sur Demande et qu'elle s'y rendait maintenant... Il se leva, ce qui provoqua quelques ricanements, et se hâta dans le dortoir pour sortir le parchemin.

« Hermione »

Il griffonna plusieurs gribouillis qui restèrent sans réponse.

« Ombrage sait, elle est probablement en route. »

De nouveau, aucune réponse. Par Merlin, si seulement ils avaient pris la peine de réfléchir à un moyen de signaler quand l'un d'eux écrivait. Évidemment qu'elle ne scrutait pas son parchemin en pleine séance de l'AD ! Qu'il s'y rende et se trouve mêlé à un problème auquel il n'était en rien rattaché n'étant pas une option, Draco prit son mal en patience.

Tout ça pour apprendre le lendemain que l'AD était démantelée, Dumbledore renvoyé et Ombrage nommée directrice à sa place.

— Eh ben, quand vous ratez quelque chose, vous une le faites pas à moitié, commenta Draco.

Ils s'étaient assis dans un coin isolé du parc, protégés de la bruine d'avril et des regards par les branches tombantes d'un saule. Le sol était sec, heureusement, mais Draco préférait se tenir debout contre le tronc. À présent que la Salle sur Demande était connue d'Ombrage et des Serpentards, retrouver le trio de Gryffondor demandait quelques... sacrifices niveau confort.

— On n'a toujours pas trouvé le moyen de détruire l'Horcruxe et on a perdu Dumbledore, dit sombrement Ron.

— Il faut le faire revenir le plus vite possible, ajouta Potter.

— Je ne suis pas d'accord, répondit aussitôt Hermione. Il serait temps d'arrêter tout ça. Les BUSE sont dans 6 semaines à peine.

Draco haussa les sourcils.

— Si je résume ; sauver le monde sorcier, c'est bien, mais il ne faudrait pas que ça nous fasse rater nos examens ?

— Exactement, répondit-elle d'un ton impérieux. Détruire l'Horcruxe et aider Dumbledore à retrouver son poste ne donne pas de BUSE que je sache. On a perdu trop de temps sur le médaillon, il est plus qu'urgent de nous concentrer sur les cours. Nos recherches peuvent bien attendre quelques semaines de plus.

— Justement, on a encore du temps, grimaça Weasley.

Sa remarque la fit bondir.

— Six semaines tu trouves que c'est assez pour se préparer ? Est-ce que tu te rends au moins compte de la quantité de cours qu'on a eue cette année ?

— Hermione...

— Fais ce que tu veux, moi je vais à la bibliothèque. Si vous avez un peu de bon sens, vous ferez pareil.

Elle chassa les branches pendantes du saule du revers de la main et les laissa tous les trois plantés là, dans un silence inconfortable. Potter observait un bout de bois qu'il avait ramassé et Ron le lac que la bruine couvrait d'ondulations.

— Six semaines quand même, marmonna-t-il.

— Je vais continuer à chercher pour l'Horcruxe, dit Potter. En parallèle des révisions.

— Oui, je ne peux pas dire que je sois étonné, commenta Draco.

— Ce que j'aimerais bien savoir, c'est ce qui est prioritaire pour toi, répliqua Weasley.

— C'est pourtant assez évident. Je dirais que mon avenir est un peu plus important que celui du monde. Même si...

Même si visiblement, il dépendait du sort du monde maintenant... Réviser comme si tout allait bien n'allait pas être aussi simple qu'Hermione le présentait.

— Même si, si on ne fait rien toi, Hermione et moi risquons de ne pas avoir d'avenir tout court, compléta Potter.

— Tu as tout compris, admit Draco. D'un autre côté, soyons intelligents. Si on parvenait à détruire le médaillon, ensuite quoi ? Il y a d'autres Horcruxes, aucun d'entre nous ne va aller défier le Seigneur des Ténèbres en duel d'ici aux examens.

— Tu pourrais arrêter de l'appeler le « Seigneur des Ténèbres » ? s'agaça Weasley. Et s'il y a d'autres Horcruxes, ça ne veut pas dire qu'il faut arrêter de les chercher, au contraire on doit agir au plus tôt.

— En tout cas on en connait au moins un autre, dit Potter avec un regard appuyé pour Draco.

— Je sais. Je vais y réfléchir.

Entrer dans le coffre des Lestrange ne serait pas sans danger, surtout à présent qu'ils avaient réussi à s'échapper de la prison d'Azkaban. De plus, une fois en possession de la Coupe que feraient-ils ? Draco fut presque heureux que le poids des examens vienne ensevelir toutes ces pensées le temps de quelques semaines.

Et puis observer les professeurs se faire virer un à un par Ombrage avait presque un côté distrayant. Par contre, sur qui la harpie rose comptait pour tenir les cours si elle continuait ? Les elfes de maison ?

Depuis la salle où il passait la BUSE d'Astronomie, il observa les traits rouges déchirer le parc sombre autour de la cabane de Hagrid. Il se redressa quand McGonagall tenta d'intervenir. Plusieurs Stupéfix la frappèrent en pleine poitrine et elle s'abattit au sol. Des exclamations fusèrent tout autour de lui. Draco grimaça, puis retourna à sa copie. Tant que ce n'était pas Rogue qui subissait ce sort, il pouvait vivre avec.

Le lendemain marquait leur dernière épreuve : celle d'histoire de la magie. Alors que Draco tentait de se remémorer les noms exacts des gobelins et l'ordre des différentes guerres qu'ils avaient menées, un bruit sourd brisa sa concentration.

Potter venait de s'abattre au sol, les mains plaquées contre sa cicatrice. Hermione s'était à demi levée de sa chaise, mais semblait figée par l'idée d'enfreindre une règle en bougeant et Weasley observait le professeur Flitwick tenter de le réveiller. Après un temps affreusement long, Potter reprit enfin connaissance. Il se releva en chancelant, livide. Il ne réalisait visiblement pas que l'entièreté de la salle avait les yeux braqués sur lui. Ou peut-être qu'il s'en fichait. Draco serait mort de honte de s'être donné en spectacle de la sorte. Lui se contenta de se laisser escorter hors de la pièce.

Hermione se rassit et resta un moment immobile devant sa copie. Ce ne fut que quand elle parvint à reprendre son devoir que Draco se rappela qu'il était censé faire de même.

À la fin de l'examen, Pansy remonta l'allée. En passant à côté du bureau de Draco, elle le bouscula allègrement, renversant sa plume et son encrier.

— Tu ne te dépêches pas d'aller voir comment va ton petit pote de Gryffondor ?

Draco rattrapa l'encrier juste avant qu'il ne touche le sol, le bouchon était resté fermé heureusement, et la plume se posa sur le dos de sa main. Les entrainements avec Orron portaient leurs fruits, même si celui où Potter avait volé contre lui avait été le plus amusant de tous — ce qu'il n'admettrait pas, à part peut-être sous la torture.

— Non en effet, Pansy, répondit-il avec un sourire froid. Dis-moi, tu as toujours été aussi observatrice ou tu y travailles ?

Elle lui jeta un regard noir et le laissa pour rejoindre le groupe des Serpentards. Draco termina de boucler ses affaires avec la satisfaction qu'elle ne se vanterait pas de ce qui venait se passer. Une fois la salle vidée, il sortit à la recherche du trio qui s'était réfugié au détour d'un couloir. Potter parlait à voix basse avec des gestes frénétiques et les deux autres le fixaient avec une inquiétude doublée d'incertitude.

— Harry pense que Tu-Sais-Qui a capturé Sirius, lui résuma Hermione. Ils seraient au ministère.

Draco leur jeta un regard interdit.

— Il est en train de le torturer, s'exclama Harry à mi-voix, excédé par sa non-réaction.

— Euh... non ? répondit Draco.

— Je viens de le voir. Je l'ai vu à travers ses yeux. Il est avec lui en se moment même.

— Potter, respire trois secondes et tu vas réaliser l'absurdité de ce que tu es en train de raconter. Le Seigneur des Ténèbres, dont toute la stratégie se base sur étendre ses racines dans l'ombre pour s'emparer du pays avant que qui que ce soit ne puisse répliquer, est allé au ministère pour torturer ton parrain l'évadé qui se terre depuis plus d'un an dans une maison miteuse cachée par un sortilège de Fidelitas. C'est ridicule.

— C'est toi qui ne sait rien, s'emporta Potter. Voldemort cherche une arme ! L'Ordre en a parlé plusieurs fois. Une arme qu'il n'avait pas la dernière fois. Il torture Sirius pour qu'il la lui donne.

— Oui et ? Ce n'est toujours pas crédible. Donc au lieu d'utiliser un de ses nombreux sbires implanté au ministère, il est allé chercher ton parrain chez lui, dans sa maison inaccessible, pour l'emmener lui-même au ministère, au nez et à la barbe de Fudge et des Aurors ? Pour qu'il lui donne une information ? Par pitié Potter, écoute-toi deux secondes.

— Mais il... Je sais que l'arme est là-bas. Je rêve d'une porte depuis des mois.

Draco l'observa un moment, parfaitement conscient qu'il le fixait comme le plus grand idiot du monde et que cette grimace ne devait pas rendre honneur à son visage.

— C'est quoi cette histoire de porte ?

— Il y a une porte que je vois en rêve. Chaque fois je m'approche un peu plus et je pense qu'elle cache...

— Donc tu es en train de me dire que le Seigneur des Ténèbres peut manipuler les visions qu'il t'envoie à loisir, que ce n'est même pas forcément la réalité.

— Mais non.

— Oh, alors il s'amuse à aller au ministère pour contempler une porte et de temps en temps il se rapproche un peu plus ? Sûrement pour conserver un peu de suspense dans tes rêves. Il ne faudrait pas que tu finisses par s'ennuyer devant ses visions.

Potter ouvrit la bouche, puis la referma. Sa respiration ralentit un peu.

— Tu penses que la vision... est fausse ? dit-il après une éternité.

— Qu'est-ce que tu n'as pas compris quand je t'ai dit que le Seigneur des Ténèbres avait un but derrière la tête quand il t'envoyait ces visions ? Tu es tellement naïf que s'en est terrifiant. Quand je pense que je m'allie à ça.

— Sirius est la seule famille qui me reste, je ne peux pas risquer...

— Oh par Merlin. Kreattur !

Le vieil elfe apparut dans un « crac » caractéristique, s'inclina jusqu'au sol devant lui puis eut un genre de spasme en direction d'Hermione, Weasley et Potter.

— Sirius, il fait quoi là tout de suite ?

Kreattur se dandina un instant, hésitant.

— Le maître est...

— Kreattur, va vérifier ce qu'il fait et dis-le-moi, c'est un ordre.

Kreattur s'inclina, disparut une demi-seconde puis revint en croassant « le maître jette des fléchettes sur la belle tapisserie de ma maîtresse, ah si ma pauvre maîtresse savait... ».

— Donc il va bien ?

— Oui, répondit-il.

Son ton suggérait que c'était fort dommage. Draco le congédia, puis haussa les sourcils en direction de Potter, attendant ses excuses. Celui-ci passa une main sous ses lunettes et ses épaules tressautèrent.

— C'est... merci et... je vous rejoins plus tard.

Avec Pansy, cela faisait deux victoires en une journée. Draco s'étira sans dissimuler son sourire. Il n'avait pas complètement perdu la main.

— Je ne pensais pas dire ça un jour, mais heureusement que tu étais là, dit lentement Weasley. Par contre Harry n'a pas l'air très bien. On devrait le rejoindre. Tu viens Hermione ?

Le fait qu'il les sépare, Hermione et lui, l'irrita aussitôt. Pourtant ce n'était pas plus mal. Chaque fois qu'elle se tenait près de lui, sa présence se faisait ressentir avec tant de force qu'il ne parvenait jamais à se concentrer totalement. Qu'ils n'aient jamais abordé leur séparation, tout comme le fait qu'ils n'aient jamais pu profiter réellement du temps où ils étaient ensemble, compliquait tout. Hermione croisa son regard et l'envie qu'elle reste submergea tout. Pour la première fois depuis l'incident avec les Serpentards, il ne se sentait pas comme une loque. Peut-être que s'ils parlaient...

— Eh bien, commença-t-elle, hésitante. Harry a dit qu'il nous rejoindrait plus tard, il a peut-être besoin d'être seul, pour réfléchir ? Enfin, je pense que si c'est juste toi qui le rejoint, ça ira, il n'aura sans doute pas l'impression qu'on le coince.

Ron ouvrit la bouche et Draco eut droit à un regard en coin.

— Non... non tu as raison, il voulait être seul.

Un silence s'immisça entre eux, visiblement gênant pour Weasley qui devait deviner qu'il n'était pas le bienvenu.

— Et puis maintenant que les examens sont passés, on pourrait reparler de comment détruire cet Horcruxe.

Et avec cette excuse, il les colla jusqu'au saule au bord du lac. La vue de la cabane de Hagrid fit soupirer Draco d'irritation.

— Si ce gros balourd n'avait pas été jeté dehors par Ombrage, on aurait pu lui demander des conseils. C'est lui l'expert en créatures destructrices ou trop stupides pour comprendre quand elles ne sont pas les bienvenues quelque part.

— Je ne suis pas sûr que tu veuilles rencontrer plus de ses créatures, commenta Weasley en écartant les branches du saule pour passer en dessous. Il avait une araignée géante de compagnie.

Il frissonna et Draco poussa un grognement exaspéré. Le sourire complice qu'Hermione lui offrit avant de rejoindre Weasley sous le saule apaisa un peu son courroux.

— C'est vrai qu'on ne t'a jamais raconté pour Aragog, dit-elle. L'Acromentule qu'Hagrid a adopté quand il était élève. Elle a été suspectée d'être le monstre de la chambre des Secrets, c'est pour ça qu'il a été renvoyé.

— Une araignée ? Le monstre de Salazar Serpentard ?

— C'est Tu-Sais-Qui lui-même qui l'en avait accusée.

De plus en plus incrédule, Draco exigea plus de détails. En arrivant à l'histoire autour du journal de Jedusor du Basilic qu'Hermione lui avait déjà raconté, Draco les interrompit.

— Attendez un peu... le Seigneur des Ténèbres était à l'intérieur...

Hermione poussa un petit cri, confirmant ce que lui-même venait de réaliser. Après des mois de recherches, ils avaient trouvé, sur une simple anecdote, le moyen de détruire les Horcruxes.

— Oh, fit Ron.


Ron a raison sur un point, continuer de l'appeler "Seigneur des Ténèbres" ça fait un peu trop "ohlala j'adore ce que vous faites monsieur Lord" comme message.