Mot de l'auteur : Pouet pouet ! Allez ça y est les choses sérieuses vont commencer !
J'adore sincèrement ce chapitre, même si certains passages restent très descriptifs, mais il était important de planter le décor et l'ambiance générale pour une meilleure immersion et compréhension future. J'adore tout particulièrement la fin, mais on en reparlera plus tard, pour l'instant je vous souhaite une bonne lecture !
Scarlet777 : Salut ! Bah heureusement que tu es là ma chère (ou mon cher ? J'avoue que je suis pas très sûre :p), parce que sinon ça serait très triste :'(. Merci infiniment pour ton retour, je dois avouer que sans tes commentaires je me serais déjà découragée, donc vraiment merci du fond du cœur ! Du coup je vais répondre à tes deux commentaires en une seule fois ^^.
Je suis contente que la conversation entre Zexion et Gajeel t'ait plu, c'était le but qu'elle soit la plus intriguante possible sans pour autant lâcher trop d'information et perdre le suspense. J'aime beaucoup écrire leur relation, je la trouve amusante ^^. Les deux sont vraiment différents et j'aime bien le contraste. Y'a beaucoup plus à savoir sur Zexion que ce que j'en ai déjà dit mais si déjà le personnage te paraît intéressant c'est un très bon point pour moi. Quand tu en sauras plus bientôt j'ai hâte de savoir ce que tu vas en penser.
Eh ouais, plein de questions et je suis pas prêtes de vous donner les réponses ! Enfin, pas d'un seul coup, il faut faire durer le plaisir xD. (Niark Niark).
Merci encore pour tout, et à très bientôt j'espère !
Chapitre 7 : L'ordre des Veilleurs
Après une dizaine de minutes de marche, la nuit tomba sur la plaine. La couche de fumée opaque qui dissimulait la lune et les étoiles était percée par la lueur sporadique des torches qu'ils s'étaient empressés d'allumer, et par les innombrables feux à peine perceptibles de la cité qui miroitaient au loin. Leur destination était proche, mais trop lointaine pour pouvoir l'atteindre avant plusieurs jours. Lorsqu'ils ne purent plus voir à plus d'un mètre devant eux, ils firent halte à l'intérieur d'un carré d'herbe sèche, légèrement en retrait de la route de Mahen afin de prévoir les éventuels dangers.
Erza alluma un feu pendant que Gray aidait Mirajane à déballer leurs affaires. Elfman ramassa du bois en quantité pour que le feu brûle jusqu'au matin, et Mirajane, ayant transporté des provisions depuis Geffen, entreprit de préparer le repas. Zexion montait la garde à une extrémité du camp, et, leurs tâches achevées, Erza et Elfman le rejoignirent. Voyant qu'elle n'avait rien à faire, Lucy s'accroupit près du feu en compagnie de Mirajane. Le lit de braises palpitait et de temps en temps, une grappe d'étincelles jaillissant et courant à la surface du bois pour disparaître dans une crevasse incandescente.
Lucy contempla les flammes, luttant contre le désir de glisser dans ses rêves agités. Le calme régnait au creux du vallon, les braises elles-mêmes couvaient en silence. Une demi-heure plus tard, Mirajane les informa que le repas était prêt. Ils se réunirent autour du feu et mangèrent sans un mot, jusqu'à ce que Mirajane ne rompe le silence.
- Zexion, ce passage qu'on a emprunté… qu'est-ce que c'est exactement ?
- C'est le passage qu'emprunte tout esprit lorsqu'il est invoqué, répondit Lucy à la place du conteur alors que celui-ci ouvrait la bouche pour le faire. Il relie le monde des esprits au nôtre, et apparemment celui des invocations de ces Summoners aussi, même si je ne comprends vraiment pas pourquoi.
Lucy se perdit dans ses pensées un instant, tentant d'établir un début d'explications sur ce fait étrange. Elle commençait à se demander si les Constellationnistes et les Summoners n'avaient pas encore plus de similitudes que ce qu'elle s'était imaginée. Si les esprits stellaires et les invocations empruntaient le même passage pour se matérialiser dans le monde réel, cela ne pouvait pas être une coïncidence.
- Dans tous les cas, reprit-elle lorsqu'elle abandonna ses réflexions, on n'aurait pas dû pouvoir s'y rendre. Un être humain n'est pas censé pouvoir le traverser.
Lucy se tourna vers Zexion qui se racla bruyamment la gorge, le crépitement des flammes ondulant à la surface de ses pupilles étincelantes de connaissances.
- Il est facile de pénétrer le passage des Astrals, mais ce n'est pas aussi simple d'en sortir, se lança-t-il d'une voix neutre. Sans les parchemins de Lüditz cela aurait été impossible. En chargeant l'un d'eux de la magie stellaire de Lucy et en le lançant à travers la frontière, nous avons créé une porte de sortie. De plus, le temps à l'intérieur du passage se déroule plus lentement. Ce qui peut paraître prendre plusieurs minutes ne dure en fait qu'une simple seconde dans notre monde.
La souche sur laquelle il était assis émit un long gémissement lorsqu'il posa les mains sur ses genoux, observant les langues de leur feu de camp frémir sous le léger vent qui balayait la plaine.
- La frontière ne détecte que les matières vivantes, poursuivit-il afin d'anticiper tout autre question. Un objet peut la traverser sans danger, quelle que soit la puissance magique qu'il renferme. Elle ne le repoussera que si elle détecte un danger.
- Loki ne pouvait pas créer un autre passage nous permettant de sortir ? Demanda Erza. S'il a pu créer un portail pour venir nous rejoindre, pourquoi ne pas en faire de même de l'autre côté ?
- Impossible, répondit Zexion en secouant la tête. Il ne peut apparaître que là où se trouve sa clé. Tant que Lucy-san se trouvait elle-même dans le passage des Astrals, il n'aurait pas pu créer de portail à un autre endroit.
- Je vois.
Bien qu'il leur démangeât de lui demander pourquoi il connaissait apparemment le nom du dragon invoqué qu'ils avaient combattu, personne n'en eut le courage. Leur nouveau compagnon semblait fermé à toute question personnelle, et la fatigue émotionnelle était visible sur son visage même s'il parvenait très bien à le cacher. Ils se contentèrent donc de ces minces informations et demeurèrent silencieux le reste du dîner. Lorsqu'il eut fini de manger, Zexion remercia Mirajane pour le repas tandis qu'il déposait son bol et ses couverts sur le côté.
- Je prends le premier tour de garde, déclara-t-il en se levant.
Il s'éloigna vers l'extrémité du camp et s'assit, le dos calé contre une souche de sorte que personne ne pût voir son visage. Quand bien même ils auraient souhaité discuter plus longtemps, leur corps épuisé leur ordonnait le repos.
- Je prendrai le deuxième, se proposa Lucy en espérant avoir l'opportunité de discuter avec Zexion sans éveiller les soupçons. J'ai dépensé moins de magie que vous.
- Alors je m'occuperai du troisième, renchérit Mirajane en rassemblant les restes de nourritures de tout le monde.
- Ok, déclara Gray en bâillant. On devrait dormir maintenant. Il faudra se lever tôt demain.
S'enquérant de l'obscurité nocturne, qui s'était largement épaissie pendant les dernières minutes, Erza estima qu'il était en effet temps de mettre un terme à cette journée éprouvante. La traversée de la frontière et la succession de combats contre ces invocations, notamment le dernier, avait beaucoup puisé dans leur réserve d'énergie mentale et physique. Ce premier jour les avait déjà épuisés, et elle savait le plus dur être malheureusement encore devant eux. Tant que Natsu n'aurait pas été retrouvé, ils devaient ménager leurs forces.
- Tu as raison, confirma-t-elle en se levant. On est tous exténués et on ne peut pas se permettre de perdre plus de temps. Il faut atteindre Lüditzen le plus vite possible.
- Même si tout se passe bien, il faudra au moins une semaine pour y être, je pense, les informa Mirajane après une courte réflexion.
- Très bien, allons dormir. On partira demain à l'aube.
Le vent forcit soudain, prélude à une nuit froide et agitée. Erza hocha la tête avec détermination et, ces résolutions ancrées dans son esprit, chacun déroula sa couverture à proximité du feu. Ils sombrèrent rapidement dans l'étreinte de leurs rêves éveillés qui depuis cinq mois leur tenaient lieu de sommeil.
Lucy s'éveilla en sursaut trois heures plus tard, haletante. La gorge sèche, le visage ruisselant de larmes et de sueur, elle s'intéressa à ses compagnons qui semblaient dormir paisiblement à côté d'elle. Elle replia les genoux contre sa poitrine et enfouit sa tête entre ses mains moites, le nom de Natsu au bord des lèvres.
Depuis qu'il était parti, elle n'avait jamais pu profiter d'une nuit complète. Sans pour autant se souvenir de ce qui l'avait mise dans cet état d'angoisse et de détresse intense, elle finissait toujours par se réveiller en sursaut, le cœur comprimé par ce que ses rêves lui avaient montré. Son inquiétude pour Natsu refaisait alors surface, et elle pensait douloureusement à lui pendant des heures, jusqu'à ce que l'épuisement ne lui permette de se rendormir. Ils avaient maintenant enfin retrouvé sa trace, mais il semblait que l'espoir d'enfin le revoir bientôt ne suffisait pas à calmer ses crises d'angoisse nocturnes. La peur de leur prochaine rencontre et de savoir ce qu'il était devenu le surpassait aisément.
La présence de ses amis à côté d'elle lui permit de se reprendre plus vite que d'ordinaire, et elle se leva pour se diriger vers la bassine de voyage qui avait été légèrement remplie d'eau pour leur permettre de se désaltérer.
Fatiguée et étourdie par son réveil brutal, elle contempla son reflet à la surface du liquide, son regard s'y accrochant contre sa volonté. La lune, claire et menaçante, s'y reflétait avec une netteté confondante qui la submergea d'irréalité, et elle crut que son cœur allait lâcher lorsqu'un second visage apparut brusquement à côté du sien. Celui de Natsu qui souriait comme il le faisait toujours, à la différence près qu'il était couvert de sang. Sursautant, elle fit volte-face, s'attendant presque à le voir se tenir derrière elle. Elle ne réalisa que cette vision était issue de son esprit éreinté que lorsque son regard ne rencontra que du vide là où son ami aurait dû se trouver.
Il lui fallut plusieurs secondes pour se remettre de ses émotions, et elle soupira d'autodérision devant sa propre stupidité. Ce fut à cet instant qu'elle aperçut Zexion à l'extrémité de leur campement, immobile. Effrayée à l'idée de sombrer à nouveau dans l'étreinte glacée de ses cauchemars, elle profita de cette opportunité pour le rejoindre en s'asseyant à côté de lui.
- Tu devrais te reposer, proposa-t-elle, je prends le deuxième tour de garde.
- Je te remercie, Lucy, mais ce ne sera pas nécessaire, refusa-t-il poliment. Le sommeil est une denrée rare pour moi ces derniers temps.
Une branche craqua au loin, et le vrombissement d'ailes d'une multitude d'oiseaux déchira le silence timoré de la nuit.
- À quoi tu penses ? Demanda Lucy, espérant percer sa carapace avec de la douceur.
Zexion daigna enfin détacher les yeux de l'horizon mais les ferma peu de temps après, méditatif.
- Je me demandais juste si tous les mages de Fairy Tail étaient comme ça.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Ce lien qui vous unit… si je ne l'avais pas vu de mes propres yeux je ne l'aurais jamais cru possible.
II rouvrit les yeux tout en évitant intentionnellement le regard surpris de la constellationniste, qui ne s'attendait pas à ce qu'il se confie aussi facilement. Jusqu'à maintenant il n'avait fait qu'esquiver toute question personnelle qui risquerait de dévoiler ses émotions et d'exposer ses faiblesses, changeant chaque fois de sujet. Elle n'arrivait pas à comprendre pourquoi il avait soudain accepté de s'ouvrir un peu, mais cette attitude la rassurait. En apprenant à le connaître, elle espérait établir avec lui une relation de confiance qui leur serait mutuellement profitable.
- Natsu a toujours été mon seul véritable ami, continua-t-il de lui-même, l'une des seules personnes que je n'ai jamais estimé de toute ma vie. J'ai toujours pensé qu'il était une exception, le seul à ne pas être comme tous les autres, et voilà que vous…
Il soupira de découragement alors qu'il posait une main sur son front, visiblement troublé. Lucy n'était pas certaine de ce qu'il voulait dire, mais elle ne pouvait être plus touchée par l'affection et le respect profonds qu'il portait manifestement à Natsu. Elle fut également attristée de réaliser combien Zexion semblait seul au monde, et surprise d'obtenir la preuve que les deux hommes avaient véritablement été proches. Si elle avait eu quelques doutes sur cette information auparavant, elle n'en avait plus aucun. Le ton de sa voix et son expression parlaient pour lui bien plus que les mots eux- mêmes. Il ne lui était pas difficile d'imaginer la chaleur et la lumière dont Natsu resplendissait toujours soigner le cœur froid et solitaire du conteur, peut-être même au point de créer une sorte de dépendance affective. Dans une moindre mesure, elle vivait la même chose. Natsu avait pris une telle place dans sa vie que son absence l'empêchait d'avancer, d'autant plus alors qu'il était probablement en danger depuis tout ce temps passé loin d'eux.
Zexion croisa les bras pour avoir l'air moins vulnérable, mais n'eut pas le courage d'affronter le regard de son interlocutrice et conserva le sien rivé sur l'horizon. Ses sourcils se froncèrent, ses réflexions le plongeant dans une incompréhension que Lucy ne sut d'abord sur quel compte mettre.
- La nature de l'être humain a toujours été l'égoïsme et la haine. Ça n'a aucun sens. Vous n'avez aucun sens pour moi.
Ce fut davantage ses paroles elles-mêmes qui bâillonnèrent Lucy cette fois, et elle ne sut comment réagir. Quel degré de malheur et d'obscurité fallait-il avoir côtoyé pour développer une vision aussi noire du monde et de l'humanité ? Au point d'être perturbé par la moindre source potentielle de lumière et de vertu ? Elle n'osait imaginer à quoi ressemblait son passé pour n'avoir eu dans sa vie que si peu de personnes importantes, et pour croire l'être humain aussi mauvais, mais au fond elle n'était pas si différente de lui. Avant de rencontrer Natsu et de rejoindre Fairy Tail, elle ignorait tout de la véritable amitié et avait été seule. Elle n'avait pas connu l'amour paternel, et sa mère était morte avant l'heure, créant dans son cœur un vide affectif conséquent.
- Je prétends pas pouvoir me mettre à ta place, mais je peux deviner que pour en arriver là, tu as dû vivre des choses douloureuses. Ça va peut-être te surprendre, mais j'étais un peu comme toi.
Zexion se tourna vers elle pour la première fois depuis le début de leur conversation, visiblement curieux de connaître le fond de sa pensée.
- Mon père était riche et n'avait d'yeux que pour l'argent, commença Lucy en sentant son regard attentif se poser sur elle. Il avait décidé de mon mariage depuis bien avant la mort de mère quand j'avais huit ans, et j'ai toujours cru que mon avenir était tracé et que je n'avais pas mon mot à dire. Mais en grandissant je me suis rendue compte que personne n'était en droit de me dicter comment je devais vivre, et j'ai refusé la vie sans amour qu'on m'imposait en fuguant de chez moi.
Ce souvenir l'envahit de tristesse autant que de satisfaction. Sans être fière d'avoir abandonné son père malgré ses actes insensibles envers elle, sa fugue était une décision qu'elle ne regrettait pas d'avoir eu le courage de prendre, car elle lui avait permis de vivre une vie exaltante emplie de soutien et d'amour inconditionnels. Fairy Tail lui avait donné ce qu'elle n'avait jamais espéré avoir.
- Ce que je veux dire, continua-t-elle, c'est qu'avant de rencontrer Natsu et de rejoindre Fairy Tail, je n'avais eu aucune relation de confiance avec qui que ce soit hormis ma mère, et elle est morte bien trop tôt…
Penser à sa mère et aux circonstances entourant sa mort fut le meilleur moyen de faire monter ses larmes, même si elle parvint à les retenir de couler. L'un de ses plus grands regrets avait toujours été de n'avoir pu être près d'elle au moment de sa mort. Elle n'avait pas passé un seul jour sans la voir après que sa maladie ait été diagnostiquée et catégorisée comme incurable, et pourtant elle avait rendu son dernier soupir loin d'elle et même de son père. D'après les dires de ce dernier, son corps sans vie avait été retrouvé devant leur porte, comme si quelqu'un l'y avait déposé. Depuis, Lucy n'avait jamais cessé de se demander si sa maladie avait vraiment été la raison de son décès ou si une intervention extérieure en était responsable. Elle n'avait jamais trouvé aucune preuve mais elle n'arrivait pas à chasser de son esprit cette hypothèse qui lui paraissait de plus en plus indéniable, notamment en apprenant que les dragons qui avaient élevé les Dragon Slayers avaient disparu le jour exact de sa mort. La coïncidence était trop forte pour qu'il n'y ait aucun lien, et elle redoutait la vérité.
- Sans elle je me sentais tellement vide, reprit-elle d'une voix fragile, si je n'avais pas rejoint Fairy Tail j'aurais pu devenir une tout autre personne et ça me terrifie. C'est grâce à eux que j'ai su ce qu'était une vraie famille et que j'ai pu me défaire de cette vision fade que j'avais de la vie. Comme toi, leur joie de vivre, leur bonté, leur gentillesse m'ont touchée profondément. Au début je n'arrivais pas à comprendre comment ils pouvaient être aussi naïfs, ils me donnaient l'impression qu'ils ne prenaient jamais rien au sérieux et que s'amuser et se battre étaient la seule chose qui comptait. J'avais tellement tort…
Elle baissa les yeux sur ses mains tandis qu'elle se remémorait ce qu'elle savait de leur passé respectif, tout en s'efforçant de ne pas laisser ses émotions s'y impliquer trop profondément.
- Natsu, Gray, Erza, tout le monde… ils ont tous vécu des expériences bien pires que les miennes, quand je l'ai su j'ai commencé à me rendre compte combien ils étaient uniques. Ce que j'avais attribué à de la naïveté et à de l'immaturité n'était en fait que du courage et de la détermination à ne pas laisser qui ou quoi que ce soit les ralentir. Depuis je les admire tant, ils avancent dans la vie sans se retourner, ils se soutiennent mutuellement en toutes circonstances et ils n'abandonnent jamais. Ça m'a donné envie de faire comme eux.
Ce portrait était pour le conteur la définition même de Natsu, et il réalisait maintenant qu'elle était aussi celle de toute sa guilde. Cela le rassurait sur la nature de l'être humain tout autant qu'il jalousait son ami de faire partie d'une telle communauté. Il en était resté à l'écart de sa propre volonté malgré les nombreuses invitations de Natsu alors il ne pouvait véritablement en vouloir à personne, mais cette décision avait été prise par peur de déclencher des événements qui le dépasseraient et plongeraient tout le monde dans le chaos. Il aurait souhaité que les circonstances qui l'avaient poussé à faire ce choix n'aient jamais existés, qu'ils soient tous deux libérés du fardeau écrasant de ce destin obscur. Qu'on lui autorise une vie normale, autant qu'elle aurait pu l'être avec un passé tel que le sien.
Lucy sentit que son discours avait réveillé quelque chose en lui, car elle le vit détourner son attention d'elle, profitant de la pénombre nocturne pour cacher plus efficacement ses émotions. Cela encouragea la jeune fille à approfondir ses propos, satisfaite de parvenir à l'atteindre à travers son éternelle carapace d'impassibilité.
- Ils m'ont montré ce qu'était une vraie famille, poursuivit-elle, comblée d'avoir réussi à établir un lien. Je voulais en faire partie plus que tout au monde.
Lucy se remémora ces premiers jours avec une certaine nostalgie mêlée à un brin d'humilité. Le choc de l'accueil immédiat et désintéressé des membres de la guilde avait été comme une tempête déstabilisante. Elle se souvenait de la confusion qui l'avait envahie alors qu'elle se trouvait au milieu de personnes prêtes à l'accepter sans réserve, alors que son passé l'avait toujours appris à se méfier. Ils l'avaient accueillie avec une ouverture d'esprit désarmante sans se soucier de son passé ou de ses défauts, brisant les murs qu'elle avait érigés autour d'elle avec une telle facilité que cela avait été presque terrifiant. L'intensité de leur acceptation l'avaient laissé troublée.
Et au milieu de tout cela, il y avait eu Natsu. La manière dont il lui avait tendu la main l'avait comblée de bonheur, et le mage de feu n'avait cessé depuis lors de lui témoigner son affection, irradiant de bienveillance et de gaité. Ses actes, ses sourires, et ses attentions étaient comme des promesses, et la simple idée de pouvoir se construire à ses côtés et ceux de cette guilde aimante l'avait perturbée et comblée à la fois. Elle avait alors dû s'adapter à cette nouvelle réalité où la confiance n'était pas une monnaie rare, mais une donnée quotidienne.
Si elle avait pu obtenir tout cela, c'était grâce à lui. Elle lui en serait reconnaissante à jamais.
Un sourire doux flotta sur ses lèvres, le cœur enveloppé de son affection pour lui.
- Natsu m'a intégrée à la guilde et à ses propres missions instantanément, continua-t-elle, à la fois émue et peinée par ces chaleureux souvenirs de lui. Il ne savait même pas qui j'étais, et il m'a fait aussitôt confiance sans même essayer d'en apprendre plus sur moi. Maintenant que je le connais je comprends pourquoi, après tout c'est Natsu, mais sur le moment… c'était déstabilisant. Tous les autres ont fait la même chose que lui, et en vérité je ne me sentais pas à ma place.
- Bienvenue au club…
Ne s'attendant pas une intervention de sa part, Lucy se tourna vers Zexion et leur regard se croisa pour la première fois depuis le début de leur échange. Elle ne fut cependant pas surprise de le voir abandonner instantanément le contact visuel, comprenant que ses derniers mots lui avaient échappé contre sa volonté et qu'il ne souhaitait pas approfondir le sujet. Elle préféra ne pas l'y forcer en posant la moindre question et continua plutôt de parler d'elle pour ne pas l'inciter à se renfermer, posant à nouveau le regard sur le lointain.
- Toutes ces aventures que j'ai vécues avec eux m'ont appris que leurs liens étaient bien plus anciens, plus profonds que ceux qu'ils partageaient avec moi. Je me suis sentie à part, même s'ils ont montré plus d'une fois qu'ils tenaient à moi. Jusqu'au jour où mon passé m'a rattrapée, et que j'ai réalisé qu'en fait je faisais déjà partie de leur famille.
Sans hésitation malgré le grain de nostalgie présent dans sa voix, Lucy lui conta la bataille que Fairy Tail avait livrée face à Phantom Lords, n'omettant aucun détail sur ce qu'elle avait ressentie. Cette façon qu'ils avaient eue de la protéger et de défendre ses droits sans fléchir une seule fois avait tout changé, car à partir de cet instant, elle avait enfin trouvé sa place et ne s'était plus jamais sentie différente.
Lorsqu'elle en vint à parler de Gajeel, Zexion fut soudain encore plus attentif. Sans pour autant lui dévoiler le fait qu'il le connaissait déjà bien avant elle pour éviter de compliquer la situation, il voulut en savoir plus. Il espérait découvrir certaines des motivations qui se cachaient derrière ses actes, notamment derrière sa décision de rejoindre la guilde de Natsu alors qu'il avait conscience autant qu'eux du destin commun de tous les Dragon Slayers qui consistait à aider le sien à s'accomplir. Zexion était convaincu que Gajeel avait rejoint Fairy Tail pour se rapprocher de Natsu, comme s'il savait déjà à ce moment, contrairement aux autres Dragon Slayers, à quoi ils étaient tous destinés. Aucun d'entre eux, pas même Natsu lui-même, n'avait su en quoi ce destin consistait avant que la vérité ne lui tombe dessus cinq mois auparavant. Il avait la sensation que Gajeel avait volontairement laissé faire sans réagir, sans jamais avertir qui que ce soit. Ainsi il n'avait jamais mis personne dans la confidence, fuyant le futur qu'il savait à venir et qui se concrétisait en ce moment même pour ne pas avoir à faire face à la réalité.
Non pas qu'il pouvait lui en vouloir. Il était lui-même un professionnel de la fuite en avant, à la différence que son égoïsme avait été le seul vecteur de ses mauvaises décisions là où Gajeel avait voulu agir dans l'intérêt de tous et de Natsu.
Malheureusement, il n'obtint pas la confirmation qu'il espérait. À aucun moment les confidences de Lucy ne lui prodiguèrent le moindre indice sur les secrets du Dragon Slayer de l'acier. Il fut cependant surpris d'apprendre combien il avait été cruel et violent envers la constellationniste lorsqu'elle raconta comment Natsu était venu à sa rescousse après avoir été capturée par Phantom Lords. Il n'avait jamais connu cette partie de l'histoire.
- Je pensais que je ne pourrais jamais vraiment être comme eux et faire entièrement partie de leur famille, continua Lucy, mais après ça... Je ne me suis jamais autant sentie à ma place. Je suis sûre qu'un jour prochain ils feront la même chose pour toi, et avant même que tu t'en rendes compte ce sera comme si tu faisais déjà partie de la guilde.
La mage stellaire avait cherché à l'encourager et le rassurer, il le savait pertinemment, mais en vérité il se sentait davantage angoissé qu'une telle chose puisse arriver. Non pas qu'il ne voulait pas être accepté par ces personnes respectables, bien au contraire, mais il avait peur de s'impliquer émotionnellement et d'avoir à les trahir ensuite. Il ne savait pas encore ce qu'il avait décidé de faire concernant le destin de Natsu, mais il restait une probabilité que sa décision finale fût celle que Fairy Tail ne pourrait jamais lui pardonner.
Si un climat de confiance mutuelle finissait par s'installer… changer d'avis ne lui serait plus permis. Il n'aurait jamais le courage de se retourner contre eux et de leur déchirer le cœur si cela devait se produire.
« Je crois que tu rends pas compte de ce qu'est vraiment cette guilde. Fais gaffe ou ils pourraient bien déteindre sur toi »
L'avertissement de Gajeel prenait d'autant plus de sens maintenant qu'il y réfléchissait plus attentivement. Les propos de Lucy ne faisaient que confirmer les siens, et même s'il rêvait d'enfin mériter le respect d'autrui, et par-dessus tout l'amitié inconditionnelle que lui portait Natsu, il ne devait pas s'attacher à eux tant que son cœur demeurerait aussi indécis. Ses sentiments deviendraient peut-être plus clairs lorsqu'ils auraient retrouvé Natsu, mais en attendant il avait intérêt à garder ses distances et rester prudent.
Pourtant il ne pouvait nier que son interaction présente avec Lucy était réconfortante, et entendre une personne aussi douce et compatissante qu'elle accorder si peu de valeur à ses propres qualités l'attristait. Il aurait probablement été plus avisé de ne pas s'en mêler, mais il ne put s'y résoudre alors que la jeune fille tentait si gentiment de le rassurer.
- Je pense que tu te sous-estimes, Lucy.
Il se remémora les longues heures passées à écouter Natsu se remémorer ses aventures et ses rencontres, où Lucy avait été évoquée avec une admiration palpable. Natsu parlait d'elle avec une telle fierté qu'elle transcendait les mots eux-mêmes, offrant un aperçu de l'affection qu'il avait pour elle et de l'importance qu'elle avait prise dans sa vie. Les longues descriptions et les éloges passionnés avaient construit une image précise, rendant la connexion entre eux presque palpable. Même s'il n'avait jamais eu l'occasion de la rencontrer en personne, les anecdotes et les détails partagés avaient peint un portrait vibrant de la jeune mage. Il avait presque pu imaginer Lucy à travers ses mots.
- Tu es celle que je connais le moins par rapport à d'autres, mais tu es loin d'être celle dont j'ai le moins entendu parler, lui confia-t-il avec un sourire nostalgique. Natsu et moi nous sommes perdus de vue avant que tu ne le rencontres, alors je ne connais ton existence que depuis qu'il m'a rendu visite il y a quelques mois, mais ça ne l'a pas empêché de me parler de toi pendant des heures. J'ai cru qu'il ne s'arrêterait jamais…
Lucy fut partagée entre l'envie de rire devant l'expression découragée de Zexion et de pleurer sous l'émotion. Elle imaginait sans mal leur Natsu survolté se répandre en explications enjouées des heures durant sans s'arrêter, assommant le pauvre conteur qui n'avait aucun moyen de stopper l'ouragan de paroles qu'il était devenu. A cette image de lui, un sourire affectueux s'invita sur les lèvres de la constellationniste tandis que ses yeux s'embrumaient de nostalgie. Savoir qu'il avait parlé d'elle de cette façon lui réchauffa le cœur, la rassurant définitivement sur ses sentiments envers elle et la considération qu'il lui portait. Il n'avait jamais voulu la négliger le soir où il était parti, et en avoir à présent la certitude valait à ses yeux tout l'or du monde.
Malheureusement, se souvenir de sa personnalité si colorée fut le meilleur moyen de se rappeler ce dont ils avaient été privés en le perdant, et de raviver son inquiétude. En la voyant passer par toutes les émotions possibles, créant ce fouillis désordonné qui commençait à perturber son équilibre moral, Zexion préféra ne pas lui laisser le temps d'y sombrer trop profondément.
- Ce que je veux dire, clarifia-t-il, c'est que tu leur apportes autant qu'ils ne le font eux-mêmes. Tu n'as rien à leur envier, tu peux me croire.
Bien qu'elle ne parvînt pas à croire entièrement cette affirmation, Lucy fut touchée par les efforts qu'avait fournis Zexion pour mettre de côté son éternelle froideur afin de la réconforter. Elle commençait à entrevoir qui il était vraiment et malgré les zones d'ombre qui entouraient encore cet homme énigmatique, il avait gagné son entière confiance.
- Merci, Zexion.
- C'est normal. Ce n'est que la vérité.
Prenant cette dernière phrase comme un moyen maladroit de ne pas avoir l'air d'avoir été affecté par leur discussion, Lucy se contenta d'un sourire paisible. Elle se sentait bien plus sereine, prête à retourner dans l'étreinte réparatrice d'un sommeil dénué de cauchemars. Elle se releva, épousseta ses vêtements, et après s'être assurée que Zexion n'avait toujours pas l'intention de se coucher, lui faussa compagnie en le remerciant une dernière fois.
Une fois retournée sous sa couverture, des mots plein la tête mais le cœur léger, il ne lui fallut pas plus de deux minutes pour s'endormir.
L'aube, radieuse, arriva bien trop tôt.
Épuisés et las de ces nuits de plus en plus courtes et agitées, ils puisèrent dans ce qu'il leur restait d'énergie pour fouler de nouveau le sol des steppes arides de Lüditz. Cette vaste étendue sans nom se poursuivait à l'infini sur tous les angles, bien que les feux de la capitale fussent perceptibles au-dessus de la cime des quelques genévriers qui bordaient la route de Mahen. C'était un sentier à la végétation aréique qui s'étirait sur plus de deux kilomètres, tapis cuivré serpentant entre les vagues que formaient les pentes douces des collines. Un soleil orangé commençait timidement son ascension entre les dunes du désert de Lanudia, à peine discernable à travers la brume.
Quatre jours furent nécessaires au groupe pour atteindre leur prochaine étape. Ils arrivèrent à une intersection au niveau de laquelle ils s'arrêtèrent, conscients qu'elle annonçait le commencement de leur véritable périple et des dangers qu'il allait engendrer.
Sur le bord de la route, une pancarte de bois indiquait deux directions. En lettres calligraphiques était inscrit le nom du sentier que Mirajane et Elfman devraient emprunter ainsi que celui qui menait à la capitale. Lucy longea du regard la route de Nycroc qui s'étendait à perte de vue et songea à la séparation qui les attendait. Elle en perdit les mots justes, mais Zexion intervint à temps pour que personne ne s'en aperçoive.
- Vous voulez vous rendre à Prontera, c'est ça ? Demanda-t-il à Elfman et Mirajane en fronçant les sourcils. Pourquoi ? A priori il n'y a rien qui pourrait vous intéresser là-bas.
- Ce n'est qu'une étape, répondit Mirajane. On doit prendre un Hildegarde pour aller à Ascalön.
Zexion ne répondit pas, son expression se fermant instantanément tandis qu'il observait Mirajane sans vraiment la voir. Ce soudain repli de soi fut aisément interprété comme un moyen d'empêcher ses émotions de transparaître, comme si le nom de cette ville lui évoquait quelque chose qu'il voulait garder secret.
- Que comptes-tu faire, Zexion ? L'interrogea Erza pour dissiper la gêne qui commençait à s'installer. Tu nous accompagnes à Fürg ou tu préfères aller avec eux à Ascalön ?
- Je vais à Fürg, répondit-il sans hésitation malgré son air distant. Par contre, lorsque vous serez à Ascalön prenez contact avec Ariana, elle saura vous aider. Dites-lui que vous venez de ma part, elle comprendra.
Ils mourraient d'envie de lui demander qui était cette personne, mais encore une fois, l'impassibilité hermétique du conteur les en dissuada. Mirajane et Elfman se contentèrent donc d'un signe de tête affirmatif, le remerciant silencieusement pour ce précieux conseil.
Alors que le silence perdurait encore, tout le monde comprit qu'était venu le moment des adieux. Pendant les premières secondes, personne ne sut comment réagir, jusqu'à ce que Lucy ne se jette dans les bras de Mirajane pour l'étreindre de toutes ses forces. Celle-ci lui rendit son affection.
- Prenez bien soin de vous, dit-elle. On se reverra bientôt.
Les larmes aux yeux, Lucy se sépara d'elle et acquiesça.
- Oui. Faites attention à vous aussi.
La jeune femme lui sourit. Puis, avec un geste de la main, les Strauss leur tournèrent le dos pour s'engager sur le sentier. Gray et Erza les saluèrent à leur tour non sans un pincement douloureux au cœur, inquiets de ce qu'il adviendrait d'eux dans les semaines à venir. Ils essayèrent de ne pas penser au fait que cette séparation pouvait être la dernière, se cramponnant à l'importance de leurs objectifs pour ne pas perdre pied. Rien ni personne ne pourrait les en détourner.
Ils les suivirent du regard jusqu'à ce que leurs silhouettes ne deviennent plus que deux points lumineux au centre de cette vaste étendue décolorée par le soleil.
Après cinq jours de marche intensive, Lüditzen se profilait enfin à l'horizon. Les gigantesques buildings se distinguaient à travers les nuées de poussière et de terre que soulevait le vent. Le soleil brûlant annonçait le début de l'après-midi.
Retardés par une tempête de sable survenue en début de matinée, Zexion et les mages de Fairy Tail venaient à peine de pénétrer le désert de Lanudia. Bien qu'incroyablement courte, sa véhémence avait été telle que la capitale avait fermé ses portes, interdisant quiconque d'en franchir l'enceinte. Ils s'étaient réfugiés à l'intérieur d'une caverne à proximité de la ville, abrités par les épaisses parois rocheuses et par l'humidité que la fraicheur hivernale de la nuit avait apportée. Cet incident malvenu n'allait pas en les encourageant, déprimés à l'idée que, pendant qu'ils perdaient un temps précieux à attendre que le temps soit plus clément, Natsu, lui, poursuivait ses dangereuses escapades dans un but qui dépassait sûrement de loin leur imagination. Incapables de tenir en place, ils avaient quitté leur abri dès que les bourrasques se furent légèrement calmées.
Ils avaient eu de la chance dans leur malheur que la rafale eut été si courte. D'après Zexion, une tempête de cette envergure pouvait durer plusieurs jours, voire des semaines. Ils n'avaient même pas osé imaginer ce qui se serait produit s'ils avaient été contraints de patienter tout ce temps. Ces quelques heures d'attente leur avaient alors semblé comme un cadeau que le ciel leur eut offert.
Ils firent halte au bord d'un à-pic qui longeait la capitale, le souffle coupé par la vue qui s'offrait à eux. Jamais ils n'avaient vu pareille structure. Sur une île survolant une crevasse sans fond, la ville paraissait flotter dans le ciel, soutenue dans les airs par une quelconque force inconnue de la nature. Un magnifique cerisier trônait en son centre, dominant la ville entière de sa majestueuse somptuosité. Les pétales de ses fleurs tombaient délicatement sur les toits, se joignant aux rayons du soleil pour créer cette sublime voute chatoyante. Ses cascades d'eau grise aux reflets mauve filtraient la terre pour mourir au creux de la cavité ténébreuse.
De part et d'autre de la façade nord et sud, des énormes câbles du diamètre d'un obus soutenaient de grosses cages en acier. Ces caisses de la taille d'une maison s'élevaient dans le ciel jusqu'à atteindre une petite corniche surélevée d'un pont qui la reliait à la partie principale de la ville. C'était elles qui manifestement transportaient les passagers au sommet de la colline.
Hormis l'invraisemblable structure de l'île, le paysage restait singulier : un désert immense séparé en deux par l'incroyable faille qui se prolongeait vers le sud jusqu'à plus vue. De nombreuses autres îles à la végétation luxuriante flottaient au loin, probablement inhabitées. Le ciel était limpide, annonçant une journée paisible sous un soleil de plomb.
L'émerveillement était total. Le royaume de Fiore ne possédait aucun édifice de cette envergure ni de cette somptuosité mécanique. Même la tour du Paradis ne semblait pouvoir rivaliser avec l'immensité de cette construction, jamais ils n'avaient soupçonné que de tels édifices aient pu être construits par l'homme. Pour la première fois depuis qu'ils avaient entrepris ce voyage, ils découvraient le Royaume de Lüditz sous sa véritable forme. Technologiquement, les lüditziens étaient bien plus avancés qu'eux, et ils redoutaient que cette évidence puisse être à leur désavantage.
Zexion restait le seul qui demeurait indifférent au spectacle, son visage sans expression laissant présager qu'il connaissait déjà les lieux. Il leur expliqua que la plupart des villes développées de Lüditz possédaient ce genre de technologies, y compris les U-Bahns. Afin de survivre au « Déclin » et pour combler leurs lacunes en termes de magie, ils avaient fait de la technologie leur force et un moyen efficace de protéger leurs terres des envahisseurs potentiels.
Fort de ces nouvelles connaissances, le groupe reprit sa route par un sentier ensablé qui descendait jusqu'aux remparts fortifiés de la capitale. Au terme d'une petite heure de marche, ils atteignirent les élévateurs qui les transporteraient jusqu'au centre-ville.
Lucy leva les yeux vers le ciel, dominée par la présence écrasante de la cité au-dessus d'elle, et un sentiment de crainte et d'infériorité naquit tandis qu'elle contemplait les somptueux gratte-ciel qui traversaient presque les nuages. Le téléphérique se trouvait juste devant eux, magnifique et invraisemblable construction mécanique défiant l'ensemble des lois de la physique. Pour tous les étrangers il était impensable qu'une telle structure puisse fonctionner correctement, et pourtant l'ascenseur montait et descendait sur ses monstrueux câbles sans problème.
L'accès aux remontées était noir de lüditziens tentant de rejoindre la ville après avoir été bloqués par la tempête de sable, tant et si bien qu'avancer devint presque impossible. Ils se frayèrent au prix de beaucoup d'efforts un chemin parmi la foule, puis furent interrompus par deux gardes habillés en civils dont le rôle était de vérifier les papiers de toute personne voulant accéder à la ville. L'un d'entre eux, un homme de taille moyenne au front dégarni, leur fit signe de s'arrêter. Il avait l'air terriblement lassé par la répétitivité ennuyeuse de son travail lorsqu'il tendit la main vers eux en soupirant lourdement.
- Bonjour, dit-il d'une voix monotone, vous avez un laissez-passer ?
La question fut posée à Erza, qui ouvrait la marche, mais dans l'incapacité de fournir une réponse, la jeune femme se tourna instinctivement vers Zexion. Heureusement, le conteur semblait avoir prévu ce cas de figure car il sortit de son manteau un parchemin qu'il tendit à leur interlocuteur. Celui-ci le déroula après avoir ôté le ruban rouge qui le maintenait refermé, et le lut attentivement. Il le reroula dès qu'il eut terminé sa lecture et le rendit à son propriétaire.
- Tout est en règle, déclara-t-il en s'écartant. Vous pouvez passer.
Préférant ne pas attirer l'attention, le groupe s'exécuta et suivit Zexion sans un mot jusqu'à la passerelle menant à l'ascenseur. Gray attendit d'être assez loin de tout oreille indiscrète pour poser la question qui leur brûlait les lèvres.
- Comment t'as eu ça ?
- Je l'ai depuis la dernière fois que je suis venu ici, il y a cinq ans. Natsu en a un aussi.
- Vraiment ? Demanda-t-il en fronçant les sourcils, suspicieux. Comment ça se fait ?
- Parce que je lui en ai donné un, répondit Zexion sans même le regarder, haussant les épaules comme si c'était une évidence.
Encore une fois, il était parvenu à esquiver superbement la question initiale, ses réponses n'expliquant pas comment il avait obtenu ce laissez-passer, qui devaient sans doute être rares, tout en donnant l'impression à ses interlocuteurs d'avoir obtenu ce qu'ils souhaitaient. Sa stratégie fonctionna, car personne n'essaya d'en savoir plus sur le sujet. Zexion soupira intérieurement, soulagé d'avoir échappé à des révélations compliquées qu'il préférait garder pour plus tard.
Légèrement anxieux, le groupe grimpa finalement à bord. Plus émerveillée qu'autre chose, Erza s'affairait à la contemplation du paysage qui défilait à toute allure derrière les baies vitrées disposées sur chaque paroi cloisonnant l'élévateur. Au fur et à mesure qu'ils prenaient de l'altitude, les objets et les personnes toujours à terre paraissaient de plus en plus petits et insignifiants, lui donnant presque le vertige. Le brusque arrêt de l'appareil l'arracha à son observation, et les portes s'ouvrirent, les invitant à débarquer. Ils longèrent un interminable corridor, suivant les autres passagers jusqu'à atteindre l'air frais de l'extérieur. Il déboucha sur une large place, au centre de laquelle trônait un magnifique cerisier fleuri que les lüditziens appelaient l'arbre-monde, si imposant qu'ils n'en apercevaient même pas la cime.
Remarquant l'ébahissement de ses compagnons de voyage et connaissant l'importance que la légende de cet arbre avait pour leurs objectifs, Zexion jugea bon de les en informer, non sans prendre soin de ne pas trop en dire pour le moment.
- Cet arbre s'appelle Yggdrasil, commença-t-il à expliquer. Dans la mythologie lüditzienne, Yggdrasil est représenté comme un immense cerisier avec trois racines, reliant trois mondes différents : Érésie, Midgard et Niflheim, Midgard étant le monde dans lequel nous vivons. Selon la légende, ces trois mondes sont en constante communication, liés entre eux par le pouvoir sans fin de l'arbre-monde. On raconte que l'Arbre de vie, représenté par un frêne, est l'entité responsable de l'apparition d'Yggdrasil, qu'il a créé afin d'honorer la mémoire de cinq élus connus sous le nom sacré de Sanctimagi.
- Sanctimagi ? Répéta Lucy, fascinée par son histoire.
Zexion acquiesça mais ne reprit pas immédiatement, soucieux d'employer les bons mots et surtout de ne pas révéler malgré lui des informations qui risqueraient de mettre en mauvaise posture les personnes qu'il savait être concernées par cette légende.
- Personne ne sait avec certitude s'ils ont vraiment existé, préféra-t-il préciser même si la vérité était plus compliquée. La légende dit que cinq êtres humains de Midgard ont été rassemblés et appelés par l'Arbre de vie pour sauver le monde de la domination d'un puissant ennemi. Suite à leur succès, il a offert aux hommes la possibilité de voyager entre les trois mondes, pouvoir conféré par le cerisier qui se trouve devant vous.
Il marqua une pause, satisfait des précautions prises pour les préparer à la vérité sans la leur dire explicitement.
- Ce n'est peut-être qu'une légende, mais rien ne prouve qu'elle soit fausse, conclut-il à cette fin. Tout n'est probablement pas vrai, mais Yggdrasil est plus qu'un simple arbre. Je suppose que vous pouvez le sentir aussi.
Personne n'eut besoin de réfléchir pour lui donner raison. Dès l'instant où ils avaient posé les yeux sur l'Yggdrasil, leur essence même avait été happé par sa présence perturbante, et ils n'en avaient plus détourné le regard. Pendant plusieurs secondes, ils avaient senti leur esprit être aspirés par sa suprématie comme dans un trou noir, et ils en avaient perdu leur capacité à réfléchir. Le cerisier dégageait une telle prestance, elle les écrasait autant qu'elle suscitait leur admiration.
Lucy ressentait les choses encore plus intensément, au point d'avoir failli s'évanouir durant sa contemplation de cette gigantesque forme de vie. Sa proximité était effrayante et rassurante en même temps, son pouvoir magique dépassait l'entendement. Elle ruisselait presque de sueur alors qu'il semblait infiltrer son corps pour toucher sa propre magie, comme si cet arbre était doté de conscience et tentait d'entrer en contact avec elle. Elle sentait même ses clés de constellationniste réagir à sa suprématie en vibrant légèrement. Une connexion étrange s'était établie entre elle et l'arbre-monde, un lien qu'elle ne comprenait pas et lui faisait peur.
Elle se demanda si elle était la seule à se sentir oppressée par sa présence, mais même s'ils étaient indéniablement tendus et émerveillés, Gray et Erza ne semblaient pas aussi perturbés qu'elle. Peut-être était-ce parce que sa sensibilité à la magie était plus affûtée que la leur, mais elle avait sensation que c'était bien plus que ça.
Dans tous les cas une chose était claire : l'Yggdrasil n'avait rien d'ordinaire.
Même Zexion, qui pourtant l'avait déjà vu, paraissait mal à l'aise. Dans l'urgence de se débarrasser de ces sensations troublantes, Lucy voulut détourner leur attention.
- Où doit-on aller maintenant ? Demanda-t-elle à Zexion, qui se tourna vers elle en même temps que Gray et Erza.
- Le bar de la Wyverne Cendrée est un excellent endroit pour récolter toutes sortes d'informations, répondit-il en désignant l'ouest de la ville du menton. Avant ça il faudrait réserver une chambre à l'auberge si nous voulons avoir un toit sous lequel dormir cette nuit. Elle se trouve juste à côté.
- Parfait, approuva Erza avec assurance. On te suit.
Zexion acquiesça et ouvrit la marche, Gray, Lucy et Erza sur ses talons. Dès lors qu'ils quittèrent le périmètre sécurisé et organisé de l'arbre-monde pour s'engouffrer dans les rues mouvementées de la capitale, la soudaine animation les accabla, notamment après avoir passé plus d'une semaine dans le calme aérique du désert. Ils s'y habituèrent pourtant rapidement, l'agitation ambiante apportant son brin agréable de fantaisie et de dépaysement sans les enclaver dans une étroitesse inconfortable. Les discussions environnantes, énergiques mais cordiales, participaient à l'atmosphère décontractée des rues tout en y ajoutant sa touche de vitalité.
De premier abord, Lüditzen était semblable à la vision que l'on pourrait se faire d'une grande ville ordinaire, mais cette impression disparut rapidement. Dès l'instant où ils quittèrent le secteur résidentiel pour pénétrer dans le quartier commerçant, Lüditzen leur catapulta son avancée technologique en plein visage. Lucy, Gray et Erza s'immobilisèrent aussitôt que leurs yeux se posèrent sur toutes les merveilles mécaniques qui encombraient la rue sur laquelle ils venaient de bifurquer.
Les étals regorgeaient de dispositifs aux mécanismes étranges, combinant des engrenages finement travaillés et des cristaux lumineux pulsant d'énergie. Des chariots automatisés se déplaçaient le long des pavés grâce à des systèmes de propulsion sophistiqués, transportant des marchandises d'une boutique à l'autre avec une fluidité déconcertante. Les enseignes des magasins scintillaient de runes lumineuses, changeant de couleur et d'apparence pour attirer les passants, tandis que des affiches animées diffusaient des messages publicitaires en boucle.
Des artisans vendaient des objets complexes : des montres au cadran mouvant, des miroirs montrant des reflets idéalisés, et des petits golems de métal poli effectuant des tâches simples pour leurs propriétaires. Les étals de fruits et légumes présentaient des produits frais conservés dans des boîtes réfrigérantes fonctionnant sans la moindre trace de magie visible. Plus loin, une fontaine semblait défier la gravité, ces eaux s'élevant en spirales élégantes, contrôlées par un ingénieux système de rouages et de fluides.
Les habitants allaient et venaient, manipulant des outils multifonctionnels qui semblaient tout droit sortis d'un atelier de maître-artisan. Des gardes patrouillaient, le plastron de leur armure métallique orné du symbole de leur nation représentant sans surprise un dragon.
Erza, éblouie par ce spectacle, remarqua un bâtiment au bout de la rue, d'où s'échappaient des éclats de lumière et des sons de machineries. Une immense horloge, trônant au sommet de l'édifice, affichait l'heure avec une précision inégalable, ses aiguilles avancées par un mécanisme si complexe qu'il semblait presque vivant.
Lucy, elle, fut attirée par un atelier où un artisan montrait à une foule fascinée comment utiliser la toute nouvelle gamme de dispositifs de communication à distance, semblable à une sphère Lacryma mais infiniment plus sophistiquée et entièrement technologique. Gray observait avec intérêt un forgeron utilisant des flammes contrôlées par des manettes et des leviers, façonnant des métaux rares en armes d'une qualité exceptionnelle.
La cité-grise ne pouvait porter mieux son nom. La technologie avait supplanté la magie, créant un environnement où chaque coin de rue révélait une nouvelle merveille mécanique. Pour Lucy, Gray et Erza, c'était un monde à part, à la fois déroutant et captivant, où chaque découverte leur rappelait combien leur propre pays avait encore à apprendre.
Malgré les coups d'œil curieux qu'ils ne cessaient de lancer aux alentours, les habitants ne semblaient pas remarquer qu'ils n'étaient pas lüditziens, ou en tout cas n'en tenaient aucunement compte. Ce qui était en soi étrange compte tenu de l'isolement sévère de leur pays par rapport au reste du monde. Les étrangers devaient être rares, voire inexistants dans ce royaume où la traversée de chaque frontière était interdite, mais personne ne semblait les remarquer.
- Profitons de la foule pour passer inaperçu, conseilla Zexion, prenant de nouveau la tête du groupe en s'apercevant que ses compagnons demeuraient bloqués dans leur émerveillement. Évitez d'attirer l'attention sur vous et avancez comme si de rien n'était. Il pourrait s'avérer dangereux que qui que ce soit découvre que nous ne venons pas d'ici.
Il n'attendit pas de confirmation et continua d'avancer, suivi par le reste du groupe malgré leur envie irrésistible de visiter chaque magasin et d'en savoir plus sur toutes ces curiosités technologiques. Ils se demandèrent si l'une d'elles pourrait éventuellement être utile à leur voyage à venir, comme cet incroyable Lacryma de communication mécanique, mais préférèrent laisser Zexion en décider et le suivirent en silence.
Le clocher de la capitale sonna les coups du soir lorsqu'ils quittèrent le quartier commerçant pour pénétrer ce qu'ils appelaient le quartier touristique, même si la ville n'avait plus accueilli de touristes venant d'autres pays depuis des années. Ils réservèrent deux chambres à l'auberge, Zexion et Gray se partageant l'une d'elles -malgré les grognements mécontents de ce dernier- tandis que Lucy et Erza occuperaient la seconde. Leurs maigres affaires y furent déposées et ils se rendirent sans plus attendre au bar indiqué par Zexion qui se situait deux rues plus loin.
De l'extérieur, la Wyverne Cendrée semblait être un mélange intriguant de tradition et d'innovation. La façade était construite en pierres robustes, ornée de motifs draconiques gravés dans la roche qui rappelaient l'adoration du pays pour les dragons. Au-dessus de l'entrée, une enseigne en métal poli brillait sous la lumière des lampes à huile suspendues, affichant le nom du bar en lettres élégantes et mouvantes.
Des fenêtres étroites mais hautes, bordées de vitraux colorés, laissaient filtrer une lumière chaude et accueillante, donnant un aperçu de l'atmosphère animée à l'intérieur. Des rires et des chants s'échappaient par la porte entrouverte, attirant les passants avec la promesse d'une soirée agréable et festive. De temps en temps, un client sortait en titubant, un sourire béat sur le visage, ajoutant à l'image d'un lieu convivial et chaleureux.
- Ne vous faites pas remarquer, même si quelqu'un vous provoque, déclara Zexion sur le ton de l'avertissement, s'arrêtant sur le seuil. Et n'utilisez la magie sous aucun prétexte.
Il se contenta du signe de tête qu'il obtint en réponse et entra à l'intérieur. En franchissant le seuil du bar, ils furent immédiatement enveloppés par une ambiance joyeuse et mouvementée. La salle principale était vaste, avec des murs de bois sombre et des poutres apparentes qui donnaient au lieu un charme rustique. De grandes lanternes en cuivre pendaient du plafond, diffusant une lumière dorée et douce qui éclairait les tables de bois massif réparties de manière aléatoire.
Au fond de la pièce s'étirait un comptoir long et étroit, en bois poli. Derrière, des étagères encombrées de bouteilles de toutes formes et couleurs scintillaient, reflétant les lumières des lanternes. Des tonneaux de bière et de cidre étaient alignés le long du mur, prêts à être servis à la foule avide. Le barman, un homme robuste aux bras tatoués, s'activait avec dextérité, remplissant les chopes et les verres avec une rapidité impressionnante.
Des serveurs et serveuses se faufilaient entre les tables, apportant des plateaux chargés de plats copieux et de boissons. Les conversations étaient animées, ponctuées de rires et de chansons entonnées par des groupes de clients attablés. Une petite scène dans un coin accueillait des musiciens jouant des airs entraînants sur des instruments traditionnels, ajoutant à l'atmosphère festive.
Des écrans, discrets mais présents, étaient fixés aux murs et diffusaient des scènes de la vie quotidienne de Lüditzen, attirant de temps en temps l'attention des clients. Dans un coin plus tranquille, un groupe de joueurs était penché sur un jeu de cartes complexe, leurs visages concentrés contrastant avec le reste de l'assemblée.
L'air était imprégné d'une douce odeur de bois fumé, mêlée aux arômes alléchants des plats servis. Les discussions allaient bon train, mêlant histoires de la journée et récits plus anciens, créant une cacophonie joyeuse. L'ambiance était celle d'un lieu où chacun pouvait trouver sa place, que ce soit pour oublier ses soucis, célébrer une réussite ou simplement profiter de la compagnie des autres.
Les mages de Fairy Tail se regardèrent, rassurés devant cette scène vivante et accueillante. Lüditzen, malgré ses technologies avancées, avait su préserver l'esprit chaleureux et convivial que l'on attendrait d'un tel lieu. La nostalgie s'empara d'eux tandis qu'ils observaient les clients évoluer dans cette atmosphère festive en tout point semblable à celle qui régnait habituellement à la guilde, et qu'ils n'avaient plus connue depuis le départ de Natsu.
Lucy se demandait comment faire pour recueillir des informations dans toute cette agitation. Elle se tourna vers Zexion qui lui indiqua une table libre qu'un mouvement dans la foule leur révéla. Le groupe s'y installa et commanda à boire et à manger.
- Au fait Zexion, demanda Erza lorsque leur serveur fut parti avec leur commande, Lüditz doit posséder sa propre monnaie, n'est-ce pas ? Comment allons-nous payer ?
- Il me reste encore des économies de mon dernier passage ici, la rassura-t-il en tapotant la sacoche qu'il portait autour de la taille. Suffisamment pour pouvoir nous nourrir pendant plusieurs semaines.
- D'accord. Je me disais que ces sphères de communication qu'on a vues pourraient nous être utiles, mais je suppose que…
Le conteur secoua la tête à la négative, donnant raison à sa supposition muette.
- Je n'ai pas assez pour ça. Malheureusement il faudra se contenter du minimum vital.
Déçue mais consciente que c'était déjà un luxe que Zexion pût leur fournir de quoi survivre dans ce pays totalement inconnu, Erza changea de sujet.
- À qui demander pour avoir des infos sur Na-
- Attends, la coupa Zexion en levant une main devant elle pour l'inciter à se taire, ne prononce pas son nom ici.
- Quoi ? Pourqu-
Ce fut cette fois la porte du bar s'ouvrant violemment qui l'interrompit, attirant son attention et celle de tous les clients. Alors que tout portait à croire que les conversations allaient reprendre comme si de rien n'était, un silence apeuré s'installa et s'étira sur des secondes entières prêtes à se transformer en minutes. Même les ménestrels s'étaient arrêtés de jouer pour observer l'homme qui venait de faire irruption dans la pièce à présent silencieuse.
Il se tenait là, une silhouette sombre et austère drapée dans un uniforme noir renforcé de cuir et de plaques de métal. Sa capuche sombre ombrageait son visage, ne laissant apparaître que ses yeux perçants et une expression aussi fermée qu'impitoyable. Les plaques d'armure sur ses épaules et son torse portaient les insignes d'un quelconque ordre gouvernemental, des symboles qui inspiraient à la fois respect et terreur parmi la population à en juger par les expressions pétrifiées des clients. Son uniforme soulignait sa posture rigide et disciplinée, sa stature imposante et son silence lourd faisaient frémir même les plus courageux. Le bâton de combat renforcé de métal qu'il portait dans son dos, ainsi que la dague fixée à sa ceinture, symbolisaient la promesse de violence qui attendait quiconque suffisamment inconscient ou aliéné pour défier son autorité.
Profondément noir, le pouvoir magique qui émanait de lui prenait la forme d'une aura oppressante qui semblait aspirer la chaleur et la lumière de l'air environnant. Une pression invisible écrasait toute personne présente dans la pièce, rendant la respiration difficile et intensifiant la profonde sensation de malaise que sa simple présence engendrait déjà. Son pouvoir sinistre distribuait des frissons glacés, s'infiltrant dans le corps jusqu'aux os, et son regard inquisiteur semblait capable de sonder les pensées de quiconque osait le croiser.
Même les mages de Fairy Tail ne purent y rester indifférent, incapables d'esquisser le moindre mouvement et ruisselant de sueur. Malgré toutes les questions qui se bousculaient dans leur esprit, les retranscrire en mots fut impossible tant la présence de cet homme était écrasante, nouant leur gorge et leurs muscles. Qui que fût cette personne, il inspirait une telle terreur que pas un spectateur n'osa bouger.
Il avança sans un mot, ses bottes martelant le sol de la taverne avec une régularité inquiétante, et son regard acéré balayait la salle, prêt à repérer le moindre signe de trouble. L'air semblait se raréfier autour de lui, étouffant toute tentative de murmure ou de fuite. Chacun de ses mouvements était mesuré, calculé, et empreint d'une menace tacite. Lorsqu'il parla enfin, après s'être arrêté au centre de la pièce, sa voix grave et dénué d'émotions fit frémir les murs.
- Toute opposition aux Veilleurs sera punie. Que le fugitif se rende immédiatement.
Le silence se prolongea malgré la demande impérieuse du nouvel arrivant, probablement un de ces dits Veilleurs, qui jeta un regard glacial aux quelques personnes qui n'avaient pu s'empêcher de reculer devant son aura terrifiante. Tous les autres avaient baissé les yeux dans le vain espoir d'échapper à son inspection impitoyable, cherchant à ne pas attirer son attention sur eux. Pendant les vingt secondes qui suivirent, seuls le son et les voix tamisés provenant des différents écrans furent audibles, annonçant quelques faits divers anecdotiques.
Zexion fit signe à ses compagnons de faire profil bas, montrant l'exemple en courbant lui-même le dos tout en gardant un œil sur l'ensemble de la pièce. Bien que surpris par son inhabituelle docilité et dans le flou le plus total quant à l'identité de l'intrus, Lucy, Gray et Erza suivirent son mouvement, observant la scène avec appréhension. La puissance et la malfaisance de cet homme était indéniable et sa magie respirait la mort elle-même, il serait inconscient et inutile de leur part de le défier sans une bonne raison.
Des questions plein la tête, les mages de Fairy Tail se contentèrent de guetter le moindre risque de danger sans bouger. Après trente secondes sans obtenir de réponse, le Veilleur leva l'une de ses mains gantées de métal, obtenant la première réaction de recul marquée parmi les clients. Certains enfouirent leur tête entre leurs mains comme si cacher leur visage les rendraient invisibles, tandis que d'autres se levèrent d'un bond pour s'éloigner de lui jusqu'à se recroqueviller contre le mur, tremblant de tout leur corps. L'intrus n'y prêta aucune attention, certainement habitué à ces réactions de terreur.
Il empoigna le manche de son bâton, qui se mit à émettre des pulsations de magie noire tandis que les runes qui l'ornementaient s'illuminaient d'une sinistre lueur rouge sang.
Le cœur de Gray faillit lâcher instantanément. Encore ruisselant de sueur, il écarquilla les yeux en reconnaissant cette sensation malsaine que son corps gardait en mémoire depuis des années.
C'était la même.
L'odeur infecte de magie noire qui émanait de cet inconnu lui rappelait en tout point celle de Deliora, et il dut se battre contre une odeur de sang qui n'existait pas pour ne pas être submergé par ses souvenirs et ses émotions. Instinctivement, son corps se mit à trembler, et il ferma les yeux avec précipitation pour calmer sa panique grandissante, attirant l'attention de ses alliés.
Ces derniers, notamment Lucy et Erza, plissèrent le front avec inquiétude malgré leur propre inconfort à gérer. Dans l'incapacité de le rassurer verbalement sans risquer d'attirer l'attention sur eux, Lucy se contenta d'une main discrète sur son dos en se penchant légèrement dans sa direction, tentant d'établir un contact visuel avec lui. Le mage de glace ne sembla même pas s'en rendre compte, submergé par la terreur intuitive que lui inspirait la magie de cet homme infect. Il fixait maintenant un point invisible de la table, les lèvres entrouvertes et la respiration saccadée.
« Gray… qu'est-ce qui se passe ? »
Réalisant qu'il n'était pas en état de réagir à quoi que ce soit, Lucy se reconcentra sur la source de son mal-être, qui s'avérait aussi être celle du sien. Jamais elle ne s'était sentie aussi écrasée par la présence de quelqu'un.
Le Veilleur s'avança lentement dans la taverne, son bâton émettant un faible bourdonnement lugubre. S'arrêtant soudainement près d'un des tonneaux, il tourna lentement la tête, son regard se fixant sur un point précis derrière le fût de bière. Sans un mot, il pointa son arme vers le baril, et une onde de choc invisible le projeta à travers la pièce et l'envoya s'écraser contre un mur, révélant une jeune femme recroquevillée et tremblant de peur.
- Pitié ! Implora-t-elle, les larmes aux yeux. Je n'ai rien fait de mal ! Je ne voulais pas-
Son agresseur ne lui laissa pas le temps de finir sa phrase, s'avançant rapidement pour l'attraper par la gorge d'une seule main et la soulever du sol comme si elle ne pesait rien.
- Silence, ordonna-t-il de sa voix glaciale.
Sa victime se saisit instinctivement du poignet qui l'étranglait pour se débattre et lui faire lâcher prise, mais sa poigne de fer ne se desserra pas d'un seul millimètre. Zexion sentit Lucy et Erza se tendre à côté de lui, prêtes à intervenir d'une seconde à l'autre, et encore davantage en s'apercevant que l'état de Gray ne s'arrangeait pas. En croisant leur regard à la fois horrifié et furieux, le conteur s'empressa de les en dissuader en secouant négativement la tête.
« Ne faites rien de stupide » tenta-t-il de leur dire, remuant silencieusement les lèvres dans l'espoir d'être compris.
Rien dans leur langage corporel ne lui indiqua qu'elles avaient été réceptives à ses mises en garde, et il commença à fortement redouter une réaction impulsive de leur part qui pourrait les mettre en mauvaise posture. Contrairement à lui et aux habitants de ce pays, ses nouveaux alliés n'avaient aucune idée de ce que signifiait tenir tête à un Veilleur et des conséquences qu'un tel acte impliquerait. Connaissant leur sens aiguisé de la justice par le biais de celui qui avait toujours animé Natsu et le guidait dans tous ses actes, cette crainte n'en fut que plus justifiée.
Le Veilleur renforça brièvement sa poigne autour du cou de la jeune femme, dont le cri fut étranglé par les doigts pressant impitoyablement sa trachée. D'un geste brusque, il la jeta sans ménagement au centre de la pièce. Elle roula sur le sol et heurta violemment les pieds d'une table qui se brisèrent sous le choc, lui arrachant un cri de douleur. Avec une exclamation de panique, les occupants de ladite table se dispersèrent aussitôt. Sans chercher une seconde à aider la pauvre femme à terre, ils s'éloignèrent le plus possible pour se plaquer contre un mur, enfouissant la tête entre leurs mains tremblantes pour se forcer à devenir aveugles à l'injustice qui se déroulait devant leurs yeux.
Le bourreau, qui s'était approché de l'endroit où sa victime avait atterri, leva alors son arme, causant un nouveau mouvement de recul parmi la foule de spectateurs pétrifiés. Une nouvelle vague de magie noire émana du bâton qu'il avait pointé sur elle.
Le hurlement qui s'ensuivit fut si déchirant qu'il s'infiltra dans l'organisme de chacun tel un coup de tonnerre, suivi d'une dizaine d'autres sous les assauts répétés de son tortionnaire. Le corps de la jeune femme se recroquevilla sur lui-même puis se contorsionna tandis qu'elle hurlait sous la douleur innommable qui lui était infligée. Les yeux écarquillés par l'horreur pure et simple, Lucy et Erza se trouvèrent d'abord figés sur place, incapables de détourner le regard de cet abominable spectacle de torture. Tandis que Lucy triturait nerveusement ses clés, Erza avait posé une paume sur la table et l'autre sur la garde de son arme, prêtes à se lever à tout instant. Zexion désespérait de trouver un moyen de les calmer, mais l'état de stress et de colère extrême dans lequel elles se trouvaient paraissait ingérable.
Seul Gray semblait totalement absent, bloqué dans son épouvante que les vagues répétées de magie noire avaient aggravée. Les cris de la jeune femme fut ressentis par le mage de glace comme des flashs de souvenirs cruels le foudroyant à répétition, se superposant aux pouvoirs sinistres de l'homme qui s'infiltraient dans son organisme comme un venin.
La première succession d'attaques cessa, mais le Veilleur ne semblait pas vouloir s'arrêter là et s'approcha à nouveau de sa cible d'un pas lent mais lourd de sens. Chacun de ses pas résonna cruellement dans la pièce et dans le cœur de Gray, qui frissonna une énième fois lorsque le Veilleur attrapa la jeune femme par les cheveux pour la soulever du sol, juste assez pour dévoiler son visage ruisselant de larmes. La magie malsaine de l'homme s'apprêta à réitérer son acte dément alors qu'il pointait à nouveau son bâton vers sa cible. Gray entendit distinctement le sanglot qui tenta de traverser la gorge nouée de la jeune femme, et quelque chose en lui se brisa.
La tragédie qui avait tué ses parents et massacré son village lui sauta à la gorge, qui se noua au point de créer une boule d'air bloquant presque sa respiration. L'image sanglante de deux corps éventrés et de l'ombre gigantesque de la créature qui en était responsable pulsa dans son esprit. Ce fut l'assaut de trop.
- Ça suffit !
Sa voix résonna dans le silence alors qu'il se levait d'un bond, frappant violemment la table de son poing dans un bruyant tintement de verres. L'ensemble des regards se tourna vers lui, surpris, y compris celui du Veilleur qui lui demeura immuablement impassible. Lucy et Erza prirent son intervention comme un signal et se levèrent à leur tour, prêtes à en découdre malgré les effets néfastes que la présence de l'intrus continuait d'exercer sur eux. Seul Zexion demeura assis, pris au dépourvu par leur réaction et ne sachant plus que faire pour les obliger à l'écouter. Il ne se leva que lorsque, invoquée par la rage aveuglante de leur possesseur, la magie de Gray réfrigéra l'air environnant. Toutes les bougies s'éteignirent sous la pression magique dégagée, plongeant la pièce dans l'obscurité. La chaleur de la pièce s'évapora, laissant place à l'atmosphère glacée de sa magie.
- Gray, non !
Mais le mage de glace ne l'écoutait pas, en vérité il n'écoutait plus personne. Même lorsqu'Erza tenta de le calmer en posant une main sur son bras, aucune réaction que ce fut ne l'anima. Lui et le Veilleur, qui lâcha négligemment sa cible initiale pour se tourner lentement vers Gray, avaient entrepris un duel de regard, leur silence pesant comme une menace implicite.
Avant que le mage de glace n'ait amorcé le moindre geste offensif, le Veilleur avait disparu. Un mélange de surprise et de panique anima les mages de Fairy Tail, qui tentèrent de repérer l'endroit où leur ennemi allait réapparaître. Erza eut à peine le temps de dégainer son arme qu'une silhouette se trouvait déjà sur Gray, qui ne bougea pas malgré le danger imminent.
Le mage de glace demeura paralysé sur place, les yeux agrandis par la terreur la plus pure. Le Veilleur se tenait devant lui, le visage à un millimètre du sien, son regard si pénétrant qu'il eut la sensation qu'il était capable de scanner le plus profond de son âme. Maintenant qu'il était si proche, il pouvait distinguer ses prunelles vides et sa peau en partie décharnée que dissimulait sa capuche. Et surtout… l'odeur infecte de magie noire apportée par son simple souffle, qu'il sentait glisser sur son visage, lui donna l'impression abominable que Deliora lui-même se tenait devant lui, prêt à le déchiqueter comme il avait déchiqueté ses parents.
Son propre cœur battait si fort dans ses oreilles qu'aucun autre son que ce fut ne l'atteignait. Il crut qu'il allait exploser quand les doigts métalliques du Veilleur se saisirent de son menton avec une douceur malsaine, ses yeux sans vie pénétrant ceux, emplis de terreur, de Gray.
- Ce désespoir…, commença-t-il, sa voix d'ordinaire sans émotions à présent teintée d'un soupçon d'excitation morbide. Je le reconnais. Toujours aussi délicieux…
Gray ne parvenait plus à penser, mais son cœur enregistra ces mots sans difficulté, le broyant encore plus qu'il ne l'était déjà. Leur signification réelle, cependant, échappa totalement à son esprit épuisé par la peur viscérale qu'il éprouvait constamment depuis maintenant des minutes entières.
Les doigts qui effleuraient sa joue rompirent soudainement le contact, et il ne comprit pourquoi que lorsqu'une voix perça la brume de désolation qui engourdissait ses pensées.
- Gray ! Je t'en prie, ressaisis-toi !
Son esprit revint brutalement à la réalité, la voix ferme et suppliante d'Erza reconnectant entre eux ses neurones en dérive. Enfin conscient de ce qui se passait autour de lui, il reconnut la silhouette de ses deux amies, qui s'étaient avancées entre lui et le Veilleur dans un désir instinctif de le protéger de ce qu'il lui faisait subir. Erza pointait son arme en direction de leur adversaire tandis que Lucy brandissait son fouet devant elle, aussi menaçantes qu'elles pouvaient l'être face à cet homme monstrueux qui leur faisait perdre tous leurs moyens. Même si ses effets n'étaient pas aussi pénétrants et aveuglants qu'ils ne l'étaient pour Gray, sa magie morbide affectait profondément leur perception sensorielle, les empêchant d'agir avec autant de vivacité d'esprit que d'habitude.
- L-Lucy, Erza…
Sa voix vint si instable qu'il fut extrêmement difficile pour les deux femmes de ne pas se retourner vers lui pour vérifier son état émotionnel. Une seconde d'inattention, et leur ennemi risquait d'en profiter pour les attaquer.
Les deux camps se contemplèrent en chiens de faïence pendant ce qui leur sembla durer des minutes entières. Les clients de la taverne observaient la scène sans un mot, le choc de leur intervention surpassant temporairement la terreur inoculée par l'arrivée du Veilleur.
Sans aucune raison apparente, ce dernier libéra Gray de la venimosité de son regard pour le visser sur Zexion qui se tenait en retrait. Le conteur se sentit défaillir lorsqu'il disparut à nouveau pour réapparaître juste devant lui.
- Toi, siffla-t-il, ton odeur… tu sens exactement comme lui.
Zexion aurait voulu demander de qui il parlait, mais la peur emprisonna ses mots dans sa gorge. Il n'avait jamais rencontré de Veilleur de si près, et leur monstruosité était à la hauteur de leur réputation. Ces choses n'étaient pas humaines.
- Ça suffit, Veilleur. Tu en as déjà trop dit.
Personne n'avait entendu la porte s'ouvrir tant la présence du Veilleur était obsédante. Sur le seuil de la porte se tenait un autre homme, dont la voix autoritaire, pour une raison incompréhensible, avait immobilisé le Veilleur. Son visage pourtant jeune était marqué par la fatigue et la détermination, et sa courte chevelure blonde dégageait des yeux d'un jaune perçant contrastés par une lueur terne, comme si une ombre les obscurcissait en permanence. Sa peau hâlé, caractéristique de la plupart des lüditziens, renforçait la couleur claire de ses cheveux rebelles. Il n'avait pas l'air d'avoir plus d'une vingtaine d'années, soit à peu près le même âge qu'eux.
Il portait un long manteau rouge qu'il gardait ouvert et qui descendait presque jusqu'à ses chevilles, découvrant un plastron d'ébène en cuir souple, cousu de fils de soie blancs, qui moulait ses muscles de soldat aguerri. Une ceinture en métal très fin était bouclée autour de sa taille, où étaient fixés les fourreaux de deux épées courtes qui se croisaient dans son dos au niveau de ses reins, la garde dépassant sur le côté pour permettre un dégainage rapide. Son pantalon noir était en tissu épais, idéal pour les combats et les déplacements. Une paire de bottes de la même couleur, renforcée à la pointe par de fines et souples plaques de métal, remontait jusqu'à ses genoux.
Suite à son intervention, le Veilleur recula de plusieurs pas, sans se retourner. Il demeura sans bouger, le visage inexpressif, comme s'il attendait d'autres ordres.
- Je m'occupe du reste, exigea le nouvel arrivant. Tu peux disposer.
Sans un seul mouvement de recul, de protestation ou même de confirmation, le Veilleur s'évapora dans un nuage de fumée noire, libérant la taverne et ses occupants de sa présence sinistre.
Mot de l'auteur : J'ai tellement hâte de publier le prochain ! Il va être très riche en révélations, même si elles vont soulever d'autres questions en même temps.
Bref parlons d'abord de ce chapitre, j'ai quelques petites choses à dire :). Premièrement très important, ma sœur m'avait dessiné un fanart de Lüditzen splendide, et je voudrais le partager avec vous. Par contre, vu que le site refuse les liens, je l'ai mise sur mon twitter (gzousupreme) si vous voulez y jeter un œil.
J'ai complètement inventé le fait que le corps de la mère de Lucy ait été retrouvé devant sa porte, et ce détail a une grosse importance dans le scénario que j'ai trop hâte de vous faire découvrir. J'avais envie de souligner un peu plus sa relation avec Natsu tout en profitant pour vous donner quelques détails supplémentaires sur Zexion, j'espère que leur discussion vous a plu, moi personnellement je l'aime vraiment bien.
Ensuite il y a la légende d'Yggdrasil, qui est EXTRÊMEMENT importante et centrale. Déjà je suppose que la majorité d'entre vous connaît déjà la légende telle qu'elle est dans la mythologie nordique, sachez que j'ai surtout repris les noms (pas tous d'ailleurs) et l'idée globale de l'arbre qui relie plusieurs mondes différents, il ne faut pas y voir plus de similitudes que ça. J'espère que ça fait pas trop soupe réchauffée d'utiliser cette légende pour cette histoire. En tout cas, j'ai glissé quelques indices (pas suffisamment pour que vous puissiez tout savoir dès maintenant, bien entendu :p) pour vous préparer à ce qui va suivre, je sens que ça va vous plaire *se frotte les mains*. J'espère avoir rendu suffisamment clair que Lucy est particulièrement affectée par l'Yggdrasil, plus que les autres. Je dirai pas pourquoi bien sûr !
Le passage dans le quartier commerçant n'était pas obligatoire dans la compréhension du scénario, mais je voulais donner à Lüditz plus de contenance et faire ressortir l'ambiance qu'il s'en dégage, pour donner une vraie sensation de dépaysement aux personnages et par extension aux lecteurs. Je suis assez fière de mes descriptions, mais j'espère que ça ne vous a pas ennuyé parce qu'il y en a quand même pas mal. Idem pour la description du bar.
Et enfiiiin... la fin ! Là pour le coup J'ADORE ce passage. L'ordre des Veilleurs était quelque chose qui à la base n'existait pas dans la première version de l'histoire, et je suis extrêmement contente de l'avoir rajouté. Pour l'instant vous n'en avez pas vu grand-chose, mais ça va arriver ^^. En tout cas mon objectif ici était de faire ressentir au maximum jusqu'à quel point ils sont terrifiants, et bien entendu de faire la parallèle avec Deliora (ce qui comme vous pouvez vous en douter n'est pas un hasard). J'ai très envie de savoir quelles sont vos hypothèses à ce sujet et si mon objectif a été rempli.
Je vous dis au mois prochain pour le chapitre 8, que j'aime vraiment énormément aussi. À partir de là on enchaîne que des chapitres que j'adore et le suspense va aller crescendo, j'espère que vous avez le cœur accroché *se frotte les mains encore*.
À la prochaine, merci d'avoir lu et surtout, si l'histoire vous plaît, prenez quelques petites minutes pour me le dire, s'il vous plaît ^^.
Merci !
